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Journal : Fiabilité de Linux

Posté par José JORGE (Jabber id, page perso, ) le 25 janvier 2008
Bon, ayant abusé une enième fois d'effets Bling-Bling, j'ai réussi à bloquer ma machine à 100% (même ping ne passe plus). Ça m'a rappelé quand je découvrais Linux, en 1997, bouche bée devant la stabilité du Bouzin, avec Doom dans une console, plus X, plus ça.

Bref, pourquoi Linux est devenu moins stable en devenant plus Desktop? J'ai trouvé quelques pistes :

  1. C'est presque toujours l'affichage qui bloque une machine aujourd'hui
  2. Les cartes graphiques sont le domaine qui a le plus évolué en informatique dans les 15 dernières années : on est passé de l'affichage d'une zone de la RAM à un co-processeur, qui peut même être utilisé pour auter chose qu'afficher des pixels.
  3. Cette évolution s'est faite avec des critères de fiabilité largement inférieurs à ceux de l'informatique classique : pour l'affichage, une erreur de calcul est beaucoup moins grave, du coup les fabricants conçoivent du matériel "overclocké" par défaut, qui fait régulièrement des erreurs.
  4. A partir d'une certaine version, les systèmes d'exploitation propriétaires ont choisi de séparer complètement l'affichage du reste, permettant de réinitialiser complètement l'affichage sans perdre le travail en cours. Les pilotes de cartes graphiques incluent cette gestion des exceptions, qui leur permet de redémarrer la carte graphique à la volée, en moins d'une seconde.
  5. Le système d'affichage courant de Linux, Xorg ne permet pas encore cela : on peut réinitialiser l'affichage avec Ctrl+Alt+<- mais on doit rouvrir une session de travail.


    Conclusion, connaissez-vous un travail là-dessus sur X? J'ai rien trouvé sur la toile....

> Lire le journal (64 commentaires, moyenne: 4).  

Vous avez demandé le commentaire #899526.

L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

Posté par Guillaume Knispel () le 26/01/2008 à 17:16. (lien). Évalué à 10.

A partir d'une certaine version, les systèmes d'exploitation propriétaires ont choisi de séparer complètement l'affichage du reste, permettant de réinitialiser complètement l'affichage sans perdre le travail en cours. Les pilotes de cartes graphiques incluent cette gestion des exceptions, qui leur permet de redémarrer la carte graphique à la volée, en moins d'une seconde.

J'aurais tendance à considérer ça comme le résultat malheureux de l'ingénierie dirigée par les features, les perfs et le marketing (la qualité étant négligée à 99%, car ne faisant pas vendre). Un redémarrage isolé de sous-système a du sens en tant que mesure de sûreté dans un système critique avec des requirements de type "fail operational", au petit détail prêt que c'est le genre de chose tellement compliqué à faire correctement qu'il y a un risque de provoquer encore plus de défauts qu'auparavent (certains étant néanmoins récupérés correctement par le redémarrage, super!), ce n'est certainement pas une mesure à implémenter par défaut sur une CG grand public et le sous-système graphique associé d'OS grands publics, et une telle utilisation paliative me fait horreur : l'effort nécessaire à faire des produits qui fonctionnent correctement est sans doute radicalement inférieur à l'effort nécessaire à l'implémentation d'une telle usine à gaz permettant la reinitialisation de la CG.

Sauf bien sûr lorsque la qualité ne compte plus.

La chaîne de consommation a une grande part de responsabilité dans cet échec : en acceptant d'acheter des produits surdimensionnés pour ensuite faire du Word et du WWW, le consommateur déplace l'offre vers les perfs, les logiciels deviennent lent et bloated de part la pression marketing et l'absence de pression contraire au niveau des ressources dispo sur les plate forme d'exécution, le tout génère une usine à gaz qui tombe tout le temps en panne, et le point final à tout ceci est effectivement que des solutions horribles sont utilisées en guise de paliatif alors qu'elles n'auraient jamais du être employées dans ce domaine (et ne l'aurait jamais été dans un contexte sain).

Pour ma part, n'ayant jamais eu l'occasion d'admirer un système Linux sur lequel un X Window est stable avec les bordels proprio d'NVidia ou autres, j'évite dorénavant ce genre de config comme la peste. Un système dans lequel on paye pour des choses que l'on utilise jamais est une preuve d'inadéquation au besoin, voir un échec technique pur et simple.

  • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

    Posté par Nitchevo () le 26/01/2008 à 19:09. (lien). Évalué à 4.

