Faire un don ! | | style | statistiques | contactez-nous | plan | lettre d'information

: Migration massive des écoles sous GNU/Linux

Posté par Bruno Coudoin (page perso, ). Modéré le 24 septembre 2007.
En cette période de rentrée, c'est avec plaisir que l'on apprend la migration massive des écoles de Russie, de la Macédoine et du Venezuela sous GNU/Linux.

Trois pays et trois raisons différentes d'avoir choisi GNU/Linux. La Russie principalement pour la sécurité juridique, la Macédoine pour le coût, et le Venezuela par choix politique.

Pour suivre particulièrement l'actualité autour du logiciel libre éducatif, j'ai le sentiment que nous avons aujourd'hui une offre de logiciel particulièrement adaptée au monde de l'enseignement. Ces déploiements massifs le confirment.

D'après vous que manque-t-il en France pour nos enfants aussi soient éduqués avec des logiciels libres ?

> Lire la dépêche (88 commentaires, moyenne: 2,5).  

Vous avez demandé le commentaire #869073.

De la bonne volonté

Posté par locke () le 24/09/2007 à 07:41. (lien). Évalué à 6.

Je vais parler de mon expérience puisque ma femme est professeur des écoles, et que je suis sollicité à chaque rentrée pour du dépannage informatique de leurs vieux bouzins qui tournent sous windows 98. En général je refais une machine correcte avec 2 autres en fin de vie, puis j'installe linux (avec gcompris). Ça me prend un samedi matin si tout se passe bien.

  • [^]Re: De la bonne volonté

    Posté par Bruno Coudoin (page perso, ) le 24/09/2007 à 08:13. (lien). Évalué à 10.

    Moi aussi j'ai déjà fait ça mais grosse déception. Lorsque faute de temps je n'ai plus put m'en occuper, la mairie a tout repasser sous win98.

    Mettre GNU/Linux dans une école c'est facile, faire qu'il y reste et que cela ce généralise est un tout autre problème. Il faut à mon avis, comme dans les autres pays mettre en place un projet ambitieux au niveau national ou au moins régional comme en Espagne.

    --
    http://gcompris.net logiciel educatif libre pour les enfants

    [^]Re: De la bonne volonté

    Posté par Damien Szczyt (page perso, ) le 24/09/2007 à 09:08. (lien). Évalué à 8.

    Hélas, mon père doit faire ses évalucations CE1, le logiciel de saisie des résultats est propriétaire, livré sous forme d'exécutable windows. Lui qui est si content de sa distribution, il va être obligé de le quitter. Mais avant, on va tester une émulation du logiciel avec wine, ce qui n'est pas une solution à mon avis, juste une roue de secours à moitié crevée... Le pire dans tout ça est que le format de fichiers à envoyer à l'inspection est du xls. Avec la récente normalisation de l'OpenDocument, j'appelle ça de la moquerie.

    • [^]Re: De la bonne volonté

      Posté par Janfi (page perso, ) le 24/09/2007 à 09:38. (lien). Évalué à 10.

      Bah on est pas à un paradoxe près dans l'éducation nationale. J'en ai à la pelle, ça me désespère. Quelques exemples :
      - niveau lycée/STS, un inspecteur pédagogique régional qui en assemblée de plusieurs dizaines de profs fait la promotion des logiciels "open source" (notamment openoffice), avec son portable sous Windows et un slide sous PowerPoint. Je me suis retenu de rire et de l'interpeller sur ce point (je pense à ma rémunération au mérite les gars !!!)
      - la signature d'un accord-cadre concernant StarOffice (dont tout le monde doit probablement se foutre, j'en ai jamais entendu parler "IRL") et en même temps l'engagement auprès de MS de fourguer X licences d'Office
      - la migration récente de centaines de serveurs sous RHEL...et les dotations régions en serveurs d'établissement impossible sans licence Windows Server (même si tu veux y installer une SambaEdu et virer la verrue MS)...

      Et plus globalement, les médias qui nous emmerdent avec la dette publique, la réduction des déficits et tout le tralala. En attendant, j'attends toujours le visionnaire qui dira "libre partout où c'est possible", plutôt que de gaspiller des millions en licences diverses pour des logiciels dont, dans la grande majorité des cas, les utilisateurs n'utilisent que 5-10% des fonctionnalités, et encore...quand ils comprennent quelque chose à l'outil.
      Imaginez...j'ai dans ma famille une prof des écoles qui initie les gamins à l'informatique. Suite à divers problèmes, elle est persuadée qu'avoir un disque dur un peu rempli (genre il ne reste "que" 5Go de libre) est la cause de ses problèmes de bugs et autres...que le fait de faire des sauvegardes régulièrement, c'est du zèle d'"initié" de l'informatique (malgré plusieurs pertes de données subies).

