Journal La liberté d'internet est en danger.... Mais, au fait, de quelle liberté parle-t-on ?

Posté par (page perso) . Licence CC by-sa
2
4
août
2013

Ceci n'est pas un troll, ceci n'est pas pas un journal, ni une pipe, c'est un coup de gueule, avec le ton polémique qui va avec. Mais puisque la liberté est menacée, c'est que la dictature est proche et que nous sommes en état de guerre. Donc polêmikôs. Je vous soumets ma réflexion, qui fait suite à la litanie new-age de tous les sages qui, dans un réflexe pavlovien incontrôlable, dès qu'ils entendent le mot internet, se mettent à hurler « Liberté ! » Et, pour paraphraser un humoriste du siècle dernier : « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant liberté ! liberté ! liberté !… mais cela n'aboutit à rien. »

Depuis le début d'internet, les deux mots qui lui sont accolés mécaniquement sont liberté et créativité. Très franchement, je n'ai jamais compris pourquoi. Si vous pouvez me l'expliquer, avec de solides arguments et des exemples appropriés si possibles, je vous en serai reconnaissant. La liberté d'internet est devenu un lieu commun qui rassemble tout le monde. Il faut savoir soumettre les lieux communs à la question, les interroger.

Je lis et entends partout, c'est donc un consensus établi, que l'internet est un moyen de communication, un média de masse (mass media) dont l'un des attributs, voire un attribut essentiel, sine qua non, est la liberté. Le réseau des réseaux appartient à tous ! Enfin presque, surtout à ceux qui vivent dans des pays riches. C'est un outil censitaire réservé en 2013 à 2,2 milliards d'internautes, c'est-à-dire moins du tiers de la population mondiale. Le premier problème semble donc la liberté d'avoir accès à internet.

Mais nous, au Nord, on n'a pas ce genre de problèmes bassement matérialistes, on a les moyens de s'offrir des obstacles existentialistes plus reluisants, plus héroïques. C'est carrément notre LIBERTE (Alleluia, tout le monde se lève, Hymne à la joie) qui est menacée. Liberté, j'écris ton nom….sur mon clavier. Au fait, Eluard a écrit son poème en 1942, sous occupation allemande, à une époque ou le mot liberté n'était pas un slogan publicitaire utilisé pour vendre des voitures, des smartphones, des abonnements triple play ou des cartes de crédit.

Donc, de quoi veut-on nous priver sur internet ? De notre liberté de lire et écrire, de créer, d'innover, d'apprendre, de transmettre, de communiquer, de s'exprimer, de dialoguer, de critiquer ? Ou bien de consommer, de télécharger, de mater des femmes à poil ou des chatons mouillés ? Internet est en danger, l'hyper-décentralisation salvatrice est menacée, le cyber-espionnage étatique vous surveille, vos droits numériques sont bafoués, etc. Mais quelle liberté, quels droits ? Dites-moi exactement comment vous jouissez de votre liberté sur internet, et en quoi cette liberté est menacée. Tenez, citez-moi un acte de liberté que vous avez commis ces douze derniers mois sur internet (d'ailleurs c'est une bonne idée pour un sondage, du genre : « Votre liberté de vous déguiser en Obi-wan Kenobi est-elle menacée par la NSA ? »).

Vous pourriez peut-être me parler de la liberté d’accès à l'information ? Mais quelle information ? Celle qui est filtrée par les sites que vous avez librement choisis, et seulement cette information, pas une autre, et surtout pas celle qui ne vous intéresse pas, mais qui est peut-être essentielle. Mais là, c'est à vous d'utiliser correctement vos possibilités, votre potentiel. C'est vous qui guidez vos doigts sur le clavier, ou la main très visible de Google ? L'accès à la connaissance et à l'information dépend plus de vous que de votre moteur de recherche.

Après la deuxième guerre mondiale, l'offre éditoriale de la presse française était très large, puis les Français en ont eu marre de lire, la tv c'est plus joli, ça bouge, et on peut s'endormir devant (en passant, la télévision à ses débuts a été présentée comme un moyen de créativité et de liberté). Les quotidiens nationaux ont tous disparu les uns après les autres. En terme de liberté, les gens préfèrent souvent qu'on choisisse pour eux, et ça c'est la liberté panurgique, je fais comme tout le monde, je choisis librement Google et Facebook, parce que c'est un droit inaliénable que la Quadrature du Net doit inscrire dans la Constitution.

OK, Google est un grand centralisateur de données, donc d'informations. Comme Wikipédia. Mais dans une société démocratique et libérale, si nous acceptons la servitude volontaire de nous comporter en consommateurs-citoyens, il ne faut pas crier au grand méchant loup castrateur de libertés, il suffit de se regarder dans le miroir.

Et puis les mails sont surveillés, bientôt censurés, comme le courrier l'est par les gouvernements en temps de guerre. Imaginez que vos mails soient lus, ils sont tellement dangereux, subversifs, polémiques, destructeurs, perturbateurs, révolutionnaires, indignés par l'état de la société et du monde, ils remettent tellement en cause les structures fondamentales de la société démocratique et libérale que la DGSE vous a mis sur écoute et qu'une geôle vous est déjà réservée à la Bastille. J'aimerais bien savoir comment cette liberté s'exerce dans ces mails si secrets et sacrés. Le courrier papier n'a pas disparu à cause des mails, il a disparu parce que les gens ont refusé d'exercer leur droit à l'écriture manuscrite, et à une forme de communication qui nécessitait un peu de temps et de réflexion.

