Journal : A propos du reportage "le monde selon Monsanto"

Posté par Duncan Idaho (Jabber id, page perso, ) le 06 mars 2008
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Salut les jeunes,

un journal complet a déjà été posté sur le sujet (et a lancé quelques polémiques) aussi me permette-je d'en publier un neuf, considérant que la contre-information suivante a au moins autant d'importance que l'information démentis (de mon point de vue elle en a beaucoup, étant assez révélatrice d'une certaine tendance à la facilité intellectuelle pour justifier des points de vues parfois bancals).

Notez que je ne suis pas adhérent de l'AFIS et qu'à ma connaissance, elle n'a aucun intérêt financier dans cette histoire (ie : elle ne soutient aucun camp par intérêt). J'ai laissé la présentation de l'association à la fin, vous invitant à visiter leur site internet, très instructif, j'ai toutefois élagué l'appel à cotisation, ne voulant pas entâcher le message. J'ose penser que vous trouverez assez de référence pour vous faire votre propre idée, l'objectif d'une association tel que l'AFIS n'étant certainement pas de proner le gavage intellectuel, mais plutôt le rationnalisme et la curiosité scientifique.

Le monde selon Monsanto

Un film de Marie-Monique Robin (2007)



Marie-Monique Robin est journaliste d'investigation. Elle a atteint la notoriété avec la réalisation en 1995 du reportage controversé « Voleurs d'yeux » sur la légende urbaine des trafics d'enfants afin de réaliser des prélèvements illégaux d'organes. (1) Elle a réalisé depuis de nombreux autres reportages. Une de ses productions précédentes, diffusée sur CANAL + en 2004 puis rediffusée sur ARTE en 2006, « Le sixième sens : science et paranormal » (2), avait de nouveau attiré notre attention, en ce qu'il témoignait pour le moins d'une grande complaisance pour les pseudo-sciences et de difficultés réelles pour distinguer ce qui relève de l'imposture et ce qui relève de l'évaluation scientifique.



Son reportage « Le monde selon Monsanto », diffusé le 11 mars 2008 en première partie de soirée par la chaîne franco-allemande ARTE, est présenté comme la conclusion d'une « enquête magistrale et alarmante » qui mettrait en lumière « un projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde mais aussi l'équilibre écologique de la planète »(3).



Nous aurions pu décider d'ignorer ce reportage. Notre décision de ne pas le faire a été mûrement pesée. Certes, après tout, le titre du film annonçait un regard pour le moins critique sur cette entreprise multinationale mais il ne présupposait pas pour autant une attitude hostile ou réservée envers les biotechnologies végétales. Par ailleurs, nous n'ignorions pas que le fait de commenter ce reportage, qui plus est de façon critique, ne manquerait pas d'être commenté dans les réseaux hostiles à l'utilisation des biotechnologies végétales dans l'agriculture et l'alimentation comme une complaisance coupable avec la société Monsanto.



Pour prendre notre décision, nous avons donc attendu de visionner le reportage, ce que nous avons pu faire puisqu'il a déjà été diffusé sur d'autres chaînes francophones (RTBF, TSR1). Après visionnage de ce reportage, il apparaissait, en se limitant au seul champ de l'information scientifique, qu'il était truffé de contrevérités et d'approximations relayées sans esprit critique.



Nous avons donc considéré qu'il était de notre responsabilité d'alerter les téléspectateurs francophones contre les allégations colportées malheureusement une nouvelle fois avec ce reportage.



Nous nous devons d'ailleurs de regretter publiquement que ce soit une chaîne audiovisuelle du service public, réputée de qualité, qui se prête, alors que la représentation nationale est saisie de l'examen du projet de loi sur les biotechnologies, à une entreprise qu'il faut bien qualifier de désinformation.



