En cas de duel Mélenchon / Le Pen s’abstenir ou voter blanc c'est choisir la peste.
À chacun ses lignes rouges. Pour moi, le danger principal c'est l'instauration d'un régime autoritaire qui bloquerait l'alternance démocratique, et je ne suis pas du tout sûr que la tentation autoritaire soit différente dans les deux camps.
Je trouve que l'expression "les deux extrêmes se valent" est caricaturale. Personne ne prétend que c'est la même chose, mais plutôt que les deux sont également "non-souhaitables". Changer le climat par +4°C ou -4°C n'est clairement pas pareil, mais je comprends l'idée de ne voter pour aucun des deux.
populisme contre-productif
C'est toi qui le dis. Si l'objectif est d'exister au 1er tour, si on en juge les sondages, ça a l'air de plutôt bien marcher. Évidemment, si l'objectif est de participer à la mise en place d'un gouvernement de gauche, non, mais je pense qu'il est maintenant évident que ça n'est pas la stratégie de LFI, qui semble planifier un coup de billard à 18 bandes: perdre ce coup là, puisque JL Mélanchon est systématiquement le "pire" candidat pour un duel contre le RN, mais s'affirmer en seule force d'opposition.
C'est bien toute la stratégie du «dog whistle»: un double discours que les électeurs comprennent mais que les sympathisants peuvent nier comme tu le fais.
Je te la fais courte : LFI drague de manière concupiscente l'électorat des «banlieues», jeune et historiquement absentioniste. Pour faire ça, ils adoptent une complaisance contre-nature avec les bigots musulmans, y compris salafistes, qui défendent pourtant des positions qu'on pourrait trouver tout à fait compatibles avec l'extrême droite traditionaliste. En parallèle, LFI lorgne également beaucoup sur les mouvements populistes comme les gilets jaunes, qui ont également de forts relents de nationalisme "naif" (les étrangers volent les emplois, les banques sont détenues par les juifs, etc). L'antisémitisme fait partie du «paquet» de compromissions qu'il faut bien accepter pour fédérer au-dela du maigrichon électorat de gauche radical qui a survécu au XXe siècle. Paradoxalement, c'est bien cet électorat qui milite pour LFI, mais ce ne sont pas eux qui peuvent leur faire gagner les élections.
Comme je l'ai écris au-dessus, je ne pense pas que les cadres de LFI soient particulièrement antisémites. C'est juste une stratégie électorale de mettre un coup de sifflet à chien de temps en temps pour bien faire comprendre que LFI est compatible avec par exemple les valeurs "Dieudonnistes" et ces espèces de courants mouvants qui sont issus de la gauche mais qui adoptent de nombreuses valeurs de l'extrême droite (gilets jaunes, agriculteurs…). De manière plus générale, il semble que la stratégie électorale de LFI assume un discours décorrélé du programme. Par exemple, en ce moment, les cadres LFI sont sur des barricades qui chantent «brûlez les profs, brûlez les lycées» etc, ce qui à ma connaissance ne correspond pas vraiment au programme du parti : nécessité fait loi, et LFI sait mieux que tout le monde qu'on ne gagne pas une élection avec un programme progressiste, il faut "fédérer" en apparaissant comme compatible avec une base électorale beaucoup plus large, et au passage, créer un maximum de désordre social (encourager les émeutes urbaines, ralentir le travail parlementaire, etc). Quand on veut juste gagner quel qu'en soit le prix, on peut s'abaisser à toutes sortes de compromissions.
Ils me semblent l'assumer autant qu'on puisse le faire dans un pays où l'expression de ces "opinions" est passible de poursuites judiciaires et d'inéligibilité…. C'est quand même quelque chose qui me semble très difficile à retirer de l'équation.
Si tu vas par là, je ne suis pas convaincu que LFI assume mieux leur discours antisémite : ça reste cryptique, et ça suffit pour que les électeurs comprennent sans risquer d'aller en prison. Mais la différence, c'est que je ne suis pas sûr du tout que les cadres de LFI soient réellement antisémites; ils ne le suggèrent que par intérêt électoraliste. Je n'arrive pas à me décider si je trouve ça pire ou pas.
Au passage, sur l'ultralibéralisme, tu es incohérent. Aucun parti d'extrême droite historique n'a jamais été libéral, ni les SS, ni les fascistes, etc. Les libéraux sont des progressistes, ils mettent les libertés individuelles et la libre circulation au-dessus du pouvoir des États, c'est virtuellement l'exact contraire du nationalisme. Les marqueurs de l'ultralibéralisme sont la disparition des services publics, la libre circulation des biens et des personnes, la dérégulation de l'économie, et l'effacement de l'État dans le contrôle de l'économie; je ne connais pas le programme du RN mais j'imagine que tu vas avoir du mal à y trouver de telles idées… Si tu veux dire que le RN est totalement compatible avec le capitalisme de droite traditonnelle, alors oui, c'est vrai. Mais c'est vrai pour le régime de Poutine aussi, par exemple, et personne n'aurait l'idée saugrenue de traiter Poutine d'ultralibéral :-D
Il faut avouer qu'il y a de quoi être décontenancés; techniquement on ne peut pas voter contre un candidat, il faut voter pour un d'entre eux. Et quand tu ne vois pas pour qui tu pourrais bien voter…
Tu retires quand même quelque chose au RN : ils sont probablement plus sincères que les autres. Ils ont un programme raciste et sont réellement racistes, ils ont un programme nationaliste et sont réellement nationalistes. C'est terrible à dire, mais l'extrême droite a des "valeurs", et ils assument ces valeurs, c'est bien les seuls.
Je pense être plus ou moins de gauche et je n'ai aucun problème à assumer les mettre au même niveau : il s'agit d'un parti radical qui adopte une stratégie populiste en déféquant sur de nombreuses valeurs traditionnelles de la gauche républicaine (l'anticléricalisme, l'universalisme, la défense du rôle central de la fonction publique, le progressisme…). C'est pas très compatible avec le soutien aux régimes autoritaires, les alliances contre-nature avec les bigots salafistes, ou le tir de mortier sur les établissements scolaires…
J'ai l'impression que ce que tu cherches, c'est de mesurer la difficulté d'un puzzle, et éventuellement de pouvoir générer des puzzles d'une difficulté donnée. Ça n'est pas évident, mais je ne pense pas que ta piste est très généralisable : ton algorithme va produire une sous-catégorie de solutions très restreinte, qui ne va jamais représenter toute la complexité des situations.
Pour calculer la difficulté, on doit pouvoir se baser sur le nombre et la profondeur des branches qui ne mènent pas à la solution, mais ça reste potentiellement loin du ressenti subjectif des joueurs.
Si j'en crois les applications commerciales existantes, il semble plus facile de gérer la difficulté des puzzles en ajoutant des chiffres pour faciliter la situation de départ, soit dans la grille, soit sur les bords. L'avantage de jouer avec les chiffres sur les bords c'est qu'il est très difficile de se rendre compte que l'on est aidé.
Et pour créer les puzzles, ce que je ferais, c'est simplement de générer une grille complète, et de retirer les chiffres des bords au hasard jusqu'à ne plus avoir de solutions uniques. Ça me semble être en O(n).