Vous êtes-vous déjà accordé la liberté de réfléchir à ce qu'est la liberté aujourd'hui dans une société d'idéologie démocratique, libérale et capitaliste, dans laquelle le net et ses utilisateurs s'épanouissent comme des poissons dans l'eau ? Ou bien avez-vous plutôt choisi la liberté de prendre la pose du rebelle en armes décidé à en découdre avec le grand méchant loup yankee ? J'ai l'impression que les internautes s'ennuient parce qu'ils ne savent plus quoi faire de la liberté dont ils disposent, alors ça les réveille un peu de leur torpeur d'avoir des méchants à portée de clavier, en plus ils sont américains, on ne pouvait pas rêver mieux. « Indignez-vous ! », n'est-ce pas, ça défoule toujours un peu.

1984 a été écrit par Orwell en 1948 pour critiquer la dictature stalinienne. Si vous prenez le temps et la liberté de lire ce livre, vous comprendrez que nous sommes en plein dans ce qui est décrit, donc vous étiez prévenus, et qu'avez-vous fait ? La liberté n'est pas qu'un mot, ce n'est pas seulement un slogan qu'on balance sur un forum pour épater les copains, c'est un comportement, une éthique, un effort, un travail jamais achevé, où on ne gagne jamais une fois pour toutes. Avant de se plaindre des ennemis de la liberté, qu'ils soient réels ou imaginaires, il faut commencer par exercer cette liberté, qui n'est pas un droit, mais seulement une possibilité, qu'il faut décider volontairement de mettre en pratique. Ou pas.

D'autres l'ont dit bien mieux que moi (Foucault, Deleuze, Baudrillard, Debord, etc.), nous ne sommes plus dans une société de surveillance a posteriori, mais dans une société de contrôle a priori : il est inutile de surveiller les individus dans une société démocratique libérale, puisque les consommateurs agissent en fonction des messages que les pouvoirs économiques et idéologiques leur distillent : achetez nos nouvelles technologies, nos smartphones, tablettes, consoles de jeu, achetez les tuyaux, on vous a préparé des contenus qui vous plairont, même si vous les critiquez.

Depuis l'apparition de l'homme sur terre, les possibilité de communication n'ont jamais été aussi gigantesques. Il y a le matériel, les technologies, les logiciels. Votre liberté d'expression peut se déverser sur les forums, les blogs, les sites web, les réseaux sociaux, le tchat, etc., et ceci par l'écriture, la voix et l'image. Les possibilités n'ont jamais atteint un tel niveau, la liberté n'a jamais été aussi grande. Mais voilà, la liberté, c'est comme un grand trou noir qui fait peur, on reste au bord de peur de tomber dedans. Alors il vaut mieux se fabriquer des épouvantails pour se faire peur et se détourner vers le fond de la caverne où les ombres sont plus connues et plus rassurantes. Rien de neuf sous le soleil, depuis l'agora d'Athènes jusqu'à l'agora numérique, les sophistes ont toujours eu plus de succès grâce à leur séductions rhétoriques. Votez d'un clic de souris : Gorgias +10, Socrate -10.

  • # Bon…

    Posté par . Évalué à 10. Dernière modification le 04/08/13 à 17:16.

    Les quotidiens nationaux ont tous disparu les uns après les autres.

    « Le Monde » et d'autres n'ont pas disparus. Es-tu une sorte de fossoyeur ?

  • # Commentaire supprimé

    Posté par . Évalué à 10.

    Ce commentaire a été supprimé par l'équipe de modération.

    • [^] # Re: TL;DR

      Posté par . Évalué à 1.

      Je t'avoue que je n'ai pas tout lu. Mais bon ça va hein, chacun utilise le style dont il a envie.

      • [^] # Re: TL;DR

        Posté par (page perso) . Évalué à 10.

        Et chacun fait les critiques et donne les conseils qu’il veut.

    • [^] # Re: TL;DR

      Posté par . Évalué à 10.

      On tient une bonne conclusion du texte à l'avant dernière phrase:

      les sophistes ont toujours eu plus de succès grâce à leur séductions rhétoriques

      Par ce que là, niveau sophisme ce texte atteint un bon score. Car hormis des sophismes et des arguments d'autorités détournés…

      Un bon exemple:
      - Des entreprises et des gouvernements veulent limiter la liberté sur Internet.
      - La liberté peut aussi servir à uniquement consommer et s'abrutir.
      - Donc nous sommes des enfants pourris gâtés qui nous nous plaignons de perdre le droit de consommer et de s'abrutir.

      Mais bien-sûr, ce sophisme éclipse quels libertés sont exactement menacés par certaines personnes et défendus par les internautes tel que ceux de la Quadrature du net.

      Il y aurait beaucoup à dire sur le fond de ce texte, mais il y a été fait tellement peut d'effort pour apporter d'arguments qui tiennent la route que ça ne me donne aucune envie de faire le moindre effort pour démontrer que c'est du n'importe quoi. Je laisse ce soin à d'autres qui seraient moins las.

      • [^] # Re: TL;DR

        Posté par . Évalué à 1. Dernière modification le 05/08/13 à 03:31.

