Naissance du projet PloneGov européen

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10
juin
2007
Python
Avec le développement d'Internet et de l'informatique, du plus en plus de projet d'e-Gouvernement (Gouvernement en ligne) ont vu le jour.

PloneGov.ch (en Suisse), CommunesPlone (Belgique et France) et UdalPlone (pays basque) sont 3 projets basés sur Plone et Zope dont l'objectif est d'offrir des "solutions de gouvernement électronique" pour les petites municipalités.

Lors d'un atelier de travail à Seneffe (Belgique) ces 31 mai et 1er juin, il a été décidé de fusionner les 3 projets en un seul et même projet : PloneGov. Cette décision permettra de mutualiser les efforts et les expériences de ces projets dont les objectifs se sont révélés très similaires. Le but du projet PloneGov n'est pas d'offrir seulement un site web mais bien tout une infrastructure intranet et/ou extranet.

Ainsi, les communes belges de Seneffe et Sambreville, pionnières du projet CommunesPlone, disposent déjà de nombreuses fonctionnalités : possibilité pour les habitants de la commune de développer leur propre espace web sur le site, commande en ligne des documents administratifs, comptes-rendus en ligne des conseils communaux, intégration avec la carte d'identité électronique, ...

L'aspect entièrement libre (GPL) du projet permet à toutes les collectivités de participer au projet dans la mesure de leurs moyens. Les petites villes qui n'ont pas les ressources pour engager toute une équipe d'informaticiens peuvent donc bénéficier des derniers développements.

Pour pouvoir tester PloneGov sans devoir l'installer et sans perdre trop de temps, il est prévu que la société Objectis héberge gratuitement des démonstrations 100% fonctionnelles du logiciel. Une bonne manière de convaincre votre administration en quelques clics.

Il s'est formé au niveau européen tout un réseau de PME spécialisées dans Zope/Plone. afin d'assurer le support, l'installation et les services liés à PloneGov. Leur activité autour de PloneGov est centralisée par l'ASBL Zea Partners. Mais si PloneGov est à ce jour essentiellement européen, plusieurs villes d'Amérique du Sud se sont postées en observatrices et sont très intéressées.

À noter que PloneGov est sélectionné comme finaliste pour les Lutèce d'Or de Paris, Capitale du Libre, dans la catégorie "Meilleur projet d'une collectivité".
  • # Langue

    Posté par . Évalué à 3.

    Si je comprends bien, c'est donc la réunion de trois projets dont les langues de départ sont l'allemand, le français et le basque (ou l'espagnol), soutenue par la Belgique, la France, la Suisse, l'Espagne et l'Argentine et dont le site principal est très logiquement en... anglais ?

    Ce genre d'abdication de souveraineté linguistique m'étonnera toujours. C'est comme les Suisses ou les Belges qui parlent Anglais entre eux car ils n'ont pas d'autre langue maîtrisée en commun.
    • [^] # Re: Langue

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      Ce genre d'abdication de souveraineté linguistique m'étonnera toujours.


      Bah, je ne vois pas en quoi choisir l'anglais pour communiquer quand on n'a aucune langue en commun serait une abdication de souveraineté linguistique.
      D'autant plus que l'anglais est la langue de l'informatique et tous les informaticiens la bargouinent plus ou moins.

      C'est comme les Suisses ou les Belges qui parlent Anglais entre eux car ils n'ont pas d'autre langue maîtrisée en commun.


      Bin voilà, tu le dis toi-même...
      • [^] # Re: Langue

        Posté par . Évalué à 3.

        Bin oui, en fait je m'auto-tendais une perche avec cette dernière phrase. Je trouve ça malheureux que l'anglais soit devenue la langue de communication de fait entre peuples de langues maternelles différentes, mêmes non anglophones. L'anglais n'est absolument pas neutre et le fait que tout le monde l'utilise, y compris quand il n'y a aucun anglophone présent, non seulement donne une bonne indication de l'hégémonie anglo-saxonne en matière économique et culturelle, mais aussi renforce de manière considérable cet avantage économique et culturel.

        Le lien avec le projet PloneGov peut ne pas vous sembler immédiat, mais j'y reviendrai.

        Savez-vous par exemple que, pendant un temps, des centaines d'offres d'emploi de la commission européenne, qui gère dois-je le rappeler les affaires de toute l'Europe, soit 25 pays, soit 460 millions d'habitants, stipulaient "native english speakers" ou "english mother tongue" ? C'est seulement sous la pression qu'ils ont remplacé cette mention par une périphrase type "native english level".

        Il en va de même dans tous les organismes internationaux ; au parlement et à la commission européenne, les documents de travail sont de moins en moins souvent traduits en français ou en allemand, ce qui donne un avantage considérable aux anglophones dans les discussions.

        Tous les jours dans les entreprises internationales, des négociations ont lieu en anglais, et là encore les anglophones de naissance ont un avantage intrinsèque très important dans la discussion, tout simplement parce qu'ils sont plus à l'aise, comprennent tout tout de suite et n'ont pas à chercher leurs mots, ce qui les rend plus crédibles et les met en position de force.

        En somme l'usage généralisé de l'anglais entérine et accélère la domination culturelle des anglophones (surtout les anglo-saxons) sur le reste du monde et accélère l'uniformisation culturelle de la planète, chose qui n'est selon moi absolument pas souhaitable.

        Cette page principale d'un projet libre illustre une fois de plus non seulement la domination de l'anglais, mais aussi la résignation (souvent par pragmatisme, je le concède) des autres locuteurs, qui pourraient choisir une autre langue de communication, au hasard pour ce projet : le français ou l'espagnol, parlés par la majorité des acteurs du projet et proches l'une de l'autre.

        L'idéal serait bien sûr qu'ils utilisent une langue neutre, relativement facile à apprendre, conçue pour les échanges internationaux et surtout qui ne soit pas porteuse d'une culture particulière (donc neutre, encore une fois).

        C'est véritablement un enjeu de souveraineté de tout premier ordre, le fait de pouvoir simplement utiliser sa langue dans les discussions internationales, ou au moins de ne pas dépendre de la langue d'un autre pays.

        D'où mon expression "abdication de souveraineté linguistique", qui parait forte dans le contexte de ce projet, mais je rappelle que ce projet est soutenu par les administrations des différents pays concernés, et qu'à ce titre le choix de la langue a aussi une saveur politique particulière, et est symptomatique du degré d'indépendance de ces administrations par rapport à la culture anglo-saxonne en général.
        • [^] # Re: Langue

          Posté par . Évalué à 1.

          L'idéal serait bien sûr qu'ils utilisent une langue neutre, relativement facile à apprendre, conçue pour les échanges internationaux et surtout qui ne soit pas porteuse d'une culture particulière (donc neutre, encore une fois).

          En somme, une langue construite, comme l'espéranto ou le lojban, …
          • [^] # Re: Langue

            Posté par . Évalué à 2.

            Hopopop, on se calme.

            Il faut savoir que les PME derrière le projet sont de toutes petites entreprises. Le choix de l'anglais résulte d'une décision purement pragmatique, toucher un maximum de personnes en minimisant le temps consacré à "l'arrangement" de la vitrine. Leurs cartes de visites, ce sont leurs réalisations, et il est bien évident que là, elles sont dans les langues nationales. Il faut séparer PloneGov, qui est un moteur comme PHP2BB, des implémentations effectuées : il y a pleins de forums 100% francophones basés sur PHP2BB.

            CdM

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