Faire un don ! | | style | statistiques | contactez-nous | plan | lettre d'information

: Rôle des états et positions dominantes dans le secteur informatique

Posté par Pierre Jarillon (page perso, ). Modéré le 23 mars 2008.
La FFII France et l’association italienne AsSoLi publient une étude montrant le rôle et la responsabilité des états dans l'établissement de monopoles préjudiciables à la société. Ce rapport est destiné à nos parlementaires afin qu'ils prennent conscience des conséquences induites par la passivité des états.

Le communiqué donne en quelques lignes les principaux arguments développés par l'auteur, Antonio Russo :
  • la stratégie fiscale de Microsoft et son impact négatif dans la majorité des pays européens ;
  • la multiplication des marchés publics hors la loi ;
  • le rôle de l’éducation nationale dans le développement d’une hégémonie culturelle ;
  • la diminution des emplois chez les grands éditeurs de logiciel propriétaire ;
  • le profit excessif dérivé de l’imposition de certains produits aux consommateurs.
Ce rapport de 57 pages est extrêmement bien documenté, il fait référence à 132 sources d'information et donne des chiffres aussi précis qu'il est possible de le faire. C'est un document de référence qu'il convient de communiquer à tous les responsables politiques, du conseiller municipal au chef de l'État.

En conclusion, le rapport montre que dans ce domaine, il ne peut pas y avoir de régulation par le marché et qu'il incombe au pouvoir politique d'y pourvoir.

> Lire la dépêche (18 commentaires, moyenne: 2,4).  

Vous avez demandé le commentaire #916243.

Détail

Posté par Laurent GUERBY (page perso, ) le 23/03/2008 à 20:41. (lien). Évalué à 3.

Page 20/57 : attention faire le ratio de prix d'action n'est pas parfaitement exact du résultat d'un investisseur car il faut intégrer les dividendes et autres droits versés sur la période. En particulier en 2004 a versé un très gros dividende, pour les détails techniques lire ici :

http://guerby.org/blog/index.php/2006/04/05/41-les-dividende(...)

Microsoft a décidé fin 2004 de verser un des plus gros dividendes de l'histoire boursière, au total plus de 30 milliards de dollar en un seul paiement d'un dividende de 3.08 USD par action

Ceci dit cela ne changerait pas le résultat, c'est juste un détail technique pour la crédibilité.

  • [^]Re: Détail

    Posté par Jean-Baptiste Mayer () le 23/03/2008 à 22:41. (lien). Évalué à 4.

    Si tu parles de la comparaison entre le revenu généré par l'investissement de 1000€ dans Red Hat ou dans Microsoft, la comparaison n'est pas réaliste mais pas pour la raison que tu décris (les comparaisons sont justement faites sur les rendements totaux).

    La théorie financière prévoit qu'il y a une équivalence risque pris / rémunération: plus le risque pris est important, plus la rémunération associée à ce risque doit être importante.

    Exemples:
    Start-ups: risque important, rendement demandé de l'ordre de 100% par an.
    Obligation d'État: risque faible à inexistant, rendement demandé de l'ordre de 4,5% par an.

    (cette 'exigence' de rendement impacte le prix à l'achat car si tu as un actif de même niveau de risque avec un rendement attendu plus élevé, tu vas revendre l'actif a rendement faible pour acheter celui à rendement élevé; par arbitrage, les prix s'équilibrent sur celui tel que le rendement attendu soit égal à la rémunération du risque. Plus facile à dire qu'à faire en pratique, car on reporte le calcul du prix actuel sur l'évaluation du prix futur, qui est triviale pour les obligations mais moins pour les actions. On s'égare.)

    Dans la comparaion RedHat/Microsoft, il y a peu de chances que MS perde son monopole à court terme, par contre Red Hat est sur un marché plus risqué avec notamment un acteur capable d'imposer son prix au marché.

    Plus de risque chez RedHat -> rendement plus élevé; moins de risque chez MS -> rendement plus faible.

    • [^]Re: Détail

      Posté par Laurent GUERBY (page perso, ) le 24/03/2008 à 12:58. (lien). Évalué à 1.

      Le papier ne précise pas la date initiale mais si on prends le 02Oct2001 le return ajusté des splits (18Feb2003) mais pas des dividendes est 1266 USD sur yahoo (ce qui ressemble au chiffre du document, le plus proche que j'ai trouvé), le return ajusté splits ET dividendes est 1487 USD. Le probleme est qu'en octobre 2001 MSFT a varié de 20% dans le mois.

      De plus la courbe est intitulée "cours" et pas "retour sur investissement" donc je pense toujours que l'auteur a pris le mauvais chiffre.