        Nul sophisme en ce texte؟ Il n'est en rien avare en arguments؟

        C'est avec verve et non sans une vision clairvoyante de l'expression même de la Liberté, de celle que nous ne mériterions pas, qu'il dépeint à travers ce pamphlet l'essence de notre déliquescence et fustige l'abominable mode de consommation occidentale؟

        Avec malice, il ironise, se jouant des l'amalgames entre les combats pour la Liberté, le droit à la vie privée et l'usage décadent d'outils de communication alors qu'il sait de sa grandiloquente culture que cela n'a qu'un rapport indirect avec Internet؟

        Il n'occulte pas le fait que l'internet est un formidable outil de communication mais bien au contraire, il le blâme. Qui donc voudrais voir des sauvageons proposer du contenu débilitant؟ La télévision elle-même ne permet pas cette liberté et voyez ce qu'elle est devenue؟

        Quand bien même internet serait un outil d'information, sachez simplement que Snowden, Assange, Manning, dissidents chinois, printemps arabes, rien ne le bouleverse: car il écoute Bach ("Pas une version de Gould, parfois c'est agaçant de l'entendre murmurer par-dessus le piano")؟

        Censurer cet internet s'il vous plaît et que l'on ne me parle plus de s'y instruire؟ La création d'entreprise? Proposez des crédits, c'est autrement plus profitable؟ A quoi bon créer une boutique si celle-ci reste virtuelle؟ Jamais ceci ne saurait être un levier pour des pays forts gueux, contractant les coûts de certaines infrastructures ou en les complétant؟ J'en veux pour preuve le fait qu'aucune ONG ne leur fournirais du matériel informatique؟

        Et puis ce projet GNU n'a pas de sens, si ce n'est en finalité que pour s'éructer de "lol" sur des forums؟ Lisez Orwell bon-sang! Quidam, éveille-toi! Alea jacta est! Pierre qui roule n'amasse pas mousse!

        Vous l'aurez compris, c'est de l'ironie sur ce magnifique troll de derrière les fagots

        • [^] # Re: TL;DR

          Posté par . Évalué à 0.

          Je dois dire que tu me prends un peut à froid de si bon matin.

    • [^] # Re: TL;DR

      Posté par . Évalué à 9.

      Tout d'abord, je voudrais dire que j'ai trouvé le texte intéressant et bien écrit (je n'y souscris pour autant qu'en partie, les thèses étant énoncées de façon quelque peu hâtive à mon goût).
      Sur le "cours de philo", il faut arrêter d'exagérer. Le texte dont il est question ne relève en aucun cas du travail philosophique - il s'apparente plutôt au pamphlet léger. Si tu le trouves "imbitable", il faut que tu commences à te poser des questions (et que tu relises un peu le texte, il me semble qu'il te concerne…).

      En quoi as-tu besoin de connaître l'auteur ? Qu'est-ce que c'est que cette morale d'état civil ?

      En passant, un cékèbre (et accessible) texte de Deleuze sur les sociétés de contrôle : http://1libertaire.free.fr/DeleuzePostScriptum.html

    • [^] # Re: TL;DR

      Posté par . Évalué à 6.

      Le titre du journal est une phrase d'accroche bien trouvée.

      Le premier paragraphe est une introduction assez habile.

      Pour le reste du texte, il suffit de ne pas être trop illettré (et de revoir la mise en page, par exemple avec Readability) et ça passe très bien.

      Non au nivellement par le bas sur la web-littérature !

      BeOS le faisait il y a 15 ans !

    • [^] # Re: TL;DR

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Ecrire de cette façon, c'est bien en cours de philo.

      Même en philo on écrit une introduction qui annonce le plan si on veut être lu.

      http://devnewton.bci.im

    • [^] # Re: TL;DR

      Posté par . Évalué à 7.

      C'est triste de lire ce "_TL;DR_" dès qu'un texte dépasse 10 lignes, aujourd'hui.

      Mais plutôt que de dire "je n'ai plus l'habitude de lire, je laisse tomber si on ne me détache pas tout bien en 3 parties avec des gros titres", grâce à la magie du net, on dispose de plein d'articles pour expliquer qu'en fait ça n'est pas notre faute, c'est les autres qui ne savent pas écrire correctement \o/

      • [^] # Re: TL;DR

        Posté par (page perso) . Évalué à 6.

        dès qu'un texte dépasse 10 lignes, aujourd'hui

        Dans mes flURSS, j'ai déjà des centaines de texte qui dépassent 10 lignes à lire chaque jour, donc si ce n'est pas intéressant dès la première phrase, je passe au suivant.

        http://devnewton.bci.im

        • [^] # Re: TL;DR

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Ton temps est sacrément précieux.

          • [^] # Re: TL;DR

            Posté par . Évalué à 1.

            N'as-t'il pas la liberté d'en faire ce qu'il veut et de ne pas lire quelque chose qui ne l'intéresse pas au premier abord sans être pris de haut ? Chacun a droit à son libre arbitre pour savoir ce qui lui plaît ou non.

            Tous les contenus que j'écris ici sont sous licence CC0 (j'abandonne autant que possible mes droits d'auteur sur mes écrits)

            • [^] # Re: TL;DR

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              Bien sûr qu'il a le droit, tout autant que j'ai le droit de me moquer.

              • [^] # Re: TL;DR

                Posté par . Évalué à 4.

                Et moi j'ai le droit de m'indigner de la moquerie faite à ceux qui exprime leur droit. :D

                Tous les contenus que j'écris ici sont sous licence CC0 (j'abandonne autant que possible mes droits d'auteur sur mes écrits)

        • [^] # Re: TL;DR

          Posté par . Évalué à 7.

          Pourtant tu développes en java, tu dois avoir l'habitude du verbeux, non ?

          Article Quarante-Deux : Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal. -- Le Roi de Cœur

      • [^] # Re: TL;DR

        Posté par (page perso) . Évalué à 5. Dernière modification le 05/08/13 à 13:05.

        C'est triste de lire ce "_TL;DR_" dès qu'un texte dépasse 10 lignes, aujourd'hui.

