Infos Locales : William Gibson en signature à Paris !
Posté par bidibulle (). Modéré le 09 février 2008.
William Gibson, l'écrivain de Science Fiction, inventeur du Cyberpunk, sera en séance de signature, le 14 mars de 17h à 20h, à la Librairie Scylla, 8 rue Riesener, 75012 Paris, pour la sortie de son dernier ouvrage, Code Source chez Le Diable Vauvert !
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William, It Was Really Nothing
William Gibson a-t-il été mal traduit ? Ou bien ses premiers romans souvent qualifiés de géniaux voire cultes ne sont-il pas tout simplement maladroits ?
D'une tentative de lecture de Neuromancien (ou un des suivants) il me reste le souvenir grotesque d'un personnage qui risque sa vie pour 3 megabyte de random access memory et d'un style désagréable et difficilement lisible.
Un bon souvenir de Gibson tout de même : une nouvelle parue dans la revue CyberDreams (qui ne publiait que du bon et bien traduit).
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Même point de vue.
Je suis assez adepte de SF, mais j'ai dû me forcer pour en lire une cinquantaine de pages avant de renoncer... Je me disais que si tant de monde parlait du Neuromancien comme d'un livre culte, il devait y avoir un cap à passer comme ça arrive dans certains bouquins pour être accroché...
Mais là non, rien. Pouah !
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Renoncer à lire un roman au bout de 50 pages et venir après le juger, faut quand même pas avoir beaucoup de cheveux pour oser...
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Ah, parce que tu es maso au point d'aller jusqu'au bout d'un bouquin, même si ça ne te plaît pas ?
Chacun ses plaisirs, moi je préfère lire ;-)
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Si je lis pas un livre (et s'arrêter au bout de 50 pages, c'est pas "lire un bouquin"), en tout cas, je me permet pas trop d'avoir un avis dessus, genre Pouah.
[^]Re: William, It Was Really Nothing
D'ailleurs 2001 l'odyssey de l'espace ca peut pas être un culte vu que les 20 premières minutes sont sans intérêts ...
Tu devrais te contenter de blockbuster.
RubyFrance
[^]Re: William, It Was Really Nothing
En fait, si, elles ont un intérêt : elles sont belles, universelles, touchantes et compréhensibles. Tout l'inverse de Neuromancien, quoi...
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Tout pareil, j'ai vraiment pas réussi à dépasser les 50 premières pages.
Tant pis pour lui, tant d'autres livres arrivent à me passionner jusqu'au bout que j'aurai pas assez de ma vie pour tous les lire, alors m'embarrasser avec ceux qui n'y arrivent pas, non merci !
Ceci dit, Identification des Schémas, du même Gibson, est beaucoup plus lisible, et plutôt intéressant, si le phénomène de la manipulation du buzz et des rumeurs sur les réseaux t'intéresse.
[^]Re: William, It Was Really Nothing
C'est marrant parce que les 50 premières pages sont plutôt une promenade de santé à coté des 200 dernières...
J'ai toujours été un énorme fan du style Gibson. Pour moi son génie réside en ce qu'il a met en accord la forme avec le fond: sont style d'écriture est dense, complexe, hyper-technologique, comme l'histoire qu'il décrit.
En ce qui concerne Identification des Schémas, j'ai trouvé que c'était une magnifique démonstration que oui, nous vivons dans un monde cyberpunk. En effet, l'histoire d'Identification des Schémas n'est pas différentes de celles de la trilogie de la Conurb (Neuromancien and co.). Elle est juste écrite au présent. Gibson nous dit: "regardez, aujourd'hui je n'ai plus besoin de me projeter 40 ou 50 ans dans le futur pour raconter mes histoires..." et d'où le vieux slogan cyberpunk: "No Future? Future is now!"
Dans Identifications des Schémas, il a juste remplacé "matrice" par "web", "Senso/Réso" par "Google", "Hono-Sendai" par "Mac".
Pour ceux qui ont du mal avec le Neuromancien, essayez donc les nouvelles de Gravé sur Chromes, c'est un petit peut moins brutal pour se le mettre en bouche (malheureusement, je ne le retrouve plus en format poche, mais il est dans le recueil "Neuromancien et autres dérives du réseau" qui contient donc la Trilogie Neuromancien / Compte Zero / Mona Lisa s'éclate et les nouvelles de Gravé sur Chrome.
