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Journal : A propos du reportage "le monde selon Monsanto"

Posté par Duncan Idaho (Jabber id, page perso, ) le 06 mars 2008
Salut les jeunes,

un journal complet a déjà été posté sur le sujet (et a lancé quelques polémiques) aussi me permette-je d'en publier un neuf, considérant que la contre-information suivante a au moins autant d'importance que l'information démentis (de mon point de vue elle en a beaucoup, étant assez révélatrice d'une certaine tendance à la facilité intellectuelle pour justifier des points de vues parfois bancals).

Notez que je ne suis pas adhérent de l'AFIS et qu'à ma connaissance, elle n'a aucun intérêt financier dans cette histoire (ie : elle ne soutient aucun camp par intérêt). J'ai laissé la présentation de l'association à la fin, vous invitant à visiter leur site internet, très instructif, j'ai toutefois élagué l'appel à cotisation, ne voulant pas entâcher le message. J'ose penser que vous trouverez assez de référence pour vous faire votre propre idée, l'objectif d'une association tel que l'AFIS n'étant certainement pas de proner le gavage intellectuel, mais plutôt le rationnalisme et la curiosité scientifique.

Le monde selon Monsanto

Un film de Marie-Monique Robin (2007)



Marie-Monique Robin est journaliste d'investigation. Elle a atteint la notoriété avec la réalisation en 1995 du reportage controversé « Voleurs d'yeux » sur la légende urbaine des trafics d'enfants afin de réaliser des prélèvements illégaux d'organes. (1) Elle a réalisé depuis de nombreux autres reportages. Une de ses productions précédentes, diffusée sur CANAL + en 2004 puis rediffusée sur ARTE en 2006, « Le sixième sens : science et paranormal » (2), avait de nouveau attiré notre attention, en ce qu'il témoignait pour le moins d'une grande complaisance pour les pseudo-sciences et de difficultés réelles pour distinguer ce qui relève de l'imposture et ce qui relève de l'évaluation scientifique.



Son reportage « Le monde selon Monsanto », diffusé le 11 mars 2008 en première partie de soirée par la chaîne franco-allemande ARTE, est présenté comme la conclusion d'une « enquête magistrale et alarmante » qui mettrait en lumière « un projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde mais aussi l'équilibre écologique de la planète »(3).



Nous aurions pu décider d'ignorer ce reportage. Notre décision de ne pas le faire a été mûrement pesée. Certes, après tout, le titre du film annonçait un regard pour le moins critique sur cette entreprise multinationale mais il ne présupposait pas pour autant une attitude hostile ou réservée envers les biotechnologies végétales. Par ailleurs, nous n'ignorions pas que le fait de commenter ce reportage, qui plus est de façon critique, ne manquerait pas d'être commenté dans les réseaux hostiles à l'utilisation des biotechnologies végétales dans l'agriculture et l'alimentation comme une complaisance coupable avec la société Monsanto.



Pour prendre notre décision, nous avons donc attendu de visionner le reportage, ce que nous avons pu faire puisqu'il a déjà été diffusé sur d'autres chaînes francophones (RTBF, TSR1). Après visionnage de ce reportage, il apparaissait, en se limitant au seul champ de l'information scientifique, qu'il était truffé de contrevérités et d'approximations relayées sans esprit critique.



Nous avons donc considéré qu'il était de notre responsabilité d'alerter les téléspectateurs francophones contre les allégations colportées malheureusement une nouvelle fois avec ce reportage.



Nous nous devons d'ailleurs de regretter publiquement que ce soit une chaîne audiovisuelle du service public, réputée de qualité, qui se prête, alors que la représentation nationale est saisie de l'examen du projet de loi sur les biotechnologies, à une entreprise qu'il faut bien qualifier de désinformation.



Les passions se faisant volontiers véhémentes sur ce sujet sensible, nous entendons être clairs sur l'attitude qui est la nôtre au regard de cette alerte que nous lançons. Nous ne cherchons pas à identifier les motivations de l'auteure du reportage et ne lui prêtons aucune intention : seuls les propos tenus et rapportés dans le reportage sont traités. Nous ne nous préoccupons pas dans notre commentaire présent du reportage en général, des thèses (économiques, sociales, politiques, éthiques, etc.) qui peuvent se trouver y être véhiculées en particulier, ou encore des thèmes abordés qui sont sans rapport avec les biotechnologies végétales (agent orange, hormones de croissance, etc.) : nous avons réalisé le choix éditorial de nous borner à constater que, dans le déroulement de ce qu'elle considère comme étant sa démonstration, la documentariste relaie des informations fausses ou inappropriées relatives aux plantes génétiquement modifiées ; nous entendons rétablir la matérialité des faits en ce qui concerne les biotechnologies végétales ; nous restons en conséquence très factuels, avec des références précises, en reprenant les allégations du reportage dans l'ordre chronologique de leur apparition.



Michel Naud, 5 mars 2008



(1) Le reportage traitait du cas d'un enfant dont, d'après le témoignage de la mère, on aurait « volé les yeux » dans l'objectif d'y prélever les cornées pour une greffe. Une contre-expertise, suite à la sortie du film, par les professeurs Gilles Renard (service d'ophtamologie de l'Hôtel-Dieu de Paris), Marc Gentilini (maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière) et Alain Fischer (immunopédiatrie à l'hôpital Necker-Enfants malades) concluait : « Il n'y a pas eu de vol des yeux de cet enfant », l'enfant a toujours ses globes oculaires et est atteint d'une kératite bilatérale sévère avec ulcération profonde de la cornée, consécutive à une affection diarrhéique. Le prix Albert Londres avait été décerné avant la connaissance de ce dénouement. Sources : article de Jean-Yves Nau paru dans l'édition du 19.09.95 du quotidien Le Monde et consultable dans les archives électroniques payantes du journal : Un rapport médical contredit un reportage sur un trafic d'organes en Colombie ; Le jury Albert-Londres, qui a primé « Voleurs d'yeux », est embarrassé par une expertise française ; un article d'accès gratuit dans le quotidien l'Humanité : http://www.humanite.fr/1995-09-19_Articles_-Un-reportage-sou(...)

(2) 17 septembre 2006, 23h55. Le paranormal est-il soluble dans la science ? Notre cerveau possède-t-il des capacités encore insoupçonnées ? Une voyante, un extralucide et un guérisseur se prêtent aux expérimentations des scientifiques… avec des résultats étonnants. http://www.arte.tv/fr/connaissance-decouverte/Les-pouvoirs-c(...)

(3) 11 mars 21h00. Du continent américain à l'Inde en passant par l'Europe, une enquête magistrale et alarmante sur la multinationale américaine qui commercialise 90 % des OGM dans le monde. http://www.arte.tv/monsanto . Ce reportage a précédemment été diffusé par la chaîne belge RTBF et la chaîne helvétique TSR1.







Le film « Le monde selon Monsanto » part du postulat que le passé (années 60 et début 70, voire avant) de la firme chimique Monsanto « éclaire ce qu'elle est ou prétend être aujourd'hui ». Les culpabilités passées, si elles sont avérées, amenant à la conclusion, leitmotiv du film, « on ne peut pas faire confiance à Monsanto, jamais ! ».



La posture générale peut être ainsi synthétisée :

a) les biotechnologies sont intrinsèquement dangereuses ;

b) les risques ne sont pas évalués comme ils devraient l'être ;

c) cette insuffisance est imputable à l'influence de Monsanto sur les instances d'évaluation.



Le cas de la production du L-Tryptophane serait l'illustration première de la déficience des instances d'évaluation : il s'agit bel et bien d'un véritable accident industriel imputable à une mauvaise filtration pouvant laisser passer un contaminant (Belongia et al. (1990). An Investigation of the Cause of the Eosinophilia-Myalgia Syndrome Associated with Tryptophan Use", The New England Journal of Medicine, 323(6):357-365 ) ; signalons d'ailleurs qu'il ne s'agissait pas d'un produit végétal mais bactérien, et que la firme responsable n'était pas Monsanto, ni même américaine, puisqu'elle était japonaise (Ajinomoto).



Afin d'examiner la validité scientifique du film, ce texte se concentrera sur les seuls arguments scientifiques relatifs aux seuls OGM. Les autres thèmes, Agent Orange, hormone de croissance bovine recombinante et l'herbicide RoundUp, tout comme les autres aspects (économiques, sociaux, etc.), mériteraient aussi d'être commentés mais le choix a été réalisé de se focaliser sur les arguments scientifiques maltraités dans le reportage.



