Posté par
Obsidian() le 06/07/2006 à 21:31. (lien). Évalué à 3.
Figer une langue naturelle n'est jamais bon, l'histoire l'a prouvé et je ne penses pas que tu t'y oppose. La langue est une expression du langage qui a pour but premier de communiquer si ce mot atteins son but et qu'il n'est pas choquant pour des natifs francophone alors il est correct.
Certes, mais c'est souvent un piège !
On peut faire évoluer une langue sans la dénaturer, être rigoureux sans la figer, et l'enrichir n'implique pas d'accepter systématiquement une nouvelle entrée sans réfléchir sous le simple prétexte que c'est devenu l'usage à un moment donné.
C'est un problème car les éditeurs de dictionnaires entrent en compétition et sont tentés d'ajouter n'importe quel borborygme pour être les plus exhaustifs, quitte à les en retirer lorsqu'ils tombent en désuétude quelques années plus tard. C'est se trahir, car le dictionnaire ne remplit plus sa fonction d'autorité principale auprès du rédacteur.
Comme un dico est avant tout un recueil de définitions, l'exhaustivité est une chose appréciable, surtout pour capter toute l'évolution d'une langue à travers le temps (mais ceci implique l'interdiction des retraits ultérieurs), mais je dis que les néologismes devraient d'abord faire un séjour prolongé dans une annexe de l'ouvrage avant d'être insérés définitivement dans son corps.
D'autre part, la langue française est suffisamment bien construite pour ne pas avoir besoin de recourir aux anglicismes. Dans cet esprit, le terme logiciel (par opposition à matériel, avec l'introduction de la racine de « logique », puisque c'est bien de cela qu'il s'agit) est une réussite. Informatique est un mot que le monde nous envie, et ordinateur est particulièrement bien ciblé, bien plus que computer par exemple, qui se traduit le plus précisément par « calculateur ».
Par contre, mél et cédérom, par exemple, sont des âneries à bannir. Elles ont été introduites à la va-vite par les académiciens, et personne ne les utilise telles quelles.
D'autre part, l'intégration accélérée de néologismes tout comme les réformes successives de l'orthographe sont souvent des revendications d'informaticiens. Contrairement à un langage de programmation, l'aspect pratique n'est pas l'objectif premier d'une langue vivante. Celle-ci, au contraire, est, avec ses règles et son orthographe, un patrimoine qu'il convient de respecter.
Enfin, « supporter » n'est pas encore reconnu dans le sens que l'on discute ce soir par l'ensemble de la communauté francophone. C'est encore un anglicisme qui peut être interprété de manière complètement différente par quelqu'un qui parle un français strict . Par exemple, la proposition « ce système ne supporte pas cette version du pilote » signifie que la dernière version du pilote est notoirement dangereuse pour l'intégrité du système associé !
La laideur de ce mot est tout à fait subjective. Ceux qui l'emploient ne perçoivent pas cette laideur. Tu le trouves laid parce que tu penses que c'est un faux-ami, et bien le mot entrant en français avec le sens anglais il n'est plus un faux-ami et ne seras donc plus laid :)
C'est, malheureusement, la même chose que de voter des lois stupides. Une directive scélérate contre laquelle tout le monde s'élève ne devient pas un modèle de vertu dès lors qu'elle est validée par une poignée d'individus.
Je ne comprends pas ce que tu veux dire par là, nierais-tu la présence énorme de mots de la langue anglaise en français , ou bien est-ce plutôt le fait que la langue française est une langue riche ?
Ni l'un, ni surtout l'autre. Au contraire, je trouve très osé d'affirmer que la langue française va devenir pauvre si elle n'intègre pas les anglicismes.
Re: mouaip...
Certes, mais c'est souvent un piège !
On peut faire évoluer une langue sans la dénaturer, être rigoureux sans la figer, et l'enrichir n'implique pas d'accepter systématiquement une nouvelle entrée sans réfléchir sous le simple prétexte que c'est devenu l'usage à un moment donné.
C'est un problème car les éditeurs de dictionnaires entrent en compétition et sont tentés d'ajouter n'importe quel borborygme pour être les plus exhaustifs, quitte à les en retirer lorsqu'ils tombent en désuétude quelques années plus tard. C'est se trahir, car le dictionnaire ne remplit plus sa fonction d'autorité principale auprès du rédacteur.
Comme un dico est avant tout un recueil de définitions, l'exhaustivité est une chose appréciable, surtout pour capter toute l'évolution d'une langue à travers le temps (mais ceci implique l'interdiction des retraits ultérieurs), mais je dis que les néologismes devraient d'abord faire un séjour prolongé dans une annexe de l'ouvrage avant d'être insérés définitivement dans son corps.
D'autre part, la langue française est suffisamment bien construite pour ne pas avoir besoin de recourir aux anglicismes. Dans cet esprit, le terme logiciel (par opposition à matériel, avec l'introduction de la racine de « logique », puisque c'est bien de cela qu'il s'agit) est une réussite. Informatique est un mot que le monde nous envie, et ordinateur est particulièrement bien ciblé, bien plus que computer par exemple, qui se traduit le plus précisément par « calculateur ».
http://fr.wiktionary.org/wiki/ordinateur
Par contre, mél et cédérom, par exemple, sont des âneries à bannir. Elles ont été introduites à la va-vite par les académiciens, et personne ne les utilise telles quelles.
D'autre part, l'intégration accélérée de néologismes tout comme les réformes successives de l'orthographe sont souvent des revendications d'informaticiens. Contrairement à un langage de programmation, l'aspect pratique n'est pas l'objectif premier d'une langue vivante. Celle-ci, au contraire, est, avec ses règles et son orthographe, un patrimoine qu'il convient de respecter.
Enfin, « supporter » n'est pas encore reconnu dans le sens que l'on discute ce soir par l'ensemble de la communauté francophone. C'est encore un anglicisme qui peut être interprété de manière complètement différente par quelqu'un qui parle un français strict . Par exemple, la proposition « ce système ne supporte pas cette version du pilote » signifie que la dernière version du pilote est notoirement dangereuse pour l'intégrité du système associé !
C'est, malheureusement, la même chose que de voter des lois stupides. Une directive scélérate contre laquelle tout le monde s'élève ne devient pas un modèle de vertu dès lors qu'elle est validée par une poignée d'individus.
Ni l'un, ni surtout l'autre. Au contraire, je trouve très osé d'affirmer que la langue française va devenir pauvre si elle n'intègre pas les anglicismes.
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