Faire un don ! | | style | statistiques | contactez-nous | plan | lettre d'information

J'accuse !

Posté le 30 septembre 2003
Cuba ou le Chili ? Castro ou Pinochet ?
Le débat fait encore rage. Et pourtant, ce débat est un faux débat. Car le PSF, pour cacher sa complicité avec le PC, à trouvé en Pinochet ne occasion de détourner l'attention du public de ses turpitudes.
Le trentième anniversaire du coup d’État chilien (11 septembre 1973) a récemment conduit les médias à rappeler à l’opinion ce qu’il était historiquement correct de retenir de cet épisode de l’histoire contemporaine de ce pays. En point d’orgue, le Maire de Paris a inauguré, dans le VIIè arrondissement, une place Salvador Allende. Peut-être, n’est-il pas inutile de rappeler quelques faits rarement mis en évidence.
Le carnage fasciste dénoncé par « Le nouvel Observateur » (n° 463 du 24 septembre 1973) ne fut pas l’épouvantable « bain de sang » qu’y avait vu Régis Debray. Le nombre de victimes ne fut heureusement pas de « plusieurs milliers » mais de 202 entre le 11 et 16 septembre. Il n’y eut pas, « quatre mois après le putsch, 20 000 personnes assassinées » (« Le Nouvel Observateur » du 4 mars 1974) ni, « jusqu’à l’été 1974, 30 000 assassinats politiques (Olivier Duhamel « Chili ou la Tentative »), mais 1 261 victimes en 1973, 309 en 1974, 119 en 1975, 139 en 1976 et 451 entre 1977 et 1990.
Ce bilan, au demeurant tragique, est celui de la Commission Rettig (du nom de son président Raul Rettig-Guissen, ex-ambassadeur de l’Unité populaire et ami personnel d’Allende) établit à partir des travaux des partis socialiste et communiste chiliens, assistés des principales associations de défense des droits de l’homme nationales et étrangères.
Le coup d’État fut considéré, par une très grande majorité du peuple chilien, comme une libération. Aujourd’hui encore, la plupart des villes chiliennes, à commencer par la capitale, ont baptisé l’une de leurs principales artères de la date de l’événement.
Cette réaction populaire procédait du rejet d’un projet politique qui proposait l’instauration au Chili d’un État révolutionnaire de type cubain, la destruction de l’appareil militaire de l’État et l’abandon des institutions républicaines. Le moyen de cette évolution était la lutte armée assortie d’une tactique spécifique : la guérilla. Ces dispositions avaient recueilli l’unanimité des membres du parti socialiste chilien, au Congrès de Chillan de 1967. Elles préfiguraient l’échec inévitable d’une expérience qui parvint à faire illusion durant trois ans et à l’issue de laquelle, le prédécesseur d’Allende, le démocrate-chrétien Eduardo Frei déclarait : « Les gens en Europe ne se rendent pas compte que ce pays est détruit. Les médias ont dissimulé la réalité de ce pays (…) qui ne dispose pas, aujourd’hui, d’autre moyen de se sauver qu’un gouvernement militaire ».
Grâce à la Constitution de 1925, qui disposait que le candidat arrivé en tête du seul tour de scrutin de l’élection présidentielle était traditionnellement désigné par le Congrès pour devenir président de la République, Allende avait été porté à la magistrature suprême avec 36 % des voix populaires.
En 1980, dans une consultation, au demeurant surprenante en dictature, Pinochet fera adopter par 68 % de l’électorat une nouvelle Constitution prévoyant deux tours de scrutin rendant, ainsi, impossible l’élection d’un président à la
majorité relative et, partant, le retour à l’aventure. « Le Nouvel Observateur », déjà cité, consacrera 47 lignes à l’événement et « Le Monde », 29 lignes en page 38 de sa livraison du 13 septembre et 20 lignes le lendemain.
C’est aussi par un entrefilet que ce quotidien apprendra à ses lecteurs que la gauche chilienne a finalement reconnu (avec un retard de dix-sept années) le suicide d’Allende, pourtant accepté comme tel par toute la classe politique chilienne le lendemain du coup d’État, à la suite du témoignage du propre médecin du président, le docteur Guijon-Klein, que j’ai personnellement bien connu durant mon séjour au Chili.
Avisé du suicide, Mitterrand laissera la gauche confisquer la mort courageuse que son homologue chilien avait choisi de se donner, en laissant se propager à des fins politiques, les thèses mensongères (et différentes l’une de l’autre) de Fidel Castro et de Gabriel Garcia Marquez.
Aujourd’hui, le Chili est le pays d’Amérique du Sud qui se porte le mieux. Il a réussi à passer à travers les crises qui ont secoué l’Argentine et le Brésil pour ne parler que d’eux. Cette situation est due aux choix de dirigeants, hier démocrates-chrétiens et aujourd’hui socialistes, qui ont décidé de ne pas remettre en cause les réformes indispensables imposées au forceps par les militaires à partir de 1975 : allégement draconien de l’appareil de l’État devenu protecteur et non plus bienfaiteur ; fonds de pension de retraite qui fonctionnent de façon satisfaisante depuis maintenant 23 ans ; médecine libérale ; scolarisation et lutte contre la pauvreté…
En 1982, interrogé par la presse chilienne avide de savoir s’il avait conscience de vivre dans une épouvantable dictature, l’ambassadeur de France, nommé au lendemain de l’arrivée de la gauche française aux affaires, s’exclamait : « Bien entendu, le Chili est une dictature ! Évidemment, ce n’est pas Cuba… ». Face à la tempête d’imprécations qui s’était aussitôt levée à Paris, le diplomate avait été rappelé en consultation et reçu par Mitterrand : « On le sait bien que ce n’est pas Cuba mais, de grâce, ne le dites pas ! ».

Maintenant Castro. Comme tous les dictateurs, il avait le don du mensonge et de la propagande. Il commence par dresser un portrait catastrophique de son pays : Fidel cite le chiffre de 50 % d’analphabètes, en réalité, ils n’étaient que 22 %, il évoque la mainmise des Américains sur le pays, en fait, Cuba était l’un des pays les plus autonomes, 55 % des Cubains étaient propriétaires de leur appareil de production, le pays avait développé les cultures intensives du riz, du tabac, du café, du maïs, des pommes de terre et des légumes et pas seulement, comme l’affirme Castro, de la canne à sucre. A l’époque, c’est-à-dire au début des années 1950, Cuba avait le niveau économique de l’Italie.

