Causerie sur l'April, sa campagne d'adhésion, ses actions passées et à venir (1/2)

Posté par (page perso) . Modéré par Bruno Michel.
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4
11
déc.
2008
Communauté
Les « Causeries April » sont des entretiens ou des discussions organisées régulièrement, d'une durée d'une heure ou plus, sur un sujet donné. Elles sont réalisées techniquement via IRC et/ou Jabber. Les comptes-rendus sont publics ou privés suivant les sujets abordés.

Les précédentes causeries ont abordé des sujets variés (histoire et évolution de l'April, brevets sur les logiciels, extension des droits de la « propriété intellectuelle », vote électronique, Wikipédia, April et les entreprises, Jabber/XMPP, traduction de la philosophie GNU, groupe d'utilisateurs Chtinux, Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, etc.).

Le 9 décembre dernier a eu lieu la treizième causerie April sur le thème « l'April, sa campagne d'adhésion, ses actions passées et à venir » avec Benoît Sibaud, président de l'April, Frédéric Couchet délégué général, Alix Cazenave chargée des affaires publiques. Trois heures de questions/réponses pour un compte-rendu (disponible dans la suite de la dépêche et sur le site de l'April) qui couvre de très nombreux points - tellement qu'il sera publié en deux fois. À noter que l'association a dépassé les 3500 adhérents (individus, associations, entreprises, collectivités) durant la causerie.

Cette causerie a utilisé le système de propositions d'entretiens de LinuxFr.org (pour une partie des questions).

Les questions sont en gras.


Ludovic : bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir ce soir pour notre treizième causerie April Benoît Sibaud, président de l'April, Frédéric Couchet délégué général, Alix Cazenave chargée des affaires publiques pour répondre à toutes vos questions sur le thème « Causerie sur l'April, sa campagne d'adhésion, ses actions passées et à venir ». Pour mémoire, les questions sont à envoyer en message privé au modérateur Ludovic Fauvet.

Benoît : Bonjour.

Alix : Bonsoir

Frédéric : bonsoir à tous et toutes

Ludovic : Commençons par une question classique : pourquoi deux associations, l'AFUL et l'April, quelles différences au juste ?

Frédéric : L'April se place dans le mouvement du Logiciel Libre et date de 1996 ; l'AFUL de 1998 dans le sillage de l'Open Source Initiative quelque part. L'AFUL met d'abord en avant les avantages concrets de l'utilisation des logiciels libres. Si l'April met également en avant la qualité de certains logiciels libres, l'April fait cependant d'abord la promotion des enjeux philosophiques et politiques de l'informatique libre. Donc, déjà une différence d'approche.

Ensuite les deux associations ont suivi une évolution différente. L'AFUL reste une association de bénévoles uniquement (environ 300 ou 350 membres) alors que l'April est forte de près de 3 500 membres et d'une équipe de trois permanents. Le taux d'activité des deux associations s'en ressent, voir les rapports moraux de l'April, pour ceux de l'Aful ils sont réservés aux membres.

Les associations sont complémentaires, comme avec l'Adullact par exemple. Les enjeux actuels du logiciel libre demandent des moyens à la hauteur, c'est ce qu'essaye de construire l'April. C'est comme dans le monde des associations de consommateurs, il y en a plusieurs et certaines sont plus actives que d'autres.

Benoît : C'est effectivement une question classique, et ce n'est pourtant pas faute d'y répondre souvent :). Il s'agit d'ailleurs d'une question fréquente à laquelle nous avons aussi répondu sur notre site.

Ludovic : Pourquoi ceux qui ont créé l'AFUL en 1998 (pendant le linux boum) ont ressenti le besoin d'une nouvelle association ?

Frédéric : Il faudrait le leur demander :) Peut-être estimaient-ils que le positionnement de l'April n'était pas le bon ou qu'une nouvelle association serait nécessaire et/ou complémentaire.

Benoît : À cette époque, je co-fondais le groupe d'utilisateurs en Auvergne, baptisé Linux Arverne. Je m'intéressais surtout aux questions techniques et à la diffusion de la connaissance. Ce n'est que plus tard (et via ma participation croissante à LinuxFr.org) que j'ai eu envie d'agir plus globalement sur la promotion et la défense du logiciel libre. Donc je dirais aussi que c'est à eux qu'il faut demander. Je suis entré à l'April en 2001 et à son conseil d'administration en 2002.

