Journal Chroniques de l'automatisation : L'hotellerie

9
19
juil.
2015

Un petit journal bookmark pour rebondir sur le journal récent : http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/07/17/le-premier-hotel-gere-par-des-robots-ouvre-ses-portes-au-japon_4687360_4408996.html

Après le restaurant robotisé Chinois, un domaine de plus qui s'ouvre à la robotique avec comme perspective peut être la fin des femmes de ménages dans le rôle d'employées ? Bon on a déjà les robots tondeuses et apirateur, là on approche le cran du dessus. On peut gager que les roboticiens "Wallace" un peu fainéant vont être titillé par le défi du robot qui fait le lit :)

  • # Au secours !

    Posté par . Évalué à 10.

    Salut,

    avec comme perspective peut être la fin des femmes de ménages dans le rôle d'employées ?

    Il faut impérativement contacter DSK.

    ---> [la porte]

  • # Marketing

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    C'est plus pour le fun qu'autre chose, car avoir un robot qui te dit "va tapoter sur l'écran à côté", c'est juste pour regarder un robot (et tu vas payer pour).

    Si tu cherches un hôtel automatisé, pas besoin d'aller aussi loin, va dans un "Formule 1" et tu verras l'automatisation à son œuvre, sans marketing.
    Quand au femmes (pourquoi femmes? il y a des hommes aussi) de ménage, avant que ça s'automatise, il y a pour un petit moment (déjà que rien que passer l'aspirateur chez un particulier dans un endroit moins hostile, les "robots" ne sont pas vraiment au point)…

    • [^] # Re: Marketing

      Posté par . Évalué à 2.

      Tu te contredis carrément. On a déjà le nettoyage automatisé des toilettes dans pleins d'endroits, ce qu'on peut effectivement considérer comme une robotisation, et là clairement ça supprime déjà des "agents d'entretien".

      Et puis dans un hôtel, on est justement là ou on peux faciliter la tâche au robot aspirateur en lui laissant la place de passer sous les meubles ou en lui ouvrant les portes au passage comme il faut …

    • [^] # Re: Marketing

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      Quand au femmes (pourquoi femmes? il y a des hommes aussi) de ménage, avant que ça s'automatise, il y a pour un petit moment (déjà que rien que passer l'aspirateur chez un particulier dans un endroit moins hostile, les "robots" ne sont pas vraiment au point)…

      De plus quand tu vois les conditions de travail chez les sous traitants dans l'hôtellerie, tu te dis que c'est sans doute le seul secteur ou remplacer l'homme par la machine risque de faire augmenter les couts d'exploitation.

      Pour ceux qui ne connaissent pas l'idée est d'embaucher à temps partiel (ne pas parler Français et être mère célibataire sera un plus). Puis de demander un rendement délirant du type 4 chambre à blanc ou 5 recouche à l'heure soit 16 à 20 chambres pour une demi journée de travail ce qui est totalement irréaliste. Ensuite il ne reste plus qu'à déduire le temps du nombre de chambre, voir appliquer des pénalités quand les objectifs ne sont pas remplis… Sans parler du manager gros bras qui vient gueuler et menacer, des hôteliers qui en veulent pour leur argent, des horaires indéterminés, du travail le dimanche, des heures passés à attendre (non payées bien sûr) qu'un client finisse par partir , des déplacements lorsqu'il faut se rendre dans 4 hôtels différents …

      • [^] # Re: Marketing

        Posté par . Évalué à 10.

        C'est une utopie, mais j'espère bien que la robotisation apportera la fin de ces tâches merdiques. Où va l'humanité si de telles conditions de travail doivent continuer d'exister ?

        Niveau guerres/barbarie, ça va, si on fait le bilan du dernier millénaire, on peut se dire que ça progresse. Loin d'être résolu, mais ça progresse.

        Niveau travail, on reste parfois à la féodalité…

        • [^] # Re: Marketing

          Posté par . Évalué à 2.

          Mouai, enfin pour l'instant on passe surtout du féodal au caniveau. Tous les pays ont pas la couverture sociale française!

  • # Online Travel Agency

    Posté par . Évalué à 7.

    Il y a en France, une certaine tradition d’hôtellerie dite familiale ou indépendante qui à du mal à s'adapter à l'arrivée des grosses centrales de réservation du web (genre Trip Advisor).

    Les grande chaînes type Accord se sont adaptées et en profite largement pour gagner des parts de marché sur cette hôtellerie traditionnelle. Je n'ai pas énormément de billes sur le sujet, personnellement. J'ai juste un ami qui a un hôtel type relais logis dans le centre de la France, une affaire tenue de père en fils et qui m'a raconté à quel point ça devient compliqué pour eux. Eux, s'en sorte pour le moment, mais ils sont contraint à une variabilité importante sur leurs tarifs et donc leurs marges. Ils n'arrivent pas non plus à remplir leur hôtel à l'avance, tout se rempli au dernier moment (avec donc une marge très variable). Ça complique énormément leur rentrées d'argent et leur capacités à amortir leur investissements (et la relation avec leur banquier, forcément). En gros, ils risquent la faillite pratiquement chaque saison.

    Tout le monde s'accorde à trouver particulièrement pratique ces agences de réservation en ligne, ce n'est pas le problème. Le problème, c'est les dégâts que peuvent causer la radicalité du changement sur des acteurs économiques qui ne sont pas forcément ni préparés, ni accompagné. Alors, on peut dire que ceux qui ne s'adaptent pas à la modernité vont disparaître, que c'est comme ça, qu'on y peut rien, etc … Mais on ne réalise pas forcément qu'il s'agit potentiellement de vies entières qui peuvent être brisées au passage.