C’est son frère Raul qui fait les premiers contacts avec le KGB, un peu par hasard, sur un bateau, lorsqu’il est abordé par un citoyen soviétique, Nikolaï Leonov. Ce dernier, membre du KGB, comprend tout de suite les avantages qu’il pourrait tirer du mouvement révolutionnaire de Castro. A partir de là, les contacts seront permanents, les aides aussi, même si les premiers à les avoir aidés ont été… les Américains. En effet, Castro les a bernés pendant des années en multipliant les déclarations anticommunistes et les signes d’allégeance. Mais c’est trop tard, Castro profite d’un coup d’Etat bâclé par les Américains et prend le pouvoir en haranguant les foules et en leur promettant tout ce qu’il ne leur donnera jamais : terres, richesses, libertés.

L’ouvrage apporte aussi quelques révélations sur les relations de Castro avec le Che, sur la mort de ce dernier, devenu trop encombrant pour les Soviétiques qui voyaient en lui un trotskyste mâtiné de maoïsme. Castro serait-il le commandeur de son assassinat ? Nul ne saurait le dire avec exactitude, mais la froideur des relations entre le Leader Maximo et le démiurge qui terrorisait les petits paysans de la sierra ne fait aujourd’hui plus aucun doute.

La période de la dictature n’est qu’une suite de répressions, de terreur (impressionnants les chapitres consacrés aux procès des généraux Ochoa, La Guardia), de crimes (élimination d’opposants supposés ou réels), installation de camps (avec une attention particulière pour les homosexuels). Même aujourd’hui, ce tyran des Caraïbes reste adulé par les intellectuels du monde entier, par les jeunes et par de nombreux politiques. Mais ce qui restera pour nous, Français, un moment inoubliable, c’est le fameux baiser au dictateur de Danièle Mitterrand, sur le perron de l’Elysée, le 13 mars 1995, après que celui-ci a été reçu par le président. Cette image résume à elle seule l’attrait pour le totalitarisme d’une grande partie de nos politiques.
Ainsi, la culpabilité des gauchistes francais, et la complicité de certains responsable de gauche éclate au grand jour. Cuba est un enfers, un enfers Socialiste au soleil. Mais Pinochet n'a rien a voir avec ces crimes. Pinochet à sauver le chili, Pinochet a sauver la liberté, Pinochet est parti. Honte à ceux qui soutiennent encore Castro ! Ils ont les mains couverts de sang, avec bonne conscience; Mais ce sont des assassins !

> Lire le journal (17 commentaires, moyenne: 2,1).

Les Deux Textes

Posté le 08 septembre 2003
Deux textes que je trouve passionnant. Surtout le dernier.
Je doit donc vous en faire profiter. Car le partage et la solidarité, surtout aupres des défavorisés, font partie de mes valeurs, qui sont les valeurs de la République. Donc, et surtout les valeurs du débats. Car la République c'est le débat et la Loi du plus fort.
Surtout, pas de polémiques.
Lecteur, si cela ne t'interresses pas, passe ton chemin, Linuxfr est assez grand pour nous deux.


une interview de Jean-François Revel sur Le Figaro.fr
http://www.lefigaro.fr/cgi/edition/genimprime?cle=20030908.FIG0157(...)

Propos recueillis par Baudouin Bollaert et Jean de Belot
[08 septembre 2003]

LE FIGARO. – L'Amérique est-elle en train de s'enliser en Irak ?
Jean-François REVEL. – Dire que l'Amérique s'enlise, c'est un peu un lieu commun. On l'a déjà dit au début de la guerre, or celle-ci n'a duré que trois semaines. Nous sommes maintenant dans la période d'après-guerre et tout ce qui arrive était parfaitement prévisible. Pour construire une démocratie, il faut des démocrates. Les Irakiens ne sont pas démocrates et les affrontements entre chiites, sunnites et Kurdes pour savoir qui prendra le pouvoir ne doivent étonner personne.

D'autre part, contrairement à ce qui a été dit ici ou là, les troupes américaines au départ ont été bien accueillies, elles ont même été acclamées par la population irakienne. La dictature de Saddam Hussein a été particulièrement sanglante et les Américains ont découvert de nombreux charniers et des chambres de tortures. Saddam a vraiment été l'un des dictateurs les plus cruels du XXe siècle.

N'y a-t-il pas ce qu'on pourrait appeler une stratégie du chaos derrière les attentats qui ont eu lieu récemment à Bagdad ou ailleurs ?
La guérilla qui sévit aujourd'hui ne vise pas uniquement les troupes américaines ou anglaises puisque les terroristes – on ne sait toujours pas de qui il s'agit exactement – ont fait exploser le siège des Nations unies à Bagdad. Ils ne s'en prennent donc pas seulement à l'unilatéralisme américain. Ils s'en prennent aussi à l'ONU, ce qui complique beaucoup la gestion de l'après-guerre. Il y a une xénophobie généralisée chez les Irakiens, comme dans beaucoup de pays arabes. Elle vise tous les Occidentaux et les organisations internationales.

Les Américains n'ont-ils pas sous-estimé le chaos qui allait suivre leur intervention ?
Nous nous trouvons devant un peuple incapable de se gouverner lui-même et qui, en même temps, ne veut pas que les autres s'occupent de lui : la situation est quasi insoluble. Cette contradiction est typiquement arabo-musulmane, c'est un trait de civilisation. Personne ne s'en tirerait beaucoup mieux que les Américains. Pour moi, l'essentiel était de débarrasser les Irakiens de la dictature de Saddam et du danger qu'il représentait pour la région. Et c'est fait.

Pour le partage des responsabilités en Irak, croyez-vous à un rapprochement possible entre les Etats-Unis et les pays du «camp de la paix» ?
L'_expression «camp de la paix» m'a toujours fait sourire. Avez-vous vu les manifestants qui en font partie se mobiliser contre le génocide qui se déroule au Soudan depuis près de vingt ans et qui a fait plus d'un million de morts ? Ou contre les massacres en série qui se sont déroulés en Sierra Leone ou au Liberia ? Ce ne sont pas des manifestants pour la paix mais des manifestants antiaméricains. Quant aux gouvernements ayant pris position contre les Etats-Unis – et qui, eux, ont des capacités d'analyse politique plus développées –, le problème est qu'on ne voit pas quelle solution ils proposaient pour résoudre la question Irakienne...