J’ai placé trois immeubles de hauteur 5. Ensuite, plus rien.
Je pense que c'est parce qu'il faut utiliser d'autres techniques pour progresser, mais c'est complètement faisable. Par exemple, colonne 2, tu ne peux avoir que 1/2, 2/3, 3/4 sur les trois premières. La 3e colonne ne peut donc commencer que par 3 ou 4, et la première colonne par 2 ou 3. La 2e ligne ne peut commencer que par 4 (ce qui te fait donc un chiffre de plus), en haut à droite c'est forcément un 4 aussi, donc la première ligne c'est forcément 2, 1, 3 (5, 4 déja placés). En bas à droite, c'est forcément un 3, et au dessus c'est 1/2, etc.
La déduction doit donc pouvoir t'amener jusqu'au bout, c'est juste plus difficile parce qu'il y a des incertitudes. Autrement c'est trop facile!
D'après Wikipédia: "Une grave vulnérabilité de la méthode PIN a été démontrée le 26 décembre 2011 (…). Aujourd'hui, il est fortement déconseillé de recourir à ce protocole.".
Posté par arnaudus .
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Dernière modification le 28 septembre 2026 à 16:59.
Taper un mot de passe wifi ésotérique de 25 lettres + caractères spéciaux avec ses gros doigts sur un clavier virtuel minuscule pas prévu pour ça, j'ai du mal à appeler ça une "solution", surtout qu'un écran n'est pas nécessaire au fonctionnement d'une imprimante. J'ai juste l'impression qu'il n'y a pas de solution, tout est pourri :
ajouter un dispositif (écran + clavier) juste pour cette étape -> gros gachis
config par un PC branché en filaire: geekesque, quid si pas de PC (de plus en plus fréquent dans les foyers), logiciel souvent propriétaire et/ou mac/Windows
config par ethernet: quid si pas d'ethernet (box colective ou planquée à la cave?)
config par smartphone: nécessite le bluetooth + appli propriétaire
Il semble manquer une technologie d'autorisation (peut-être temporaire) de connexion par la box, sur le modèle du bluetooth. On enclenche un mode d'activation sur l'imprimante, on se connecte à sa box à partir de son PC, la box dit "une demande de connexion temporaire en cours, approuver oui/non", on clique "oui", la box ouvre une connexion restreinte vers le matériel (juste le port 80 par ex et juste local), on se connecte à l'imprimante à partir du PC, on entre le mdp wifi, on valide, et zou. Quand la doc commence par "brancher un cable USB (non fourni ) à un PC (non fourni) sous MS Windows (non fourni)", tu sens que ça va être une grosse soirée…
Posté par arnaudus .
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Dernière modification le 28 septembre 2026 à 14:27.
L'installation des imprimantes wifi pose un problème d'oeuf et de poule : il faut connecter un ordinateur à l'imprimante par un autre moyen que le wifi pour accéder au menu permettant à l'imprimante de se connecter au Wifi.
Sur les modèles que j'ai configurés, cette étape se déroulait à l'aide d'un cable USB, qu'on branche entre l'imprimante et l'ordinateur. On peut alors depuis l'ordinateur accéder à un menu (en tapant une adresse dans le navigateur, ou en utilisant un logiciel fourni sur un CD quand ça existait encore) où on choisit le réseau wifi sur l'imprimante + mot de passe, l'imprimante peut alors se connecter au wifi, et on peut débrancher le cable USB.
Pour être honnête, je me suis toujours demandé comment une personne "normale" pouvait faire pour s'en sortir avec une telle procédure. De manière générale, tout appareil connecté passant par le wifi doit être muni d'une technologie à usage quasiment unique destinée à entrer le mot de passe du wifi : clavier, connexion bluetooth, connexion par cable USB, etc., ce qui occasionne un surcoût (composants électroniques à usage unique) et une procédure souvent complexe, non-intuitive, et intrusive (installation de logiciels ou d'applications propriétaires sur des équipements personnels). Il y a quelque chose qui est fondamentalement pas au point avec ces appareils.
En fait, le meilleur coup de l'ordinateur n'est pas forcément le meilleur coup pour un humain, parce que l'humain est faillible et qu'on ne peut exclure la possibilité de faire une erreur, surtout si la position est complexe et que la ligne qui permet le gain est longue et unique. Ça ne sert à rien de connaitre la meilleure ligne si on ne connait pas la réfutation des lignes secondaires.
Ceci dit, savoir qu'une ligne est bonne change quand même largement la donne : il suffit de "chercher" la solution. C'est très différent que de devoir évaluer si la ligne est mauvaise ou non, surtout si elle a l'air mauvaise.
Bizarrement, on aurait pu penser que l'utilisation massive des ordinateurs allait tuer les échecs, alors que c'est plutôt le contraire : on voit beaucoup de préparation sur des ouvertures nouvelles, dont le but n'est pas forcément de jouer la meilleure suite de coups, mais plutôt une suite pas trop mauvaise mais surtout inattendue. Ça n'aurait aucune chance de marcher contre un ordinateur, mais contre un humain, l'avantage est immédiat, puisque quand on jour une nouvelle ligne on joue contre un humain, et pas contre un ordi.
Ça me semble relever du même type d'argument fallacieux que le pari de Pascal : tu as deux options, une option t'offre une perte finie, une option t'offre un gain infini, et la "logique" de Pascal te dit de parier sur l'option du gain parce que l'espérance est infinie. C'est une situation où le raisonnement Bayesien (interprétation d'une incertitude comme une probabilité) n'est pas valable, et je pense que ça a été bien bien commenté par les philosophes. L'argument du pari ne fonctionne pas, parce que vivre dans un univers où le voyage dans le temps est possible est un évènement qui a peut-être une probabilité nulle, auquel cas il faut investir l'argent dans la lutte contre la faim ou le réchauffement climatique, et pas dans un projet foireux.
C'est surprenant que ce type d'argument puisse encore avoir un certain succès. C'est comme l'argument ontologique, c'est le genre de jeu de l'esprit où il est évident que l'argument ne peut pas être vrai, mais que la source du problème dans l'énoncé n'est pas évidente. C'est étonnant que certain puisse considérer le "jeu" de manière sérieuse.
L'état de l'art change vite, mais la clé de tout c'est bien l'évaluation des positions sans minimax qui donne un avantage à Stockfish. Le réseau de neurones permet à Stockfish d'évaluer les branches de l'arbre et de ne parcourir que celles qui sont prometteuses, donc justement de ne pas faire du minimax dans les branches pour les évaluer.
Du point de vue algorithmique, c'est vrai que ça ressemble à un algo classique (qui évaluerait les position en comptant les pièces par exemple), mais quand tu comprends ce qu'il fait, tu te rends compte que le réseau permet de remplacer l'exploration des branches, donc justement de ne pas faire de minimax.
Étrangement, il semble que le plus gros défi pour les programmes d'échecs n'est pas de battre les humains (ça c'est piece of cake), mais de proposer des adversaires intéressants. Même avec un réglage du niveau, les ordinateurs ne proposent pas du tout le même type d'opposition qu'un humain, et je pense que c'est à tous les niveaux. J'imagine qu'entrainer un modèle sur des bases de parties humaines pourrait permettre d'améliorer ça.