Les passions se faisant volontiers véhémentes sur ce sujet sensible, nous entendons être clairs sur l'attitude qui est la nôtre au regard de cette alerte que nous lançons. Nous ne cherchons pas à identifier les motivations de l'auteure du reportage et ne lui prêtons aucune intention : seuls les propos tenus et rapportés dans le reportage sont traités. Nous ne nous préoccupons pas dans notre commentaire présent du reportage en général, des thèses (économiques, sociales, politiques, éthiques, etc.) qui peuvent se trouver y être véhiculées en particulier, ou encore des thèmes abordés qui sont sans rapport avec les biotechnologies végétales (agent orange, hormones de croissance, etc.) : nous avons réalisé le choix éditorial de nous borner à constater que, dans le déroulement de ce qu'elle considère comme étant sa démonstration, la documentariste relaie des informations fausses ou inappropriées relatives aux plantes génétiquement modifiées ; nous entendons rétablir la matérialité des faits en ce qui concerne les biotechnologies végétales ; nous restons en conséquence très factuels, avec des références précises, en reprenant les allégations du reportage dans l'ordre chronologique de leur apparition.



Michel Naud, 5 mars 2008



(1) Le reportage traitait du cas d'un enfant dont, d'après le témoignage de la mère, on aurait « volé les yeux » dans l'objectif d'y prélever les cornées pour une greffe. Une contre-expertise, suite à la sortie du film, par les professeurs Gilles Renard (service d'ophtamologie de l'Hôtel-Dieu de Paris), Marc Gentilini (maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière) et Alain Fischer (immunopédiatrie à l'hôpital Necker-Enfants malades) concluait : « Il n'y a pas eu de vol des yeux de cet enfant », l'enfant a toujours ses globes oculaires et est atteint d'une kératite bilatérale sévère avec ulcération profonde de la cornée, consécutive à une affection diarrhéique. Le prix Albert Londres avait été décerné avant la connaissance de ce dénouement. Sources : article de Jean-Yves Nau paru dans l'édition du 19.09.95 du quotidien Le Monde et consultable dans les archives électroniques payantes du journal : Un rapport médical contredit un reportage sur un trafic d'organes en Colombie ; Le jury Albert-Londres, qui a primé « Voleurs d'yeux », est embarrassé par une expertise française ; un article d'accès gratuit dans le quotidien l'Humanité : http://www.humanite.fr/1995-09-19_Articles_-Un-reportage-sou(...)

(2) 17 septembre 2006, 23h55. Le paranormal est-il soluble dans la science ? Notre cerveau possède-t-il des capacités encore insoupçonnées ? Une voyante, un extralucide et un guérisseur se prêtent aux expérimentations des scientifiques… avec des résultats étonnants. http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/Les-pouvoirs-c(...)

(3) 11 mars 21h00. Du continent américain à l'Inde en passant par l'Europe, une enquête magistrale et alarmante sur la multinationale américaine qui commercialise 90 % des OGM dans le monde. http://www.arte.tv/monsanto . Ce reportage a précédemment été diffusé par la chaîne belge RTBF et la chaîne helvétique TSR1.







Le film « Le monde selon Monsanto » part du postulat que le passé (années 60 et début 70, voire avant) de la firme chimique Monsanto « éclaire ce qu'elle est ou prétend être aujourd'hui ». Les culpabilités passées, si elles sont avérées, amenant à la conclusion, leitmotiv du film, « on ne peut pas faire confiance à Monsanto, jamais ! ».



La posture générale peut être ainsi synthétisée :

a) les biotechnologies sont intrinsèquement dangereuses ;

b) les risques ne sont pas évalués comme ils devraient l'être ;

c) cette insuffisance est imputable à l'influence de Monsanto sur les instances d'évaluation.



Le cas de la production du L-Tryptophane serait l'illustration première de la déficience des instances d'évaluation : il s'agit bel et bien d'un véritable accident industriel imputable à une mauvaise filtration pouvant laisser passer un contaminant (Belongia et al. (1990). An Investigation of the Cause of the Eosinophilia-Myalgia Syndrome Associated with Tryptophan Use", The New England Journal of Medicine, 323(6):357-365 ) ; signalons d'ailleurs qu'il ne s'agissait pas d'un produit végétal mais bactérien, et que la firme responsable n'était pas Monsanto, ni même américaine, puisqu'elle était japonaise (Ajinomoto).