      Quant a la volatilité en 2001 de mémoire elle était très très élevée pour tout le monde et MSFT etait en plein deuxieme proces pour antitrust donc bien malin celui qui devine ce qui est le moins risqué.

      D'ailleurs si tu regarde le max/min trois mois (bon proxy pour la volatilité historique) de MSFT et RHT avant octobre 2001 (01Jul01 a 30Sep01 sur yahoo) il est de 1.4 pour RHT et ... 1.46 pour MSFT.

      Donc ton raisonnement tombe à l'eau :).

      • [^]Re: Détail

        Posté par Jean-Baptiste Mayer () le 24/03/2008 à 14:19. (lien). Évalué à 2.

        J'avais hésité à parler de la volatilité et du beta...

        Tu m'y forces.

        Dans la comparaison MSFT/RHT, le critère qui fait que le beta de MSFT est proche de 1 alors que celui de RHT est plus proche de 2 est simplement la différence de taille de l'entreprise, donc une prime de risque 'small caps' sur RHT.
        Je calculerais les chiffres exacts demain à mon taf (là je n'ai pas accès à mes bases de données).

        Au passage la courbe comparée est intitulée 'Évolution Investissement MSFT - RHT' sans qu'il soit fait allusion à 'cours de l'action'.

        Pour les non-spécialistes, la volatilité pour le cours d'une action est l'écart-type de ses rendements en excés du rendement monétaire (taux sans risque, qui compense la perte de pouvoir monétaire de l'unité de compte). C'est une mesure de risque, assez imparfaite (d'ailleurs l'AMF ne la considère pas comme une mesure de risque pertinente en gestion). Elle est néanmoins très utilisée car elle est à la base de la valorisation des produits dérivés.

        Le beta est la pente de la régression des rendements en excés du rendement monétaire d'un actif par rapport au rendement moyen du marché. Cette mesure décrit dans quelle mesure l'action est cyclique (beta de 3 -> lorsque le marché monte de 1%, l'action monte en moyenne de 3%; beta de 0,3 -> lorsque le marché descend de 1%, l'action baisse en moyenne de 0,3%) et est une mesure pertinente du risque relatif.

        Le risque inhérent à un investissement se divise en deux parties:
        1. Le risque systématique, mesuré par ce beta (à tempérer par la corrélation qui donne une mesure de la pertinence du beta). Le risque systématique décrit l'environnement et comment cet environnement impacte le cours de l'action. [*]
        2. Le risque spécifique ou idiosyncratique explique la portion du risque qui reste portée sur l'action une fois les facteurs environnementaux retirés. Ce risque est associé à la valeur ajoutée (l'alpha)

        [*] Le niveau de description dépend du modèle retenu. Le classique MEDAF ou APT est un modèle unidimensionnel, ie une seule variable explicative. D'autres modèles, comme le RiskMetrics de MorganStanley apportent plus de variables explicatives au prix d'une significativité potentiellement plus faible.

    [^]Autre détail

    Posté par jeanf () le 24/03/2008 à 20:47. (lien). Évalué à 2.

    Page 44, chapitre 5 "Coûts et imposition du modèle hégémonique aux familles des élèves"

    L'auteur mentionne les prix d'une mise à jour sous vista sans parler de l'achat du matériel nécessaire pour faire fonctionner les logiciels.

    En me basant sur cette article:
    http://www.pcinpact.com/actu/news/33320-vista-materiel-prix.(...)

    Je peux faire le calcul (grossier) suivant:
    * 100 € (prix de l'upgrade moyen) x 1 245 000 (nb approximatif d'ordinateur dans les écoles publics) = 12 450 000 € pour l'enseignement public.
    * 100 € (prix de l'upgrade moyen) x 4 527 750 (enfants dont les parents devront faire la mise à jour) = 45 277 500 € pour les familles.

    Donc au total : 57 727 500 € de surcoût pour le matériel.

    Mais je vais m'auto-censurer en me disant que la majorité des parents ne feront pas d'upgrade. Il reste quand même le coût pour les institutions publics qui n'est pas négligeable.

    • [^]Re: Autre détail

      Posté par jeanf () le 24/03/2008 à 22:31. (lien). Évalué à 2.

      hum...
      j'ai fait une grosse erreur dans mes calculs...
      d'abord dans l'article de pcinpact ils parlent de 100 $ et pas 100 €, donc on peut considérer que l'augmentation sera d'environ 75 €. Ensuite j'ai oublié un zéro à mes multiplications, donc les chiffres sont:
      * 93 375 000 € pour l'enseignement public
      * 339 581 250 € pour les familles