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Journal : Des hontes au logi !

Posté par Infernal Quack (Jabber id, page perso, ) le 01 avril 2008
Toi aussi amuse toi dans ce journal avec l'algorithme d'attribution des emoticons de censure déontologie.

Celui qui a le plus d'émoticons gagne.... tout mon respect :)

> Lire le journal (119 commentaires, moyenne: 2).  

Vous avez demandé le commentaire #918235.

UMP

Posté par ham () le 01/04/2008 à 07:16. (lien). Évalué à 1.

Avec les lignes permuté

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Une nouvelle équipe pour de nouveaux engagements
Trois jours après l’annonce du renouvellement des instances dirigeantes de l’UMP, Patrick Devedjian a annoncé le calendrier des prochaines réunions de travail, ainsi que les priorités fixées pour les mois à venir.
Regardez la vidéo
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La position de l'UMP sur les OGM
Au moment où s'ouvre à l'Assemblée nationale le débat sur la loi manifestations organisées par Greenpeace, dont les sur les OGM,
Grenelle de l'environnement et dénonce les débordements mettent Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire générale adjointe de l'UMP, rappelle que le Gouvernement tient les engagements du en péril la sérénité nécessaire au débat.
Lire la suite <

A l’occasion du prochain renouvellement des instances dirigeantes
réorganisation tout en précisant l’orientation qu’elle prendra. Lire la L’UMP : force de débats et de propositions de l’UMP, Patrick Devedjian a donné le calendrier de cette suite <
ET AUSSI :
• Le prochain Bureau Politique de l’Union pour un Mouvement
Revaloriser le travail des personnes handicapées
Bureau Politique de l’UMP
Populaire se tiendra le mercredi 9 avril 2008. Lire la suite <
Soutenir les réformes
Dans un entretien au Figaro, le 28 mars, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, déclare que la "vocation première" de l'UMP est de "soutenir les réformes, donc le gouvernement, donc François Fillon et Nicolas Sarkozy". Lire la suite <
Le nouveau Comité Directeur de l’UMP directeur est désormais composé de 21 personnes : Lire la suite <
Compte tenu du nouvel organigramme de l’UMP, son comité
Patrick Devedjian annonce le nouvel organigramme de l'UMP
Afin de tirer les conséquences des élections municipales et cantonales, le Secrétaire Général de l’UMP annonce la nouvelle organisation de la direction du Mouvement. Lire la suite <
Le nouvel élan diplomatique de la France sur le modèle du partenariat franco-allemand. Cette nouvelle en
L’UMP salue la création d’un partenariat politique franco-britannique place plus rapide et plus efficace de certaines politiques entente amicale va faire bouger les lignes en Europe. Elle va permettre des avancées sur des sujets sensibles ainsi que la mise communes. Lire la suite <
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01/04/2008

8h30 : petit-déjeuner à Matignon

15h00 : questions au gouvernement
11h30 : réunion du groupe UMP à l’Assemblée8h35 : Xavier DARCOS sera l'invité de RMC Info / BFM TV
10h30 : réunion bureau du groupe à l’assemblée
Passages médias
7h40 : Frédéric LEFEBVRE sera l'invité des "Quatre vérités" sur France 2Conventions | Recrutements | Liens | Contacts | Téléchargements
8h15 : Jean Louis BORLOO sera l'invité de France Info
8h20 : François FILLON sera l'invité de France Inter

8h35 : Nathalie KOSCIUSKO MORIZET sera l'invitée de I>Matin sur I>Télé
18h45 : Dominique PAILLE sera l'invité de "Y a de l'éco" sur Public Sénat

Union pour un Mouvement Populaire : Adresse : 55, rue La Boétie 75384 Paris Cedex 08
tel. : 01.40.76.60.00 webmaster - Mentions légales - Photos : Marco Pirrone
Au 31 décembre 2007, l'UMP comptait 370 247 adhérents à jour de cotisation.
Au 31 décembre 2006, ils étaient 338 554.






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  • [^]Re: modem

    Posté par ham () le 01/04/2008 à 07:17. (lien). Évalué à 2.

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    27 mars 2008
    Corinne Lepage s'inquiète du sort de son rapport sur les "lanceurs d'alerte"
    Réagir 2 commentaire(s) Envoyer à un ami

    Corinne Lepage, ancienne Ministre de l'Environnement, s'inquiète de l'absence de suite à son rapport sur les "lanceurs d'alerte" et l'information environnementale, remis le 1er février dernier au gouvernement dans la foulée du Grenelle. "Je ne sais absolument pas le sort qui lui sera réservé, je n'ai aucune nouvelle et je doute que certaines propositions soient reprises", a-t-elle lancé jeudi lors d'un colloque sur les "lanceurs d'alerte", ces chercheurs qui éveillent le public aux risques environnementaux (ondes magnétiques, pesticides, alimentation ...).
    | Mots clés : lepage rapport environnement lanceurs alerte
    27 mars 2008
    "Priorité au projet et à l'organisation du MoDem"
    Réagir 30 commentaire(s) Envoyer à un ami

    Le Bureau Exécutif du Mouvement Démocrate a décidé mercredi soir de donner la "priorité au projet et à l'organisation" du parti créé dans la foulée de la présidentielle, avec un premier Conseil National le 14 mai. "La priorité est au projet et à l'organisation", a déclaré François Bayrou à l'issue de la première réunion des instances nationales depuis les élections municipales. Une réunion des élus du MoDem aux municipales et aux cantonales aura lieu le 26 avril à Paris. Elle sera suivie d'un Conseil National le 14 mai, qui sera chargé de ratifier un règlement intérieur pour l'organisation des mouvements départementaux. Des représentants de l'exécutif, dont François Bayrou, iront à partir de la semaine prochaine dans tous les départements pour faire la radiographie des attentes et parler avec chacun du bilan des élections municipales.
    | Mots clés : bayrou bureau exécutif organisation modem municipales
    18 mars 2008
    "Le spectre politique français est en mouvement et la question du pluralisme est centrale" souligne François Bayrou
    Réagir 11 commentaire(s) Envoyer à un ami

    Laure Espieu, journaliste à Libération, s'est entretenue avec François Bayrou au lendemain des élections municipales. Dans un article daté du 18 mars 2008, le président du Mouvement démocrate livre une première analyse des résultats électoraux et ébauche les perspectives à venir pour "faire naître une organisation politique nouvelle, à partir d'une génération politique nouvelle." Revenant sur les municipales, des élections qu'il juge très "dures", le président du Modem a noté "nous avons enregistré en moyenne 15 % des voix dans les villes où nous nous sommes présentés. Ce n'est pas mal. C'est un premier pas." Interrogé sur les attaques dont le Modem est la cible, François Bayrou a souligné que "l'affrontement dure depuis des décennies entre ceux qui estiment qu'il n'y a de possibilité d'exister pour le centre qu'en étant forcément aligné, et moi et mes amis qui depuis longtemps plaidons pour l'autonomie" tout en réaffirmant sa détermination à constituer "une proposition différente". La signification nationale des scrutins de mars "donne une impression d'instabilité et d'affrontement perpétuel dans le pays" souligne François Bayrou qui ajoute que "le spectre politique français est en mouvement, et la question du pluralisme est centrale. Je ferai tout pour qu'en France, on dépasse ces antagonismes d'un autre temps."
    Lien(s) : Lire l'article de Libération
    March 18, 2008
    "Le mot de réforme est incantatoire. Il cache la réalité : depuis 25 ans, nous vivons au-dessus de nos moyens" selon Jean Peyrelevade
    Réagir 2 commentaire(s) Envoyer à un ami