Argument n° 1 : le principe d'équivalence substantielle aurait conduit à considérer les OGM comme équivalents aux autres aliments, et donc à ne pas les évaluer



Dans les années 90, un débat a porté sur les risques potentiels des applications de la transgénèse (sont-ils de nature différente de ceux des autres variétés végétales ?) et sur la façon de les évaluer. Le concept de substantial equivalence a été proposé comme un outil d'évaluation des incertitudes, dans un cadre d'harmonisation des approches étatsunienne et européenne (1). Il s'agit d'une méthode comparative de l'OGM avec un organisme reconnu comme sûr (en raison d'un long usage antérieur), c'est-à-dire la variété non-OGM la plus proche (hormis le transgène). La réalisatrice du film a, quant à elle, compris qu'il s'agissait d'un principe dispensant l'OGM d'études ! Il s'agit donc d'un contre-sens complet.



Ce principe a évolué depuis l'origine : il est aujourd'hui considéré comme une étape (impliquant des analyses vérifiant expérimentalement la composition équivalente en substances chimiques) vers d'autres études (tests toxicologiques sur rongeurs par exemple), si nécessaire.



La principale faiblesse de ce passage du film est qu'il assimile des risques théoriques à des risques avérés, et un débat sur ces risques à une preuve de la dangerosité.



Argument n°2 : le « lanceur d'alerte » Arpad Pusztai aurait été sanctionné car ses travaux montreraient la dangerosité des OGM



Le 10 août 1998, Arpad Pusztai annonça à la télévision britannique qu'il était en mesure de prouver que les plantes transgéniques pouvaient entraîner des effets inattendus (sur des rats en l'occurrence). Il s'agissait d'une lignée de pomme de terre expérimentale (n'appartenant pas à Monsanto). Que cette annonce ait suscité une excitation médiatique est étonnant en soi car, dans un passé récent, trois variétés de pomme de terre conventionnelles n'ont pu être commercialisées pour cause de présence intempestive de substances toxiques, sans que cela n'attire l'attention de la presse … De plus, si une variété OGM devait se révéler, à l'étude, impropre à la consommation, elle ne serait pas commercialisée, sans que cela préjuge du cas des autres OGM : les évaluations se font, et doivent se faire, au cas par cas.



Contrairement à ce qui est dit dans le film, le directeur de l'Institut de recherche de Pusztai n'était pas au courant des soi-disant résultats de son chercheur : submergé d'appels de la presse le lendemain de l'interview, incapable de répondre, il mena une enquête qui lui suggéra qu'aucune donnée fiable n'était en possession de Pusztai. Ce dernier n'a d'ailleurs jamais publié dans un journal scientifique ses affirmations médiatiques (sa publication d'octobre 1999 ne reprend pas la plupart de ses allégations de 1998). Il y a donc eu une entorse grave à la déontologie scientifique qui veut que les données soient d'abord publiées dans un journal scientifique (et ainsi soumises pour examen critique par tous) avant médiatisation : dans le cas contraire, les affirmations ne peuvent être vérifiées, ce qui ouvre la voie à toutes les allégations fantaisistes.



Pusztai persiste aujourd'hui dans sa posture victimaire, mais en fait il n'a jamais convaincu la communauté scientifique, et encore moins la commission qui l'a entendu et qui a conclu a des résultats « deeply flawed ». Tous les éléments du dossier sont présentés dans la référence (2), de manière équilibrée (y compris sa défense par quelques personnes qu'il a lui-même sollicitées).



Argument n°3 : l'évaluation du soja transgénique serait insuffisante et montrerait des anomalies sur les animaux



Parmi les amis de Pusztai figure Ian Pryme (ils ont collaboré à de nombreuses reprises). Dans le film, Pryme « décortique » une publication de Hammond et collaborateurs (3) décrivant l'évaluation du soja génétiquement modifié (GTS ou 40-3-2) de Monsanto. Bien que publiée dans un journal scientifique reconnu, l'étude de Hammond et al. serait, pour Pryme, « de peu de valeur » et de la « mauvaise science ». Précisons que Pryme était un scientifique compétent, mais que l'on voit mal en quoi ses travaux scientifiques lui permettent de remettre en cause une publication peer-reviewed et qui, depuis sa publication en 1996, n'a été contestée par aucun spécialiste du domaine.



Examinons en détail l'un des arguments à charge contre le soja GTS de Pryme. La publication montrerait une coloration plus prononcée du foie de rats gavés de ce soja ! Précisons d'abord que cette publication jugée « minimaliste » a examiné les effets sur des rats mais aussi sur des poulets, des poissons et des vaches laitières (sans anomalies). Que lisons-nous page 723 ? Plusieurs individus ont présenté une coloration plus sombre du foie (tous les autres paramètres étant normaux) chez les rats gavés du soja GTS. Effectivement. Ce que Pryme omet de préciser est que cette même caractéristique a également été observée chez les rats nourris de soja contrôle (non OGM) et n'est donc pas liée à la modification génétique, mais plus probablement à la consommation, en quantité élevée, de soja cru.



Précisons, car le film omet de le mentionner, que deux autres publications de 1996 montrent, pour ce même soja, par rapport à un soja contrôle, une composition similaire en nutriments et anti-nutriments (4) et que la protéine spécifique du soja GTS ne montre pas d'effet dans des tests de toxicité aigüe (5). De plus, une publication de 2005 montre que l'introgression du transgène dans d'autres variétés de soja ne change pas leur composition en substances principales (6). Mêmes résultats quand le soja est cultivé en Europe (Roumanie) (7). Une étude de l'Université d'Etat du Dakota du Sud, sur plusieurs générations de souris nourries de ce soja, n'a pas révélé d'anomalies (8). Toujours dans la liste des omissions du film, une étude d'un groupe hospitalier danois qui ne montre pas de problème d'allergie pour ce soja (9). Et pour finir, citons l'avis européen (10).



Argument n°4 : les échecs du coton Bt pousseraient les paysans indiens au suicide



L'efficacité du cotonnier Bt n'est pas celle du maïs Bt. Les générations actuelles de cotonniers génétiquement modifiés permettent de réduire significativement le nombre d'épandages d'insecticides (d'un facteur trois à quatre) mais ne les abolissent pas pour autant complètement : les variétés actuelles de cotonnier ne sont pas protégées contre tous les ravageurs et cette protection est variable suivant la saison (11, 12, 13).



Même si certains épandages restent nécessaires, ces résultats positifs des cotonniers Bt, cultivés dans neuf pays en 2007, suffisent à expliquer que la part des agriculteurs indiens acquérant des semences biotechnologiques soit passée de 0 (en 2001) à 63% (en 2007 ; soit 3,8 millions d'agriculteurs) (14). Les difficultés rencontrées localement doivent être analysés en fonction des situations locales (15), sans oublier qu'en Inde ont pignon sur rue des vendeurs de variétés non-certifiées, quelquefois vendues comme transgéniques Bt alors qu'elles ne le sont pas.



En résumé, le film met en scène des événements dramatiques, réalise une sélection partielle et partiale de l'information et désigne un coupable – les OGM – : il relègue artificiellement au second plan le rôle des facteurs les plus souvent invoqués pour expliquer ce phénomène initialisé bien antérieurement à l'introduction des semences biotechnologiques, à savoir le surendettement et l'usure (16) et omet totalement les études qui montrent des bénéfices pour les cultivateurs de Bt (17). Le film omet aussi de mentionner que l'entreprise américaine Monsanto n'est plus la seule à vendre des semences biotechnologiques de cotonnier en Inde (18, 19) et que la recherche publique y développe ses propres variétés OGM (20).





Argument n°5 : le maïs transgénique envahirait le Mexique et produirait des formes monstrueuses



Le film donne le beau rôle à Ignacio Chapela qui prétend avoir détecté, au Mexique, la présence de transgènes en provenance de maïs OGM des Etats-Unis. Le fait que les travaux de ce chercheur ait été contestés, contredits par d'autres et désavoués par la revue Nature (voir 21, pages 28-29) est passé sous silence dans le film : Chapela serait la victime d'une « campagne de diffamation » ! N'est pas mentionnée non plus la réflexion exemplaire, déjà menée, sur les implications qu'auraient l'utilisation de maïs transgéniques au Mexique (22), ni l'analyse de Bellon et Berthaud (23) montrant que ce n'est pas la présence d'un transgène qui nuirait à la biodiversité du maïs dans ce pays mais l'abandon des pratiques de sélection traditionnelle des fermiers paysans.



