Journal Consultation en cours sur l'usage de "l'informatique en nuage" au sein de l'administration

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8
27
juil.
2018

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Je passe sur le fait que le texte est mal documenté, mal référencé, mal formaté et
que les auteurs n'ont visiblement pas lu les excellents journaux de linuxfr ou à défaut
les documents de référence comme l'ISO-17789:2014.

Il n'y a à ce jour, à ma connaissance, zéro commentaire sur le texte 


USAGE DE L’INFORMATIQUE EN NUAGE AU SEIN DE L’ADMINISTRATION

Contexte

Trois niveaux de services différents existent en réalité sous le terme générique cloud computing :
‱ l’hĂ©bergement distant, Infrastructure as a Service (IaaS) ;
‱ la location de logiciels utilisable à distance, Software as a Service (SaaS) ;
‱ la capacitĂ© Ă  fabriquer de façon native des applications en s’appuyant sur des fonctionnalitĂ©s
standards existantes, Plateforme as a Service (PaaS).

La tendance actuelle du marchĂ© mondial du dĂ©veloppement logiciel est une orientation massive vers les services de type Software as a Service (SaaS). De nombreux Ă©diteurs logiciels ont basculĂ© d’une logique de vente de logiciel Ă  une logique de fourniture de service en ligne.
L’utilisation du cloud computing, en raison du recours Ă  des prestataires externes, implique des problĂ©matiques de maĂźtrise des donnĂ©es, de rĂ©versibilitĂ©, de sĂ©curitĂ© informatique et de souverainetĂ©.
Dans ce contexte, l’adoption du cloud computing par l’Etat doit permettre d’accĂ©lĂ©rer la crĂ©ation et la mise Ă  disposition de services numĂ©riques, de favoriser la mise en Ɠuvre de mĂ©thodes agiles et la prise en compte continue des besoins des utilisateurs, de faciliter la montĂ©e en charge des usages, de soutenir l’innovation numĂ©rique, et enfin d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© gĂ©nĂ©rale du systĂšme d’information des administrations publiques.

La doctrine nationale d’utilisation du cloud computing doit rechercher un Ă©quilibre entre plusieurs enjeux :
‱ la transformation numĂ©rique, des entreprises, de l’action publique tirĂ©e par les nouveaux usages et
les attentes des citoyens ;
‱ les gains espĂ©rĂ©s Ă  la fois par l’optimisation des infrastructures d’hĂ©bergement et des investissements associĂ©s ainsi que par la rĂ©duction des dĂ©lais de dĂ©veloppement et de dĂ©ploiement des nouvelles applications ;
‱ la souverainetĂ©, entendue comme une autonomie de dĂ©cision des rĂšgles Ă  appliquer et une
autonomie d’actions pour protĂ©ger les donnĂ©es et systĂšmes les plus sensibles ;
‱ le signal envoyĂ© aux acteurs publics oĂč l’adoption de service de cloud computing reste encore limitĂ©e
(dont les collectivitĂ©s locales et certains Ă©tablissements publics), ainsi qu’aux entreprises ;
‱ le soutien aux industries innovantes.
Compte tenu des diffĂ©rences entre les trois niveaux de services (Iaas, Paas et Saas) et de la diversitĂ© des usages, il semble difficile de trouver un unique compromis pour l’ensemble de l’action publique. Les tentatives prĂ©cĂ©dentes focalisĂ©es autour de la crĂ©ation d’un cloud souverain comme unique solution Ă  la problĂ©matique ont donnĂ© des rĂ©sultats limitĂ©s.

Par ailleurs il convient de noter que le « CLOUD Act » adoptĂ© par le CongrĂšs amĂ©ricain en mars 2018 renforce l’importance de disposer d’une autonomie d’actions pour protĂ©ger les donnĂ©e et systĂšmes les plus sensibles en matiĂšre d’informatique en nuage.

Doctrine

La doctrine du cloud computing de l’Etat vise Ă  dĂ©velopper massivement l’usage du cloud au sein des administrations
et à en faire à terme le principe par défaut. Pour cela, elle rendra accessible aux administrations une offre hybride
composée de trois catégories de solutions à utiliser en fonction de la sensibilité et du niveau de pérennité des
données, des traitements ou des applications.

Ces 3 catégories sont :
‱ catĂ©gorie « Cloud interne » : elle capitalise sur les travaux menĂ©s depuis 2 ans sur la construction en interne Ă  l’état de trois instances de cloud interministĂ©riels qui devront progressivement devenir une offre cohĂ©rente IaaS et PaaS sur une base OpenStack, accessible Ă  l’ensemble des ministĂšres via un
portail interministĂ©riel. L’ensemble des ministĂšres pourra dĂ©ployer des services en mode Saas sur
cette infrastructure. Cette catĂ©gorie permettra d’accueillir des donnĂ©es, des traitements et des
applications sensibles, et rĂ©pondre Ă  des besoins rĂ©galiens d’infrastructures numĂ©riques rĂ©pondant
aux exigences d’internalisation des donnĂ©es et de sĂ©curitĂ© des systĂšmes d’information.

