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: La guerre contre l'ODF et le RGI fait rage...

Posté par Pierre Jarillon (page perso, ). Modéré le 20 décembre 2006.
L'ARTESI (Agence Régionale des Technologies et de la Société de l'Information Ile-de-France) vient de publier un article dont les termes semblent étrangement dictés par un gros éditeur de logiciels d'outre-atlantique.

Alors que tous ceux qui se sont penchés sur l'interopérabilité des systèmes ont conclu à la nécessité impérieuse de formats ouverts, pour assurer la liberté des moyens de produire et de lire des documents, cet article prône l'usage de standards de fait (lisez entre les lignes).

Ceci s'inscrit dans la Contre-propagande Microsoft sur l'ODF qui voit son monopole s'effriter suite à des Migrations de plus en plus nombreuses. C'est ainsi que l'on voit les représentants de cet éditeur multiplier ses visites dans les ministères. Le Ministère de l'Économie est cité dans Infoguerre.com. Le président des Maires de Grandes Villes a rencontré les responsables de “Microsoft“ France le 6 décembre. Des témoins ont vu un représentant de Microsoft faire une visite au Ministère de l'Agriculture et de la Pêche quelques jours après que les 120 responsables informatiques ont préconisé la migration vers les documents ODF. Tiens, au fait, le secrétaire général n'a toujours pas signé. Étonnant...

Le RGI qui préconise l'usage des documents ODF est la cible de Microsoft. Le décret d'application du RGI devait être publié le 1er décembre. Il ne l'est toujours pas. On m'a dit que ce serait pour la fin de l'année ; espérons que le père Noël nous l'apportera dans sa hotte, à moins qu'il ne subisse lui aussi des pressions.

Si vous connaissez des membres des collèges d'ARTESI n'hésitez pas à leur exprimer tout le bien que vous pensez de cet article. Pour eux comme pour toutes les collectivités territoriales, les gains sont assurément du côté d'ADULLACT. Les logiciels libres génèrent des emplois locaux, au lieu de coûter cher à la nation.

NdM : l'ARTESI ne fait ici que relayer un communiqué de l'association des maires des grandes villes de France (AMGVF) et de l'association des communautés urbaines de France (ACUF).

> Lire la dépêche (183 commentaires, moyenne: 2,6).  

Vous avez demandé le commentaire #787934.

Désespéré...

Posté par HappyPeng () le 24/12/2006 à 14:25. (lien). Évalué à 3.

Encore une fois me voici à défendre ce cher pBpG (que je salue) sur ce site. Pourquoi en suis-je arrivé là ? Certainement par la débauche d'arguments vaseux coulant des doigts frénétiques de plusieurs des "grands" défenseurs du libre que compte DLFP.

Parlons des standards ouverts. En quoi constituent-ils un argument en faveur du logiciel libre ?

Il suffirait d'un minuscule changement de contexte pour que Microsoft ajoute le support Open Document à Office, de la même façon qu'Internet Explorer supporte le standard XHTML. Ce qui est peut-être paradoxalement la plus mauvaise chose qui pourrait vous arriver, puisque l'argument numéro un serait définitivement perdu.

Par exemple, aujourd'hui on ne peut plus prétendre qu'on ne doit pas utiliser Visual C++ parce qu'il ne compile pas de C++ ISO.

Nos prétendus standards ne sauraient même constituer une panacée technologique. Le format Open Document n'est-il pas issu d'OpenOffice.org exactement de la même façon qu'Open XML est issu de Microsoft Office ? C'est-à-dire que si OpenOffice.org le supporte complètement, le format reste complexe et modelé sur ses fonctionnalités, de sorte que les autres logiciels de traitement de texte restent à la traîne (quoique kword semble se défendre).

Je peux même penser que Microsoft ne voudrait (légitimement) pas adapter Word pour utiliser Open Document par défaut car cela signifierait probablement des modifications importantes uniquement dans le but de rentrer dans un format adapté à OpenOffice.org, calquant ainsi les foncionnalités sur ce dernier et les plaçant dans une position de faiblesse, de la même façon que la transition a pu être difficile pour kword et autres.

Ensuite, nous opponsons PostScript et PDF aux formats de Microsoft. Avons-nous un contrôle sur ces formats ? Sont-ils dénués de tous problèmes de brevets ? Avons-nous seulement un visualiseur PDF libre, complet, dénué de bugs gênants et supportant toutes les fonctionnalités ? (Épargnez-moi la liste des xpdf et consorts.)

Parlons maintenant d'autres arguments de M. Jarillon.

Avons-nous des leçons à donner à Microsoft en matière de recherche et développement au vu de ce que le logiciel libre a à proposer dans le domaine des technologies d'environnements de bureau ?