        Le problème est l'abondance. On ne peut pas tout lire.
        Et les rares fois où je me suis botté le cul à aller plus loin qu'une intro pourrie, j'avais eu la confirmation que le reste n'tait pas mieux. Ceci-dit, c'est logique, quand on ne sais pas mettre en forme le début, généralement on ne sait pas mettre en forme la suite. Capacité de synthèse et si on s’intéresse plus on lit la suite.
        Ce journal (j'avoue : j'ai fait que survoler certes, mais c'était déjà beaucoup) ne déroge pas à la règle générale.

        Ce n'est pas la taille du texte qui pose problème, mais son ininterêt faute de présentation logique et qui se voit très vite.

        Ce n'est pas parce que c'est long que c'est intéressant (c'est comme les gens qui travaillent à creuser puis reboucher des trous, qui ne comprennent pas que ça vaut rien : ce qui vaut est le résultat final, pas la quantité de travail pour le faire)

      • [^] # Re: TL;DR

        Posté par . Évalué à 1.

        Tu suppute beaucoup. Je lis avec délectation les grandes dépêches sur le noyau, le top500, les articles de maître Eolas par exemple. Mais il faut structurer son texte pour tenir un peu son auditoire, ça ne date pas du web. C'est juste qu'avec le « web 2.0 » tout le monde peut se mettre à écrire des textes à rallonge et tout le monde peut commenter pour dire qu'il n'aime pas.

        Tous les contenus que j'écris ici sont sous licence CC0 (j'abandonne autant que possible mes droits d'auteur sur mes écrits)

      • [^] # Re: TL;DR

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        J’arrive facilement à lire des longs textes, il faut simplement qu’ils apportent quelque chose.

        En fait, je déteste les lanceurs de débat/troll avec trois bouts d’arguments, je préfère cent fois plus quelqu’un qui va donner une explication claire (même s’il rentre dans la technique) et qui lancera le débat sans forcément le vouloir.

        Par exemple, je n’ai aucune difficulté à lire les articles de Maitre Eolas, et pourtant j’ai lâché ce journal au 2ème paragraphe à la première lecture.

  • # Orwell et Cie

    Posté par . Évalué à 10.

    "1984 a été écrit par Orwell en 1948 pour critiquer la dictature stalinienne."

    C'est un peu court, jeune homme : 1984 présente un futur potentiel, et le totalitarisme qu'il décrit se revendique "socialiste", mais en nie l'essence, tout comme les totalitarismes des années 30. Orwell décrit un futur possible pour nous faire réfléchir et nous pousser à choisir d'autres voies que les deux impasses du début du siècle. La critique du stalinisme, c'est plutôt "La ferme des animaux". Dans "Hommage à la Catalogne", il décrit certaines de ces autres voies embryonnaires et comment les forces en présence ont fini par s'aligner sur les deux pôles principaux, faisant des non alignés des ennemis de fait. Malheureusement, ce pattern est toujours d'actualité.

  • # Orwell

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    1984 a été écrit par Orwell en 1948 pour critiquer la dictature stalinienne. Si vous prenez le temps et la liberté de lire ce livre, vous comprendrez que nous sommes en plein dans ce qui est décrit, donc vous étiez prévenus, et qu'avez-vous fait ?

    C’est globalement faux.

    On est plus dans une espèce de meilleur des mondes (une infographie assez connue exprime bien les différences).

    • [^] # Re: Orwell

      Posté par . Évalué à 10.

      Moi je me demande si on n'a pas déjà passé le Meilleur des Mondes et on s'est mis en route pour Idiocracy.
      Quand on voit le succès de la télé-réalité et les parts de marché des émissions culturelles, ça fait peur…

    • [^] # Re: Orwell

      Posté par . Évalué à 2.

      D'ailleurs, je conseille la lecture de « Retour au meilleur des mondes » qui n'est pas une suite mais un essai de l'auteur où il compare l'évolution du monde entre les sorties des deux livres (si je me souviens bien à vingt ans d'écart) avec le monde qu'il décrivait ; c'est édifiant.

      Et surtout, il donnait des clefs pour l'éviter, clefs dont l'homme a bien sûr fait exactement l'inverse.

      Article Quarante-Deux : Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal. -- Le Roi de Cœur

  • # acte de liberté perpétré

    Posté par . Évalué à 2.

    Tenez, citez-moi un acte de liberté que vous avez commis ces douze derniers mois sur internet

    Lorsque j'envois un mail à un ami, plusieurs fois par semaine.
    Jusque là je ne me demandais pas (naïvement) ce que la NSA pourrait en faire si mon ami a sa boite aux USA. Du coup je m'exprimais librement comptant sur la confidentialité de la correspondance. Je m'en garderais à l'avenir. Je refuse d'alimenter leur fichier.

    Please do not feed the trolls

    • [^] # Re: acte de liberté perpétré

      Posté par . Évalué à 4.

      au contraire, ajoutes y de petits mots comme

      • prophète
      • sac à dos
      • cocotte minute
      • clous
      • jardin
      • avion
      • super ball

      Si tu es en panne d'inspiration un petit M-x spook dans ton éditeur favori de donnera les morts à ajouter aléatoirement dans ton mails (en signature ça risque de se faire écarter trop vite)

      ex : Leitrim SRI wire transfer munitions Lon Horiuchi ARPA Mossad terrorist bomb halcon threat ISEC
      counter terrorism csim csystems

      En noyant leur logiciel de bruit ils ne pourront plus en faire grand chose.

      Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

  • # Résumons

    Posté par . Évalué à 10.

