Journal Mise en place d'une formation aux logiciels libres.

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Tags : aucun
8
14
avr.
2009
Bonjour,

Je trouve l'absence de contenus liés au Logiciels libres dans les cursus informatiques vraiment dommage.

Dans tout mon cursus informatique, je n'ai eu aucun cours ni information sur le mouvement des logiciels libres,
évidement ce domaine n'est pas technique, mais il me semble que cela devrait faire parti de la culture générale d'un
informaticien entrant dans la vie active.

J'ai bien sur eu des cours systèmes et réseaux sous Linux, mais jamais on ne nous a informé de
l'existence de la GPL ou tout simplement des logiciels libres.

Je travaille aujourd'hui au Cnam [1], et ce constat est encore plus inquiétant. Les élèves de formations Bac+2 (ou même Bac+4)
ignore souvent l'existence de ces logiciels, ou alors il ne les connaissent qu'à travers firefox et OpenOffice et
considèrent les logiciels libres que comme des logiciels gratuits (aucunes différences avec un freeware).

Je trouve regrettable que beaucoup d'informaticien (et en particulier ceux qui sortent du Cnam) ne sachent
ni ce qu'est la GPL, ni ce qu'implique le mot "libre" dans l'expression logiciels libres.

Partant de ce constat, je me suis renseigné sur la création d'une matière
(ou "unité d'enseignement" dans le jargon Cnam) dédié à ces sujets. Une telle démarche est souvent longue
et compliquée, c'est pourquoi on m'a conseillé d'ouvrir dans un premier temps une formation externe régional.

Les formations de ce type peuvent être de 1, 2 ou 3 jours, respectivement (7,14 et 21h), et sont souvent proposé par le Cnam
dans le cadre du DIF.

Je pense cibler un public d'informaticiens ou pourquoi pas d'utilisateurs avancés (power users).

Voici une ébauche de plan que j'ai imaginé pour cette formation :

Objectifs :
- Connaître l'existence des LL, ce qu'ils sont.
- Historique du mouvement, "culture des LL", "philosophie".
- Modèle liés aux LL (dév, économique).
- Dérivé : Art libre, culture libre, matériel libre...

----------------
Existence et connaissances des LL
- Définition des LL (FSF, GPL, ...)
- Différence avec l'Open source.
- Licences.
- exemples de LL. Linux, Firefox, OOo, Apache, ...

Historique du mouvement
- Raisons de l'existence des LL
- Acteurs clés (RMS,LT,...)

Modèles liés:
- Modèle économique
- Modèle de développement

Dérivée :
- Culture libre : wikipedia, ...
- Art libre : licences (AL,CC,...)
- Matériels libres : BIOS, électronique, téléphone,...

Il me semble qu'un ou deux jours peuvent suffire, quitte à faire une deuxième session de
formation plus détaillée si le succès est au rendez-vous.

Me concernant, je me suis "converti" aux logiciels libres en 2004, et j'ai toujours été intéressé
par la culture (philosophie) qui gravite autour de ces logiciels. Malgré cela,
je suis loin d'être un expert et je suis ouvert à toutes aides, remarques et suggestions.

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Conservatoire_national_des_arts(...)
  • # Absence?

    Posté par . Évalué à 3.

    Il existe des cursus où on parle des logiciels libres, ils peuvent être des modules à part entière ou intégrés par exemple dans des cours de droit ayant une ambition plus générale.
    Tomber dans un cours à connotation politique ce n'est pas forcement le rôle d'un établissement d'enseignement. Pourquoi ne pas proposer un cours présentant de manière neutre les différents modèles économiques existants, leurs limitations et leurs avantages selon les besoins et le contexte.
    • [^] # Je suis d'accord

      Posté par . Évalué à 4.

      Je suis actuellement en 2ème année de Master en informatique et les étudiants sont loin d'être familiés avec ce que sont les logiciels libres, la GPL, ...
      Bien qu'en informatique, la plupart ne maîtrise pas Linux et au mieux ils savent se servir en tant que desktop d'un Ubuntu.
      Quant aux *BSD, ils ne connaissent tout simplement pas.

      Dans ces conditions, ce sont des étudiants qui utilisent Windows par habitude et ne cherchent pas plus loin que le bout de leur nez.

      Je pense fortement que le cours que tu proposes Erwan devrait avoir sa place dans un parcours d'étudiant.

      Bon courage.
      • [^] # Re: Je suis d'accord

        Posté par . Évalué à 4.

        Au taf, on a eu un collègue, jeune diplômé BTS, dans une branche info. Développeur web, en ASP. Quand il nous a demandé, pour monter un site perso, si on avait un IIS cracké, je lui ai gentiment conseillé de passer au PHP, et installer sur son portable une machine virtuelle sous Linux. Réponse, grosso-modo : ça sera plus facile de trouver un IIS cracké.