Les Américains n'auraient pas demandé mieux que d'accepter un partage des responsabilités si la France n'avait pas menacé de brandir son veto au Conseil de sécurité. Notre ministre des Affaires étrangères s'est transformé en commis voyageur, en Afrique notamment, pour inciter à voter contre les Etats-Unis. Ce fut une faute de goût considérable. Autant la France avait le droit de dire «non, je n'approuve pas l'intervention militaire pour le moment et je ne m'y associerai pas», autant elle n'aurait pas dû se muer en centrale de propagande antiaméricaine...

Dans le charmant vocabulaire politique français, on traite Tony Blair de «caniche de Bush» et on multiplie les déclarations arrogantes à l'égard de l'Espagne, de l'Italie, de la Pologne et des autres pays du Vieux Continent qui ont suivi les Américains. C'est la façon délicieuse dont nous méprisons les autres membres de l'Union européenne. Pourtant, eux aussi ont bien le droit d'avoir leur position ! Le rêve d'une Europe à 25 ou à 30 qui serait entièrement gouvernée par la France et l'Allemagne est totalement dépassé. C'est de l'histoire ancienne.

Que doit répondre aujourd'hui la France aux offres de partage des rôles faites par les Etats-Unis ?
Logiquement, la France devrait voter oui au Conseil de sécurité parce qu'on ne peut pas à la fois reprocher aux Américains leur prétendu unilatéralisme et refuser leurs propositions quand il s'agit d'offres multilatérales. Mais ça n'en prend pas le chemin. Le problème est que la position française est moins onusienne qu'antiaméricaine. On va néanmoins forcément s'orienter vers une solution internationale où les Nations unies joueront un rôle important, et c'est une bonne chose. A un an de l'élection présidentielle, Bush y a intérêt. Une majorité de l'opinion américaine souhaite le retour des boys et, d'autre part, comme l'économie repart aux Etats-Unis, le président peut gagner son pari et obtenir un second mandat.

Le fait qu'on ne trouve pas d'armes de destruction massive en Irak ne vous gêne-t-il pas ?
Il est pourtant certain que Saddam Hussein en avait : c'est bien avec des gaz et des armes biologiques qu'il a exterminé les Kurdes et les chiites au début des années 90. Comme on n'avait pas la preuve que Saddam Hussein s'était débarrassé de ces armes, la prudence élémentaire, alors qu'il refusait de jouer le jeu, était donc d'intervenir : c'est l'application du principe de précaution. Si nous autres Européens vénérons le principe de précaution quand il s'agit de la vache pourquoi ne pas l'appliquer lorsqu'il s'agit d'un dictateur ?

Peut-on, comme le voudraient les Etats-Unis, implanter un modèle de démocratie matérialiste et libérale dans des pays à culture si différente ?
Je ne vois pas pourquoi la démocratie serait matérialiste. Je trouve que les pays communistes l'étaient ou le sont – comme la Chine – beaucoup plus. Mais pour répondre à votre question, oui, il est très dificile d'implanter la démocratie. Elle a surgi en Europe à l'issue d'un très long processus. Des volets de liberté se sont affirmés petit à petit avec l'apparition de l'entreprise, puis la conquête de la liberté intellectuelle, notamment en matière scientifique. Cela ne s'est jamais passé dans les pays islamiques puisque la seule vision du monde admise est celle du Coran. De même, sur le plan du droit, l'Europe a connu dès le Moyen Age une séparation du droit ecclésiastique et du droit personnalisé par le roi ou l'empereur. Cette séparation n'existe pas dans les pays musulmans. Il existe néanmoins chez certains d'entre eux, aujourd'hui, des fragments de démocratie. En Tunisie, par exemple. Où au Pakistan, par périodes, quand les militaires ne reprennent pas le pouvoir. On pourrait imaginer des pays qui, sans être totalement démocratiques, ne piétineraient pas non plus complètement les libertés.

Le risque n'est-il pas de susciter en Irak un régime qui serait pire que le précédent pour la stabilité de la région ?
Je ne crois pas : il serait difficile d'aller aussi loin dans la terreur que Saddam Hussein ! Il avait une obsession de l'extermination : c'est par millions que les Irakiens ont disparu. Si vous prenez un régime autoritaire comme l'était celui du shah d'Iran, une relative liberté y régnait à condition de ne pas s'attaquer à la famille impériale et à ses intérêts. J'ajoute que si le shah a été renversé par les Ayatollahs, ce n'est pas parce qu'il avait instauré une dictature mais, surtout, parce qu'il avait voulu affranchir les femmes de l'esclavage musulman.

Et l'Iran d'aujourd'hui ?
Actuellement les ayatollahs ont une grande partie de la population contre eux. Khatami a été élu président parce qu'il passe pour un libéral. Les Etats-Unis sont dans l'expectative. La contestation de la jeunesse et l'effondrement économique du pays pourraient conduire à la chute du régime. Les Américains ont donc intérêt à laisser ce processus de dégradation se poursuivre sans intervenir. Certes, l'Iran a des centrales nucléaires qui pourraient être détournées de leur objectif civil et il finance des mouvements terroristes en Israël ou au Liban. Il figure dans la liste des «Etats gredins» du département d'Etat. Mais, vu l'opposition croissante au régime religieux, les Etats-Unis parient sur une évolution interne en contrôlant toute éventuelle menace.

Pour revenir à l'Irak : comment éviter le chaos ?
On peut y arriver en s'appuyant sur certains éléments irakiens qui, durant le règne de Saddam Hussein, ont vécu en exil à l'étranger et ont baigné dans la civilisation démocratique. C'est d'ailleurs le cas de la plupart de ceux qui font parti du Conseil provisoire mis en place à Bagdad. Mais ça ne sera pas facile.

Il y a aussi le risque de voir arriver au pouvoir des partis islamistes démocratiquement élus...
Le risque de voir des partis non démocratiques gagner des élections n'est pas nouveau. Nous l'avons vécu en Europe avec les victoires de Hitler et de Mussolini ! L'un des inconvénients de la démocratie c'est qu'elle peut se retourner contre elle-même. Dans les pays de l'Europe de l'Est récemment libérés on a vu revenir au pouvoir les anciens communistes. Mais sous d'autres noms et avec d'autres politiques...