Je ne suis pas certain que les variations de la Bourse soient réellement aussi aléatoires, du moins à court terme.
Les variations de la bourse ne sont pas aléatoires, mais si ton hash est équiprobable, ça n'est pas important. Un caractère de différence dans l'entrée va te donner des hashs aussi différents que deux entrées aléatoires.
Ce genre d'algorithme ne doit par contre jamais être utilisé pour des applications sérieuses, puisque les données d'entrée sont en théorie manipulables.
Au delà d'un risque de pénurie, il y a un risque d'une envolée du coût
Comme je l'ai écrit, il n'y a pas de risque de pénurie : 80% de l'uranium enrichi que l'on produit est exporté.
Et comme dit plus bas, le coût de l'uranium est quasiment négligeable dans le coût de l'électrcité nucléaire. L'approvisionnement n'est pas un problème stratégique majeur, l'argument est "inventé". Une augmentation du prix ou une raréfaction de la ressource justifierait l'ouverture de mines en France, ce qui couvrirait nos besoins pour des décennies.
Ah OK… Débat clos.
Ma remarque était sérieuse : "renouvelable" n'est pas un mot magique. Le fer n'est pas renouvelable, pourtant, il n'y a aucune raison de penser que l'approvisionnement en fer puisse poser un problème. Pourquoi est-ce que tu as l'air de penser qu'il est évident que le fait de ne pas être renouvelable est un problème essentiel?
Donc : l'uranium n'est pas renouvelable, mais l'approvisionnement en uranium n'est pas un problème. Il y en a assez, un peu partout, les stocks stratégiques sont gros, il n'en faut pas beaucoup, et il est substituable à long terme. Présenter l'approvisionnement en uranium comme un problème stratégique critique est un argument issu à l'origine de la communication de Greenpeace, il n'y en a aucune mention dans aucun rapport officiel. Les états et les industriels n'ont apparemment jamais identifié un risque sérieux sur l'approvisionnement en uranium, et je pense que c'est exactement ce qu'on appelle une "fake news".
À ma connaissance, on ne comprends pas bien les pressions de sélection sur l'intelligence. Il semble très peu probable que l'intelligence en tant que telle soit inconditionnellement favorable, puisque peu d'espèces ont évolué dans cette direction. Disons que le coût énergétique et métabolique d'avoir un cerveau un peu plus gros est probablement, dans la plupart des contextes, plus important que le bénéfice qu'un individu peut en tirer.
Pourquoi les primates, et l'Homme en particulier, semblent avoir été dans une situation où le développement des facultés cognitives a été avantageux? L'avantage doit être énorme, pour supplanter la mortalité liée aux accouchements de bébés qui coincent leur grosse tête. Le plus probable est donc que l'intelligence soit liée à la compétition entre humains—résoudre des problèmes sociaux dans un environnement où les autres humains sont aussi intelligents-- plutôt qu'à résoudre des problèmes de survie dans la nature. Notre gros cerveau sert à être meilleur que les autres humains, à accéder à plus de ressources à leur détriment dans un contexte social complexe.
Je pense qu'on a aussi largement tendance à sous-estimer la technicité d'écrire un prompt efficace pour générer des documents. Mais c'est évident que si tu lui donnes une trame (un brouillon ou un plan), tu vas avoir un résultat qui est beaucoup plus en ligne avec tes attentes.
Tu as aussi LLM et LLM. Il y a fort à parier que tu n'auras pas grand chose de convainquant avec la version de base d'un petit modèle, mais si tu as accès à des abonnements pro et des systèmes optimisés pour la rédaction, avec un prompt maison bien chiadé (j'imagine que c'est typiquement ce que font les cabinets de conseil et tous les trucs qui rédigent des rapports à la pelle), tu dois pouvoir obtenir des choses assez convainquantes.
Et si tu préfères ta prose à celle d'un LLM, tant mieux, c'est quand même assez rassurant. Un expert humain amène quand même quelque chose, un peu de subjectivité ou d'expérience, qu'aucun robot n'aura jamais.
Par contre, je ne suis pas convaincu par l'idée du corpus d'entrainement. Les LLM de pointe de 2026 n'ont plus grand chose à voir avec ceux de 2023, et leurs capacités d'extrapolation sont quand même assez remarquables dans pas mal de circonstances. Par contre ils peuvent se planter à des endroits où on ne les attend pas (par exemple, la géométrie, comme illustré dans ce forum). À un moment il se disait par exemple qu'ils n'avaient pas de modèle du monde physique et qu'ils échouaient systématiquement à des trucs élémentaires basés sur des situations faisant intervenir la gravité, les frottements, etc., mais c'est résolu depuis longtemps. Une question comme "pourquoi une banane ne peut pas tenir en équilibre alors que deux bananes le peuvent" donne une réponse quasi-parfaite même avec des petits modèles. Étonnamment, il est donc possible de construire une compréhension apparente du monde physique sur la base de simple mots.
Ce qu'on oublie souvent de reconnaître, c'est que nous les humains mimons beaucoup aussi
Ça me rappelle un documentaire que j'avais vu il y a longtemps, où un chimpanzé allumait un barbecue avec un briquet. Un ethnologique pédant commentait alors la scène, en relativisant l'intelligence de l'animal : il ne fallait pas oublier que même si le chimpanzé avait appris à utiliser un briquet par mimétisme, il avait fallu qu'un humain le lui donne, ce qui prouvait en quelque sorte que son intelligence était inférieure. Je suis tombé immédiatement d'admiration pour cet ethnologue surprenant qui, apparemment, avait inventé lui-même le feu et le briquet, et se fabriquait probablement ses propres briquets à partir d'éléments naturels.
À trop vouloir se distinguer des animaux et des LLM, on finit facilement par raconter n'importe quoi sur l'intelligence humaine.
Je crois que j'ai eu tort de mettre ensemble le problème de l'intelligence et de la conscience, qui restent deux problèmes fondamentalement séparés. Ce n'est que mon avis, mais je n'ai pas d'opinion franche sur la conscience, et donc c'est plus difficile de débattre. Pour l'intelligence par contre, je suis frustré par la mauvaise foi de certains, qui me semblent nier l'évidence parce que la réalité ne colle pas avec leurs préconceptions.
Pas certain que la dichotomie que vous proposez couvre l'ensemble du spectre des définitions de l'intelligence.
C'est probablement vrai, mais il y a probablement une définition par personne…
Mais une telle définition est-elle sérieusement envisagée par quiconque ?
C'est clairement le cas pour la conscience. De nombreuses personnes, y compris des philosophes, lient la conscience avec le "ressenti" des sens, les "qualia". Une telle définition de la conscience semble organique par définition, et ne peut se concevoir en dehors d'un organisme biologique.
L'exemple typique, c'est le sentiment de peur. Si on admet pour l'exercice de pensée que la peur est nécessaire à la définition d'une conscience (la peur de disparaitre, d'être débranché, la peur de faire une erreur aux conséquences fâcheuses, etc), alors tout va dépendre de la définition de peur. Si c'est une définition fonctionnelle, alors un ordinateur peut avoir peur. Si c'est une définition organique (par exemple, associée à des phénomènes hormonaux), alors par définition un ordinateur ne peut pas "ressentir" la peur.