        Bon, quand on a ce genre de réponse face aux logiciels libres, pas la peine de chercher pourquoi on ne propose pas beaucoup de formations aux logiciels libres dans la plupart des cursus...

        Et c'est bien dommage. Pour ma part, j'ai essayé, en 4 ans avec un PC en mode "serveur" (plus en mode bidouille...), je n'ai eu que 3-4 soucis de sécurité. Et aucune réinstallation de système d'exploitation, en 4 ans, de cette machine (c'est bien la seule, d'ailleurs !)

        Par contre, j'ai appris énormément, bien davantage que je n'aurais pu apprendre à l'IUT en deux ans.

        Ce n'est pas forcément une question d'enseignement, mais aussi de volonté. Et les jeunes diplômés peuvent aussi être un poil feignasses et rester avec les mêmes outils que dans leur école.
    • [^] # Re: Absence?

      Posté par . Évalué à 6.

      Il n'est absolument pas question de politique, mais uniquement de connaissance.

      Je trouve vraiment dommage que des diplômés bac +4/5, qui auront accès à des postes de responsabilités et/ou de décisions n'ai pas la connaissance de ce qu'est vraiment un logiciel libre.

      Comment pourraient-ils comparer des logiciels qu'ils ne connaissent pas ?

      Surtout que sans ces connaissances les fausses idées sont légion dans le domaines des logiciels libres : produit gratuit = produits de mauvaises qualités, les logiciels libres sont réservés aux barbus, etc.

      "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble", attribué à Laozi.

      • [^] # Re: Absence?

        Posté par . Évalué à 6.

        « Il n'est absolument pas question de politique, mais uniquement de connaissance. »

        Dans ce cas il faudrait aussi apprendre l'écosystème non-libre de Microsoft, vu qu'il représente une grande partie de l'informatique…
        • [^] # Re: Absence?

          Posté par . Évalué à 2.

          Sans faire un cours sur Microsoft, on peux parler des droits d'auteur et des licences de manière générale comme le précise snt dans un commentaire plus bas.

          Je ne voulais pas faire une formation à Linux ou à n'importe quelle autre application en particulier, donc je ne vais pas aborder les logiciels Microsoft.

          Par contre on peux opposer les deux modes de fonctionnement, c'est ce qu'aborde Eric S. Raymond dans son article La cathédrale et le bazar

          "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble", attribué à Laozi.

  • # .

    Posté par . Évalué à 9.

    Ce qui serait intéressant aussi, c'est un cours de sensibilisation aux licences et au droit d'auteur en général :
    - en tant que développeur, que dois-je regarder avant d'utiliser du code que je n'ai pas écrit ? Quelle peuvent-etre les conséquences sur mon propre code ?
    - en tant qu'utilisateur/acheteur, que dois-je regarder avant d'obtenir/utiliser/acheter un logiciel ? Quelles sont les conséquences ?
    - en tant qu'employé quels sont les droits que j'ai sur le code que j'écrit ?

    Ces problèmes ne sont pas liés qu'aux logiciels libres. Quand tu utilises une bibliothèque tierce, il est bon de se poser des questions avant de l'intégrer que ça soit une bibliothèque libre ( impact sur mon code ? ) ou propriétaire ( royalties ? ).
    • [^] # Re: .

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Je suis plus en accord avec toi qu'avec l'auteur du journal, et c'est pourquoi je mets un bémol sur ton "aussi" dans ta première phrase.

      Je suis un académique, passé par la fac ici et là et j'y suis encore.
      Je suis d'accord pour un cours de droit lié à l'informatique, disons en Licence, qui suivrait grosso modo ton plan.

      En revanche, pas plus.

      Pour répondre à l'auteur du journal, je dirais que l'historique des LL et leur philosophie sont difficilement enseignable sans un parti pris qui n'a pas lieu d'être à l'université (déjà trop politisée), et qu'il vaut mieux se concentrer directement sur les offres actuelles GPL, BSD, CC et compagnie.
      Le cours, s'il peut présenter des logiciels, ne doit PAS en enseigner l'utilisation, pas plus selon moi qu'on ne devrait avoir de cours sur des langages. Les enseignements se doivent d'être conceptuels et théoriques, afin de maximiser le potentiel de ceux qui apprennent les bases de l'informatique. Un langage ou un logiciel ne sera alors plus que l'affaire d'une petite semaine pour apprivoiser la syntaxe et l'ergonomie.

      Les acteurs clés sont une perte de temps. Déjà qu'on a pas l'histoire de Church ou de Turing, je vois pas en quel honneur RMS ou LT iraient s'imposer à leur place.

