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: Sondage « les utilisateurs et le logiciel libre »

Posté par Cyril PIERRE de GEYER (page perso, ). Modéré le 15 mars 2006.
Lors du salon Solutions Linux 2006, l'association des sociétés de services en Logiciel libre (ASS2L) a interrogé plus de trois cent personnes pour connaître leur vision du libre.

Ce sondage met en avant les avantages et les défauts du libre, ainsi que les centres d’intérêts des visiteurs.

Pour résumer, on peut dire que la vision du libre ce sont des logiciels ouverts qui donnent plus d’indépendance vis-à-vis du prestataire. On notera que le prix n’est classé qu’en cinquième position !

Les utilisateurs regrettent le manque de support. L’ASS2L estime qu’un réel effort de communication doit être fait dans ce sens pour promouvoir ces solutions de support, qui pourtant existent !

Les thèmes qui passionnent le plus les visiteurs ne changent pas avec les années : Internet, la sécurité et les bases de données.

L’ASS2L est l’Association des Sociétés de Services en Logiciels Libres. L’ASS2L a pour objectif de représenter les sociétés de services en logiciels libres (SSLL ou SS2L) au niveau national et européen.

NdM : voir aussi « l'enquête ITRManager/Solutions Linux » sur le même sujet.

> Lire la dépêche (30 commentaires, moyenne: 4,7).  

Vous avez demandé le commentaire #692526.

Les SS2L

Posté par OUDOT Clément (Jabber id, page perso, ) le 15/03/2006 à 20:52. (lien). Évalué à 10.

Salut à tous,

il se trouve que je fais partie d'une de ces SS2L et je tenais à apporter ma vision "interne" à ce débat.

- Non les SS2L ne sont pas les mieux placées pour parler de contribution au libre.
- Non les salariés des SS2L n'utilisent pas autant qu'ils le pourraient des logiciels libres dans leur travail quotidien.
- Non l'ASS2L n'est pas impartiale.

Mais de là à traiter les SS2L de parasites, c'est à mon avis faire fausse route. Aider le logiciel libre, ce n'est pas simplement coder jour et nuit, c'est aussi savoir le vendre dans des propositions commerciales, le documenter, former les autres sur ces technologies, adapter le code aux problématiques du client, faire des tests de performances pour montrer qu'il vaut (et qu'il dépasse) ses équivalents propriétaires.

Concernant ce sondage, ce n'est pas l'état de l'art des logiciels libres mais plutôt une vision instantanée (les 3 jours de SL2006) de comment sont vus ces logiciels par la profession informatique (et elle contient encore beaucoup de néophyte dans le domaine). Le manque de support ? Oui, c'est la première crainte des DSI, et pas selon les chiffres du sondage, mais de mon expérience sur le terrain.

Soyez sûrs d'une chose, les personnes qui travaillent dans les SS2L sont convaincues par le logiciel libre et font tout pour qu'il s'implante dans les entreprises. Seulement leur action est certainement moins visible dans les communautés, bien que la plupart d'entre nous sont impliqués dans des projets et des associations.

J'espère avoir pu apporter un peu d'eau au moulin sans susciter trop de polémiques...

  • [^]Re: Les SS2L

    Posté par g0d0t () le 16/03/2006 à 08:20. (lien). Évalué à 9.

    Je fais également partie d'une SS2L. SS2L qui ne fait pas particulièrement de contribution concrète.
    Je voulais simplement ajouter que ça me permet de travailler autour du libre, d'améliorer mes connaissances dessus et ainsi à titre perso ça peut me faciliter les choses pour contribuer.
    Mais au cours même de mon travail, il y a quand même quelques points qui aident le libre : ceux que tu as évoqué, plus les rapports de bugs que je fais sur les logiciels qu'on utilise. Et parfois même des propositions de patchs.
    Ce n'est pas grand chose, un grain de sable peut être, mais c'est aussi ce qui fait le force du libre : la somme de toutes les contributions, même minimes.

    [^]Re: Les SS2L

    Posté par R4f (page perso, ) le 16/03/2006 à 16:21. (lien). Évalué à 6.

    J'ai bossé 5 ans dans une SSLL, justement. Je suis d'accord sur le fait qu'elles ne contribuent pas aussi souvent aux développements qu'elles le pourraient, par contre elles contribuent autrement ; grâce à elles le libre gagne :
    - en notoriété (frais de communication)
    - en crédibilité car certains utilisateurs (entreprises) ne se lanceraient pas dans le libre sans support (conseil, assistance technique, formation...)

    Par contre, les SSLL ne représentent pas toujours le libre sous son meilleur jour lorsqu'elles le méprisent :
    - ouvertement (pour «placer» leurs prestations)
    - de manière indirecte (ex. : les employés n'utilisent pas les LL eux-mêmes)

    N'oublions pas que les SSLL n'ont pas toujours intérêt à ce que les LL soient aussi bien ficelés qu'ils le pourraient (doc impeccable, 0 bug, facilité d'installation et mise à jour) car sinon elles se tireraient une balle dans le pied...

