Humeur : Du respect de la vie privée et secrète du geek en milieu urbain
Posté par Benoît Sibaud (Jabber id, page perso, ). Modéré le 18 août 2005.
J'avais décidé de ne plus utiliser mon téléphone et surtout pas mon mobile qui peut fournir ma position en continu. J'avais banni les cartes de fidélité des supermarchés qui permettaient de collecter les informations sur mes goûts et de les revendre. J'évitais de même les sondages divers commerciaux. Je me disais qu'en payant en liquide (avec un risque de contrefaçon sur les billets certes) et en n'utilisant pas de pass dans le métro, je préserverais un peu de ma liberté. Poussant le raisonnement au bout, j'avais décidé d'organiser régulièrement des brèves rencontres avec des inconnus pour mettre dans un pot commun mes billets et mes tickets de métro, les mélanger et repartir ainsi avec des numéros de série anonymisés, par peur d'être suivi, et puis cela me permettait d'échanger des empreintes GnuPG.
Bien sûr j'utilisais des logiciels libres, car pourquoi ferais-je confiance à des logiciels propriétaires boîtes noires, contenant potentiellement des portes dérobées ou des espiogiciels. Je ne communiquais qu'en https, mes courriels étaient tous chiffrés, mes partitions aussi, et de toute façon mes remarques sur la météo et le sexe opposé ne circulaient que dans des images de gnous en utilisant de la stéganographie. Et je me croyais tranquille.
C'était sans compter sur le déploiement de nouveaux ordinateurs équipés en standard de TPM (oui l'informatique dite « de confiance », TCPA/Palladium, ayez confiance, tout ça) qui étaient déjà sur le marché. Et les imprimantes qui se mettaient à bavasser aussi. Sans compter aussi que certains aimeraient bien collecter toutes les données de trafic internet et téléphonique (le courrier postal n'intéresse personne...), en évoquant des questions de sécurité, voire créer des e-milices sur les réseaux (de toute façon on me proposait déjà de confier mes clés de chiffrement aux forces de police, sachant qu'ils savaient s'en passer si besoin). Ceci dit les débats sur la nouvelle carte d'identité électronique en France avaient laissé perplexe (identifiant unique, données biométriques, mélange de l'officiel et du commercial, etc.).
De son côté l'industrie de la musique et du cinéma promettait des mesures techniques de protection pour décider si et quand et combien de fois je pourrais lire le DVD que j'avais acheté, et avec quel matériel et quel logiciel, en arguant des cataclysmes apocalyptiques et tentaculaires causés par des lycéens de 12 ans ; on me promettait même des identifiants uniques sur chaque disque et un blocage de la copie privée pourtant légale. Finalement on me proposait de bénéficier des puces d'identification par radio-fréquences RFID aux usages multiples : traçage des étrangers, contrôle des papiers d'identité, implantation sous-cutanée...
Bah il ne me restait plus qu'à aller poser devant les caméras dans la rue (Paris, Londres, etc.), et à reprendre des pilules. Enfin ça ou essayer d'améliorer les choses.
« Nous avons neuf mois de vie privée avant de naître, ça devrait nous suffire. » (Heathcote Williams)
« Même les paranoïaques ont des ennemis. » (Albert Einstein)
Bien sûr j'utilisais des logiciels libres, car pourquoi ferais-je confiance à des logiciels propriétaires boîtes noires, contenant potentiellement des portes dérobées ou des espiogiciels. Je ne communiquais qu'en https, mes courriels étaient tous chiffrés, mes partitions aussi, et de toute façon mes remarques sur la météo et le sexe opposé ne circulaient que dans des images de gnous en utilisant de la stéganographie. Et je me croyais tranquille.
C'était sans compter sur le déploiement de nouveaux ordinateurs équipés en standard de TPM (oui l'informatique dite « de confiance », TCPA/Palladium, ayez confiance, tout ça) qui étaient déjà sur le marché. Et les imprimantes qui se mettaient à bavasser aussi. Sans compter aussi que certains aimeraient bien collecter toutes les données de trafic internet et téléphonique (le courrier postal n'intéresse personne...), en évoquant des questions de sécurité, voire créer des e-milices sur les réseaux (de toute façon on me proposait déjà de confier mes clés de chiffrement aux forces de police, sachant qu'ils savaient s'en passer si besoin). Ceci dit les débats sur la nouvelle carte d'identité électronique en France avaient laissé perplexe (identifiant unique, données biométriques, mélange de l'officiel et du commercial, etc.).
De son côté l'industrie de la musique et du cinéma promettait des mesures techniques de protection pour décider si et quand et combien de fois je pourrais lire le DVD que j'avais acheté, et avec quel matériel et quel logiciel, en arguant des cataclysmes apocalyptiques et tentaculaires causés par des lycéens de 12 ans ; on me promettait même des identifiants uniques sur chaque disque et un blocage de la copie privée pourtant légale. Finalement on me proposait de bénéficier des puces d'identification par radio-fréquences RFID aux usages multiples : traçage des étrangers, contrôle des papiers d'identité, implantation sous-cutanée...
Bah il ne me restait plus qu'à aller poser devant les caméras dans la rue (Paris, Londres, etc.), et à reprendre des pilules. Enfin ça ou essayer d'améliorer les choses.
« Nous avons neuf mois de vie privée avant de naître, ça devrait nous suffire. » (Heathcote Williams)
« Même les paranoïaques ont des ennemis. » (Albert Einstein)
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Dependance
Bjr,
Je pense que notre dependance des multinationales n'est plus a prouver. Elles dirigent une bonne partie de nos actions et influent sur notre facon de penser, nous incitent a consommer ... j'ai parfois l'impression de vivre et d'evoluer dans le monde de 1984 (G. O.). Nous participons au systeme ... Ou va t'il nous conduire ? La securite est devenue de nos jours, le meilleur pretexe pour developper la surveillance de la population et l'economie.
(Dsl pr les accents - QWERTY)
IzuliuM
[^]Re: Dependance
... finalement on ne fait qu'accepter une certaine dépendance avec différents organismes et sociétés.
Tu te vois cultiver tes légumes et pomper ton eau pour éviter de dépendre des multinationales de la distribution agro-alimentaire ?
Et pédaler pour faire tourner ton ordinateur assemblé au fer à souder avec des lampes à vide de conception artisanale ;)
[^]Re: Dependance
Ca n'est pas parceque c'est un état de fait qu'il faut l'accepter.
Avec un raisonnement comme le tien, on ne fait que subir ce que les autres décident.
Surtout qu'accessoirement, l'eau de mon robinet n'appartient pas encore à Danone et que tu peux aller sur le marché si tu veux des légumes. Tu es libre de choisir ta dépendance.
[^]Re: Dependance
Tu es libre de choisir ta dépendance.
Ce qui n'est pas le cas avec les services accaparés par l'Etat.
La securite est devenue de nos jours, le meilleur pretexe pour developper la surveillance de la population et l'economie.
Ca ne serait justement pas l'Etat et non pas les multinationales (et en quoi serait-ce lié à leur caractère multinational ? qu'est-ce que ça change si l'entreprise est nationale ?), qui intervient dans toujours plus de domaines "pour notre bien" ?