      Quand je vois l'utilisation qui est faite des suites bureautiques, dans mon lycée mais aussi dans l'entreprise (PME) où travaille mon épouse, c'est lamentable, entre les puces automatisées et la mise en forme conditionnelle avec un tableur, je passe pour une star de l'informatique, je pourrai presque détroner le visionnaire qu'est Bill...mais non le [patron/chef d'établissement/dissaïdor que vous voulez] y veut son Word, son Excel, son Powerpoint, vous imaginez pas le changement violent que provoquerait une migration. Par contre, quand il s'agit de ne pas filer de prime car ça coûte des sous...

      Je comprend toujours pas comment ces individus peuvent changer de voiture et arriver à retrouver le klaxon, ça doit être un effort d'adaptation surhumain.

      • [^]Re: De la bonne volonté

        Posté par Jean-Michel Philippe (Jabber id, page perso, ) le 24/09/2007 à 12:54. (lien). Évalué à 5.

        mais non le [patron/chef d'établissement/dissaïdor que vous voulez] y veut son Word, son Excel, son Powerpoint, vous imaginez pas le changement violent que provoquerait une migration


        Dans mon entreprise qui est une grosse multinationale, les gens sont tellement embrigadés par la suite MS Office qu'ils n'arrivent pas à imaginer transmettre un document par mail sans passer par Office.

        Tu leur demandes de copier un texte d'erreur : ils t'envoient un fichier DOC après avoir copié le texte dedans. Tu leur demandes une capture d'écran : ils t'envoient un fichier DOC avec l'image dedans. La moindre petite liste à compléter par mail devient tout de suite un fichier XLS, un tableau à 2 colonnes et 5 lignes également, etc. Là où ça devient plus préoccupant c'est que la majorité des travaux techniques et scientifiques sont faits sous MS Office, ce qui génère à mon avis une baisse notable de productivité...

        Bref le lavage de cerveau a été très bien réussi par MS, reste à organiser le lavage inverse. Ce que je constate c'est que ce sont les jeunes qui présentent le terreau le plus fertile. Or bien souvent les décideurs ne font plus partie de cette classe d'âge, d'où problème.

        [^]Re: De la bonne volonté

        Posté par Obsidian () le 24/09/2007 à 14:28. (lien). Évalué à 2.

        - niveau lycée/STS, un inspecteur pédagogique régional qui en assemblée de plusieurs dizaines de profs fait la promotion des logiciels "open source" (notamment openoffice), avec son portable sous Windows et un slide sous PowerPoint. Je me suis retenu de rire et de l'interpeller sur ce point (je pense à ma rémunération au mérite les gars !!!)


        Oui, mais en même temps, on n'est pas obligé de rentrer dans les ordres quand on décide de comencer à utiliser du logiciel libre et heureusement. Une migration se fait toujours de manière planifiée et en douceur (enfin, en principe).

        Et plus globalement, les médias qui nous emmerdent avec la dette publique, la réduction des déficits et tout le tralala. En attendant, j'attends toujours le visionnaire qui dira "libre partout où c'est possible", plutôt que de gaspiller des millions en licences diverses pour des logiciels dont, dans la grande majorité des cas, les utilisateurs n'utilisent que 5-10% des fonctionnalités, et encore...quand ils comprennent quelque chose à l'outil.


        Il arrive aussi que dans les 5 à 10% de fonctionnalités utilisées dans un produit, il y en ait une ou deux qui n'existent pas dans l'équivalent libre, et que cela suffise à perturber l'utilisateur. Il ne faut pas prendre systématiquement les gens pour des imbéciles non plus. C'est exactement l'argument que l'on brandit quand on parle de standard (web, etc.) et que l'on nous répond "on va pas se faire chier pour les 5 à 10% d'utilisateurs de Linux".

        Pour le reste, je pense effectivement que le prix des logiciels d'entreprise est très surévalué. Par contre, l'argument fort du logiciel libre doit justement être la liberté et l'indépendence de l'Administration vis-à-vis des compagnies extérieures, voire étrangère. Brandir le coût de revient (hors TCO car c'est un autre troll) comme argument numéro 1 reste un mal nécessaire, pas une ligne à suivre.

      [^]Re: De la bonne volonté

      Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 24/09/2007 à 09:51. (lien). Évalué à 10.

      Dans ce cas, il faut écrire à l'inspection académique et au ministre de l'EN en expliquant qu'il faut suivre les préconisations du RGI : http://synergies.modernisation.gouv.fr/rubrique.php?id_rubri(...) et http://synergies.modernisation.gouv.fr/article.php?id_articl(...)