Vous savez, la démocratie a beaucoup progressé dans le monde depuis 20 ans. L'Amérique latine en 1980 n'avait pratiquement que des dictatures. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Certes les démocraties n'y sont pas parfaites – ce n'est pas la Suisse ! – mais les droits fondamentaux sont respectés et les garanties juridiques existent. Il y a quelquefois des retours en arrière comme au Pérou, mais ça ne dure pas. En Russie, en Asie du Sud-Est et même en Chine la démocratie se développe. La Chine depuis une vingtaine d'années s'est tournée vers l'économie de marché et le Parti communiste au pouvoir ne pourra pas perpétuellement tout contrôler. Il y aura un jour une contradiction telle entre les réalités économiques et le système politique en place que celui-ci sautera ou devra fonctionner d'une tout autre manière. Il y a donc des raisons d'être optimiste quant à l'évolution démocratique du monde, même si l'Afrique fait exception. Le recul de la Côte d'Ivoire en est un triste exemple.

Il existe à New York une organisation qui s'appelle Freedom house qui publie chaque année un état de la démocratie dans le monde en appliquant une quantité de critères : élections ou pas élections, multipartisme, indépendance de la justice, liberté de la presse, liberté de circuler, etc. Elle classe les pays en pays totalement libres, à moitié libres ou pas libres du tout. Dans cette dernière catégorie, on ne trouve plus guère que Cuba et la Corée du Nord...

Quand il ne provoque pas la lassitude, le modèle occidental est de plus en plus critiqué de l'intérieur. Par les «altermondialistes», par exemple. Comment l'expliquez-vous ?
L'autocritique fait partie de la démocratie, par définition. Comment pourrait-elle se corriger autrement ? Mais cette lassitude dont vous parlez me laisse un peu sceptique. Car en démocratie on a toujours intérêt à se déclarer insatisfait pour grappiller quelque chose. En France, par exemple, ce sont les catégories sociales les plus favorisées – celles qui travaillent pour l'Etat – qui récriminent le plus. Le propre des démocraties est donc de sécréter l'_expression du mécontentement. Personne n'a la naïveté de se déclarer satisfait de son sort. Quant aux altermondialistes, ce ne sont que d'anciens gauchistes recyclés dont on ne comprend pas très bien les propositions.

Mais nos sociétés occidentales repues ne vous paraissent-elles pas de plus en plus déprimées et «psychotropiques» ?
Je ne suis pas médecin ! Mais, personnellement, je ne perçois pas beaucoup cette déprime. La vie en France n'est pas spécialement difficile, les revendications portent sur des améliorations. On peut très bien plaider que la France est en déclin. Mais au niveau de la vie quotidienne, ça ne se remarque pas tellement. Le chômage est, bien sûr, trop élevé. Mais il tient à la politique que nous avons menée et qui a été approuvée – à tort – par le corps électoral. Il est de 9 à 10% chez nous, alors qu'il est de 5% dans l'«affreux» Royaume-Uni et de 3,5% dans l'Autriche de l'«ignoble» Haider.

Diriez-vous, comme Nicolas Baverez, que la France est un pays qui tombe ?
Oui. Il donne des chiffres et des exemples précis. Mais à toutes les époques on a parlé de décadence, donc cette notion est très relative. D'autre part, on a tendance à idéaliser le passé. Quand on dit, par exemple, que Paris en 1900 était la capitale culturelle du monde, ce n'est pas vrai. Il y avait aussi Vienne, Londres ou Berlin. Méfions-nous de l'illusion rétrospective. En 1935, la principale puissance mondiale était la Grande-Bretagne et je me souviens d'ailleurs qu'il y avait à l'époque une anglophobie comparable à l'américanophobie d'aujourd'hui. Nous étions alliés aux Anglais, nous imitions leur manière de vivre, mais en même temps nous étions anglophobes ! Cela dit, il est certain que les deux guerres mondiales n'ont pas contribué à faire avancer la France. Elle s'est retrouvée par deux fois complètement ruinée, surtout après la deuxième, comme la plupart des pays européens, ce qui explique la montée des Etats-Unis.

Et la naissance du projet de construction européenne...
Un projet qui a très bien évolué. Mais si l'Union européenne est aujourd'hui une grande entité économique qui fonctionne, ce n'est pas vrai sur le plan politique. C'est un lieu commun que de le rappeler.

Cette grande entité économique est néanmoins incapable de générer sa propre croissance...
Ah si, quand même ! Souvenez-vous de l'entre-deux-guerres : chaque pays européen vivait barricadé derrière des barrières protectionnistes et les chômeurs se sont comptés par millions. La situation ne se compare pas ! Nous n'avons rattrapé notre niveau de vie de 1914 qu'en 1950, et le PIB français a augmenté autant entre 1950 et 1975, comme l'a calculé Alain Cotta, qu'entre la mort de Louis XIV et 1950. Plus il y a de liberté dans les échanges et plus le niveau de vie général monte.

Que pensez-vous du projet de constitution élaboré par la Convention présidée par Giscard ?
Je suis pour le principe, mais il y a beaucoup de lacunes. Nous allons vers une surreprésentation des petits pays et personne ne saura très bien qui commandera du président de l'Union ou du président de la Commission. Jean-Louis Bourlanges l'a dit avant moi. C'est quand même un pas dans la bonne direction. Tout ce qui peut conduire les Européens à réfléchir aux moyens constitutionnels d'un renforcement politique de l'UE est une bonne chose.

Quel jugement portez-vous sur le gouvernement Raffarin ?
Réduire les impôts, comme on le répète un peu partout, ce n'est pas seulement réduire les impôts des particuliers. C'est très bien, mais il y a aussi les entreprises. Si l'on veut lutter contre le chômage, il faut pousser les entreprises à embaucher en diminuant leurs charges sociales. Actuellement, beaucoup de patrons qui auraient besoin de deux ou trois employés de plus dans leur PME ne les embauchent pas parce que cela alourdirait leurs charges. Alléger ces charges serait beaucoup plus efficace pour améliorer l'emploi en France que de distribuer des indemnités de chômage.

Une autre tarte à la crème est la difficulté qu'il y a à réformer le pays, en particulier le secteur public qui emploie presque la moitié de la population active. Chaque tentative déclenche des grèves à la chaîne chez les cheminots, les professeurs, les postiers, etc. De même, prenez l'exemple des intermittents du spectacle : on connaît bien les tricheries dont le système est porteur puisque des quantités de maisons de production font payer leurs employés par les Assedic en les forçant à se déclarer chômeurs alors qu'ils ne le sont pas. Il faut bien corriger cette dérive. Or, il est remarquable de constater que ce sont souvent les victimes du système qui s'opposent à toute réforme ! Cela me fait penser à la pièce de Crommelynck Le Cocu magnifique.

