Cela fait 15 ans maintenant que le Top500 existe. C'est en juin 1993 qu'est apparu le premier classement des 500 ordinateurs les plus puissants du monde et, tous les six mois, cette liste est scrupuleusement mise à jour.
Nous avons donc maintenant 30 classements derrière nous et le boss du Top500, le professeur Meuer, a décidé que c'était l'occasion d'écrire un article récapitulatif pour célébrer cet anniversaire.
Autant vous le dire tout de suite cet article est une pure jouissance pour le geek qui sommeille en nous. C'est rempli de tableaux, de statistiques, de comparatifs de toutes sortes...et en plus il y a des prédictions technologiques à la fin du texte ! Rhaaa...le pied !
Je me le suis imprimé en couleur et j'ai passé les 2 dernières heures à tout scruter avec ravissement. Prenez par exemple la figure 14 qui concerne les systèmes d'exploitation. On voit parfaitement que l'apparition de Linux sur ce marché des superordinateurs date de 1999 et qu'il y a eu une accélération dramatique de l'adoption de Linux en 2003 au détriment des Unix propriétaires.
Incroyable de voir aussi sur la figure 17 que jusqu'en 1996 il y avait des ordinateurs qui faisait partie de la liste et qui n'avaient...qu'un seul processeur de calcul ! Un autre monde...
La figure 6 est également très intéressante puisqu'elle compare les constructeurs de superordinateurs de la première liste Top500 à ceux de la trentième. C'est bluffant de voir comment les deux grosses boites traditionnelles que sont IBM et HP ont réussi à reprendre le dessus sur la horde de petits constructeurs qui étaient dans la liste en 1993. Les Meiko, Thinking Machines, nCube et autres MasPar n'existent plus désormais.
Ce qui est proprement stupéfiant à propos du Top500 c'est que cela permet de faire des prédictions extrêmement précises. En juin 1997 le professeur Meuer a décidé de prendre un risque. A cette époque il n'y avait qu'un seul ordinateur dans le monde qui atteignait le Teraflops, le superordinateur ASCI Red au laboratoire Sandia au Nouveau-Mexique. Il a étudié soigneusement la droite du tracé des performances sur une échelle logarithmique qui se trouve à la figure 10 et il a fait la prédiction suivante: En juin 2005 tous les ordinateurs de la liste Top500 auront une puissance supérieure à 1 Teraflops. Les figures 11a, 11b et 11c montrent l'évolution du parc au cours de cette période et on voit qu'exactement en juin 2005, comme cela avait été prédit 8 ans plus tôt, le dernier ordinateur de la liste atteint la puissance d'1 Teraflops. Impressionnant !
Il y a plein d'autres données croustillantes dans l'article. Par exemple la figure 21 montre très bien la progression par plateaux successifs des performances des numéros 1 de la liste. Typiquement quand une très grosse machine s'empare de la couronne, elle la garde pour plusieurs éditions du Top500.
Et savez vous qu'un laptop contemporain de haut de gamme (7 Gigaflops) aurait fait partie de la liste des 500 superordinateurs les plus puissants du monde en 1997 ?
La figure 22 permet de voir ce qui va se passer dans les années à venir en utilisant la même technique de "prolongement de la droite".
Ainsi votre laptop aura une puissance de 1 Teraflops en 2014 (c'est à dire à peine 18 ans après l'apparition d'ASCI Red, le premier ordinateur Teraflops du monde). Il faut entre 6 et 8 ans pour que le numéro 1 de la liste dégringole à la 500ième place et il faut entre 8 et 10 ans pour que la puissance du 500ième devienne celle d'un vulgaire laptop.
Le professeur Meuer a donc énoncé, en toute confiance, une nouvelle prédiction: Alors que dans la dernière liste de novembre 2007 aucun ordinateur n'atteint le Pétaflops, en 2015 il n'y aura plus dans le Top500 que des superordinateurs dépassant ce seuil mythique.
J'ai hâte d'y être !
Nous avons donc maintenant 30 classements derrière nous et le boss du Top500, le professeur Meuer, a décidé que c'était l'occasion d'écrire un article récapitulatif pour célébrer cet anniversaire.
Autant vous le dire tout de suite cet article est une pure jouissance pour le geek qui sommeille en nous. C'est rempli de tableaux, de statistiques, de comparatifs de toutes sortes...et en plus il y a des prédictions technologiques à la fin du texte ! Rhaaa...le pied !
Je me le suis imprimé en couleur et j'ai passé les 2 dernières heures à tout scruter avec ravissement. Prenez par exemple la figure 14 qui concerne les systèmes d'exploitation. On voit parfaitement que l'apparition de Linux sur ce marché des superordinateurs date de 1999 et qu'il y a eu une accélération dramatique de l'adoption de Linux en 2003 au détriment des Unix propriétaires.