J'ai aussi l'impression qu'il y a énormément de restes de dualisme dans ces discussions. Si un être pensant est la conjonction d'un corps et d'un esprit, alors le corps est matériel, comme peut l'être un GPU ou un serveur, mais l'esprit est immatériel, animé d'une sorte de magie ou de "souffle de vie", qu'un ordinateur ne saurait posséder. Là encore, la réponse est dans la définition.
Parmi les prémisses fondamentales à toute discussion, il y a l'adoption d'une posture fonctionnaliste : il faut que les propriétés émergentes dont on parle (la conscience, l'intelligence…) ne soient pas dépendantes de la nature de leur support ou des technologies sous-jacentes. Or, j'ai l'impression justement que toute discussion avec les tenants des LLM idiots part du supposé contraire : un ordinateur ne peut pas "ressentir", il ne peut pas "réfléchir", c'est "juste une machine". Dès le départ, la discussion est impossible.
En tout cas, l'argument empirique le plus puissant à mon avis est le suivant : jamais dans l'histoire des sciences un point de vue vrai n'a pu survivre que par des redéfinitions constantes de ses définitions et des exceptions qui lui sont associées. En gros, quand c'est vrai, c'était vrai dès le début, et ça n'est jamais devenu vrai "d'une certaine façon" : quand on commence à dire "d'une certaine façon", alors c'est que ça devient faux, pas vrai. Or, la supériorité de l'intelligence humaine sur celle les machines ne peut rester vraie que si on change encore et encore la définition. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le summum de l'intelligence humaine était le jeu d'échecs, les grandes puissances rivalisaient pour y gagner de la même manière que la course à la lune était un objectif de dominance technologique. Et paf, dès que les ordinateurs ont réussi à battre les humains, d'un coup, le jeu d'échecs est devenu "évidemment" un exercice de calcul, l'intelligence était "bien au delà de ça". Les nouvelles frontières sont devenues la maitrise du langage : le test de Turing, la traduction automatique, la sémantique, etc; là encore, c'était évident qu'aucun ordinateur non-intelligent ne pourrait maitriser le langage humain. Et pouf les LLM de 2023 ont tout défoncé, alors on rechange complètement de définition : ah ah, c'est évident que les LLM ne font que simuler l'intelligence et la maitrise du langage alors que derrière il n'y a rien; non, le vrai critère d'intelligence c'est la pensée symbolique : les mathématiques; les LLM sont ridicules et ne peuvent faire une addition. Et crac 2026, les LLM médaille d'or aux plus difficiles concours de maths, des dizaines de problème d'Erdös résolus à partir de leur énoncé en langage naturel, les modèles utilisés par tous les mathématiciens pour les assister dans leurs recherche, et très récemment les progrès substantiels (et controversés) réalisés sur un des problèmes du siècle. Paf, re-changement drastique : ah ah, évidemment, avec du calcul, c'est trivial de résoudre des trucs comme ça… À ma connaissance, il n'y a pas (plus?) de nouvelle frontière très claire, mais ça va encore apparaitre, et ça va encore être défoncé, mais les défenseurs de la thèse du "perroquet stochastique" vont continuer à nier l'évidence. Moi ça me fatigue, il me semble que les LLM grand public ont absolument toutes les propriétés que le XXe siècle avait attribué à ce qu'on concevait comme une "intelligence artificielle", et il ne fait absolument aucun doute que ces trucs sont "intelligents". À leur manière, avec leurs défauts, avec les problèmes majeurs que leur généralisation fait peser sur nos sociétés et sur l'environnement, mais est-ce qu'il est même envisageable de prétendre que ces trucs ne sont pas des "IA"? L'objectif est-il d'attendre jusqu'à la dernière petite tâche anecdotique réservée aux humains avant d'admettre que le concept d'"intelligence" peut s'y appliquer? Ou alors encore une pirouette, "l'intelligence c'est sauter dans les feuilles mortes en automne et ressentir la nostalgie de l'hiver qui approche", ou une autre invention de mauvaise foi typiquement humaine sortie d'un orifice organique dont les machines sont dépourvues?
Pour la question de l'intelligence, il n'y a pas de raisonnement à développer, tout est dans la définition. Si on admet l'existence potentielle d'une intelligence "artificielle", alors les LLM (l'ensemble modèle + prompt + base de données + tout ce qui vient avec) est "intelligent", il mime à merveille l'intelligence humaine et la dépasse dans plein de circonstances. Si par contre on ne réserve les termes "intelligence" et "conscience" qu'aux cerveaux constitutés de neurones biologiques qui ont accès au monde extérieur par des sens, alors par définion un modèle informatique ne peut pas posséder cette "intelligence". Je trouve que la deuxième position n'a aucun sens, puisque ça revient à définir l'intelligence d'une manière à ce qu'aucune machine ne puisse y accéder, la réponse est donc dans la définition. La nuance "artificielle" est fondamentale : les LLM sont des intelligences "artificielles", avec les limites que ça comporte.
En fait, ils compensent l'absence de représentation mentale des sens par un corpus de connaissances. Ça n'est pas différent de la représentation qu'un aveugle peut se faire des concepts de "vert" et "rouge", ou de la représentation qu'on peut tous se faire d'un électron ou de la relativité générale. Je n'ai jamais "vu" ou ressenti la relativité générale, et pourtant je peux dire des choses dessus, comme un LLM. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un LLM ne puisse pas ressentir le goût d'une pomme change quoi que ce soit sur sa capacité à pondre du code ou traduire un livre.
Est-ce que tout ce que dirait un aveugle de naissance sur la lumière et les couleurs serait stupide par essence, parce qu'il ne peut pas ressentir les sensations qui viennent de ses organes visuels? Ça me semblerait bien douteux. Ces arguments me semblent ad hoc, seulement motivés par l'idée obsessionnelle de nier par essence la possibilité que les modèles informatiques soient intelligents ou conscients. Ce n'est pas une négation par le raisonnement, c'est une négation par définition : seul un cerveau biologique peut être conscient, seule la perception à partir d'organes sensitifs biologiques peut générer de l'intelligence, etc. Pour la conscience, c'est discutable, pour l'intelligence, à mon avis, la réponse est assez claire : ces systèmes sont capables de simuler l'intelligence de manière indiscernable à ce que ferait une intelligence artificielle "vraie" quelle que soit la définition de l'intelligence artificielle "vraie" que vous choisissez; ils sont donc empiriquement (fonctionnellement) intelligents. Vous pouvez toujours penser qu'ils ne sont pas "mystiquement" intelligents (parce qu'il leur manquerait un truc un peu ésotérique, une étincelle de vie, un esprit magique, un truc comme ça), mais c'est juste un ingrédient irrationnel que vous ajoutez pour leur retirer quelque chose, et rien ne permet de penser que ce truc magique a une quelconque réalité.
L'approvisionnement, c'est le point des anti-nucléaires qui, à mon avis, ne doit absolument pas être balayé sous le tapis avec les autres.