Il faudra remédier à toutes ces hémorragies financières qui caractérisent notre gestion si l'on veut que la situation s'améliore. Et toucher aux privilèges. Regardez les enseignants : on leur demandait simplement de partir un peu plus tard à la retraite pour être sur un pied d'égalité avec les salariés du secteur privé. Résultat : tous ces gens, en majorité de gauche, se sont mis brusquement à défendre les inégalités de la société française à leur profit. La tentative du gouvernement Raffarin de moderniser l'économie française, d'alléger le poids des prélèvements obligatoires qui est le plus lourd d'Europe, se heurte donc aux privilèges.

Je ne dis pas que la réforme doit être extrémiste. Mais il faut démanteler certaines citadelles et soigner les plaies dont souffre la France.

____________________________________________


Le message adressé jusqu'à présent par le chef de l'Etat et le gouvernement aux Français est reçu de manière limpide: puisque la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, puisqu'un score de 82% des voix pour le président élu, puisqu'une majorité de 399 députés sur 577, une domination totale du Sénat et une maîtrise de la quasi-totalité des collectivités territoriales ne permettent pas d'engager les réformes que chacun sait indispensables, alors s'ouvre l'alternative de la révolution. Au gouvernement, comme dans l'opposition, chacun doit désormais choisir son camp: soit
la thérapie de choc pour moderniser le pays à marche forcée, en
prenant le risque d'affronter les corporatismes; soit la poursuite
d'un déclin pas si tranquille, car débouchant inéluctablement sur une nouvelle progression, voire sur l'accession au pouvoir, de l'extrême droite, avec pour pendant la radicalisation accélérée de la violence sociale.
Or l'irrésistible ascension aux extrêmes de la violence sociale en
France met en jeu des mécanismes et des schémas immuables. D'abord la mobilisation autour de mots d'ordre visant à «tout casser» ou à «tout bloquer». Ensuite le durcissement autour d'un noyau minoritaire qui impose une ligne extrémiste par le recours à l'intimidation et à l'idéalisation des postures de la radicalité, éventuellement contre le vote de la majorité en faveur de la poursuite ou de la reprise du travail. Le refuge dans l'idéologie et dans le culte du rapport de forces au détriment de l'intelligence de la négociation, qui suppose à la fois de redescendre des principes éthérés vers la discussion des enjeux concrets et de rentrer dans la logique démocratique du compromis. L'exaltation de la révolte au détriment de toute proposition alternative autre que le statu quo. L'appel systématique à l'Etat, non tant pour servir de médiateur ou d'arbitre que pour intervenir comme une poche profonde, sommée de mobiliser les fonds publics au service des intérêts catégoriels et corporatistes. Ainsi ces mouvements, en installant dans les esprits et les mœurs le fait que tout est possible et que tout est permis, bandent-ils en France les ressorts classiques du totalitarisme tel que le définit Hannah
Arendt.

> Lire le journal (12 commentaires, moyenne: 2,8).

Les morts de la Canicule : La conclusion définitive.

Posté le 30 août 2003
France : effets d'une décadence


La polémique la plus débile : celle lancée par l'opposition – et d'abord par François Hollande, secrétaire général du PS – accusant le gouvernement de n'avoir su gérer la canicule, qui aurait fait 13 000 morts chez les plus de quatre-vingt-cinq ans. Cette vacuité de la critique en dit long sur l'infantilisme qui a gagné le débat politique. Dans la République des Gentils qui est désormais la nôtre – avec son humanisme, ses contritions, ses compassions obligés – il est interdit de produire autre chose que du bonheur. C'est pourquoi l'Etat a été prié de s'excuser des conséquences de cette catastrophe naturelle. Il s'est, hélas !, plié à cette farce.


Il est désolant que Jean-François Mattei, ministre de la Santé, n'ait eu le courage d'affronter les démagogues qui voulaient le jeter dans la fosse aux Méchants, pour cause de trop fortes chaleurs. Il a cru nécessaire, au contraire, d'accabler le directeur général de la santé, le professeur Lucien Abenhaïm, poussé à la démission après avoir été accusé de ne pas avoir «averti» le pouvoir de mortalités pourtant imprévisibles. Que personne n'ait protesté, au sein du gouvernement, contre ce départ absurde illustre la place prise par la facilité dans cette République émotive.


Face à cette canicule hors du commun, le gouvernement ne pouvait être sérieusement tenu pour responsable de la mort précipitée de personnes âgées. Et si les urgences ont été submergées, les «trente-cinq heures» y sont pour beaucoup. Cette mesure a désorganisé le secteur hospitalier en le privant de personnel disponible. Ce qui n'a pas empêché Martine Aubry, mère de cette réforme de la gauche, de reprocher à Jacques Chirac et à son premier ministre d'avoir «failli». La mauvaise foi de cette dame semble sans limite.


Mais le vrai problème est ailleurs. Ce drame a révélé le visage de notre Nation prétendument vertueuse, avec ses bons sentiments récités et ses larmes versées devant les télévisions : une société superficielle, égoïste, individualiste, où le loisir, le désir, le plaisir tiennent lieu de nouveau credo. Seuls les jeunes ont leur place dans ce monde du «sympa», où l'argent public va prioritairement aux protestataires. C'est ainsi que trop de vieux sont morts dans la solitude et l'indifférence. C'est le procès d'une collectivité supposée civilisée et apôtre des droits de l'homme qui reste à instruire.


Deux images resteront. Celle, futile, de Paris-Plage avec ses palmiers, son sable, ses corps au soleil. Celle, lugubre, de ces camions frigorifiques réquisitionnés par le maire de Paris pour y entreposer les trois cents cadavres qui, en ce début de semaine, n'avaient pas été réclamés. Ces images rappellent que la jeunesse a été invitée à grands frais à bronzer au bord de la Seine, tandis que des vieillards s'épuisaient, à deux pas, à survivre dans l'oubli. Ce que nous sommes devenus ? Des monstres de suffisance, d'insouciance, d'indifférence. D'indécence aussi : le projet de supprimer un jour férié pour financer la dépendance fait évidemment hurler les syndicats...