    Jean Peyrelevade était l'invité des Grands Débats de BFM, le lundi 17 mars 2007. Au lendemain du second tour des élections municipales, il a donné son analyse du scrutin :"Je crois qu'il faut raison garder. Ce n'est pas un vote sanction mais ce n'est certainement pas un vote de félicitation" estimant qu'il y "a effectivement 20% des électeurs qui ont voulu manifester leurs désaccords avec la politique de Nicolas Sarkozy". Interrogé par Nicolas Doze sur le bilan du pouvoir, Jean Peyrelevade a estimé que "la politique de Nicolas Sarkozy manque de lisibilité car elle manque de principes directeurs". L'ancien président du Crédit Lyonnais a mis en avant les "deux défauts fondamentaux de l'économie française" que sont "le déficit des finances publiques qui ne se réduit pas, or un Etat impécunie [ ... ]
    Lien(s) : Ecouter l'intervention de Jean Peyrelevade sur BFM
    | Mots clés : peyrelevade deficit entreprises municipales croissance

    March 18, 2008
    "Je suis décidé à mener une vie faite d'enracinement local et de construction au plan national d'un centre fort" affirme François Bayrou
    Réagir 3 commentaire(s) Envoyer à un ami

    Dans une interview donnée au journal L'Eclair des Pyrénées et à Carole Gamelin, mardi 18 Mars, François Bayrou livre une première analyse après le second tour des élections municipales : "je regrette les manouvres qui ont empêché mon élection" estimant par ailleurs que "l'on ne peut pas se contenter de deux pôles, le PS et l'UMP. Le pays a besoin d'un autre choix". Alors que Josy Pouyeto, numéro deux sur sa liste à Pau, a annoncé vouloir prendre sa carte au Modem, François Bayrou s'est dit touché ajoutant que "beaucoup de mes colistiers me disent "On a vu de la politique propre" et veulent prendre leur carte. Cela me touche".
    Lien(s) :
    | Mots clés : bayrou pau municipales

    March 17, 2008
    Pour Corinne Lepage, les municipales traduisent "une contestation des Français de la manière dont le président de la République a mené la barque France depuis mai 2007"
    Réagir 3 commentaire(s) Envoyer à un ami

    Corinne Lepage, invitée du 7/10 de France Inter, a donné son analyse des résultats électoraux au lendemain du second tour des municipales : "Il faut reconnaître les échecs où ils sont, c'est-à-dire à Pau ou à Paris" tout en appelant à "reconnaître les succès là où ils sont, c'est à dire, au premier tour, une quinzaine de maires réélus ainsi que d'autres au second tour. Nous allons avoir au moins un millier d'élus locaux, donc nous avons reconstitué une base d'élus." Interrogée par Nicolas Demorand sur la situation du Mouvement Démocrate, Corinne Lepage qui en est cofondatrice a souhaité "regarder les choses en face" estimant que "dans la mesure où nous essayons de constituer un mouvement politique qui n'est affilié a priori ni à gauche ni à droite, comment vouliez-vous que nous fassions a [ ... ]
    Lien(s) : Corinne Lepage sur France Inter
    | Mots clés : municipales projet président paris lepage

    François Bayrou : "Il y aura d'autres batailles, il y a aura d'autres combats, et je vous le promets, il y aura d'autres victoires."

    March 16, 2008
    Réagir 21 commentaire(s) Envoyer à un ami

    François Bayrou a donné, ce dimanche 16 mars, sa première réaction aux résultats des élections municipales. Le président du Mouvement démocrate a analysé la situation nationale, estimant que la "vague de gauche énorme qui a emporté un grand nombre de villes est une preuve de plus de l'instabilité de la vie politique française" ajoutant " tant que l'on aura pas un centre fort et stable, des institutions qui permettent de se faire entendre, on aura ce mouvement de balancier d'un bord à l'autre à dix mois des dernières élections, alors que le parti socialiste n'a changé aucune de ses têtes, aucune de ces idées aucune de ses expressions. Pour François Bayrou "cela empêche la France d'avancer" et participe à la "stérilité dans laquelle cela nous plonge". Poursuivant son analyse, il a estimé "C [ ... ]
    | Mots clés : bayrou reactions municpales centre

    "On ne construit pas une force indépendante de la droite et de la gauche sans que cela ne soit très difficile" estime Corinne Lepage

    March 16, 2008
    Réagir 2 commentaire(s) Envoyer à un ami

    Après les premiers résultats du second tour des élections municipales, Corinne Lepage, co-fondatrice du Mouvement Démocrate a livré une première analyse : "On ne construit pas une force indépendante de la droite et de la gauche sans que cela ne soit très difficile. Nous sommes extrêmement engagés dans cette voie" ajoutant que " beaucoup de Français souhaitent que l'on puisse dépasser ces clivages". Elle a par ailleurs noté les "16 maires élus dés le premier tour". Interrogée sur le résultat de François Bayrou, Corinne Lepage a salué la "très belle campagne" du président du Mouvement démocrate, soulignant que "la défaite de François Bayrou fera très plaisir à l'UMP qui n'a pas hésité à soutenir un socialiste pour essayer de le faire battre".
    Lien(s) : L'analyse de Corinne Lepage sur France Inter
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    • [^]Re: PS (François hollande)

      Posté par gyhelle () le 01/04/2008 à 11:22. (lien). Évalué à 3.

      Chers Camarades,

      C’est avec plaisir que je vous retrouve au Conseil national après une victoire. Nous avons connu, dans le passé, des événements plus douloureux et nous pouvons donc savourer celui présent.

      Il nous faut apprécier cette victoire, essayer d’en mesurer l’ampleur, d’en expliquer les causes et d’en juger la portée pour en tirer toutes les conséquences utiles pour le parti socialiste, bien sûr, pour la gauche elle-même et pour le pays.

      C’est une victoire incontestable pour la gauche. La défaite de la droite est tout aussi incontestable. Si j’insiste là-dessus c’est parce que, au fur et à mesure du temps qui passe, la droite fait comme s’il ne s’était rien passé dans le pays, comme si les Français n’avaient pas délivré un message, comme s’ils avaient simplement voté, ici ou là, sans que ce scrutin ait une signification. Il nous appartient donc d’en fixer les caractéristiques.

      La victoire de la gauche n’est pas une victoire à une élection nationale, convenons-en. Ce n’est pas le troisième tour de l’élection présidentielle ou la revanche des élections législatives. Il s’agit bien d’élections locales –cantonales, municipales- avec à chaque fois des enjeux clairement identifiés. Mais, une fois prise cette précaution, on peut aussi marquer –à travers l’agrégation des résultats sur le territoire- un sens et donner une sortie à ce que les Français ont voulu signifier.

      La victoire de la gauche est incontestable en voix : aux élections cantonales –parce que c’est sûrement le scrutin qui nous permet de juger du rapport de forces- la gauche a fait plus de 51,7 % des voix et le Parti socialiste a réussi, là, un des meilleurs résultats de ces 20 dernières années avec 35 % des voix.

      La victoire est incontestable en nombre de villes. Nous avons gagné, en net, 51 villes de + de 20 000 habitants. J’avais moi-même fixé un objectif de 30 villes… Il est largement dépassé ! Et pour ceux qui, à juste raison, veulent faire des comparaisons avec 2001, nous avions perdu –cette année là- 21 villes en net, mais je n’oublie pas ce que nous avions gagné en force d’agglomérations, notamment avec les victoires de Paris et de Lyon.

      Il n’y a donc pas de rééquilibrage par rapport à 2001 ; il y a un succès qui s’ajoute à des victoires de 2001 et qui annule des défaites d’il y a 7 ans et qui permet d’autres avancées.

      De la même manière, sur les 39 agglomérations de + de 100 000 habitants, 27 désormais sont à gauche, 12 sont à droite. Et en départements, la gauche dirige 58 conseils généraux sur 100.

      Il y là, c’est vrai, une ampleur qui devrait se retrouver –normalement- dans les prochains renouvellements sénatoriaux ; mais il se trouve que, compte tenu de l’anomalie liée à un mode de scrutin, il est possible que même avec ces victoires, même en ayant 20 régions sur 22, une majorité de départements, les grandes agglomérations, la plupart des villes de France quelle qu’en soit la taille, nous n’obtenions pas la majorité au Sénat avant, peut-être, notre fin de vie. Il faudra, là aussi, en tirer toutes les conséquences sur le plan du mode scrutin dans le cadre de la prochaine réforme institutionnelle.

      Quelles sont les causes de cette victoire ?