      Les modèles économiques sont l'affaire des gens qui étudient la pipologie^Wgestion de projets. C'est inutile pour les autres (qui l'apprendront à leur tour si leurs chefs de projets ont été bien formés).


      Ca fait maintenant plus de dix ans que j'utilise des logiciels libres, un peu moins que je fais de l'informatique. Je regrette toujours l'amalgame entre l'informatique comme application et l'informatique comme science.
      Ton idée a selon moi sa place dans un cursus applicatif, en tant qu'elle donne un apperçu d'une branche encore méconnue de l'ordinateur, mais ne doit pas prendre la place à l'université d'un cours d'informatique théorique. L'informatique à l'université (et en écoles) doit se concentrer sur le papier, et faire abstraction tant du logiciel que du matériel.

      Au final, ton cours, faudrait le faire en écoles de commerce. Tu toucherais de gens qui ne connaissent rien aux ordinateurs et encore moins à l'informatique, mais qui sont ceux qui bien souvent vont répandre d'une manière ou d'une autre des choix calamiteux dans la société.

      Quand aux ingés, on ne devrait pas leur attribuer de compétence en informatique (et donc d'emploi) si leur connaissances ne reposent que sur l'utilisation d'un langage ou deux − ils font de la théorie en méca, en maths et en electronique, ils devraient en faire autant en informatique ! Les LL devraient être dans leurs cours de culture G ou de droit, pas dans celui d'info.
      • [^] # Re: .

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        Pour m'être répandu un peu à côté de la plaque, je rappelle à l'auteur que je soutiens sa démarche, mais avec modération, et que j'estime que le CNAM ou les établissements qui forment à l'informatique ne sont pas les bonnes cibles.

        De plus, les formations logicielles sont malvenues : la secrétaire formée à MS Office va se plaindre d'OOo, et celle formée à OOo ne va pas apprécier qu'on lui refourgue KOffice…

        Alors qu'une bonne formation sur les tableurs "en général" serait bienvenue. Mais alors là, on perd le côté "pratique immédiat" pour une formation plus abstraite et moins adaptée à certains…

        De nouveau, je crois que le salut viendra de l'enseignement du Libre en écoles de commerce ou IUTs marketing.
        • [^] # Re: .

          Posté par . Évalué à 2.

          Je vais répondre aux deux messages dans la foulé.

          Je suis un académique, passé par la fac ici et là et j'y suis encore.

          Bien que mon constat soit d'ordre général, la formation que je tente de mettre en place prendra place au Cnam, et le Cnam fait de la formation professionnel. L'informatique théorique est enseignée mais toujours illustrée par des travaux et des cours sur les langages, les méthodes de modélisation et les méthodes de conceptions.

          j'estime que le CNAM ou les établissements qui forment à l'informatique ne sont pas les bonnes cibles.

          Il est surement possible de faire mieux, de trouver un meilleur cursus. Mais je n'ai pas la possibilité de modifier le programme d'une faculté, ni d'un IUT.
          En revanche, j'ai la possibilité de créer une formation courte ouverte à ceux qui sont intéressés. Et éventuellement, selon le succès, plus de chance d'insérer ces sujets dans un cursus diplômant au Cnam.

          l'historique des LL et leur philosophie sont difficilement enseignable sans un parti pris qui n'a pas lieu d'être à l'université

          Je me répète mais le Cnam n'est pas une université. Cela dit, je pense que savoir pourquoi et comment sont nées les logiciels libres est intéressant. Et je pense que ce sujet à autant sa place dans ces formations que de connaître la pyramide des besoins de Maslow.

          Les acteurs clés sont une perte de temps.

          Évidement il ne s'agit pas de faire une biographie, mais d'expliquer les raisons qui les ont conduits à faire ce qu'ils ont fait. Ca peut être discuté...

          Les modèles économiques sont l'affaire des gens qui étudient la pipologie^Wgestion de projets.

          Je suis plutôt d'accord avec toi, mais l'économie générale est déjà abordée dans ces cursus. De plus, les logiciels libres font souvent l'objet d'idées préconçus (libre = gratuit, etc). Les formations bac +4 et bac +5 du Cnam, forment des "chefs de projets". Je n'ai pas une vision très large des formations du Cnam, mais pour le moment, je verrais bien ces sujets abordés dans le cycle bac +4, qui au Cnam se nomme "concepteur-architecte en informatique".

          De plus, les formations logicielles sont malvenues

          Je suis absolument contre une formation logicielle, il est clair que ce n'est PAS ce que je veux mettre en place.
          Mon objectif est d'attirer l'attention sur cet aspect de l'informatique en essayant de ne pas prendre parti.

