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: APRIL : pour une politique publique en faveur du logiciel libre en 2007

Posté par Benoît Sibaud (Jabber id, page perso, ). Modéré le 08 janvier 2007.
Dans un communiqué du 22 novembre 2006, l'Assemblée Nationale annonçait que les postes micro-informatiques des députés seront dotés de logiciels libres (GNU/Linux, OpenOffice.org, Firefox, client de messagerie libre, etc.). L'Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre (APRIL), qui a contribué à sensibiliser les députés sur le logiciel libre, s'était félicitée de cette annonce : « La dotation en logiciels libres des postes des députés illustre une nouvelle fois les qualités de ces logiciels, permettant à l'Assemblée Nationale d'avoir une meilleure maîtrise sur ces équipements, sans dépendance vis-à-vis d'une entreprise donnée, avec une meilleure utilisation de l'argent public. »

L'Assemblée Nationale a publié dans le Journal Officiel du 4 janvier 2007 l'appel d'offres ayant pour objet « la mise en oeuvre de l'environnement logiciel libre des postes micro-informatiques des députés lors de la XIIIème législature ». La date prévisionnelle de début des prestations (fournitures/services) est le 1er mars 2007 et la date limite de réception des offres est le 24 janvier 2007, à 11 heures.

Par ailleurs, Solutions Linux et l'APRIL feront le point sur la position des partis pour les Présidentielles 2007 sur les logiciels libres, à travers une keynote dédiée le 30 janvier au CNIT à La Défense (Paris). Christophe Espern, chargé des relations institutionnelles pour l'APRIL, présentera les enjeux d'une politique publique en faveur du logiciel libre et les conditions législatives et réglementaires de son succès et de son utilisation par un large public. Son intervention sera suivie d'une table ronde « Enjeux stratégiques et politique du logiciel libre » sur le programme des partis politiques concernant le logiciel libre et les technologies de l'information, dans la perspective des élections présidentielle et législatives.

> Lire la dépêche (13 commentaires, moyenne: 3,2).  

Vous avez demandé le commentaire #792246.

Promouvoir l'interopérabilité

Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 09/01/2007 à 01:49. (lien). Évalué à 10.

Chacun de nous sait que c'est en mettant en avant l'interopérabilité que l'on peut faire progresser les logiciels libres. Seulement, il y a un os, le mot interopérabilité n'est pas dans le dictionnaire et c'est à cause de cela que le Conseil Constitutionnel a invalidé des amendements importants de la loi DADVSI.

Je vous propose une définition assez brève, qui ne se veut pas exhaustive mais facilement compréhensible :

La compatibilité est réalisée lorsque des produits peuvent fonctionner ensemble.

L'interopérabilité est réalisée lorsque l'on sait pourquoi et comment des produits peuvent fonctionner ensemble.


Cela implique la définition des interfaces et leur libre connaissance. Ce que je voudrais obtenir, c'est que connaître les interfaces d'un produit soit un droit analogue à la connaissance du code source d'un logiciel libre. Ce droit devrait être inscrit dans la loi et c'est en cela que nos politiciens sont concernés.

Qu'en pensez-vous ?

Autrefois, avant l'informatique, le problème ne se posait pas. Les spécifications techniques et les modes d'emploi suffisaient à définir les interfaces en humains et matériel ainsi qu'entre matériels.
Maintenant, il faut considérer les interfaces :
- humain - matériel -> Mode d'emploi
- matériel - matériel -> Spécifications techniques
- matériel - logiciel -> interfaces
- logiciel - logiciel -> API
- logiciel - données -> formats
- données - support -> formats et spécifications

Les interfaces entre humains et humains ne sont pas incluses ;-)

  • [^]Re: Promouvoir l'interopérabilité

    Posté par Jonathan ILIAS (Jabber id, page perso, ) le 09/01/2007 à 07:18. (lien). Évalué à 3.

    Ce que je voudrais obtenir, c'est que connaître les interfaces d'un produit soit un droit analogue à la connaissance du code source d'un logiciel libre.