Incroyable de voir aussi sur la figure 17 que jusqu'en 1996 il y avait des ordinateurs qui faisait partie de la liste et qui n'avaient...qu'un seul processeur de calcul ! Un autre monde...
La figure 6 est également très intéressante puisqu'elle compare les constructeurs de superordinateurs de la première liste Top500 à ceux de la trentième. C'est bluffant de voir comment les deux grosses boites traditionnelles que sont IBM et HP ont réussi à reprendre le dessus sur la horde de petits constructeurs qui étaient dans la liste en 1993. Les Meiko, Thinking Machines, nCube et autres MasPar n'existent plus désormais.
Ce qui est proprement stupéfiant à propos du Top500 c'est que cela permet de faire des prédictions extrêmement précises. En juin 1997 le professeur Meuer a décidé de prendre un risque. A cette époque il n'y avait qu'un seul ordinateur dans le monde qui atteignait le Teraflops, le superordinateur ASCI Red au laboratoire Sandia au Nouveau-Mexique. Il a étudié soigneusement la droite du tracé des performances sur une échelle logarithmique qui se trouve à la figure 10 et il a fait la prédiction suivante: En juin 2005 tous les ordinateurs de la liste Top500 auront une puissance supérieure à 1 Teraflops. Les figures 11a, 11b et 11c montrent l'évolution du parc au cours de cette période et on voit qu'exactement en juin 2005, comme cela avait été prédit 8 ans plus tôt, le dernier ordinateur de la liste atteint la puissance d'1 Teraflops. Impressionnant !
Il y a plein d'autres données croustillantes dans l'article. Par exemple la figure 21 montre très bien la progression par plateaux successifs des performances des numéros 1 de la liste. Typiquement quand une très grosse machine s'empare de la couronne, elle la garde pour plusieurs éditions du Top500.
Et savez vous qu'un laptop contemporain de haut de gamme (7 Gigaflops) aurait fait partie de la liste des 500 superordinateurs les plus puissants du monde en 1997 ?
La figure 22 permet de voir ce qui va se passer dans les années à venir en utilisant la même technique de "prolongement de la droite".
Ainsi votre laptop aura une puissance de 1 Teraflops en 2014 (c'est à dire à peine 18 ans après l'apparition d'ASCI Red, le premier ordinateur Teraflops du monde). Il faut entre 6 et 8 ans pour que le numéro 1 de la liste dégringole à la 500ième place et il faut entre 8 et 10 ans pour que la puissance du 500ième devienne celle d'un vulgaire laptop.
Le professeur Meuer a donc énoncé, en toute confiance, une nouvelle prédiction: Alors que dans la dernière liste de novembre 2007 aucun ordinateur n'atteint le Pétaflops, en 2015 il n'y aura plus dans le Top500 que des superordinateurs dépassant ce seuil mythique.
J'ai hâte d'y être !
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Et le bilan écologique ?
Le type a fait une étude sur les polluants nécessaires pour faire ces machines ?
et sur la capacité à recycler tout ou partie en fin de vie des coucous ?
sur la quantité de prétrôle nécessaire pour tous les plastiques et autres polymeres présent dans un ordinateur ?
Parce que c'est bien beau de nous promettre des PetaFLOPS pour 2015 ... encore faut il que cela soit écologiquement rentable ...
[^]Re: Et le bilan écologique ?
À la fin du rapport (que je n'ai que survolé), il y a une partie au sujet de l'initiative Green500, qui donne les machines qui ont le meilleur rapport puissance [de calcul/consommée], mais en effet, ils n'ont pas l'air d'envisager autre chose dans le coût énergétique.
« Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé. »
- Battologio d'Epanalepse, in De Cape et de Crocs, Acte VII (Ayroles & Masbou)
[^]Re: Et le bilan écologique ?
Sur l'écologie il faut souligner que toutes les modélisations environnementales et climatiques se font sur ces superordinateurs. C'est un peu dur de remettre en cause leur bilan alors qu'ils sont absolument cruciaux pour la compréhension du réchauffement climatique.
Sans eux et les prévisions qu'ils génèrent pour les scientifiques il est probable que pas un politique n'aurait bougé le petit doigt pour prendre des mesures contre le réchauffement.
Maintenant c'est vrai que le cycle de vie des superordinateurs est tellement rapide qu'il faut se préoccuper de leur recyclage.
[^]Re: Et le bilan écologique ?
Surtout que bien que cela fasse "peur", ce n'est pas la grosseur d'un calculateur qui est importante mais bien son rendement.
Et côté rendement, il me semble que les noyaux unix font des efforts pour être plus "vert".