          "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble", attribué à Laozi.

      • [^] # Quelle cible ?

        Posté par . Évalué à 2.

        Ce qui ressort des comemntaires ci-dessus c'est que le contenu du cours dépend de la cible

        -Des informaticiens : Un cours de droits sur les licences libre. Histoire d'éviter qu'il mette sa societé en danger car il ignore une licence ( i.e. les procès en violation de la GPL)
        -Des professions peu qualifiée (L'aide secretaire niveau bac-pro par exemple) : Formation Open-Office avec une initiation à Linux
        -Des commerciaux : Qu'est ce que le logiciel libre, que peut il apporter à une entreprise, quels sont les risques


        Ce qu'il faut éviter c'est un cours partisan sur ce qu'est le LL ou le mouvement politique derrière ( a moins que tu n'enseigne en IEP)
        • [^] # Re: Quelle cible ?

          Posté par . Évalué à 1.

          Ce qu'il faut éviter c'est un cours partisan sur ce qu'est le LL ou le mouvement politique derrière

          Je suis tout à fait d'accord.

          De toute façon, le public ciblé ainsi qu'un aperçu du contenu sera mis à disposition pour que les gens sachent où ils mettent les pieds.

          Je cible en priorité les informaticiens mais on verra bien comment ça va se passer, il y aura peut être des demandes une fois la première session passée.

          "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble", attribué à Laozi.

        • [^] # Re: Quelle cible ?

          Posté par . Évalué à 4.

          Un cours de droits sur les licences libre

          Pourquoi se limiter aux licences libres ? On peut aussi parler des licences non-libre, des brevets…

          Formation Open-Office avec une initiation à Linux

          Si j'ai bonne mémoire c'est typiquement le genre de chose qu'on dû combattre les partisans d'OpenOffice… les « formations Word Excel »…

          Pourquoi pas une formation aux outils de bureautique en général ? Le plus dur n'est pas d'apprendre l'interface d'OpenOffice, mais plutôt apprendre les techniques de mise en page par le style, les tables des matières automatiques, les formats de fichier à utiliser pour présenter le résultat…

          OpenOffice peut être utiliser comme un exemple, mais de là à être l'objet principal du cours il y a une marge.


          Je suis très réservé sur le fait d'apprendre le logiciel libre à l'école. Ne devrait-on pas apprendre les concepts généraux plutôt que de spécialiser les gens sur un logiciel particulier, qu'il soit libre ou non ?
          Utiliser un logiciel libre doit être un choix ; Il est donc peut souhaitable de l'imposer à l'école…
  • # Quid de l'intérêt des étudiants ?

    Posté par . Évalué à 5.

    Je suis actuellement en école d'ingénieur (pas qu'informatique), et dans un cours d'économie sur la propriété intellectuelle, le prof aborde longuement le logiciel libre et tout un tas de questions liées aux avantages et aux inconvénients des brevets. Le prof est extrêmement partisan puisqu'il est militant dans ce genre de domaines (la propriété intellectuelle, pas le LL) depuis plusieurs dizaines d'années et est notamment ami de longue date avec RMS.

    Bien que son cours attire un grand nombre d'étudiants, l'attrait vient sans doute plus de la facilité de l'examen que du contenu et malheureusement, même si quelques-uns de nos cours se déroulent entièrement sous Linux (fedora core 3...), la plupart des étudiants en informatique n'ont vraiment aucun intérêt pour ces questions et considèrent plus Linux comme une contrainte que comme un avantage (et vu l'ergonomie pourrie de la configuration dont on dispose ici, c'est normal, n'importe qui préférerait windows, malheureusement..).

    Pour aller plus loin encore, je dirais surtout que la plupart des étudiants (en informatique ou autre) n'ont pas grand intérêt dans leur spécialité et que ce qu'ils recherchent avant tout, c'est avoir un job à la sortie de l'école (et gagner plein d'argent). En informatique, il y a même un très grand nombre qui déteste écrire du code... pas étonnant qu'ensuite ils n'aient que faire de questions telles la liberté des logiciels...
    • [^] # Re: Quid de l'intérêt des étudiants ?

      Posté par . Évalué à 2.

      J'ai régulièrement ce genre de débats avec un enseignant au Cnam, bien que je n'ai pas spécialement le recul nécessaire je sais en tout cas ce que lui répondrait.

      Depuis quand les étudiants décident-ils du programme ?

      Évidement, dit comme ça c'est un peu provocateur mais si en réfléchissant un peu, on trouve toujours des cours que les étudiants jugent sans intérêt.