    Bien sûr, c'est exactement ce qu'il faudrait.

    Mais à mon avis, cela doit passer par une unification du langage de description (ou des langages de description à la rigueur). Ca n'est ni une mince affaire, ni impossible. Mais l'UML en soit me semble déjà insuffisant.

    J'en doute, mais la commission de l'interopérabilité du DADVSI s'occupe peut-être déjà de ce genre de problème !?

    • [^]Re: Promouvoir l'interopérabilité

      Posté par Jul (page perso, ) le 09/01/2007 à 11:09. (lien). Évalué à 5.

      l'uml c'est dépassé, la véritable lingua franca du futur est à mon avis le latin.

      [+] [^]Re: Promouvoir l'interopérabilité

      Posté par Jul (page perso, ) le 09/01/2007 à 12:57. (lien). Évalué à -2.

      l'uml c'est dépassé, la véritable lingua franca du futur est à mon avis le latin.

    [^][Hors sujet. désolé]

    Posté par Minos () le 09/01/2007 à 11:20. (lien). Évalué à 3.

    Les interfaces entre humains et humains ne sont pas incluses ;-)

    Je complète alors. Il s'agit principalement de :

    - humain - humain -> langage commun


    Un bon niveau d'interopérabilité humain-humain nécessite donc un langage commun à l'échelle de son espace de vie habituel. Qu'en es-t'il ?

    En 1789, à la veille de la Révolution, la vie était extrêmement rurale et sédantaire. Le patois local faisait l'affaire (1% de la population seulement parlait alors le français officiel).

    Puis il y a eu un brassage de plus en plus fort au niveau national pendant toute l'ère moderne qui a nécessité la connaissance d'un même langage commun au niveau national : le français. Grâce aux travail des instructeurs et il faut le dire, aux tranchées de la guerre de 14-18, la France possédait un langage commun compris de tout le monde en 1920 - hélas, ce formidable acquis s'est aussi fait au détriment de la richesse linguistique locale et régionale.

    Depuis 50 ans : ère du dépassement de la Nation, boom des coopérations internationales, mise en place de moyens de transports rapides, et surtout invention de l'Internet qui abolit radicalement les distances et les frontières.

    Et ce nouveau changement d'échelles se heurte à un fait indubitable :

    Le désir de communiquer simplement, en toute égalité, par-dessus les barrières linguistiques, désir parfaitement légitime à une époque où les relations internationales sont d'une densité sans précédent, ne peut être satisfait par les méthodes qu'appliquent actuellement les États et l?ensemble de la société. [1]


    Est-ce que l'humanité va réussir d'ici 50 ans (ce sera de toute façon long) à atteindre un niveau d' inter-opérabilité réel ? Grande question que tente de débrousailler le polyglote suisse Claude Piron dans son lvre le Défi des Langues ;

    [1] http://claudepiron.free.fr/livres/defilanguesbonsens.htm

    • [^]Re: [Hors sujet. désolé]

      Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 09/01/2007 à 13:35. (lien). Évalué à 2.

      Le langage entre humains répond aussi à la modélisation des interfaces que je propose dans http://pjarillon.free.fr/redac/interface.html

      Le gros problème est que l'unicité des concepts est loin d'être évidente entre tous les langages et tous les peuples. Par exemple le mots free, standard et pinguin se traduisent par norme ou standard, libre ou gratuit, pingouin ou manchot.
      Un langue pivot indépendante des langues parlées est toujours un sujet d'études pour quelques thésards mais elle se heurte au manque de coopération entre les linguistes et les informaticiens. Les premiers ont trop tendance à travailler comme au dix-neuvième siècle.

    [^]Re: Promouvoir l'interopérabilité

    Posté par Alban Crequy (Jabber id, page perso, ) le 09/01/2007 à 12:44. (lien). Évalué à 6.

