1) Un conducteur de tramway a perdu le contrôle de son engin et les freins ne fonctionnent plus. Sur son chemin se trouvent 5 personnes qui discutent tranquillement sans se rendre compte que le tramway fonce sur eux.
Un employé de la compagnie du tramway a devant lui une manette d'aiguillage qui permettra de détourner le tramway sur une voie de garage. Malheureusement une personne se trouve sur cette autre voie et elle sera certainement écrasée par le tramway.
Selon-vous le fait d'actionner la manette est-il, pour l'employé, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?
2) Un passant sachant nager passe à côté d'une fillette en train de se noyer dans une mare. Il n'y a personne d'autre aux environs. Si le passant plonge pour secourir l'enfant elle sera sauvée mais son pantalon sera fichu.
Selon-vous le fait de plonger sauver l'enfant est-il, pour le passant, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?
3) Dans un hôpital 5 patients sont en attente d'une greffe. Leur mort est certaine s'ils ne trouvent pas des organes le plus vite possible. Malheureusement aucun organe n'est actuellement disponible.
Un jeune homme est présent dans la salle d'attente de l'hôpital et si le chirurgien l'endormait et prélevait ses organes alors il pourrait sauver les 5 patients en attente de greffe, au prix de la mort du donneur.
Selon-vous le fait de provoquer sa mort pour prendre ses organes afin de les donner aux 5 patients est-il, pour le chirurgien, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?
Les trois problèmes ci-dessus sont des expériences de pensée visant à tester nos intuitions éthiques et morales. Comment savons-nous que tel choix que nous faisons est juste ou injuste ? Les gens sont-ils logiques dans leur raisonnements éthiques ou bien se laissent-ils tromper par leurs émotions ? Les choix moraux sont-ils affectés par les croyances religieuses, l'éducation, l'origine sociale, le pays, l'âge, le métier ?
Toutes ces questions passionnantes sont explorées par les psychologues et les philosophes, par exemple Marc Hauser qui fait des recherches en psychologie, au "Cognitive Evolution Laboratory" de l'université de Harvard. Il s'est toujours intéressé aux justifications que nous employons lors de nos choix moraux et il a décidé d'étudier les réponses d'individus face à un ensemble de dilemmes imaginaires.
Pour cela il a mis en place un questionnaire (en flash...grrr) qui est confidentiel et anonyme et qui lui permet de rassembler des données sur ces problèmes épineux : Page du questionnaire.
Bien entendu afin de ne pas biaiser les résultats il ne faut participer qu'une seule fois au test. Si vous voulez participer il faudra savoir lire l'anglais et bien comprendre le scénario. Donc c'est pour les fluent in english (au moins l'anglais écrit).
Le grand philosophe australien Peter Singer a écrit deux excellents petits articles de vulgarisation, disponibles en français, sur cette question des expériences de pensée dans le domaine de l'éthique.
Le but de tout ceci est juste de faire prendre conscience que, en dépit de ce que l'on croit, nos choix moraux et éthiques sont issus de notre histoire évolutive. Seul ce fait peut expliquer qu'en dépit de toutes nos différences (culturelles, géographiques, religieuses, etc) on observe une remarquable convergence sur les réponses aux tests. Sur les trois problèmes initiaux posés dans ce journal les réponses de 1500 personnes originaires du monde entier se répartissent ainsi : 90% d'entre eux pensent qu'il est acceptable d'actionner la manette, 97% qu'il est obligatoire de sauver la fillette et 97% qu'il est interdit de prélever les organes de l'homme en bonne santé.
Notre "boussole morale" est donc commune à tous les membres de l'espèce et, comme l'écrit Singer: "ces intuitions (éthiques) reflètent l'aboutissement de millions d'années au cours desquelles nos ancêtres ont vécu comme des mammifères sociaux, et elles font partie de notre héritage commun."
L'ennui c'est que ce système moral intégré a évolué dans un environnement très différent de notre monde moderne. Il n'est pas armé pour faire face aux problèmes épineux comme la question de l'avortement, de la fécondation in-vitro, du tri génétique des embryons, de l'euthanasie médicale, etc.
L'analyse de dilemmes éthiques de plus en plus contre-intuitifs est donc devenu une méthode standard pour essayer de pousser dans ses derniers retranchements notre sens éthique instinctif et démontrer son irrationalité dans certains cas. Le problème du tramway a été raffiné et de nombreuses variantes existent.
