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: Ubuntu : le canard pimpant est arrivé !

Posté par Étienne Bersac (Jabber id, page perso, ). Modéré le 01 juin 2006.
Après un long report de 6 semaines, la dernière version d'Ubuntu estampillée 6.06 LTS est enfin disponible. Son nom de code « The Dapper Drake » signifie « Le canard pimpant ».

Rappelons qu'Ubuntu - initiée par Mark Shuttleworth via son entreprise Canonical - est une distribution dérivée périodique de Debian Sid qui veut fournir depuis octobre 2004 un système libre simple et agréable à utiliser. Cette distribution a connu un certain succès dans la communauté du Libre.

Ubuntu produit une nouvelle version tous les 6 mois. Il existe des dérivées parmi lesquelles Kubuntu qui utilise KDE à la place de GNOME et Edubuntu qui cible le milieu scolaire. Enfin Xubuntu, moins officielle pour le moment, utilise l'environnement de bureau Xfce. On notera aussi la distribution NexentaOS GNU/Solaris.

Cette version mérite vraiment son titre de version majeure, symbolisé par le sigle « LTS » signifiant « support à long terme » (Long Term Support). En effet Ubuntu 6.06 sera supportée durant 3 ans pour les ordinateurs de bureau et 5 ans pour les serveurs. C'est là une autre nouveauté : Ubuntu propose désormais une version serveur et bureau distincte avec chacune un noyau optimisé et une sélection de logiciels différente. Canonical propose un support payant de $700 USD par serveur et par an.

On notera également le support tout frais des UltraSparc T1 sur les stations serveurs SunFire T1000 et T2000 et l'accord Canonical-Sun lié.

> Lire la dépêche (423 commentaires, moyenne: 0,7).  

Lors de la planification d'Ubuntu 6.06 LTS (alors 6.04), Ubuntu se préparait au choc face à Windows® Vista™. C'est une des motivations pour une plus grande qualité tant au niveau de l'interface que des sous bassement du système.

Développement de cette version

Le report de 6 semaines a été accordé afin de fournir un vrai support des langues asiatiques, un thème renouvelé et plus d'attention à la correction des bugs.

Le développement de cette version a été presque entièrement administré via l'outil Launchpad qui permet de gérer les spécifications, les bugs, les traductions, les équipes et les paquets de la distribution. Malgré ces fonctionnalités très pratiques, Launchpad reste un point noir de la politique de Canonical, car il n'est pas distribué et n'est pas libre. Le comble est l'apparition d'un paquet « launchpad-dependencies » qui permet d'installer tout ce dont a besoin Launchpad pour tourner, mais pas Launchpad lui-même.

Les nouveautés de l'installateur

Ubuntu propose maintenant deux manières d'installer le système : un CD d'installation en mode texte utilisant l'installateur Debian et un CD de test permettant de tester l'environnement et de l'installer graphiquement ensuite.

Les deux CD ont vu arriver une interface de démarrage conviviale pour les architectures i386 et amd64 (seulement) grâce à gfxboot. Le CD de test est plus rapide et ne pose plus de questions à l'utilisateur puisque c'est l'amorceur qui permet de tout configurer.

Le logiciel Ubiquity permet d'installer en 7 étapes le système entier. C'est la manière conseillée d'installer Ubuntu, bien qu'elle nécessite plus de puissance (plus de 256Mo de RAM et un bon processeur).

Enfin, l'installation en mode OEM a été améliorée mais manque encore de finition. Elle permet de fournir un système qui crée un compte utilisateur lors de la première utilisation.

Les fonctionnalités du système installé

Ubuntu profite des grandes améliorations de Linux 2.6.15 incluant le support de l'Airport Extreme et de bien d'autre matériel. Le noyau se décline maintenant en version desktop, server et server-bigiron.

Hotplug a été abandonné au profit de udevplug comme le font déjà Mandriva et Fedora depuis les noyaux 2.6.15. Cela apporte un gain de performance notable. Le démarrage d'Ubuntu ne dépend plus de la présence de périphériques, car les périphériques sont maintenant activés au besoin. Le système dépend des services uniquement.

Ubuntu profite des avancés de Xorg 7.0 incluant une véritable modularisation grâce aux autotools. Ainsi les mises à jour du serveur graphique n'entraînent plus le téléchargement de tous les pilotes.