Afin d'examiner la validité scientifique du film, ce texte se concentrera sur les seuls arguments scientifiques relatifs aux seuls OGM. Les autres thèmes, Agent Orange, hormone de croissance bovine recombinante et l'herbicide RoundUp, tout comme les autres aspects (économiques, sociaux, etc.), mériteraient aussi d'être commentés mais le choix a été réalisé de se focaliser sur les arguments scientifiques maltraités dans le reportage.



Argument n° 1 : le principe d'équivalence substantielle aurait conduit à considérer les OGM comme équivalents aux autres aliments, et donc à ne pas les évaluer



Dans les années 90, un débat a porté sur les risques potentiels des applications de la transgénèse (sont-ils de nature différente de ceux des autres variétés végétales ?) et sur la façon de les évaluer. Le concept de substantial equivalence a été proposé comme un outil d'évaluation des incertitudes, dans un cadre d'harmonisation des approches étatsunienne et européenne (1). Il s'agit d'une méthode comparative de l'OGM avec un organisme reconnu comme sûr (en raison d'un long usage antérieur), c'est-à-dire la variété non-OGM la plus proche (hormis le transgène). La réalisatrice du film a, quant à elle, compris qu'il s'agissait d'un principe dispensant l'OGM d'études ! Il s'agit donc d'un contre-sens complet.



Ce principe a évolué depuis l'origine : il est aujourd'hui considéré comme une étape (impliquant des analyses vérifiant expérimentalement la composition équivalente en substances chimiques) vers d'autres études (tests toxicologiques sur rongeurs par exemple), si nécessaire.



La principale faiblesse de ce passage du film est qu'il assimile des risques théoriques à des risques avérés, et un débat sur ces risques à une preuve de la dangerosité.



Argument n°2 : le « lanceur d'alerte » Arpad Pusztai aurait été sanctionné car ses travaux montreraient la dangerosité des OGM



Le 10 août 1998, Arpad Pusztai annonça à la télévision britannique qu'il était en mesure de prouver que les plantes transgéniques pouvaient entraîner des effets inattendus (sur des rats en l'occurrence). Il s'agissait d'une lignée de pomme de terre expérimentale (n'appartenant pas à Monsanto). Que cette annonce ait suscité une excitation médiatique est étonnant en soi car, dans un passé récent, trois variétés de pomme de terre conventionnelles n'ont pu être commercialisées pour cause de présence intempestive de substances toxiques, sans que cela n'attire l'attention de la presse … De plus, si une variété OGM devait se révéler, à l'étude, impropre à la consommation, elle ne serait pas commercialisée, sans que cela préjuge du cas des autres OGM : les évaluations se font, et doivent se faire, au cas par cas.



Contrairement à ce qui est dit dans le film, le directeur de l'Institut de recherche de Pusztai n'était pas au courant des soi-disant résultats de son chercheur : submergé d'appels de la presse le lendemain de l'interview, incapable de répondre, il mena une enquête qui lui suggéra qu'aucune donnée fiable n'était en possession de Pusztai. Ce dernier n'a d'ailleurs jamais publié dans un journal scientifique ses affirmations médiatiques (sa publication d'octobre 1999 ne reprend pas la plupart de ses allégations de 1998). Il y a donc eu une entorse grave à la déontologie scientifique qui veut que les données soient d'abord publiées dans un journal scientifique (et ainsi soumises pour examen critique par tous) avant médiatisation : dans le cas contraire, les affirmations ne peuvent être vérifiées, ce qui ouvre la voie à toutes les allégations fantaisistes.



Pusztai persiste aujourd'hui dans sa posture victimaire, mais en fait il n'a jamais convaincu la communauté scientifique, et encore moins la commission qui l'a entendu et qui a conclu a des résultats « deeply flawed ». Tous les éléments du dossier sont présentés dans la référence (2), de manière équilibrée (y compris sa défense par quelques personnes qu'il a lui-même sollicitées).