La commission d'enquête parlementaire sur la canicule, souhaitée mardi par Jean-Louis Debré, ferait bien de s'inquiéter de cette décadence-là. Les députés s'éviteront ainsi le ridicule d'une traque aux responsables de la pluie et du beau temps.


-Rioufol


Superbe texte qui donne à réfléchir sur la société, c'est à dire sur VOUS, puisque pour moi la société c'est VOUS.
Mais aussi sur moi et mes responsabilité vis à vis de vous, cad de la société.

Et c'est vrai tout de même que la décadence s'accelere, hélas.

D'un autres coté, ce cirque médiatique n'a que peu influencé l'opinion d'aprés les sondage. Ce qui montre que le Peuple, lui, garde son bon sens.







Soit dit en passant : le machisme semble être une pratique bien ancrée chez nombre d'altermondialistes. Il est vrai que ceux-là sont de vrais conservateurs, puisant dans le passé révolutionnaire ou paysan leurs références, viriles et autres. Les femmes se font discrètes dans leurs instances dirigeantes. Et l'on se souvient de la manière dont José Bové avait «licencié» son épouse, en octobre 2000. Elle avait alors dénoncé la Confédération paysanne comme «un syndicat de machos». Mais bon, oublions.


Aujourd'hui, l'altermondialisme et le «bovisme», tels qu'ils se sont exprimés sur le plateau du Larzac cet été devant 200 000 personnes, sont vus par la gauche et ses médias comme la révélation politique de la rentrée. Les socialistes pensent y avoir trouvé la «gauche mouvementiste» capable de répondre aux attentes des enseignants et intermittents du spectacle. Des commentateurs jubilent déjà devant la «rentrée brûlante» promise par Bové. Même François Bayrou (UDF) y voit «un mouvement important, qui est en train de naître». Bigre !


C'est à se demander s'ils ont bien écouté Jacques Nikonoff, membre du Parti communiste, président autodésigné d'Attac France, mouvement altermondialiste «d'éducation populaire». Son «autre monde», tel qu'il le décrit, serait celui où l'Organisation mondiale du commerce (OMC) serait «démantelée», l'idéologie libérale «éradiquée», le chômage «supprimé», l'État «démocratisé». Son combat anticapitaliste – donc antiaméricain, anti-OGM, mais aussi antidécentralisation, antiréformes, etc. – le rapproche de l'idéologie stalinienne. En fait, c'est un grand bond en arrière que proposent les altermondialistes. La gauche applaudit à ce totalitarisme en marche...

> Lire le journal (31 commentaires, moyenne: 0,7).

MeeKKro$oft, ca pue...

Posté le 21 août 2003
http://www.zdnet.fr/actualites/technologie/0,39020809,39115913,00.h(...)

http://www.zdnet.fr/actualites/technologie/0,39020809,39115967,00.h(...)


Tchernobyl, le Koursk, ils n'utilisaient pas du Meequro$$opht par hasard ?

En tous les cas, c'est de pire en pire, et tous le discours de Gkro$oft sur la sécurité par en couille (vive l'Ultra-Libéralisme !)....

Bref, va faloir passer à Linux ou à Mac-OS.

Quelqu'un connais Mac-OS ? C'est bien ? (/Linux ou même /Ouinddaube).
C'est vrai que c'est pas libre et gratuit non plus, alors....

> Lire le journal (13 commentaires, moyenne: 2).

Ah AH AH AH !

Posté le 20 août 2003
http://news.yahoo.com/fc?tmpl=fc&cid=34&in=tech&cat=com(...)

On n'a plus le temps de suivre la... :o)


Bravo Meekro$oft !

> Lire le journal (2 commentaires, moyenne: 3).

Ah AH AH AH !

Posté le 20 août 2003
http://news.yahoo.com/fc?tmpl=fc&cid=34&in=tech&cat=com(...)

On n'a plus le temps de suivre la... :o)


Bravo Meekro$oft !

> Lire le journal (2 commentaires, moyenne: 1,5).

Microsoft se lance-t-il dans les OGM ?

Posté le 20 août 2003
"Le virus-ver Lovsan qui se répand très rapidement sur les réseaux a son propre prédateur: Welchi. Un autre virus qui désactive le premier et applique les patchs pour protéger les systèmes infectés. Mais il commence lui aussi à saturer les réseaux."

On est chez les dingues, moi je vous le dit...

Imaginez un peu que chaques virus soit poursuivit par son virus anti virus....

Remarquez, pour le coup, les trous de Windows seront belle et bien " a feature, not a bug" :-)

http://www.zdnet.fr/actualites/technologie/0,39020809,39115869,00.h(...)

> Lire le journal (9 commentaires, moyenne: 2,6).

Demande s'aide sur la reception satellite

Posté le 14 août 2003
Salut,

Je cherche de l'aide. Il parait que l'on peut capter des chaines gratuitement avec une antenne satelite. Sauf que :

-Peut on avoir les chaines francaise nationales en claire en numérique (elles exite en analogique sur AtlanticBird 3).

-Si non il faut deux antennes ? Ou deux décodeurs ? Donc deux cables ? Bref, deux fois plus d'argent ?

-Ou trouver une liste compléte de toutes les chaines disponible, de tout les satellites qui sont dessus nos têtes ? Je n'arrive pas à comprendre ce qu'on peut effectivement capter. Par ex, Télé Japonaise ? Télé US (ABC, CBS etc.) ? J'ai trouvé pour la BBC (astra 2D), mais sinon...

-Et si l'on veux s'abonner à LCI ou à xxx comment peut on faire ? Il faut s'installer en plus une antenne TPS ou CanalSatelite ?


Bref, si qq avait de l'expérience dans ce domaine et pouvait m'en faire profiter, ca serai sympa !

D'avance Merci.

> Lire le journal (1 commentaire, moyenne: 4).

Quand les Ultra-Libéraux et autres fachistes défendent Mikro$oft

Posté le 13 août 2003
"La concurrence doit être "pure et parfaite", sur décision de la commission de Bruxelles. La victime ? Microsoft. Etude de cas.