      Il y a d’abord celles qui reviennent aux équipes qui se sont présentées ville par ville, département par département. Ce sont elles qui ont gagné les élections municipales et cantonales et je veux ici les saluer.

      Il y a aussi le fait que nous sommes regardés, au plan local, par nos concitoyens comme ceux qui portent des projets qui modernisent les territoires et protègent les individus.

      Il ne faut tout de même pas négliger l’ampleur de l’abstention. Mais, il n’empêche ! Il y a eu la volonté au plan local de nous confier des responsabilités.

      Il y a eu la volonté d’une majorité de nos concitoyens d’adresser un avertissement, mieux une sanction, au pouvoir en place par rapport à son comportement –celui du Président de la République-, mais surtout par rapport à sa politique et il y a un thème qui a été dominant dans cette campagne, que nous avons d’ailleurs porté y compris à travers les propositions que nous avons faites ville par ville, département par département, celui du pouvoir d’achat.

      Une fois que nous avons mesuré l’ampleur de la victoire, analysé les causes, que devons-nous faire de cette victoire ?

      Elle doit d’abord être utile aux Français. La victoire nous oblige à mettre en œuvre dès à présent nos propositions et ensuite à peser sur les choix du Président de la République et du Premier ministre.

      Nous exerçons un pouvoir, mais pas le pouvoir. Un pouvoir parce que nous sommes aujourd’hui en responsabilité de la plupart des grandes collectivités. Et nous avons, par les lois de décentralisations, des instruments, des leviers, des compétences, des moyens. Et nul ne peut feindre aujourd’hui de les ignorer.

      Certes, nous n’avons pas le pouvoir ; nous ne sommes pas responsables de la politique économique du pays, pas davantage de la politique de l’emploi et pas plus sur le pouvoir d’achat que sur les services publics. Nous sommes, à bien des égards même, en situation de subir les choix qui seront prochainement faits par le gouvernement. Mais, nous devons revendiquer une part du pouvoir. Nous ne sommes pas simplement une force d’opposition ; nous ne sommes pas là simplement pour empêcher, pour contredire, pour contester. Nous sommes là, investis par une majorité de nos concitoyens dans les villes, les départements et les régions, pour être immédiatement utiles.

      Nous devons avoir le souci de l’efficacité par rapport à nos engagements sur des sujets qui sont majeurs : l’accueil de la petite enfance, la lutte contre l’échec scolaire, la politique de transports, de logement, d’environnement. Sur ces questions, nous sommes en situation de responsabilité et nous devons faire des choix essentiels pour nos territoires.

      Dès lors que nous sommes conscients que nous disposons de compétences, de leviers, de moyens, de ressources, nous devons aussi travailler en coordination. C’est le souci de la cohérence qui doit s’ajouter au souci de l’efficacité. Si nous partons en ordre dispersé, si à la tête de nos départements, de nos villes, de nos régions, nous considérons que nous ne sommes tenus par rien de ce qui fait notre ensemble, de ce qui fait notre collectif, que nous sommes en droit de décider comme nous le voulons des choix pour nos collectivités, si nous prenons même des décisions contradictoires par rapport à ce que font d’autres villes, d’autres départements, d’autres régions, comment alors serons-nous regardés comme socialistes !

      C’est pourquoi je pense qu’il est utile, nécessaire, d’avoir un conseil des territoires avec la Fnesr, le PS, dans le respect de liberté de chacun. Mais avoir justement cette coordination, ce souci de porter ensemble des politiques exemplaires.

      Nous devons aussi le faire parce que nous allons subir dans les jours, les semaines qui viennent la politique du gouvernement. Déjà les dotations aux collectivités locales vont être révisées à la baisse, les transferts de charges supplémentaires vont être renvoyés sur les collectivités, les baisses d’impôts qui ont été accordées dans le cadre du paquet fiscal vont avoir des traductions y compris sur les décisions budgétaires, fiscales donc, de nos collectivités.

      Si nous y allons, là encore, en ordre dispersé face aux initiatives du pouvoir, alors nous laissons la droite nous diviser entre départements, régions, grandes villes et plus petites. Nous devons donc faire aussi preuve de clarté dans les revendications que nous allons émettre, dans la pression que nous allons exercer sur le pouvoir et dans notre capacité à faire respecter nos politiques locales.

      Nous devons faire de cette victoire un moment utile pour les Français pour peser sur les choix du Président et de François Fillon. J’écoutais cet après-midi le Premier ministre répondant à une interpellation de Jean-Marc Ayrault : finalement, les Français avaient voté et ils ne changeraient rien ! Rien sur les choix antérieurs –paquet fiscal et autres. Rien non plus sur leurs intentions pour l’avenir. Et les projets qui se préparent, aussi bien pour les retraites, la protection sociale ou les services publics –ce qu’ils appellent la modernisation de l’économie-, risquent d’avoir des conséquences graves sur les équilibres de notre pays.

      Nous devons donc utiliser la force qui est la nôtre aujourd’hui –sans la surestimer- et le mandat que nous a donné le peuple français pour faire notre travail d’opposition crédible. Nous devons faire en sorte, sur le pouvoir d’achat, sur les services publics, sur la protection sociale, d’être au rendez-vous.

      C’est la raison pour laquelle je propose que nous puissions –groupes parlementaires, parti socialiste, en liaison avec le Conseil national du Parti- mettre en place trois groupes de travail sur ce que nous savons être les sujets de l’après municipales :

      *

      D’abord les retraites et le financement de la protection sociale
      *

      Ensuite, la fonction publique et la réforme de l’Etat, avec les conséquences sur les collectivités locales
      *

      Enfin, la préparation de la présidence de l’Union européenne.

      Je veux que nous soyons une opposition qui puisse faire entendre sa voix, y compris pour être une alternative dès à présent.

      Victoire qui doit être utile aux Français, victoire qui doit être un atout pour le Parti socialiste et pour la gauche.

      J’entends parfois –il y a des esprits qui à défaut d’être pervers sont tordus- certains nous dire que cette victoire du Parti socialiste est une très mauvaise nouvelle pour le Parti socialiste. S’il avait perdu, il aurait été plus beau, plus moderne, plus renouvelé. Il a donc gagné ; c’est terrible ! On comparerait même, parfois, à la SFIO du temps d’avant Epinay ! Parce que notre victoire serait un renoncement !

      Nous aurions donc tout le pouvoir local –c’est la première fois dans l’histoire même de la Vè République depuis les lois de décentralisations- et nous aurions renoncé au pouvoir d’Etat !

      Il nous faut donc être clairs : si nous sommes puissants à travers les collectivités locales nous pourrons préparer l’alternative au plan national.

      Nous ne serons pas là simplement comme gestionnaires de nos collectivités. Nous serons là pour, à travers la confiance renforcée par nos gestions, préparer l’alternative en 2012.

      J’entends aussi que ces victoires seraient un frein à la rénovation du Parti socialiste. Finalement, il n’y aurait rien à changer au Parti socialiste puisque nous aurions gagné !

      Nous sommes lucides. Nous savons bien que ce que nous avons réussi à collecter comme suffrages, à obtenir comme confiance, provient aussi du rejet de la droite, de l’exaspération que la politique de Nicolas Sarkozy suscite chez nos concitoyens. Nous sommes clairvoyants et nous sommes aussi confiants dans le processus de rénovation pour décider de la poursuivre.

      Notre victoire doit être une étape, une étape dans la reconquête parce que ces victoires ont permis un renouvellement imposant du Parti socialiste, aussi bien sur le plan générationnel que sur le plan de la parité et de la diversité. Nous devons mettre cette victoire au service de la reconquête parce que nous devons construire un projet collectif.

      C’est une étape dans la rénovation du Parti socialiste parce que nous n’allons pas ralentir, mais accélérer ce processus à travers, notamment, les conclusions à tirer de nos forums.

      Ce doit être aussi une étape importante dans le rassemblement de la gauche. Nos victoires, nous les devons au rassemblement de la gauche. Et nous devons parfois nos défaites –il y en a eu quelques-unes- aux divisions de la gauche. La stratégie du Parti socialiste, encore confortée par les élections qui viennent de se dérouler, c’est le rassemblement de la gauche dès le premier tour et, à tout le moins, au second tour.

