Journal : RFID / Aujourdhuis les brebis, demains ...?
Posté par CyrrusSmith (page perso, ) le 24 octobre 2007
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J'ai lu ceci sur une liste d'agriculture biologique.Je crois que cela vaut le coup d'être diffusé.
Des bergers vous écrivent.
Pourquoi nous refusons le marquage électronique des brebis et nous nous débattons dans le monde qui le produit
Au 1er janvier 2008, l'ensemble du cheptel ovin et caprin de la communauté Européenne doit être identifié avec des puces électroniques pour répondre aux exigences industrielles de « sécurité alimentaire »
(règlement CE n°21/2004 du conseil du 17/12/2003). Ces mouchards arrivent à une époque où la machine industrielle s'emballe au rythme des crises sanitaires (grippe aviaire, vache folle, fièvre aphteuse...). Le dernier moyen de maintenir l'illusion d'une maîtrise est de considérer les éleveurs comme des risques industriels potentiels. Il faut donc assurer leur flicage.
Dans la marche du progrès, refuser le puçage électronique des brebis peut paraître anodin. Pourtant,cette nouvelle mesure de traçabilité, nous la prenons en pleine figure car nous savons qu'elle nous pousse un peu plus loin dans un monde où l'on commence à se sentir de trop.
L'élevage n'est pas seulement une industrie produisant du lait ou de la viande. La domestication n'est pas seulement la soumission d'un animal, c'est aussi un long compagnonnage commencé à la révolution du néolithique. Ces interdépendances influencent depuis 10 000 ans nos relations aux animaux, aux humains et au monde. Cette longue compagnie a participé à construire nos imaginaires, nos mythes, notre culture.
Avec le puçage électronique, toute cette partie de l'histoire de notre humanité st anéantie, détruite, niée.
Comme la plupart des professions, une part de plus en plus importante de nos activités est régie par un ailleurs : normes industrielles, obligation de 'expliquer, permanence de la suspicion à notre égard. Cela suffit !
Pour nous, il ne s'agit pas de se justifier. Nous ne voulons plus cogérer les modalités de notre soumission. Nous ne voulons plus nous « adapter ». Nous ne pouvons regarder nos brebis se transformer en machine, en metteur-récepteur sans rien dire. Dans un monde où l'humiliation est devenue tellement familière que l'on ne la reconnaît plus, où le contrôle ne choque plus personne et peut même être citoyen ou participatif, nous avons fait comme tout le monde. Nous avons fait profil bas, nous avons ménagé les administrations et entretenu notre asservissement au système des primes agricoles en traînant les pieds face aux « nouveautés ».
Aujourd'hui refuser le puçage électronique, c'est voir son troupeau euthanasié.
Malgré tout, si nous prenons publiquement la parole, c'est que nous ne voulons pas plonger dans l'aigreur et le désespoir que génèrela résignation ( « de toute façon ça se fera », « les gens ne comprennent rien », « le monde est devenu fou », « on n'arrête pas le progrès »).
La révolution industrielle a réalisé la volonté de tout transformer en machine. Après les outils, il est question aujourd'hui des animaux domestiques avec le marquage électronique. Vient le tour du cheptel humain.
Déjà, il est question de bornes biométriques dans les cantines, de fichier ADN, de cartes d'identités
biométriques,... Ce puissant processus de mécanisation du monde vivant est en train de détruire tout ce qui fait que l'humain n'est pas seulement une construction biologique usinable à merci.
Nous avons encore quelques espoirs mais ils peuvent disparaître si l'on continue à se taire, à baisser la tête, à laisser échapper ce que l'on a dans les mains. Ici, il s'agit pour nous de conserver quelques chances d'élever des bêtes à peu près dignement, de ne pas collaborer par notre silence à l'automatisation et à la déshumanisation de l'élevage, à la transformation définitive des bêtes en marchandise et à notre enfermement dans un monde invivable pour les brebis et pour nous tous.
Nous, bergers des plaines, des causses et des montagnes, réunis pour notre sauvegarde, appelons toutes et tous à refuser les entraves électroniques. Nos troupeaux ne sont pas des machines et nous n'habitons pas dans des usines. Nous vous invitons à reproduire ce texte, et à en parler autour de vous.
Des bergères et bergers opposés à la mécanisation de la vie
Août 2007
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Pour poursuivre, contact :
Groupe nord ouest : bergerouest@no-log.org
Groupe sud-ouest :
Bergères et bergers languedociens rue du Port
81500 Lavaur
Groupe sud--est :
Léon Nampepusse ancienne école
84400 Sivergues
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(Autre texte).