Vous pouvez aisément activer le support de mDNS avec Avahi. Le partage de fichier n'a jamais été aussi facile qu'avec gnome-user-share, un partage de fichier DAV publié sur le réseau avec Bonjour/RendezVous (ZeroConf).

L'arrivée de gstreamer 0.10 a donné un support multimédia décent à Ubuntu. L'ajout de greffons non-libres a été facilité tant par la meilleure répartition en amont (plugins base, good, bad et ugly) que par l'interface d'installation de logiciel. Cela donne moins d'importance à des solutions comme EasyUbuntu.

L'installation de nouveaux logiciels n'a jamais été aussi facile sur aucun autre système ! Des centaines de logiciels sont disponibles, supportés ou communautaires, libres ou commerciaux. L'installation et la mise à jour est gérée automatiquement. L'interface d'installation est très agréable. Les Windowsiens continueront de regretter leur telechargez.com et consorts !

Avec GNOME 2.14 et ses améliorations notamment de performances, ont été aussi ajoutées des applications très sympa comme Ekiga pour la VoIP, xchat-gnome pour dialoguer sur IRC et alacarte (remplaçant smeg) pour éditer les menus. gnome-screensaver remplace avantageusement xscreensaver et gnome-power-manager apporte une véritable intégration et facilité de configuration de la gestion de l'énergie. Il est désormais aisé de suspendre son ordinateur lorsque l'écran est rabattu !

Le support des langues asiatiques par défaut grâce à l'inclusion de SCIM.

Pour les serveurs, l'installation de l'ensemble LAMP est simple. Voyant qu'Ubuntu était utilisé pour des serveurs, cette version a marqué la volonté de fournir un système adapté au serveur en appliquant le principe de simplicité qui fait la réputation d'Ubuntu.

L'interface du système installé

La couleur maîtresse est l'orange. Cela s'en ressent surtout dans le thème de démarrage, le jeu d'icône et dans le thème Gtk+. Le jeu d'icône Human a été complètement recréé par un professionnel, et utilise Tangerine puis Tango puis Hicolor pour les icônes manquantes. Ubuntu fournit trois papiers peints dont deux venant de http://art.ubuntu.com/, sélectionnés par l'équipe Art.

L'appel à un professionnel pour faire le thème (et peut-être le papier peint) est dû à un manque d'organisation de l'équipe Art qui sans meneur n'a rien su produire sauf très tard dans le cycle. De ce fait, l'apport de la communauté manquant et l'appel à un professionnel utilisant ses solutions propriétaires a conduit à un thème incomplet et incohérent. C'est pourquoi Mark Shuttleworth a déjà annoncé sur la liste de diffusion ubuntu-art qu'il y aura une mise à jour quatre ou six semaines après la sortie pour fournir un thème de qualité.

Ces problèmes donnent un coup de fouet à un équipe endormie ou dispersée qui espérons saura fournir le meilleur pour les prochaines versions d'Ubuntu. Ubuntu prévoit de fournir un ou deux thèmes complets issus de la communauté en plus du thème officiel d'Ubuntu, à l'image du choix de papier peint d'Ubuntu 6.06 LTS.

L'interface générale du bureau a été revue. Elle contient toujours l'applet poubelle si typique d'un bureau Ubuntu. Désormais l'utilisateur pourra accéder à une nouvelle boîte de dialogue de clôture de session grâce à un bouton situé dans le coin supérieur droit, à l'image du bouton de fermeture d'une fenêtre.

Le menu d'aide et la documentation ont été l'objet de grandes améliorations. Le support communautaire est mis en avant, et ce même sur la page par défaut désormais traduite du navigateur Internet.

L'avenir

Comme d'habitude, Mark Shuttleworth nous a fait rêvé dans un courriel annonçant le nom de la prochaine version d'Ubuntu : « The Edgy Eft » c'est-à-dire « Le triton énervé ». L'idée de cette version est que, ayant une version stable et supportée, Ubuntu peut laisser libre court à l'expérimentation et l'inclusion de technologie révolutionnaires. Il cite notamment l'affichage composée du bureau avec AIGLX (intégré dans Xorg 7.1) ou Xgl, avec compiz ; ou encore la virtualisation avec Xen, l'utilisation de NetworkManager, de Smart pour gérer les paquets de logiciels, etc.