      Mais c’est aussi une stratégie qui doit rassembler au-delà. Mais sur la base des principes et des règles que j’avais fixés avant les élections municipales : pourront nous rejoindre tous ceux qui acceptent notre projet –cela vaut pour un projet local comme pour un projet national-, tous ceux qui acceptent toutes nos alliances à gauche et qui se situent clairement dans l’opposition à la politique de Nicolas Sarkozy.

      Voilà le fondement de la stratégie de rassemblement du Parti socialiste, et c’est cette stratégie-là qui s’est trouvée victorieuse pour les élections municipales et cantonales.

      CONCLUSION

      Au terme du processus de rénovation que nous avons engagé dès le lendemain des élections législatives, et après notre victoire, nous pourrions engager dès à présent le débat de congrès. C’était d’ailleurs aussi une proposition qui m’avait été faite, il y a un an, au lendemain de notre défaite aux élections législatives.

      J’avais considéré et je considère encore aujourd’hui que ce n’est pas le moment et que nous avons avantage à maintenir le calendrier tel qu’il était prévu, c’est-à-dire le congrès à sa date.

      Il ne s’agit pas de gagner du temps, en tout cas pas pour moi. Il s’agit d’être à la hauteur de la confiance qui nous a été accordée, du mandat que nous avons reçu.

      Nous devons tout faire dans ces trois ou quatre mois pour mener notre travail d’opposition, faire des propositions et poursuivre notre rénovation. Je vous demande à travers le texte qui vous est présenté d’aller vers le maintien du congrès à sa date, mais à une condition : que nous occupions ce temps-là pour être vraiment dans un processus de travail et dans un collectif.

      S’il s’agit finalement d’engager la préparation du congrès tout de suite, d’ouvrir dès à présent nos compétitions, alors nous ne donnerons pas l’image de travail que je souhaite. Il s’agira pour nous, sur la base du consensus, de savoir quel doit être le cadre de notre vie au sein du parti socialiste, pourquoi nous avons accepté d’être au parti socialiste, d’en respecter les règles, de faire en sorte que nous puissions, au-delà de nos différences légitimes, vivre ensemble et être une grande force, où ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare.

      Si nous ne mettons pas là la précaution indispensable, si nous fixons pas les règles qui nous permettent de vivre ensemble, on pourra avoir tous les débats de congrès nécessaires, nous n’aurons pas au lendemain de notre congrès la capacité à vivre durablement ensemble.

      Il nous faut aussi, durant ce temps-là, déterminer pourquoi nous sommes socialistes, ce que signifie être socialiste ; et c’est tout l’enjeu de la déclaration de principes. S’il s’agit simplement de dire « nous sommes socialistes, parce que nous sommes socialistes… », finalement le travail aura été assez élémentaire, pour ne pas dire frustre.

      Mais, s’il s’agit de dire pourquoi nous sommes socialistes au début de ce siècle, ce qui fait que nous avons décidé de nous engager dans une grande force qui n’est pas simplement ici en France, mais partout en Europe et dans le monde, et que signifie le progressisme aujourd’hui, alors nous pouvons non seulement nous rendre service à nous-mêmes, mais aussi être utile à tous ceux qui veulent faire avec nous un bout de chemin.

      Nous devons, dans ce temps-là, émettre des propositions par rapport aux initiatives du pouvoir.

      Voilà ce que je voulais que notre conseil national soit : un moment où nous constatons nos victoires, où nous mesurons quelle est leur portée, où nous soyons suffisamment lucides pour en connaître les causes et suffisamment conscients des enjeux qui viennent pour nous mettre au travail.

      Après plus de 10 ans passé à la tête du Parti socialiste, voilà ce que je ressens : pendant ces 10 ans-là, nous avons connu de grandes victoires et, hélas, des défaites. Ce qui nous a manqué, c’est de ne pas avoir toujours bien su assumer nos défaites et gérer nos victoires.

      C’est pourquoi, il ne va pas falloir simplement bien gérer la victoire, il va falloir bien organiser la prochaine. Faites en sorte que nous en soyons dignes.

      • [^]Re:LCR (Introduction à qui sommes nous)

        Posté par gyhelle () le 01/04/2008 à 11:24. (lien). Évalué à 2.

        - Introduction

        La barbarie menace l’avenir de l’espèce humaine. Violences sociales, guerres civiles, génocides se multiplient. C’est d’une véritable crise de civilisation qu’il s’agit. Le capitalisme cherche un nouveau souffle sur le dos des opprimés et des exploités. Au fil des mobilisations antilibérales, le refus du despotisme du capital et des marchés s’est exprimé par un cri du cœur : « le monde n’est pas une marchandise ! », « un autre monde est possible ! » Etre révolutionnaire, aujourd’hui, c’est agir pour que ce nécessaire devienne possible, par un changement radical de la logique des rapports sociaux. La mondialisation libérale veut résoudre les contradictions explosives du capital en élargissant son action à l’échelle planétaire, avec de nouvelles sources de profit, comme les services et le travail intellectuel. Le capital doit accélérer sans cesse son mouvement d’accumulation, à la fois par la construction d’un marché mondial massivement déréglementé et par la marchandisation généralisée de la force de travail. Pour mener tout cela à bien, il leur faut évidemment éradiquer les droits sociaux dans l’entreprise, démanteler les protections légales du travailleur, réduire les dépenses de l’Etat, réduire les charges de l’entreprise, ramener le contrat de travail à la nudité d’un contrat en trompe-l’œil, au strict avantage du détenteur des moyens de production. De même, face aux menaces de catastrophes écologiques et aux ravages de l’exploitation sans frein d’une nature exploitable à merci, le capitalisme contemporain n’imagine que des solutions marchandes et monétaires : écotaxe ou marché des droits à polluer. Mais peut-on résoudre les problèmes écologiques en laissant les marchés décider en fonction du cours de la bourse ; ce qui aboutit à stocker des déchets nucléaires aux conséquences imprévisibles, à modifier les équilibres climatiques, à polluer les océans et à détruire les forêts ? Comment répondre au défi énergétique sans une politique planifiée à l’échelle mondiale ? C’est une terrible guerre sociale que les riches ont déclarée aux pauvres. Et c’est une guerre tout court, « sans limite dans l’espace et dans le temps » (selon l’expression de Georges Bush) que l’impérialisme a déclarée aux damnés de la terre. Guerre impériale et guerre sociale participent de la même mondialisation libérale, deux manifestations d’un état d’exception permanent, avec son cortège de législations répressives, d’atteintes aux droits civiques élémentaires, de criminalisation des mouvements sociaux, d’agressions militaires, d’exacerbation des tensions entre les peuples et les communautés…

        « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage »

        Cette phrase de Jaurès se vérifie de façon dramatique. L’expansion permanente du capital, la concurrence de tous contre tous, le calcul égoïste déchaîné contre les solidarités, la priorité du profit sur les besoins sociaux, portent en eux les germes de la généralisation des conflits et des guerres. Aux croisades impériales du « bien » contre le « mal », aux nouvelles guerres de religions et autres purifications ethniques, nous opposons, par delà les chauvinismes de chapelle, de clocher ou de nation, la solidarité internationale des travailleurs et de tous les opprimés. Nouveaux partages impérialistes Les différents acquis et systèmes sociaux sont démantelés par la liberté sans limite accordée à la concurrence des capitaux. Loin d’apporter démocratie et progrès, le choc de la mondialisation fragmente les sociétés et nourrit les populismes réactionnaires. Cependant, les gouvernements ne sont pas les victimes impuissantes de la mondialisation capitaliste. Contrairement à ce que prétendent les tenants du libéralisme ; le rôle des Etats s’accroît non dans le domaine social mais dans leurs fonctions répressives. Les budgets militaires ne cessent d’augmenter comme ceux de la police. L’alternative à ce grand désordre ne peut être le protectionnisme qui reviendrait à fermer l’accès des pays du Sud aux marchés du Nord, alors qu’on leur impose depuis des années l’ouverture de leurs propres marchés. C’est la nature profonde du désordre capitaliste globalisé qu’on impose aux pays du Sud qu’il faut éliminer. Contre la concurrence généralisée entre les peuples, il faut aller vers une planification de l’économie mondiale fondée sur des accords de coopération, sur la stabilisation des prix mondiaux, sur une internationalisation rationnelle des échanges, sur le droit des pays du Sud à maîtriser leur insertion dans l’économie mondiale. Un tel bouleversement sera l’œuvre de l’intervention démocratique, révolutionnaire des travailleurs et des opprimés, des peuples eux-mêmes.

