Journal Ce ne sera finalement qu'un seul au revoir

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13
9
oct.
2011

Il y a parfois des morts qu'on apprend tardivement, et qui bouleversent beaucoup sans qu'on comprenne vraiment pourquoi.
Souvent la mort de gens qu'on connaissait peu voire pas du tout, mais qui on participé plus ou moins directement à façonner l'individu que l'on est.

Il peut s'agir d'acteurs, de chanteurs, d'écrivains (je n'aime pas utiliser le terme artiste qui pour moi définit plutôt un caractère qu'un métier), de scientifiques, de politiques... Bref, toutes ces personnes qui a un moment on pu transmettre quelque chose à des "inconnus"

Steve Jobs, Michael Jackson, Lady di, pour ne citer qu'eux parmis les "blockbusters du culte de la personnalité", leurs disparitions n'ont laissé en moi que le goût amer du rappel que nous avons tous une fin, mais elles ne m'ont pas vraiment touché, voire elles m'ont même désintéressé.

Et j'ai découvert par hasard aujourd'hui, enfin hier vu l'heure, en feuilletant un magazine un peu vieux, la mort de David Servan-Shreiber il y a déjà plusieurs mois, le 24 juillet(beaucoup de gens sont au courant, sûrement, mais il y a des nouvelles qu'on rate. Il paraîtrait que Charles Bronson est mort aussi.) Et ça m'a laissé un peu plus qu'un simple goût amer. Je n'ai lu qu'un livre de lui "Guérir" d'abord avec réticence, puis avec beaucoup de plaisir. Ce livre a même réveillé en moi une passion pour la psychologie, les thérapies brèves, les études comportementales et sociologiques. Passion qui s'était déjà un peu révélé quand j'avais lu Henri Laborit des années auparavant. Je me suis mis depuis à lire avec passion des auteurs divers sur le sujet. Bref, je me perd dans /mavie alors que je voulais rendre un hommage tardif à cet auteur et médecin controversé certes (omega 3, EMDR, ondes des téléphones portables), mais qui, au moins pour moi, a réellement apporté quelque chose de plus important qu'un objet techno-branché dans ma manière de voir le monde.

Je l'avais vu dans une émission d'Ardisson, quand il faisait la promotion de son livre "anticancer" et j'avais beaucoup apprécié le calme, la gentillesse et les idées défendues par cet homme.

Donc, c'est avec une certaine tristesse (ou plutôt une tristesse certaine) que je conclus ce journal pas très bien réalisé sur la bronsonisation de David Servan-Shreiber en citant un extrait de son dernier livre, que je n'ai pas (encore) lu (j'ai trouvé l'extrait sur le web)

Tôt ou tard, il allait revenir. Je connaissais les pronostics de mon cancer. Je pouvais retarder l'échéance, gagner des années, presque l'oublier, mais cette fois c'était "the Big One", comme disent les Californiens qui redoutent un tremblement de terre dévastateur.
Cette rechute m'a amené à me poser les questions les plus graves, peut-être les plus importantes, de ma vie : si je suis rattrapé par la maladie alors que je pense, mange, bouge, respire et vis anticancer, alors que reste-t-il d'Anticancer ?
C'est pour répondre à cette question que j'écris aujourd'hui.
Ce livre est aussi l'occasion, pour moi, de dire au revoir à tous ceux qui ont apprécié mes livres précédents ou qui sont venus m'écouter. Quoiqu'il arrive, j'ai le ferme espoir que cet au revoir ne sera pas le dernier.
On peut se dire au revoir plusieurs fois.

David SERVAN-SCHREIBER

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