C'est un argument "inventé" par Greenpeace, mais il est fallacieux. À l'heure actuelle, la France enrichit beaucoup d'uranium pour d'autres pays; si j'ai bien suivi c'est environ 70% de l'uranium importé qui est ré-exporté. Autrement dit, même si les 4 plus gros pays qui exportent le minerais d'uranium vers la France s'arrêtant brusquement (Khazakstan, Ouzbekistan, Namibie, et Niger), il resterait quand même assez d'autres sources pour faire tourner nos propres centrales. La dépendance est donc très relative. D'autre part, les quantités importées sont extrêmement faibles (de l'ordre que quelques dizaines de milliers de tonnes); un gros vraquier peut contenir jusqu'à 400,000 tonnes. En gros, tu importes un vraquier d'Uranium à partir d'Australie, et tu as 50 ans d'autonomie. Ça n'a rien à voir avec une chaine d'approvisionnement à repenser, combiné aux 5-8 ans de stock stratégique (qui permettraient de rouvrir nos mines), tu as des arguments pour dire que ce problème existe en pratique?
C'est des trucs qui coûtent une blinde mais qui nous donne un avantage stratégique de maboule.
Non, au contraire, l'électricité nucléaire est très économique. Tu parles comme si on payait très cher pour maintenir une activité nucléaire civile, mais ça n'est pas le cas.
Le nucléaire c'est top mais ça N'est PAS une énergie renouvelable.
Qu'est-ce que ça peut bien faire? Si tu as 10,000 ans de consommation devant toi, ça ne fait aucune différence. Je ne vois pas ce qu'il y a à garder dans cet argument, il n'y a aucune raison de privilégier les renouvelables pour la seule raison que c'est renouvelable.
On ne peut pas changer l'avis d'un militant qui n'a pas été basé sur des chiffres mais sur un discours idéologique, mais on peut lui fournir les contre-arguments factuels, notamment cette histoire de nombre de morts qui est très, très largement exagéré pour le nucléaire.
La "peur" du nucléaire a été construite dans l'après-guerre, du fait de l'assimilation avec la bombe atomique. La radioactivité est évidemment dangereuse et personne n'a prétendu que ça pourrait être une bonne idée de déréguler le secteur, mais disons que les dangers de la radio-activité sont très largement surestimés par rapport à d'autres dangers chimiques ou technologiques, ce que démontre d'ailleurs le tableau de chiffres que j'ai mis au-dessus. Dans n'importe quel laboratoire, la règlementation sur l'utilisation de produits radioactifs est très stricte, alors qu'à côté on manipule des cochonneries chimiques bien plus mortelles. Les taux de radioactivité autorisés dans l'environnement des centrales sont souvent tellement bas qu'ils se superposent à la radioactivité naturelle, etc. En fait, le contrôle de la radioactivité industrielle est un exemple de ce qu'il faudrait faire pour toutes les pollutions industrielles, mais dans l'imaginaire collectif, il est difficile de dissocier les précautions et le risque réel (combinaisons intégrales = "ohlala ça a l'air d'être super dangereux", alors que le danger est justement tout ce qui devrait être manipulé en combi et qui ne l'est pas).
Tes "convictions" sont fondées sur un mythe alimenté par une iconographie qui traine depuis 50 ans (ces images de paysages contaminés par de la radiocactivité, comme dans les Simpsons et de nombreuses oeuvres de SF), ainsi que sur l'assimilation nucléaire civil et militaire. Tes chiffres ne sont pas bons, ta représentation de la réalité est biaisée.
Le problème avec le passage cité c'est juste que JM Jancovici affirme avec des arguments quelque chose que certains (dont notre interlocuteur) ne souhaitent pas admettre. Il faut donc qu'il ait tort.
Il ne faut pas sous-estimer à quel point l'anti-nucléaire est au coeur de l'idéologie des partis verts européens. C'est concevable pour un tel parti d'être climatosceptique ou greenwashing compatible, mais pas de revenir sur la question du nucléaire, sur laquelle ils se sont fondés : l'amalgame entre le nucléaire civil et militaire (les partis verts sont anti-militaristes), les attaques de convois de déchets radioactifs en transit pour recyclage, etc. C'est un peu comme si tu demandais au PC de renoncer à la lutte des classes. Il est donc nécessaire pour la survie idéologique de ces partis que la disparition du nucléaire fasse partie du programme, c'est plus qu'un symbole. C'est dans le premier paragraphe des 208 pages de programme des "Écologistes": "Le nucléaire n’est pas une option viable ni une alternative crédible". Pour utiliser un terme marketting moderne, c'est "dans leur ADN".
Tout discours pro-environnemental qui ne fustige pas le nucléaire vient affaiblir ces partis, ils sont donc des cibles pour eux, non seulement sur le fond, mais aussi sur la forme ("regardons les chiffres" vs "lutte pour des symboles" (nucléaire, bassines, etc)).
[^] # Re: Alors pour qui voter?
Posté par arnaudus . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 2 (+0/-1).
À chacun ses lignes rouges. Pour moi, le danger principal c'est l'instauration d'un régime autoritaire qui bloquerait l'alternance démocratique, et je ne suis pas du tout sûr que la tentation autoritaire soit différente dans les deux camps.
Je trouve que l'expression "les deux extrêmes se valent" est caricaturale. Personne ne prétend que c'est la même chose, mais plutôt que les deux sont également "non-souhaitables". Changer le climat par +4°C ou -4°C n'est clairement pas pareil, mais je comprends l'idée de ne voter pour aucun des deux.
C'est toi qui le dis. Si l'objectif est d'exister au 1er tour, si on en juge les sondages, ça a l'air de plutôt bien marcher. Évidemment, si l'objectif est de participer à la mise en place d'un gouvernement de gauche, non, mais je pense qu'il est maintenant évident que ça n'est pas la stratégie de LFI, qui semble planifier un coup de billard à 18 bandes: perdre ce coup là, puisque JL Mélanchon est systématiquement le "pire" candidat pour un duel contre le RN, mais s'affirmer en seule force d'opposition.
[^] # Re: ça craint !
Posté par arnaudus . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 5 (+5/-3). Dernière modification le 01 octobre 2026 à 09:57.
C'est bien toute la stratégie du «dog whistle»: un double discours que les électeurs comprennent mais que les sympathisants peuvent nier comme tu le fais.
Je te la fais courte : LFI drague de manière concupiscente l'électorat des «banlieues», jeune et historiquement absentioniste. Pour faire ça, ils adoptent une complaisance contre-nature avec les bigots musulmans, y compris salafistes, qui défendent pourtant des positions qu'on pourrait trouver tout à fait compatibles avec l'extrême droite traditionaliste. En parallèle, LFI lorgne également beaucoup sur les mouvements populistes comme les gilets jaunes, qui ont également de forts relents de nationalisme "naif" (les étrangers volent les emplois, les banques sont détenues par les juifs, etc). L'antisémitisme fait partie du «paquet» de compromissions qu'il faut bien accepter pour fédérer au-dela du maigrichon électorat de gauche radical qui a survécu au XXe siècle. Paradoxalement, c'est bien cet électorat qui milite pour LFI, mais ce ne sont pas eux qui peuvent leur faire gagner les élections.
