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Journal : Sur la philosophie de M. Stallman

Posté par sokol () le 17 mai 2008
Il est bien connu dans le monde du logiciel libre qu'il existe deux points de vue sur le bien apporté par, ou sur les motivations les plus profondes de ces logiciels. Le premier point de vue, celui de M. Stallman, dit que ce qui est le plus important ce sont les 4 libertés fondamentales offertes par le libre (http://www.gnu.org/philosophy/philosophy.html) et défendues par la licence GPL (http://www.gnu.org/licenses/gpl.html). Le deuxième point de vue n'a pas de promoteur emblématique qui l'aurait érigé au rang d'une philosophie. Néanmoins, on trouve beaucoup d'acteurs du libre de premier plan comme Linus Torvalds (créateur et leader de Linux) ou Theo de Raadt (créateur et leader d'OpenBSD) qui semblent l'incarner de façon la plus perceptible et à qui on attribue traditionnellement la position suivante : le plus important c'est la nouvelle façon de travailler autour du libre qui peut conduire, entre autres, à une excellence technique hors paire ou encore à une souplesse de développement ou d'utilisation inégalée. De temps en temps des discussions ardentes (flamewars) apparaissent ci et là entre les représentants de chaque camp.

Dans cette note je voudrais exprimer, à qui veut l'entendre, mon désaccord avec l'attaque de M. Stallman contre les logiciels non libres. Car, s'il s'agit pour lui de défendre les logiciels libres et nos libertés c'est bien contre un ennemie tout désigné - des logiciels non libres ou propriétaires. Donc une fois de plus, malheureusement, un idéal radieux (les 4 libertés) nous indique implicitement le grand satan (logiciel propriétaire) qu'il faut combattre. Pour M. Stallman c'est une question d'éthique. Le logiciel propriétaire est anti-éthique voire anti-social car il nous prive de nos libertés, dit-il. Et pour cette raison le logiciel propriétaire devrait, selon lui, être banni de la société. Ceux qui ne soutiennent pas ce point de vue n'auraient rien compris dans la philosophie et le combat du libre. C'est cette immaturité social qu'il reproche vigoureusement aux acteurs du libre qui ne veulent pas le rejoindre dans ce combat idéologique pour les libertés. Et cela marche ! J'ai vu un exemple où un adepte de libre s'est excusé d'avoir utilisé en urgence un logiciel propriétaire d'OCR. Cela m'a fait rougir de honte. M. Stallman a réussi un travail titanesque. Il a suffisamment déplacé les accents dans les notions de Bien et de Mal pour que un nombre important de gens croient qu'utiliser des logiciels propriétaires c'est MAL.

Ce que je reproche à M. Stallman c'est cette sorte de diabolisation du logiciel propriétaire. Qualifier ces logiciels de anti-éthique c'est tirer un peu trop fort sur la notion "éthique". Sur ce plan, nous pouvons considérer les deux types de licence (libre et propriétaire) être sur le pied d'égalité. Les deux offrent certaines jouissances dont celle qui intéresse un utilisateur en première lieu - des fonctionnalités particulières de traitement de l'information, en échange de certaines contre-parties, numéraires ou comportementales. C'est dans les habitudes et même dans les bases de sociétés modernes - une possibilité de poser une offre sur la table et laisser le libre choix de l'accepter ou non à la partie adverse. Ce que font précisément les deux types de logiciel. De manière générale, ce qui n'est pas éthique c'est de miner les bases de la société. Dans notre cas c'est d'influer sur la libre acceptation de l'offre par des méthodes répréhensibles. Le racket est un bon exemple de ce qui est anti-éthique (amis de racketiciel.info bonjour ! ;) Mais tous les logiciels propriétaires ne font pas du racket, loin s'en faut.

Le pendant terminologique de cette extension un peu trop forte de la notion d'étique est l'utilisation du mot Liberté dans la description de l'offre des logiciels libres. Là aussi je trouve qu'il exagère un peu mais dans l'autre sens maintenant. Prenons deux-trois exemples. Un auteur qui autorise une édition à copier et distribuer son œuvre ne rend pas une liberté à cette édition, nous ne décrivons pas cette situation en terme de Liberté. Un développeur qui signe un contrat dans une SSII et lui autorise à examiner, modifier et distribuer son code ne libère pas cette SSII de ses chaînes. Cela serait parfaitement ridicule de dire cela. Dans tous ces cas on parle plutôt de permissions, de possibilités, de droits à la fin. Mais le terme "liberté" n'a pas cours ici. Alors pourquoi ces mêmes permissions deviennent des Libertés, fondamentales qui plus est, dans le cas des logiciels libres ?

Ma version de réponse à cette question est qu'avec les quatre permissions, même fondamentales, on ne galvanise pas les foules aussi bien qu'avec les quatre Libertés fondamentales. En plaçant le combat sur le terrain idéologique M. Stallman cherche à disqualifier en quelque sorte son adversaire et gagner par forfait. Je pense que le libre n'a pas besoin de cela. Il peut très bien gagner la préférence des utilisateurs par ce qu'il offre aussi bien en terme de qualité (fonctionnalités, innovations, stabilité etc.) qu'en termes de vie de logiciel (pérennité, évolutivité, intégration plus facile etc.).

Le fait que des licences propriétaires n'offrent pas les mêmes permissions que GPL ne les rend pas anti-éthiques ou anti-sociales. Elles ne nous privent pas des libertés, elles ne nous offrent pas les mêmes permission que GPL. Mais aucune loi ni morale communément acceptées dans les sociétés modernes n'obligent les ayant droits à inclure ces permissions dans leurs licences. Nous sommes libres de les accepter ou les refuser telles quelles. Dès ce moment, tout le monde peut jouer dans la même cour selon les mêmes règles. Ce n'est peut être pas très héroïque ni philosophique mais c'est honnête.

