• [^] # Re: Cool

    Posté par  . En réponse à la dépêche D'une blague sur LinuxFr.org à l'écriture d'un roman de SF. Évalué à 10.

    Je ne sais pas si l'échantillonnage sera suffisant pour pouvoir faire un retour vraiment pertinent sur l'expérience. Chaque roman doit son succès à plein de facteurs (qui n'est pas uniquement lié à sa qualité d'écriture ni à sa licences). Mais c'est avec grand plaisir que je ferai un retour d'expérience, c'est aussi le but pour moi.

    Désolé je ne voulais pas lancer un troll.
    Oui, je comprends bien que choisir une licence complètement libre, c'est accepter qu'on puisse en faire n'importe quoi (à part se faire déposséder de la paternité). Mais mon point, c'est pas uniquement sur moi-même mais aussi d'autres partenaires. Je parle plutôt de rééditions ou d'éditions traduites par exemple.

    Ce que je veux dire, c'est que la vie éditoriale d'un livre, ce n'est pas uniquement un investissement de départ. Je ne suis pas opposé à rendre une oeuvre complètement libre à partir du moment où j'ai pu me rembourser et que tous les intervenants ont pu gagner ce qu'ils avaient à gagner. Mais à ce moment-là, quelle licences choisir pour permettre à d'autres d'investir pour développer le truc et pouvoir tout comme moi rentrer dans mes frais et se payer son travail (par exemple lors pour une traduction) ?
    CC BY ?
    C'est sans doute la mieux car une personne peut se prémunir le temps de garantir le retour sur investissement mais ça permet aussi aux gens de sortir des versions que moi et l'auteur ne pourrons pas nous réapproprier librement.
    CC BY-SA ?
    Dans un tel cas, impossible aux gens de "prendre en otage l'oeuvre le temps de garantir le retour sur investissement comme moi je peux le faire pour la première édition (finalement conditionner une licences CC d'après des préventes, c'est plus ou moins l'idée derrière notre Ulule).

    Et ensuite, il reste la question de l'incentive pour promouvoir un roman. Du point de vue de ma société, si je libère sans conditions le commercial, je n'ai aucun intérêt économique à présenter le livre aux éditions de Poche ou à un éditeur étranger pour une traduction, etc. Car chercher un partenaire ou simplement quelqu'un qui veut juste profiter de l'aubaine, c'est du temps, de l'énergie et surtout c'est aller dans des salons spécialisés.
    Alors oui, les licences complètement libres rendent obsolète la nécessité de trouver un partenaire : il n'y a qu'à se servir. Mais malheureusement, à ma connaissance, il n'y a pas d'éditeur de seconde main (traducteur ou poche) qui cherche des pépites dans les livres libres. Il y a tellement de livres à disposition qu'ils vont chercher dans les succès de librairie que leur présente des éditeurs de première main motivés.

    Je n'ai pas de réponse à tout ça. J'ai surtout l'impression que c'est surtout le fonctionnement de l'édition qui n'a pas l'habitude de tout ça.

    Je pense aussi que ça dépend du genre de livre :
    - Un livre qui réussit mal ou moyennement et qui "meure" au niveau éditorial après une année, la question de la licence ne se pose pas. Autant qu'il soit CC BY-SA
    - Un livre à la Harry Potter, un succès tel que l'on vient te chercher pour faire des produits dérivés et des traductions, une licences CC BY, c'est sans doute ce qui permet une appropriation maximale.

    Mais que faire d'un succès plutôt pas mal, qui avec un peu d'effort peut avoir une vie éditoriale de 5-10 ans mais que personne ne vient chercher parce que tout le monde connait ? Si l'éditeur n'a plus grand chose à gagner de se démener pour continuer à faire vivre le projet par d'autres ?

    C'est des questions que je me pose encore. Mon avis peut encore changer et comme tu le dis, j'ai sans doute encore du travail à faire sur moi. On verra, j'attends d'avoir fait cette première étape et expérience pour avoir une expérience concrète en temps qu'éditeur sur le CC (j'ai déjà des petites expériences d'auteur).

    Après je n'exclue pas de faire évoluer la licences si les préventes sont de ouf. Mais une rentabilité à 200% sur un Ulule comme le notre, ça signifie sans doute près d'un millier de préventes si l'on considère des droits d'auteur acceptables pour Ploum et un coussin suffisant pour la maison d'édition (et éditer un ou deux autres projets à perte).
    Et ça pose la question de "est-ce morale de systématiquement conditionner le CC-BY à une forme de prise d'otage ?". Que doit-on faire des oeuvres méritantes qui ne parviennent pas à atteindre une souscription minimale (parce que l'auteur est méconnu) ?
    Plein de questions dont les réponses en posent d'autres