      Rien que dans mon cursus, j'ai eu de fantastiques cours de gestion et d'économie. Aujourd'hui en tant que jeune actif, j'aurais largement préféré avoir un cours sur le droit d'auteur et sur les licences plutôt que de savoir comment remplir un compte de résultat et un bilan d'entreprise.

      Cela dit, pour le moment il s'agit d'une formation ouverte, personne ne sera obligé de la suivre, et elle ne sera pas évaluée.

      "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble", attribué à Laozi.

      • [^] # Re: Quid de l'intérêt des étudiants ?

        Posté par . Évalué à 2.

        "Depuis quand les étudiants décident-ils du programme ?"

        Pour tout dire, je suis à l'UTC et ici, les étudiants décident des cours qu'ils veulent suivre. L'argument tombe donc un peu à l'eau, mais je suis assez d'accord avec.

        Ma question était toutefois au delà du "doit-on ou pas enseigner le libre?", mais plutôt de "ça intéresse qui?". Un exemple : dans les cours de première année, une unité de valeur sur les fondements de l'intelligence artificielle utilise Common Lisp comme langage pour les TPs. Bien que ce cours soit un passage quasi-obligé, ce n'est pas pour ça que les étudiants en ressortent avec un bagage CLisp (langage que la plupart oublient dès l'examen passé).

        À mon avis, c'est plus le rôle d'associations d'étudiants au sein de l'établissement qui devrait transmettre ce type de connaissance. Certes, l'impact est moindre, mais sans doute bien plus efficace car les gens qui reçoivent cette connaissance l'ont choisi et sont alors plus impliqués.
  • # Coté pratique.

    Posté par . Évalué à 2.

    N'hésite pas insister sur le coté "pratique" du développement libre (cf le mouvement open source, Bruce Perens considère le modèle de développement libre tellement supérieur que la GPL deviendrait inutile). Le meilleur exemple est la difficulté de sortir Vista, par rapport à la vitesse de mise à jour de Linux.

    Linux fédère des milliers de développeurs, sans avoir des centaines de chef de projet, de réunions de suivi ou autre.

    Je pense que l'on peut trouver d'autres exemple (Clearcase/Synergy vs Git/Mercurial/SVN ?)

    "La première sécurité est la liberté"

    • [^] # Re: Coté pratique.

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Cf. La cathédrale et le bazaar: La_Cath%C3%A9drale_et_le_Bazar
      Bon, c'est lourd, y a pas moyen de mettre des wikiliens accentués correctement ?
      • [^] # Re: Coté pratique.

        Posté par . Évalué à 1.

        Oui je pensais m'appuyer sur ce texte pour ce qui concerne les modèles de développement et les modèles économiques.

        "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble", attribué à Laozi.

        • [^] # Re: Coté pratique.

          Posté par . Évalué à 1.

          Je confirme la pertinence d'une telle formation.
          J'ai eu à donner ce genre de cours sur une demi-journée ou une journée à des élèves d'une école d'administration, et les retours ont été très positifs.
          Nous avons fait distribuer des clés usb avec les versions portables de firefox, openoffice, thunderbird...etc

          Au final, même si tous ne sont pas "convertis" aux logiciels libres, l'éveil des consciences a été fait, et c'est déjà un grand pas !
          • [^] # Re: Coté pratique.

            Posté par . Évalué à 1.

            Au final, même si tous ne sont pas "convertis" aux logiciels libres, l'éveil des consciences a été fait, et c'est déjà un grand pas !

            C'est précisement ce que je cherche :-)

            "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble", attribué à Laozi.

      • [^] # Re: Coté pratique.

        Posté par . Évalué à -1.

        Cf. La cathédrale et le bazaar:

        Tous les écrits de ESR sur l'informatique sont intéressants, et c'est sûrement le seul à lire et/ou à citer.
    • [^] # Re: Coté pratique.

      Posté par . Évalué à -1.

      N'hésite pas insister sur le coté "pratique" du développement libre (cf le mouvement open source, Bruce Perens considère le modèle de développement libre tellement supérieur que la GPL deviendrait inutile).

      Et moi qui croyait qu'un cours etait sense etre impartial est apporter de l'information... Ce qu'un apotre du libre pense importe peu si l'industrie dans son ensemble ne le pense pas. Suffit de voir l'anerie du "given enough eyes all bugs are shallow" pour se rendre compte que les mythes ne remplacent pas la realite.

      Le meilleur exemple est la difficulté de sortir Vista, par rapport à la vitesse de mise à jour de Linux

      Tu compares un OS entier a un kernel ? Tu compares un choix de sortir un gros paquet de features en une fois a des petites releases frequentes, quel rapport avec les LL ? Aucun, c'est independant de la licence. Windows 7 est une plus petite release et il est dans les temps, c'est toujours un logiciel proprio pourtant.
      Regardons un peu comment KDE4 est sorti... Ah oui, les gros problemes de release ca arrive chez les LL aussi...

