Journal : L'art est il compatible avec les licences libres ?
Posté par Frédérick Diot (page perso, ) le 06 novembre 2005
Depuis quelques années, les licences libres se multiplient (elle permettent qu'un objet soit libre de diffusion, d'utilisation voir de modification). Et certaines sont spécialement écrites pour les objets de natures artistiques (films, peinture, photo ainsi que tout ce qui peut être numérisé). Pourtant, ces licences sont limité dans leurs utilisations aux créations amateurs, voir "d'entrée de gamme". Pour une raison simple, 90% du travail de l'appréciation artistique réside dans la conception du spectateur.
Et dans ce travail, une grosse partie (de plus influente sur les autres) est basé sur l'acquisition de l'oeuvre. Elle peut être multiple par l'achat, par la visite (musée, cinéma), par un travail personnel qui amène a l'oeuvre. Dans les exemples pris, la plupart sont sanctionnés par une contribution financière, qui n'est pas forcement que pour l'artiste.
En effet, cette somme mise dans l'acquisition peut être conçue comme un garde fou du spectateur - il lui évite la boulimie artistique, la désensibilisation à la création - ainsi qu'une protection de l'oeuvre elle même - qui en plus d'être assuré d'un avenir financier, n'est plus complètement absorbé par le spectateur dans une forme de prostitution (qui lui substitue le statut de création originale au sens large pour l'imagerie populaire).
Dans les autres cas, où la forme lucrative est minime (comme pour les musées) le travail se fait dans l'initiative d'aller voir, la volonté psychologique de découvrir etc.. tout sauf ce qui pourrait s'imposer.
La licence libre détruit toute la phase "acquisition" du processus d'appréciation de la création. Elle rend rapide, massive et insensé (dans l'optique où il n'y pas un réel sens à sa diffusion - non pas que sa diffusion est une aberration) la mise à disposition du regard, souvent noyé dans dans un grand nombres objets artistiques qui ont opté pour la même licence.
Aussi, pour finir, la licence libre permet une forme de masse-art, des créations qui ne s'épanouisse pas dans la longévité, qui ont un interet, un message, une sensibilité artistique limité à une forme d' "instantané social", c'est le syndrome des images drôle diffusées en masse sur internet. Les licences libres ne permettent pas, à mon sens, de protéger et rendre accessible une oeuvre d'art, parce que cet effacement de la partie acquisition détruit le fait même de son unicité originale, et inhibe le processus de conception dans une forme de curiosité éphémère.
Et dans ce travail, une grosse partie (de plus influente sur les autres) est basé sur l'acquisition de l'oeuvre. Elle peut être multiple par l'achat, par la visite (musée, cinéma), par un travail personnel qui amène a l'oeuvre. Dans les exemples pris, la plupart sont sanctionnés par une contribution financière, qui n'est pas forcement que pour l'artiste.
En effet, cette somme mise dans l'acquisition peut être conçue comme un garde fou du spectateur - il lui évite la boulimie artistique, la désensibilisation à la création - ainsi qu'une protection de l'oeuvre elle même - qui en plus d'être assuré d'un avenir financier, n'est plus complètement absorbé par le spectateur dans une forme de prostitution (qui lui substitue le statut de création originale au sens large pour l'imagerie populaire).
Dans les autres cas, où la forme lucrative est minime (comme pour les musées) le travail se fait dans l'initiative d'aller voir, la volonté psychologique de découvrir etc.. tout sauf ce qui pourrait s'imposer.
La licence libre détruit toute la phase "acquisition" du processus d'appréciation de la création. Elle rend rapide, massive et insensé (dans l'optique où il n'y pas un réel sens à sa diffusion - non pas que sa diffusion est une aberration) la mise à disposition du regard, souvent noyé dans dans un grand nombres objets artistiques qui ont opté pour la même licence.
Aussi, pour finir, la licence libre permet une forme de masse-art, des créations qui ne s'épanouisse pas dans la longévité, qui ont un interet, un message, une sensibilité artistique limité à une forme d' "instantané social", c'est le syndrome des images drôle diffusées en masse sur internet. Les licences libres ne permettent pas, à mon sens, de protéger et rendre accessible une oeuvre d'art, parce que cet effacement de la partie acquisition détruit le fait même de son unicité originale, et inhibe le processus de conception dans une forme de curiosité éphémère.
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Vision parcellaire
La vision de l'art telle que tu la présente me semble extrement réduite par rapport au modèle économique de l'art (puisque là est bien le sujet et le problème posé par l'art libre)
Il faut d'abord bien voir qu'il existe de multiple forme d'art qui mettent en oeuvre de mécanismes bien différents :
- Les arts graphiques : Ici le modèle économique prédominant est celui de l'édition et de ce que j'appellerais la galerie d'art. Je ne parlerais pas ici de la galerie d'art qui est vraiment quelque chose d'anecdotique économiquement parlant. Le problème de l'édition (que ce soit pour de l'illustration, du magazine, de la bande dessinée) est que la rémunération est basée sur une chose et une seule : les droits d'auteurs. La somme versée à l'artiste lors de la "vente" de l'illustration n'est qu'une "avance" sur droit d'auteur. Il parait très difficile ici de proposer à un éditeur de publier une oeuvre pour laquelle n'importe quelle autre maison d'édition concurrente pourra la publier (surtout qu'elle le fera que si "ça marche" sans prendre les risque inhérent à l'édition)
- La musique : Ici, on retrouve le même phénomène que pour l'édition au niveau des maison de disque . cependant il existe un autre modèle économique qui est celui des concert (enfin tout ce qu'on assimiler à une représentation publique) où ici, ce n'est plus le droit de reproduction qui est rémunérateur mais le droit de représentation (ce qui pourrait être comparable aux galeries d'arts d'ailleurs), modèle soutenu par le (très mal en point) statut d'intermittent.
- Le cinéma : Là, je très peu au courant mais il me semble que le système repose sur les droits de reproduction (copies) et de représentation (en salles)
Ceci est aussi une situation française (voir européenne). Il peut y avoir d'autres conception de la production artistique. Je pense notamment au concept designers de jeux vidéos. On se rapproche ici d'un concept quasiment plus proche du salarié d'entreprise classique à savoir que tu es payé de manière salariale (il est possible que j'extrapole ici, je ne sais pas comment ils sont payés) pour une "production" dont le copyright appartient à l'employeur. C'est une démarche très anglo-saxonne qui a ses qualité et ses défaut et qui serait décriée très fort par nombre d'artistes camembert par rapport à leur "indépendance artistique" mais qui peut être intéressante à creuser (dans le sens qu'on se retrouve ici exactement dans les même problèmatiques que les éditeurs de logiciels libres commerciaux)
Et je tiens à dire que je n'ai ici qu'effleuré certain aspect de la problématique.
Ah oui, je tiens à dire aussi qu'à mon sens un modèle économique d'art libre est peut-être plus facile à trouve qu'un modèle économique de logiciel libre. La seule chose qui fait qu'il est aujourd'hui bien moins développé que le LL, c'est qu'il est possible aujourd'hui de gagner sa vie en informatique pour moins de 50 heures de travail hebdomadaire et d'avoir ensuite de coder en libre pendant son temps de loisir et que ce n'est pas le cas pour l'immense majorité des "artiste" (je met des guillemets parce que encore une fois je ne vois ce qui différencie ledit artiste des autre professions intellectuels et que ce distinguo m'agace)