    J'ai trouvé un article qui à l'air pas trop mal et qui fait le bilan sur ce sujet (les causes sont multiples) :

    http://www.comitemodernisation.org/le-sort-funeste-de-la-petite-hotellerie-dans-lindifference-generale

    Sur ce thème, les changements qu'induisent dans la société les nouvelles technologies, on a un sérieux problème pour faire évoluer notre économie rapidement sans provoquer trop de casse. (On me dira que c'est pas nouveau, y a qu'a demander aux petits fermiers, aux mineurs, aux ouvriers de la sidérurgie ou aux dockers ce qu'ils en pensent…) Mais bon, tout ça pour dire que le problème n'est pas l'arrivée dans le futur d'hypothétiques robots chauffeur de taxi ou femmes de ménage. C'est l'arbre qui cache la forêt tout ça… Le problème c'est que le changement c'est maintenant, comme dirait l'autre.

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

    • [^] # Re: Online Travel Agency

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      qui à du mal à s'adapter à l'arrivée des grosses centrales de réservation du web (genre Trip Advisor)

      Les trucs du genre Trip Advisor:
      - ne demandent pas l'autorisation pour inclure l'hôtel dans leur catalogue (Ils sont inclus d'office)
      - se placent en tant qu'intermédiaire pour les réservations, y prélève leur "service"
      - Les commerces qui ne sont pas abonnés à Trip Advisor ont souvent des "commentaires" négatifs et faux les concernant. J'ai pu constater moi-même un commentaire parlant de préfabriqués installés dans le jardin de l'hôtel, alors que j'étais présent à l'hôtel pendant la semaine en question, et qu'il n'y avait pas de jardin assez grand pour y installer des préfabriqués. (et vous trouverez plein de témoignages dans ce sens dans la presse).

      Comme ces trucs prennent une commission importante sur toutes les réservations qui transitent par eux, les commerces sont obligés d'augmenter leur tarifs.
      C'est un hotelier qui m'en a parlé quand je lui ai demandé ce qu'il pensait de Trip Advisor.

      J'ai pu constater lors d'un séjour en Malaisie que les hôtels avec le logo Trip Advisor étaient systématiquement plus chers, sans lien avec un quelconque confort supplémentaire.

      Les petits commerces sont trop petits pour avoir le temps et l'argent pour assigner en justice Trip Advisor, et quand ils sont gagnant ils ne rentrent pas dans leurs frais.

      A+

    • [^] # Re: Online Travel Agency

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Ils n'arrivent pas non plus à remplir leur hôtel à l'avance, tout se rempli au dernier moment (avec donc une marge très variable)

      Ils vivaient mieux avant car ils étaient visibles depuis la route. Ils vivent moins bien maintenant car ils ne sont pas bien visibles depuis le web. Les besoins ont légèrement changés, et pour certains la différence est très sensible.

      Vu le remplissage dont tu parles, ils sont sur une zone avec pas mal de concurrence. Comme c'est un Logis de France, c'est plus cher et pas spécialement mieux qu'un bête Etap Hôtel (pour mon utilisation à moi : dormir tranquillement, me laver, avoir un accès WiFi. C'est bête à dire mais dans un Etap Hôtel le matelas est toujours correct. Pas dans un Logis de France. Pourtant c'est la base du job). Il est logique que la foule ne se presse pas chez eux. Ils servent de « trop plein » lorsque les autres hôtels sont complets.

      Utilisateur de Trip Advisor (commentaires uniquement, je n'utilise pas les réservations), je trouve ce service vraiment pratique malgré les commentaires bidons qu'on détecte relativement facilement. Tout comme les commentaires bidons dans la vie réelle.
      Cette année je me suis fait avoir une seule fois par un resto très ordinaire qui est bien noté. En y regardant de plus près j'aurais pu m'en rendre compte. Mais bon une erreur tous les 6 mois c'est zéro par rapport à ce qu'on avait avant.

      • [^] # Re: Online Travel Agency

        Posté par . Évalué à 8.

        Bah oui, c'est le problème, Etap Hotel, c'est le groupe Accor. C'est du standard industriel du coup as une sorte de garantie sur la qualité. Ce sera ni mieux ni moins bien qu'un autre Etap Hotel. L'auberge du cheval blanc présente uniquement à Blouzenec-sur-Bouillon, c'est pas la même. L'an dernier, le propriétaire a recruté un personnel qui faisait boulette sur boulette, le temps de le virer et de le remplacer par un autre meilleur, c'était trop tard, une palanquée de commentaire négatif sur VoyageConseil à fait fuir la clientèle qui osait encore prendre des risques en le choisissant. La réserve de cash est partie, le banquier n'a pas voulu prendre de risque et blam, faillite. Le groupe Accor n'a fait de proposition pour racheter l'affaire. Il a été scindé en plusieurs lots et maintenant on peut manger un kebab au cheval blanc. Pour dormir, il y a le Formule 1 dans la zone commerciale, il est entre le MacDo et le SuperU, on peut pas le louper. Et en plus, y a un parking avec une clôture. Le gérant c'est l'ancien proprio du Cheval Blanc. Il s'est mis à boire depuis que son couple est parti en vrille après la faillite, il tire un peu la gueule, mais il est très serviable, pas de problème, surtout pas, c'est qu'il y tiens à son boulot.

        Une erreur tout les 6 mois, y en a, ça leur suffit largement pour mettre la clé sous la porte.

        Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

    • [^] # Re: Online Travel Agency

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      Les grande chaînes type Accord se sont adaptées et en profite largement pour gagner des parts de marché sur cette hôtellerie traditionnelle. Je n'ai pas énormément de billes sur le sujet, personnellement. J'ai juste un ami qui a un hôtel type relais logis dans le centre de la France, une affaire tenue de père en fils et qui m'a raconté à quel point ça devient compliqué pour eux. Eux, s'en sorte pour le moment, mais ils sont contraint à une variabilité importante sur leurs tarifs et donc leurs marges. Ils n'arrivent pas non plus à remplir leur hôtel à l'avance, tout se rempli au dernier moment (avec donc une marge très variable). Ça complique énormément leur rentrées d'argent et leur capacités à amortir leur investissements (et la relation avec leur banquier, forcément). En gros, ils risquent la faillite pratiquement chaque saison.