Des sommets sont atteints lorsque sont montrées des images de mutation affectant la morphologie florale et qui seraient susceptibles de se diffuser dans les maïs mexicains. Ce qui est montré (le film parle d'une espèce locale) est en fait une crucifère nommée Arabidopsis thaliana, plante modèle de laboratoire, utilisée entre autres pour étudier le développement floral, grâce notamment à ces mutations (dites homéotiques). Précisons, pour sortir de la vision apocalyptique du film, que certaines de ces mutations, qui peuvent apparaître spontanément, procurent le caractère « fleurs doubles » particulièrement apprécié des amateurs de fleurs ! Pour faciliter la recherche, ces caractères peuvent être créés par transgénèse, grâce à la propriété du transgène de s'insérer aléatoirement dans le génome (au moment précis de la transformation, mais plus dans les lignées sélectionnées). Le film insinue que ces événements aléatoires pourraient survenir par croisements d'une lignée transgénique de maïs avec des variétés non-transgéniques. Ce qui est faux puisque la lignée transgénique commercialisée possède une seule insertion, qui est stable, et ne saute plus aléatoirement dans le génome. Ces affirmations sont, de plus, parfaitement grotesques quand on sait que plus de la moitié du patrimoine génétique du maïs est formée, sous l'effet des mécanismes de l'évolution (mutations, sélection naturelle), d'éléments génétiques résultant d'insertions de fragments d'ADN, générés par le maïs lui-même nommés rétro-transposons…



Ces connaissances scientifiques n'empêchent pas un militant anti-OGM - que l'on voit manipuler sans scrupules des paysans en leur montrant des images de « monstres » (par exemple, plantes avec trois épis) - de prétendre qu'il s'agit de maïs transgéniques, qu'il faut arracher sous peine de les voir envahir les champs de maïs traditionnel.



En guise de conclusion



A la formulation d'une hypothèse classique selon laquelle les biotechnologies végétales constitueraient, pour l'entreprise américaine Monsanto, un choix stratégique en faveur de la biologie la repositionnant par rapport à la chimie, son métier d'origine, le film préfère prêter à Monsanto l'intention de « contrôler la nourriture » et les « populations du monde ». L'objet du reportage est de documenter cette opinion, mais force est de constater qu'il est truffé d'allégations pseudo-scientifiques. Comme la plupart des personnes convaincues par avance du caractère néfaste des OGM tout comme des motivations des entreprises biotechnologiques, la réalisatrice, non outillée pour faire le tri entre le vrai et le faux sur le plan scientifique, ne se montre ainsi perméable qu'aux seuls arguments allant dans le sens de ses a priori et expose aux téléspectateurs l'image d'un monde binaire, avec des bons et des méchants.



Marcel Kuntz, 3 mars 2008



Références

1. http://sth.sagepub.com/cgi/content/abstract/32/1/26
2. http://gmopundit2.blogspot.com/2006/02/analysis-of-pusztai-s(...)
3. http://jn.nutrition.org/cgi/reprint/126/3/717
4. http://jn.nutrition.org/cgi/content/abstract/126/3/702
5. http://jn.nutrition.org/cgi/content/abstract/126/3/728
6. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;15969514
7. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;17608426
8. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;14630127
9. http://highwire.stanford.edu/cgi/medline/pmid;14961970
10. http://ec.europa.eu/food/dyna/gm_register/gm_register_auth.c(...)
11. http://www.iisc.ernet.in/currsci/jul252005/291.pdf
12. http://www.iisc.ernet.in/currsci/may102006/1170.pdf
13. http://209.85.129.104/search?q=cache:4pyLf5WjTvQJ:www.iisc.e(...)
14. http://www.isaaa.org
15. http://www.cababstractsplus.org/google/abstract.asp?AcNo=200(...)
16. http://www.guardian.co.uk/world/2008/mar/01/india?gusrc=rss&(...)
17. http://dx.doi.org/10.1016/j.foodpol.2006.11.002
18. http://www.checkbiotech.org/green_News_Genetics.aspx?infoId=(...)
19. http://www.thehindubusinessline.com/2006/07/31/stories/20060(...)
20. http://www.ifpri.org/pubs/articles/2005/naturebiotech.pdf
21. http://agribiotech.free.fr/analyse_Berge-RicrochMON810.pdf
22. http://www.cec.org/maize/index.cfm?varlan=francais
23. http://www.plantphysiol.org/cgi/content/full/134/3/883

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L'Association Française pour l'Information Scientifique (AFIS) regroupe des adhérents de toute origine et toute formation.

Elle est indépendante de tout intérêt privé et son orientation est définie par ses seuls adhérents.



Le premier objectif qu'elle poursuit est d'informer sur l'avancement des sciences et des techniques en éclairant de façon active les choix de société dans l'optique de l'amélioration des conditions d'existence des êtres humains. Le second est de mettre en garde contre les fausses sciences et l'exploitation de la crédulité. Le troisième enfin réside dans la défense et la promotion de l'esprit scientifique en illustrant de façon récurrente qu'il n'y a pas de meilleure méthode que la méthode scientifique pour appréhender le réel avec fiabilité et qu'il n'y a pas de meilleur outil que la Raison pour poser de façon pertinente et résoudre avec succès les problèmes qui se posent aux individus et aux collectifs humains.



Ces postures sont celles du rationalisme scientifique.



L'AFIS publie la revue Science et pseudo-sciences, fondée en novembre 1968, délivrée sur abonnement et chez les marchands de journaux.

Elle dispose d'un site internet : http://www.pseudo-sciences.org

> Lire le journal (184 commentaires, moyenne: 2,8).  

Vous avez demandé le commentaire #911141.

Merci

Posté par Zenitram (page perso, ) le 06/03/2008 à 14:44. (lien). Évalué à 10.

Il y a beaucoup de mails de "publicité" pour regarder ce reportage, et je trouvais moi-même que la présentation était déjà partiale --> Pas d'objectivité.

Les documents non objectifs, qu'ils soient pour ou contre, m'ennuient.
Je ne compte pas regarder ce reportage car tout ce que j'en ai lu/entendu prête à dire que c'est une attaque à charge, sans regarder la partie "décharge". --> N'a aucun intérêt pour la réflexion. Surtout quand on mélange dès le départ OGM et Monsanto (--> Propagande de base)

Il est bon d'avoir des avis argumentés différents pour se faire sa propre opinion.
Et comme toute technologie, les OGM peuvent être bon ou mauvais suivant l'utilisation que l'être humain en fera.

  • [+] [^]Re: Merci

    Posté par Gniarf () le 06/03/2008 à 14:50. (lien). Évalué à -1.

    après les scientologues, les scientifiques.

    on n'est pas sauvé...

    --
    Windows has no users. It has hostages.
    • [+] [^]Re: Merci

      Posté par Etre-ange () le 06/03/2008 à 14:59. (lien). Évalué à -1.

      Oui c'est ce que je me dis ....

      On est dans une société scientiste.
      Les innovations devraient être soumises à la volonté populaire. Non les gens ne veulent peut être pas d'OGM, de nucléaire, de nanotechnologies ... encore faudrait il leur demander leur avis ... ou seulement écouter.

      --
      Être ange, c'est étrange, dit l'ange
      • [^]Re: Merci

        Posté par Morreale Jean Roc () le 06/03/2008 à 15:09. (lien). Évalué à 7.

        "Non les gens ne veulent peut être pas d'OGM, de nucléaire, de nanotechnologies"

        par les écouter, tu veux dire écouter ceux qui pensent comme ça et non pas ceux qui veulent de la fusion nucléaire, des OGM pour produire des médocs, rêvent de nanotechnologies mais qui ne sont sans nul doute possible que 2-3 dans l'univers ?

        • [^]Re: Merci

          Posté par Etre-ange () le 06/03/2008 à 15:30. (lien). Évalué à 0.

          Tu remarqueras que j'ai précisé "peut être". Le résultat nécessite un référendum ou une consultation publique, mais il me semble que pour les OGM c'était sans appel en tout cas (80%).

          --
          Être ange, c'est étrange, dit l'ange
          • [^]Re: Merci

            Posté par Zenitram (page perso, ) le 06/03/2008 à 15:45. (lien). Évalué à 2.

            Lorsque Mitterand a aboli la peine de mort, la population était nettement majoritairement pour la peine de mort.
            Est-ce que l'avis à chaud de la population qui ne prend pas la peine de réfléchir à sa réponse quand on fait un sondage compte vraiment, ou ne serait-ce pas plutôt une arme politique?

