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: Les députés bientôt libres ?

Posté par Matthieu MARC (). Modéré le 29 septembre 2006.
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Pendant les débats sur Dadvsi, nous n'avez pas pu ne pas entendre deux députés de l'UMP qui défendaient bec et ongle l'interopérabilité, il s'agit de Richard Cazenave (voir son blog) et Bernard Carayon. Encore merci à eux pour leur travail.

Mais ils ne s'arrêtent pas là. Ils ont proposé tous deux au président de l'Assemblée Nationale que les élus puissent choisir entre un poste de travail "propriétaire" et un poste de travail "libre". Et ça marche. Un audit a été confié à Atos Origin afin de faire le point sur les besoins informatiques des députés. Les conclusions sont attendues fin octobre. Les deux députés sont chargés de faire le suivi de cet audit.

Ensuite, les services informatiques de l'Assemblée devront faire un choix final. Un groupe de travail sera également constitué, composé de représentants de chaque parti. Espérons que l'on n'y trouvera que les députés qui ont débattu avec brio contre Dadvsi (on peut toujours rêver !).

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Bernard Carayon a écrit un rapport "À armes égales" (voir lien) au Premier Ministre. Vous pourrez lire page 73 les 2 propositions suivantes :

Proposition 3.7
« Compléter le mémorandum pour une «Europe numérique», en proposant à nos partenaires européens d'établir l'interopérabilité comme règle de droit commun fondamental en matière de développement informatique. »

Proposition 3.8
« Proposer à nos partenaires européens de favoriser systématiquement les standards ouverts et, comme premier exemple, d'imposer le format international ISO «odf» pour la création et la diffusion de tout document officiel échangé dans le cadre européen. »

Vous y trouverez également un passage sur les logiciels libres (début page 73) : Le logiciel libre, une efficacité adaptée à l'économie numérique. On y apprend par exemple que :

« la DGME (Direction Générale de la Modernisation de l'Etat) a engagé un appel à commentaire pour un "Référentiel Général d'Interopérabilité". Une première décision concrète doit être l'adoption du standard ouvert "odf" par l'administration française.»

Ok, nous on le savait. Mais j'aime bien le voir apparaître dans des rapports parlementaires à destination du Premier Ministre.

En découle alors la proposition 3.9 :
« Introduire par voie réglementaire, l'usage obligatoire de ce format par l'administration française pour la création et la diffusion de tout document administratif. »

Pour en revenir aux postes de travail des députés, page 74 du rapport vous trouverez les détails sur l'informatique à l'assemblée nationale :

- 1780 postes informatiques (bureautique + messagerie + antivirus) = 718¤
- total du parc = 1 300 000¤ ("la vente liée pratiquée pour le système d'exploitation ne permet pas d'en évaluer le coût réel" dixit l'auteur).
- coût moyen de maintenance d'un poste par an = 400 ¤
- coût total de maintenance = 700 000¤ /an
- 101 serveurs, 80 sous Windows, 10 sous Unix, 3 sous Novell et 8 sous Linux

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[+] Jolie vision de la démocratie...

Posté par Mathieu Bouju () le 29/09/2006 à 12:34. (lien). Évalué à -3.

Un groupe de travail sera également constitué, composé de représentants de chaque parti. Espérons que l'on n'y trouvera que les députés qui ont débattu avec brio contre Dadvsi (on peut toujours rêver !).

Parmi les gens qui se sont battus pour la DADVSI, il y a probablement des gens qui ont fait ces choix en leur âme et conscience, et pas forcément vendus au lobby propriétaro-drmien.

Enfin bon, forcément, faut bien rajouter 2 sous à la machine à polémique :)

Avant de crier victoire...

Posté par peau chat () le 29/09/2006 à 13:25. (lien). Évalué à 10.

... attendez donc les conclusions d'Atos Origin.

Il se trouve que je bosse chez AOI, et j'ai pu constater que bien souvent ces études servent de justification au commanditaire qui peut ensuite expliquer que « Après une étude indépendante, il s'avère que la transition au logiciel libre couterait plus cher que de rester en logiciels propriétaires ».

Pour cela, tous les moyens sont bons pour biaiser l'étude. Par exemple l'appel d'offre dit qu'il faut faire un calcul de coûts en y intégrant les coûts de formation, et en utilisant une période d'amortissement comptable de deux ans (bah oui, 2 ans d'économies de licences ça ne suffit pas à rentabiliser la migration + la formation de 100% du personnel => conclusion le LL est plus cher).

Il faut particulièremet se méfier dans les milieux politiques : le groupe politique X mène un campagne « pourquoi ne passons nous pas aux LL, ça coûterait moins cher au contribuable ». Dès que quelqu'un dit qu'il y a un moyen d'économiser l'argent du contribuable, il faut faire quelque chose, sinon la cour des comptes s'en mêle. Et pour enterrer le truc, ce genre d'étude biaisée est parfaite.

Alors là, en l'occurrence, je ne dis pas que l'étude est biaisée, je n'en sais rien, et je ne travaille pas dessus. Mais je vous dis : méfiance...

Ils vont faire des économies en anti virus ...

Posté par Stimulus () le 29/09/2006 à 16:50. (lien). Évalué à 4.

Au moins , ils feront des économies en anti virus !!!