Comme je l'ai écris au-dessus, je ne pense pas que les cadres de LFI soient particulièrement antisémites. C'est juste une stratégie électorale de mettre un coup de sifflet à chien de temps en temps pour bien faire comprendre que LFI est compatible avec par exemple les valeurs "Dieudonnistes" et ces espèces de courants mouvants qui sont issus de la gauche mais qui adoptent de nombreuses valeurs de l'extrême droite (gilets jaunes, agriculteurs…). De manière plus générale, il semble que la stratégie électorale de LFI assume un discours décorrélé du programme. Par exemple, en ce moment, les cadres LFI sont sur des barricades qui chantent «brûlez les profs, brûlez les lycées» etc, ce qui à ma connaissance ne correspond pas vraiment au programme du parti : nécessité fait loi, et LFI sait mieux que tout le monde qu'on ne gagne pas une élection avec un programme progressiste, il faut "fédérer" en apparaissant comme compatible avec une base électorale beaucoup plus large, et au passage, créer un maximum de désordre social (encourager les émeutes urbaines, ralentir le travail parlementaire, etc). Quand on veut juste gagner quel qu'en soit le prix, on peut s'abaisser à toutes sortes de compromissions.
[^] # Re: ça craint !
Posté par arnaudus . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à -1 (+2/-6).
Ils me semblent l'assumer autant qu'on puisse le faire dans un pays où l'expression de ces "opinions" est passible de poursuites judiciaires et d'inéligibilité…. C'est quand même quelque chose qui me semble très difficile à retirer de l'équation.
Si tu vas par là, je ne suis pas convaincu que LFI assume mieux leur discours antisémite : ça reste cryptique, et ça suffit pour que les électeurs comprennent sans risquer d'aller en prison. Mais la différence, c'est que je ne suis pas sûr du tout que les cadres de LFI soient réellement antisémites; ils ne le suggèrent que par intérêt électoraliste. Je n'arrive pas à me décider si je trouve ça pire ou pas.
[^] # Re: ça craint !
Posté par arnaudus . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 3 (+2/-2).
Au passage, sur l'ultralibéralisme, tu es incohérent. Aucun parti d'extrême droite historique n'a jamais été libéral, ni les SS, ni les fascistes, etc. Les libéraux sont des progressistes, ils mettent les libertés individuelles et la libre circulation au-dessus du pouvoir des États, c'est virtuellement l'exact contraire du nationalisme. Les marqueurs de l'ultralibéralisme sont la disparition des services publics, la libre circulation des biens et des personnes, la dérégulation de l'économie, et l'effacement de l'État dans le contrôle de l'économie; je ne connais pas le programme du RN mais j'imagine que tu vas avoir du mal à y trouver de telles idées… Si tu veux dire que le RN est totalement compatible avec le capitalisme de droite traditonnelle, alors oui, c'est vrai. Mais c'est vrai pour le régime de Poutine aussi, par exemple, et personne n'aurait l'idée saugrenue de traiter Poutine d'ultralibéral :-D
[^] # Re: ça craint !
Posté par arnaudus . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à -6 (+1/-10).
Il faut avouer qu'il y a de quoi être décontenancés; techniquement on ne peut pas voter contre un candidat, il faut voter pour un d'entre eux. Et quand tu ne vois pas pour qui tu pourrais bien voter…
Tu retires quand même quelque chose au RN : ils sont probablement plus sincères que les autres. Ils ont un programme raciste et sont réellement racistes, ils ont un programme nationaliste et sont réellement nationalistes. C'est terrible à dire, mais l'extrême droite a des "valeurs", et ils assument ces valeurs, c'est bien les seuls.
[^] # Re: Alors pour qui voter?
Posté par arnaudus . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 6 (+6/-3).
Je pense être plus ou moins de gauche et je n'ai aucun problème à assumer les mettre au même niveau : il s'agit d'un parti radical qui adopte une stratégie populiste en déféquant sur de nombreuses valeurs traditionnelles de la gauche républicaine (l'anticléricalisme, l'universalisme, la défense du rôle central de la fonction publique, le progressisme…). C'est pas très compatible avec le soutien aux régimes autoritaires, les alliances contre-nature avec les bigots salafistes, ou le tir de mortier sur les établissements scolaires…
[^] # Re: Niveau de difficulté
Posté par arnaudus . En réponse au journal De 4×4 à 5×5 : quand mon générateur de grilles ne finissait plus. Évalué à 3 (+0/-0).
J'ai l'impression que ce que tu cherches, c'est de mesurer la difficulté d'un puzzle, et éventuellement de pouvoir générer des puzzles d'une difficulté donnée. Ça n'est pas évident, mais je ne pense pas que ta piste est très généralisable : ton algorithme va produire une sous-catégorie de solutions très restreinte, qui ne va jamais représenter toute la complexité des situations.
Pour calculer la difficulté, on doit pouvoir se baser sur le nombre et la profondeur des branches qui ne mènent pas à la solution, mais ça reste potentiellement loin du ressenti subjectif des joueurs.
Si j'en crois les applications commerciales existantes, il semble plus facile de gérer la difficulté des puzzles en ajoutant des chiffres pour faciliter la situation de départ, soit dans la grille, soit sur les bords. L'avantage de jouer avec les chiffres sur les bords c'est qu'il est très difficile de se rendre compte que l'on est aidé.
Et pour créer les puzzles, ce que je ferais, c'est simplement de générer une grille complète, et de retirer les chiffres des bords au hasard jusqu'à ne plus avoir de solutions uniques. Ça me semble être en O(n).
# Niveau de difficulté
Posté par arnaudus . En réponse au journal De 4×4 à 5×5 : quand mon générateur de grilles ne finissait plus. Évalué à 4 (+1/-0).
Je pense que c'est parce qu'il faut utiliser d'autres techniques pour progresser, mais c'est complètement faisable. Par exemple, colonne 2, tu ne peux avoir que 1/2, 2/3, 3/4 sur les trois premières. La 3e colonne ne peut donc commencer que par 3 ou 4, et la première colonne par 2 ou 3. La 2e ligne ne peut commencer que par 4 (ce qui te fait donc un chiffre de plus), en haut à droite c'est forcément un 4 aussi, donc la première ligne c'est forcément 2, 1, 3 (5, 4 déja placés). En bas à droite, c'est forcément un 3, et au dessus c'est 1/2, etc.
La déduction doit donc pouvoir t'amener jusqu'au bout, c'est juste plus difficile parce qu'il y a des incertitudes. Autrement c'est trop facile!
[^] # Re: D'abord tenter le facile
Posté par arnaudus . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 3 (+0/-0).
D'après Wikipédia: "Une grave vulnérabilité de la méthode PIN a été démontrée le 26 décembre 2011 (…). Aujourd'hui, il est fortement déconseillé de recourir à ce protocole.".
[^] # Re: D'abord tenter le facile
Posté par arnaudus . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 28 septembre 2026 à 16:59.