Argument n°3 : l'évaluation du soja transgénique serait insuffisante et montrerait des anomalies sur les animaux



Parmi les amis de Pusztai figure Ian Pryme (ils ont collaboré à de nombreuses reprises). Dans le film, Pryme « décortique » une publication de Hammond et collaborateurs (3) décrivant l'évaluation du soja génétiquement modifié (GTS ou 40-3-2) de Monsanto. Bien que publiée dans un journal scientifique reconnu, l'étude de Hammond et al. serait, pour Pryme, « de peu de valeur » et de la « mauvaise science ». Précisons que Pryme était un scientifique compétent, mais que l'on voit mal en quoi ses travaux scientifiques lui permettent de remettre en cause une publication peer-reviewed et qui, depuis sa publication en 1996, n'a été contestée par aucun spécialiste du domaine.



Examinons en détail l'un des arguments à charge contre le soja GTS de Pryme. La publication montrerait une coloration plus prononcée du foie de rats gavés de ce soja ! Précisons d'abord que cette publication jugée « minimaliste » a examiné les effets sur des rats mais aussi sur des poulets, des poissons et des vaches laitières (sans anomalies). Que lisons-nous page 723 ? Plusieurs individus ont présenté une coloration plus sombre du foie (tous les autres paramètres étant normaux) chez les rats gavés du soja GTS. Effectivement. Ce que Pryme omet de préciser est que cette même caractéristique a également été observée chez les rats nourris de soja contrôle (non OGM) et n'est donc pas liée à la modification génétique, mais plus probablement à la consommation, en quantité élevée, de soja cru.



Précisons, car le film omet de le mentionner, que deux autres publications de 1996 montrent, pour ce même soja, par rapport à un soja contrôle, une composition similaire en nutriments et anti-nutriments (4) et que la protéine spécifique du soja GTS ne montre pas d'effet dans des tests de toxicité aigüe (5). De plus, une publication de 2005 montre que l'introgression du transgène dans d'autres variétés de soja ne change pas leur composition en substances principales (6). Mêmes résultats quand le soja est cultivé en Europe (Roumanie) (7). Une étude de l'Université d'Etat du Dakota du Sud, sur plusieurs générations de souris nourries de ce soja, n'a pas révélé d'anomalies (8). Toujours dans la liste des omissions du film, une étude d'un groupe hospitalier danois qui ne montre pas de problème d'allergie pour ce soja (9). Et pour finir, citons l'avis européen (10).



Argument n°4 : les échecs du coton Bt pousseraient les paysans indiens au suicide



L'efficacité du cotonnier Bt n'est pas celle du maïs Bt. Les générations actuelles de cotonniers génétiquement modifiés permettent de réduire significativement le nombre d'épandages d'insecticides (d'un facteur trois à quatre) mais ne les abolissent pas pour autant complètement : les variétés actuelles de cotonnier ne sont pas protégées contre tous les ravageurs et cette protection est variable suivant la saison (11, 12, 13).



Même si certains épandages restent nécessaires, ces résultats positifs des cotonniers Bt, cultivés dans neuf pays en 2007, suffisent à expliquer que la part des agriculteurs indiens acquérant des semences biotechnologiques soit passée de 0 (en 2001) à 63% (en 2007 ; soit 3,8 millions d'agriculteurs) (14). Les difficultés rencontrées localement doivent être analysés en fonction des situations locales (15), sans oublier qu'en Inde ont pignon sur rue des vendeurs de variétés non-certifiées, quelquefois vendues comme transgéniques Bt alors qu'elles ne le sont pas.



En résumé, le film met en scène des événements dramatiques, réalise une sélection partielle et partiale de l'information et désigne un coupable – les OGM – : il relègue artificiellement au second plan le rôle des facteurs les plus souvent invoqués pour expliquer ce phénomène initialisé bien antérieurement à l'introduction des semences biotechnologiques, à savoir le surendettement et l'usure (16) et omet totalement les études qui montrent des bénéfices pour les cultivateurs de Bt (17). Le film omet aussi de mentionner que l'entreprise américaine Monsanto n'est plus la seule à vendre des semences biotechnologiques de cotonnier en Inde (18, 19) et que la recherche publique y développe ses propres variétés OGM (20).