Pour terminer et pour ceux qui seraient tentés de dire que je suis payé par Microsoft pour mener cette attaque contre St. RMS, je me présente brièvement. Je travaille dans la recherche public, je suis un utilisateur de Linux depuis 1996 et même si je n'ai pas écrit de logiciel libre mondialement connu et utilisé, à mon modeste niveau je fais la promotion du libre dans mon milieu professionnel. Je suis également un abonnée à la liste Detaxe qui combat le racket des licences préinstallées ou vendues de force avec un matériel informatique. Je considère que les permissions données par GPL et son mécanisme de les garantir sont très utiles et efficaces pour le libre. C'est juste la diabolisation du propriétaire qui me pose problème.

Sergueï.

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L'éthique à l'heure du numérique

Posté par patrick_g (page perso, ) le 17/05/2008 à 09:09. (lien). Évalué à 10.

>>> Le fait que des licences propriétaires n'offrent pas les mêmes permissions que GPL ne les rend pas anti-éthiques ou anti-sociales.

Je n'ai pas la même opinion que toi et je vais essayer de te convaincre.

Prenons l'exemple du pain. Si je suis détenteur d'un morceau de pain alors je peux soit le manger, soit le donner à quelqu'un d'autre. Qu'est-ce que me recommande l'éthique, la morale ?
Et bien tout d'abord il existe plusieurs systèmes éthiques donc à priori ce sera difficile d'avoir une réponse uniforme. Néanmoins, dans un cas très simple comme celui du morceau de pain, la grande majorité des systèmes éthiques me reconnaît le droit de garder le pain pour moi afin de satisfaire mes besoins alimentaire vitaux ou ceux de ma famille. Cela n'est pas considéré comme un monstrueux égoïsme que de privilégier ses propres besoins avant ceux des autres.
Pourquoi ?
Parce que le pain est rare. On ne peut pas le créer à l'infini. Quand j'ai un morceau de pain je ne peux pas le multiplier et il ne représente qu'une quantité finie de calories.
Ce n'est que si mes besoins alimentaires de base et ceux de mes proches sont satisfaits que la plupart des systèmes éthiques recommandent alors d'aider les étrangers en leur donnant mon pain excédentaire.

Toute notre éthique est basée là-dessus. Que ce soit l'éthique laïque utilitariste ou les diverses recommandations religieuses d'aider son prochain (chrétienté) ou de donner 10% de ses richesses (islam)...etc etc
Personne ne peut nous reprocher de garder le pain pour éviter de mourir de faim. On ne nous fait des reproches que lorsqu'on refuse de donner son pain alors qu'on à déjà le ventre plein.
Le reproche n'est justifié que lorsqu'on refuse d'aider son prochain alors qu'on pourrait le faire !

Qu'apporte le numérique a ce petit raisonnement éthique ?
Et bien le principal changement c'est qu'à l'inverse du pain on peut réellement multiplier à l'infini les biens numériques. Bien entendu cela change tout dans le raisonnement. Alors qu'il était moralement justifié de garder le pain pour soi puisqu'il servait à satisfaire mes besoins vitaux et que je ne pouvais pas le donner à autrui sans m'en priver, qu'est ce qui pourrait justifier de ne pas donner mon bien numérique ? Après tout je peux aider mon prochain en copiant ce bien et en lui donnant cette copie. Je n'ai rien perdu dans l'opération puisque les biens numériques sont copiables à l'infini.
La conclusion est limpide : Si je veux vivre selon un système éthique, je suis moralement obligé de donner cette copie pour aider mon prochain.
C'est imparable. Dans le cas des biens numériques, l'éthique m'impose d'aider autrui.

Pourtant certaines personnes produisent des biens numériques et donnent pour consigne de ne surtout pas pas en faire de copies et de ne surtout pas aider son prochain. J'ai la possibilité technique de faire cette copie afin de vivre selon l'éthique commune mais le producteur du bien me l'interdit.

Que faire ?
La solution est simple. Ne pas utiliser les biens produits par ces personnes ne voulant pas se soumettre aux préceptes éthiques communs. Ils ne veulent pas aider leur prochain alors que le numérique permet de le faire à coût nul ! Ils confondent les biens matériels non multipliables et les biens numériques multipliables à l'infini. Ils refusent d'aider alors qu'ils pourraient le faire, qu'ils devraient le faire !
Refuser d'aider autrui ne peut se justifier que si le bien est unique. Si le bien est copiable alors l'éthique impose d'aider !

Retournons maintenant à ta phrase initiale : "Le fait que des licences propriétaires n'offrent pas les mêmes permissions que GPL ne les rend pas anti-éthiques ou anti-sociales".
Maintenant j'espère que tu vois que les licences propriétaires sont réellement anti-éthiques et anti-sociales. Elles inventent une interdiction légale afin de t'empêcher de faire ce que le numérique de permet de faire : aider autrui à coût nul pour toi.
Il faut donc refuser d'utiliser ces biens numériques propriétaires et privilégier les biens numériques libres qui me permettent de remplir mon obligation morale d'aider autrui.

  • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

    Posté par Zenitram (page perso, ) le 17/05/2008 à 09:22. (lien). Évalué à 10.

    Ton raisonnement se tiendrait si faire un logiciel coutait moins cher que le prix de vente d'une version.

    dans le modèle du propriétaire, un logiciel coute 1 000 000 d'Euros a faire et il faut en vendre 100 000 exemplaires à 10€ pour le rentabiliser. Un modèle complètement différent du pain ou on fait un pain qui coute 1€ a faire pour le vendre 1€ (pour schématiser). Si tu atteint que 50 000 exemplaires et qu'après tout le monde copie, tu pers de l'argent et ne recommencera plus, et tout le monde perdra.

    On ne peut pas comparer le pain à un logiciel!

    Du coup, toute ton argumentation tombe.
    Le libre est un bon modèle la où on peut faire petit pas par petit pas (un OS, un traitement de texte etc...) et "vendre" ce petit pas, mais il y a des endroits où ça ne marche pas (Jeux vidéo qui doit être fait en une fois comme un film, OCR ou Reconnaissance vocale où c'est la recherche qui coûte etc...)