      Linux fédère des milliers de développeurs, sans avoir des centaines de chef de projet, de réunions de suivi ou autre.

      Et ? Quel est l'avantage ? Ne pas savoir ou l'on va ? Pour une societe il est important d'avoir une vue du projet et un certain controle. Sans chef de projet, tu finis la ou la providence t'amene.
      Sans parler du fait que Linus joue reellement le role de chef de projet, qu'il a ses "sous-fifres" pour les differents sous-systemes, que les devs Linux se parlent entre eux pour savoir ou ils en sont, la seule difference est que cela se fait par e-mail plutot qu'autour d'une table, mais le contenu ne change pas vraiment: ils se demandent si le code est stable, ils se demandent si les dates planifiees sont realistes.
      • [^] # Re: Coté pratique.

        Posté par . Évalué à 3.

        "given enough eyes all bugs are shallow" pour se rendre compte que les mythes ne remplacent pas la realite.

        Je trouve au contraire que les faits sont là. Combien de feature dégagés de Vista pour en faire le bousin que l'on sait ?

        Windows 7 est une plus petite release et il est dans les temps, c'est toujours un logiciel proprio pourtant.

        Tout le monde se doute bien que 7 est un Vista maquillé (par le marketing ?). J'imagine que la gui a été allégé, sinon cela se verrait bien trop vite.

        Et ? Quel est l'avantage ? Ne pas savoir ou l'on va ? Pour une societe il est important d'avoir une vue du projet et un certain controle. Sans chef de projet, tu finis la ou la providence t'amene.

        Peut-être. Mais pour le cas de Linux, cela marche très bien. Dans le cas d'une demande du marché, la méthode habituel a fait ses preuves. Dans le cas aussi pointu qu'un OS, je n'y crois pas. (Selon Ford, les gens voulaient des chevaux plus rapide).

        Sans parler du fait que Linus joue reellement le role de chef de projet,

        Sauf que la hiérarchie qu'il y a dans une boite va bien au delà de choix technique. Tu peux rajouter une énorme louche de politique pour savoir qui a la pouvoir et le plus gros département et donc le partage du boulot, une bonne louche de marketing pour faire plaisir à certain client, bref tout un tas de lourdeur très loin d'un dev open source.

        "La première sécurité est la liberté"

        • [^] # Re: Coté pratique.

          Posté par . Évalué à -1.

          Je trouve au contraire que les faits sont là. Combien de feature dégagés de Vista pour en faire le bousin que l'on sait ?

          Et ? T'as vu l'enorme liste de features qui elles sont restees dedans ? Quand a etre un bousin, permet moi de rire, le principal probleme etait la compatibilite soft / hardware qui n'est certainement pas le point de fort de Linux.

          Tout le monde se doute bien que 7 est un Vista maquillé (par le marketing ?). J'imagine que la gui a été allégé, sinon cela se verrait bien trop vite.

          Tout le monde ? Non plein de gens savent qu'il y a de nombreuses choses nouvelles dans Windows 7, que tu ne les connaisses pas ne signifie pas qu'elles n'existent pas

          Peut-être. Mais pour le cas de Linux, cela marche très bien. Dans le cas d'une demande du marché, la méthode habituel a fait ses preuves. Dans le cas aussi pointu qu'un OS, je n'y crois pas. (Selon Ford, les gens voulaient des chevaux plus rapide).

          Vraiment ? Tu crois que chez Redhat ils n'ont pas de reunions pour decider sur quoi leurs dev kernel vont bosser et pour quand il faudrait que ce soit pret ? Tu crois que Sun a des reunions pour decider du futur d'OO ? ...
          Faut pas oublier que sans les entreprises Linux ne serait pas grand-chose aujourd'hui, et les entreprises elles utilisent ces meetings pour decider des directions futures.

          Sauf que la hiérarchie qu'il y a dans une boite va bien au delà de choix technique. Tu peux rajouter une énorme louche de politique pour savoir qui a la pouvoir et le plus gros département et donc le partage du boulot, une bonne louche de marketing pour faire plaisir à certain client, bref tout un tas de lourdeur très loin d'un dev open source.