      Ce que tu décris là est la vie de tout commerce quand la concurrence lui mène la vie dure. Cela n'a rien de spécifique à l'hôtellerie et ce n'est pas forcément quelque chose de négatif. Sauf pour eux évidemment, je vais compléter plus loin.

      Tout le monde s'accorde à trouver particulièrement pratique ces agences de réservation en ligne, ce n'est pas le problème.

      Bah oui, ces services répondent des besoins que l'hôtellerie traditionnelle ne sait pas faire. C'est justement le nœud du problème, si les hôteliers classiques s'adaptaient, ils ne se plaindraient pas.

      Le problème, c'est les dégâts que peuvent causer la radicalité du changement sur des acteurs économiques qui ne sont pas forcément ni préparés, ni accompagné.

      Le monde a toujours évolué et évolue toujours et en matière d'entreprise la seule condition du succès est de s'adapter. C'est justement un aspect primordial de l'aspect de commerçant (et du commercial aussi). S'ils n'y arrivent pas, c'est qu'ils doivent se poser des questions sur leur implication dans le métier. Je veux dire, Internet n'est pas un phénomène nouveau, ils connaissent son existence, pourquoi les gens l'utilisent et le font eux mêmes pour beaucoup de choses. Ils étaient libres de saisir l'opportunité.

      Tu te plains du manque d'accompagnement, mais par qui et pourquoi ? Tu n'es jamais vraiment accompagné quand ton secteur d'activité change, surtout en indépendant. Tu dois faire une veille personnelle permanente. Il n'y a pas que l'informatique qui est concerné par cette nécessité d'être à jour, tout métier doit suivre ce processus (à un rythme différent bien sûr).

      Demain peut être que le langage informatique à la mode sera Haskell et que la programmation fonctionnelle sera la lingua franca de l'informatique. SI ça arrive, je devrais apprendre et m'adapter et pratiquement seul (les formations annuelles ne sont pas toujours suffisantes). Pourquoi les hôteliers auraient le droit à des accompagnements comme ça et les autres professions pas ? Et vu la tonne de profession qui bouge, c'est-à-dire tous, l'État a intérêt à mobiliser des troupes…

      Mais on ne réalise pas forcément qu'il s'agit potentiellement de vies entières qui peuvent être brisées au passage.

      Mais c'est partout pareil. Tu peux dire que c'est triste d'un certain point de vue mais la règle du jeu est identique pour tous : il faut s'adapter à l'évolution de son métier et aux attentes du client. Si un commerçant rechigne à faire cet effort, tu m'étonne qu'il ait du mal à joindre les deux bouts !

      Il y a toujours des vies derrière, c'est certain, mais il n'y a pas vraiment de solutions si ce n'est faire mieux constamment dans son métier.

      • [^] # Re: Online Travel Agency

        Posté par . Évalué à 10.

        Le monde a toujours évolué effectivement, et le rythme va plutôt s'accélérant. Bien qu'utilisateur d'internet, l’hôtelier format familial dont parle Big Pete un peu plus haut n'est absolument pas préparé à ces bouleversements 1) hyper rapides, 2) incessants ; aucun répit, pas le temps de se poser et d'y voir un peu plus clair, que déjà d'autres services émergent et pour lesquels il faut se reconfigurer. Le rapport de force entre un hôtelier familial et un groupe de la taille de Trip Advisor ne laisse aucune chance au premier. D'autant que dans ce cas de figure, Trip Advisor se place en intermédiaire. Il ne prend aucun des risques relatifs au métier d’hôtelier. Il me semble que c'est Trip Advisor qui devrait reverser des dollars à l’hôtelier pour pouvoir utiliser son établissement dans son catalogue. Je crois qu'on n'est pas franchement dans ce cas de figure.

        Ce genre de situation ramené au seul point de vue de : 'c'est triste mais c'est la vie on n'y peut rien' est sacrément réducteur. Sur le long terme, devoir de remettre en question radicalement de façon répétée est épuisant, physiquement, financièrement. Le but n'est évidemment pas de 'protéger' les hôteliers plus que d'autres professions, mais de trouver d'autres articulations pour palier à ces situations.

        L'invasion de l'outil numérique à tous les niveaux transforme complètement ces rapports de force.

        Mon métier consiste à gérer un parc d'environ 400 pcs, imprimantes, réseaux, etc etc, cela depuis 20 ans. Ce métier est en train de disparaître. Purement et simplement. Je le constate depuis 5 ans environ, avec comme pour l’hôtelier classique une accélération considérable. Le métier que j'exerce s'est fortement industrialisé et donc automatisé complètement, des intermédiaires sont apparus qui proposent des services concurrents. 'Faire mieux, constamment son métier' ne suffit plus.
        A 50 ans passé, je pense que la reconversion complète vers autre chose n'est pas envisageable. Dans le même temps, me résoudre à 'c'est triste mais c'est la vie on n'y peut rien' m'est insupportable …

        De votre coté, vous parlez d'apprendre un nouveau langage afin d'éventuellement vous adapter à un nouveau contexte. Mais ça ne s’arrêtera pas là, poussez le raisonnement un peu plus loin. Il se peut fort bien que l'on vous annonce d'ici quelques années, que vos compétences ne sont plus nécessaires.

        Plus nécessaires du tout.

        Ni avec votre expérience de langages devenus anciens, ni avec de nouveau que vous seriez prêt à apprendre : Un algo ou automate quelconque le fera à votre place, plus vite, plus souvent ; automate(s) supervisé par l'un de vos collègues, plus jeune, qui vous tiendra le même discours : 'c'est triste mais c'est la vie on n'y peut rien'. On n'aura peut être encore un peu besoin de vos compétences, mais très partiellement, quelques heures par semaine ou par mois par exemple.

        Vous ferez quoi alors ?

        • [^] # Re: Online Travel Agency

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Bien qu'utilisateur d'internet, l’hôtelier format familial dont parle Big Pete un peu plus haut n'est absolument pas préparé à ces bouleversements 1) hyper rapides, 2) incessants ; aucun répit, pas le temps de se poser et d'y voir un peu plus clair, que déjà d'autres services émergent et pour lesquels il faut se reconfigurer.