‱ catĂ©gorie « Cloud dĂ©dié » : elle s’appuie sur une offre de cloud computing standard d’un industriel du secteur ayant un niveau de compatibilitĂ© suffisant pour rĂ©duire fortement des travaux de migration
avec la catĂ©gorie « Cloud interne », personnalisĂ©e pour les besoins de l’Etat et opĂ©rĂ©e sur des
infrastructures dĂ©diĂ©es. La personnalisation comprend l’intĂ©gration du service de supervision de
sécurité de l'ANSSI ainsi que certains composants de France Connect Plateforme. Cette catégorie
permettra d’accueillir des donnĂ©es, des traitements et des applications d’une sensibilitĂ© moindre,
mais nécessitant un certain niveau de pérennité.

‱ catĂ©gorie « Cloud externe » : elle est constituĂ©e d’un catalogue d’offres cloud computing externes
gĂ©nĂ©riques accessibles sur internet (notamment en Saas), portĂ© par des centrales d’achat comme
l’UGAP pour en faciliter la commande. Cette catĂ©gorie permettra de rendre Ă©ligible un plus grand
nombre d’offres permettant d’accueillir des donnĂ©es, des traitements et des applications peu
sensibles, et via ces offres de bĂ©nĂ©ficier de l’état de l’art et des meilleures innovations dans le
domaine. Ces offres devront néanmoins répondre à des critÚres minimaux en termes de
fonctionnalitĂ©, de rĂ©versibilitĂ© et de sĂ©curitĂ© et pourront faire l’objet de labĂ©lisations en fonction de leurs caractĂ©ristiques, notamment en matiĂšre de sĂ©curitĂ©.

En matiĂšre de sĂ©curitĂ©, les catĂ©gories « Cloud interne » et « Cloud dĂ©dié » devront respecter les exigences rĂ©glementaires gĂ©nĂ©riques et ĂȘtre conformes au rĂ©fĂ©rentiel SecNumCloud Essentiel1
. Par ailleurs, une rĂ©vision de la PSSIE au regard des nouveaux usages liĂ©s au cloud et de cette doctrine devra ĂȘtre menĂ©e.
L’élaboration des rĂšgles et contraintes de sĂ©curitĂ© se fera de façon Ă  Ă©quilibrer d’une part le besoin de protection des actifs numĂ©riques de l’Etat, d’autre part le besoin de dĂ©velopper l’usage grĂące Ă  des services faciles Ă  utiliser, performants, et Ă©conomiquement performants.
La mise en Ɠuvre de cette stratĂ©gie hybride pour le cloud computing de l’Etat nĂ©cessite la mise en place :
‱ d’une gouvernance interministĂ©rielle Ă  organiser le travail interministĂ©riel, Ă©laborer progressivement
la doctrine d’utilisation des trois catĂ©gories en fonction des applications et des usages et pour dĂ©finir
les conditions d’intĂ©gration des applications externes ;
‱ d’un accompagnement dĂ©diĂ© Ă  l’usage du cloud computing pour en tirer tous les bĂ©nĂ©fices tant
financier que sur la mise en Ɠuvre rapide de nouveaux services numĂ©riques innovants pour les
citoyens et les agents publics, transformant l’action publique ;
‱ d’un catalogue de services IaaS et PaaS portĂ© par des centrales d’achat comme l’UGAP pour le « cloud
externe » au plus tĂŽt (une offre SaaS existe dĂ©jĂ  Ă  l’UGAP)
‱ d’un ou plusieurs supports juridiques pour le « cloud dĂ©dié » afin d’ĂȘtre opĂ©rationnel courant
deuxiĂšme semestre 2019,
L’ensemble des offres des trois catĂ©gories a vocation Ă  ĂȘtre ouvert aux collectivitĂ©s locales et aux Ă©tablissements publics volontaires en fonction de la politique d’usage dĂ©finie ci-dessus. Une politique tarifaire sera mise en place.

Le rĂ©fĂ©rentiel SecNumCloud en version Essentiel est le rĂ©fĂ©rentiel d’exigences utilisĂ© pour la qualification de prestataires de services d’informatique en nuage
(Cf. https://www.ssi.gouv.fr/actualite/secnumcloud-la-nouvelle-reference-pour-les-prestataires-dinformatique-en-nuage-de-confiance/ ).

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