Par exemple: Que feriez-vous si vous étiez sur un pont surplombant la voie du tramway qui se dirige vers le groupe de 5 personnes et que le seul moyen de stopper le tramway soit de pousser la personne obèse se trouvant à coté de vous ? Vous êtes trop léger pour arrêter le tramway alors que lui, avec ses 150 kilos, va pouvoir le stopper.
Pousseriez-vous cette personne du pont, et si non pourquoi votre réponse est-elle différente du problème numéro 1 ? Le fait de le pousser directement au lieu d'actionner simplement une manette ? Mais alors que diriez-vous d'une manette actionnant une trappe pour faire tomber l'obèse sur la voie afin d'arrêter le tram ? Plus besoin de le pousser non ? Il est intéressant de savoir que dans cette configuration les réponses des gens s'inversent par rapport au problème 1 et qu'une majorité refuse de sacrifier cette personne.
Et si les 5 personnes menacés par le tram sont des criminels condamnés qui sont en train de déblayer la voie est-ce que cela change votre réponse ? Ou encore si l'inconnu se trouvant sur la voie de garage (et qui aura l'infortune de périr si vous actionnez la manette) est remplacé par votre mère ?
On voit bien que ces questions difficiles sont des outils très efficaces pour comprendre le fonctionnement de nos intuitions morales et le nouveau domaine de la "neuroéthique" utilise d'ailleurs l’imagerie par résonance magnétique pour observer le cerveau pendant que nous réfléchissons à ces pièges moraux.
Donc, si vous voulez faire progresser la science mais n'avez de scanner à votre disposition, allez donc faire un tour sur le questionnaire de Marc Hauser. Après tout une réflexion sérieuse et une remise en question de certains de nos préjugés éthiques ne peut-être que bénéfique.
Un employé de la compagnie du tramway a devant lui une manette d'aiguillage qui permettra de détourner le tramway sur une voie de garage. Malheureusement une personne se trouve sur cette autre voie et elle sera certainement écrasée par le tramway.
Selon-vous le fait d'actionner la manette est-il, pour l'employé, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?
2) Un passant sachant nager passe à côté d'une fillette en train de se noyer dans une mare. Il n'y a personne d'autre aux environs. Si le passant plonge pour secourir l'enfant elle sera sauvée mais son pantalon sera fichu.
Selon-vous le fait de plonger sauver l'enfant est-il, pour le passant, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?
3) Dans un hôpital 5 patients sont en attente d'une greffe. Leur mort est certaine s'ils ne trouvent pas des organes le plus vite possible. Malheureusement aucun organe n'est actuellement disponible.
Un jeune homme est présent dans la salle d'attente de l'hôpital et si le chirurgien l'endormait et prélevait ses organes alors il pourrait sauver les 5 patients en attente de greffe, au prix de la mort du donneur.
Selon-vous le fait de provoquer sa mort pour prendre ses organes afin de les donner aux 5 patients est-il, pour le chirurgien, obligatoire, acceptable ou moralement interdit ?
Les trois problèmes ci-dessus sont des expériences de pensée visant à tester nos intuitions éthiques et morales. Comment savons-nous que tel choix que nous faisons est juste ou injuste ? Les gens sont-ils logiques dans leur raisonnements éthiques ou bien se laissent-ils tromper par leurs émotions ? Les choix moraux sont-ils affectés par les croyances religieuses, l'éducation, l'origine sociale, le pays, l'âge, le métier ?
Toutes ces questions passionnantes sont explorées par les psychologues et les philosophes, par exemple Marc Hauser qui fait des recherches en psychologie, au "Cognitive Evolution Laboratory" de l'université de Harvard. Il s'est toujours intéressé aux justifications que nous employons lors de nos choix moraux et il a décidé d'étudier les réponses d'individus face à un ensemble de dilemmes imaginaires.
Pour cela il a mis en place un questionnaire (en flash...grrr) qui est confidentiel et anonyme et qui lui permet de rassembler des données sur ces problèmes épineux : Page du questionnaire.
Bien entendu afin de ne pas biaiser les résultats il ne faut participer qu'une seule fois au test. Si vous voulez participer il faudra savoir lire l'anglais et bien comprendre le scénario. Donc c'est pour les fluent in english (au moins l'anglais écrit).
Le grand philosophe australien Peter Singer a écrit deux excellents petits articles de vulgarisation, disponibles en français, sur cette question des expériences de pensée dans le domaine de l'éthique.