          Oui, c'est l'adaptation. La loi du commerce depuis toujours.
          Tout métier évolue et chaque praticien doit être prêt à subir des changements et s'y préparer du mieux que possible. Pour moi, ce qu'il décrit plus haut c'est plus une résistance au changement voire une certaine incompétence.

          C'est un commerçant, Internet est une vitrine publicitaire mondiale, rapide et simple et beaucoup de clients préfèrent passer par ça plutôt que les contraintes du téléphone et de l'annuaire pour trouver ce qu'il veut.

          Note qu'à d'autres époques, les agences de voyage faisaient la pluie et le beau temps pour le tourisme, l'agence de voyage ce n'est que la version primitive de ce qu'Internet offre aujourd'hui.

          Le rapport de force entre un hôtelier familial et un groupe de la taille de Trip Advisor ne laisse aucune chance au premier.

          Les hôteliers ne peuvent pas fonder une association/fondation/maison mère pour se regrouper et être plus forts ? Ils ne pouvaient pas s'allier pour faire des équivalents à ces sites dix ans plus tôt ?
          Ils le pouvaient, et certains commerçants ont eu ce type de vision pour s'adapter au lieu de rester un petit commerce sans visibilité qui a du mal à tenir.

          Il ne prend aucun des risques relatifs au métier d’hôtelier. Il me semble que c'est Trip Advisor qui devrait reverser des dollars à l’hôtelier pour pouvoir utiliser son établissement dans son catalogue.

          Ah bon, et pourquoi ?
          On pourrait dire plutôt que TripAdvisor est un publicitaire particulier, et dans ce cas ce sont des frais publicitaires à lui soumettre.

          Tu crois que Google devrait payer Linuxfr.org pour indexer son site aussi par ailleurs ? Ce n'est pas dans ce sens que cela fonctionne, même à l'époque des annuaires papiers ce n'était pas eux qui payaient les commerçants mais bien l'inverse..

          Ce métier est en train de disparaître. Purement et simplement. Je le constate depuis 5 ans environ, avec comme pour l’hôtelier classique une accélération considérable

          Comme tant d'autres.
          Tu plains aussi les chandeliers pour l’invention de l'ampoule ou bien ?

          Le métier que j'exerce s'est fortement industrialisé et donc automatisé complètement, des intermédiaires sont apparus qui proposent des services concurrents.

          Et pourquoi tu n'es pas devenu cet intermédiaire ou équivalent ?
          Pour un commerçant, il est essentiel dans son métier de comprendre l'évolution du marché, la demande du client, les modes et les possibilités qu'il a pour aller en ce sens. C'est indispensable. C'est l'essence même du commerce. Ils sont censés prendre du temps pour évaluer ça. C'est de la veille.

          A 50 ans passé, je pense que la reconversion complète vers autre chose n'est pas envisageable.

          Et pourtant, on apprend à n'importe quel âge. Si tu fais le métier que tu décrivais, tu as des métiers annexes qui peuvent te recueillir sans besoin d'énormément de formation.

          Il se peut fort bien que l'on vous annonce d'ici quelques années, que vos compétences ne sont plus nécessaires.
          Plus nécessaires du tout.

          Je ne dis pas le contraire. C'est le risque pour tout métier et ce depuis toujours.

          Vous ferez quoi alors ?

          Soit je me démerde pour trouver un autre métier, soit et j'espère qu'on y arrivera un jour, la société pigera que le travail humain n'est pas un saint-graal et qu'au contraire on peut de plus en plus s'en passer pour faire des choses plus utiles et agréables. (j'aime mon métier, mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde).

          Je n'ai jamais prétendu, ni même cru, que mon travail serait un acquis permanent. Des gens font des boîtes ou des paris économiques et coulent, c'est le jeu. D'autres font des métiers dont dans 10 ans cela n'intéressera plus personne. Que veux-tu faire ? Forcer les gens à utiliser des produits ou services dont ils s'en foutent pour satisfaire ces gens là ? Ce n'est pas crédible…

          • [^] # Re: Online Travel Agency

            Posté par (page perso) . Évalué à 9.

            Faut pas croire que tout est rose et gentil non plus…

            Exemple : Booking qui plie après intervention des autorités de la concurrence
            http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/standard.php?id_rub=606&id_article=2534
            https://en.wikipedia.org/wiki/Booking.com#Controversy_and_criticism

            Les condamnations de TripAdvisor :
            https://en.wikipedia.org/wiki/TripAdvisor#Controversy_and_fraudulent_reviews
            La Dgccrf poursuit Expedia, Hotel.com et Tripadvisor en justice (2011)
            http://www.journaldunet.com/ebusiness/tourisme/frederic-lefebvre-plainte-expedia.shtml
            http://www.01net.com/editorial/532550/la-dgccrf-soutient-la-plainte-contre-expedia-et-ses-filiales/

            Etc.

            L'intermédiation peut aussi créer des cas d'abus (valable pour la grande distribution et leurs centrales d'achat, les sites de réservation et de comparaison, etc.).

            • [^] # Re: Online Travel Agency

              Posté par (page perso) . Évalué à 4.

              Les abus ont toujours existé, ce n'est pas propre au numérique et à l'automatisation. Dans ce cas, il faut faire condamner si la pratique est effectivement illégale (et les acteurs peuvent se regrouper pour l'action en justice, si leur activité en dépend je pense que ça vaut le coup).

              Ma remarque était plus une question de fond que de ces cas particuliers.

              • [^] # Re: Online Travel Agency

                Posté par . Évalué à 7.

                Peut être mais ces acteurs se positionnent en acteurs qui tendent à devenir incontournable, voire monopolistiques, et ont une rentabilité à priori très grosse (ils font pas grand chose eux même) …

                Du coup la place aux abus est très grande, voire moralement scandaleuse et s'apparente presque à des pratiques mafieuse par certains aspects : si tu viens pas avec nous on te pourris … c'est quasi de la rente.