    Un système dans lequel on paye pour des choses que l'on utilise jamais est une preuve d'inadéquation au besoin, voir un échec technique pur et simple.

    Voilà la plus belle phrase du thread! Je ne suis pas sûr d'être d'accord avec toi mais résumer ainsi toute l'évolution de l'informatique grand public mérite le respect.

    [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

    Posté par José JORGE (Jabber id, page perso, ) le 26/01/2008 à 23:03. (lien). Évalué à 6.

    > l'effort nécessaire à faire des produits qui fonctionnent correctement est sans doute radicalement inférieur à l'effort nécessaire à l'implémentation d'une telle usine à gaz permettant la reinitialisation de la CG

    Oui, mais là tu ignores que ce ne sont pas les mêmes qui font l'effort : d'un côté, c'est Microsoft qui fait le bouzin, de l'autre c'est toute entreprise qui vend un CG qui bidouille plus ou moins ses puces. Le but de Microsoft est de se protéger des mauvaises puces graphiques. Ce système a d'ailleurs été mis en place en premier par ATI pour ses pilotes sous XP. Ils savaient pourquoi ils avaient besoin de cela.

    Le but sous X11 serait aussi de se protéger du fait que les CG ne sont pas faites avec des critères qualité équivalents au reste du système. Comment fait-on pour pallier aux problèmes de réseau? On prévoit la perte de trames!

    [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

    Posté par -=[ Benoit Plessis ]=- (page perso, ) le 27/01/2008 à 20:45. (lien). Évalué à 4.


    l'effort nécessaire à faire des produits qui fonctionnent correctement est sans doute radicalement inférieur à l'effort nécessaire à l'implémentation d'une telle usine à gaz permettant la reinitialisation de la CG.


    C'est là que tu te trompe amha. Tout est lié: comme le marché est dirigé par les coûts et les perfs si les gros vendeurs de cartes puis d'OS ont décidé de faire comme ça c'est bien parce que économiquement c'est le plus rentable.

    Il est beaucoup (et de loin) plus facile de concevoir des palliatifs logiciels à un matériel défaillant que fiabiliser le matériel.
    Les coûts d'ingénierie sur les puces, et les coûts de fabrications sont de loins supérieurs au cout d'une équipe de r&d logicielle.

    --
    Il [e2fsck] a bien démarré, mais il m'a rendu la main aussitot en me disant "houlala, c'est pas beau à voir votre truc, je préfèrerai que vous teniez vous même la tronçonneuse" (traduction libre)
    • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

      Posté par Mathieu Stumpf (Jabber id, page perso, ) le 28/01/2008 à 08:45. (lien). Évalué à 5.

      Bah voyons, «pondons du matos de merde, les développeurs logiciels auront qu'à se débrouiller pour corriger notre travail baclé.», ça c'est de la philosophie!

      • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

        Posté par Boa Treize (page perso, ) le 28/01/2008 à 10:19. (lien). Évalué à 3.

        C'est surtout du pragmatisme.

        [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

        Posté par José JORGE (Jabber id, page perso, ) le 28/01/2008 à 12:30. (lien). Évalué à 3.

        Les logiciels ont toujours eu pour rôle de contourner les problèmes et limitations du matériel. Bienvenue dans l'informatique!

        • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

          Posté par Mathieu Stumpf (Jabber id, page perso, ) le 28/01/2008 à 12:54. (lien). Évalué à 3.

          Moi qui pensait naïvement qu'ils servaient à exploiter au mieux les services que fournies un matériel pour accomplir une tâche donnée. Ah bah non, en fait ils sont sensés corriger les services foireux que fournie le matériel.

          • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

            Posté par José JORGE (Jabber id, page perso, ) le 28/01/2008 à 13:26. (lien). Évalué à 2.

            Exact. Tu me rappelles un post de Linus quand il travailla sur du matériel Transmeta : grosso modo, il disait que c'est vachement dur de faire du matériel, parce qu'on peut pas corriger le bug en 5 minutes. En fait, on se le coltine jusqu'au prochain stepping de la puce. Voir aussi le bug des derniers AMD, qui est pour l'instant corrigeable seulement par le BIOS, en perdant 30% des performances.

            • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

              Posté par briaeros007 () le 28/01/2008 à 15:09. (lien). Évalué à 2.

              1°)
              C'est 10 à 20% de perte
              2°)
              il est corrigeable au niveau du noyau (c'est d'ailleurs par là qu'est sorti le premier patch)

              --
              Subete ga wakatta toki…watashi ga anta wo korosu.

