Liens connexes

Dépêche modérée par

Dépêche éditée par

: Conférence - Débat avec Antoine Moreau

Posté par Anthony Morel (page perso, ). Modéré le 25 mars 2005.
0
Antoine Moreau, initiateur de la licence "Art Libre" était invité à l'ECM (Espace Culture Multimédia) Kawenga pour une conférence sur la « Copyleft Attitude ». Excellent pédagogue, il a dans un premier temps expliqué à un parterre d'artistes et d'auditeurs attentifs les termes de la licence « Art Libre », une licence qui permet notamment la diffusion et la modification d'une oeuvre artistique.

Dans un second temps, les questions du public (beaucoup d'artistes sont intervenus) ont animé le débat. De nombreuses questions ont porté sur les moyens de subsistance de l'artiste qui utiliserait une licence libre.

L'enregistrement de la conférence (suivie du débat), d'une durée d'1h45, est librement téléchargeable, selon les termes de la licence Art Libre, en format Ogg Vorbis (62Mo, en mono 128Kbs). La prise de son et le nettoyage de la conférence ont été effectués avec Audacity sur une distribution Debian.

> Lire les commentaires (25 commentaires, moyenne: 2,1).  

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Titre pas très clair

Posté par Yannick FORT (page perso, ) le 25/03/2005 à 13:19. (lien). Évalué à 3.

Ne serait-ce pas mieux dans ce genre de dépêche de spécifier le sujet dans le titre ? personellement je regarde les dépêche via flux RSS, et ne pas voir le sujet dans la liste est un peu gênant, il faut afficher l'article et lire l'intro ...

ourmedia.org et yahoo/cc

Posté par free2.org (page perso, ) le 25/03/2005 à 14:22. (lien). Évalué à 4.

Nouvel hébergement gratuit et "à vie" d'oeuvres (y compris vidéos) par une association ayant de nombreux soutiens:
http://ourmedia.org(...)
Et la nouvelle section CC de yahoo:
http://search.yahoo.com/cc(...)

Ça ne donne pas tellement envie...

Posté par Yusei () le 25/03/2005 à 17:22. (lien). Évalué à 6.

Je suis en grande partie convaincu par le mouvement Art Libre, mais je trouve que la présentation d'Antoine Moreau ne donne pas tellement envie, et ne répond pas à la peur des gens face au renoncement à une partie de leurs droits. Parmis les manques de sa présentation, selon moi:

- Le copyleft est une sorte de formalisation du fait qu'un créateur ne part pas de rien, mais se base toujours sur sa culture et sur les oeuvres de ses prédécesseurs. Dans certains cas c'est implicite et juste sous la forme d'influences, alors que dans d'autres cas c'est explicite, comme les remixes et les samplings en musique, ou Braun-Vega qui intègre des oeuvres de matisse ou picasso dans ses oeuvres à lui. Mettre son oeuvre sous copyleft, c'est reconnaitre que ce remixage est positif, et autoriser ses pairs à faire de même.

- Pour répondre à la peur des modifications qui changent le sens d'un oeuvre (et donc la "perte" de la paternité de son texte, par exemple), il faut faire la distinction entre la ou les oeuvre(s) d'origine et les oeuvres dérivées. Une modification apportée à une oeuvre sous copyleft ne modifie pas l'oeuvre d'origine mais produit une oeuvre dérivée, ce qui fait qu'au final on n'a pas une seule oeuvre mais une arborescence d'oeuvres. Par conséquent, si j'écris un texte sur les moeurs sexuelles du ragondin et que quelqu'un le reprend et le modifie pour faire l'apologie du nazisme (il est doué), ce n'est pas mon texte qui contient des propos nazis, mais un texte dérivé du mien. Il n'y a pas de renoncement ni à la propriété ni à la paternité de son oeuvre.

- Pour répondre aux questions sur la rémunération des artistes, il a bien répondu, mais j'aurais fait la distinction entre l'oeuvre "numérique" et sa concrétisation. Un scan de la Joconde, ça ne vaut rien, alors que le tableau physique de la Joconde vaut extrêmement cher. De la même manière, un peintre qui met une de ses oeuvres sous licence libre autorise n'importe qui à reprendre les éléments de sa peinture, mais l'oeuvre physique reste, et il peut la vendre. Plus la renommée de l'arborescence d'oeuvres sera grande, et plus les concrétisations physiques de cette oeuvre vaudront cher.