                • [^] # Re: Online Travel Agency

                  Posté par (page perso) . Évalué à 0.

                  Peut être mais ces acteurs se positionnent en acteurs qui tendent à devenir incontournable, voire monopolistiques, et ont une rentabilité à priori très grosse (ils font pas grand chose eux même) …

                  C'est beau… Ils sont super rentable, des grands méchants, mais personne ne peut se mettre avec d'autre pour faire une offre moins rentable et plus éthique.

                  Ou alors… C'est juste que ce n'est pas si rentable qu'on veut le croire, et surtout que c'est la démonstration que les gens (hôteliers ici) qui ne veulent pas voir l'évolution ni surtout se mettre ensemble pour faire une offre alternative prennent le résultat de ce qu'ils n'ont pas voulu faire.

                  A noter que ça ressemble aux Taxi vs Uber : des sociétés disruptives se construisent car la technologie est la mais que les acteurs traditionnels n'ont rien foutu, se sont reposés sur leurs habitudes (par exemple en déconsidérant le client); ici c'est pareil des "hotels de famille" n'ont rien foutu (souvenir : les hoteliers se mettent ensemble, via leur "syndicat" je sais plus quoi, pour faire un site qui les regroupe, il y a quelques années, résultat : un site avec quelques lignes par hotel, hotels que français, lien vers le site de l'hotel qui dit "appellez pour réserver". Tu rigoles un bon coup car il n'y a pas de réservation en ligne sur un site commun pour l'ensemble de la planète, le minimum de minimum, et tu vas chez Booking.com et maintenant Airbnb. A qui la faute? Booking.com ou AriBnb, vrraiment? ha ha ha)

                  Note : les "hotels familiaux", j'avoue que je n'y voit aucun interêt aujourd'hui : si je ne veux pas de risque avec mon lit fait tous les jours, je prend un hotel de chaine, et si je veux un peu de risque en me foutant que mon lit soit fait, je prend AirBnB car lui me propose réellement quelque chose de différent qu'une série de chambres avec une forte personnalisation. Le problème à la base est peut-être que les "hôtels de famille" n'ont pas vraiment de créneau, que c'était une "anomalie" (désolé pour ceux qui y croient, mais je prend si il y a une contre-argumentation objective) corrigée par la technologie. A note que même les chaines commencent à prendre mal face à AirBnB (question de rapport qualité/besoin/prix, j'avoue ne pas avoir le besoin d'avoir mon lit fait tous les jours par exemple, et la où je suis pour le moment tu as les gens "pas besoin de faire attention à ses sous ou ceux de la boite et la conf est dans l'hôtel c'est pratique" qui sont au Hilton et les autres en AirBnB, personne que je connais en "hotel familial")

                  • [^] # Re: Online Travel Agency

                    Posté par . Évalué à 2.

                    Jolie déclaration d'amour, mais je vois pas de réponse à mon post.

                  • [^] # Re: Online Travel Agency

                    Posté par . Évalué à 6.

                    Le mot clé de votre commentaire est "risque".

                    La prise de risques et son évaluation, complétée par un péage rémunérateur, par l'industrialisation-l'automatisation du service, le tout accéléré/renforcé par la numérisation (informatisation, internet, réseaux, et tout le bazar …)

                    La prise de risques.
                    Les nouveaux intermédiaires forts de leurs outils numériques, se placent entre les fournisseurs plus anciens, que ce soit pour le transport automobile (type uber version pop), le transport aérien (type ryanair) l'hôtellerie, la fourniture de services de toute sorte (le turc mécanique d'amazon est un excellent exemple) et les demandeurs/consommateurs, et déplacent le risque, tout en formant péage.

                    C'est leur principale activité : identifier le risque client, caractériser ce qui rassure le client et enfin reporter le risque ailleurs, le report étant bien mis en scène afin de convaincre le client qu'il ne risque du coup plus rien.
                    Quel "risque" est capable de supporter le client potentiel d'un hôtel ?? La partie jugée insupportable sera analysée, décortiquée puis transférée au maillon le plus vulnérable ; dans le cas présent l'hôtelier dans sa version 'familiale'.
                    Méthode employée en 24/24 et 7/7 : lister les hôtels avec ou sans leur consentement, les mettre en concurrence (très important ça), éliminer relativement sauvagement ceux jugés les plus faibles, et recommencer la boucle.

                    Le problème étant que l’hôtelier, son métier c'est bien l'hôtellerie, et pas la gestion du risque importé, en tout cas pas dans un délai aussi court, aussi répété, et aussi violent.

                    Cette évaluation du risque était réalisé précédemment par des structures comme le guide michelin, le guide du routard, évaluation redoutée mais chose importante, qui fonctionnait à la même vitesse que les hôtels et restaurants évalués. C'est à dire qui laissait le temps -notamment- aux évalués de se retourner et si possible, de faire face.

                    Arrive l'informatique/numérique, faisant naître des acteurs absolument pas disruptifs de mon point de vue, mais pour le moment plutôt opportunistes à courte vue, et voila donc des plate-formes en lignes performantes, qui évaluent bien plus vite, continuellement (24/24 et 7/7) et sur des secteurs bien plus larges que nos guides ancienne formule, en prime avec le fait que ce sont les consommateurs qui remontent gratuitement les informations jugées pertinentes, sans efforts supplémentaires pour la plate-forme. Informations de qualités très variables, peu fiables, mais quand même : immédiatement qualifiées pour mettre en balance les hôtels sus-nommés.

                    Ce qui est industrialisé ici, c'est l'évaluation et ses conséquences. L'évaluation : commentaires, notation, j'aime, j'aime pas, etc, est fournie en continu par les tiers souvent anonymes et déresponsabilisés. La plate-forme ne prend aucun risque. L'inscription des hôtels n'est pas obligatoire, mais le système en place les y forcent, sinon ils perdent en visibilité. Là encore, la plate-forme ne prend aucun risque, elle en profite même en facturant cette fonction.