Frédéric : encore une fois on était dans la période du boom de « l'open source », beaucoup pensaient qu'il fallait parler avant tout des aspects économiques et marketing du logiciel libre et laisser le reste de côté, ce n'était pas notre approche.

Je ne peux que constater que 10 ans plus tard l'approche de l'April est soutenue par 3 500 adhérents dont près de 150 entreprises, donc notre approche ne doit pas être mauvaise :)

Ludovic : Au vu de la courbe de progression, il semble que l'objectif des 5000 adhérents sera difficile à atteindre à la fin de l'année. Êtes-vous confiant cependant ?

Benoît : Sur la première campagne d'adhésion, le nombre d'adhérents a été quadruplé en très peu de temps, et je ne pensais pas qu'il en serait ainsi. Sur cette campagne, le nombre d'adhérents croît rapidement, avec de nombreuses personnes morales, et je dirais que l'on n'est pas au bout des annonces :). Personne n'a dit que 5000 adhérents ce serait facile à atteindre, mais personne n'a dit non plus que l'April cherche la facilité :).

L'objectif a deux rôles précis (ce n'est pas un objectif en l'air) : permettre d'être mieux écouté et entendu, et pérenniser et accroître l'équipe de permanents.

Cette campagne est actuellement une belle réussite, et j'ai toutes les raisons d'être confiant pour la suite.

Ludovic : Avez-vous l'intention de repousser cette date de fin pour la compagne d'adhésion ?

Frédéric : Sans doute avant la prochaine assemblée générale de l'April qui est prévue pour le 14 février 2009. Et puis, même une fois la campagne finie il faut continuer de soutenir les actions de l'April en adhérant par exemple :)

Ludovic : De mémoire (je peux me tromper), l'objectif de 5000 adhérent datait de quelques mois déjà.

Benoît : Le lapsus sur la « compagne » d'adhésion est intéressant :). Je pense que l'on aura des questions sur la diversité par la suite :).

Ludovic : Pourquoi avoir attendu la fin de l'année ? manque de moyens, de disponibilité, de temps, de volontaires, etc. ?

Benoît : Une campagne d'adhésion est prenante pendant, mais elle l'est aussi avant. Il ne faut pas négliger le temps de préparation. Et bien sûr nous avons aussi d'autres actions de promotion et de défense du logiciel libre à mener, certaines prévues, d'autres apparaissant subitement en urgence.

Par ailleurs il est difficile de lancer une campagne durant les vacances d'été. Nous avons donc logiquement laissé passer l'été, mis en place notre nouveau site web, changé de logo, etc., puis lancé la campagne d'adhésion.

Ludovic : Alix, vous avez rejoint l'April je crois il y a un an après une précédente campagne d'adhésion. Quel bilan tirez-vous de cette première année et qu'attendez-vous pour les prochaines années ?

Alix : J'ai rejoint l'April d'abord comme adhérente en 2006, puis en 2007 j'ai pris le poste de chargée des affaires publiques. C'est une année où j'ai fait connaissance avec le fonctionnement de l'association, les membres du CA avec qui je suis en contact très fréquent, et puis surtout avec Fred et Éva avec qui je travaille au quotidien.

Durant cette année, j'ai pu mesurer réellement le rapport de force avec ceux qui s'opposent au logiciel libre, au partage des savoirs, et avec tous ceux qui menacent le logiciel libre de manière non intentionnelle, par ignorance. J'ai mesuré également la force qu'on peut avoir lorsqu'on se bat avec ses convictions par rapport à des gens qui agissent pour des intérêts privés.

Je suis contente de l'évolution que suit le dossier de la vente liée, qui trouve enfin un écho auprès de nos dirigeants grâce au travail du groupe Racketiciel, aux procédures de remboursement, et à la pression constante que nous maintenons sur la DGCCRF et ses ministres successifs de tutelle.

C'est aussi un dossier plus facile à comprendre, car il touche à la consommation. Malheureusement lorsqu'il s'agit de DRM, de peer-to-peer ou de brevets, ça devient plus complexe...

Du coup, il faut surtout maintenir les actions engagées et ne pas en démordre.

Ludovic : Quelles sont les données intéressantes issues des statistiques de fréquentation du site web de l'April ? Quelle est sa visibilité dans les moteurs de recherche depuis l'utilisation de Drupal ?