    Rejeter un des deux modèles car pas "éthique" est une grosse connerie : les deux sont éthiques, et répondent à des besoin différents.
    Après, c'est l'utilisation faite de modèle (monopole, forcer l'API, vendre beaucoup plus cher que le prix de construction après avoir amorti la chose etc...) qui peut ne pas être éthique.

    Maintenant, si tu peux me prouver qu'un modèle économique viable peut être fait pour un logiciel coutant 1 000 000 d'Euros à faire en une fois, en libre, je suis preneur... Personne n'a encore trouvé!

    • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par patrick_g (page perso, ) le 17/05/2008 à 09:43. (lien). Évalué à 3.

      Je n'ai pas compris ta notion de "logiciels devant être fait en une fois".
      On peut commencer par un jeu vidéo pas joli puis améliorer graduellement le graphisme, la profondeur du jeu, la longueur du jeu....etc
      On peut commencer par un OCR qui ne reconnais que 70% des caractères et ce dans une seule langue puis améliorer graduellement le taux de reconnaissance en complexifiant les algos et améliorer graduellement le nombre de langues gérées.

      • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par Zenitram (page perso, ) le 17/05/2008 à 09:51. (lien). Évalué à 1.

        Dans les deux cas, si quelqu'un accepter de te "payer" pour ça, pourquoi pas... Mais pour le moment je n'ai rien vu qui soit à la hauteur des produits commerciaux ("Battle for Wesnoth" est sympa, mais face aux produits proprio il y a encore du taf...), c'est que ça doit pas marcher tant que ça comme modèle...

        Ca peut peut-être marcher, mais force est de constater que pour le moment il y a des domaines dans lequel le libre est absent.

        • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

          Posté par _p4_ () le 17/05/2008 à 10:04. (lien). Évalué à 10.

          "Battle for Wesnoth" est sympa, mais face aux produits proprio il y a encore du taf.

          Pardon? Je considère Wesnoth comme un produit de qualité supérieure à bien des jeux proprios: excellente finition, gameplay très bien balancé, structure de fichiers ouverte facilitant grandement l'édition de scénarios, campagnes et mods, communauté de passionnés.

          Pour moi Wesnoth enterre beaucoup de jeux proprios en termes de qualité justement. Enfin chacun son opinion.

          • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

            Posté par Farvardin (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:29. (lien). Évalué à 4.

            oui justement c'est amusant parce que dans mon autre réponse je cite Wesnoth, et je trouve que ce jeu a de bien meilleurs aspects que beaucoup de jeux commerciaux. Effectivement, même si les graphismes sont excellents pour mon goût, c'est moins tape à l'oeil qu'un jeu en 3D, mais cela n'enlève rien aux qualités de ce jeu qui a de nombreux contributeurs et une longue expérience.
            Et puis au niveau des musiques, je trouve que cela est bien plus inspiré que beaucoup de jeux commerciaux avec leurs musiques genre musiques de film à cliché.

            Enfin, un jeu de qualité ne veut pas dire jeu en 3D. Est-ce que le livre "le seigneur des anneaux" est inférieur au film parce qu'il y a moins d'effets visuels, pas de musiques, et pas de jolies filles dedans (sauf en imagination) ?

            --
            Tous ensemble contre l'esclavitude des logiciels privateurs !

        [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par Farvardin (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:23. (lien). Évalué à 7.

        une entreprise qui fait des jeux vidéo et espère en vivre ne pourra pas se permettre :
        1/ de sortir un jeu pas fini, de le commercialiser et de proposer une mise à jour plus tard (à mon avis il n'y a que microsoft qui se permet de sortir des produits pas fini et que tout le monde trouve cela normal...)
        2/ de faire un jeu libre tout court. Ils comptent sur quoi pour payer les développeurs ? Le SAV payant ? La vente de tshirt ? Les dons spontanés ?

        MAIS cela ne veut pas dire que les jeux libres ne sont pas intéressants. Par exemple Wesnoth, un de mes jeux préférés, est fait par des passionnés. J'adore le système du jeu et ses graphismes, et aussi le fait qu'il ai été fait par des passionnés. En plus il évite les clichés des jeux commerciaux, genre on va faire un truc violent parce que cela se vend bien, on va utiliser le seigneur des anneaux parce que cela se vend bien etc

        J'aime bien aussi par exemple Mines of Elderlore http://landsof.elderlore.com/?q=node/81 un super roguelike, également réalisé par des passionnés.

        Pour les autres types de logiciels, c'est un peu le même problème. Pourquoi les graphistes préfèrent Photoshop à Gimp ? Selon mon point de vue je préfère utiliser Gimp parce que je le connais bien et qu'il répond à mes besoins, mais il manque sans doute de bcp de fonctionnalités que Photoshop a déjà. Adobe doit payer ses développeurs. Explique-moi comment ils pourraient par exemple sortir un tel logiciel en version "libre". Les agences de pub, les graphistes pourraient l'avoir gratuitement, sans licence, donc plus d'argent pour Adobe et ses employés à ce niveau. À la rigueur ils pourraient considérer qu'ils gagnent déjà assez d'argent avec flash ou autre, et ils pourraient libérer 1 de leur logiciel, virer quelques employés pour que les graphistes du monde entier fassent l'économie des 1000 ou 1500 euros de la licence photoshop (ce qui finalement n'est pas si énorme par rapport à l'argent que les graphistes se font en retour grâce au logiciel...), et puis finalement on aura quoi ?

        Je donne souvent l'exemple de la calculette aux gens pour leur faire comprendre l'intérêt des logiciels libres et des OS libres. Quand ils achètent et utilisent une calculette, est-ce que cela leur semblerait logique de donner de l'argent aux descendants de blaise pascal ? Est-ce que lorsqu'il utilisent le théorème de Thalès ou Pythagore ou autre, ils trouveraient normal de payer des royalties à une Thalès ou Pythagore foundation et ses ayants droits ? Tout ceci, toutes les sciences, sont des briques d'un savoir commun qui est librement diffusable et réutilisable (comme dans les principes de la licence BSD d'ailleurs). C'est un droit de base.