    • [^]Re: Les SS2L

      Posté par Jul (page perso, ) le 17/03/2006 à 02:15. (lien). Évalué à 6.

      Je me permet de développer :)

      On reconnait un développeur à ce qu'il fait (sa compétence) et non pas à ce qu'il souhaiterait qu'on dise de lui soit pour des raisons financières soit pour des raisons de statut (je représente le libre en France et "sans nous personne ne peut défendre les intérêts contre les méchantes éditeurs proprios (bouh)".

      Mais à bien y regarder les SSLL ont le même business que les SSII : vendre de la viande, sauf que c'est comme le café max havelar c'est étiquetté "éthique". Etique je dirais parfois. Lorsque j'ai commencé dans le logiciel libre on ne regardais pas vos diplomes pour vous accepter sur un projet voir une entreprise, aujourd'hui, la pratique du libre continue à l'identique sans discrimination voulue (hors communication écrite), par contre les boites du libre elles n'ont pas forcément gardé le pli. Les SSLL se veulent et veulent des "experts du libre" crédibles (un ingénieur ça en jette plus qu'un BTS info pour être expert). Combien d'experts linux (je sais toujours pas ce que c'est) traînent ainsi en France? Si ils sont experts est-ce à dire que sur les forums ou face à un non informaticien, non salarié de SSLL (mais qui lui participe à un projet libre) leur parole est plus pertinente? Et le diplôme prime t'il sur la pratique ?

      Les individus qui font le pari du libre, s'afranchissent de la logique des experts. Ce n'est pas tant le coût que l'on peut reprocher à SAP, oracle, windows que la dépendance à l'expertise de ses éditeurs et affiliées (les ssii/consultant) due à l'extrême complexité de la mise en oeuvre de leur produit. La logique de popularisation de *tous* les aspects de l'informatique (code, stratégie, système, documentation, internationalisation, intégration, assurance qualité) va à l'encontre du modèle de l'expertise. Un développeur libre est rarement expert en gestion de version, en documentation en système en communication, mais il en fait. (Et, le libre sera mort quand il y aura un DESS en génie logiciel libre.)

      Le libre c'est comme un ensemble d'ateliers polyvalents d'artisans foisonnant qui chacun à ses manies (diverses et variées) mais qui produisent pleins d'outils en s'échangeant librement d'atelier à atelier des pièces, des savoirs, des coups de mains. La seule condition pour être acceptée dans ce réseau ? Rentrer et dire bonjour. La valeur du modèle réside dans son réseau non dans sa production.

      A coté les SSLL pour "rassurer les entreprises" -qui veulent un interlocuteur unique spécialiste- vont aller piocher des artefacts qui sortent de ces ateliers et les proposer à leurs clients. Mais est-ce l'artefact, le logiciel qui a de la valeur, ou de rentrer dans le réseau des ateliers pour le client ? Est ce l'intérêt des SSLL (éditrice de logiciel) que l'on se passe d'elles ?

      De toute façon dans la tradition informatique française on valorise le logiciel ; les SSLL ne vendent pas la démarche de participer au libre parce que de toute façon on le leur achéterait pas. Que diriez vous si votre plombier vous disait qu'il veut bien venir réparer chez vous que si vous le payez aussi cher qu'un autre plombier, mais que vous allez devoir faire le boulot et apprendre la plomberie. Peut être c'est cool, mais si votre garagiste, votre comptable, votre avocat, vote boulanger vous faisaient tous le plan ? Et si en plus vous qui pensez être vous même être des experts (les DSI ou décideurs pressés), si on vous disait de réapprendre votre métier, vous trouveriez ça ingérable et vexant. Les entreprises veulent des spécialistes pour externaliser et pas faire le boulot qu'ils trouvent non valorisant (sinon ils paieraient pas des fournisseurs). Et à part la gendarmerie qui n'est pas une entreprise, je connais peu d'exemple d'institution qui ont activement fait la démarche et finit par participer sensiblement au libre en tant qu'acteur et utilisateur.

      Quelle différence cela fait il alors que les SSLL vendent du code sous GPL par rapport aux autres éditeurs/SSII ? Aucune ; on peut pas externaliser sa relation avec le libre, car le libre a de la valeur non quand d'autres le font pour nous à l'extérieur, mais quand on y participe. Le client est toujours aussi prisonnier de son code, car il est pas prisonnier des éditeurs, mais de sa conception de l'informatique. Donc les SSLL ont pour principale activité quelque soit leur bonne volonté de faire de l'édition de logiciel propriétaire (sous licence libre) pour le client qui le demande. On apprend au client parfois à singer le monde du libre en mettant un CVS, un forum, et une doc, on lui fait parfois un peu de pub sur linuxfr pour le prestige de montrer que le client est dans le hype du libre mais est ce les apparences et le statut qui comptent ?