L'autre question importante reste :
"Quel est le taux d'occupation de ces gros calculateurs ?"
S'ils sont utilisé à 10%, c'est vrai, c'est du gros gachi, sinon je crois pas qu'un gros calculateur à la place de milliers de petits soit pire...
PS : tout ça en partant du principe qu'on construit un calculateur parce qu'on a des calculs à faire et non pas, on fait des calculs car on a construit un gros calculateur.
[^]Re: Et le bilan écologique ?
> S'ils sont utilisé à 10%, c'est vrai
non ça, sans le savoir réellement, j'en doute fort fort.. rien qu'en sachant qu'il suffit d'augmenter la "finesse"/"résolution"/.. dans les simulations pour devoir utiliser plus de puissance..
[^]bilan écologique : extrémement positif
En fait ces super calculateurs sont extrêmement écologique du point de vue des taux d'occupations. Tous ceux que j'ai utililisé jusqu'ici ont des taux d'occupations qui avoisinent les 80%. 80% car il faut tenir compte des difficultés de démarrage (configuration initiale, habitudes des utilisateurs ...), des noeuds réservés pour la gestion des espace disques et des connexions, et finalement des éventuelles maintenance. À côté ce sont vraiment les machines de bureau qui sont (ont étées ?) des sources de pollution effroyables. Quand on considère qu'un PC de bureau sous W$ occupe moins de 5% de sa capacité à travailler et que sur ces 5% en moyenne plus de 80% sont utilisés pour envoyer du SPAM ou lutter contre des trous de sécurité (firewall et anti-virus en espace utilisateur, i.e. après les failles de sécurité).
Pour en revenir au sujet, un super calculateur est généralement utilisé par des centaines (voir des dizaines de milliers d'utilisateurs). Ils sont équipés de système de gestions de queues (batch) qui permettent que presque tous les processeurs soient utilisés au max.
Du coup si on ajoute que le super calculateur fonctionne 24h/24 contrairement au bête PC, on a :
- un rendement énérgétique bien meilleur (calculs contre idle)
- une utilité du travail bien supérieur (calculs contre vers/spams/...)
- une taux d'utilisations très supérieur sur la durée de vie qui "rentabilise" la pollution chimique (24h/24 pendant 5 à 10 ans contre 2h/24 pendant 3-6 ans).
PMA
[^]Re: bilan écologique : extrémement positif
Cela dit il faut aussi prendre en compte que la nature à horreur du vide.
Avoir les queues pleines ne signifie pas que l'on fait quelque chose d'utile. Il y a de la puissance on s'en sert. Plus c'est facile à utiliser et plus on charge le bouzin :-)
[+] [^]Re: Et le bilan écologique ?
Sur l'écologie il faut souligner que toutes les modélisations environnementales et climatiques se font sur ces superordinateurs. C'est un peu dur de remettre en cause leur bilan alors qu'ils sont absolument cruciaux pour la compréhension du réchauffement climatique.
Sans eux et les prévisions qu'ils génèrent pour les scientifiques il est probable que pas un politique n'aurait bougé le petit doigt pour prendre des mesures contre le réchauffement.
Maintenant c'est vrai que le cycle de vie des superordinateurs est tellement rapide qu'il faut se préoccuper de leur recyclage.
je ne veux pas troller mais :
- je croyais que le réchauffement climatique et le fait que les ressources étaient limités étaient issu du bon sens et non de simulation Pet-a-flop-esque
- je croyais que les prévisions météo de météo France était presques fiable pour des périodes de moins de 3 jours , et fiables pour 24h
- il me semble que sur les 500 superConserves, toutes ne font pas des calculs météo ou climatique
- à coté de cela, fabriquer du matériel top moumoute dans la course au plus grosse B...oite de conserve électronique, ca doit nécessité du prototypage, des tests, de l'électricité, du papier, de l'encre, puis la fabrication des prototype puis du produit fini, ca doit en consommer des ressources énergétiques, de la matière première, ... et ca doit en produire du dechet ...
Donc, en fait, sans répondre, tu me confirme que tout le monde s'en fout que c'est comme d'habitude aux autres de faire des efforts et de montrer l'exemple ;)
[^]Re: Et le bilan écologique ?
Respirer, ça pollue, et pourtant tu n'arrêtes pas de le faire depuis des années ;-)
[ Répondre ] Ce commentaire est-il impertinent ou utile ?
[^]Re: Et le bilan écologique ?
Sans parler de mouler sur linusquéfer.
À moins que pour cela, tu n'utilises des papillons ! [http://xkcd.com/378/]
[^]Re: Et le bilan écologique ?
Pas besoin de gros calculateurs, nos ordis pourraient suffire :
http://www.nojhan.net/geekscottes/index.php?strip=84