            • [^]Re: Merci

              Posté par Gniarf () le 06/03/2008 à 16:25. (lien). Évalué à 7.

              oh le joli raccourci. l'opinion publique c'est forcément à chaud, donc elle a tort quand on n'est pas d'accord avec, tu vois, parce qu'elle ne réfléchit pas, cette conne.

              --
              Windows has no users. It has hostages.
              • [^]Re: Merci

                Posté par Zenitram (page perso, ) le 06/03/2008 à 16:34. (lien). Évalué à 2.

                Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.
                J'ai juste dit que les sondages, ça ne sert pas à faire des lois "bonnes".
                Avec les sondages, tout le monde serait en prison par peur du voisin.
                Car il y aurait un sondage "si on vous propose de vous sécuriser en mettant votre voisin qui vous parait louche en tôle par précaution, le ferez vous?", tu aura 95% de réponse positive (ben oui, ca coute rien de le mettre en tôle, et en tôle aucun risque qu'il m'embete...).
                La démocratie, ce n'est pas la dictature de la majorité.
                Obeir à un sondage à chaud, c'est a dictature de la majorité, c'est la dictature de la peur.

                Note que, contrairement à notre conflit habituel ;-), je n'ai pas d'avis tranché sur les OGM, je ne sais pas, c'est tout. Donc que le sondage dise pour ou contre m'importe peu.
                L'analyse d'un sondage n'est pas une analyse objective des pour ou contre, juste une analyse des sentiments de peur de la population.

                • [^]Re: Merci

                  Posté par Thomas Douillard () le 06/03/2008 à 16:42. (lien). Évalué à 4.

                  ben oui, ca coute rien de le mettre en tôle, et en tôle aucun risque qu'il m'embete...

                  Héhé, sachant que tu es le voisin de ton voisin, si il dégaine avant toi ça peut faire mal ... prends un autre exemple amha.

                  • [^]Re: Merci

                    Posté par Zenitram (page perso, ) le 06/03/2008 à 16:50. (lien). Évalué à 2.

                    Ben non, surtout pas.
                    C'est justement l'objectif de ma démonstration!

                    Si on écoute la population, on sera tôt ou tard une minorité persécutée, mais il y aura à ce moment la personne pour t'aider.
                    Si les politiques se mettent à obeir à tous les sondages, dans 99% des cas tu seras peut-être d'accord et applaudira, et quand le 1% restant sera pour te mettre en tôle, tu ne pourras que pleurer sur la dictature de la majorité...

                    [^]Re: Merci

                    Posté par Éric (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 16:55. (lien). Évalué à 3.

                    Sauf que les gens (je me compte dedans parce qu'on ne réfléchit pas toujours assez) ont souvent au premier abord un préjugé que ça ne les concerne pas parce que eux n'ont rien à se reprocher, et que les mesures soit disant arbitraires ne concernent que les vrais coupables. On ne s'en rend par fois compte qu'après coup quand il est trop tard.

                    [^]Re: Merci

                    Posté par Thierry Boudet (page perso, ) le 07/03/2008 à 08:31. (lien). Évalué à 2.

                    Et ce sujet a été fort bien traité par John Brunner dans "L'orbite déchiquetée"...

                  [^]Re: Merci

                  Posté par Etre-ange () le 06/03/2008 à 16:50. (lien). Évalué à 3.

                  C'est sur que ça passe par d'autres formes d'éducation et d'information que ce qu'on a actuellement ...

                  --
                  Être ange, c'est étrange, dit l'ange

            [^]Re: Merci

            Posté par khivapia () le 06/03/2008 à 15:50. (lien). Évalué à 3.

            Pour la peine de mort (oui c'est un exemple trollogène ;-) ) ç'aurait également été sans appel au moment où elle a été abolie : 62% des Français étaient contre l'abolition. http://www.abolition.fr/ecpm/french/news.php?new=519

            (c'était pourtant dans le programme de François Mitterrand et ça ne l'a pas empêché d'être élu).

            C'est le rôle des politiques : ils décident (après préparation du dossier par leurs services & conseillers), et leur mandat les met à l'abri des soubresauts de l'opinion (la quatrième République est à ce titre plus ou moins perçu comme l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire ; un pays sans gouvernement/ingouvernable n'avance pas bien, de même qu'un pays dont le gouvernement change tout le temps dès la fin de "l'état de grâce").

            Ils rendent ensuite des comptes : au Parlement, aux élections suivantes (plus ou moins tard, c'est discutable, et c'est le rôle des institutions de conserver un certain équilibre). Mais ils sont à la base élus pour décider.
            Pour ce faire, ils peuvent s'aider d'un référendum (de Gaulle en était friand) pour légitimer un peu plus leur action, mais ce n'est nullement une obligation.

            • [^]Re: Merci

              Posté par Gniarf () le 06/03/2008 à 16:00. (lien). Évalué à 3.

              > Pour ce faire, ils peuvent s'aider d'un référendum

              tu penses à celui pour le TCE ? :)

              --
              Windows has no users. It has hostages.

          [^]Re: Merci

          Posté par modr123 () le 07/03/2008 à 00:41. (lien). Évalué à 5.

          les medicaments faits par ogm se font tres bien en laboratoire
          les faires dans des champs ça sert a quoi ?

          --
          pour protester contre la dadvsi , je n'achete plus de produit soumis au droit d'auteur ou voisins
          • [^]Re: Merci

            Posté par Matthieu Lagouge (Jabber id, page perso, ) le 07/03/2008 à 03:58. (lien). Évalué à 1.

            En laboratoire, tu fabriques des échantillons (même si la quantité d'échantillons peut te sembler énorme, ça reste des échantillons).

            Dans les champs, tu peux tester la fabrication en gros volume, parce qu'un laboratoire de 15ha, ça commence à être difficile à gérer.

            Le but est justement de vérifier que ce qui est produit en plein air est bien la même chose qu'en laboratoire, sachant que le "plein air", c'est un environnement très hostile (insectes, oiseaux, poussières, météo variable, etc.).

            Ah, et bien sûr, gros volume en plein air, c'est mille fois moins cher que moyen volume en labo!

            • [^]Re: Merci

              Posté par Laurent Pointal (page perso, ) le 07/03/2008 à 08:52. (lien). Évalué à 5.

              Pour les médicaments à base d'OGMs, certains sont déjà produits de façon industrielle et en milieu confiné.

              Pour dupliquer des gènes, les techniciens des OGMs savent faire dans certains cas sans avoir à utiliser les plantes.

              Je renvoie une fois de plus vers la conf de C.Velot, qui donne l'exemple de l'insuline (production industrielle en milieu confiné) et pose la question de savoir pourquoi les mêmes techniques n'ont pas été au moins essayés pour d'autres médicaments OGMs, et pourquoi on prend le risque de la dissémination.

              http://video.google.fr/videoplay?docid=-875413616197118497

              --
              (pub: Livres à prix réduit sur http://www.sollire.com/ - la boutique de mes petites soeurs)
              • [^]Re: Merci

                Posté par Matthieu Lagouge (Jabber id, page perso, ) le 08/03/2008 à 03:12. (lien). Évalué à 2.

                Comme tu le dis "CERTAINS" médicaments peuvent être produits en milieu confiné, doit-on en conclure que tous les médicaments OGMs ont les mêmes besoins en terme de production?

                Je veux bien croire que les producteurs d'OGMs ne soient pas des philantropes humanistes qui se soucient énormément des conséquences de tous leurs actes, mais vu les obstacles aujourd'hui à la mise en oeuvre de la production à champs ouverts en France - et peut-être ailleurs aussi - (autorisations administratives, conflit avec les autochtones, risque d'être victime d'une campagne de faucheurs volontaires, etc.), je doute que les producteurs se cassent la tête uniquement pour nous faire ch...

                • [^]Re: Merci

                  Posté par Laurent Pointal (page perso, ) le 09/03/2008 à 15:08. (lien). Évalué à 2.

                  Le problème est que les industriels partent sur des productions pleins champs SANS avoir fait étudié les possibilités de production en milieu confiné (bis ter quad & Co, regarde la conf de C.Velot et ses contributions à je ne sais plus quelle représentation régionale où il donne des références).

                  --
                  (pub: Livres à prix réduit sur http://www.sollire.com/ - la boutique de mes petites soeurs)

        [^]Re: Merci

        Posté par Nicolas Schoonbroodt (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 19:22. (lien). Évalué à 2.