        • [^]Re: Re:LCR (Introduction à qui sommes nous)

          Posté par gyhelle () le 01/04/2008 à 11:24. (lien). Évalué à 4.

          [:haha] Hollande est plus subversif que la LCR

          [^]Voeux à la presse de Nicolas Sarkozy - 12 janvier 2006

          Posté par ptifeth (page perso, ) le 01/04/2008 à 13:43. (lien). Évalué à 2.

          Mesdames et Messieurs,

          Permettez-moi d'abord d'adresser à chacun d’entre vous, ainsi qu’à vos familles et aux organes de presse que vous représentez, des vœux de bonne année 2006.

          Plus que jamais, la France a besoin de comprendre que le vaste monde change, bouge, innove, invente. Elle ne peut demeurer immobile ou se contenter de demi réformes. Pour faire la course en tête, la France doit travailler davantage, se réformer davantage, innover davantage, s'ouvrir davantage.

          Le risque ce n'est pas d'oser, le risque c'est de penser que l'on peut survivre à la compétition sans faire les mêmes efforts que les autres. Le risque c'est de ne pas être lucide.

          Sans sous-estimer les succès réels que la France a rencontrés au cours de l’année 2005, nul ne peut contester que l’année écoulée a constitué à d'autres égards une année difficile pour notre pays. Le non au référendum a confirmé la profondeur de l’exaspération, des inquiétudes et du désarroi des Français. Les violences dans les banlieues ont pour leur part souligné l’étendue de l'échec de nos politiques publiques depuis trente ans.

          Aujourd'hui, les Français aspirent à un nouvel espoir. Cet espoir sera la conséquence des débats politiques nombreux, approfondis, sans tabou que je souhaite pour que notre démocratie soit vivante.

          ***

          La sécurité reste une préoccupation prioritaire des Français. En 2005, pour la troisième année consécutive, la délinquance a reculé -de 1,30% pour la délinquance générale, de 4,75% pour la délinquance de voie publique- soit, depuis 2002, une baisse de la délinquance générale de 8,2% contre une augmentation de 13,92% entre 1998 et 2001, et une baisse de plus de 20% de la délinquance de voie publique. En quatre ans, la politique du gouvernement aura permis d'éviter plus de 765 000 victimes. Le taux d'élucidation continue pour sa part de s'améliorer, passant de 26,27% en 2002 à 33,21% en 2005.

          Pour 2006, j'ai fixé comme objectifs globaux une baisse de 3 % de la délinquance et un taux d'élucidation porté à 35%. Cela fera sur 4 ans une baisse de la délinquance de plus de 11 % et une augmentation du taux d'élucidation de 33 %.

          Outre bien sûr l'impératif absolu que représente notre action contre le risque terroriste, j'ai défini six priorités sectorielles, des priorités qui correspondent au besoin d'autorité qu'expriment les Français, à leur désir que la règle soit respectée par tous, qu'ils puissent se déplacer sans être inquiétés, que leurs enfants puissent aller à l'école sans qu'ils soient préoccupés, que la Justice soit rendue comme le législateur l'a voulu, en prenant d'abord en compte le sort des victimes.

          - La création d'une police ferroviaire d'abord.
          La nécessité d'un renforcement de la sécurité des voyageurs dans les transports en commun m'est apparue dès 2002, puisqu'en arrivant au ministère j'ai constaté que la délinquance dans les transports publics de la région parisienne avait bondi de plus de 30% au cours des deux années antérieures. C'est ce qui m'a conduit à créer un service unifié de sécurité des transports en Ile-de-France doté de 1 200 hommes. En 2005, j'ai étendu cette organisation à Lyon, Lille et Marseille. Ces efforts n'ont pas été sans effet puisque depuis 2002 le nombre des infractions relevées dans les transports ferroviaires a baissé de 34 % passant de 10 150 à 6 679. La réalité de l'insécurité dans les TER, illustrée par les événements survenus dans le Nice-Marseille le 1er janvier, doit conduire à généraliser cette démarche. Une police ferroviaire sera donc créée cette année. Elle sera animée par la direction centrale de la police aux frontières et sera forte, d'ici décembre 2006, d'un total de 2 500 fonctionnaires et militaires de la gendarmerie. Aujourd'hui même, cette présence renforcée est mise en œuvre en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

          - Le renforcement de la sécurité à l'école. Cela ne dépend certes pas que du ministère de l'Intérieur. Mais il ne faut pas que nous nous voilions la face. L'actualité nous apporte chaque jour des indications préoccupantes sur l'insécurité à l'école, et cela pour les enseignants aussi bien que pour les élèves. Je veux dire que la police et la gendarmerie sont à la disposition de la communauté éducative. Elles sont prêtes à resserrer les liens avec les enseignants, à faire des permanences au sein des établissements. C'est localement que les formules adaptées doivent être trouvées.

          - Une lutte résolue contre les bandes qui font régner leur loi dans certains quartiers.
          Les trafics de tous ordres rendent dans certaines cités la vie impossible. Il faut les faire reculer de façon plus radicale. Le renforcement permanent des effectifs de police qui y sont affectés par 20 compagnies républicaines de sécurité et sept escadrons de gendarmerie mobile, soit environ 2 000 hommes, est une première réponse. Une deuxième réponse réside dans l'intensification du travail de police judiciaire. Les GIR ont obtenu d'excellents résultats. Leurs méthodes de travail doivent être développées à l'échelon des quartiers. Le rapprochement des données de la police, de la douane, des services fiscaux, met en évidence les suspicions d'enrichissement irrégulier et permet d'orienter les enquêtes. Une troisième réponse est à rechercher dans la création d'une réserve citoyenne de la police nationale. D'ores et déjà, il existe une réserve opérationnelle faite de jeunes retraités de la police. La réserve citoyenne sera constituée de citoyens, qui comme les sapeurs pompiers volontaires veulent donner un peu de leur temps pour apporter leur contribution à la création d'une meilleure sécurité. Ils seront agréés par la police, porteront des signes distinctifs. Bien sûr ils n'auront aucune prérogative de puissance publique, ne seront pas armés, ne participeront à aucune mission de police, mais ils effectueront des missions de médiation, de relation avec la population, de sensibilisation à la loi et à la bonne conduite. Je propose que dès cette année nous ayons 1 000 volontaires.

          - La lutte contre les violences aux personnes.
          Elles ne représentent qu'un peu plus de 10% de la délinquance générale. Elles sont élucidées à plus de 57%. Les plus graves d'entre elles sont en baisse : les homicides, les violences sexuelles (- 9%), les vols à main armée (- 11, 92%). Globalement, cependant, elles ont augmenté l'an dernier de 4,97%, notamment du fait des coups et blessures volontaires. Nous sommes là face à deux phénomènes : la montée de l'agressivité dans les rapports entre les personnes et les violences intrafamiliales. Je souhaite que nous nous attaquions en 2006 à ce type de violences. A cette fin, je compte doubler le nombre de travailleurs sociaux dans les commissariats. Ils sont 25. Ils seront 50 à la fin de l'année. J'ai également décidé d'expérimenter la création dans les départements d'Ille-et-Vilaine, de Seine-Maritime et des Yvelines d'emplois de psychologues afin d'aider nos agents à réduire les situations de tension et d'agressivité auxquelles ils ont à faire face. Cette expérience débutera la semaine prochaine. Si dans les trois mois, les résultats sont concluants, la démarche sera généralisée à tous les grands services. Pour ce qui est des violences à l'intérieur du cercle familial, des services spécialisés sont en cours de développement depuis l'automne sur l'ensemble du territoire. Je crois cependant que des mesures nouvelles s'imposent. Des mesures pratiques : c'est le sens de la circulaire que le Garde des Sceaux et moi-même nous apprêtons à adresser aux préfets et aux procureurs afin qu'en cas de violences conjugales, ce soit l'auteur des faits qui quitte le domicile et non la victime. Des mesures législatives aussi. La loi adoptée le 15 décembre en première lecture va dans le bon sens, mais elle ne suffit pas. Mon projet de prévention de la délinquance sur lequel je reviendrai dans un instant prévoira la répression aggravée des violences habituelles au sein du couple, l'injonction de suivi thérapeutique pour le conjoint violent, l'injonction d'éloignement du domicile dans le cadre de l'alternative aux poursuites. Même au sein du cercle familial, une victime est une victime. Elle doit être notre priorité.