                    Dans ce contexte, le beau rôle revient aux nouveaux acteurs, justement nouveaux, les autres paraissant par contraste plutôt rétrogrades, lents, incapables de s'adapter, les lâches, endormis qu'ils sont sur leurs lauriers, n'étant plus qu'anomalie potentielle au milieu d'un listing rafraîchi en permanence.

                    Qu'un dysfonctionnement soit signalé chez un hôtelier par les consommateurs zélés forts de leurs nouveaux rôles, et voila notre hôtelier en demeure de réagir immédiatement.
                    Comment s'y prend-t-il ? On peut le voir comme un élément disruptif dans le train-train supposé (les acteurs traditionnels n'ont rien foutu), ou comme un obstacle supplémentaire imposé au fournisseur, obstacle qu'il DOIT maintenant traiter immédiatement. Pas d’échappatoire, l'évaluation continue automatique n'attends pas.
                    Problème : notre hôtelier n'a ni les compétences nécessaires, ni le temps pour cela : il a son hôtel à faire tourner. Mais c'est à lui et à sa structure que le risque est transféré. Sans autre choix pour lui que de devoir le gérer séance tenante. Les exemples fournis par Big Pete en attestent : fluctuations importantes de clientèle, gestion tendue de trésorerie boudée par les banques, …..
                    La nouvelle plate-forme cristallise le risque, ne l'annule pas, et le renvoie vers l'acteur le plus faible, en l'occurrence ici l’hôtelier (dans son format familial), qui en conséquence n'a plus le droit à aucune erreur.

                    De là deux possibilités : disparaître ou grossir. Dans les deux cas, l'hôtelier "d'avant" que je qualifie d'artisan, au sens noble du terme, disparaît au profit de l'hôtelier industriel, maîtrisant mieux le risque imposé par des tiers. Deux métiers à mon sens radicalement différents.

                    Plus largement, disparaître ou grossir version web 2.0, 3.0, …, c'est le schéma imposé à l'ensemble de notre société, depuis l'école primaire sommée de se regrouper donc grossir, jusqu'à la finance internationale devenue 'liquide' afin de pouvoir changer de place instantanément et en tout lieu, un peu comme notre clientèle hôtelière qui en deux clics, annule ici et réserve plus loin …

                  • [^] # Re: Online Travel Agency

                    Posté par . Évalué à 2.

                    A noter que ça ressemble aux Taxi vs Uber

                    Ça fait plus que d'y ressembler : c'est exactement la même chose, d'ailleurs :

                    http://www.latribune.fr/edition-quotidienne/24-07-2015/focus/le-collectionist-le-airbnb-des-riches-s-attaque-aux-hotels-de-luxe-1988.html
                    Article réservé aux abonnés, je n'y suis pas, je ne reproduis que le chapeau :

                    La startup Le collectionist, le Airbnb des riches, s’attaque aux hôtels de luxe

                    Cette startup française veut « ubériser » les hôtels haut de gamme en louant des villas de rêve à une clientèle riche lassée des palaces, partout dans le monde. A mi-chemin entre l’hôtellerie et l’économie collaborative, Le Collectionist cherche 10 millions d’euros pour tenter de devenir le leader d’un marché de niche en pleine expansion.

                    J'aimerai bien savoir ce qu'ils entendent par "A mi-chemin entre l’hôtellerie et l’économie collaborative"… Je ne vois pas ce qu'il y a de collaboratif dans tout ça.

                    • [^] # Re: Online Travel Agency

                      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                      Perso, je ne vois pas le business model possible par ce "marché de niche", vu que AirBnb, comme Uber (suivant les villes, question de légalité et de rentabilité) offre de tout du pas cher au haut de gamme (exemple parmi d'autres).

                      Je ne vois pas ce qu'il y a de collaboratif dans tout ça.

                      Nouveau mot à la mode pour dire "un riche particulier a acheté une maison qu'il utilise 2 semaines par an et il s'en foutait que ce soit vide le reste du temps, on lui propose de rentabiliser la chose en louant le reste de l'année à d'autres pour faire plus de pognon sans investir plus".

              • [^] # Re: Online Travel Agency

                Posté par . Évalué à 8.

                Je pense que tu devrais y aller plus mollo avec les déclarations péremptoires telles que

                Le monde a toujours évolué et évolue toujours et en matière d'entreprise la seule condition du succès est de s'adapter.

                Déjà, il manque une ou deux virgules et tu risques de te faire prendre pour un de ces benêts de droite qui aiment par dessus tout légitimer la domination du capital en la transformant en loi naturelle pour évacuer la question morale. Quels patapoufs du cerveau, ces gens, et j'en ai croisé ! Quel degré zéro de la réflexion historique, souvent ! Une fois, j'en ai même surpris un en train de lire "le Point".

                Pourquoi veux-tu, d'abord, que le marché capitaliste ait existé de tout temps ? Et d'où vient elle cette loi, étrangement légitime à tes yeux ? Ne vient elle pas s'opposer, elle qui se construit avec l'histoire, à tes prétendues lois économiques vraies de tout temps ? Qui donc a décidé de ce que serait les "abus" sanctionnés par cette loi ?

                La prochaine fois que te vient l'envie de faire des généralités sur ce qui a existé de tout temps dans la société humaine, plutôt que de transposer bêtement ton environnement quotidien à tout le passé, ouvre un livre d'histoire.

                • [^] # Re: Online Travel Agency

                  Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                  On parle de commerçant et d'entreprises, la concurrence a toujours existé entre personnes qui offraient le même service/produit dans le temps et l'espace. C'est tout simplement logique. Et dans ce cadre, l'un des deux peut prendre le dessus pour diverses raisons, ce n'est pas un phénomène nouveau.

                  Après il y a des sociétés ou époques où une telle concurrence n'existait pas, car elle a été "abolie", ou que très rarement deux commerçants tenaient le même genre de boutique au même endroit.