Cette notion de concurrence «pure et parfaite» date des économistes néo-classiques. Pour avoir fait de l’économie – dans une université française, s’il vous plait- je pense pouvoir définir à peu près ce que recouvre ce concept. Les conditions suivantes doivent être réunies:
- Tous les acteurs du marché ont la même information (symétrie de l’information consommateur/producteur)
- L’information est parfaite (ce qui mériterait un volume entier…): tous les producteurs savent comment produire de la façon la plus efficace
- Il y a atomicité de producteurs et de consommateurs
- Le produit est homogène
- Pas de barrière à l’entrée/sortie du marché

Evidemment, ça fait un peu beaucoup de conditions, toutes plus surréalistes les unes que les autres:
- Le producteur a presque toujours une meilleure connaissance du produit que le client
- Chaque producteur a une méthode unique de production
- Il y a un tas de marchés où le capital nécessaire de base est tellement immense qu’il est forcément «oligopolistique»
- Même si une différence n’est que marketing (whisky X ou Y, cigarettes X ou Y, Coca/Pepsi), les consommateurs font bien la différence
- Il existe des barrières non économiques sur pleins de marchés: licences, brevets, droits divers, lois

Pourtant, la concurrence «pure et parfaite» serait «souhaitable» car avec de telles conditions, les prix proposés seraient forcément les plus bas: aucun acteur n’a de contrôle sur les prix, ils ont tous les mêmes méthodes de production (et dès qu’un seul innove tout le monde adopte l’innovation immédiatement), il n’y a pas de profits possibles… et donc les étatistes sautent sur l’occasion: voilà un objectif complètement absurde, car hors définitivement hors d’atteinte, donc prétexte incessant à interventions! En plus, facile de pointer une «défaillance du marché» puisqu’il ne peut être qu’ «imparfait»!

C’est sur ces bases là que les lois antitrust US et les lois sur la concurrence en Europe ont vu le jour. Aujourd’hui, Microsoft est dans le collimateur de Bruxelles (voir ce lien: Bientôt plus de media player dans Windows?). Le prétexte? «en incluant Windows Media Player, Microsoft affaiblit la concurrence, étouffe l'innovation et réduit en définitive le choix du consommateur», dixit la Commission de Bruxelles.

Le raisonnement est le suivant: les diverses versions de Windows occupent 90% (au moins) du parc installé, et représentent au moins autant de pourcentage des nouvelles ventes. En installant d’office le logiciel «Windows Media Player» -lecteur multimédia-, Microsoft s’arroge ainsi 90% de part de marché sur ce segment particulier! Ce n’est pas totalement faux, mais cela a-t-il vraiment l’impact prétendu par la Commission? Cela nécessite-t-il une action «correctrice» ou «punitive» d’une autorité extérieure?

Toute entreprise doit offrir à ses clients de la valeur: Microsoft ne fait pas exception. Offrir des programmes à ses clients, voilà qui est une façon simple d’apporter de la valeur! Internet Explorer et Windows Media Player (WMP) sont deux logiciels de bonne facture, largement suffisants pour une utilisation courante (ceci dit, j’utilise Mozilla et je reste à la version 6.4 de WMP!). D’autre part, pas besoin d’aller chercher sur Internet un navigateur ou un lecteur multimédia: c’est un gain de temps. Le coût pour Microsoft? Assez conséquent! Développer IE et WMP prend du temps: de larges équipes y sont employées, pour finalement distribuer les logiciels gratuitement. Eventuellement, Microsoft aurait pu faire appel à une société extérieure pour inclure son logiciel dans Windows, mais pour un certain nombre de raisons qu’il ne nous appartient pas d’évaluer (coût, maîtrise de la technologie, intégration…), il en a été autrement.

Le résultat pour le consommateur est qu’il y a maintenant un logiciel de plus parmi tous les lecteurs multimédias disponibles. Pour peu que WMP réponde aux attentes, il évincera de fait ses concurrents. Cela signifie que les logiciels alternatifs n’étaient tout simplement pas assez bons, pas forcément techniquement d’ailleurs. Car s’ils avaient des clients qu’ils ne savent pas conserver, c’est bien que la valeur apportée était minime: même pas suffisante pour couvrir le fait de télécharger et d’installer! 1. La concurrence n’est donc pas affaiblie, Microsoft ne fait que révéler une faiblesse désormais patente, une incapacité à fidéliser sa clientèle, d’autant que WMP comme IE sont plutôt basiques dans leurs domaines respectifs.

Pour reconquérir les clients perdus, les entreprises vont devoir s’adapter. Pour certaines, ce sera peut-être trouver autre chose à vendre. D’autres choisiront de poursuivre sur le même marché. Pour survivre dès lors, il n’existe qu’un seul moyen: différencier le produit. Cela peut être fait au travers de la maîtrise d’un format particulier (QuickTime Apple, RealAudio), ou aussi par de l’innovation sur l’interface ou les fonctionnalités! Meilleur contrôle de l’image? Fonctions particulières de montage intégrées? Ajout d’une fonctionnalité de sauvegarde d’un stream vidéo live? Meilleure qualité de l’image? Les formats de compression représentent aujourd’hui un très important point d’amélioration des lecteurs multimédias, sinon le plus important 2, l’autre étant éventuellement les contrôles de propriété intellectuelle . L’innovation n’est donc absolument pas entravée par Microsoft, au contraire: l’entrée d’un acteur majeur force les autres à réagir. Tout bénéfice pour les consommateurs.

Alors au final, le choix du consommateur est-il réduit? Peut-être, car il est maintenant certain qu’avec une alternative gratuite pré-installée il faudra présenter un produit plus performant: moins d’alternatives, mais de meilleure qualité et moins chères! Les effets négatifs pour le consommateur ont donc l’air d’être franchement minces… Mais si ils existaient vraiment, l’Etat devrait-il intervenir?

L’un des principaux reproches à l’encontre de Microsoft c’est donc d’utiliser son système d’exploitation pour donner son produit à son client. Où est le crime? Tout se déroule pacifiquement, il n’y a pas viol des droits de propriété de qui que ce soit. Les concurrents n’ont pas de «droit à» avoir leurs logiciels installés aux frais de Microsoft: au nom de quoi? du fait que Microsoft donne son propre produit par ce biais? Pour rétablir un accès «égal» au consommateur? Pour rétablir «l’équité» du marché? Depuis quand la concurrence doit-elle être équitable? N’est-ce pas là la base de la concurrence: savoir tirer parti de ses forces pour avoir un avantage sur les autres? Vous me répondez concurrence «loyale»? Encore une notion bien floue: avec ça vous pouvez interdire aux supermarchés de faire de la publicité car les épiciers ne peuvent pas, ou bien vous limiterez le nombre de jours de solde… ah mais attendez ça c’est déjà en place en France… Bref: la concurrence «loyale» étatique c’est simplement l’interdiction de la concurrence «sauvage» capitaliste, libre. Bizarrement pour rétablir la situation il faudra l’intervention de lois, d’huissiers, et de la police… Dans la concurrence «loyale», un des concurrents a l’appui de l’Etat.