Argument n°5 : le maïs transgénique envahirait le Mexique et produirait des formes monstrueuses



Le film donne le beau rôle à Ignacio Chapela qui prétend avoir détecté, au Mexique, la présence de transgènes en provenance de maïs OGM des Etats-Unis. Le fait que les travaux de ce chercheur ait été contestés, contredits par d'autres et désavoués par la revue Nature (voir 21, pages 28-29) est passé sous silence dans le film : Chapela serait la victime d'une « campagne de diffamation » ! N'est pas mentionnée non plus la réflexion exemplaire, déjà menée, sur les implications qu'auraient l'utilisation de maïs transgéniques au Mexique (22), ni l'analyse de Bellon et Berthaud (23) montrant que ce n'est pas la présence d'un transgène qui nuirait à la biodiversité du maïs dans ce pays mais l'abandon des pratiques de sélection traditionnelle des fermiers paysans.



Des sommets sont atteints lorsque sont montrées des images de mutation affectant la morphologie florale et qui seraient susceptibles de se diffuser dans les maïs mexicains. Ce qui est montré (le film parle d'une espèce locale) est en fait une crucifère nommée Arabidopsis thaliana, plante modèle de laboratoire, utilisée entre autres pour étudier le développement floral, grâce notamment à ces mutations (dites homéotiques). Précisons, pour sortir de la vision apocalyptique du film, que certaines de ces mutations, qui peuvent apparaître spontanément, procurent le caractère « fleurs doubles » particulièrement apprécié des amateurs de fleurs ! Pour faciliter la recherche, ces caractères peuvent être créés par transgénèse, grâce à la propriété du transgène de s'insérer aléatoirement dans le génome (au moment précis de la transformation, mais plus dans les lignées sélectionnées). Le film insinue que ces événements aléatoires pourraient survenir par croisements d'une lignée transgénique de maïs avec des variétés non-transgéniques. Ce qui est faux puisque la lignée transgénique commercialisée possède une seule insertion, qui est stable, et ne saute plus aléatoirement dans le génome. Ces affirmations sont, de plus, parfaitement grotesques quand on sait que plus de la moitié du patrimoine génétique du maïs est formée, sous l'effet des mécanismes de l'évolution (mutations, sélection naturelle), d'éléments génétiques résultant d'insertions de fragments d'ADN, générés par le maïs lui-même nommés rétro-transposons…



Ces connaissances scientifiques n'empêchent pas un militant anti-OGM - que l'on voit manipuler sans scrupules des paysans en leur montrant des images de « monstres » (par exemple, plantes avec trois épis) - de prétendre qu'il s'agit de maïs transgéniques, qu'il faut arracher sous peine de les voir envahir les champs de maïs traditionnel.



En guise de conclusion



A la formulation d'une hypothèse classique selon laquelle les biotechnologies végétales constitueraient, pour l'entreprise américaine Monsanto, un choix stratégique en faveur de la biologie la repositionnant par rapport à la chimie, son métier d'origine, le film préfère prêter à Monsanto l'intention de « contrôler la nourriture » et les « populations du monde ». L'objet du reportage est de documenter cette opinion, mais force est de constater qu'il est truffé d'allégations pseudo-scientifiques. Comme la plupart des personnes convaincues par avance du caractère néfaste des OGM tout comme des motivations des entreprises biotechnologiques, la réalisatrice, non outillée pour faire le tri entre le vrai et le faux sur le plan scientifique, ne se montre ainsi perméable qu'aux seuls arguments allant dans le sens de ses a priori et expose aux téléspectateurs l'image d'un monde binaire, avec des bons et des méchants.