          Voyons, je suis ici depuis presque 9 ans, j'ai pas encore vu _une seule fois_ un marketeux dans un de mes meetings, et pourtant il m'est arrive plus d'une fois d'atterire dans des meetings avec les GMs et le VP de la division Windows.
          Je te conseille plutot d'apprendre comment ce type de gros developpements se produit, c'est pas un marketeux ne comprenant rien au marche qui decide de la direction du produit, c'est le plus souvent les teams eux-memes qui connaissent leurs composants, les recriminations des clients, ce que font les concurrents, ... et qui decident de ce qui se fera pour la prochaine release.
          Les marketeux ils viennent apres pour vendre ce que le team a decide de pondre et le presenter sous son meilleur jour, ils ne decident pas du contenu du produit, il y a des product managers qui eux regardent ce que fait le marche, ce que les organismes de standardisation font, ... et eux ce sont des gars techniques.
          • [^] # Re: Coté pratique.

            Posté par . Évalué à 2.

            > > Sauf que la hiérarchie qu'il y a dans une boite va bien au delà de choix technique. Tu peux rajouter une énorme louche de politique pour savoir qui a la pouvoir et le plus gros département et donc le partage du boulot, une bonne louche de marketing pour faire plaisir à certain client, bref tout un tas de lourdeur très loin d'un dev open source.

            > Voyons, je suis ici depuis presque 9 ans, j'ai pas encore vu _une seule fois_ un marketeux dans un de mes meetings, et pourtant il m'est arrive plus d'une fois d'atterire dans des meetings avec les GMs et le VP de la division Windows.
            > Je te conseille plutot d'apprendre comment ce type de gros developpements se produit, c'est pas un marketeux ne comprenant rien au marche qui decide de la direction du produit, c'est le plus souvent les teams eux-memes qui connaissent leurs composants, les recriminations des clients, ce que font les concurrents, ... et qui decident de ce qui se fera pour la prochaine release.
            > Les marketeux ils viennent apres pour vendre ce que le team a decide de pondre et le presenter sous son meilleur jour, ils ne decident pas du contenu du produit, il y a des product managers qui eux regardent ce que fait le marche, ce que les organismes de standardisation font, ... et eux ce sont des gars techniques.

            que tu ne les connaisses pas ne signifie pas qu'ils n'existent pas.
            • [^] # Re: Coté pratique.

              Posté par . Évalué à -1.

              Les marketeux existent et on en a plein, c'est pas pour autant qu'ils definissent le developpement du produit et qu'ils disent aux ingenieurs quoi faire.
              • [^] # Re: Coté pratique.

                Posté par . Évalué à 1.

                C'est vraiment pas le cas dans les boites ou je suis passé. Et je n'en ai pas fait qu'une.

                "La première sécurité est la liberté"

                • [^] # Re: Coté pratique.

                  Posté par . Évalué à 2.

                  Mais tu ne les as pas faites toutes... ;-)

                  Tous les nombres premiers sont impairs, sauf un. Tous les nombres premiers sont impairs, sauf deux.

          • [^] # Re: Coté pratique.

            Posté par . Évalué à 2.

            Vraiment ? Tu crois que chez Redhat ils n'ont pas de reunions pour decider sur quoi leurs dev kernel vont bosser et pour quand il faudrait que ce soit pret ? Tu crois que Sun a des reunions pour decider du futur d'OO ? ...

            Pour décider sur qui bosse sur quoi. Mais ces réunions n'ont pas d'incidence sur ce que va intégré Linus ou sur le l'ensemble du projet. Cela reste "local" à un sous système.

            Tout le monde ? Non plein de gens savent qu'il y a de nombreuses choses nouvelles dans Windows 7, que tu ne les connaisses pas ne signifie pas qu'elles n'existent pas

            Cites les ! Vista a mis 7 ans à sortir (plus ?) Quel changement peuvent arrivé en 1 an ?

            c'est pas un marketeux ne comprenant rien au marche

            Le but du marketing, sa définition est de comprendre le marché pour orienté le produit, sinon on parle de vente.

            "La première sécurité est la liberté"

    • [^] # Re: Coté pratique.

      Posté par . Évalué à 1.

      >Bruce Perens considère le modèle de développement libre tellement supérieur que la GPL deviendrait inutile).
      >Le meilleur exemple est la difficulté de sortir Vista, par rapport à la vitesse de mise à jour de Linux.

      Il est supérieur selon quels critères ? En tant que développeur, c'est séduisant, mais le chef d'entreprise se pose quelles questions ?
      - windows et office sont-ils plus répandus que linux et oo ?
      - l'iphone est-il plus vendu que l'android ?
      - gmail est-il plus utilisé que roundcube ?

      Il faut préciser sinon on est vite discrédité.

      >Linux fédère des milliers de développeurs, sans avoir des centaines de chef de projet, de réunions de suivi ou autre.