      Il faut expliquer avec patience que quand on téléphone à quelqu'un, on n'a pas à se soucier de la marque et du type de l'appareil du correspondant. C'est dû au respect des normes d'interfaces.
      De la même façon, un document ODF conforme aux normes ISO n'impose ni le logiciel à utiliser pour le lire ni le système d'exploitation qui va avec.
      Imposer Microsoft est contraire à la mission de l'EN.

      • [^]Re: De la bonne volonté

        Posté par Florian G (Jabber id, ) le 24/09/2007 à 11:15. (lien). Évalué à 0.

        +1

        C'est bien dit !

        --
        Comment marchent le « moinssage » et le « plussage » ?

        [^]Re: De la bonne volonté

        Posté par sylpub () le 24/09/2007 à 11:27. (lien). Évalué à 8.

        Quand mon inspecteur me demande conseil et que je lui explique que son choix est caduc avec toutes les explications sur la pérennité, la sécurité etc... j'ai le droit à une écoute... et un choix arriéré !

        Dans une académie où la Région livre dorénavant ses postes sous linux, mon inspecteur fait des choix d'application windows en argumentant que l'appli est gratuite ! (l'appli concurrente gratuite aussi tourne sur serveur et est indifférente au sys d'exp, elle est porteuse d'avenir, ben non nous on va en marche arrière).

        On peut expliquer rééxpliquer, c'est la norme ambiante qui les rassure. Le savoir faire immédiat.
        Les inspecteurs réagissent aussi en fonction des moyens qui leur sont alloués : un portable sous windows...alors que s'ils étaient dotés comme l'assemblée nationale d'un portable sous linux, on verrait progresser les choses; la notion d'interopérabilité leur sauterait à la figure.
        Et ils ne sont même pas intéressés par un dual-boot :(

        les inspecteurs exigent leur sujet d'examen en.doc.Quand j'ai expliqué aux profs que je formais qu'ils pouvaient satisfaire à cette demande sans pour autant acheter ce logiciel, certains ont respiré . Car l'educ nat demande à l'enseignant mais oublie de le doter...

        bcp de profs sont bcp plus maléables que les inspecteurs !
        D'une manière générale, je constate qu'on perds 5 ans dans l'educ nat entre un conseil donné, argumenté, expliqué, démontré ...et sa mise en oeuvre. ce qui avance plus vite, ce sont les actions mises en oeuvre sur le terrain mais comme le signale bruno ci-dessus, ça se casse la figure au départ du maitre d'oeuvre...

        ici, je pense que nous avancerons grâce à la région qui a fait le choix de linux...
        Pour les collèges, ça avance aussi : le CG a fait le choix de ne délivrer que du logiciel libre (sur plateforme winXP) dans les nouvelles dotations...

        • [^]Re: De la bonne volonté

          Posté par baud123 (Jabber id, page perso, ) le 24/09/2007 à 22:50. (lien). Évalué à 2.

          le double-démarrage reste un pis-aller àmha : une fois que la décision de migrer de XP en Vista est prise (par exemple), tu ne laisses pas le double-démarrage à l'utilisateur : cela a coûté suffisamment cher de gérer la migration, ce n'est pas pour avoir un double-parc logiciel à gérer (quid des licences installées en double ? quid de la double maintenance aux virus ?).

          C'est effectivement un choix qui doit être envisagé dès aujourd'hui : l'outil de travail professionnel est là pour travailler, pas pour permettre d'installer tout ce que l'utilisateur veut pouvoir ajouter (en râlant quand il a fait une fausse manip').

          Alors oui, c'est effectivement en amont qu'il s'agit d'identifier les applications strictement nécessaires et de proposer les alternatives utiles pour celles qui ne peuvent pas migrer en l'état (quid de toutes ces applis en Access97 cassées du fait du passage à Windows 2000 ? cela s'est-il vraiment passer en douceur ou par un big bang et une récupération des fonctionnalités par la suite ?).
          Seules resteront les applications interopérables et basées sur des standards ouverts, cela n'élimine pas forcément le propriétaire mais déjà amorce un premier pas bénéfique à tous en terme de choix (pas d'enfermement avec un seul fournisseur).
          Une fois atteinte la masse critique, peu de monde regardera en arrière àmha. Et bien sûr, au passage le libre fournit tout ce qu'il faut pour rentrer dans ces critères.

        [^]Re: De la bonne volonté

        Posté par Misc (page perso, ) le 24/09/2007 à 15:31. (lien). Évalué à 4.

        En pratique, imposer ODF impose surtout de virer Office ( dans l'état des choses ), faut arreter de se voiler la face, les libristes ne veulent que ça, et le reste du monde se fout de ça.