Le but de tout ceci est juste de faire prendre conscience que, en dépit de ce que l'on croit, nos choix moraux et éthiques sont issus de notre histoire évolutive. Seul ce fait peut expliquer qu'en dépit de toutes nos différences (culturelles, géographiques, religieuses, etc) on observe une remarquable convergence sur les réponses aux tests. Sur les trois problèmes initiaux posés dans ce journal les réponses de 1500 personnes originaires du monde entier se répartissent ainsi : 90% d'entre eux pensent qu'il est acceptable d'actionner la manette, 97% qu'il est obligatoire de sauver la fillette et 97% qu'il est interdit de prélever les organes de l'homme en bonne santé.
Notre "boussole morale" est donc commune à tous les membres de l'espèce et, comme l'écrit Singer: "ces intuitions (éthiques) reflètent l'aboutissement de millions d'années au cours desquelles nos ancêtres ont vécu comme des mammifères sociaux, et elles font partie de notre héritage commun."
L'ennui c'est que ce système moral intégré a évolué dans un environnement très différent de notre monde moderne. Il n'est pas armé pour faire face aux problèmes épineux comme la question de l'avortement, de la fécondation in-vitro, du tri génétique des embryons, de l'euthanasie médicale, etc.
L'analyse de dilemmes éthiques de plus en plus contre-intuitifs est donc devenu une méthode standard pour essayer de pousser dans ses derniers retranchements notre sens éthique instinctif et démontrer son irrationalité dans certains cas. Le problème du tramway a été raffiné et de nombreuses variantes existent.
Par exemple: Que feriez-vous si vous étiez sur un pont surplombant la voie du tramway qui se dirige vers le groupe de 5 personnes et que le seul moyen de stopper le tramway soit de pousser la personne obèse se trouvant à coté de vous ? Vous êtes trop léger pour arrêter le tramway alors que lui, avec ses 150 kilos, va pouvoir le stopper.
Pousseriez-vous cette personne du pont, et si non pourquoi votre réponse est-elle différente du problème numéro 1 ? Le fait de le pousser directement au lieu d'actionner simplement une manette ? Mais alors que diriez-vous d'une manette actionnant une trappe pour faire tomber l'obèse sur la voie afin d'arrêter le tram ? Plus besoin de le pousser non ? Il est intéressant de savoir que dans cette configuration les réponses des gens s'inversent par rapport au problème 1 et qu'une majorité refuse de sacrifier cette personne.
Et si les 5 personnes menacés par le tram sont des criminels condamnés qui sont en train de déblayer la voie est-ce que cela change votre réponse ? Ou encore si l'inconnu se trouvant sur la voie de garage (et qui aura l'infortune de périr si vous actionnez la manette) est remplacé par votre mère ?
On voit bien que ces questions difficiles sont des outils très efficaces pour comprendre le fonctionnement de nos intuitions morales et le nouveau domaine de la "neuroéthique" utilise d'ailleurs l’imagerie par résonance magnétique pour observer le cerveau pendant que nous réfléchissons à ces pièges moraux.
Donc, si vous voulez faire progresser la science mais n'avez de scanner à votre disposition, allez donc faire un tour sur le questionnaire de Marc Hauser. Après tout une réflexion sérieuse et une remise en question de certains de nos préjugés éthiques ne peut-être que bénéfique.
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réponses
1) Pour moi 5 vies n'ont pas plus de valeur qu'une seule comme si au sens mathématique une vie avait une valeur infinie. Donc faire dévier le tramway serait pour moi considérer comme un meurtre car intentionnel.
2) La valeur d'un pantalon est ridicule par rapport à la vie de la fillette. L'intérêt de cette question vient sans doute du fait que certains pourraient se dire que je ne suis pas responsable de sa noyade. On dira par contre qu'il est responsable de son non-secours. Mais jusqu'à quel prix je dois sauver la fillette ? Celui d'un pantalon, ... ou de ma propore vie. Le problème aurait été plus difficile si on avait dit que la personne ne savait pas nager et qu'il pouvait perdre sa vie en même temps que celle de la fillette.
3) Pour moi ce cas est le même que le premier. On sacrifie une vie pour 5 autres sans demander l'avis de l'intéressé.
Ces réponses ont été faites dans des conditions réfléchies.
Par contre sauver une personne qui m'est chère au prix de la vie de personnes que je ne connais pas, dans le feu de l'action je ne sais pas ce que je ferais.
[^]Re: réponses
>>> 1) Pour moi 5 vies n'ont pas plus de valeur qu'une seule comme si au sens mathématique une vie avait une valeur infinie. Donc faire dévier le tramway serait pour moi considérer comme un meurtre car intentionnel.