          - La recherche 'une nouvelle réponse à la délinquance des mineurs.
          Là encore, il faut être réaliste. Les mineurs d'aujourd'hui ne sont plus ceux qui étaient visés par l'ordonnance de 1945. L'ordonnance de 1945 aboutit de fait à l'impunité dans de trop nombreux cas. Il ne s'agit pas d'envoyer les mineurs en prison. Je dis seulement que si un mineur ne reçoit pas, et très rapidement, un signe que ce qu'il a fait est contraire à la règle, il aura bien des difficultés à distinguer le bien du mal, le droit de l'interdit. Ce n'est jamais rendre service à un enfant ou à un adolescent que de ne pas lui apporter de limites. C'est prendre le risque de l'ancrer dans la délinquance. Je propose d'abord que les mineurs délinquants comparaissent dans des délais très brefs, immédiatement même lorsque les circonstances de l'infraction sont claires. Je propose ensuite qu'ils reçoivent systématiquement une réponse de la société après un acte délictuel. Pour cela, il faut diversifier la gamme des décisions à la disposition des juges : placement en internat, sanction éducative, centres d'éducation adaptés permettant une action pédagogique et civique, rappel à la loi, réparation. Il faut aussi remplacer la succession sans fin des admonestations. Le mineur qui revient plusieurs fois devant le juge pour des dégradations de véhicules doit faire l'objet d'une décision qui ne peut plus se limiter à un avertissement sans frais.

          - La fin de la violence dans les stades.
          Les comportements de violence, de haine raciale que l'on peut observer dans les stades, notamment de football ou à leurs abords, sont insupportables. Dans quelques jours, la loi permettra d'appliquer une interdiction administrative de stade, à l'initiative des Préfets. D'autres dispositions seront, en 2006, ajoutées à notre arsenal législatif : celle d'assortir automatiquement la condamnation d'interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte sportive, de l'obligation de se rendre dans un service de police au moment du match afin que l'interdiction soit bien suivie d'effet, celle d'une obligation des clubs de veiller au bon fonctionnement des systèmes de vidéo-surveillance, celle de l'interdiction d'introduire ou d'utiliser des fusées à l'intérieur des stades. Je souhaite également généraliser les dispositifs techniques permettant le contrôle des personnes et de la billetterie à l'entrée dans les stades. J'ai décidé, enfin, de nommer au sein du ministère un "Monsieur football". Ce sera Michel LEPOIX, commissaire divisionnaire, qui aura la charge des relations avec le milieu sportif.

          ***

          Pour inscrire dans la durée le retour à la sécurité, une seconde étape, complémentaire, est nécessaire : la mise en œuvre d’une politique globale et cohérente de prévention de la délinquance. Une telle politique n’a jamais été développée en tant que telle. Elle est indispensable.

          Je présenterai dans les semaines qui viennent un plan national de prévention de la délinquance et je me réjouis de l'accord que m'a donné le Premier ministre d'en proposer au Parlement la déclinaison législative. J'aurai l'occasion d'y revenir. Permettez-moi de citer à titre d'exemples des avancées à mon sens importantes que ce projet comportera :

          - Les moyens d'assurer le respect de l'obligation scolaire sans lequel un enfant perd toute chance de réussir et de s'épanouir. Comment ? En rappelant aux caisses d'allocations familiales l'obligation qui est la leur de ne verser les allocations familiales que sur présentation d'un certificat de scolarité, et en leur demandant de transmettre aux maires qui ont la charge de recenser les enfants d'âge scolaire toutes les informations dont elles disposent. Il faut savoir en effet que si certains enfants ne sont pas assidus à l'école, certains n'y sont même pas inscrits.

          - La détection précoce à l'école des troubles du comportement. Toutes les études prouvent le lien entre ces troubles, le plus souvent dus à l'environnement de l'enfant du reste et la délinquance. Pour cette raison et pour l'épanouissement de l'enfant, il faut donc détecter les troubles et les soigner. Comment ? Eh bien, les enseignants doivent être formés à cette détection et des services médicaux doivent être investis d'une mission de prise en charge. Ces services sont la P.M.I et les structures de pédopsychiatrie qui sont en mesure d'apporter le soutien psychologique nécessaire. Ce n'est pas le cas. Ce doit l'être.

          - Une meilleure préparation des sorties d'essai des personnes hospitalisées en milieu psychiatrique. La sortie d'essai s'inscrit dans le parcours médical. Trop d'incidents cependant conduisent à penser que s'agissant de personnes hospitalisées d'office, donc après une atteinte à la sécurité, elle doit s'accompagner de prescriptions médicales précises et d'une information du maire.

          - Une extension aux supports audiovisuels de la protection des mineurs prévue pour les publications écrites à l'égard de la pornographie, du crime et de la haine raciale. Les éditeurs de publications écrites apposent sur les ouvrages comportant ces risques une mention d'interdiction de mise à disposition des mineurs. Il semble normal que les professions de l'image s'organisent pour faire de même.

          ***

          Autre grand projet du ministère en 2006 : l'immigration.

          Dans les grandes démocraties occidentales, l'immigration est le plus souvent considérée comme un facteur de dynamisme. Elle évoque la possibilité de faire venir des talents et des compétences. Chez nous, l'immigration garde une connotation négative parce qu'elle n'est pas suffisamment régulée, trop peu liée à nos besoins économiques, et non assortie d'une politique d'intégration ambitieuse.

          La loi du 26 novembre 2003 a permis de mettre un premier frein à la dérive des flux d'immigration créée par la loi Reseda de 1998 et d'augmenter significativement le taux des reconduites à la frontière, tout en réformant la double-peine. Nous sommes passés de 10 000 reconduites à la frontière en 2002 à 20 000 en 2005. J'ai fixé un objectif de 25 000 pour 2006, que la mise en œuvre progressive des visas biométriques devrait permettre d'atteindre.

          J'ai donné instruction aux préfets d'agir avec fermeté. Je leur ai aussi demandé de faire preuve de discernement et d'humanité, en les invitant par exemple à permettre aux enfants scolarisés d'achever leur année scolaire. Mais, en ce domaine comme dans d'autres, l'humanité ne peut se départir de la responsabilité.

          Une nouvelle étape doit être mise en œuvre : celle d'une immigration choisie et d'une intégration réussie.

          Je dis d'intégration réussie car nous avons lieu de nous réjouir des réussites de toutes ces personnes issues de l'immigration, d'Afrique ou d'Asie, qui, malgré les difficultés objectives de leur condition, réussissent dans leur vie en France et nous apportent leur différence, leur créativité et leur joie d'être Français ou d'espérer le devenir.

          Le projet de loi sur l'immigration et l'intégration que je présenterai au conseil des ministres dans le courant du mois de février comportera les cinq mesures principales suivantes : la fixation d'objectifs chiffrés en matière de flux migratoires, déterminés en fonction des capacités d'accueil de la France ; des mesures facilitant la venue de travailleurs qualifiés dont nous aurions besoin, d'étudiants, de chercheurs et de professeurs d'université ; une réforme du regroupement familial conforme au bon sens, c'est-à-dire permettant réellement aux migrants de s'intégrer (respect des procédures ; conditions de logement et de ressources adaptées à la composition des familles) ; la généralisation et l'intensification du contrat d'accueil et d'intégration, dont le respect deviendra une condition obligatoire au séjour en France ; des moyens d'éviter les détournements du mariage à des fins d'immigration clandestine.