Le plus dur sera la conduite du changement ! Ceux qui ne veulent pas migrer vont pourir la vie aux informaticiens par principe ! C'est le risque !
Les députés ne sont pas des gendarmes aux ordres d'un général .

Les autres auront la fierté d'être enfin indépendant . J'utilise Mandriva depuis 3 ans professionnellement (Pc + Portable + àlamaisonperso) et je suis assez fier de travailler sur un système d'exploitation (que j'achète ) certe un peu commercial mais bien Français !!!

J'en fais d'ailleurs certainement plus que le reste de ma famille qui passe son temps à régulariser son XP , mettre à jour ses anti spyware , anti virus etc..

Réponse de Mr Breton à une question de Mr Cazenave

Posté par Matthieu MARC () le 30/09/2006 à 06:33. (lien). Évalué à 10.

En décembre 2005, Mr Cazenave avait posé une question concernant l'utilisation des logiciel libres.

M. Richard Cazenave souhaite appeller l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'ensemble des études qui démontrent que l'utilisation de systèmes et logiciels libres (GNU/Linux, OpenSolaris, FreeBSD....) permet de réaliser des économies significatives (70 %) tout en assurant l'indépendance technologique, la pérennité des investissements et la sécurité des informations. Il souhaite connaître le coût des outils Microsoft pour l'administration et le contribuable (on parle de 100 euros par poste) et combien Microsoft paie d'impôts en France. Il lui demande s'il n'est pas temps de privilégier le déploiement de solutions libres (qui peut être assuré par nos SSII, nombreuses et compétentes) plutôt que de recourir à des solutions propriétaires qui nous assujettissent techniquement et financièrement, au seul Microsoft.


La réponse a été publiée début juillet 2006 :

De nombreux services de l'État lancent des projets de développement informatique qui utilisent le modèle des logiciels libres. Néanmoins, l'administration effectue ses choix selon ses besoins et dans le cadre d'une analyse globale. Ainsi, le choix d'une solution libre est fait lorsqu'il est le plus avantageux. Le modèle économique relatif aux solutions dites libres mérite d'être précisé : les logiciels libres ne sont pas gratuits et les licences libres n'interdisent pas l'existence d'un marché. Développant le service au plus proche des concepteurs de systèmes d'information, les logiciels libres font passer d'une logique d'édition centralisée à un marché de service personnalisé. De grands acteurs l'ont déjà compris et ont anticipé cette évolution dans leurs activités. L'usage des solutions sous licence libre s'accompagne d'un passage au travail collaboratif qui concerne l'ensemble des agents et engage à la mutualisation des investissements entre les administrations, il s'agit là d'un axe fort pour la modernisation de l'État permettant la réduction des dépenses sans nuire au développement des services. Les expériences réalisées confirment que l'évolution en cours peut donc comporter des avantages économiques non négligeables, mais ce ne sont pas les seuls et ils sont à replacer dans le cadre d'une analyse globale. Au niveau des systèmes d'information, les développements sous licence libre sont susceptibles de garantir à l'administration la maîtrise, la pérennité et l'indépendance de ses choix. En effet, l'utilisation des logiciels libres permet de favoriser l'adoption des formats ouverts, qui contribuent : à l'interopérabilité, dans la mesure où elle permet les échanges sans imposer de solution logicielle ; et à la pérennité des données traitées par les administrations. Dans le domaine bureautique, certains ministères ont déjà effectué une migration vers des outils libres, comme OpenOffice, et des études approfondies seront menées qui permettront de définir les orientations à suivre au sein des administrations.


La réponse a été faite par Mr Thierry Breton, alors Ministre de l'économie. Cette réponse a été publiée au Journal Officiel, ce n'est donc pas une réponse de couloir.

Une preuve encore que la question du logiciel libre est un sujet qui prend de l'ampleur au gouvernement.

La question et la réponse :
http://questions.assemblee-nationale.fr/q12/12-81090QE.htm

Questionnaire & Migration

Posté par Ludovic Pénet () le 03/10/2006 à 06:28. (lien). Évalué à 4.

Pour avoir vu le fameux questionnaire d'ATOS, je ne suis pas forcément très optimiste... Nombre de questions portent sur un choix de logiciel plutôt que d'énumérer les fonctionnalités souhaitées ou nécessaires.

Une migration massive de députés et de leurs collaborateurs - les services, c'est une autre question - me semble par ailleurs bien difficile. Comme ailleurs, il faudra changer les habitudes - et c'est toujours compliqué - mais, plus qu'ailleurs, il n'est pas vraiment question d'imposer un cadre trop strict.

Nombres d'usages font par ailleurs l'objet de solutions individuelles. Un exemple : le partage de l'agenda entre les collaborateurs à l'assemblée et en circonscription. Mettre en place une solution centralisée est difficilement envisageable (peur des fuites, de la gestion des droits, etc.) et il faudra bien permettre aux gens de continuer à travailler sans trop de perturbations, cette application étant plutôt critique.

AMHA, avancer tranquillement, en proposant d'utiliser OpenOffice & firefox, et en couvrant peu à peu le périmètre des usages donnerait de biens meilleurs résultats en terme d'adoption qu'un choix brutal libre / propriétaire. Bref, une voie du milieu entre les deux extrêmes...

Rome ne s'est pas faite en un jour, et il serait bien dommageable de braquer bon nombre de collaborateurs ou d'élus...

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