        Mais dès que l'on a un produit d'un seul bloc (par exemple ERP, logiciel complexe), comme le souligne Zenitram, c'est plus problématique. Effectivement c'est mieux si cela peut être en libre, mais c'est pas aussi facile. Il ne suffit pour d'ouvrir le code, il faut aussi que le développement puisse être pérenne.

        --
        Tous ensemble contre l'esclavitude des logiciels privateurs !
        • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

          Posté par Yusei (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:37. (lien). Évalué à 4.

          Au risque de dire une évidence, tu t'es trompé de mot. Dans tout ton message, quand tu écris "libre", il faut lire "gratuit", puisque tout l'argumentaire semble axé sur l'argent et le fait qu'on puisse obtenir un logiciel gratuitement.

          • [+] [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

            Posté par Zenitram (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:52. (lien). Évalué à -2.

            Si tu crois que la masse d'utilisateurs de Linux (surtout en embarqué, en entreprise etc...) utilisent linux parce qu'il est libre, il va falloir sortir de ton monde de bisounours.
            Même Linus T. s'en fout du libre, c'est dire.
            Le libre est le meilleur moyen d'avoir un truc pas cher, flexible, pratique. Si vous voulez utiliser un OS dont la philosophie est le libre pour le libre, il ne reste que... Hurd. Bon courage.
            Mais la grosse majorité des developpeurs de Linux ne participe pas à Linux pour avoir un truc "libre", juste un truc le moins cher possible (et c'est bien)

            • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

              Posté par Yusei (page perso, ) le 17/05/2008 à 11:09. (lien). Évalué à 9.

              En préambule, je voudrais dire que ça commence à me les briser menues, les petites phrases méprisantes du style "ton monde de bisounours". Ne peut-on pas discuter sans prendre son interlocuteur pour un imbécile ?

              Ceci précisé, répondons au contenu du message: les raisons pour lesquelles Torvalds code Linux, ou les raisons pour lesquelles 95% des gens utilisent GNU/Linux, c'est intéressant pour discuter de la viabilité économique d'un modèle à base de vente de logiciel libre, indéniablement. Mais ce dont parlait le message auquel je répondais, c'était très clairement de gratuité. Ce n'est d'ailleurs pas sa faute, puisque le thread s'est très vite orienté dans cette direction.

              La définition habituelle de "logiciel libre" ne parle pas de gratuité, ce sont des choses indépendantes. Je préfère quand un logiciel est gratuit, comme tout le monde, mais j'accorde plus d'importance au fait de pouvoir l'étudier, le modifier ou le redistribuer. Que je fasse partie des 1% des utilisateurs ou des 99%, ça ne m'intéresse pas spécialement, je n'ai pas proclamé de message politique ou de recommandations pour un business plan, je dis simplement que ce sont deux aspects distincts.

              Je ne suis pas spécialiste des pensées de Saint Ignucius, mais je suppose que quand il parle d'éthique, il ne suggère pas qu'il soit éthique de demander aux développeurs de travailler gratuitement. Quelque chose me dit qu'il parle de la liberté d'étudier, de modifier et d'aider son voisin en lui donnant une copie du logiciel.

              La question de savoir si le droit de copie est compatible avec la rémunération des auteurs est intéressante, et je serais ravi qu'on en parle si ça intéresse d'autre gens, au lieu de partir du principe que c'est incompatible.

              • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

                Posté par Thomas Douillard () le 17/05/2008 à 11:51. (lien). Évalué à 3.

                Elle n'en parle pas, certe, mais dans les faits dans la majorité des cas elles découlent naturellement que parfois on entend des phrases comme:

                "un logiciel libre c'est un logiciel payé une fois" : l'idée c'est que quand il part "dans la nature" ou hors du contrôle de l'auteur, il devient vite accessible gratuitement, sauf si "l'acheteur" veut le garder pour lui.

                Si on était en math, on pourrait presque en faire un théorème qui découle des axiomes en ajoutant une ou deux hypothèses ...

              [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

              Posté par patrick_g (page perso, ) le 17/05/2008 à 11:11. (lien). Évalué à 5.

              >>> Même Linus T. s'en fout du libre, c'est dire.

              Citation prouvant qu'il ne s'en fout pas du tout :

              "For example, the GPLv2 in no way limits your use of the software. If you're a mad scientist, you can use GPLv2'd software for your evil plans to take over the world ("Sharks with lasers on their heads!!"), and the GPLv2 just says that you have to give source code back. And that's OK by me. I like sharks with lasers. I just want the mad scientists of the world to pay me back in kind. I made source code available to them, they have to make their changes to it available to me. After that, they can fry me with their shark-mounted lasers all they want."

              [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

              Posté par IsNotGood () le 17/05/2008 à 18:29. (lien). Évalué à 5.

              > Même Linus T. s'en fout du libre, c'est dire.

              Et il a pris la licence GPL v2...
              Et en plus il tient à ce qu'elle soit respectée (sauf pour certaines API (modules), c'est un flou sur l'interprétation de travail dérivé).

              Linus Torvalds ne n'en fout pas de savoir si c'est libre ou non.
              Pas contre, il ne veut pas participer à l'action "politique" de Stallman.
              Stallman veut "améliorer le monde" (pour simplifier), et ça Linus s'en fout. Mais il veut que son noyau reste libre.
              Il n'a pas pris la GPL pour rien.

              [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

              Posté par Guillaume Knispel () le 17/05/2008 à 22:04. (lien). Évalué à 3.

              Si tu crois que la masse d'utilisateurs de Linux (surtout en embarqué, en entreprise etc...) utilisent linux parce qu'il est libre, il va falloir sortir de ton monde de bisounours.
              Même Linus T. s'en fout du libre, c'est dire.


              Effectivement la masse des utilisateurs de "Linux" apporte, en moyenne, moins d'importance au libre que la masse d'utilisateur de "GNU/Linux".

              Concernant l'embarqué, le fait que Linux soit libre est un argument très important (mais pas le seul) qui garanti l'accès au code source et le fait qu'on puisse en modifier n'importe quelle partie (et autorise à distribuer des produits, dans tous les domaines, qui incluent ces modifications). C'est encore plus important pour de l'embarqué que pour de la bureautique, et c'est ce qui fait entre autre le succès de Linux dans ce domaine.