        Moi je veux bien des OGM, du nucléaire et des nanotechnologies. Si le premier permet de résoudre des problèmes de famine, le second des problèmes de pollution et le troisième de construire ... disons... par exemple... un ascenseur spatial.

        --
        [ Répondre ] Ce commentaire est-il impertinent ou utile ?

      [^]Re: Merci

      Posté par Duncan Idaho (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 15:43. (lien). Évalué à 3.

      Tu as raison, les scientifiques sont vraiment des blaireaux aveugles.

      Un monde sans sciences, quelle fête, pas de vaccins, pas d'IRM, pas d'informatique. On se soignerait suivant les marées et on pourrait tranquillement classer les gens suivant la forme de leur crâne.

      • [^]Re: Merci

        Posté par Etre-ange () le 06/03/2008 à 15:47. (lien). Évalué à 1.

        Ne pas accepter toute technologie ne veut pas dire refuser toutes les technologies. La caricature ne fait pas honneur au raisonnement ...

        --
        Être ange, c'est étrange, dit l'ange
        • [^]Re: Merci

          Posté par Free Tyrando () le 06/03/2008 à 16:20. (lien). Évalué à 3.

          Toutes avancées technologie a ses detracteurs au début.
          Mon grand père me parlait du début de la TV
          Bcp de Français étaient contre
          Il y a une dizaine d'année, j'entendais en feu son frère dire "pas de TV, ça dégage des ondes négatives" (ce qui est le cas)
          On peux aussi parler du radio cassette
          Et aussi du téléphone.

          • [^]Re: Merci

            Posté par Matthieu MARC () le 06/03/2008 à 16:37. (lien). Évalué à 7.

            Parce que la télé n'est pas nocive ?

            A mon avis, beaucoup d'études montrent que l'abus de télé est nocive. Par exemple, dans Ca s'intéresse d'il y a quelques mois, ils indiquaient que les enfants qui regardaient trop la télé étaient plus paresseux et moins scolaires que les autres enfants.
            D'autres études montrent que l'image de la télé est nocive pour les bébés (en dessous de 2 ans). Que ça leur abîme les yeux.

            Alors peut-être que les détracteurs au début avaient un peu raison d'avoir peur de la technologie.

            Je ne suis pas contre la technologie, mais penser que la technologie n'apporte que des bonnes choses, ce n'est pas mon truc.

            • [^]Re: Merci

              Posté par Free Tyrando () le 06/03/2008 à 17:01. (lien). Évalué à 6.

              Mais TOUTES technos a une part nocive, et une part bénéfique.
              Crosi tu que les ondes radios qui sont partout dans l'atmosphère n'ont pas un peu de nocivitié ne serais que pour certains biotope ?
              Et les antennes radios ne denaturent elles pas les paysage ?

          [^]Re: Merci

          Posté par Duncan Idaho (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 16:30. (lien). Évalué à 4.

          Ah certes, mais dans ce cas vous confondez "science" et "technologie" chers amis.

          Comme le disait Rabelais, Science sans conscience n'est que ruine de l'âme, et il n'avait pas tord, à une époque où la recherche fondamentale était à peu près inexistante et où science et technologie était sensiblement équivalente.

          Les temps ont changé, peut-on reprocher à Einstein (pan-la-référence) ses travaux sur l'atome parce qu'ils ont permis la construction de bombes nucléaires ? Je ne pense pas, par contre on peut reprocher aux États-Uniens d'en avoir construit (et de s'en être servie, accessoirement).

          Je ne pense pas que l'on puisse reprocher à un scientifique de chercher et de mettre en lumière la vérité (pas La Vérité, il lui faudrait un peu plus de temps), ça ne présage en rien de son opinion ni d'une éventuelle triste réalité. Un exemple loufoque (j'espère...) pour illustrer mon propos : imaginons que l'on parvienne à prouver que les femmes sont génétiquement plus intelligentes que les hommes, parce qu'il y a plein d'information permettant de meilleures connexions neuronales dans le chromosome X, et que les femmes en ont un de plus que les hommes (c'est sans doute complètement con, c'est un peu le but, notez). Que ce soit vrai est une chose, et la science n'y pourra rien. Qu'on s'en serve pour discriminer les hommes en est une autre, dont la science ne sera pas responsable.

          • [^]Re: Merci

            Posté par Etre-ange () le 06/03/2008 à 16:55. (lien). Évalué à 1.

            >Ah certes, mais dans ce cas vous confondez "science" et "technologie" chers amis.

            En tout cas moi je parlais de nano, d'OGM et de nucléaire, qui sont pour moi des technologies.

            Et de toute façon je ne condamne pas la science, mais le scientisme.

            --
            Être ange, c'est étrange, dit l'ange
            • [^]Re: Merci

              Posté par Thomas Douillard () le 06/03/2008 à 18:39. (lien). Évalué à 3.

              Faudrait déja savoir ce que tu entends par scientisme.

              • [^]Re: Merci

                Posté par Etre-ange () le 06/03/2008 à 19:35. (lien). Évalué à 3.

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Scientisme

                --
                Être ange, c'est étrange, dit l'ange
                • [^]Re: Merci

                  Posté par Thomas Douillard () le 06/03/2008 à 19:39. (lien). Évalué à 2.

                  Merci, c'est moi qui ai du refiler le lien dans un troll relativement récent. Maintenant, explique en quoi les OGM, les nanotechs, sont scientistes ...

                  • [^]Re: Merci

                    Posté par Ellendhel () le 06/03/2008 à 20:59. (lien). Évalué à 2.

                    En gros, ce sont des technologies qui sont dévéloppées avec une partie d'argent public sans grande consultation de la part des citoyens, sur lesquels les informations de vulgarisation ou de débat contradictoires manquent et sur lequel les élus voient surtout un moyen de développement "finalement pas plus bête qu'un autre".

                    Si tu veux plus de détails, c'est en plein dans certaines discussions du côté de Grenoble en cette période.

                    [^]Re: Merci

                    Posté par Etre-ange () le 07/03/2008 à 11:39. (lien). Évalué à 3.

                    > Merci, c'est moi qui ai du refiler le lien dans un troll relativement récent.

                    J'ai d'autres sources d'informations que les trolles auxquels tu participes tu sais ...

                    >Maintenant, explique en quoi les OGM, les nanotechs, sont scientistes ...

                    Tu n'as du bien lire la page en question, le scientisme c'est une idéologie.

                    Les OGM, nanos, nucléaire sont les fruits d'un scientisme que je dénonce, car les questions sur l'utilisation de ces technologies sont l'affaire d'experts et le peuple n'est pas consulté sur l'utilisation et la mise en oeuvre de ces technologies.

                    Tiré de wikipedia :

                    "Il s'agit donc d'une foi dans l'application des principes de la science dans tous les domaines. Dans cette perspective, le politique s'efface devant la gestion « scientifique » des problèmes sociaux et toute querelle ne peut dès lors que relever de l'ignorance, de l'idéologie, ou d'une volonté de nuire : il existerait une « bonne solution » qui s'imposerait sans que la volonté, les desiderata ou la subjectivité d'un décideur n'aient à intervenir."

                    "l'idée que la science pourrait se substituer à la philosophie ou à la métaphysique dans la recherche de solutions aux grands problèmes éthiques ou moraux,

                    l'idée que la science porterait en elle toutes les solutions aux souffrances de l'humanité,"

                    --
                    Être ange, c'est étrange, dit l'ange
                    • [^]Re: Merci

                      Posté par Christophe Thill (page perso, ) le 07/03/2008 à 16:28. (lien). Évalué à 4.

                      Le terme de scientisme est à mon avis à bannir car passablement confus. En particulier l'accent qu'il met sur la "science".

                      Il faudrait plutôt parler d'idéologie technocratique. C'est-à dire la conception selon laquelle, effectivement, tous les problèmes ont une solution optimale, que c'est aux spécialistes adéquatement formés de la mettre à jour, et que son application résoudra tout. C'est le 1er extrait de Wikipédia donné ci-dessus. (Le 2e, pour moi, n'a aucun sens, et ne peut en avoir que pour un religieux...)

                      Corollaire : la démocratie, c'est bien cinq minutes, mais puisque la masse est par nature immature et ignorante, elle ne doit pas trop s'impliquer dans les décisions qui la concernent. Celles-ci au contraire sont de l'unique ressort des spécialistes, techniciens et autres ingénieurs. Eux, ils savent.

                      (Oui j'évite soigneusement le mot "scientifiques", c'est-à dire les chercheurs. Vous aurez remarqué qu'il n'est jamais question de leur donner un pouvoir particulier, à ceux-là...)