    L'intéropérabilité et compatibilité sont définis par l'amendement 341 du projet de loi DADVSI en première lecture. L'exposé des motifs dénonce que « pour certains, n'est entendu par interopérabilité que la compatibilité de certains produits donnés entre eux. Cette définition tronquée répond à certains intérêts particuliers mais pas à l'intérêt général. »

    AMENDEMENT N° 341

    présenté par

    MM. Le Déaut, Bloche, Christian Paul, Mathus, Caresche, Migaud, Dumont, Balligand, Cohen, Habib, Mme Andrieux, MM. Vidalies, Jean-Marie Le Guen, Roy, Terrasse, Bateux, Dosé, Boucheron et Lambert

    --

    ARTICLE 13

    Rédiger ainsi cet article :

    « L'article 4 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique est complété par deux alinéas ainsi rédigés :

    « On entend par compatibilité la capacité de deux systèmes à communiquer sans ambiguïté.

    « On entend par interopérabilité la capacité à rendre compatibles deux systèmes quelconques. L'interopérabilité nécessite que les informations nécessaires à sa mise en½uvre soient disponibles sous la forme de standards ouverts. »

    EXPOSÉ SOMMAIRE

    La généralisation de l'utilisation de la notion d'interopérabilité impose qu'on lui donne une définition précise et sans ambiguïté en amendement l'article 4 de la loi sur la confiance dans l'économie numérique.

    Les parties prenantes des débats sur la société de l'information divergent en effet notoirement sur son interprétation, rendant le dialogue difficile, voire impossible. Pour certains, n'est entendu par interopérabilité que la compatibilité de certains produits donnés entre eux. Cette définition tronquée répond à certains intérêts particuliers mais pas à l'intérêt général.

    L'adoption de cet amendement permettra une clarification des débats sur la société de l'information en général et sur le droit d'auteur en particulier. Il permettra également de rendre plus lisible les offres des fournisseurs de technologie en donnant une signification juridique précise à leurs engagements en matière d'interopérabilité.


    Cet amendement n'a malheureusement pas été accepté.

    Et pour les standards ouverts:

    « On entend par standard ouvert tout protocole de communication, d'interconnexion ou d'échange et tout format de données interopérable et dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en ½uvre. »
    Loi n° 2004-575 pour la confiance dans l'économie (LCEN) du 21 juin 2004

    [^]Re: Promouvoir l'interopérabilité

    Posté par Ludovic Pénet () le 09/01/2007 à 15:22. (lien). Évalué à 5.

    L'ennui avec une définition aussi « générale », Pierre, c'est que tu vas trouver des gens brillants et bien intentionnés, mais pas passionnés d'informatique, qui vont t'expliquer qu'ils savent pourquoi comment Microsoft Word et Microsoft Excel peuvent marcher ensemble : parce que leur éditeur les a pensés comme cela.

    Il y a dans l'interopérabilité une transformation des deux produits compatibles en variables muettes qui manque dans ta définition.

    Peut-être pourrais-tu y remédier en transformant tes phrases de la manière suivante :

    «
    La compatibilité est réalisée lorsque deux produits donnés peuvent fonctionner ensemble.

    L'interopérabilité est réalisée lorsque l'on sait pourquoi et comment deux produits quelconques peuvent fonctionner ensemble.
    »

    • [^]Re: Promouvoir l'interopérabilité

      Posté par Pierre Jarillon (page perso, ) le 09/01/2007 à 23:08. (lien). Évalué à 2.

      Tout à fait d'accord Ludovic. Juste un détail : le terme "quelconques" ne me parait pas très heureux. On pourrait mettre "des" à la place de "deux", ce qui montrerait la généralisation.

      Cela donnerait : L'interopérabilité est réalisée lorsque l'on sait pourquoi et comment des produits peuvent fonctionner ensemble.

      Les schemas de Camille Moulin en sont une bonne illustration : http://camille.moulin.free.fr/AFUL/interop.html

      • [^]Re: Promouvoir l'interopérabilité

        Posté par Ludovic Pénet () le 10/01/2007 à 07:54. (lien). Évalué à 1.

        Non, Pierre, car mettre « des » plutôt que « deux quelconques » permet de restreindre « des » à une liste déterminée.