Taper un mot de passe wifi ésotérique de 25 lettres + caractères spéciaux avec ses gros doigts sur un clavier virtuel minuscule pas prévu pour ça, j'ai du mal à appeler ça une "solution", surtout qu'un écran n'est pas nécessaire au fonctionnement d'une imprimante. J'ai juste l'impression qu'il n'y a pas de solution, tout est pourri :
Il semble manquer une technologie d'autorisation (peut-être temporaire) de connexion par la box, sur le modèle du bluetooth. On enclenche un mode d'activation sur l'imprimante, on se connecte à sa box à partir de son PC, la box dit "une demande de connexion temporaire en cours, approuver oui/non", on clique "oui", la box ouvre une connexion restreinte vers le matériel (juste le port 80 par ex et juste local), on se connecte à l'imprimante à partir du PC, on entre le mdp wifi, on valide, et zou. Quand la doc commence par "brancher un cable USB (non fourni ) à un PC (non fourni) sous MS Windows (non fourni)", tu sens que ça va être une grosse soirée…
[^] # Re: D'abord tenter le facile
Posté par arnaudus . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 28 septembre 2026 à 14:27.
L'installation des imprimantes wifi pose un problème d'oeuf et de poule : il faut connecter un ordinateur à l'imprimante par un autre moyen que le wifi pour accéder au menu permettant à l'imprimante de se connecter au Wifi.
Sur les modèles que j'ai configurés, cette étape se déroulait à l'aide d'un cable USB, qu'on branche entre l'imprimante et l'ordinateur. On peut alors depuis l'ordinateur accéder à un menu (en tapant une adresse dans le navigateur, ou en utilisant un logiciel fourni sur un CD quand ça existait encore) où on choisit le réseau wifi sur l'imprimante + mot de passe, l'imprimante peut alors se connecter au wifi, et on peut débrancher le cable USB.
Pour être honnête, je me suis toujours demandé comment une personne "normale" pouvait faire pour s'en sortir avec une telle procédure. De manière générale, tout appareil connecté passant par le wifi doit être muni d'une technologie à usage quasiment unique destinée à entrer le mot de passe du wifi : clavier, connexion bluetooth, connexion par cable USB, etc., ce qui occasionne un surcoût (composants électroniques à usage unique) et une procédure souvent complexe, non-intuitive, et intrusive (installation de logiciels ou d'applications propriétaires sur des équipements personnels). Il y a quelque chose qui est fondamentalement pas au point avec ces appareils.
[^] # Re: Stockfish est les deux
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ecrire un moteur d'échecs surhumain - Partie 1. Évalué à 5 (+2/-0).
En fait, le meilleur coup de l'ordinateur n'est pas forcément le meilleur coup pour un humain, parce que l'humain est faillible et qu'on ne peut exclure la possibilité de faire une erreur, surtout si la position est complexe et que la ligne qui permet le gain est longue et unique. Ça ne sert à rien de connaitre la meilleure ligne si on ne connait pas la réfutation des lignes secondaires.
Ceci dit, savoir qu'une ligne est bonne change quand même largement la donne : il suffit de "chercher" la solution. C'est très différent que de devoir évaluer si la ligne est mauvaise ou non, surtout si elle a l'air mauvaise.
Bizarrement, on aurait pu penser que l'utilisation massive des ordinateurs allait tuer les échecs, alors que c'est plutôt le contraire : on voit beaucoup de préparation sur des ouvertures nouvelles, dont le but n'est pas forcément de jouer la meilleure suite de coups, mais plutôt une suite pas trop mauvaise mais surtout inattendue. Ça n'aurait aucune chance de marcher contre un ordinateur, mais contre un humain, l'avantage est immédiat, puisque quand on jour une nouvelle ligne on joue contre un humain, et pas contre un ordi.
# Pari de Pascal
Posté par arnaudus . En réponse au lien A Longtermist Effective Altruist Argument That We Must Invest All of Our Money in Time Travel. Évalué à 4 (+2/-1).
Ça me semble relever du même type d'argument fallacieux que le pari de Pascal : tu as deux options, une option t'offre une perte finie, une option t'offre un gain infini, et la "logique" de Pascal te dit de parier sur l'option du gain parce que l'espérance est infinie. C'est une situation où le raisonnement Bayesien (interprétation d'une incertitude comme une probabilité) n'est pas valable, et je pense que ça a été bien bien commenté par les philosophes. L'argument du pari ne fonctionne pas, parce que vivre dans un univers où le voyage dans le temps est possible est un évènement qui a peut-être une probabilité nulle, auquel cas il faut investir l'argent dans la lutte contre la faim ou le réchauffement climatique, et pas dans un projet foireux.
C'est surprenant que ce type d'argument puisse encore avoir un certain succès. C'est comme l'argument ontologique, c'est le genre de jeu de l'esprit où il est évident que l'argument ne peut pas être vrai, mais que la source du problème dans l'énoncé n'est pas évidente. C'est étonnant que certain puisse considérer le "jeu" de manière sérieuse.
[^] # Re: Stockfish est les deux
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ecrire un moteur d'échecs surhumain - Partie 1. Évalué à 5 (+2/-0).
L'état de l'art change vite, mais la clé de tout c'est bien l'évaluation des positions sans minimax qui donne un avantage à Stockfish. Le réseau de neurones permet à Stockfish d'évaluer les branches de l'arbre et de ne parcourir que celles qui sont prometteuses, donc justement de ne pas faire du minimax dans les branches pour les évaluer.
Du point de vue algorithmique, c'est vrai que ça ressemble à un algo classique (qui évaluerait les position en comptant les pièces par exemple), mais quand tu comprends ce qu'il fait, tu te rends compte que le réseau permet de remplacer l'exploration des branches, donc justement de ne pas faire de minimax.
Étrangement, il semble que le plus gros défi pour les programmes d'échecs n'est pas de battre les humains (ça c'est piece of cake), mais de proposer des adversaires intéressants. Même avec un réglage du niveau, les ordinateurs ne proposent pas du tout le même type d'opposition qu'un humain, et je pense que c'est à tous les niveaux. J'imagine qu'entrainer un modèle sur des bases de parties humaines pourrait permettre d'améliorer ça.
[^] # Re: C’est pas bête
Posté par arnaudus . En réponse au journal La folle histoire des noms de domaine internationalisés. Évalué à 3 (+0/-0).
Les variations de la bourse ne sont pas aléatoires, mais si ton hash est équiprobable, ça n'est pas important. Un caractère de différence dans l'entrée va te donner des hashs aussi différents que deux entrées aléatoires.
Ce genre d'algorithme ne doit par contre jamais être utilisé pour des applications sérieuses, puisque les données d'entrée sont en théorie manipulables.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 2 (+3/-4).
Comme je l'ai écrit, il n'y a pas de risque de pénurie : 80% de l'uranium enrichi que l'on produit est exporté.
Et comme dit plus bas, le coût de l'uranium est quasiment négligeable dans le coût de l'électrcité nucléaire. L'approvisionnement n'est pas un problème stratégique majeur, l'argument est "inventé". Une augmentation du prix ou une raréfaction de la ressource justifierait l'ouverture de mines en France, ce qui couvrirait nos besoins pour des décennies.
Ma remarque était sérieuse : "renouvelable" n'est pas un mot magique. Le fer n'est pas renouvelable, pourtant, il n'y a aucune raison de penser que l'approvisionnement en fer puisse poser un problème. Pourquoi est-ce que tu as l'air de penser qu'il est évident que le fait de ne pas être renouvelable est un problème essentiel?
L'union Européenne propose une liste de 34 matériaux bruts dont l'approvisionnement est critique (https://travail-industrie.com/blog/article-titre/metaux-critiques-dependance-europeenne-2026, https://single-market-economy.ec.europa.eu/sectors/raw-materials/areas-specific-interest/critical-raw-materials_en), et l'uranium n'en fait pas partie.