                      Le scientisme, on ne sait pas trop ce que c'est. La technocratie, oui. Elle a constitué une partie significative de l'idéologie officielle de plusieurs régimes politiques. Ca va du déplaisant mais pas trop méchant (le post-gaullisme français de Giscard -- oui, c'est mon point de vue, et je le partage) au très méchant, comme le nazisme et le stalinisme. Certes elle n'entraîne pas obligatoirement des millions de morts. Mais je suis désolé : ou bien on croit à la démocratie, ou bien... pas.

                      La campagne pour le TCE, c'était bien de la technocratie. "Le cercle de la raison", "les gens dont c'est le métier d'être informés" ont fait leur choix, vous n'avez plus qu'à suivre.

                      Le mouvement pro-OGM, même chose. On vous démontre que ça ne va pas vous donner d'urticaire, qu'est-ce qu'il vous faut de plus ? L'idée de dépendance économique, qui est selon moi critique, n'est même pas évoquée, renvoyée à plus tard, ou ailleurs... Seule la technique compte.

                      Ceci dit, je ne peux qu'approuver l'idée qu'on ne peut pas défendre une bonne cause avec des mauvais arguments, des demi-vérités, voire des mensonges... Ca ne mène pas très loin.

                      • [^]Re: Merci

                        Posté par Thomas Douillard () le 07/03/2008 à 17:01. (lien). Évalué à 2.

                        (Le 2e, pour moi, n'a aucun sens, et ne peut en avoir que pour un religieux...)

                        Pas vraiment, c'est le genre de truc qui permet de rejeter le genre de solutions "optimales" comme : facile de résoudre le problèmes des retraites, on a simplement à tuer les vieux quand ils y arrivent ... moralement inacceptable, non ? Pas vraiment besoin de faire intervenir la religion là dedans.

                        Et aussi de faire une sorte de tri dans les problèmes, déjà. Alors, oui, les OGM posent des questions d'éthique, des questions techniques, des questions scientifiques.

                        La première question d'éthique est "le principe même des OGM est-il acceptable ?"
                        Si oui, pourquoi, dans quels cas, si non, pourquoi. Déja tout le monde n'est pas d'accord.

                        Il est a mon avis éthiquement inacceptable de mettre sur le marché des organismes dont on serait incapable de maîtriser les effets. La question c'est: A quel moment supposes-on raisonnablement qu'on maîtrise les effets ? Le tout à mettre en balance avec les bénéfices que les OGM apporteraient dans ce cas précis.

                        Après la technocratie, c'est "quelle est la place du citoyen dans la prise de décision", c'est à dire est-ce qu'on désigne un certain nombres de spécialiste de l'éthique et on leur donne le pouvoir de décision sur les questions d'éthique, ou est-ce qu'on leur demande plus simplement leur avis avant de prendre une décision.

                        Le scientisme ce serait plutôt "on fait confiance aux arguments scientifiques, en l'état courant des connaissances (ou assimilés) en ignorant les questions d'éthique", une sorte de technocratie centrée uniquement sur la science.

        [^]Re: Merci

        Posté par téthis (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 16:52. (lien). Évalué à 9.

        > Un monde sans sciences, quelle fête, pas de vaccins, pas d'IRM, pas d'informatique. On se soignerait suivant les marées et on pourrait tranquillement classer les gens suivant la forme de leur crâne.

        Un monde sans OGM est un monde sans science ? C'est quoi cette connerie ?!

        Refuser les OGM... pardon PGM (Plants Génétiquement Modifiés) dans nos champs n'est pas que la réaction d'une bande de hippies post 68ard à l'esprit enfumé par des pétards coupés à la feuille de lierre ou d'une bande d'apeurés patentés.

        Depuis le début, lorsque l'on ressort le côté scentifique pour nous dire que les PGM c'est bien, que être contre c'est être contre la science ou la raison, on nous fait croire que les scientifiques font bloc pour défendre cette technologie. Foutaise ! Il y a des scientifiques qui œuvrent pour une meilleurs connaissances des sols, des leurs compositions (flore et faune), des échanges intrants/sortants afin d'améliorer le rendement et la résistance naturelle de plants qui ont tellement été sélectionnés et croisés brutalement qu'ils ont perdu leurs qualités premières au profit du chiffre immédiat. On en arrive a avoir du blé même plus assimilable par l'organisme humain mais exploité car à forte production. et de l'autre côté on interdit la vente de variétés ancienne car pas au catalogue officiel, donc considérées possiblement "dangereuse" par des lobbies se cachant derrière la science.

        Les OGM dans l'agriculture équivalent à chauffer une pièce à coup de mini bombes atomiques.

        L'homme est devenu tellement con qu'il a oublié qu'il vivait dans un milieu qui existe depuis de millions d'années, et qu'il devait l'étudier pour utiliser ses mécanismes naturels au lieu de l'adapter à ses désirs égoïstes à grands coups de science dans sa gueule.

        Parfois je me dis que la science à bon dos et qu'elle est une excuse à toutes les conneries. Le mot est lâché : scientistes.

        PS: Je n'aime pas parler d'OGM car on compte dans les OGM des organismes utilisés pour produire de l'insuline afin de traiter le diabète ou des porcs qui doublent de volume en bouffant en une semaine autant que Paris Hilton en un soir, tout en brillant dans le noir. Le terme OGM est un piège car il comporte deux facettes, et que les défenseurs de PGM aiment bien dire que les détracteurs des OGM sont contre la guérison des maladies, maladies -mais il ne faut pas le dire- aussi dues en partie à cause de l'utilisation de la "science" pour améliorer la productivité de l'agriculture d'après guerre.

        • [^]Re: Merci

          Posté par Duncan Idaho (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 17:35. (lien). Évalué à 2.

          > Un monde sans OGM est un monde sans science ?
          > C'est quoi cette connerie ?!

          Tu me fais dire ce que je n'ai pas dit.
          1. Cet article dit que le reportage ments (sans toutefois prendre position sur les OGM, on ne s'en servira pas ici, mais ça devrait suffir à calmer les ardeurs d'un paquet de gens qui commentent ici)
          2. Gniarf, dit :
          >après les scientologues, les scientifiques.
          >
          >on n'est pas sauvé...
          qui me paraît être une reflexion complètement con, surtout dans ce contexte.
          3. J'ironise donc et j'ébauche les traits d'un monde sans science (comme dirait l'autre, sortie de mon cul).

          Bref, rien à voir.

          • [^]Re: Merci

            Posté par Etre-ange () le 06/03/2008 à 19:38. (lien). Évalué à 1.

            >2. Gniarf, dit :
            > >après les scientologues, les scientifiques.
            >on n'est pas sauvé...
            >qui me paraît être une reflexion complètement con, surtout dans ce contexte.

            Moi je ne trouve pas ça stupide au contraire. Je pense que ce que Gniarf voulait dire, c'est que le débat ne devrait pas se poser qu'en termes scientifiques (est-ce que ça se dissémine ou pas par exemple), mais que le choix des OGM est bien plus vaste que des questions scientifiques : est-ce que c'est ce genre d'agriculture qu'on veur, l'appropriation du vivant, la perte de diversité, etc.

            --
            Être ange, c'est étrange, dit l'ange
            • [^]Re: Merci

              Posté par Thomas Douillard () le 06/03/2008 à 19:53. (lien). Évalué à 4.

              D'accord avec toi, le débat ne doit pas se poser qu'en terme scientifique. Mais quitte à verser ce genre de pièce au débat, autant qu'elles soient validées et de qualité, sinon on est de l'ordre de la manipulation ou de la bêtise, pas de l'argumentation de qualité.

            [^]Re: Merci

            Posté par téthis (Jabber id, page perso, ) le 07/03/2008 à 10:43. (lien). Évalué à 3.

            > Cet article dit que le reportage ments (sans toutefois prendre position sur les OGM, on ne s'en servira pas ici, mais ça devrait suffir à calmer les ardeurs d'un paquet de gens qui commentent ici).

            Peut-être que le reportage ment, je ne l'ai pas vu et ne suis pas intéressé. Monsanto, j'en ai assez entendu parler pour avoir mon opinion dessus. Laisser des entreprises ayant contribué à la fabrication d'armes chimiques pour de "grandes" ou "petites" solutions finales (Zyklon B ou agent orange) décider de ce que sera notre nourriture et notre environnement me donne la nausée. Surtout lorsque l'on y appose une étiquette "Approuvé par des scientifiques" pour justifier du bien fondé de la chose et forcer les processus démocratiques afin de l'imposer de force dans l'esprit des citoyens.