- De plus, on ne peut pas interdire aux "revendeurs" de vendre une oeuvre, comme le proposait une personne, sans interdire aux auteurs consécutifs de le faire. On ne peut pas faire une distinction entre un auteur qui apporte quelque chose à l'oeuvre et un parasite qui ne fait que l'exploiter, donc si on veut qu'un auteur puisse se faire payer pour un travail sur une oeuvre libre, il faut autoriser tout le monde à se faire payer. C'est le public qui doit faire la distinction, des achats intelligents, pour par exemple n'acheter qu'un livre dont l'éditeur garantit avoir payé les auteurs.

Esthétique, est-ce éthique?

Posté par Patrix (page perso, ) le 26/03/2005 à 15:26. (lien). Évalué à 2.

Je viens d'écouter l'enregistrement. Antoine Moreau nous gratifie, comme à son habitude, de quelques jolies formules; j'ai noté par exemple «non pas gratuit, mais gracieux», «l'auteur n'est pas celui qui a autorité, c'est (étymologiquement) celui qui augmente», «esthétique, est-ce éthique», «la création ne vaut rien car elle est inestimable», et aussi un rappel juridique intéressant sur les créations collectives, collaboratives, ou composites, par rapport à la création commune au sens du copyleft.

Mais les questions posées par le public n'étaient pas moins intéressantes. D'emblée, le problème économique a été mis sur le tapis, et repris par plusieurs intervenants. Antoine, tout en reconnaissant qu'il s'agit d'une question essentielle, a aussi avoué que c'est «un autre problème», car le but n'est pas de faire du commerce, mais d'«avoir commerce les uns avec les autres», et que «de toute façon un artiste ne vit pas de son art». Une personne a critiqué les esquisses de solutions économiques proposées (par exemple, pour un musicien, monter un fan-club ou vendre des produits dérivés) en soulignant le contraste entre la grâce du don et les techniques marketing redoutables à acquérir. Une autre a insisté: «moi je suis artiste, j'ai du mal à vivre parce que je sais pas faire du commerce avec mon art». Comme l'a dit le dernier intervenant, «sur la question financière, le copyleft laisse encore béants tous les problèmes».

La remarque la plus judicieuse m'a semblé être celle d'une artiste qui, pour ne pas que le créateur soit la dinde de la farce, suggère que l'économie de la création soit «gracieuse d'un bout à l'autre», non pas pour interdire le commerce à la façon des licences non-commerciales, mais pour en garantir l'équité. Car si la création est fondée sur le don, il devrait en aller de même pour son économie. C'est là tout le sens du projet IANG http://iang.info(...) et de la licence IANG qui garantit que le commerce de la création sera contrôlé non pas par l'auteur, ni par l'éditeur, mais par le public.

Nouvel encodage 32Kbs pour les connexions bas débit

Posté par Anthony Morel (page perso, ) le 26/03/2005 à 20:25. (lien). Évalué à 2.

J'ai ajouter un encodage de la conférence en Ogg 32Kbs pour les connexions bas débit.

alternative économique, prévention de la piraterie, légalité, moralité..

Posté par François Becker (page perso, ) le 29/03/2005 à 12:42. (lien). Évalué à 2.

Je trouve dommage que le guide " adoptez la "Net attitude" " ( http://www.futura-sciences.com/sinformer/n/news5876.php(...) ) fasse de la prévention punitive (genre "c'est pas bien tu sais ce que tu risques ? alors paye ta zik") en ne proposant pas les alternatives les plus évidentes de se regrouper en communautés de création artistique et de partage, telles que celles proposées dans les commantaires de cet article... les liens de la dernière page sont juste des sites d'information sur les droits (et surtout les non-droits).

Ils proposent jusqu'à échanger les photos et videos de vacances avec ses amis sur les réseaux P2P, ce qui pas légalement autorisé, l'image des personnes sur les clichés suppose leur autorisation ! et même si l'autorisation est donnée, est-ce prudent de la part de mineurs ?

Ainsi le travail n'est fait qu'à moitié, et a l'air très biaisé (un peu "fais ce que tu veux tant qu'on peut prélever une (grosse) taxe sur la distribution de la 'musique' qu'on te martelle à longueur de temps") ; on se demande si la volonté politique était le respect des lois tout en proposant les meilleures alternatives possibles et imaginables, ou bien le soutien à la filière de distribution musicale (les "boites de prod" etc. il suffit de voir les logos de la dernière page). Personnellement je trouve ça dommage ; soutenir une industrie qui est de toutes façons moribonde est néfaste (c.f. sidérurgie sous l'ère Tatcher) et je pense que proposer et promouvoir les alternatives libres doperait la création... le ministère de la culture fait-il bien son boulot ?

--
elle est libre ma musique : http://moala.online.fr/audiosite/

Revenir en haut de page