              Si vous voulez utiliser un OS dont la philosophie est le libre pour le libre, il ne reste que... Hurd. Bon courage.

              Mon OS ne m'impose pas de philosophie, merci. Et je n'ai pas besoin d'utiliser Hurd pour avoir un système libre.

              Mais la grosse majorité des developpeurs de Linux ne participe pas à Linux pour avoir un truc "libre", juste un truc le moins cher possible (et c'est bien)

              Non. Les développeurs de Linux ne sont pas pauvre en moyenne. Ils développent du Logiciel Libre pour les même raisons que celles cités ci-dessus (qui sont en fait la définission du LL) à savoir l'accès complet au code source, la liberté totale d'utilisation, la possibilité de faire les modifications que l'on veut, etc...

            [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

            Posté par Farvardin (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:54. (lien). Évalué à 4.

            non. Je voulais justement indiquer la précision, et puis pour ne pas alourdir j'ai retiré cela.

            Si adobe sort un photoshop "libre" (code GPL par exemple), mais pas "gratuit" (genre ils vendent le binaire), il ne faudra pas longtemps pour que quelqu'un le compile et le mette à disposition à tout le monde, comme avec centos par exemple.
            Mais alors que Red Hat vend son support et son intégration avec son produit (mais que centos représente sans doute un manque à gagner et un concurrent, mais c'est la règle du jeu), que pourra proposer adobe en plus value qualitative pour sa version de photoshop ? Ils viendront expliquer aux clients comment faire un détourage ? Mais les écoles de graphisme s'en chargeront bien avant...

            Explique moi par exemple ce qu'Adobe pourrait retirer comme intérêt d'ouvrir le code de photoshop ? Leur produit est déjà au top, peut-être que des contributeurs extérieurs pourraient un peu l'améliorer (à voir), peut-être que cela leur donnerait bonne presse, mais à part cela ? Qu'ils fassent cela pour tous leurs produits, et je suis certain qu'ils mettent la clé sous la porte avant pas longtemps.

            --
            Tous ensemble contre l'esclavitude des logiciels privateurs !
            • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

              Posté par Yusei (page perso, ) le 17/05/2008 à 11:18. (lien). Évalué à 6.

              Je ne vois aucun intérêt pour Adobe de libérer Photoshop, mais ça ne veut pas dire qu'une entreprise ne peut pas vivre de logiciel libre, ça veut simplement dire qu'on ne peut pas prendre un modèle propriétaire établi, remplacer seulement la licence du logiciel, et espérer que ça fonctionne.

              Je n'ai pas de business plan révolutionnaire à proposer, et comme il y a peu d'entreprises ayant du succès en vendant du LL, je suppose que c'est soit très difficile, soit impossible, mais la discution reste, à mon avis, ouverte.

              En particulier puisqu'on parle de jeux vidéos ici, un des modèles qui a été proposé plusieurs fois serait de faire un jeu libre mais de vendre les données artistiques. Le code étant libre, on aurait la possibilité de l'étudier et de l'adapter aux besoins, mais vendre les données permettrait de faire vivre les auteurs. Je ne sais pas si ça marcherait et si ça satisferait tout le monde, mais c'est une proposition.

              • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

                Posté par Guid (page perso, ) le 17/05/2008 à 12:12. (lien). Évalué à 1.

                En particulier puisqu'on parle de jeux vidéos ici, un des modèles qui a été proposé plusieurs fois serait de faire un jeu libre mais de vendre les données artistiques. Le code étant libre, on aurait la possibilité de l'étudier et de l'adapter aux besoins, mais vendre les données permettrait de faire vivre les auteurs. Je ne sais pas si ça marcherait et si ça satisferait tout le monde,

                Et tu fais quoi du secret ? Je pense qu'une boîte de jeu vidéo qui a investit du temps et de l'argent pour créer un gameplay innovant n'a pas super envie de le partager aux autres en risquant d'avoir plus de concurrence potentielle et donc un manque à gagner.

                • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

                  Posté par Yusei (page perso, ) le 17/05/2008 à 12:28. (lien). Évalué à 4.

                  Je crois qu'on peut raisonnablement conclure que le secret est incompatible avec le logiciel libre, oui. De toutes façons, il y aura toujours des gens qui voudront garder le secret sur leur "invention", dans tous les domaines.

                  Je ne pense pas que le secret du code fasse le succès d'un jeu, parce que:
                  - le gameplay ne découle pas d'algorithmes inventifs mais d'idées qui sont visibles par tous et donc faciles à copier
                  - la majorité des éditeurs de jeux réutilisent sans cesse des moteurs qui ont fait leurs preuves en les modifiant un peu, et ne réinventent pas le gameplay.
                  - un jeu A n'est pas remplaçable par un jeu B qui utilise le même moteur mais qui contient des graphismes et une histoire différents, alors qu'un logiciel de traitement d'images peut être facilement substitué à un autre, à fonctionnalités égales.

                  Il n'y a qu'a voir tous les clones de Warcraft qui ont surgi dans les années 90. Ils incorporaient pour la plupart les mécanismes de jeu de Warcraft, mais n'ont eu que peu de succès. Ceux qui ont eu du succès et dont on se souvient étaient innovants. Est-ce que la disponibilité du moteur de Warcraft aurait permis de faire des clones concurrents ayant du succès ? Ça m'étonnerait beaucoup.