            On pourra dire que ces entreprises spécialisées dans la chimie n'avaient pas le choix et devaient produire leurs produits sous peine de passer pour des traitres. Enfin, entre soutenir l'effort de guerre et collaborer parfois avec zèle dans des actions d'anéantissement de populations, il y a un pas que la morale ne devrait pas permettre de franchir.

            L'agent orange n'était pas qu'utilisé autour de camps US pour désherber et avoir une zone tampon facile à surveiller entre le camp et la jungle, son utilisation était bien plus perverse et Monsanto ne pouvait que le savoir au vu des quantités qu'il fournissait à l'armée. L'agent orange c'est aussi ça : http://images.google.fr/images?q=%22agent+orange%22

            Je passe sur le Zyklon b car on connait son utilisation ou l'ypérite (gaz moutarde) qui était les balbutiements de l'arme chimique et l'extase de pouvoir donner à un obus un pouvoir meurtrier supplémentaire.

            Bref, que le reportage mente ou ne soit pas objectif n'est pas le véritable problème. Le problème est que l'on assiste à un déni de démocratie, à une manipulation extrême de la nature dans des limites encore jamais atteintes (il s'agit d'importer des gènes d'espèces étrangères et de balancer ces mutants dans la verte), et que l'on argumente sur le côté scientifique de la chose pour la justifier et faire passer ses détracteurs pour des fous aux peurs infondées (il ne manquerait plus qu'on y ajoute le côté fanatique religieux pour tomber dans la justification de la mise en place de la machine de guerre Bush). Pire, on argumente sur le fait que le peuple n'est pas assez intelligent pour comprendre tout ça et qu'il faut laisser un collège d'experts (souvent en relation plus ou moins direct avec les intérêts de ceux qui proposent la technologie) décider à sa place. Le peuple n'est pas forcément très malin mais nous sommes encore dans une démocratie, et une démocratie est la garantie de contre-pouvoirs et de représentativité. Dans le cas des OGM/PGM qui y a-t-il ? Même pas les faucheurs que l'on a fait passés pour des criminels et des destructeurs de futurs médicaments pour les petites zenfants du peuple (les décisions de justice ne reflètent pas vraiment ce portait).

            Il n'y a jamais eu de contre-pouvoirs car on a forcé tous les mécanismes de la démocratie, on a exercé des pressions aux points névralgiques pour que ça passe sans trop de problème, on a fait miroiter monts et merveilles aux agriculteurs pour qu'ils passent à la caisse et deviennent des fanboys de semences les privant de leurs droits les plus élémentaires. Mince ! Si Bill Gates avait un passé de tueur en série on pourrait presque transposer ça aux actions agressives de Microsoft pour faire passer leur "propriété intellectuelle" comme solution à tous les maux.

            Je sais bien que tu as exagéré le tableau. Mais ton exagération avait tellement un goût de déjà vu que s'en était fort déplaisant.

            > Bref, rien à voir.

            Peut-être pas. Il y a des personnes qui le pensent vraiment.

          [^]Re: Merci

          Posté par Nicolas Schoonbroodt (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 20:30. (lien). Évalué à 1.

          Je suis très intéressé par le concept de mini-bombe atomique. Peux-tu m'expliquer comment tu fais ?

          --
          [ Répondre ] Ce commentaire est-il impertinent ou utile ?
          • [^]Re: Merci

            Posté par Yohan_B () le 06/03/2008 à 22:15. (lien). Évalué à 2.

            Pour une « mini-bombe » à fission dite « atomique », il suffit par exemple de bombarder la matière fissile avec des neutrons (extérieurs à la matière fissile mais pas forcément à la « bombe ») en quantité suffisante pour forcer le passage en configuration super-critique.
            Dans le cas d'une « mini-bombe à fusion », au Laser MégaJoule à Bordeaux par exemple, une petite capsule sphérique de deutérium et de tritium est comprimée très fortement et très rapidement par des lasers. Évidemment, vu le nombre et la taille des lasers et l'énergie nécessaire, ce n'est pas un dispositif très portable : mais tout dépend ce que l'on appelle une « mini-bombe ».

            • [^]Re: Merci

              Posté par téthis (Jabber id, page perso, ) le 10/03/2008 à 12:25. (lien). Évalué à 2.

              Rhâ, z'êtes trop technique.

              J'entendais par là le fait d'utiliser un système complexe, lourd à mettre en œuvre et à maitriser, pour chauffer une maison alors qu'il existe une foultitude de moyens simples et potentiellement moins dangereux d'avoir l'énergie suffisante pour la chauffe du lieu.

        [^]Re: Merci

        Posté par etLaSuite () le 07/03/2008 à 15:02. (lien). Évalué à 1.

        Y' a pas que les scientifiques qui peuvent être des blaireaux aveugle.

        On ne peut voir au delà des choix que l'on ne comprends pas...
        et qui ici comprends bien les implications des OGM VS organismes non génétiquement modifié (tout le reste du règne vivant, toi y compris).

        ce n'est pas tant le comment qui pose problème, mais le pourquoi.

        --
        ---------------------------------------------------
        Cause .oO Effets .oO Conséquencess

    [^]Re: Merci

    Posté par paul () le 06/03/2008 à 15:07. (lien). Évalué à 10.

    Et comme toute technologie, les OGM peuvent être bon ou mauvais suivant l'utilisation que l'être humain en fera.
    Bien résumé, et ce qu'en fait Monsanto justement, c'est catastrophique. Ce n'est pas un organisme de recherche, c'est une multinationale reine du lobby sur qui tu peux compter pour optimiser un et un seul critère : ses rentrées d'argent à court et moyen terme.
    De la même manière, les plants hybrides ont été poussés, à grand renfort de lobby, dans l'agriculture, par des multinationales. Pourquoi ? Parce que les plants sont stériles et que l'agriculteur doit passer à la caisse tous les ans. Ça devrait vous rappeler quelque chose, surtout ici. Pour conclure, il n'y a aucun besoin humain d'une industrialisation de l'OGM, ça ne servira *jamais* à régler la faim dans le monde, ça présente tous les symptômes d'un nouveau levier d'inégalité nord/sud, bref il n'y a aucune raison de les utiliser dans l'agriculture. Et encore, il ne s'agit là que d'une étude sociale.
    Pour soutenir les sciences citoyennes : http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1638
    Pour une présentation en video : http://video.google.com/videoplay?docid=-875413616197118497

    --
    paul
    • [^]Re: Merci

      Posté par khivapia () le 06/03/2008 à 15:27. (lien). Évalué à 2.

      je ne comprends alors pas. Si les plants sont stériles, il n'y a pas de risque de dissémination, qui est le principal argument des détracteurs des OGM.
      en plus il y a moins besoin d'utiliser de pesticides (qui coûtent cher & polluent beaucoup ; donc 1) l'agriculteur a des chances de s'y retrouver malgré le fait d'en racheter tous les ans et 2) ça protège les nappes phréatiques, les bords des champs des atteintes des pesticides, donc même si c'est plus cher c'est toujours bon à prendre).

      je ne vois pas trop le problème de leur utilisation alors ? c'est une vraie question que je pose, je suis le sujet de loin et n'en suis pas expert loin de là.

      • [^]Re: Merci

        Posté par Moogle (page perso, ) le 06/03/2008 à 15:47. (lien). Évalué à 2.

        je ne comprends alors pas. Si les plants sont stériles, il n'y a pas de risque de dissémination, qui est le principal argument des détracteurs des OGM.
        Le problème est que l'ADN modifié peut quand même passé dans d'autres organismes vivants. Voir par exemple ici :
        http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=467
        http://contreinfo.info/article.php3?id_article=769

        Et sur les pesticides, le principe de l'OGM est qu'il va lui-même produire son propre pesticide... au final les dégats des OGM sur la nature sont potentiellement aussi élevés qu'avec des pesticides. La bonne solution serait de faire des cultures bio sans aucun pesticide, ce qui est largement possible.

        • [^]Re: Merci

          Posté par Earered () le 06/03/2008 à 16:41. (lien). Évalué à 3.

          L'étude équivalente sur la transmission de génome provoqué par l'introduction des kiwis et pommes de terres (organismes complètement étranger)?