          En aucun cas, cette politique d'immigration choisie ne doit aboutir à la fuite des cerveaux des pays d'origine. Ceux que nous accueillerons devront rendre à leur pays d'origine, sous une forme ou sous une autre, le bénéfice de la formation ou de l'expérience professionnelle qu'ils auront acquise en France. Et nous tiendrons compte de l'intérêt des pays d'origine dans les autorisations de séjour que nous accorderons. C'est une différence majeure avec la politique de certains de nos partenaires développés et je souhaite que la France porte ce débat dans les instances européennes et internationales. Le développement des pays pauvres doit rester un objectif majeur.

          J'ajoute que le texte que je prépare ne modifie pas les dispositions relatives aux étrangers malades.

          ***

          Au seuil de cette nouvelle année, mes vœux s’adressent aussi à nos compatriotes d’outre-mer, qu’ils se trouvent dans leurs territoires d’origine ou en métropole. Permettez-moi, aussi, d'avoir une pensée toute particulière pour les victimes de la catastrophe aérienne du 16 août 2005 qui a endeuillé la Martinique et la France dans son ensemble.

          La France et les départements et territoires d'outre mer entretiennent des relations souvent passionnées et qui ont pu être marquées de malentendus alimentés par une histoire douloureuse qui avive les questions identitaires. Malgré les différences, nous appartenons à une même nation. Les départements et territoires d'outre-mer ont besoin de la France, et la France a tout autant besoin d'eux. Ils font partie de nous mêmes. Eh bien il faut parler des malentendus et dialoguer dans le respect mutuel. Ceux qui sont nés à l’occasion des débats sur la loi du 23 février 2005 doivent être levés. Ce débat aura eu le mérite de nous permettre de condamner à nouveau sans appel l'horreur de l'esclavage ; esclavage que Victor Schoelcher qualifiait justement de "crime de lèse-humanité".

          Pour moi, la réécriture de l'article 4 doit avoir, au moins, deux objectifs. Le premier est celui d'écarter la référence ambiguë à "l'outre-mer" puisque le texte ne vise pas l'outre-mer au sens de notre actuelle Constitution, mais des territoires qui ne sont plus rattachés aujourd'hui à notre pays (anciens départements français d'Algérie, Maroc, Tunisie notamment). Le second objectif est de préciser que les programmes scolaires accordent à l'histoire de la présence française dans ces territoires la place conséquente qu'elle a eu ; pas plus, pas moins.

          Il ne faut pas, en tout état de cause, que ces questions nous empêchent d’avancer sur les sujets qui touchent à la vie quotidienne des ultramarins et pour lesquels les attentes sont fortes : la sécurité, l'emploi, l'immigration, le logement ou encore la santé.

          Il faut poser les bases d'une nouvelle politique pour l'Outre-Mer. Elle doit être éloignée du clanisme, de la compassion et de l'assistanat pour faire place au respect, à la dignité et au développement. C’est dans cet état d'esprit, que je me rendrai en Guadeloupe et en Martinique, au mois de mars, afin d'apporter des réponses concrètes aux problèmes quotidiens des Antillais, à commencer par celui de la sécurité. Je n'évacuerai pas des sujets sensibles tels que celui de la continuité territoriale ou celui des zones franches.

          ***

          Lorsqu' à la fin de l'année 2004, j'ai été élu à sa présidence, j'ai engagé l'UMP dans une politique de soutien et d'inspiration de l'action du gouvernement. J'ai souhaité que dans le domaine des propositions, l'UMP soit devant le gouvernement. De nombreuses propositions formulées par l'UMP ont été mises en œuvre ou annoncées par le gouvernement et le Président de la République. Je m'en réjouis.

          L'UMP souhaite que le gouvernement continue à s'inspirer de ses propositions. A titre d'exemple, je souhaite que soient retenues quatre propositions :

          - celle d'expérimenter dans trois universités, une réelle autonomie, car c'est le seul moyen de réconcilier notre système universitaire avec les meilleurs standards internationaux et de faire entrer notre pays de plein pied dans l'économie de la connaissance et de l'innovation.

          - celle d'apporter de nouvelles réponses aux préoccupations lancinantes des Français en matière de pouvoir d'achat, dans la fonction publique en permettant aux fonctionnaires qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus, et dans l'entreprise en exonérant de charges sociales les heures supplémentaires. Ce sera une démarche gagnant-gagnant : cela abaissera leur coût pour les employeurs tout en accroissant les revenus nets perçus par les salariés.

          - Une loi sur le service minimum garanti dans les transports en commun. Les grèves récentes et répétées sur certaines lignes du RER en ont confirmé la nécessité.

          - Un plan pluriannuel de non remplacement de la moitié des fonctionnaires partant à la retraite. L'économie dégagée doit être affectée pour moitié au pouvoir d'achat des fonctionnaires et pour moitié à la réduction du déficit. La situation d'endettement de la France devient insupportable. Avec la revue des programmes, c'est le seul moyen de l'aborder sérieusement.

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          Tout au long de 2006, l'UMP continuera d'avancer des idées nouvelles. Une dizaine de Conventions thématiques sera organisée à cette fin d'ici septembre 2006. J'en citerai trois.

          D'abord la convention sur la culture, le 24 janvier prochain avec notamment la question des nouvelles technologies.

          Celles-ci sont une chance pour l'accès de tous à la culture, la découverte de nouveaux talents, la diffusion de la culture française dans le monde. Ce serait donc doublement fautif si Internet aboutissait à assécher la création et empêcher les artistes de vivre de leur travail.

          La licence globale n’est pas une solution viable, non seulement parce que son montant ne sera jamais assez élevé, mais surtout parce que les artistes et les ayants droits veulent - à juste titre - être rémunérés selon leur talent et leur travail et pas de manière collectiviste. Aucun autre pays au monde n’a retenu cette solution. Mais je crois aussi qu'il faut proportionner les sanctions à la réalité de la faute et du préjudice, garantir dans des conditions simples que les mesures techniques de protection ne font obstacle ni à l’usage normal des biens par les consommateurs, ni à la recherche et à l'innovation française, ni au développement de l’offre légale sous toutes ses formes. A cet effet, il faut réfléchir à la création d'une agence de soutien au développement des services d'offre légale en ligne, capable de trancher les conflits entre les ayants droits et les internautes qui veulent créer ces services, et de mobiliser les financements nécessaires à cette fin. Cela permettrait une transition progressive vers cette nouvelle économie et l’adaptation en douceur de chaque acteur. Je verrai lundi prochain, en coordination avec le ministre de la culture, des représentants des parties concernées.

          Le 1er février, l'UMP tiendra une Convention sur l'école, un sujet sur lequel les attentes de nos concitoyens sont majeures.

          D'autres conventions sont d'ores et déjà prévues qui porteront sur la santé, la justice, le sport, l'outre-mer, les institutions… sans oublier le logement, autre préoccupation majeure de nos concitoyens dont l'aspiration à devenir propriétaire est loin d'être actuellement satisfaite.

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          Conformément aux engagements que j'avais pris en novembre 2004, une réforme de nos statuts, soumise depuis quelques jours au vote de nos militants, permettra à tous les adhérents de l'UMP de choisir le candidat ou la candidate que l'UMP soutiendra pour la prochaine élection présidentielle.

          L'organisation des Conventions permet d'associer nos militants à l'élaboration de notre projet. A l'automne 2006, une "Convention du projet" fera la synthèse de l'ensemble de nos débats et travaux avant que le Conseil national n'adopte les grandes orientations du projet législatif de l'UMP pour 2007. Les dix propositions principales de ce projet seront soumises au vote des militants.

          Internet joue un rôle croissant dans la démocratisation de l'UMP. 30 000 adhérents nous ont rejoint par internet. Et nous allons créer, au cours du deuxième trimestre 2006, la 105ème fédération de l'UMP : la fédération UMP direct, sur le web.