    Internet permet d'accéder à une quantité d'informations jamais égalée jusqu'alors. On y a des infos diversifiées qui échappent à la censure, tout comme de la propagande émanant de diverses sources. Donc si on censure sur Internet c'est pas grave, parce qu'il y avait déjà de la merde dessus.
    Internet a une vocation universaliste. Mais voilà, les 2/3 du monde ne peuvent y accéder, donc c'est que finalement c'est pas très important, Internet. C'est pas comme si on espérait leur donner un accès plus facile à l'éducation et l'information. Mieux vaut déclarer un échec de suite et laisser tomber.

    Internet permet de faire tout: de l'information citoyenne sérieuse, de la propagande, des jeux débiles. Bon ben si on peut faire de la propagande et des jeux débiles, c'est bien la preuve qu'Internet c'est pas si sérieux que ça. Donc on ne va certainement pas s'en servir pour des jeux sérieux.

    Donc finalement, il n'y a pas privation de Liberté si celle-ci n'était pas utilisée au départ. Quelqu'un qui ne vote jamais ne verrait pas d'inconvénient à ce qu'on passe en dictature, si?

    Moi je vois juste un problème quand quelqu'un me dit de laisser tomber Internet pour mieux régler les "vrais" problèmes.
    Lesquels? On fait comme on bon vieux temps pour choisir les prioritaires?
    Ceux dont t'ont parlés les quotidiens nationaux aujourd'hui presque tous contrôlés par des industriels, ou ceux que tu as vus à la télé grâce aux informations recoupées entre des chaînes qui appartiennent à d'autres consortiums et celles qui appartiennent à l'État?
    Ceux qui ont été propagé par bouche-à-oreille, un truc encore plus fiable?

    Et comment comptes-tu les régler, ces problèmes? En manifestant? Avec qui? Cette équipe sympa qui passe à la télé emmenée par une blonde sympa avec un logo qui ressemble à un briquet tricolore de loin?

    Enlève Internet, et tu te retrouves dans le moyen-âge de l'ère de l'information. Sans information fiable, comment choisis-tu tes batailles, tes alliés?

    L'information c'est la base. Sans information fiable, la démocratie est une illusion, le choix des peuples est une manipulation. Sans information fiable, des soldats partent au front d'une guerre sanglante sponsorisée par des groupes pétroliers au nom de la paix dans le monde. Sans information fiable, le Niger est un pays d'ingrats dont on ne comprend pas pourquoi ils ne veulent pas donner un peu d'uranium en échange de "tout ce qu'on fait pour eux" et des "conditions très favorables" dans lesquels se font les échanges commerciaux.

    Et maintenant que l'information est libérée et toutes les sources sont accessibles sur un même pied d'égalité, enfin, tu trouves qu'elle n'est pas si importante sous prétexte qu'elle n'est pas assez utilisée?

    Tu as raison, on devrait peut-être sortir des profondeurs et retourner dans cette grande caverne habitée par un propriétaire de lampe-torche qui joue avec les ombres. Nous appellerons ça "le grand jour" et y ferons de grands plans…

    • [^] # Re: Résumons

      Posté par . Évalué à 1.

      Si je ne m'abuse, cette douce ironie est gratuite.
      L'auteur n'exprime aucunement l'idée qu'il nous faudrait nous passer de l'Internet. Il sugére seulement d'utiliser ce dernier plus joliment.

  • # Et après ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Ça ne m'a pas posé de problème de tout lire et pire, j'ai même l'impression d'avoir compris.

    Et après ?

    Ce texte décrit une situation (après on est d'accord ou non avec la vision mais c'est pas là-dessus que j'ai envie d'argumenter). Bon. Juste comme ça, c'est verbieux. Ça serait bien de passer un peu plus à l'actif, nan ? Concrètement, on fait quoi, après ?

    Si le but c'est juste de réfléchir sur sa triste condition métaphysique… Je sort les mouchoirs.
    C'est peut-être aussi que je n'ai pas bien compris le propos, hein. Que le message n'est pas "la liberté, si on y croit, demande plus que des mots" mais "ho, fermez vos gueules, hein". Si c'est le deuxième cas alors c'est mal amené :p

    Ce texte me laisse vraiment un goût d'inachevé.

  • # Un seul lien

    Posté par . Évalué à 2.

  • # Ceci n'est pas une pipe

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    ceci n'est pas pas un journal, ni une pipe

    Dommage…

  • # Liberté != usages

    Posté par . Évalué à 4.

    Depuis le début d'internet, les deux mots qui lui sont accolés mécaniquement sont liberté et créativité. Très franchement, je n'ai jamais compris pourquoi. Si vous pouvez me l'expliquer, avec de solides arguments et des exemples appropriés si possibles, je vous en serai reconnaissant. La liberté d'internet est devenu un lieu commun qui rassemble tout le monde. Il faut savoir soumettre les lieux communs à la question, les interroger.

    Pourquoi parle-tu de ça d'un coup comme ça et surtout avant d'avoir défini la liberté sur internet ?

    Je lis et entends partout, c'est donc un consensus établi, que l'internet est un moyen de communication, un média de masse (mass media) dont l'un des attributs, voire un attribut essentiel, sine qua non, est la liberté. Le réseau des réseaux appartient à tous ! Enfin presque, surtout à ceux qui vivent dans des pays riches. C'est un outil censitaire réservé en 2013 à 2,2 milliards d'internautes, c'est-à-dire moins du tiers de la population mondiale. Le premier problème semble donc la liberté d'avoir accès à internet.

    Je vois pas vraiment le rapport entre les deux parties de ton commentaire. Tu veux être libre de voter pour qui tu veux pourtant ce n'est pas tout le monde qui peut voter, tu veux faire ce que tu veux de l'électricité que tu achète pourtant c'est pas tout le monde qui y a accès, tu veut pouvoir rotir ta viande comme tu le souhaite pourtant tout le monde ne peux pas le faire.