          N.B. l'étude explique que des bactéries piquent des bouts de génomes aux organismes environnant (un virus à l'envers)

        [^]Re: Merci

        Posté par lejocelyn () le 06/03/2008 à 15:57. (lien). Évalué à 5.

        je ne comprends alors pas. Si les plants sont stériles, il n'y a pas de risque de dissémination,

        Ce n'est pas parce que les plants sont stériles qu'il n'y a pas de risques de dissémination. Les échanges génétiques entre plantes se font de plusieurs manières et il est possible, car cela a déjà été observé, qu'avec des virus, bactéries ou autres organismes, les plants partagent leur nouveau patrimoine avec une espèce proche de la leur.

        J'en avais discuté avec un biochimiste spécialisé dans ce domaine qui m'avait dit que pour lui, les OGM qui ne comportaient pas de risques étaient ceux auxquels ont avait retiré des genes.

      [^]Re: Merci

      Posté par Earered () le 06/03/2008 à 15:35. (lien). Évalué à 4.

      TODO : faire une petite recherche sur les mots "producteur de semences"

      Le gros des agriculteurs passe à la caisse tous les ans même avec des plantes non stériles.

      Parce que la sélection des graines est mieux faites (l'agriculteur serait trop tenté de ramasser les meilleurs plante pour les vendre et d'utiliser les graines restantes pour l'année suivante).

      Parce que les spécialiste du domaine conserve un large patrimoine génétique pour l'avenir ou en cas d'incident (ce que ne font pas les agriculteurs, cf les vignes et leurs maladies fnu).

      Parce qu'elles sont enrobés (une graine ressemble à une bille de couleur, enrobé de protection pour éviter qu'elle ne pourrisse, et pour alimenter la graine au démarrage ce qui évite de planter trop de graînes, assure de la sortie des graines et évite de balancer au hasard des produits ou de chasser les oiseaux en masse puisque les graines sont directement enterré).

      Non, là ou mosanto à déconner (entre autre), c'est d'avoir mis des plantes avec des gènes terminator (qui empêche ces plantes de se reproduire) près de champs de semences (elles produisent quand même du polen, se fixe sur les plantes du champs de semences, et réduit à néant le boulot du producteur de semences).

      Sinon, question générale: combien il faut de coq pour que 100 poules pondent des oeufs?

      • [^]Re: Merci

        Posté par med (page perso, ) le 06/03/2008 à 15:50. (lien). Évalué à 5.

        Sinon, question générale: combien il faut de coq pour que 100 poules pondent des oeufs?

        Uh ? Il me semblait que les poules pondent des œufs qu'il y ait un coq on non.

        • [^]Re: Merci

          Posté par Earered () le 06/03/2008 à 19:15. (lien). Évalué à 2.

          Bonne réponse \o/

          On bouffe des ovaires

          Mais pour ceux qui se trompent, remettre en questions ses connaissances sur le monde agricole ne serait pas un mal (éviter de sortir l'argument à la con comme quoi les agriculteur sont forcé d'acheter des semences, et autres)

          P.S. vivivi, il y a beaucoup de monde qui répond de travers à cette question et dise 1

          • [^]Re: Merci

            Posté par Adrien (Jabber id, ) le 06/03/2008 à 19:41. (lien). Évalué à 4.

            éviter de sortir l'argument à la con comme quoi les agriculteur sont forcé d'acheter des semences

            Ce n'est pas une connerie, la plupart des céréales vendues ( blé, maïs, soja, tournesol ) sont des croisements qui ne peuvent pas se reproduire.
            Et aujourd'hui en France un agriculteur n'a pas le temps de faire lui-même sa graîne : ça prend beaucoup de temps pour un résultat incertain.

            Donc oui la plupart des agriculteurs sont obligés, pas par la nature mais par le besoin de rentabilité, d'acheter leurs semences.

            • [^]Re: Merci

              Posté par Duncan Idaho (Jabber id, page perso, ) le 06/03/2008 à 20:07. (lien). Évalué à 2.

              C'est même plus amusant que ça. Le maïs que l'on cultive ne pourrait pas pousser tout seul (ie: sans tout l'entretien qui va bien), tout comme les vaches et les cochons n'ont plus rien à voir avec un auroch ou un sanglier (notons que l'on élève des vaches pas parce que c'est bon ou économe, mais parce que c'est gentil et donc plus facile à entretenir pour les éleveurs).

              Une autre question que je me posais (que j'avais peut-être déjà évoquée ici), mais j'ai cru comprendre qu'il fallait "castrer" le maïs, pour éviter qu'il développe des organes reproducteurs et développe des graines de maïs (ou quelque chose comme ça -- bref, il y a une procédure chiante et obligatoire à faire). Est-ce que le maïs stérile n'économise pas justement cet effort ?

              • [^]Re: Merci

                Posté par SuperTux () le 06/03/2008 à 20:55. (lien). Évalué à 3.

                Tous les champs de maïs ne sont pas castrés (la plupart même de ce que j'en vois autour de chez moi). Ceux qui le sont se repèrent facilement : il y a quatre rangées de "femelles" castrés (on arrache la fleur) et deux de males qui servent à polléniser les femelles de variété différente. J'ai toujours cru que cela servait à faire des semances hybrides mais j'avous que je n'ai jamais poser la question. Le paysan chez lequel je bossais en tout cas disait que les OGM rendrait cette étape inutile, mais je suis pas certain qu'il soit compétant pour savoir ceci...

                • [^]Re: Merci

                  Posté par ♪♬♬♩ ♫♪♬♩ () le 07/03/2008 à 08:43. (lien). Évalué à 3.

                  C'est effectivement pour faire de l'hybridation. Le principe consiste à disposer côte à côte plusieurs rangées (2 ou 3) de maïs provenant du parent mâle, et d'autres rangées (3 à 6 ) du parent femelle.

                  L'écimage (ou castration) consiste à arracher les panicules (organe mâle) des plants provenant du parent femelle avant l'émission du pollen, ce qui confère à la plante le caractère uniquement femelle.

            [^]Re: Merci

            Posté par _PhiX_ (page perso, ) le 06/03/2008 à 20:10. (lien). Évalué à 4.

            «On bouffe des ovaires»

            Non, on bouffe des ovules non fécondées. L'ovaire étant l'organe qui produit des ovules. Demande à ta poule.

            [^]Re: Merci

            Posté par Guillaume Knispel () le 07/03/2008 à 12:45. (lien). Évalué à 3.

            On bouffe des ovaires

            Mais pour ceux qui se trompent, remettre en questions ses connaissances sur le monde agricole ne serait pas un mal


            hm ? on bouffe des ovules

            va remettre en questions tes connaissances.

            D'autre part en fait ça n'a aucun rapport avec le schmilblik, alors oui on peut discuter d'OGM même si on dit des conneries sur la question des poules (heureusement pour toi)

    [^]Re: Merci

    Posté par SuperTux () le 06/03/2008 à 15:42. (lien). Évalué à 2.

    Et comme toute technologie, les OGM peuvent être bon ou mauvais suivant l'utilisation que l'être humain en fera.

    [+1]

    Et j'insisterais sur :

    De plus, si une variété OGM devait se révéler, à l'étude, impropre à la consommation, elle ne serait pas commercialisée, sans que cela préjuge du cas des autres OGM : les évaluations se font, et doivent se faire, au cas par cas.

    Du bon sens malheuresement bien souvent oublié...

    • [^]Re: Merci

      Posté par Gniarf () le 06/03/2008 à 15:57. (lien). Évalué à 7.

      De plus, si une variété OGM devait se révéler, à l'étude, impropre à la consommation, elle ne serait pas commercialisée

      ca c'est dans un monde idéal, sans incapables, incompétents et autres responsables corrompus qui se tairont et noieront le poisson le temps que sorte une nouvelle variété

      or, il y a assez eu d'affaires dans le genre (sang contaminé, hormone de croissance porteuse de prions, ouvriers ayant travaillé des années dans de l'amiante jusqu'au cou alors que leurs employeurs savaient) pour se poser de grosses questions.

      --
      Windows has no users. It has hostages.

      [^]Re: Merci

      Posté par Laurent Pointal (page perso, ) le 06/03/2008 à 16:35. (lien). Évalué à 5.

      Il n'y a malheureusement pas que le risque au niveau consommation.

      Pour les risques liés aux OGMs cultivés en plein champs, il faut vraiment regarder la conférence de Christian Vélot:

      [google...
      http://video.google.fr/videoplay?docid=2728390780950241633
      http://video.google.fr/videoplay?docid=-875413616197118497
      ]

      Et là, c'est pas une journaliste, c'est un scientifique qui travaille avec et sur les OGMs.

      --
      (pub: Livres à prix réduit sur http://www.sollire.com/ - la boutique de mes petites soeurs)