      Si tu parles du noyau, il y'a une hiérarchie et des sous-systèmes. Des réunions aussi ( en ce moment, y'a le Linux Storage and Filesystem Workshop. J'ai hate de lire les comptes-rendu ).
      Sinon il y'a une multitude de projets avec certains membres plus influents que d'autres.
      • [^] # Re: Coté pratique.

        Posté par . Évalué à 2.

        Les réunions restent purement techniques.

        "La première sécurité est la liberté"

        • [^] # Re: Coté pratique.

          Posté par . Évalué à 0.

          Tout comme chez nous, tout comme chez Sun pour Solaris/OpenSolaris, tout comme chez Novell pour Netware a l'epoque, ...

          Faut arreter de rever, ce n'est pas les marketeux qui dictent le developpement des softs et qui prennent les decisions, eux ils prennent ce qu'on leur donne et essayent de le vendre tant bien que mal.
  • # Excellent départ

    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

    J'ai appris "les logiciels libres" sur le tas et il me manque certainement encore pas mal de concepts à comprendre (comme la différence entre libre et open source, mais j'ai de la doc sur la main pour m'y pencher) et j'aurai aimé en entendre parler lors de mon BTS Info Indus.
    Cela fait un moment que j'explique la philosophie du libre à des Mme et M Michu, avec mes mots et les leurs, je reste au niveau bas mais ça passe plutôt bien et j'ai très envie de continuer ce genre de formation.
    Je me suis inscrit en tant qu'assistant d'éducation pour l'"aide à la découverte des nouvelles technologies" et j'espère avoir l'opportunité de montrer aux élèves qu'il y a autre chose que les produits MS, même s'il font partie du monde informatique aujourd'hui et qu'il faut les connaître pour comparer.

    Et pour reprendre un message ci-dessus, je me suis justement 'embrouillé' avec mon meilleur pote ce dimanche parce qu'il me voit comme un libriste extrémiste fermé à tout le reste, et que pour lui les softs libres n'offrent pas de support et ne sont pas "pro" justement pour ça, ou qu'ils sont réservés aux barbus, c'est une image très courante chez les pro-microsoft malheureusement.

    Bon courage !
    • [^] # Re: Excellent départ

      Posté par . Évalué à 2.

      libre : c'est la liberté avant tout (ex: en gros FSF et RMS).
      Open-Souce : c'est le modèle de développement qui est supérieur (ex:Linus).

      Concernant le support, ton ami devrait voir de quoi vie Red Hat :) C'est la même chose pour tout les éditeurs libres. Mais aussi propriétaire, Oracle et IBM gagne leur vie avec.

      Et concernant le grand publique, il est amusant de voir la différence de réaction entre un bug firefox et un bug IE. Cf les suites du le dernier concours de cracker où le bug de Firefox a été corrigé en 2/3 jours alors que le bug IE ne l'est pas encore.

      "La première sécurité est la liberté"

      • [^] # Re: Excellent départ

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        C'est ce que j'ai rétorqué, toutes (ou presque ?) les sociétés qui vendent des solutions linux vendent surtout le service et le support qui va avec, mais bon, quand les oreilles deviennent bouchées quand on parle de ça, c'est pas la peine d'insister hein.

        Oui pour le grand public je me suis fait la même réflexion, et quand c'est un bug ou une faille chez MS ou un logiciel vendu par une grosse firme c'est très facilement pardonné, faut les comprendre, ils ont forcément des failles parce qu'il y a des milliers de clients en plus, donc tout le monde s'acharne sur eux ..
        Quand c'est un logiciel libre (et/ou open source ;) merci pour l'explication d'ailleurs) c'est forcément que le logiciel est "nul" "mal foutu" "pour les anti-MS uniquement" etc etc
        • [^] # Re: Excellent départ

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          bah les gens ont appris à marcher sur la tête
          - "c'est normal qu'un logiciel sorte avec des bugs", mais pour du libre c'est inadmissible et rédhibitoire
          - "bah je lis jamais la doc' ", mais pour du libre c'est bloquant qu'il n'y ait pas de doc' (alors qu'il y en a bien souvent)
          - "l'ancien matériel il faut en changer de toute façon", mais le récent il doit fonctionner immédiatement tout de suite hein...
          - "ça me sert à rien le code source" donc forcément ça ne sert à personne
          bien souvent j'adore les syllogismes, ou pas.
  • # Ca existe, pourtant.

    Posté par . Évalué à 2.

    http://www.univ-lyon2.fr/NPLA350_271/0/fiche___formation/
    Je cite:
    La licence professionnelle « Communication, informatique libre et sources ouvertes » propose une formation permettant d'acquérir des connaissances sur l'environnement et les pratiques des organisations (administrations, collectivités territoriales, entreprises, ONG...) utilisant ou souhaitant migrer vers des outils logiciels et ressources libres.

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