    Que tu veuille rappeler aux idiots que nous sommes que la majorité de la planète n'accéde pas à l'Internet est une chose, nous expliquer qu'on devrait déjà être bien content d'avoir internet et fermer notre clapet en est une autre. La politique du pire c'est un nivellement par le bas. C'est comme nous expliquer qu'on a pas à parler d'éventuel problème dans nos démocraties car chez nous on a la chance d'avoir plusieurs partis politiques.

    Disons-le à l'envers à quoi servirait internet si nous n'étions pas libre d'y échanger nos idées sans censure ? À quoi bon vouloir le répandre ailleurs si ce n'est pour pouvoir échanger ?

    Mais nous, au Nord, on n'a pas ce genre de problèmes bassement matérialistes, on a les moyens de s'offrir des obstacles existentialistes plus reluisants, plus héroïques. C'est carrément notre LIBERTE (Alleluia, tout le monde se lève, Hymne à la joie) qui est menacée. Liberté, j'écris ton nom….sur mon clavier. Au fait, Eluard a écrit son poème en 1942, sous occupation allemande, à une époque ou le mot liberté n'était pas un slogan publicitaire utilisé pour vendre des voitures, des smartphones, des abonnements triple play ou des cartes de crédit.

    Pareil qu'au dessus, tu veut nous faire pleurer en nous disant que l'on a pas à se battre vu la chance que l'on a, c'est ce qu'entendent beaucoup de syndicalistes depuis très longtemps. Note que ton mélange d'« Hymne à la joie » et de catholisme est bizarre j'aimerais bien que tu explique le lien (tu t'es relu n'est ce pas pour nous pondre un pavé pareil ?).

    Pour le reste du paragraphe euh… la culture c'est comme la confiture moins on en a plus on l'étale ?

    Donc, de quoi veut-on nous priver sur internet ? De notre liberté de lire et écrire, de créer, d'innover, d'apprendre, de transmettre, de communiquer, de s'exprimer, de dialoguer, de critiquer ? Ou bien de consommer, de télécharger, de mater des femmes à poil ou des chatons mouillés ? Internet est en danger, l'hyper-décentralisation salvatrice est menacée, le cyber-espionnage étatique vous surveille, vos droits numériques sont bafoués, etc. Mais quelle liberté, quels droits ?

    Je vais m'arrêter à ce passage, j'ai pas lu la suite mais si tu part de ça inutile d'aller plus loin.

    Internet est un moyen de communication utilisable tant pour faire de la communication de masse que de la communication plus ciblé. Ça c'est un fait.

    La liberté c'est de pouvoir l'utiliser pour communiquer ce que l'on souhaite avec qui l'on veut (comme pour tout moyen de communication). Ça implique de ne pas craindre de voir la police débarquer en fonction du mail que tu viens d'envoyer par exemple.

    Tu fait un grand mique maque entre le fait d'avoir une liberté et ce que l'on en fait alors que ça ne te concerne pas du tout. Tu peut te plaindre que l'Internet est commercial et que les internautes ne sont que des veaux (et je pense que ton texte par plutôt de ça de la « décadence » de la société moderne qui est hypercommecial et hyperconsumeriste), mais ça n'a rien avoir avec la liberté. La GPL ne dis pas que tu as le droits d'utiliser le logiciel pour en faire ce que tu veut sauf tel et tel autre activité et ben là c'est pareil la question c'est avoir la liberté ce qu'on en fait est un débat tout à fait orthogonal qui n'est pas lié particulièrement à internet (c'est pareil dans la presse écrite et à la télévision).

    Tous les contenus que j'écris ici sont sous licence CC0 (j'abandonne autant que possible mes droits d'auteur sur mes écrits)

  • # Salut et merci pour ce journal

    Posté par . Évalué à 4.

    Cependant, de prime abord j'aimerais comprendre pourquoi tu t'es fendu d'un pseudo à usage unique pour poster ce journal.
    C'est bien cette liberté qui t'as permis de faire ainsi, anonymement vis-à-vis de cette communauté, tout autant que des instances régulatrices.
    Et pourtant tu sembles combattre ces défenseurs qui dénoncent les nouvelles atteintes journalières et dénoncent la dérive quotidienne pour protéger l'internet de demain.
    Car comme pour la crise, la question du problème n'est pas à date, mais bien au sujet de demain.

    Qu'Internet, un moyen technique, pour rendre l'accès à la parole publique à ces détenteurs originels ait une dette technique et financière forte pour advenir. Certes, c'est vrai. Mais le problème n'est pas Internet, ni la technique, et encore moins le consommateurs. Mais bien le gouvernant. Celui la même qui vole notre pouvoir au nom de la /démocratie/ pour mieux organiser notre impuissance.
    Démocratie, liberté de diriger, qui à ce jour est noyée dans la représentativité /un certain novlangue se cache ici diraient certains/.

    Que la défense de la liberté sur Internet se traduise, lorsqu'elle est pris dans toute sa largesse, aussi par la protection des usagers qui l'utilise pour l'échange de fichier à droits d'auteurs, c'est dommage oui.
    Pour autant c'est en défendant aussi ce comportement fallacieux, qu'à ce jour, nous pouvons protéger cette accès à la parole publique qui nous est offert.