      [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par baud123 (Jabber id, page perso, ) le 17/05/2008 à 13:44. (lien). Évalué à 5.

      hum j'en trouve déjà beaucoup des projets dont le code représente plus de 1M€ en estimé
      http://www.ohloh.net/projects/blender $ 31,517,700 (c'est plus de 1 M€)
      http://www.ohloh.net/projects/gimp $ 19,580,863
      http://www.ohloh.net/projects/inkscape $ 12,370,013

      http://www.ohloh.net/projects/kde $ 67,158,715
      http://www.ohloh.net/projects/gnome $ 285,322,119

      http://www.ohloh.net/projects/7196 open arena $ 2,485,360
      http://www.ohloh.net/projects/6795 tremulous $ 2,443,007
      http://www.ohloh.net/projects/wesnoth $ 1,839,610

      http://www.ohloh.net/projects/8109 tesseract-ocr $ 1,276,523
      http://www.ohloh.net/projects/5461 ocropus $ 929,779

      http://www.ohloh.net/projects/4314 Tiny ERP $ 2,350,075
      http://www.ohloh.net/projects/erp5 $ 97,223,841
      http://www.ohloh.net/projects/mysql
      http://www.ohloh.net/projects/phpmyadmin $ 2,345,765
      http://www.ohloh.net/projects/postgresql $ 8,076,467

      Cela n'empêche pas ces projets ayant coûté plus d'un million d'euro (ton critère) de continuer à se développer... visiblement ils ont trouvé leur modèle économique viable non ?

      • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par Moonz () le 17/05/2008 à 14:08. (lien). Évalué à 4.

        1. Comment estimes tu ce prix ? Par exemple, dans cette liste, il y a blender, OpenArena et tremulous qui se basent sur du code à l'origine proprétaire qui ont été libérés après coup.
        2. Le monsieur, il a dit 1 000 000 d'Euros à faire en une fois, en libre. Gimp ne valait pas 19M€ lorsqu'il avait une centaines de lignes de code...

        • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

          Posté par baud123 (Jabber id, page perso, ) le 17/05/2008 à 14:38. (lien). Évalué à 2.

          1. je clique sur les liens donnés et je regarde le chiffre en bas à droite et sinon http://www.dwheeler.com/sloccount/sloccount.html te donnera d'autres éléments
          2. bin je forke Gimp et zou je te le fais en une fois :-) il y a d'autres méthodes

        [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par imalip (page perso, ) le 18/05/2008 à 00:40. (lien). Évalué à 4.

        http://www.ohloh.net/projects/tellico 19 Person Years, $ 1,049,708
        Developpe par un mec tout seul sur son temps libre depuis 2001. Il a l'air surhumain et ca doit bien payer la NASA. Ou alors, les valeurs donnees par sloccount sont assez fantaisistes.

        Les 27.000 $ et 0.20 annee-homme de mon module apache ecrit en 3 jours me font pencher pour la 2eme solution.

        --
        "While a monkey can be a manager, it takes a human to be an engineer" Erik Zapletal

      [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par Guillaume Knispel () le 17/05/2008 à 21:47. (lien). Évalué à 2.

      S'il s'agit d'une commande (ce qui cadrerait d'ailleurs le plus avec le concept de "en une fois"), cela existe déjà de manière assez courante.

      S'il s'agit d'un investissement sur fonds propres, ce ne sont pas les logiciels libre ayant coûté (l'équivalent ou ayant vraiment coûté ça en cash à une entreprise) bien plus d'1 ME à développer qui manquent.

      Lorsque c'est une communauté qui développe, les coûts sont tout simplement répartis.

    [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

    Posté par TNorth () le 17/05/2008 à 09:32. (lien). Évalué à 2.


    Ce n'est que si mes besoins alimentaires de base et ceux de mes proches sont satisfaits que la plupart des systèmes éthiques recommandent alors d'aider les étrangers en leur donnant mon pain excédentaire.

    Toute notre éthique est basée là-dessus. Que ce soit l'éthique laïque utilitariste ou les diverses recommandations religieuses d'aider son prochain (chrétienté) ou de donner 10% de ses richesses (islam)...etc etc

    En ce qui concerne le christiannisme, il va quand même un peu plus loin que cela, mettant en avant l'importance du don de son nécessaire vs de son superflu.
    (Marc 12 : 41-44)

    Mes 0.02€ et fin du HS.

    [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

    Posté par Farvardin (page perso, ) le 17/05/2008 à 09:50. (lien). Évalué à 2.

    c'est bien beau de parler de gens qui crèvent de faim et le parallèle avec un produit copiable à l'infini. Mais le rapport avec la choucroute je ne le vois pas trop.

    aider autrui à coût nul pour toi.

    et pour autrui, quel serait le coût réel ? Par exemple payer 3 euros pour une chanson, 29,99 euros pour un logiciel de traitement de texte... c'est vraiment une question de vie ou de mort ? Ou une question d'économiser quelques sous ?

    "Aider autrui", cela a toujours un coût, même s'il n'est pas monétisable. Coût du temps passé par exemple.

    Quelqu'un qui code un logiciel y passe de son temps. Certains font cela pour vivre, certains pour leurs loisirs. Certains réussissent à faire des logiciels libres et gagner de l'argent avec (parce qu'ils VENDENT du support, de l'intégration, du matériel, de l'hébergement avec, que cela soit mysql, red hat, novell ou autres), d'autres développent du code libre, n'arrivent pas à trouver un bon "modèle économique" qui va avec, se cassent la gueule tandis que d'autres encore prennent le relais en réutilisant le code.
    Enfin, d'autres font cela pendant leurs études, financés par un google summer of code ou leur université...

    Certains distribuent même des CD "gratuitement", mais ils espèrent bien une contrepartie en fin de compte. L'énergie de leurs zélateurs bénévoles et ces cd gratuits rapporteront sans doute un bon paquet d'argent au final.

    Quand quelqu'un va chez le médecin, ce dernier fait part de son savoir en échange d'une contrepartie, à moins que l'on pourrait considérer que cela le lui coûterait rien de faire des diagnostiques gratuitement (on ne lui prend pas un produit "rare", juste un peu de son savoir, et surtout de son temps... mais qu'est-ce qui le fera vivre ?)

    qui me permettent de remplir mon obligation morale d'aider autrui.

    dans les logiciels libres <=> propriétaires, on ne parle pas d' "aider", on parle de favoriser la libre transmission du savoir. C'est aussi pour cela que la plupart d'entre nous s'intéressent aux logiciels libres.

    --
    Tous ensemble contre l'esclavitude des logiciels privateurs !
    • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par suJeSelS (Jabber id, page perso, ) le 17/05/2008 à 10:00. (lien). Évalué à 6.