[^]Re: William, It Was Really Nothing
En fait si me je souviens j'ai du commencer à lire ce bouquin 2 fois et m'arrêter vers la 100eme page a chaque fois. Cela dit même si ne comprenais pas grand chose j'ai envie de le relire quelques années plus tard et la c'est la grosse claque ! Sans doute un des meilleurs livres que j'ai lu. C'est grand, beau, visionnaire, complexe, sombre en un mot de la grande littérature.
Le coté très fouillis du début est calqué sur l'état du héros à ce moment là : drogué, spped et paumé. En fait après l'avoir relu une bonne dizaine de fois je dirais que c'est précisément le début qui me parait le plus hallucinant. Une plongée dans l'enfer de ce monde, avec un coté hallucinogène ahurissant.
Pour tous ceux qui on arrêté comme moi au début, sans doute à cause du coté incompréhensible du style, je vous invite vraiment a refaire une tentative car vous êtes passé à coté d'un grand bouquin. Le bouquin de toute une génération de geek en tout cas.
Pour les autres posts sur la traduction : je la trouve personnellement très bonne, mémé si rien ne vaut la VO.
[^]Re: William, It Was Really Nothing
et toujours concernant la traduction, "Spook Country" a été traduit par "Code source", c'est assez étonnant...
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Pour répondre rapidement:
J'ai lu Neuromancien en Français et en Anglais, et il est vrai que la traduction française est très discutable.
Jean Bonnefoy malheureusement n'a pas réussi à rendre le style de Gibson qui est extrêmement travaillé en Anglais, et qui souvent s'amuse à rendre hommage, en les pastichant, à des auteurs difficiles comme Thomas Pynchon.
On peut effectivement trouvé un côté maintenant un peu vieillot à la quincaillerie de ce roman: j'ai notamment des amis informaticiens plus jeunes que moi, qui trouvent par exemple l'aspect visuel très années 80...
Cela est vrai évidemment: il ne faut cependant pas oublier que William Gibson n'a pas de formation scientifique à la base, à la différence par exemple d'un Bruce Sterling.
Je pense donc que c'est un mauvais procès d'attaquer ses ouvrages sur cet angle.
Mais il n'empêche, la force de Gibson est ailleurs: je trouve qu'il a vraiment réussi, en 1984, à capter l'air du temps d'une époque et plus que simplement à la retranscrire, à littéralement imprimer sa marque à notre époque.
Plus d'une fois, il m' est arrivé en lisant Slashdot d'avoir l'impression d'être dans un roman de William Gibson.
Ses descriptions de l'évolution de nos sociétés, ont été excessivement visionnaires, et je dirais que d'une certaine façon, elles ont en quelques sorte bornées pour les 25 dernières années ce qui étaient pensables...
[^]Re: William, It Was Really Nothing
+10 sauf que je n'aurais pas la dent aussi dure que toi sur Jean Bonnefoy. Toute traduction est discutable certes, mais dans des cas aussi pointu que Gibson qui est un vrai littéraire, la tache était ardu. Personnellement j'ai une grande admiration pour les traductions de Bonnefoy que je trouve plutot bonnes, et qui outre Gibson à également traduit l'énorme Câblé de Walter Jon Williams, Sterling et... Douglas Adams! (ce qui n'a pas du être une sinécure non plus)
http://siteordo.online.fr/bibliojb.htm (attention, site web "a l'ancienne")
Pour le côté 80's je trouve qu'avec la distance c'est ce qui fait tout son charme au style. Le cyberpunk est un style résolument 80's dans ses thèmes, dans son style, dans son look. Dans les tribus urbaines on retrouve les punks, les goths, les skins, les rasta, on retrouve des traces de guerre froide, l'émergence du Japon en temps que puissance économique et culturelle... Bien sur avec des yeux d'aujourd'hui tout cela peut faire daté, mais comparez ça à des oeuvres écrites dans les 50's, ou l'on vous parle d'ordinateurs sur-puissants fait de milliards de tubes a vide... La SF, et même l'anticipation, ça n'est pas de la futurologie...