    La liberté est là, à disposition et il ne tient qu'à tout un chacun d'en profiter utilement. Doit on pour autant blâmer les utilisateurs actuels de ne pas savoir s'en servir, à ton goût. Doit pour autant les blâmer de, peut être, mal s'en servir. Ou doit on plutôt blâmer celles et ceux qui choisissent, dirigent et éduquent pour nous ?
    La question n'est pas tellement ouverte au débat.
    A déléguer notre pouvoir de choisir, discuter ensemble, et donc penser collectivement, nous avons créé notre propre prison.

    Bref pour faire court, et ne se trop se perdre dans les pièges et difficultés de la prise de parole publique.
    De quelle liberté parlons nous. Selon moi, de celle qui permet à tout ceux qui comme toi prennent leurs plumes pour exprimer leurs avis sur la toile.
    Et là il faut tout de même rappeler que certains bloggeurs sont à plus de 400 000 PV/jour.
    Bien plus que tous? la plupart? des quotidien nationaux.

    Pour faire encore plus concis, et faire preuve de bon sens, il faut citer Benjamin Bayart.

    L'imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d'écrire.

    Et c'est bien cet accès en mode lecture/écriture à la portée du tiers de la planète qu'il faut défendre aujourd'hui pour les deux tiers restants et à venir.
    Reste, il est vrai, à apprendre à nous organiser indépendamment des institutions pour créer un véritable contre pouvoir citoyen à capacités de résultats concrets.

    Alors voilà, encore merci pour ton journal, c'est déjà beaucoup.

    • [^] # Re: Salut et merci pour ce journal

      Posté par . Évalué à 0.

      Ma réponse m'ayant pris un peu de temps, je m'aperçois qu'entre-temps elle à plus ou moins déjà été proposé par plusieurs. je la poste quand même.

      Pour ma part, je pense que ton journal à l'avantage d'être orienté sur une réflexion plutôt que faire partie des sujets inintéressants , souvent terre-à-terre.
      Même si je ne suis pas d'accord avec ton approche et tes conclusions qui m'ont semblées hâtives. Cela n'engage que moi. Je me permets donc de reprendre certains passages :

      la télévision à ses débuts a été présentée comme un moyen de créativité et de liberté).

      Je le pense aussi, même si cela fait des années que je ne la regarde plu:, je trouve qu'avec le Cinéma j'ai
      assisté à des évènements (chute du mur par ex) ou aussi des films qui ont marqué ma jeunesse (le film du Dimanche que l'ont
      se racontait le lendemain à l'école), avoir accédé à des films quand le cinéma était alors moins répandu que maintenant.
      Oui la télévision était une plateforme de création, j'ajouterai même que c'est là où la publicité s'est émancipé et à connu ses meilleures heures.

      Mais quelle information ? Celle qui est filtrée par les sites que vous avez librement choisis

      C'est justement le principe de cette liberté, de choisir comment je vais m'informer… ou me désinformer. Et, franchement, quand l'on voit la quantité
      de sites

      Vous êtes-vous déjà accordé la liberté de réfléchir à ce qu'est la liberté aujourd'hui dans une société d'idéologie démocratique, libérale et capitaliste, dans laquelle le net et ses utilisateurs s'épanouissent comme des poissons dans l'eau

      Tout à fait d'accord : mais le net n'a dans ce cas rien à voir puisqu'il est le medium d'expression que tu à déclaré au départ. Il n'en est que l'expression. Ce que je veux dire plus simplement:

      C'est d'ailleurs ce que tu indique, plus ou moins ensuite puisqu'il est question de se prendre en main en "pour exercer sa liberté". Et c'est là qu'est le
      vif du sujet :
      - sommes nous réellement dans une démocratie ? (et sous quel point de vue ?)
      - si nous considérons être dans une démocratie, la totalité de nos droits sont-ils revendiqués ?
      - Tu parle de combat de rébellion, le début du siècle dernier à vu grandir des idées similaires, qui même s'il était question d'autres problèmes (car d'autres temps)ont de très fortes similitudes, ton inquiétude va dans le sens de la philosophie de Proudhon:

      la preuve

      Et pourtant bien que partant sur de bonnes idées comme la mutualisation afin de vouloir faire changer la classe moyenne (qui aujourd'hui est au cœur de beaucoup problème à mon sens), il n'y pas eut de proposition pour une solution concrète.

      • la démocratie permet-elle réellement de revendiquer nos droits ? : Pour tenter d'y répondre, je me cacherais derrière celui qui à bien mieux décrit ce sentiment que j'éprouve:

      Un ami royaliste me faisait récemment remarquer que la démocratie était la pire des dictatures parce qu'elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité. Réfléchissez une seconde: ce n'est pas idiot. Pensez-y avant de reprendre inconsidérément la Bastille.

      PS : > les possibilité_s_ de commununication

      • [^] # Re: Salut et merci pour ce journal

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Un ami royaliste me faisait récemment remarquer que la démocratie était la pire des dictatures parce qu'elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité. Réfléchissez une seconde: ce n'est pas idiot. Pensez-y avant de reprendre inconsidérément la Bastille.

        Avec comme définition de la démocratie: "dictature de la majorité", on ne va pas bien loin, en effet.

        La définition de Paul Ricœur et déjà un brin plus profonde (et souhaitable):
        "Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage."

        En fait, n'importe quel article (rien que celui de wikipedia est loin d'être incomplet) est plus intéressant que ce genre de propos indigne du plus caricatural des piliers de comptoir de bar-tabac PMU.

        • [^] # Re: Salut et merci pour ce journal

          Posté par . Évalué à 1.

          Autant je reconnais avoir laissé des fautes, il manque même des bouts de phrase, autant cette citation est idéale pour moi et beaucoup d'autres c'est certain.On vois bien tous les jours où c'est la quantité qui impose ses choix.

