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Journal : Et hop, bientôt le Sonny Bono Act à la française !

Posté par Guid (page perso, ) le 15 février 2008
Notre ami McCreevy, pro-brevets logiciels a une nouvelle idée prodigieuse : étendre les droits des interprètes de 50 à 95 ans !

http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/02/15/musique-la-(...)

Bien évidemment, notre brave McCreevy ne pense pas à Cliff Richard ou Aznavour, ou Johnny Halliday, mais "plutôt aux milliers de musiciens de studio anonymes (...) Ceux-là ne percevront plus aucune redevance liée à leur contribution à ces enregistrements, alors qu'il s'agit souvent là de leur seule retraite".
Bien sûr, ça n'est pas pour renouveler les tires-pognons des majors qui vont tomber dans le domaine public, allons donc, qu'allez-vous penser ? C'est pour ces pauvres milliers de musiciens de studio anonymes !

> Lire le journal (32 commentaires, moyenne: 3).  

Vous avez demandé le commentaire #904980.

Pourquoi désormais je m'en fou.

Posté par Mathieu Stumpf (Jabber id, page perso, ) le 15/02/2008 à 12:22. (lien). Évalué à 6.

Autant un brevet peu vraiment être bloquant, autant des musiques il suffit de ne pas les écouter.

Bon d'accord, il y a toujours des lieux où l'espace visuel et sonore est pollué. Et même en évitant toutes les presses moutoneuses, à moins de te couper de toute relation social, et de ne jamais sortir de chez toi, tu risques toujours tôt où tard d'apprendre que carla bruni s'est marié avec nicolas sarkozy. Ces deux illustres inconnus que tu ne verras jamais de ta vie mais dont les têtes et les noms sont placardées 50 fois entre chez toi et ton lieu de travail.

Donc tu ne peux effectivement pas vivre en société sans être un minimum imbibé de ce culte de l'image, mais tu peux quand même drastiquement réduire cette constante lobotomisation.

D'ailleurs ce poste me fait penser que je devrais graver des CDs de musique sous licence libre pour les filer dans les bars/resto où je traîne. :)

Merci donc pour ce journal qui m'a donnée une bonne (enfin je trouve) idée.

  • [^]Re: Pourquoi désormais je m'en fou.

    Posté par Nicolas Boulay () le 15/02/2008 à 13:17. (lien). Évalué à 10.

    Si, c'est grave. Regarde les arguments de Lessig.

    Pour que Disney puisse encore tirer de l'argent de Mickey, la loi fait disparaitre 98% du reste des oeuvres. Qui veut prendre le risque de restaurer des enregistrements et de les diffuser sachant que les ayant droits peuvent réparation ?

    Combien d'œuvres ne prennent pas la poussière au bout de 50 ans par rapport à ce qui est produit ?

    Le risque est de faire disparaitre tout ce qui n'est pas "commercial" car les risques juridiques sont trop important.

    • [^]Re: Pourquoi désormais je m'en fou.

      Posté par Mathieu Stumpf (Jabber id, page perso, ) le 15/02/2008 à 14:01. (lien). Évalué à 2.

      C'est tout l'intérêt des licences libres. Avec des licences libres, tout le monde peut restaurer des enregistrements et les diffuser sans aucun risque juridique. Placer une œuvre sous licence libre, c'est lui donner des chances énormes de pérennité.

      Je ne comprends ta déclaration comme quoi la loi fait disparaître des œuvres. Personne t'empêche de lire des histoires qui sont dans le domaine public pour endormir tes chérubins plutôt que de les coller devant un disney.

      Faute à qui si des œuvres disparaissent? Si des auteurs décident de pourrir la vie de ceux qui pérennisent leurs œuvres en les partageant, il faut pas venir pleurer après qu'elles disparaissent.

      Au lieu de pleurer que les monopoles intellectuelles seront encore plus long, il ne tiens qu'à chacun de décider de ne plus consulter des œuvres qui sont sous le coups d'un monopole. Un monopole d'exploitation sur une œuvre dont personne ne veut tant qu'elle est sous le coups de ce monopole, ça ne présente pas beaucoup d'intéret économique pour son bénéficiaire.

      • [^]Re: Pourquoi désormais je m'en fou.

        Posté par Jak () le 15/02/2008 à 14:20. (lien). Évalué à 3.

        Je pense que la disparition des oeuvres dont parle le commentaire précédent est dû au fait que des oeuvres qui ne rapportent plus sont remisées et oubliées. Même une oeuvre non-libre peut être intéressante et de qualité, mais si on ne peut la retoucher pour la restaurer avant destruction de la bande car l'ayant-droit le refuse, ben hop, c'est paumé.

        Un peu hors-fil, si aujourd'hui je faisais un film ouvertement inspiré du conte de Grimm éponyme Blanche-Neige, risquerai-je des poursuites de la part de Disney ? Logiquement, non. En pratique, je me demande si ça ne décourage pas ceux qui pourraient avoir envie de monter leur propre adaptation.

        --
        « Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé. »
        - Battologio d'Epanalepse, in De Cape et de Crocs, Acte VII (Ayroles & Masbou)
        • [^]Re: Pourquoi désormais je m'en fou.

          Posté par Mathieu Stumpf (Jabber id, page perso, ) le 15/02/2008 à 17:21. (lien). Évalué à 2.


          Je pense que la disparition des oeuvres dont parle le commentaire précédent est dû au fait que des oeuvres qui ne rapportent plus sont remisées et oubliées. Même une oeuvre non-libre peut être intéressante et de qualité, mais si on ne peut la retoucher pour la restaurer avant destruction de la bande car l'ayant-droit le refuse, ben hop, c'est paumé.


          J'ai bien compris, mais comme tu le dis si bien, la faute incombe surtout à «l'ayant-droit», plus qu'à la loi. Dire «la loi fait disparaitre 98% du reste des oeuvres», c'est éluder complètement cet aspect.


          Un peu hors-fil, si aujourd'hui je faisais un film ouvertement inspiré du conte de Grimm éponyme Blanche-Neige, risquerai-je des poursuites de la part de Disney ? Logiquement, non. En pratique, je me demande si ça ne décourage pas ceux qui pourraient avoir envie de monter leur propre adaptation.


          Je crois que ça restera toujours du domaine de l'imaginaire ce genre d'exemple. Franchement tu connais un cas concret de ce genre?

          • [^]Re: Pourquoi désormais je m'en fou.

            Posté par Nicolas Boulay () le 16/02/2008 à 18:24. (lien). Évalué à 2.

            C'est un choix de société. Dire que les brevets ne durent que 20ans...

            Comme tu le dis, il existe des comptes dans le domaine publique. Par contre, il n'existe pas de film ou de musique. Bref, rien en multimédia. Si il faut attendre 90 ans pour faire une restauration, qui peut seulement croire que cela sera possible ?

            Un bouquin, une toile peut vivre 90 ans, pas un support électronique !