Marcel Kuntz, 3 mars 2008



Références

1. http://sth.sagepub.com/cgi/content/abstract/32/1/26
2. http://gmopundit2.blogspot.com/2006/02/analysis-of-pusztai-s(...)
3. http://jn.nutrition.org/cgi/reprint/126/3/717
4. http://jn.nutrition.org/cgi/content/abstract/126/3/702
5. http://jn.nutrition.org/cgi/content/abstract/126/3/728
6. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;15969514
7. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;17608426
8. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;14630127
9. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;14961970
10. http://ec.europa.eu/food/dyna/gm_register/gm_register_auth.c(...)
11. http://www.iisc.ernet.in/currsci/jul252005/291.pdf
12. http://www.iisc.ernet.in/currsci/may102006/1170.pdf
13. http://209.85.129.104/search?q=cache:4pyLf5WjTvQJ:www.iisc.e(...)
14. http://www.isaaa.org
15. http://www.cababstractsplus.org/google/abstract.asp?AcNo=200(...)
16. http://www.guardian.co.uk/world/2008/mar/01/india?gusrc=rss&(...)
17. http://dx.doi.org/10.1016/j.foodpol.2006.11.002
18. http://www.checkbiotech.org/green_News_Genetics.aspx?infoId=(...)
19. http://www.thehindubusinessline.com/2006/07/31/stories/20060(...)
20. http://www.ifpri.org/pubs/articles/2005/naturebiotech.pdf
21. http://agribiotech.free.fr/analyse_Berge-RicrochMON810.pdf
22. http://www.cec.org/maize/index.cfm?varlan=francais
23. http://www.plantphysiol.org/cgi/content/full/134/3/883

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L'Association Française pour l'Information Scientifique (AFIS) regroupe des adhérents de toute origine et toute formation.

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Vous avez demandé le commentaire #911045.

???

Posté par Nicolas Dumoulin (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 16:32. (lien). Évalué à 7.

Ce que je trouve toujours dingue, c'est la levée de boucliers suite à des reportages pas forcément bien ficelés pour dire que les investigations ne sont pas correctes, de faux arguments sont avancés …

Moi des conneries, j'en entends des tonnes dans des grandes émissions, au JT, mais là, non personne ne monte au créneau.

Je n'ai pas encore vu le reportage, juste entendu des extraits, et je sais déjà qu'il y a de bons arguments pour ne pas continuer à développer les OGM (qui sont déjà présents en France). Mais on ne s'attarde que sur les passages obscurs et les raccourcis certainement raccoleurs d'un tel docu.
Dès que j'entends une émission sur l'agriculture bio par exemple, les journalistes ne parlent que de la qualité des aliments qui n'est pas le débat (pas plus que ne l'est la qualité d'un logiciel libre). Mais jamais, je n'entends parler des désastres de la culture intensive, l'appauvrissement des sols, la pollution des eaux, …

Conclusion, on retrouve les approximations partout. Et ce n'est pas une qualité propre aux personnes qui revendiquent de prendre des précautions avec les nouvelles technologies et dénoncent les lobbies de l'agroalimentaire.
Donc, essayons d'extraire les informations intéressantes et de voir ce docu comme un support de réflexion (comme toute information, même un article de wikipedia), et cessons de sauter sur les imperfections.

P.S. : oui, je suis pas très clair, mais je suis un peu fatigué là :-/

  • [^]Re: ???

    Posté par Thomas Douillard () le 06/03/2008 à 16:54. (lien). Évalué à 3.

    Personne ne montait au crénau quand un journaliste faisait un raccourcis sur le logiciel libre (libre/gratuit par exemple) à une époque ou le logiciel libre était moins connu, par ici ? Je pense pas.

    C'est juste que c'est pas forcément facile de faire entendre sa voix de manière aussi médiatique qu'un reportage télévisé.

    Enfin, j'imagine que le raccourci est tolérable ou pas suivant le sens qui arrange, on est tous un peu comme ça.

    Cependant, ici on parle d'arguments de type scientifiques, et une des principales caractéristiques de la sciences c'est de faire son autocritiques, s'appuyer sur des travaux criticables, voire complètement faux, pour construire une argumentation, c'est impensable pour un scientifique, c'est même un devoir de le faire savoir, quelque part.

    Alors à moins de porter caution aux arguments du type "ce dentifrice a été testé en laboratoire", il me semble important d'aller un peu plus loin dans l'analyse de ce type d'arguments.

    [^]Re: ???

    Posté par Gniarf () le 06/03/2008 à 17:13. (lien). Évalué à 2.

    > Moi des conneries, j'en entends des tonnes dans des grandes émissions, au JT, mais là, non personne ne monte au créneau.

    hint : plus grand monde ne les regarde, icite.

    --
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