      Quand quelqu'un va chez le médecin, ce dernier fait part de son savoir en échange d'une contrepartie, à moins que l'on pourrait considérer que cela le lui coûterait rien de faire des diagnostiques gratuitement

      Tu connais le Serment d'Hippocrate (http://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hypocrate )?
      Il y a un passage qui dit: "Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire."

      --
      suJeSelS
      http://www.suJeSelS.net/
      • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par Farvardin (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:44. (lien). Évalué à 2.

        ouais bien sûr. La prochainement que j'irais chez le médecin ou le pharmacien, je demanderai des soins gratuits en citant hippocrate, on verra ce qu'il me répondra.

        Et la prochaine fois que j'appellerais la SSLL pour intervenir sur le serveur linux que l'on a, j'invoquerais quel libriste connu pour qu'ils donnent des soins gratuitement ?

        Sinon tu as eu raison de mettre le lien vers la page wikipedia :
        Le serment que font les médecins et pharmaciens en France n'est pas le serment d'Hippocrate d'origine, même s'il en est inspiré. L'une des principales différences est que le serment d'Hippocrate interdit explicitement de pratiquer l'avortement ; il prescrit aussi des devoirs face à celui qui a enseigné la médecine

        En France, même si les jeunes médecins prêtent obligatoirement serment de respecter le code de déontologie médicale, le serment d'Hippocrate n'a aucune valeur juridique

        Enfin, part rapport au Serment de l'ordre français des médecins de 1996 que tu cites, nul part il n'est fait mention que cela constitue le "Code de déontologie médicale" que les médecins doivent suivre.

        Effectivement, les médecins doivent aider tout ceux qui leur demandent, mais si tout le monde se présente comme étant indigent et refuse de payer, le médecin pourra bientôt cesser son activité si elle ne lui rapporte rien.

        Les programmeurs en logiciels libres sont-ils vraiment indigents par rapport aux programmeurs en logiciels propriétaires ?? On ne parle pas de la même chose dans le cadre des logiciels libres, on parle juste de la libre transmission du code.

        --
        Tous ensemble contre l'esclavitude des logiciels privateurs !
        • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

          Posté par suJeSelS (Jabber id, page perso, ) le 17/05/2008 à 10:55. (lien). Évalué à 4.

          Oui, le serment d'Hippocrate (le cérémonial en lui même), n'a pas de valeur juridique, mais une loi reprends ses préceptes => http://www.conseil-national.medecin.fr/index.php?url=deonto/(...)

          De plus on parle d'éthique, donc aller chez son médecin en refusant de payer si on a les moyens, c'est se comporter de manière immorale et comme un profiteur. Donc ceci n'est pas éthique. Mais qu'un médecin soit tenu de soigner quelqu'un n'ayant pas de ressources, ceci est normal.

          --
          suJeSelS
          http://www.suJeSelS.net/
          • [+] [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

            Posté par Zenitram (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:58. (lien). Évalué à -1.

            Tu oublies les médecins qui refusent des consultations à ceux qui ont la CMU... (Donc pas les moyens!) Rapporte pas assez.

            C'est beau de vous lire parfois, on a l'impression que vous n'êtes pas sorti de l'enfance, et que pour vous tout le monde est gentil...

            • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

              Posté par MrLapinot (Jabber id, page perso, ) le 17/05/2008 à 16:45. (lien). Évalué à 2.

              Les médecins qui refusent les consultations en CMU ne le font généralement pas parce que ça ne rapporte pas assez (du moins pour ceux qui sont en secteur 1 - tarifs réglementés), mais parce que la sécurité sociale met plusieurs mois à leur payer la consultation. En même temps, c'est aussi une question d'argent, on est d'accord.

            [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

            Posté par Farvardin (page perso, ) le 17/05/2008 à 11:09. (lien). Évalué à 2.

            "Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me les demandera."

            Je me demande jusqu'à quel point "donner des soins" veut dire "donner gratuitement des soins" ou bien "prodiguer des soins". (un peu comme l'avocat que l'on paye très cher va "donner" des conseils)

            Il n'est pas fait que mention des indigents d'ailleurs, mais de "quiconque me le demandera". Pour moi cela veut simplement dire que le médecin ne doit pas faire de discrimination et pas refuser de soigner un pauvre "parce qu'il est peut-être sale", non pas de soigner forcément gratuitement.




            ps : pour ma SSLL, peut-être que je peux invoquer le "serment d'Hypocrite" pour demander qu'ils redéveloppement des macros words dans mon emacs gratuitement... ha ha ha

            --
            Tous ensemble contre l'esclavitude des logiciels privateurs !

        [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par Zenitram (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:55. (lien). Évalué à 1.

        Il y a un passage qui dit: "Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire."

        Et tu crois ce que les Hommes racontent et promettent???
        J'ai jamais vu un médecin ne pas me réclamer de l'argent après une consultation.

        Donc bon, tu peux toujours garder tes idéaux, moi je vois la pratique : Las médecins vendent leur savoir.
        (et ça ne peut pas être autrement, eux aussi doivent pouvoir se nourrir).

        • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

          Posté par quiero decirte que te amo () le 17/05/2008 à 16:30. (lien). Évalué à 5.

          Medecin du monde, médecin sans frontière, la croix rouge etc....

          [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

          Posté par duf (Jabber id, ) le 19/05/2008 à 02:24. (lien). Évalué à 4.

          Je pense que la formulation est mauvaise et surtout le fait de payer un médecin ne signifie pas qu'on lui achète "un savoir". En effet bien peu de patients ressortent avec "un savoir" après une consultation, même si a priori rien ne l'empêche, c'est une expérience à faire, voir si le médecin partage son savoir.

          Pour moi, ce que l'on paye au médecin ce n'est pas "un savoir" mais du temps, du matériel dont il se sert pour nous osculter (et que peu de gens ont à disposition), une analyse, un diagnostic, une ordonnance, un engagement sur la fin de maladie par la durée d'un traintement dans une majorité de cas (ici n'est pas pris en compte les maladies longues et engageant le pronostic vital) ainsi que l'accueil qui est fait dans ses locaux ou son éventuel déplacement (et je pense qu'on doit pouvoir trouver d'autres motifs facilement).