Plus généralement, ce qui est reproché à Microsoft c’est le succès: le «monopole» existe tout simplement car les clients ont fait et continuent de faire confiance à Microsoft. Les produits Windows sont maintenant d’un excellent niveau technique, quand à l’ergonomie après des années d’utilisation (8 ans déjà depuis Windows95) la plupart des utilisateurs y sont habitués. Résultat, la part de marché de Windows ne s’érode quasiment pas face à Linux, principal concurrent sur les systèmes d’exploitation, malgré les progrès spectaculaires de KDE ou GNOME, sa disponibilité gratuite (oh! concurrence déloyale!), et les suites bureautique comme KOffice ou OpenOffice.org gratuites aussi! La seule explication possible pour ceux qui ne connaissent que la force comme outil pour mettre en œuvre leurs idées, c’est que Microsoft utilise des moyens coercitifs pour se maintenir en position de leader. Mais Microsoft ne dispose pas de la force de la loi pour ce faire!

Contrats d’exclusivité, installation obligatoire de Windows sur toutes les machines fabriquées par les grandes marques (Dell, Compaq ont eu de tels engagements): voilà des pratiques «anti-concurrentielles». Mais ces pratiques n’empêchent absolument pas à des indépendants de proposer des machines Linux: aux USA, Walmart propose des PCs à 200$ fonctionnant avec Lycoris Destkop ou Lindows (deux versions de Linux). Le marché n’est donc nullement bloqué: les barrières à l’entrée résident en fait dans l’habitude des consommateurs, dans le fait que Windows est aujourd’hui un produit bien plus abouti que les variantes (innombrables d’ailleurs, comment s’y retrouver?) de Linux…

Il faut aussi noter que ces contrats, s’ils reflètent un rapport de force (comme tous les contrats), n’en restent pas moins des contrats librement signés: IBM a choisi de ne pas signer un tel contrat, ayant choisi de faire de Linux un de ses fers de lance. Dell a pendant un temps proposé des PCs sous Linux, pour finalement renoncer devant le peu d’engouement des consommateurs! Faut-il comprendre que le résultat de la domination de Microsoft résulte simplement de la volonté exprimée des consommateurs? Et c’est peut-être ce qui dérange le plus les Etats: ils n’aiment que les monopoles sanctionnés par la loi: Sécurité Sociale, SNCF, ANPE…


Herve Duray [Biographie]
Apprendre à compter avec l'Etat: j'ai travaillé 8 heures à 15 euros de l'heure, combien je touche ?


1: à l’époque de la domination de Netscape, les utilisateurs prenaient le temps d’installer Navigator, l’avantage de la pré-installation n’explique donc pas tout

2 : d’ailleurs, bien plus que les « lecteurs multimédias », la vraie compétition réside dans les formats employés : DivX, xvid, mp4, etc… Le vrai enjeu c’est la combinaison d’un lecteur propriétaire avec un format propriétaire, et Microsoft propose actuellement l’un des lecteurs les plus ouverts !"


En voila un qui n'a pas compris qu'UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE !
QU'IL EST MEME INDISPENSABLE !

Comment peut-on émettre des pensées aussi viles, aussi basses ? Heureusement qu'au Larzac le niveau était autrement plus élevé. Enfin, bref, ca doit être l'absence de culture; pour ces gens la, qui ne pensent qu'au fric et à l'argent roi, c'est normal...

Je suis trop fatigué (une heure du mat') pour lui répondre, on verra ca demain.
Si vous avez des messages à lui transmettre, je lui balancerais en même temps. Car il ne faut pas mépriser l'ignorant, il faut l'éduquer pour qu'il sorte de sa bassesse et de sa nullité.
Ainsi abandonnera-t-il peut être ses position Ultra-libéral-crypto-facho-extrémiste.

> Lire le journal (24 commentaires, moyenne: 2,3).

People

Posté le 06 août 2003
Ainsi donc c'est le jour du dernier adieu à la victime présumée du Boucher Balte.
On est tout de même bien triste pour les parents des deux parties.





Quand au tueur présumé, je présume que son avenir pour les 5 ans à venir semble tracé.
Mais comment le batteur chanteur d'un boys band peut-il en arriver la ?
Bien sur ce groupe Noirs désir m'était complétement inconnu avant l'Evénement : Le journalisme c'est d'apprendre la mort du Duc De Machin à des gens qui n'en avaient jamais entendu parlé de son vivant. Et c'est mon cas comme tous le monde. Néanmoins on ne peut manquer de s'interroger. On le dit que ce groupe cible les adolescents mâles, et lutte pour les pays sous développés (Avec des chansons ??), contre la mondialisation, et contre le FN (d'ou le nom du groupe ? Un appel aux Africains ?). Je ne sais si c'est vrai, donc mon analyse sera forcément un peu bancale.

Mais maintenant que notre chanteur coups de poings a rejoint la liste des artistes maudits, comme Brasillac ou Céline, ses chansons devienent particuliérement suspects. Car arrive-t-on à ce degré regretable de violence comme par hasard ? Certainement pas, et ses textes sont forcément des appels dissimulés à la violence. Comme tels ils devraient être interdit, comme sont interdits certains textes dégueulasse de Céline -qui pourtant n'a jamais défoncé le crâne de personne. Surtout parce qu'ils sont fabriqués pour des adolescents, qui sont toujours fragiles, impressionables, et prenent trés aux sérieux ce qu'ils pensent penser. Et on ne peut pas laisser les jeunes s'enfoncer dans des utopies, forcément sanguinaires.

Si ses textes ne sont pas des textes de haine -et j'en doute fortement-, on se doit d'être logique : Ses actes ont tué ses textes, frappés aux coeurs.

Bref son band est finis. Mais bon, l'industrie du divertissement ne va pas pour autant faire faillite. Lui ou un autre, qu'importe, et le reste du boys band peut toujours se recycler ou former un autre groupe, pour que le spectacle continue.

> Lire le journal (29 commentaires, moyenne: 2,6).

Heu ?

Posté le 04 août 2003
http://www.vhemt.org/findex.htm(...)

> Lire le journal (25 commentaires, moyenne: 2,2).