Bref, de belles promesses qui espérons-le, motiveront de nombreux nouveaux contributeurs au libre, depuis Linux jusqu'à GNOME et bien sur Debian.

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

[+] avant toutes choses

Posté par zerchauve () le 01/06/2006 à 14:50. (lien). Évalué à -10.

je voudrais remercier ploum d'avoir développé une aussi belle distribution.

--
-- Le voilà qui s'en va, un des prototypes personnels de Dieu... Trop bizarre pour vivre, trop unique pour mourir

[+] Sainul !

Posté par Olivier Serve (Jabber id, page perso, ) le 01/06/2006 à 14:53. (lien). Évalué à -5.

Ben oui, y'a pas de lien vers les screenshots.

/o/ ===> []

[+] Plouf !

Posté par L (page perso, ) le 01/06/2006 à 15:02. (lien). Évalué à -10.

Je n'ai rien à dire de plus, la nouvelle se suffit à elle-même. Évidemment nous attendons avec impatience la confirmation et les réactions de ploum. Where is ploum ?

Ubuntu sur un serveur

Posté par Alexis P. (page perso, ) le 01/06/2006 à 15:31. (lien). Évalué à 5.

N'étant pas utilisateur d'Ubuntu, je ne troll pas mais cherche plutôt quelques informations, question d'être un peu plus au courant des choses...

L'idée que je me faisais d'Ubuntu était celle d'une distribution se voulant "user-friendly", donc visant plutôt des utilisateurs simples ne voulant pas se lancer dans de grandes aventures, tout en donnant à GNU/Linux sa chance. Qui plus est, on propose les toutes dernières nouveautés, tout en donnant une grande importance à l'apparence.

Les quelques contacts rapides que j'ai eu avec la distribution n'ont fait que renforcer ce point de vue (installation très facile ne demandant presque aucune intervention mais ne semblant pas laisser une marge suffisante à toute personne voulant bidouiller un peu le tout ; compte root désactivé par défaut, ce que je trouve assez pénible en fait, mais je comprend l'initiative ; etc.).

Ce qui m'a donc surpris en lisant cette nouvelle, c'est d'apprendre qu'il existe une version serveur d'Ubuntu. Après lecture, j'en déduis que c'est plus ou moins la même que la version normale, l'offre des logiciels étant plutôt adaptée à des tâches de serveurs bien évidemment (ainsi que le noyau). Ceci dit, les versions restent les même. Nous retrouvons donc le noyau 2.6.15, le dernier Xorg, etc. Mais cette démarche, ne pose-t'elle pas un problème de sécurité ? Je m'étais fait à l'idée que quand on parle de serveur, il faut un minimum de temps pour vérifier l'intégrité et la stabilité des logiciels que l'on compte fournir. 6 mois sont suffisant pour s'assurer que le tout peut en effet être utiliser pour un serveur ?

Je vous l'accorde le modèle debian est peut-être un peu trop parano, une nouvelle version tous les 2 ans (ou plus ?) est un peu lent, mais d'un autre côté le système a au moins fait ses preuves...

Je ne cherche pas à lancer un quelconque débat debian/ubuntu. Ce que je veux savoir, c'est s'il est légitime pour un administrateur de se tourner vers une Ubuntu pour un de ses serveurs ?

Conférence Ubuntu à Paris

Posté par Étienne Bersac (Jabber id, page perso, ) le 01/06/2006 à 15:47. (lien). Évalué à 1.

J'ai oublié de mentionner la conférence Ubuntu qui se tiendra à Paris !!!

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E Ultreïa !

je ferais bien de retourner au lit

Posté par ahuillet (page perso, ) le 01/06/2006 à 15:52. (lien). Évalué à 10.

une distribution dérivée périodique


d(distribution)/dt (t) = d(distribution)/dt (t+T) ?

[+] revenons en au fond:

Posté par kolter (page perso, ) le 01/06/2006 à 15:53. (lien). Évalué à -4.

de l'avis de tout le monde ici, c'est vraiment une superbe distribution. Elle est jolie, elle s'installe toute seule et tout.

mais bon sincèrement, qu'elle soit géniale c'est une chose, mais qu'elle tue sa mère (Debian) en essayant de la suicider, c'est mal non ? vous ne le feriez pas vous ? hein ?

Ne vous laisser pas attendrir, c'est le diable en forme de canard.

M.