Les logiciels phares que sont Firefox et OpenOffice.org proposent tous deux des technologies d'intégration différentes, c'est-à-dire précisément qu'ils ne peuvent absolument pas intéragir.

Parmis les deux environnements de bureau, l'un a tiré un trait sur tout type de technologie de composants au point que nombre de ses développeurs passent leur temps à (tenter d') écrire des scripts leur permettant de générer les couches logicielles nécessaires à la communication d'un langage à l'autre, et l'autre, même s'il s'en tire mieux, n'est pas encore tout à fait à la hauteur d'Office 95 dans ses possibilités en ce domaine.

Pendant ce temps, Microsoft a développé un système d'exploitation, une suite bureautique, un navigateur Web et un environnement de développement extensibles dans tout type de langage (Microsoft Research propose même Common Lisp...), taillés pour fonctionner ensemble et permettant de construire des applications dans des langages de haut niveau utilisant de la même manière des composants provenant de chacun d'eux.

Je propose d'arrêter un instant la prétention dans nos argumentaires et le moinssage de pBpG, le temps d'ouvrir des éditeurs de texte et de dépasser la R&D Microsoft en terme de production.

  • [^]Re: Désespéré...

    Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 24/12/2006 à 18:19. (lien). Évalué à 2.

    Parlons des standards ouverts. En quoi constituent-ils un argument en faveur du logiciel libre ?

    Utiliser des standards de fait non documentés revient à pénaliser très lourdement les logiciels libres et à les maintenir dans la marginalité.
    Les standards ouverts permettent la libre concurrence. Un point c'est tout... et c'est essentiel. Cette concurrence peut venir de logiciels fermés (je préfère à propriétaires) ou de logiciels libres.

    Les formats secrets sont un pratique anti-concurrentielle qui n'a d'autre but que d'éliminer toute concurrence et toute compétition.

    La compétition est partout dans la nature, son absence se traduit par un sclérose. C'est ainsi que IE n'a fait l'objet d'aucune mise à jour en 5 ans car la concurrence (Netscape) avait disparu.

    Un exemple : Si on peut téléphoner partout dans le monde sans avoir besoin de connaître le type de téléphone de son correspondant et le nom de son opérateur téléphonique, c'est parce qu'il y a des normes de communication gérées par l'UIT-T.
    On ne peut avoir une interopérabilité généralisée qu'avec des normes, pas avec des standards de fait. La différence est expliquée dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Normes_et_standards_industriels

    Le PS et le PDF sont des standards ouverts publiés par Adobe qui les respecte. PDF est devenu une norme ISO. Microsoft a publié le RTF et ne le respecte pas. Les formats de la suite Office n'ont jamais été publiés. Quant à OpenXML on peut toujours espérer, mais peut-on faire confiance à cette entreprise ?

    • [^]Re: Désespéré...

      Posté par Bader Ladjemi (page perso, ) le 25/12/2006 à 13:05. (lien). Évalué à 1.

      Je rejoins HappyPeng dans sa critique du "Standardisme". Les standards ouverts sevent le logiciel libre car ils permettent l'intéropérabilité. Mais il n'y a pas que l'interopérabilité qui entre en compte.

      OpenOffice grace à son format OpenDocument a un avantage concurrentiel indéniable qu'HappyPeng a bien montré. Maintenant si OpenXML devient lui aussi un format ouvert, cet avantage concurrentiel sera en grande partie perdu. Le fait que Microsoft garde cette technologie sous son giron notamment par les brevêts freine son adoption et espérons continue à la freiner. OpenXML et OpenDocument ont pour vocation tout deux d'être des standards ouverts, mais seul OpenDocument est une norme car validée par l'OASIS.

      La concurrence, si elle est bénéfique dans certains cas, est aussi une menace pour tout produit. Pour rester concurrentiel, les éditeurs de logiciels (libres ou non) peuvent procéder de plusieurs façons:
      * adapter le produit pour répondre aux besoins et désirs du client
      * créér de nouveaux besoins au client
      * posant des barrières à l'entrée dans un marché ou à la concurrence
      Les 3 approches sont indispensables. Les standards ouverts bien qu'ils répondent mieux aux attentes des clients et créé le désir d'être «standard» chez ce dernier constitue un problème au sens où c'est un avantage concurrentiel assez facile à dépasser. Il suffit ainsi à Microsoft de supporter ce format. Mais il y a un coût car comme l'a si bien dit HappyPeng, ce format n'est pas technologiquement neutre. Il favorise par sa nature OpenOffice.org et c'est un point positif !
      Qu'un format devienne un standard n'est intéressant que si le produit supporte mieux que tous les autres ce format.

      Si l'intéropérabilité est bénéfique pour l'utilisateur elle ne l'est pas nécessairement pour le logiciel libre.