D'abord, cette innovation remarquable : à dater du 1er janvier 2008 les bergers seront légalement contraints de pucer leurs brebis (cf le texte du règlement européen en ligne sur Pièces et Main d''uvre). On dit "brebis", comme on dirait cobayes. On sait que l'on fait d'abord aux bêtes ce que l'on fait ensuite aux hommes, en commençant par les plus faibles et démunis : les enfants, les vieux, les malades, les SDF, les nomades, les étrangers, les prisonniers. C'est tellement plus pratique pour la gestion du cheptel (cf /"Des moutons et des hommes"/ sur Pièces et Main d''oeuvre).
Parmi les mensonges du techno-gratin figure en bonne place celui du "choix" que nous aurions d'accepter ou non telle ou telle technologie, en "citoyens libres", en "consommateurs avertis", en "individus rationnels", quitte à nous réfugier à la campagne pour "vivre en accord" avec nos idées, en cas de répugnance trop prononcée pour la vie technopolitaine.
Les bergers qui nous écrivent la lettre ci-jointe savent qu'il n'y a plus d'ailleurs : que les exploitants agricoles ayant évincé les paysans, ne sont guère plus que des sous-traitants de l'industrie agro-alimentaire, aux sols ravagés par les intrants chimiques, sous la surveillance tatillonne des satellites.
En fait, le seul choix qu'il nous reste, c'est celui du refus. C'est celui qu'ils ont fait.
Merci de faire circuler.
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/
Et pour les connaisseurs : /"Do androids dream of electric sheep ?"/
(Philip K. Dick)
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[+] Vient le tour du cheptel humain.
ROFL.
Bien sur dramatiser tout ça à l'extrême pour faire pleurer dans les chaumières.
Je crois que c'est un voeu pieu de demander d'arrêter cette haine du progrès technologique en France.
Je ne vois pas en quoi un marquage RFID est plus fliquant qu'un marquage par étiquette code-barres pour savoir à l'abattoir quel animal vient de quel éleveur.
Je leur propose d'arrêter de vivre dans un pays disposant d'ordinateurs et de bases de données, si ça existe, et de déménager.
[^]Re: Vient le tour du cheptel humain.
La technologie RFID n'est pas sûre pour le grand nombre, mais détournable par les spécialistes ou ceux qui savent utiliser les travaux des spécialistes.
Elle ne nous protège donc ni des fraudes ni des terroristes.
Voir :
http://osdir.com/ml/politics.activism.vie-privee.actu/2006-0(...)
par contre elle peut effectivement servir à nous tracer.
L'utiliser sur le bétail, c'est s'y accoutumer et valider les technologies de son implantation, de son exploitation massive dans des mammifères.
je n'idéalise pas les bergers, qui dans mon coin sont le premiers à bousiller la montagne à coup de bouteur et à polluer les rivières. peut être même ont ils peur que les puces RFID nuisent à certaines magouilles et tricheries à la PAC.
Ceci dit il s'agit quand même de la banalisation d'une technologie clairement liberticide.
Autre détail. c'est de l'électronique, donc de la pollution par les additifs des composants, généralement très toxiques, genre arsenic ou pire.
bien sûr il n'y en a pas beaucoup.
mais c'est une dissémination de plus, et je crain que les filières de recyclage ne soient pas forcément au point et opérationnelles.
En fait la généralisation de cette technique de traçage est à ajouter aux autres.
Chacune n'est qu'un peu orwelienne.
la somme de ces technologies et la collecte automatisée de ce informations devient dangeureuse et vraiment 1984 esque.
Le fait que, pour l'instant, on ait des parades, n'enlève pas que l'on observe une volonté de référencement et traçage de la population, "normale".
par exemple les test ADN sont actuellement exigibles pour quasiment tout les délis, sauf les délis financiers.
Il existe pour chaque problème complexe une solution
simple, directe et fausse.
H.L. MENCKEN
[+] [^]Re: Vient le tour du cheptel humain.
L'utiliser sur le bétail, c'est s'y accoutumer et valider les technologies de son implantation, de son exploitation massive dans des mammifères.
Oui, et bien j'en ai rien à faire.
Mais bon je peux comprendre que sur linuxfr, on passe son temps à glorifier la défense de la Liberté, ce que je soutiens jusqu'au moment où on tombe dans le n'importe quoi genre mouvements anars et moutons du Larzac.