          L'UMP a été très active au cours de l'année 2005 et elle a tenu ses engagements. C'est pourquoi nous avons dépassé largement l'objectif de 200 000 adhésions que je m'étais fixé, et que l'UMP comptait 216 000 adhérents au 31 décembre 2005. J'ai fixé le cap pour 2006 à 300000.

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          Dans un an, en janvier 2007, le temps sera venu des grandes décisions à prendre pour dessiner l'avenir de notre pays pour les cinq années suivantes. De nombreuses questions se poseront. Trois d'entre elles apparaissent déjà avec évidence.

          La première est celle des institutions. Je ne crois pas que nos institutions soient la cause principale de nos problèmes. Je veux dire ici mon attachement aux institutions de la Vème République.

          Cela ne signifie pas qu'il ne faille pas aménager la Constitution. Il faut en particulier tirer les conséquences du renforcement de la place et du rôle du Président de la République par le quinquennat.

          Du fait du quinquennat, plus que jamais le Président de la République est la clé de voûte de nos institutions. Il a la légitimité du suffrage populaire dans son expression la plus universelle. En même temps cette considération me conduit à ajouter que le futur président ne pourra être que différent de ceux qui l'ont précédé : il devra s'engager non seulement sur les grandes options mais aussi sur tout ce qui concerne la vie quotidienne des Français, sur leurs souffrances, sur leurs aspirations. Il devra davantage engager sa responsabilité. Il devra prendre des engagements. Expliquer comment et avec qui il les mettra en œuvre.

          Le nombre de mandats présidentiels devrait être limité à deux à partir de la prochaine élection présidentielle, car l'énergie que l'on met à durer, on ne la met pas à faire. Or, c'est "faire" qui est le premier devoir d'un Président. En outre, avec de telles responsabilités, exercées quotidiennement, 10 ans de pouvoir est un horizon suffisamment ambitieux.

          L'étendue des pouvoirs présidentiels exige ensuite que le Président rende plus régulièrement des comptes à la Représentation nationale. Je suis pour que le Président de la République puisse venir expliquer directement sa politique aux parlementaires et pour que ceux-ci puissent demander à débattre des questions touchant la politique étrangère, la défense et la politique européenne.

          Les contrepouvoirs au pouvoir présidentiel doivent être renforcés, voire créés. Il faut que le Parlement puisse débattre avec le gouvernement des orientations de la politique gouvernementale et, le cas échéant, les amender. Aujourd'hui, on utilise à cette fin des dispositions législatives dépourvues de caractère normatif, ce qui est à l'origine d'une grande confusion juridique. Il faudrait inscrire dans la Constitution la possibilité pour le Parlement d’adopter des « résolutions », c'est-à-dire des textes de portée politique non normatifs. Enfin, le Président de la République ne doit pas monopoliser entre ses mains toutes les nominations de la République. Je propose que les parlementaires de la majorité, mais aussi de l’opposition, prennent une part active dans les nominations les plus importantes grâce à un mécanisme d'auditions publiques se concluant par un vote à la majorité qualifiée des commissions compétentes. C'est au surplus indispensable pour rendre plus transparent, plus moderne, plus ouvert le processus de nomination des hauts fonctionnaires de l'Etat.

          Je pense que la fonction de Premier ministre doit être conservée, comme outil nécessaire à la coordination de l'équipe gouvernementale. Une nouvelle rédaction de la Constitution devrait prévoir que le Premier ministre "coordonne l'action du gouvernement" alors que le texte actuel dispose qu'il la "dirige". Le gouvernement devrait être limité à une quinzaine de ministres pleins et le nombre de départements ministériels, ainsi que leurs attributions, fixés par une loi organique.

          Enfin, il est plus que temps d'ouvrir l'accès du Conseil constitutionnel aux citoyens. Je propose qu'à l'occasion d'un procès, tout plaignant qui estime que la loi en vertu de laquelle il risque d'être condamné est contraire à la Constitution puisse soulever une exception d'inconstitutionnalité. Si le Président de la juridiction estime que le motif est sérieux, il décide de surseoir à statuer et saisit le Conseil Constitutionnel.

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          La deuxième question déterminante est celle de l'Europe. Elle a besoin d'institutions efficaces, de frontières stables et d'un nouvel élan.

          Il faut doter l'Union européenne des institutions nécessaires à son fonctionnement. Le traité constitutionnel n'a pas été ratifié par les Français. Force est de constater qu'il n'y a pas de plan B. Chacun doit prendre maintenant ses responsabilités.

          Il y avait, dans le projet de traité, après le remarquable travail de concertation et de recherche d'une vision européenne conduit par Valéry Giscard d'Estaing, un certain nombre de progrès institutionnels qui faisaient l'objet d'un consensus, comme la présidence stable, l'extension du vote à la majorité qualifiée et de la co-décision, le ministre des affaires étrangères européen. Nous devons établir, à partir du texte initial, un texte plus court, fondé sur la première partie du traité, un texte qui finalement ait pour seul objet d'organiser le fonctionnement de l'Europe à 25. Une mission d'évaluation pourrait, dès cette année, et aux fins d'élaborer ce texte resserré, faire le tour des capitales européennes pour y rencontrer les gouvernements, les parlements nationaux, les partis politiques et les représentants des sociétés civiles. Je propose que ce texte resserré et consensuel fasse l'objet, le moment venu, d'une approbation par le Parlement.

          L'échec des référendums français et néerlandais a été en partie provoqué par l'hostilité des peuples à une Europe sans frontières. Je regrette que les dirigeants européens n'en aient pas tenu compte. Je crois nécessaire de ne plus procéder à de nouveaux élargissements, tant que de nouvelles institutions n'ont pas été adoptées. Je souhaite aussi le lancement d'une procédure d'élaboration d'un statut de partenaire stratégique de l'Union européenne, pour ceux de nos voisins qui n'ont pas vocation à en être membre.

          Je souhaite enfin -sur un plan qui n'est pas institutionnel, mais davantage politique- que dans le respect de chacun des membres de l'Union, et en pleine association avec eux nous fassions en sorte que les 6 principaux pays (l'Allemagne, le Royaume Uni, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et la France) qui représentent 75 % de la population de l'Union, jouent un véritable rôle de moteur de l'Union Européenne.

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          La troisième question est celle de la profondeur des changements nécessaires à notre pays.

          Ma conviction est que la France a besoin de beaucoup changer, non pas pour se diluer dans le village planétaire, faire table rase du passé, cloner un modèle étranger, mais au contraire pour se retrouver, renouer avec les valeurs qui sont les siennes, et qui font qu'elle ne ressemble à aucun autre pays, et prendre un nouveau départ.

          La France est heureuse quand elle est grande et elle est grande quand, parce qu'elle est pleinement préparée aux défis de son époque, elle peut prendre une part active à l'édification du monde nouveau. Les soubresauts de notre grandeur suffisent de moins en moins à dissimuler l'étendue du terrain perdu.

          La France est indissociable de son Etat. Mais son Etat est impuissant, engoncé dans sa dette et segmenté dans ses structures. Il faut lui aussi le retrouver dans toute sa cohérence et sa plénitude. L'Etat, ce n'est pas seulement des institutions, un appareil administratif et un budget. C'est une communauté d'appartenance, c'est le lien politique et juridique qui fait la nation ; c'est le fil conducteur qui relie passé, présent et avenir ; c'est enfin le garant de l'équité entre les individus, entre les générations et entre les territoires.

          La France est un idéal de fraternité. Mais elle est de plus en plus fractionnée et ses liens sociaux n'ont jamais été aussi distendus.

          Tout cela n'est pas le fruit de la fatalité, ni d'un monde qui a changé trop vite autour de nous. La France a tous les atouts pour retrouver son rang en Europe et dans le monde. Elle a tous les talents pour tirer partie de la mondialisation. Son peuple aspire à retrouver une cohésion nationale.

          Encore faut-il qu'elle le décide et qu'on lui dise avec clarté et franchise les enjeux et les objectifs !

          2006 sera une année d'action. Je forme le vœu que ce soit aussi une année de préparation de l'avenir.