            [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

            Posté par Thomas Douillard () le 28/01/2008 à 13:26. (lien). Évalué à 6.

            Ben écoute, si tu veux racheter une carte graphique à chaque fois qu'on découvre un bug dedans fait toi plaisir.

            Ou alors prie pour qu'on ne découvre jamais de bug dedans, ou qu'on découvre des manières révolutionnaires de faire des trucs parfaits à pas trop cher.

            [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

            Posté par pw00t () le 28/01/2008 à 16:10. (lien). Évalué à 3.

            c'est effectivement naif.

            Suffit de comparer les couts de deploiement d'une nouvelle version d'un GPU (surtout a ce niveau la, vu la complexite des machins...) et de deploiement d'une nouvelle version du pilote.

            Tu fais quoi quand tu trouves un bug?
            Tu lances une nouvelle production de cartes et les envoie a chaque client par la poste, tout en n'oubliant pas au passage de rappeller le stock actuel en magasin, ou t'updates le pilote pour corriger le bug et tu fait la mise a jour automatique du pilote?

        [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

        Posté par benoar (Jabber id, ) le 28/01/2008 à 17:49. (lien). Évalué à 8.

        Bon, pour essayer de trouver un juste milieu avec la horde de "pragmatistes" qui sévit ici, je dirais que cette maniere d'opérer, de faire un matos a la va-vite avec plein de bugs et espérer que le soft va corriger les problemes, c'est vraiment naze comme méthode de développement d'un matos.
        Par contre, effectivement cela est parfois plus rentable et meme utile d'avoir un workaround logiciel quand il y a un bug dans le hard, mais qu'on essaye au moins de faire du hard le mieux possible.

        • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

          Posté par José JORGE (Jabber id, page perso, ) le 31/01/2008 à 08:00. (lien). Évalué à 3.

          Oui, mais quand on est en concurrence sur un marché, il faut séduire les clients. Et les clients des cartes graphiques sont les joueurs, qui s'en fichent de la qualité du matériel dès lors que c'est rapide et joli.

          Donc l'industrie propre à la Matrox a disparu et Nvidia a pris sa place en sachant faire du matériel qui fait plein d'erreurs de calculs invisibles à l'écran, et des pilotes qui compensent ça. Ati, pour suivre, a accepté aussi les erreurs, mais elles sont tombées au mauvais endroit, et du coup ils dû inventer le pilote qui reboote la carte graphique sous XP.

          Je n'ai aucune preuve certifiée de ce que j'écris, c'est juste mon interprétation de mon vécu avec le matériel graphique dans les 10 dernières années

          • [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

            Posté par benoar (Jabber id, ) le 31/01/2008 à 14:30. (lien). Évalué à 2.

            Je pense que ton analyse est bonne : je me rappelle des 1eres Riva 128 qui comptaient uniquement sur la vitesse de rendu, alors que la qualité était pourrie. Effectivement, aujourd'hui les constructeurs se battent plus pour la rapidité que pour le rendu.

            Mais bon, des fois, les gens sont vraiment cons a acheter n'importe quoi "parce ce que c'est pas cher", et puis apres ils se plaignent que c'est pourri, mais bon, ils acheteront quand meme la prochaine version ...

            Enfin bon, en gros c'est un probleme humain plus qu'autre chose, les gens ne réfléchissent pas et aiment acheter les produits buggés parce qu'ils sont pas chers. Mais je ne pense pas que ce soit ca qui fera "évoluer" l'industrie du bon coté. Moi je n'ai pas besoin d'etre "séduit" (rien que la connotation de ce mot veut tout dire), je veux juste un bon produit. OK, il n'y a pas beaucoup de monde comme ca, mais si on pouvait chacun essayer de faire réfléchir les moutons, ca pourrait peut-etre changer qqch ?...

      [^]Re: L'ingénieurie par les features, les perfs et le marketing.

      Posté par Guillaume Knispel () le 30/01/2008 à 00:03. (lien). Évalué à 5.

      Sauf que ce que je revendique, c'est aussi que le matos soit simple et fiable.

      Il y a pas mal d'entreprises (qui n'ont rien à foutre des fenêtres en 3D qui tournent par exemple) qui serait ravies par un tel matos... sauf si ce que les revendeurs de soft leur proposent (Vista ? :p ) ne fonctionne pas dessus (ou à une vitesse qui les rendrait envieux en regardant des CPC 64), évidemment.

      En passant ça pourrait permettre de réduire la conso électrique.