                  Je n'ai jamais prétendu que cela concernait tout le monde, tout le temps, seulement dans le cas où une concurrence existait. Et elle a souvent existé pour de nombreux secteurs, civilisations et époques.

                  • [^] # Re: Online Travel Agency

                    Posté par . Évalué à 7.

                    Merci pour ta réponse.

                    la concurrence a toujours existé entre personnes qui offraient le même service/produit dans le temps et l'espace.

                    Précisément pas : la conception de service/produit n'est pas applicable à toutes les époques. L'identité (dans le sens : le fait d'être identique) de deux services ou de deux marchandises qui te permet de les mettre en concurrence est une notion moderne, bien plus limitée dans l'histoire et la géographie que ce que tu sous-entends. Du coup : plus du tout un état légitimant de "nature". Ton explication n'est pas explicative, c'est une tautologie.

                    Pour dire clairement : tu ne peux pas invoquer une sorte de "loi de l'existant", qui ne dit rien d'autre que "c'est comme ça parce que c'est comme ça!", et ensuite limiter ta loi à une époque non précisée dans laquelle "c'est comme ça". Ça revient à : "c'est comme ça parce que c'est comme ça, sauf quand c'est pas comme ça!".

                    C'est effectivement "tout simplement logique" pour la plupart de qui vit à notre époque. Ça n'a pas toujours été le cas. Comme l'écrivait un intellectuel alcoolique des années 60 : "Le système des échanges commerciaux a fini par gouverner les relations quotidiennes de l'homme avec lui-même et avec ses semblables. Sur l'ensemble de la vie publique et privée, le quantitatif règne."

                    Voilà la "normalité".

                    • [^] # Re: Online Travel Agency

                      Posté par . Évalué à 1.

                      Intéressant commentaire, mais pourrais-tu aller plus loin et expliquer quelles sont ces autres conceptions différentes du service/produit?

                      • [^] # Re: Online Travel Agency

                        Posté par . Évalué à 2.

                        Rien de très inédit : pour faire circuler les productions humaines, il y a les systèmes de troc, de répartition, de don et contre don mais aussi, avant ou pendant le moyen-âge, un système mixte où l'argent était utilisé par le gros des gens hors de la logique d'accumulation (par exemple, d'abord et de façon croissante, pour payer certains impôts). Cette accumulation apparaît alors, et pas il y a trois mille ans, par exemple là où se situe maintenant l'Italie, où l'on devient calé en commerce international, gestion de projet, rédaction de cv et comptabilité en partie double. Je crois bien qu'il y a ça dans le best seller de Fernand Braudel, "Civilisation matérielle, économie et capitalisme". Et pour le don et contre don, il y a celui de Marcel Mauss.

                        En comparaison, quelques centaines d'années plus tard, sans que l'on sache s'il s'agit de l'oeuvre d'idéologues mal ou bien intentionnés, méchants bourgeois ou protestants, d'une conjuration de comptables gênois, des forces inéluctables du progrès ou de lémuriens dressés pour tuer, nous voilà tous dans un système bien différent : le lien social que constitue l'échange (et la production) dans les systèmes mentionnés au dessus y est devenu presque partout simple consommation de marchandises (et travail salarié). Si bien qu'aujourd'hui, c'est sans mauvaise conscience, car en toute logique, au profit de grandes puissances financières amorales, que, malin, on paye moins cher la chambre dont on détruit l'économie environnante, qui est aussi la nôtre, sans comprendre qu'on ne survivra pas longtemps au "petit hôtel".

          • [^] # Re: Online Travel Agency

            Posté par . Évalué à 9. Dernière modification le 21/07/15 à 12:35.

            Tout métier évolue et chaque praticien doit être prêt à subir des changements et s'y préparer du mieux que possible. Pour moi, ce qu'il décrit plus haut c'est plus une résistance au changement voire une certaine incompétence.

            C'est plus compliqué que ça. Je peux t'assurer qu'il n'y ni incompétence, ni résistance au changement (enfin sauf si on considère que le refus de vendre l'affaire à un grand groupe et changer de métier c'est de la résistance). Le plus fou dans cette affaire, c'est qu'il y a la clientèle. L’hôtel marche assez bien en moyenne mais avec une variabilité plus importante, et surtout le problème c'est que le marché est devenu hautement imprévisible, en volume et en prix. Il y a toujours eu plus ou moins ce phénomène dans le tourisme, en général, à cause de la météo, des modes, et encore, les gens n'annulait pas forcement. Aujourd'hui, si. Les clients choisissent et/ou annule au dernier moment. Un groupe va pouvoir compenser ses pertes en cas de coup dur car cette variabilité n'est pas uniforme, pas les petits commerces. Ou alors, les très petits, pour qui l’hébergement est une activité parmi d'autres, comme les chambres d'hôtes. Tout le monde trouve ça très bien de pouvoir choisir et/ou annuler au dernier moment, mais le résultat, c’est que ça risque de tuer les affaires familiale de ce type. Ou alors, il faut que les banquiers acceptent de financer les risques. Il le font, mais surtout quand le client s'appelle Accord, quand c'est une famille lambda …

            Pour moi, c'est du même ordre que les problèmes écologique. Je suis pas contre le changement par principe, bien au contraire. Mais si on veut qu'il se passe bien, il faut en mesurer l'impact et agir en conséquence et ça, chacun a son niveau : états, financiers, industries et consommateurs. Hors ce n'est pas le cas, ça réagit, mais toujours avec trop de retard. Alors soit le changement est trop rapide, soit c'est nous qui sommes trop lent, mais on arrive pas à limiter la casse, le chômage ne baisse pas ou se transforme en précarité, l’environnement en prend plein la gueule, les gens en ont globalement marre et sont de plus en plus en colère. Et puis franchement, les "c'était mieux avant" ou les "ça a toujours été comme ça", relisez vos bouquins d'Histoire les mecs. Le 20e siècle et la révolution industrielle, ça a été une boucherie entre crises et guerres mondiales et on est quand même passé à un cheveu de la guerre nucléaire totale. Merci, mais remettre le couvert façon révolution cybernétique sur un air de nostalgie ou de fatalisme, ça m’intéresse moyennement, perso.

            Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

            • [^] # Re: Online Travel Agency

              Posté par (page perso) . Évalué à 5.

              Un groupe va pouvoir compenser ses pertes en cas de coup dur car cette variabilité n'est pas uniforme

              Alors, si on prends Accor justement, c'est beaucoup de franchise, (44% des ouvertures en 2014), qui donc n'ont pas cet effet grand groupe. Donc, le groupe le vit très bien, pas forcément les hôtels qui le même problème que tu décris.

              « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

              • [^] # Re: Online Travel Agency

                Posté par . Évalué à 2.

                Tu as raison, y a beaucoup de franchise chez Accor et ça relativise la porté de mon propos. Mais c'est pas si simple. Même pour le franchisé, y a un effet groupe indirect. D'une part les franchisés Accor, c'est pas seulement des hôtels de type affaire de famille avec une enseigne du groupe, mais des investisseurs. Par exemple, l'association des franchisés Accor regroupe 339 propriétaires de 920 hôtels (réf) Le responsable de l'asso possède lui-même 6 hôtels (il est peut-être élu suite à un tournoi de monopoly …) D'autre part, quand il va voir son banquier, le fait d'être franchisé aide pas mal.

                Le groupe Accor qui semble d’ailleurs dans une stratégie de franchise à tout va, dans le but justement de peser plus lourd face aux agences de réservation en ligne. Car en plus au milieu de tout, ça il y a aussi les AirBnb et consorts (l’équivalent d'Uber et de ses VTC mais dans les offres d'hébergement) qui vient mettre son grain de sel.

                Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

        • [^] # Re: Online Travel Agency

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          l’hôtelier format familial dont parle Big Pete un peu plus haut n'est absolument pas préparé à ces bouleversements 1) hyper rapides, 2) incessants ; aucun répit, pas le temps de se poser et d'y voir un peu plus clair, que déjà d'autres services émergent et pour lesquels il faut se reconfigurer

          2 bouleversements sur les 40 dernières années, ce n'est pas ce que je nomme « incessants ; aucun répit […] ».

          Surtout en sachant que les bouleversements en questions n'ont pas été soudains : les réservations en ligne on mis plus de 10 ans à être utilisées par une majorité, et les avis de consommateurs sont encore minoritairement consultés.

      • [^] # Re: Online Travel Agency

        Posté par . Évalué à 4.

        C'est un peu le problème en fait, soit tu t'adapte soit tu crève. Certes, c'est une des loi fondamentale de la nature. Et au fond, on ne peut pas y échapper (aux lois de la nature), par contre, l'idée, ce serait, plus ou moins, d'en amortir la violence.

        Pour passer en mode philosophie de comptoir, dans l'absolu, il faudrait, du moins durant cette phase, que l'on l'on arrive à sortir temporairement de notre mode d'évolution actuel. Elle permet, en cultivant l'insatisfaction du présent et la vision d'un avenir idyllique ou d'un passé souvent fantasmé de créer d'importantes forces d'évolutions progressiste ou réactionnaire qui ont pour effet de changer profondément la société, par cycles et crises. Paradoxalement, ces forces qui nous poussent à évoluer aussi rapidement et de façon aussi radicale, sont aussi les mêmes qui nous empêche de nous adapter aux changements que l'on crée.

        Je m'explique : Il y a une contradiction fondamentale entre la philosophie de l’adaptation à la nature qui est par nature radicalement différente d'une philosophie de la transformation de la nature. Et c'est ce qui oppose profondément l'homme moderne aux peuples primitifs. Soit tu adapte le monde à toi, soit tu t'adapte au monde. Faire les deux en même temps, c'est un peu le défi qu'on est en train de se donner.

        Ce défi n'est pas forcément insurmontable, si on en comprend la nature. Mais, c'est ce qui m’inquiète. ça va trop vite pour qu'on le comprenne. Une génération d'êtres humain c'est 30 ans. C'est grosso modo l'age d'Internet qui est passé du stade de quelque machines connectées par quelques geeks géniaux, au truc que tout le monde, (vraiment tout le monde) a dans la poche. Cette histoire, ça risque clairement de finir avec un "ça passait c'était beau" comme on dit.

        Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

    • [^] # Re: Online Travel Agency

      Posté par . Évalué à 4.

      Les grande chaînes type Accord se sont adaptées et en profite largement pour gagner des parts de marché

      Les grandes chaînes genre Accor doivent aussi verser une commission à Booking and co et détestent ça. Accor essaye juste de remonter la pente en poussant sa propre centrale de réservation. Ça aidera probablement le groupe Accor mais les hôtels Accor c'est moins sur.
      Le problème de l'hôtellerie c'est que le super service (pour le client) qu'offrent les centrales ben c'est de l'argent en moins pour les hôteliers à prix de chambre identique. Il y a un intermédiaire de plus qui se sucre au passage.
      Après que tu sois indépendant ou franchisé Accor le problème est quasi identique. Soit tu payes une commission, soit tu n'es plus visible. Et pour certains franchisés qui n'ont pas la main sur leur politique tarifaire/placement produit ils ont plus qu'à espérer que la politique du groupe convienne à leur emplacement car ils n'ont pas d'adaptation possible.

      Certains indépendants profitent d'ailleurs énormément du phénomène car ils sont désormais visibles sur le net alors qu'avant seuls les groupes l'étaient. Mais y'a cette fichue commission… La quasi obligation de se lancer sérieusement dans le yield management, le suivi des commentaires sur les centrales etc. Bref faut s'adapter et c'est pas évident.

      On observe dans l'hôtellerie ce que l'on observe ailleurs quand un service numérique est tellement intéressant pour le client qu'il change le comportement des acheteurs brutalement.

Suivre le flux des commentaires

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.