Journal Fiche de lecture: "Video Games" de D.B.Weiss

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Tags : aucun
16
20
mar.
2013

Bonjour,

je fais suite à mon journal http://linuxfr.org/users/octane/journaux/vendre-de-l-open-source-illegal et propose une fiche de lecture de ce bouquin. Le but n'est pas de donner un résumé et un avis, mais plus d'ouvrir une réflexion sur le formatage de l'entertainement de manière générale.
J'ai lu le bouquin le week-end qui a suivi mon journal, soit un mois de ça.

  1. Le livre
    Le livre fait à peu près 300 pages et se lit très très vite (compter moins de deux heures).

  2. L'histoire
    Elle se découpe grossièrement en trois parties. Il relate l'histoire d'un homme qui cherche à retrouver un jeu vidéo : "Lucky Wander Boy", jeu mythique en trois niveau qu'il n'a jamais fini. La première partie du livre se passe en Pologne, alors qu'il est embauché en tant que Graphiste. La seconde est aux USA où il est rédacteur d'un site web, la troisième au Japon où il retrouve la créatrice du jeu original.
    La trame du livre se lit en filigrane du jeu vidéo : Le premier niveau de jeu de Lucky Wander Boy est très facile et court, et le héros voit une vie aisée en Pologne : Filles faciles et argent rapide ; il se remémore Lucky Wander Boy [et apprend que c'est le seul jeu impossible à émuler sous Mame en raison d'un CPU exotique non porté]. Le deuxième niveau de jeu de Lucky Wander Boy est très long sans véritable but ni direction, à l'image du héros un peu perdu dans cette web-agency, mais il finit par séduire une seconde fille et entend parler de l'adaptation ciné de Lucky Wander Boy. Le troisième est onirique, tout comme son voyage au Japon (voir SPOILER en bas) où il rencontre la créatrice du jeu et retrouve une borne d'arcade "Lucky Wander Boy".

  3. Le style
    La lecture est vraiment en 'easy-reading', d'où la rapidité de lecture. C'est pas dans ce bouquin qu'on va sortir un dictionnaire.
    On sent un (gros) effort de recherche et de documentation de la part de l'auteur pour "faire geek". Chaque chapitre doit avoir un minimum de jargon comme "Open-source" ou "je te mets le doc sur ftp", etc. Il a poussé la recherche en geekerie jusqu'à doter la première amie du héros d'une poitrine volumineuse qu'il n'arrête pas de citer (mais l'auteur n'a pas lu la critique de Mar_Lard sur "çafaitgenre" sinon il se serait abstenu). On a même droit à une convention comics/JV avec une "Fake Geek Girl" à l'intérieur.
    Les chapitres sont généralement construits avec des cliffhangers. Du genre à faire un chapitre entier sur la difficulté de passer au niveau 3 du jeu Lucky Wander Boy et, en bout de chapitre, alors que le héros parvient à y accéder, paf fin de chapitre, la suite sera 25 pages + loin avec deux chapitres de digressions entre temps.

  4. L'entertainment
    Bin c'est là où le bât blesse et c'est là où je voulais en venir. C'est un peu comme le ciné américain ou les séries, on a l'impression de voir des artisans appliquer des recettes toutes faites.
    Le coup des trois parties dans le bouquin ? L'auteur lui-même narre une anecdote dans le bouquin où le héros explique avoir suivi un cours de littérature indiquant que toutes les bonnes histoires ont forcément trois parties. L'auteur récite son cours et le met en application ?
    La recherche en geekerie ? C'est la mode, on en voit de partout, donc on a l'impression qu'il écrit avec ce sujet en trame de fond. Le gars aurait pu écrire l'histoire d'un sous-marinier, ça aurait été pareil. Un peu de documentation, quelques mots techniques, et hop. Surtout que les geekeries ne vont pas tellement plus loin qu'émailler des mots techniques ou parler de PacMan. Comme ça, même les gens qui n'y connaissent rien peuvent suivre l'histoire.
    Les cliffhangers ? Certains chapitres donnent l'impression d'avoir été écrits uniquement dans cette optique. Comme certaines séries. Le drama monte, on est tendu, paf fin de l'épisode, on est tout chaud bouillant avant d'attendre la suite… qui finalement parle d'autre chose et qui dédramatise d'un coup. Sans véritablement spoiler, on un chapitre entier où le héros joue, gamin, à Lucky Wander Boy sans jamais parvenir à franchir le niveau 2. Et lorsqu'il y arrive, fin de chapitre. 25 pages et deux chapitres plus loin, on apprend que le gérant de la salle d'Arcade a débranché la borne à ce moment précis, l'empêchant ainsi d'y jouer, fin de l'anecdote et on passe à autre chose.

  5. Et donc ?
    On est donc en face d'un bouquin qui est documenté, qui est construit selon un schéma connu pour plaire et qui est écrit de manière à te pousser artificiellement à lire le chapitre suivant. Ça me fait penser à de la cuisine industrielle, tout est pensé, calculé, soupesé pour plaire et on oublie l'essentiel. Vite fait, vite consommé, vite digéré, vite oublié.
    Comme une série télé, tout est fait pour te donner envie de regarder l'épisode suivant, jusqu'à presque en devenir une fin en soi. C'est documenté juste comme il faut pour ne pas dire de bêtise, mais les histoires pourraient être différentes, ça serait pareil.
    Et surtout, SPOIL de la fin en rot13, n'ayez pas peur si vous voulez lire le bouquin, ça ne change pas grand chose :/ c'est juste pour dire que l'auteur semble tellement perdu dans son histoire qu'il fait une fin pourrie en 2 pages (Ce qui me rappelle beaucoup de séries télé où à la fin même les auteurs ne savent plus quoi faire de leurs histoires) : Yr snzrhk 3r avirnh qr wrh a'n égé nggrvag dhr cne dhrydhrf crefbaarf dhv bag égé znedhérf à ivr cne prggr rkcéevrapr. Y'ha qrhk vaqvdhr dhr pr wrh erceéfragr yn ivr qh wbhrhe. Oers.
    Qnaf yn 3r cnegvr qh obhdhva, yr uéebf ergebhir har obear q'nepnqr sbapgvbaaryyr, wbhr, cneivrag nh avirnh gebvf rg fr ibvg ra genva qr erivier fba qécneg nh Wncba, fn erapbager nirp yn pbaprcgevpr qh wrh, yn qépbhiregr qr yn obear, yr cnffntr nh avirnh 3, rg vy fr eribvg ra genva q'neevire qrinag yn obear, cnffre nh avirnh gebvf rg yr obhdhva svavg fhe prggr dhrhr qr cbvffba.

  • # Et pour les ignares…

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    … comme moi, qui ne savent pas ce qu'est un « cliffhanger », en gros c'est un coup de suspens à la fin d'un chapitre destiné à tenir le lecteur en haleine (ou à attiser l'impatience du téléspectateur pour le prochain épisode du feuilleton).

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