Bon on va prendre un exemple extrême pour voir si tu est vraiment accroché à ton idée :
Tu est le capitaine d'un vaisseau spatial qui s'est posée sur une comète géante qui fonce vers la terre.
Si tu ne fais rien alors la comète va continuer son chemin et percuter la Terre. Elle est tellement grosse et va tellement vite que la Terre sera détruite et que toute l'humanité va périr.
Si tu actionne tes réacteurs la comète sera lentement détournée et elle s'écrasera sur un petit astéroïde. L'ennui c'est que ce petit astéroïde est habité par un vieux cosmonaute de 85 ans qui a décidé de finir ses jours sur ce bout de rocher dans son petit bidon pressurisé.
Ton alternative est donc claire :
Choix 1) tu ne fais rien et l'humanité est anéantie. 6 milliards de morts. Les femmes, les enfants, les familles, toutes les réalisations et tous les espoirs de l'humanité. Tout ceci fini pour toujours.
Choix 2) Tu déclenche tes réacteurs pour détourner la comète sachant que cela va tuer le vieillard sur son rocher.
Bien entendu si tu opte pour le choix 2) alors il faudra m'expliquer pourquoi à 5 vies contre 1 tu dis non mais à 6 milliards de vies contre 1 du dis oui. Quelque part entre les deux il se produit chez toi une transition non ? Soudain une vie n'a plus une valeur infinie n'est-ce pas ?
>>> 2) La valeur d'un pantalon est ridicule par rapport à la vie de la fillette.
L'intérêt de ce genre de question n'est pas tellement dans la réponse (évidente) que tout le monde apporte. Il est évident que la valeur d'un pantalon (disons 50 euros) est ridicule par rapport à la vie de la fillette.
La subtilité c'est qu'au moment ou tu réponds que tu t'en fiche de ton pantalon et que tu plonge pour sauver la fillette le philosophe fait un parallèle entre cette situation et celle de l'aide envers les pays pauvres.
Si moralement il est obligatoire de sauver des vies quand l'autre terme de l'alternative n'est qu'une perte monétaire pourquoi est-ce que tu ne donne pas tous le surplus non strictement vital de ton salaire ? Après tout des gens pauvres meurent de faim et de maladie tous les jours en Afrique et ailleurs. Leur situation est comparable à celle de la fillette et pourtant nous ne donnons pas (du moins la plupart d'entre nous) notre surplus de salaire pour sauver la vie de ces gens. Pourquoi ?
Là aussi un philosophe, Peter Unger, a mis en place une ingénieuse expérience de pensée (dite du "collectionneur de Mercedes") dans son livre "Living high and let die" : http://en.wikipedia.org/wiki/Living_High_and_Letting_Die
[^]Re: réponses
pour le choix 2 il y a deja eu recement des exmples triste.
http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,3521526,00-ac(...)
[^]Re: réponses
Choix 1) tu ne fais rien et l'humanité est anéantie. 6 milliards de morts. Les femmes, les enfants, les familles, toutes les réalisations et tous les espoirs de l'humanité. Tout ceci fini pour toujours.
Ton exemple est mal choisi car il a des implications personnelles ou émotionnelles, le test n'en a pas. Ainsi il est évident que ton capitaine de vaisseau spatial a des souvenirs, des amis, de la famille, ... sur terre, tandis que l'aiguilleur n'a pas de relations avec les personnes sur la voie.
J'ai vu bien des choses dans ma petite vie, et je mesure amèrement l'impuissance à les dire. (JP Rosnay, Le 13ème apôtre) http://www.poesie.net/apotre2.htm
[^]Re: réponses
La subtilité c'est qu'au moment ou tu réponds que tu t'en fiche de ton pantalon et que tu plonge pour sauver la fillette le philosophe fait un parallèle entre cette situation et celle de l'aide envers les pays pauvres.
D'un côté, on a une vie sauvée à coup sûr (c'est une donnée du problème) que l'on est seul à pouvoir faire, contre un prix finalement ridicule (tout le monde à un deuxième pantalon).
De l'autre côté on à des vies à sauver, sans que nous sachions si cela sera efficace, dans le cas ou finalement le voisin pourrait donner des sous aussi.
Je repose le problème:
Une petite fille joue dans une mare et semble (mais en est on sur?) avoir du mal a surnager. Il y a une cinquantaine de personnes présentes. Est ce que vous sauteriez pour la sauver? Le problème de sauter, c'est que tu pourris tes vetements, ton portefeuille, que tu as un rendez vous important, et que si tu sautes, tu arriveras en retard au rendez vous qui est un entretien d'embauche.