          Un médecin ne vend pas que du savoir, il vend un service global dont le savoir est une pierre de l'édifice, tout comme un logiciel est en général un élément d'un ensemble plus vaste.

      [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par Guillaume Knispel () le 17/05/2008 à 22:09. (lien). Évalué à 2.

      L'argument du médecin n'est pas bon parce qu'il passe du temps à chaque consultation, alors que le coût matériel et en temps passé de la recopie d'un logiciel est négligeable.

    [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

    Posté par _p4_ () le 17/05/2008 à 10:08. (lien). Évalué à 3.

    Ce que j'aime dans le le logiciel libre c'est justement qu'il met en avant l'éthique, à la différence du proprio qui se conforme strictement à l'idéal social en vigueur: s'en mettre plein les tiroirs.

    • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par Zenitram (page perso, ) le 17/05/2008 à 10:56. (lien). Évalué à 0.

      Ce que j'aime dans le le logiciel libre c'est justement qu'il met en avant l'éthique,

      C'est beau l'utopie.
      Au risque de casser ton espoir, IBM / Sun / Redhat utilisent le libre car c'est moins cher pour eux. Ils feraient autre chose si c'était pas si peu cher. L'éthique... N'engage que ceux qui y croient, ceux qui gobent le discours Marketing...

      • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par Yusei (page perso, ) le 17/05/2008 à 12:36. (lien). Évalué à 5.

        Est-ce qu'il suffit que certaines personnes fassent du libre pour des raisons non-éthiques pour qu'il soit impossible que d'autres personnes le fassent pour des raisons éthiques ?

        Au moins dans le cas de la GPL, la licence est là pour essayer de garantir que les vilains capitalistes jouent à peu près fair play avec les bisounours idéalistes. Pour l'instant, ça se passe pas trop mal.

        [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

        Posté par _p4_ () le 17/05/2008 à 13:06. (lien). Évalué à 7.

        "L'éthique... N'engage que ceux qui y croient, ceux qui gobent le discours Marketing": c'est à dire moi et plein d'autres petites fourmis qui codent juste pour le plaisir. L'éthique n'est pas un discours marketing mais une réalité vécue par tous ces crypto-communistes qui distribuent leur travail sans se soucier de considérations commerciales. C'est en eux que je croit. Si des boites utilisent le libre tant mieux: cependant comme tu le souligne je ne compte certainement pas dessus pour l'aspect éthique. De ce coté on se débrouille très bien sans elles.

        "Au risque de casser ton espoir": pas de risques: il repose sur des bases solides. J'y croit et ca me suffit, et je ne suis pas seul loin de là. Pour moi le libre c'est avant tout un état d'esprit, un corpus de valeurs solides, pas juste du code ouvert. Vois le prosélytisme limite religieux de RMS, ca montre bien que tout cela repose sur un ensemble de principes bien établis, où l'éthique est fondamentale.

    [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

    Posté par 2PetitsVerres () le 17/05/2008 à 10:54. (lien). Évalué à 9.

    Si on ne nourrit pas les pauvres, ils meurent de faim. Si des pauvres meurrent, il y en a moins. Donc pour diminuer la pauvreté, l'éthique recommande de garder le pain pour soi, plutôt que de le donner à ceux qui ont faim.

    • [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par MilkaJinka () le 17/05/2008 à 11:04. (lien). Évalué à 9.

      L'inverse marche aussi : si personne n'aide les pauvres ils font plein de gamins pour qu'ils travaillent et leur permettent de manger, donc en gardant pour soi on augmente le nombre de pauvres, donc l'éthique c'est de donner.

      --
      Persiste.

      [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

      Posté par patrick_g (page perso, ) le 17/05/2008 à 11:14. (lien). Évalué à 2.

      Voir ce livre pour une réfutation de ta position : http://www.amazon.fr/Questions-d-%C3%A9thique-pratique-Singe(...)

    [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

    Posté par sokol () le 17/05/2008 à 11:57. (lien). Évalué à 2.

    > Et bien le principal changement c'est qu'à l'inverse du pain on peut réellement multiplier à l'infini les biens numériques.
    Seulement les copies, pas les œuvres originaux. Comme il a été souligné par d'autres, le coût de copie n'est qu'une partie de frais. La R&D coûte nettement plus cher.

    > La conclusion est limpide : Si je veux vivre selon un système éthique, je suis moralement obligé de donner cette copie pour aider mon prochain.
    A mon avis tu idéalises un peu trop. Le partage de l'excédent est louable mais ne fait pas partie de la base de la vie en société, du moins pas encore. L'immense majorité de relations économiques est basée sur un échange et non pas sur un don. Ou alors on doit déclarer anti-sociale ce qui fait vivre la société ce qui serait absurde bien sûr. Du moment ou l'échange honnête (sans forcer la main) est éthique le logiciel propriétaire est éthique lui aussi.

    > Maintenant j'espère que tu vois que les licences propriétaires sont réellement anti-éthiques et anti-sociales.
    Pour les deux raisons évoquées ci-dessus, non, je persiste à considérer que les licences propriétaires avec toutes leurs permissions aussi faibles qu'elles puissent paraître peuvent faire partie d'un échange honnête donc étique.

    [^]Re: L'éthique à l'heure du numérique

    Posté par Mathieu Stumpf (Jabber id, page perso, ) le 17/05/2008 à 12:48. (lien). Évalué à 4.

    Plutôt que numérique, je dirais information, et je ne dirais pas qu'elle est reproductible à l'infinie, simplement son coût de reproduction est extrêmement bas, d'une part de par sa nature même qui permet de la reproduire dans à peu prêt n'importe quel matière première et d'autre part grace aux outils de reproduction de l'information sophistiqués qu'à développé l'être humain.

    Copier un fichier numérique, ça coûte certes vraiment pas chère, mais ça à tout de même un coût.