Benoît : En période de campagne d'adhésion, le trafic web est multiplié par 10. Il est sinon encore un peu tôt pour avoir des statistiques fiables de fréquentation sur le passage à Drupal. Mais il est assez évidemment que le nouveau site en Drupal est bien plus esthétique et plus pratique, en particulier pour les non-techniciens. La solution précédente datait tout de même des débuts de l'association, et pour solide qu'elle était, elle restait très rudimentaire et réservée à des geeks.

Le nouveau site permet par exemple aux adhérents de contribuer plus facilement. Et l'intégration avec le système de gestion des adhérents, les listes de diffusion, etc. est un plus indéniable. Bref le nouveau site est mieux pour les adhérents, mais aussi pour les visiteurs externes.

Ludovic : Faut-il être forcément actif pour devenir membre de l'April ?

Benoît : Si tous les actifs du logiciel libre (même uniquement les francophones) étaient membres de l'April, on serait plus de 5000. Et comme l'April ne leur est pas réservée, on sera donc encore bien plus :).

Frédéric : Pas forcément. Un certain nombre d'adhérents sont actifs dans des groupes de travail (traductions, maintenance du site...), sur des dossiers de fond (vente liée, brevets logiciels...), sur des stands pour toucher un large public... cela représentait l'an dernier environ 3 600 heures de bénévolat. Mais la grande majorité des membres de l'April ne sont pas actifs. Ils soutiennent l'association par leur cotisation, donnent un poids auprès de nos interlocuteurs par leur adhésion et suivent l'actualité de l'April par la lettre d'information bimensuelle.

Être membre de l'April ne demande pas forcément du temps, mais bon, si en plus vous avez du temps disponible, je suis certain que vous trouverez votre place dans l'association :)

Benoît : L'April est fière de la diversité de ses membres, individus (étudiants, chefs d'entreprise, juristes, enseignants, retraités, etc.), personnes morales (petites, moyennes ou grandes entreprises), associations type GULL ou liées à un projet logiciel, collectivités.

Tous ne sont pas des développeurs, tous ne sont pas forcément actifs au sein de l'asso, mais tous la soutiennent et lui permettent de mutualiser des moyens et des énergies pour la promotion et la défense du logiciel libre.

Alix : De mon côté, je sens aussi que chaque élu qui est contacté par un de ses électeurs pour lui parler du logiciel libre est plus facile à approcher.

Je le constate lors de mes entrevues avec les parlementaires notamment. Les élus sentent différemment l'importance que le logiciel libre peut revêtir lorsqu'ils sont interpellés par Monsieur ou Madame Tout-le-Monde, cela prend alors une autre dimension.

Il est donc facile aussi à chacun de contribuer aux actions institutionnelles de l'April en contactant ses élus (nationaux ou locaux).

Ludovic : Que sont les actions positives dont l'April pense avoir été un acteur majeur, ou tout du moins avoir aidé ? Et un peu d'autocritique : quels sont les points "noirs" de l'April, les points que l'association aimerait améliorer ?

Alix : J'en vois déjà une tout de suite, d'action positive : le recours au Conseil d'État contre le décret anti-contournement des DRM, qui contribue à sécuriser les auteurs et utilisateurs de logiciels libres.

Il y a également le rôle de l'April sur la vente liée, dossier qui évolue favorablement puisque le ministre Luc Chatel a demandé aux professionnels de changer leurs pratiques (on pourra en parler plus en détail éventuellement).

Mais aussi plus largement la prise de conscience dans le milieu institutionnel, que je constate dans mon travail au quotidien, notamment par rapport à avant la loi DADVSI. Je crois que la DADVSI a au moins permis de parler enfin du logiciel libre d'être mieux connu et mieux compris, et c'est grâce à l'action de l'April (j'en parle d'autant plus facilement que je n'étais pas permanente à l'époque).

Frédéric : Le fait le plus marquant est que nous ayons participé activement à la prise de conscience du public que la liberté informatique est un enjeu de société et que le libre dépasse les aspects techniques. Sinon, en vrac parmi les actions importantes : la sensibilisation des responsables politiques, la défenses des acteurs du logiciel libre (DADVSI, recours au Conseil d'État, auditions parlementaires...), participation à l'organisation de grands évènements, développement des aspects économiques du libre (participation au lancement du pôle de compétitivité sur le logiciel libre, livre blanc...), sensibilisation du grand public via notamment des participations à des émissions telles que "Le téléphone sonne", sensibilisation du monde associatif avec le projet Libre Association...