[^]Re: réponses
Pour le 1)
Joli l'exemple, qui montre que la vie d'une personne ne peut pas être infinie, comme l'aiment à penser certains. Une vie a un prix. Lequel? Bonne question.
Pour le point 2)
Le parallèle est plus ou moins moyen, car il y a plus de choses à prendre en considération :
- La fillette, c'est une fois. Donner le surplus de ton salaire, c'est tout le temps bosser pour un autre, qui pourraient aussi se débrouiller tout seuls pour construire quelque chose. Si la fillette essaye de se noyer 100 fois, au bout de la 10eme j'en aurait peut-être un peu marre... Donner, donner... Ne sert à rien, sauf à avoir des gens qui attendent que tu donnes (ben oui, si il bosse, tu donnes plus, si il bosse pas tu donnes... Il va pas se faire chier, il va attendre! Le système actuel d'aide humanitaire est une merde sans nom, qui donne plus l'envie aux gens aidés de rester aidés.)
- Ce que je donnerai irait à 90% dans les mains de personnes aisées, par le biais de la corruption. Je préfère ne rien donner que de donner à des hommes corrompus.
bref, d'autres de mes systèmes de valeur entrent en jeu.
[^]Re: réponses
la fillette essaye de se noyer 100 fois, au bout de la 10eme j'en aurait peut-être un peu marre...
C'est vrai que les pauvres essayent sans cesse d'être pauvre.
Ca me rappelle une chanson de Didier Super tiens :
"Y en a marre marre des pauvres
les pauvres ils font aucun effort pour devenir riche"
Je préfère ne rien donner que de donner à des hommes corrompus.
bref, d'autres de mes systèmes de valeur entrent en jeu.
Bof, tout ce que tu mets en évidence, c'est que t'es pas prêt à te bouger le cul pour aider les gens : tu émets seulement l'hypothèse confortable pour toi de "donner" de l'argent pour de l'humanitaire, alors que patrick_g ne supposait rien sur la façon de donner le "surplus" de salaire : tu pourrais très bien te fixer un objectif du style je met de côté pendant 20 ans, et après je me déplace là-bas pour créer une école ou je sais pas quoi, enfin un truc qui te rassures sur l'utilité...
MonoFrance
[^]Humanitaire...
C'est vrai que les pauvres essayent sans cesse d'être pauvre.
Pfff... C'est que t'as pas compris comment fonctionne l'humanitaire : si tu vas aider une personne en lui faisant comprendre que si elle fait rien, tu reviendras, ben très logiquement la personne ne fera rien. C'est tout à son avantage par rapport à ce que tu lui offres de ne rien faire. Comme en France si tu es au RMI et qu'on te proposes un temps pariel, tu as tout intérêt à refuser le temps partiel (car tu perds ton RMI, donc tu as moins de fric à travailler). L'humanitaire tel qu'il est fait dans 99% des cas ne sert à rien qu'à se donner bonne conscience.
Rien à voir avec ta phrase.
et après je me déplace là-bas pour créer une école ou je sais pas quoi, enfin un truc qui te rassures sur l'utilité...
Non, car l'école sera soit laissée à l'abandon si les gens n'en voient pas l'utilité, soit détruite par les militaire qui n'apprécient pas que les gens soient éduqués (car éduqué = remettre en question la dictature en place).
Désolé, mais au moins j'assume : je ne me bouge pas le cul certes, mais au moins je ne fais pas de l'humanitaire qui ne sert à rien (au mieux, car dans la plupart des cas le remède est pire : tu crée un lien de dépendance malsain) pour me donner bonne conscience et dormir tranquille. C'est bon, j'ai testé l'humanitaire made in France : mélange de "je fais un truc pour me donner bonne conscience, et après je rentre à la maison peinard" et de néo-colonialisme, testé et non approuvé.
[^]Re: Humanitaire...
L'humanitaire tel qu'il est fait dans 99% des cas ne sert à rien qu'à se donner bonne conscience.
Rien à voir avec ta phrase.
Oué on sent le mec qui a l'expérience qui parle : tu les sors d'où ces stats ?
"C'est bon, j'ai testé l'humanitaire made in France : mélange de "je fais un truc pour me donner bonne conscience, et après je rentre à la maison peinard" et de néo-colonialisme, testé et non approuvé" Et t'as fais quoi ?