          En te lisant j'ai du mal à comparer Desproges au "plus caricatural des piliers de comptoir de bar-tabac PMU" pas parce que c'est lui, non, mais que c'est bien résumé. Un autre pilier de bar l'a d'ailleurs dit autrement :

          ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison

          Finalement tu devrais faire un tour au PMU, les potes et moi avec le bleu plein de tâches de vin et de picon-bière on se marre bien.

          Alors quand je ne suis pas d'accord je l'indique : tu peux compter le nombre de fois où je me suis efforcé de le souligner "selon moi" "d'après moi", "cela n'engage que moi", etc . Fais-en de même stp, autrement c'est offensant et gratuit. Car sinon je pourrais aussi me laisser aller à partir sur une longue explication pour souligner oh combien Paul Ricoeur me permet à peine de trouver la force soulever un sourcil tellement ce point de vue est d'une substance molle, flasque et inerte poussant à un engagement proche de l'immobilisme que son action permettrait à peine d'ouvrir une porte ouverte. Et c'est bien là sa seule profondeur, le néant.
          Nabila à côté c'est le grand-canyon, mais bon c'est populaire… .

          • [^] # Re: Salut et merci pour ce journal

            Posté par (page perso) . Évalué à 1.

            Autant je reconnais avoir laissé des fautes, il manque même des bouts de phrase, autant cette citation est idéale pour moi et beaucoup d'autres c'est certain.On vois bien tous les jours où c'est la quantité qui impose ses choix.

            Peut-être qu'on ne vit pas en démocratie.

            Fais-en de même stp, autrement c'est offensant et gratuit.

            Si tu l'as mal prix excuse m'en, c'est surtout ton ami qui m'a mis en rogne.

            Car sinon je pourrais aussi me laisser aller à partir sur une longue explication pour souligner oh combien Paul Ricoeur me permet à peine de trouver la force soulever un sourcil tellement ce point de vue est d'une substance molle, flasque et inerte poussant à un engagement proche de l'immobilisme que son action permettrait à peine d'ouvrir une porte ouverte. Et c'est bien là sa seule profondeur, le néant.

            C'est pourtant la définition parmi toute celles que j'ai pu trouver qui a le plus de sens et est la mieux formulée, en ne tombant pas dans le piège de "la dictature de la majorité".

  • # Intéressant

    Posté par . Évalué à 1.

    Je pense qu'un des passages les plus importants est celui-là :

    nous ne sommes plus dans une société de surveillance a posteriori, mais dans une société de contrôle a priori : il est inutile de surveiller les individus dans une société démocratique libérale, puisque les consommateurs agissent en fonction des messages que les pouvoirs économiques et idéologiques leur distillent : achetez nos nouvelles technologies, nos smartphones, tablettes, consoles de jeu, achetez les tuyaux, on vous a préparé des contenus qui vous plairont, même si vous les critiquez.

    Je trouve ce journal intéressant dans la mesure où il montre que les mêmes personnes qui sont complètement non libres et sous contrôle "volontaire" du sens du vent (qui par exemple passent leur temps à se masturber devant les derniers gadgets technologiques produits au prix d'une exploitation sans pitié, et en même temps répondent au sujet du milliard de personnes qu'on laisse mourir de faim "ouais, on sait, c'est vraiment pas bien..", avant de repasser à des occupations plus importantes), sont les mêmes qui crient à la liberté, s'indignent d'être surveillés etc.

    Ils ne sont tout simplement pas assez intelligents (ou plutôt pas assez libres dans leur tête pour se permettre de penser par eux mêmes) pour se rendre compte que vu leur utilisation de leur liberté, il ne leur arrivera jamais rien même dans une société complètement sous contrôle de personnes plus riches, comme c'est ce qui est en train d'arriver. Ils resteront dans le sens du vent et rentreront dans les combines qui leur sont destinés, et seront très heureux.

    Bien sûr j'aimerais croire moi aussi que comme le dit Benjamin Bayart, la simple existence d'internet permettra l'avènement d'une vraie démocratie, mais ça me paraît peu probable, un peu utopique. Les êtres humains vont forcément dans le sens du vent, et si le vent consiste à dire que "la liberté c'est bien" tout en n'osant jamais penser différemment de la pensée dominante (ce qui est le cas), alors c'est ce qui sera fait par la majorité.
    En fait pour que les humains soient vraiment libres, il faudrait qu'au lieu de les matraquer d'idéologie somnifère, on les matraque avec le fait de devoir penser par eux mêmes, qu'on mette ça dans la tête des enfants dès l'école et qu'on les matraque avec ça dans les médias. Mais ça impliquerait que les riches perdent leur influence donc ça n'arrivera pas tout seul.

    Tant que nous serons dans une économie capitaliste, les gens ne pourront pas être libres et exercer cette liberté (à une échelle "sociologique" bien entendu, à l'échelle d'un seul individu on pourra toujours en trouver qui exercent leur liberté mais là on s'en fout puisque ça ne changera rien au niveau global), tout simplement pare que si jamais ils l'exerçaient massivement, ils arrêteraient de se faire exploiter par d'autres et le capitalisme disparaîtrait. Je trouve que c'est un bon indicateur assez objectif si jamais on a un doute sur l'état de la société.

    Est-ce que je suis contre internet pour autant ? Bien sûr que non, pas plut que je en suis pour le rétablissement de la royauté ou de l'esclavage. Mais ça n'empêche que, non, les gens ne sont pas libres juste parce qu'internet le permet. Et je trouve ça sain de se moquer d'eux, de leur mettre le nez devant leurs … contradictions.

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