Le principal point à améliorer concerne sans doute la diversité notamment, toucher un public encore plus large. Et améliorer notre présence à Bruxelles pour travailler plus en amont sur les projets de directives

Benoît : Côté réussites, la première me semble être d'avoir eu une structure pionnière sur le logiciel libre qui est devenue une des plus grosses associations au monde sur le sujet. Ensuite il y a de nombreuses actions positives concernant des domaines variés : l'initiative Candidats.fr pour la sensibilisation du monde politique et des citoyens, le dossier du logiciel libre de classement au patrimoine mondial immatériel à l'Unesco, le recours devant le Conseil d'État, les campagnes sur les 4 dangers en général (brevets logiciels, DRM, vente liée, informatique de confiance), le questionnaire LibreAssociation, etc.

Côté point noir, un premier, interne, concerne le système d'information de l'association. Les cordonniers sont les plus mal chaussés c'est bien connu :). Heureusement cette année a vu une nette amélioration de ce côté (notamment avec le nouveau site et l'outil de gestion des adhérents), même s'il reste de larges pistes de progression.

Un autre concerne notre appétit sur les sujets, qui nous fait travailler simultanément sur un grand nombre de dossiers, parfois déraisonnablement pour notre santé. C'est un travers classique pour des passionnés militants. L'augmentation du nombre d'actifs bénévoles d'une part et du nombre de permanents d'autre part, le tout avec un meilleur système d'information, est une piste sur ce point.

L'un dans l'autre, on voit largement que les réussites surpassent les points noirs, et forcément les meilleurs souvenirs restent, les succès, les relations humaines particulièrement riches, les émotions fortes, etc.

Ludovic : Plus important que la manière dont l'association se définit, comment l'April est-elle perçue auprès des personnes qui sont sollicités ou qui sollicitent l'association ? Lobbying, Advocacy [1], Geek, Sérieuse, emmerdante, constructive, empêcheuse de tourner en rond, etc. ? cf. http://www.google.com/search?q=difference+advocacy+lobbying

Frédéric : Les journalistes, responsables politiques... nous disent que l'April fournit une information de qualité basée sur des donnés vérifiables. Les points forts de l'association sont: sa notoriété dans le milieu, sa capacité militante (force de frappe de communication et de mobilisation), le travail de fond sur les dossiers. Nos interlocuteurs disent que nous travaillons sérieusement, de façon professionnelle mais avec ce zeste de poil à gratter qui fait notre charme et peut-être notre force aussi.

Les personnes que nous côtoyons savent que nous militons pour nos idées et que nous ne sommes pas des "professionnels de la profession" comme disait l'autre, ce qui n'empêche pas que nous travaillons de façon professionnelle et rigoureuse

Alix et moi formons notamment un duo complémentaire de ce point de vue :)

Benoît : Lobbying, contre-lobbying, « advocacy », groupe de pression,
groupe d'information... Nous avons entendu tous ces termes nous concernant. Et le plus juste est bien évidemment « advocacy ». Oui nous travaillons à diffuser nos idées auprès de tous les publics, dont notamment les responsables politiques et les journalistes (mais pas seulement). Mais nous ne défendons pas notre propre intérêt commercial, nous agissons dans l'intérêt général, nous ne sommes pas des mercenaires capables de soutenir n'importe quelle thèse pour de l'argent, et surtout nous travaillons dans la transparence, nos positions sont connues, nos documents publiés.

Nous n'organisons pas des soirées au champagne pour convaincre, nous n'offrons pas de jolis cadeaux, nous n'avons pas honte d'apparaître dans les débats, nous suivons une stricte neutralité sur le plan de la politique mandataire, et nous n'avons pas à faire dans le people/la starisation non plus.

Du coup, je ne doute pas que certains nous trouvent emmerdants et empêcheurs de tourner en rond, mais heureusement beaucoup d'autres nous trouvent pertinents, poils à gratter, sérieux et utiles au fonctionnement démocratique.

Alix : L'April a su se forger une image d'association sérieuse, indépendante et rigoureuse sur la ligne qu'elle défend. Cela lui vaut le respect de nombreux professionnels et responsables politiques et administratifs. Il est fréquent que l'avis de l'April soit sollicité sur différents dossiers ou projets, elle est réellement devenu l'acteur de référence pour la promotion et la défense du logiciel libre.