[^]Re: William, It Was Really Nothing
La qualité de la traduction est très correcte pour ce type d'ouvrage ( SF , Fantasy, Polar ) à cette époque. Le style de Gibson est loin d'être évident, c'est parfois très confus, ca part dans tous les sens etc. C'est pas du Asimov ou l'on est sur un rail avec très peux de description.
>>Jean Bonnefoy malheureusement n'a pas réussi à rendre le style de Gibson qui est extrêmement travaillé en Anglais, et qui souvent s'amuse à rendre hommage, en les pastichant, à des auteurs difficiles comme Thomas Pynchon.<<
Jean Bonnefoy a fait ce qu'il a pue a une époque ou le Minitel et la domotique représenté le summum du "Cyber". De plus Gibson utilise enormement de référence purement anglosaxonnes, franchises ces référence était une gageure en soit ( on se retrouve avec ce trés peut naturelle conurbation au lieu de nos banlieux, etc.).
>>On peut effectivement trouvé un côté maintenant un peu vieillot à la quincaillerie de ce roman: j'ai notamment des amis informaticiens plus jeunes que moi, qui trouvent par exemple l'aspect visuel très années 80...<<
Le cyberpunk fut un genre éphémère qui tire ses racines dans le mouvement punk, la crise économique et le prémisse des télécommunications moderne. Donc oui le cyberpunk est un genre qui a mal vieillie comme Dune ( la rhétorique new age ) ou pas mal d'autre classique (la toute puissance de la science ) si l'on ne les prend pas pour ce qu'ils sont ou qu'on ne les remet pas dans leurs contexte.
Je me permet aussi de signaler que toutes les tentatives pour sortir le cyberpunk de ses racines 80's ont été des échecs. J'en veux pour preuve qu'en 2008 Terminator est un robot d'acier et pas de fibre de carbone et de polymér, une interface neurale ne peut pas se passer d'un gros cable imposant etc.
>>à la différence par exemple d'un Bruce Sterling.<<
Bruce Sterling a surtout très vite sentie le vent tourner et a abandonner le cyberpunk pour faire autre chose. Son "Feu sacré" n'a plus rien de cyberpunk, même si c'est de l'anticipation sociétale.
Il relève de la responsabilité du lecteur de contrôler, par tous moyens, l'adéquation du message à ses besoins et de s'assurer qu'il ne causera pas de dommages aux personnes et aux biens.
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Je vais un peu aller dans le sens contraire au sujet des traductions certaines sont un peu en dessous ce qui est bien dommage ... (les traduction de Jean Bonnefoy sont correctes) ....
Pour ce qui est de Gibson, le meilleur livre que j'ai lu traduit en français est sûrement Lumière Virtuelle, dont la superbe traduction a été réalisée par Guy Abadia : on y ressent la richesse créative du langage de Gibson transposé en français :
ex. le nom de la drogue qui fait des ravages dans le livre est "dancer" en anglais et a été transposé en "guinchette" en français ...... bravo pour l'inventivité dans la traduction*
Dans les épisodes suivant du cycle (Idoru, Tomorow's parties) les traducteurs Pierre Guglielmina et Philippe Rouard n'ont même pas repris les trouvailles originales de traduction de Guy Abadia ... quelle déception ... ;-(
*[j'ai acheté la version originale "Virtual Light" et ai pu constaté à quel point Guy Abadia était resté fidèle au "style" Gibson ....]
[^]Re: William, It Was Really Nothing
Euh conurbation, c'est du bon français, et ça n'a pas le même sens que banlieue...
Le terme peut paraître peu naturel parce qu'il y a peu de grosses conurbations en France (genre Lille-Roubaix-Tourcoing), mais il désigne une réalité précise.
[^]Re: William, It Was Really Nothing
>>> Un bon souvenir de Gibson tout de même : une nouvelle parue dans la revue CyberDreams (qui ne publiait que du bon et bien traduit).
Tu a du rêver car il n'y a aucune nouvelle de Gibson dans les 12 numéros de Cyberdreams.
Va voir ici http://patrickguignot.free.fr/sf/nouvelles_sf.html et met "cyberdreams" dans le champ de recherche (tu peux ensuite trier les colonnes en cliquant sur leur titre).
En revanche le numéro 1 de la revue propose une étude critique de Sylvie Denis sur William Gibson. C'est peut-être de là que vient ta confusion ?