Tu oublies un gros détail : nos richesses sont en grande partie due au "sacrifice" de beaucoup de pauvre. Aller leur construire une école, aller les soigner ou aller leurs apprendre des techniques de cultures efficaces, c'est vrai que c'est pas leur rendre service.
Comme en France si tu es au RMI et qu'on te proposes un temps pariel, tu as tout intérêt à refuser le temps partiel
Comparaison de merde : les pauvres ont leur propose pas d'être riche à temps partiel.
Non, car l'école sera soit laissée à l'abandon si les gens n'en voient pas l'utilité, soit détruite par les militaire qui n'apprécient pas que les gens soient éduqués
Oué reste dans ton confort en te donnant bonne conscience : tu peux rien faire pour aider les pauvres.
MonoFrance
[^]Re: réponses
> C'est vrai que les pauvres essayent sans cesse d'être pauvre.
Non mais par contre le pauvre va être obligé de manger, se soigner, etc... L'image de la fillette qui se noit pour représenter la pauvreté est vraiment mauvaise. Je sais pas si c'est vraiment ce que pense le type qui a rédigé le questionnaire, ou juste votre vision de la chose, mais il y a des différences significatives.
Donne 50€ à un pauvre, il va devoir manger, se soigner, etc... Donc il va devoir dépenser l'aide que tu lui donne. Si on reprend l'histoire de la fillette qui se noie. Ca veut dire que l'action de la sauvée de la noyade sera que temporaire. Et c'est la ou l'image est boiteuse. La fillette est obligé d'une certaine façon d'aller se noyer. Ce qui déconne totalement avec la réalité, à moins qu'elle soit somnanbule et sur un petit ilôt je vois pas comment tu fais pour retourner obligatoirement à l'eau.
Si tu veux une image plus correct pour la pauvreté dans le monde, il va te falloir pleins de fillettes obligée de se noyer et tu pourra peut-être en sauver une ou deux au plus, pendant un certain temp, toujours au prix de ton pantalon. Bon maintenant ça prend en question l'inutilité de ton choix, l'injustice du choix de la fillette. Et encore il manque le fait que t'es indirectement responsable de leur somnanbulisme aquatique. Maintenant tu fais quoi ?
[^]Re: réponses
Joli l'exemple
Bof, non, pas terrible : Il ajoute des implications personnelles.
Personnellement, je raisonne un peu comme l'initiateur de ce fil et je ne ferai pas de choix (si j'ai le droit de ne rien faire) entre la vie d'un inconnu et une infinité non dénombrable de vies d'inconnus ; par contre, s'il s'agit de ma planète et qu'il y a ne serait-ce qu'un habitant dessus qui va mourir, j'irai volontiers étrangler moi-même un inconnu si c'est nécessaire à empêcher la destruction.
[^]Re: réponses
>>> Pour le point 2) Le parallèle est plus ou moins moyen
J'ai trouvé que les conclusions de l'essai de Singer sur ce parallèle étaient quand même difficiles à réfuter :
http://www.nytimes.com/library/magazine/home/19990905mag-pov(...)
[^]Re: réponses
Aucun doute: j'envoie le tout sur le petit rocher et le dio-cosmonaute. En effet pour devenir capitaine de vaisseau spatial j'ai commencé par faire des études générale genre lire + écrire + culture général et malgré mes mauvais souvenir du tout je me rappel que les lois de la gravitation épargneront le petit tonneau et son astrogène puisque l'accélération tonneau - comète est très inférieure à celle entre terre et comète !
Eh oui, comme beaucoup je détourne le débat et j'oublie en répondant ainsi qu'il ne s'agit pas du tout de savoir ce que je ferais vraiment dans les siturations décrites dans le test. Question épineuse à laquelle il serait probablement très difficile de répondre à coup sûre. Mais bien de savoir comment j'évalue l'altérnative qui m'est proposée afin d'évaluer s'il existe un sens moral commun aux utilisateurs de flash.
PMA
[^]Re: réponses
Donc faire dévier le tramway serait pour moi considérer comme un meurtre car intentionnel.
Vu que tu t'es posé la question, quelque soit l'action que tu choisies, celle-ci est intentionnelle...
Le problème aurait été plus difficile si on avait dit que la personne ne savait pas nager et qu'il pouvait perdre sa vie en même temps que celle de la fillette.
En même temps c'est pas précisé qu'il sait nager...
On sacrifie une vie pour 5 autres sans demander l'avis de l'intéressé.
Sans demander l'avis DES intéressés...
MonoFrance