Le fait que huit candidats à l'élection présidentielle parmi les douze candidats officiels (dont ceux qui ont reçu les plus importants suffrages) aient répondu au questionnaire Candidats.fr montre, s'il était besoin, que l'April est prise au sérieux. Notre indépendance vis-à-vis de toute formation politique nous permet de garder cette image d'indépendance, d'association militante qui ne se mêle pas de politique mandataire et n'est "de mèche" avec aucun courant.

C'est essentiel pour que notre discours soit entendu par tous, quelles que soient ses opinions politiques. Le logiciel libre n'est pas une affaire de partis, c'est un enjeu de société. Cela se comprend de mieux en mieux et le logiciel libre est vraiment devenu un sujet transpartisan.

Ludovic : Où en sommes-nous concernant les DRM, que va-t-il se passer sur Hadopi ?

Alix : Le dossier des DRM est resté ouvert depuis le vote de la loi DADVSI en 2006. En plus des divers problèmes posés par la protection juridique des DRM (protection par le secret, possibilité pour l'Autorité de régulation des mesures techniques d'interdire la publication d'un code source, insécurité juridique pour les auteurs de logiciels multimédia libres...) le Conseil Constitutionnel a aggravé la situation.

La censure de la loi a retiré l'exception de contournement des DRM à des fins d'interopérabilité, déséquilibrant profondément le texte, et alors que cette exception avait été gardée par les deux assemblées et en commission mixte paritaire. De plus les débats parlementaires ne laissaient pas de place au doute, même le ministre était favorable à cette exception.

Cette étrange décision du Conseil Constitutionnel n'est pas restée sans réponse, puisque l'April a profité du décret sur le contournement des DRM pour poser des questions de fond au Conseil d'État. Le Conseil d'État a affirmé que l'exception de décompilation primait sur la protection des DRM, et a ainsi sécurisé juridiquement les logiciels comme VLC avec DeCSS, et tous leurs utilisateurs.

Voir notre analyse.

Maintenant, il reste de nombreux points à régler. Car même si les DRM sont abandonnés petit à petit, et même s'ils n'étaient plus utilisés (ce qui n'est pas encore pour tout de suite), les principes qui restent dans la loi sont néfastes. D'autre part la loi est loin d'être compréhensible et est donc porteuse d'insécurité juridique.

Notons également que la protection des DRM est un tel échec pour les buts annoncés que le rapport d'application de la loi, prévu pour février dernier, n'est toujours pas en chantier.

La loi Hadopi est l'occasion de remettre le sujet à l'ordre du jour des députés et du gouvernement. Nous parlerons également de peer-to-peer (à cause des fameux articles Vivendi-Universal de la loi DADVSI) et des logiciels de "sécurisation de la connexion", qui sont typiquement le genre de mesures porteuses de discrimination et d'insécurité juridique pour les auteurs et utilisateurs de logiciels libres.

Une audition est déjà prévue, et un contact a été pris pour une autre qui est en train d'être fixée.

Je vous tiendrai au courant, par l'intermédiaire du site web et de la lettre interne, du déroulement de ces auditions.

Ludovic : Est-ce que l'April va retenter une action contre la vente liée depuis la réunion avec l'ensemble des acteurs ?

Alix : L'April ne relâche pas la pression sur ce dossier, elle continue
de le suivre de très près. Le ministre et le directeur de la DGCCRF ont fait des demandes claires, nous demandons maintenant qu'elles soient appliquées par les professionnels (constructeurs et distributeurs).

Il s'agit pour commencer d'afficher séparément le prix de l'ordinateur et le prix des logiciels pré-installés. L'échéance était prévue pour septembre ; pour l'instant les distributeurs prennent leur temps pour s'y conformer, et on voit une évolution trop lente à nos yeux.

La seconde mesure concerne l'optionnalité, le fait de découpler l'ordinateur et les logiciels. Cela était prévu pour la fin de l'année. Autant vous dire qu'on en est très loin ! Si certains distributeurs renseignent plus ou moins sur les procédures de remboursement des constructeurs, ils est globalement toujours aussi difficile de se faire rembourser, et quasiment impossible d'acheter sans payer le système d'exploitation et les logiciels.

