Forum général.général Passer le flambeau

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Tags : aucun
5
8
sept.
2016

Bonjour,

Existe-t-il un moyen de trouver des développeurs intéressés à reprendre des projets ?

Durant mes années de recherches, j'ai écrit des programmes en python pour me faciliter la vie. Ces programmes sont publiés en GPL et disponibles sur launchpad.

Actuellement je ne suis plus actif dans le monde de la recherche et n'en ai donc plus besoin. Cependant, ces programmes sont utilisés par d'autres chercheurs de pars le monde et j'ai encore quelque bug-reports qui m'arrivent. Malheureusement, comme ça ne fait plus partie de mon activité, je n'ai plus la motivation d'y travailler durant mon temps libre.

Le premier programme, OpenFovea, a fait l'objet d'une publication dans Nature Methods ( http://www.nature.com/nmeth/journal/v9/n8/full/nmeth.2112.html ) et l'autre est une librairie de chargement d'image de microscope confocale, utilisée entre autre par l'INRIA pour leur projet "OpenAlea" (tiens, en écrivant ça je me dis que je pourrais les contacter…).

Les deux programmes :
https://launchpad.net/openfovea
https://launchpad.net/pylsm

Merci pour vos conseils !

  • # Informer

    Posté par . Évalué à 2.

    Déjà, peut-être le dire sur la présentation dans launchpad et sur la home page des projets que l'application cherche un repreneur ;)
    Sinon, tu peux en informer les personnes t'envoyant des bugs et peut-être que nature.com peut faire un bref post sur son site pour le dire, ou au moins mettre à jour l'article comme quoi tu cherches un repreneur.
    Je pense qu'il peut être bien de préciser si tu peux les aider en cas de question sur ton code.

  • # informer les utilisateurs

    Posté par . Évalué à 2.

    si tu sais que le projet est utilisé ailleurs, tu peux peut-etre contacter les utilisateurs (mailing list, forum, autres) pour leur faire part de ton idée et de ta recherche de repreneur.

  • # Codes de recherche orphelins

    Posté par . Évalué à 4.

    Je suis dans la même situation que toi, et je crois que ce problème est très courant.

    Le code informatique utilisé dans la recherche n'a souvent de financement que pour son développement initial, lequel se fait premièrement - souvent "seulement" - avec pour but d'en tirer une publication. La maintenance du code, la correction de bug, les modifications parfois nécessaires lorsque des dépendances changent, ne sont généralement pas considérées. Dès lors, les codes meurent assez rapidement. Cette tendance est si problématique qu'émergent des mouvements structurés pour la combattre, comme Software Carpentry, qui est justement en train de proposer un petit guide intéressant à l'usage des chercheurs.

    En pratique, c'est à ceux qui ont besoin d'utiliser ce code de s'occuper d'en assurer la maintenance, et pas à toi, quand bien même c'est un peu "ton bébé". Surtout si tu as quitté le monde de la recherche, je te conseille de ne perd pas ton temps à essayer de t'en occuper: ça dédouanerait les utilisateurs de toutes responsabilités, ce qui contribuerait à pérenniser le système en place qui doit changer.

    • [^] # Re: Codes de recherche orphelins

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Je crois que tu pointe des aspects très intéressants :

      1) dans un premier temps, oui, c'est mon bébé. J'y ai travaillé durant de longues années dessus, on en a tiré une bonne publication. Au début, j'avais du mal à le lâcher.
      2) ensuite, je me suis rendu compte qu'en ne l'utilisant plus, je n'avais plus la même relation avec lui. C’était plus de la maintenance de code et donc plus très intéressant. Développer de nouveaux algorithmes, contourner des difficultés pour arriver à ses fins, optimiser pour aller plus vite, s'amuser à faire des tests unitaires pour rendre tout ça plus robuste, c'était chouette. Mais la page s'est tournée.
      3) des labos l'utilisent mais ne semblent pas vouloir s'engager plus que ça.

      L'idée à la base de ce développement était de s'affranchir d'une boite noire et de permettre à tout le monde de comprendre ce qui se passe dans le traitement de données. Mais il semble que nous ne soyons pas si nombreux que ça à vouloir comprendre ce que l'on manipule (NB: je suis biologiste, pas informaticien…).

      Je vais regarder du côté de la piste que tu donnes et vous ferai peut-être, qui sait, un petit journal sur ce qui s'est passé.

      • [^] # Re: Codes de recherche orphelins

        Posté par . Évalué à 3.

        Je suis très curieux des éventuelles suites, et je pense ne pas être le seul :)

        Dans le domaine que je connais le mieux (la modélisation moléculaire en Suisse), soit les codes sont vivants et développés, soit ils sont obsolètes très rapidement. La TMA n'a donc pas vraiment de place et n'est jamais budgetisée. Par conséquent, le développement d'un logiciel scientifique impose donc une double contrainte d’adéquation scientifique et de flexibilité dans la durée. Il faut donc travailler au bon niveau d'abstraction et gérer avec le plus grand soin la dette technique. Sur ces deux points, la plupart des 'décideurs pressés' que j'ai croisé dans le monde scientifique académique (hors informatique) sont aussi notoirement incompétents que la plupart de leurs étudiants en thèse. Les objectifs des premiers sont de plus en plus d'avoir des sous et de bien se faire voir de leur hiérarchie, pas de faire avancer la recherche à travers de la mise à disposition de leurs outils/méthodes. Les objectifs des seconds sont de devenir le plus rapidement possible comme les premiers. Dans un cas comme dans l'autre, le premier objectif est la carrière personnelle.

        Les très rares pros à la fois dans un domaine scientifique précis et en informatique, faute de possibilité de carrière et de reconnaissance dans le monde académique, préfèrent pour la plupart travailler dans le privé où les conditions sont bien plus avantageuses, lorsqu'ils ne sont pas jetés hors du monde académique parce qu'"on" ne veut pas comprendre pas de quoi et-ce qu'ils parlent et pourquoi est-ce que c'est important. Or, dans ce domaine: pas outils, pas de science (au sens de développement méthodologique), au mieux du service et de la sous-traitance qu'on nomme pudiquement "collaboration" et qui permet de réseauter pour assouvir les ambitions des égos.

        Au final, c'est donc la science qui est en panne, faute d'outils fiables et de possibilité d'instaurer une dynamique de partage mutuellement gagnant-gagnant au sein de la communauté académique. YMMV, comme on dit, et heureusement ça a tendance à changer doucement, justement avec des mouvements comme Software Carpentry. Il y a du boulot.

        A.

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