Ces mesures d'affichage des prix et de découplage des offres sont soutenues par le plan France Numérique 2012 d'Éric Besson, ce qui renforce tout à la fois la position de Luc Chatel et de la DGCCRF, mais aussi et surtout nos revendications.

Par la suite - car ça ne s'arrête pas là - il faut obtenir également 1/ l'information des consommateurs sur les licences et 2/ une diversification des offres et la possibilité d'avoir des ordinateurs réellement livrés nus, non pré-installés. Cela devrait se faire beaucoup plus facilement avec la prise de conscience des consommateurs que les logiciels pré-installés ne sont pas gratuits.

Sur ce dossier, il faut noter que nous sommes depuis plusieurs années soutenus par des parlementaires de tous bords qui posent des questions aux ministres et interviennent lors des débats en hémicycle, comme c'était le cas en novembre 2007 sur la loi sur la consommation et au printemps dernier sur la loi de modernisation de l'économie.

C'est un dossier important pour que le logiciel libre puisse se faire sa place sur le marché grand public, et l'April ne s'endort pas sur ses lauriers.

(à suivre) la suite du compte-rendu sera publiée demain 12 décembre 2008

  • # Ça a l'air intéressant …

    Posté par . Évalué à 1.

    … je le bookmarke et je le lirais plus tard.
  • # connard amer

    Posté par (page perso) . Évalué à -3.

    J'aurais bien adhéré, mais les prises de positions des sympatisans de l'APRIR sur les dlfpiens me chiffonent.

    Donc c'est NON jusqu'à ce que des excuses officielles soient faites.
    • [^] # Re: connard amer

      Posté par . Évalué à -3.

      Euh, je crois avoir un train de retard par rapport à cela.

      Qu'est ce que les sympathisants de l'APRIL ont déclaré sur les dlfpiens qui puissent te chiffoner?
      • [^] # Re: connard amer

        Posté par (page perso) . Évalué à -1.

        Il paraît que le président de l'April (ce fourbe) a osé critiquer les visiteurs de LinuxFr.org. Voir http://linuxfr.org/~Jiel_/21143.html et http://oumph.free.fr/linuxfr/Bien_configurer_ses_visiteurs.h(...) . C'est vraiment honteux. Je serais les webmestres du site, j'arrêterais de respirer, je deviendrais tout rouge et je trépignerais. Après j'irais prendre un café et je ferais autre chose.

        Et à propos d'amer, un autre message pour les sombres héros de l'amer. http://oumph.free.fr/textes/always_lost_in_the_C.html
      • [^] # Re: connard amer

        Posté par (page perso) . Évalué à 0.

        C'est Tristan Nitot qui a déclaré ça sur son standblog...mais ils ne visaient tous les dlfpiens, seulement "certains" qui trollaient inutilement (m'enfin que serait DLFP sans ses trolls :p ).

        On peut tout de même regretter qu'il est senti le besoin d'utiliser un tel terme. Bon maintenant je vois pas le rapport entre Tristan Nitot adhérent à l'APRIL et le fait que quelqu'un ne veuille pas adhérer à l'APRIL parce qu'il n'aime pas les propos d'un de ces adhérents (ici le président de Mozilla France). Certe à l'époque Tristan avait fait un appel à inscription au près de l'APRIL qui a été relayé ici par une dépèche ou un journal, je ne me souviens plus.

        Voilà pour la petite histoire pas très intéressante au fond.
      • [^] # Re: connard amer

        Posté par . Évalué à 5.

        Une fois que tu aura visité le profil de la personne à qui tu répond, que tu aura lu son pseudo à haute voix, que tu aura remarqué que le quart de ses messages est noté négativement et comporte un troll une une phrase remplie de non sens (comme ici), que la personne en question s'est inscrite uniquement pour faire un journal destiné à faire de la pub pour son personnage sur jeu en flash "la brute" afin de monter dans le classement...

        Tu comprendras qu'il faut prendre un peu de recul par rapport à ses messages et pas forcément tenter de les comprendre.


        (En l'occurrence, il s'agit ici d'une tentative de troll impliquant l'April, linuxfr et Tristan Nitot pour faire un joli combo troll).
    • [^] # Re: connard amer

      Posté par (page perso) . Évalué à -1.

      jusqu'à ce que des excuses officielles soient faites
      Ta maman te laisse utiliser l'ordinateur tout seul ? A ton age ce n'est pas prudent tu sais.

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