Donc : l'uranium n'est pas renouvelable, mais l'approvisionnement en uranium n'est pas un problème. Il y en a assez, un peu partout, les stocks stratégiques sont gros, il n'en faut pas beaucoup, et il est substituable à long terme. Présenter l'approvisionnement en uranium comme un problème stratégique critique est un argument issu à l'origine de la communication de Greenpeace, il n'y en a aucune mention dans aucun rapport officiel. Les états et les industriels n'ont apparemment jamais identifié un risque sérieux sur l'approvisionnement en uranium, et je pense que c'est exactement ce qu'on appelle une "fake news".
[^] # Re: Mmmh
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 5 (+2/-0).
À ma connaissance, on ne comprends pas bien les pressions de sélection sur l'intelligence. Il semble très peu probable que l'intelligence en tant que telle soit inconditionnellement favorable, puisque peu d'espèces ont évolué dans cette direction. Disons que le coût énergétique et métabolique d'avoir un cerveau un peu plus gros est probablement, dans la plupart des contextes, plus important que le bénéfice qu'un individu peut en tirer.
Pourquoi les primates, et l'Homme en particulier, semblent avoir été dans une situation où le développement des facultés cognitives a été avantageux? L'avantage doit être énorme, pour supplanter la mortalité liée aux accouchements de bébés qui coincent leur grosse tête. Le plus probable est donc que l'intelligence soit liée à la compétition entre humains—résoudre des problèmes sociaux dans un environnement où les autres humains sont aussi intelligents-- plutôt qu'à résoudre des problèmes de survie dans la nature. Notre gros cerveau sert à être meilleur que les autres humains, à accéder à plus de ressources à leur détriment dans un contexte social complexe.
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 6 (+3/-0).
Je pense qu'on a aussi largement tendance à sous-estimer la technicité d'écrire un prompt efficace pour générer des documents. Mais c'est évident que si tu lui donnes une trame (un brouillon ou un plan), tu vas avoir un résultat qui est beaucoup plus en ligne avec tes attentes.
Tu as aussi LLM et LLM. Il y a fort à parier que tu n'auras pas grand chose de convainquant avec la version de base d'un petit modèle, mais si tu as accès à des abonnements pro et des systèmes optimisés pour la rédaction, avec un prompt maison bien chiadé (j'imagine que c'est typiquement ce que font les cabinets de conseil et tous les trucs qui rédigent des rapports à la pelle), tu dois pouvoir obtenir des choses assez convainquantes.
Et si tu préfères ta prose à celle d'un LLM, tant mieux, c'est quand même assez rassurant. Un expert humain amène quand même quelque chose, un peu de subjectivité ou d'expérience, qu'aucun robot n'aura jamais.
Par contre, je ne suis pas convaincu par l'idée du corpus d'entrainement. Les LLM de pointe de 2026 n'ont plus grand chose à voir avec ceux de 2023, et leurs capacités d'extrapolation sont quand même assez remarquables dans pas mal de circonstances. Par contre ils peuvent se planter à des endroits où on ne les attend pas (par exemple, la géométrie, comme illustré dans ce forum). À un moment il se disait par exemple qu'ils n'avaient pas de modèle du monde physique et qu'ils échouaient systématiquement à des trucs élémentaires basés sur des situations faisant intervenir la gravité, les frottements, etc., mais c'est résolu depuis longtemps. Une question comme "pourquoi une banane ne peut pas tenir en équilibre alors que deux bananes le peuvent" donne une réponse quasi-parfaite même avec des petits modèles. Étonnamment, il est donc possible de construire une compréhension apparente du monde physique sur la base de simple mots.
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 10 (+9/-1).
Ça me rappelle un documentaire que j'avais vu il y a longtemps, où un chimpanzé allumait un barbecue avec un briquet. Un ethnologique pédant commentait alors la scène, en relativisant l'intelligence de l'animal : il ne fallait pas oublier que même si le chimpanzé avait appris à utiliser un briquet par mimétisme, il avait fallu qu'un humain le lui donne, ce qui prouvait en quelque sorte que son intelligence était inférieure. Je suis tombé immédiatement d'admiration pour cet ethnologue surprenant qui, apparemment, avait inventé lui-même le feu et le briquet, et se fabriquait probablement ses propres briquets à partir d'éléments naturels.
À trop vouloir se distinguer des animaux et des LLM, on finit facilement par raconter n'importe quoi sur l'intelligence humaine.
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 9 (+6/-0).
Je crois que j'ai eu tort de mettre ensemble le problème de l'intelligence et de la conscience, qui restent deux problèmes fondamentalement séparés. Ce n'est que mon avis, mais je n'ai pas d'opinion franche sur la conscience, et donc c'est plus difficile de débattre. Pour l'intelligence par contre, je suis frustré par la mauvaise foi de certains, qui me semblent nier l'évidence parce que la réalité ne colle pas avec leurs préconceptions.
C'est probablement vrai, mais il y a probablement une définition par personne…
C'est clairement le cas pour la conscience. De nombreuses personnes, y compris des philosophes, lient la conscience avec le "ressenti" des sens, les "qualia". Une telle définition de la conscience semble organique par définition, et ne peut se concevoir en dehors d'un organisme biologique.
L'exemple typique, c'est le sentiment de peur. Si on admet pour l'exercice de pensée que la peur est nécessaire à la définition d'une conscience (la peur de disparaitre, d'être débranché, la peur de faire une erreur aux conséquences fâcheuses, etc), alors tout va dépendre de la définition de peur. Si c'est une définition fonctionnelle, alors un ordinateur peut avoir peur. Si c'est une définition organique (par exemple, associée à des phénomènes hormonaux), alors par définition un ordinateur ne peut pas "ressentir" la peur.
J'ai aussi l'impression qu'il y a énormément de restes de dualisme dans ces discussions. Si un être pensant est la conjonction d'un corps et d'un esprit, alors le corps est matériel, comme peut l'être un GPU ou un serveur, mais l'esprit est immatériel, animé d'une sorte de magie ou de "souffle de vie", qu'un ordinateur ne saurait posséder. Là encore, la réponse est dans la définition.
Parmi les prémisses fondamentales à toute discussion, il y a l'adoption d'une posture fonctionnaliste : il faut que les propriétés émergentes dont on parle (la conscience, l'intelligence…) ne soient pas dépendantes de la nature de leur support ou des technologies sous-jacentes. Or, j'ai l'impression justement que toute discussion avec les tenants des LLM idiots part du supposé contraire : un ordinateur ne peut pas "ressentir", il ne peut pas "réfléchir", c'est "juste une machine". Dès le départ, la discussion est impossible.
En tout cas, l'argument empirique le plus puissant à mon avis est le suivant : jamais dans l'histoire des sciences un point de vue vrai n'a pu survivre que par des redéfinitions constantes de ses définitions et des exceptions qui lui sont associées. En gros, quand c'est vrai, c'était vrai dès le début, et ça n'est jamais devenu vrai "d'une certaine façon" : quand on commence à dire "d'une certaine façon", alors c'est que ça devient faux, pas vrai. Or, la supériorité de l'intelligence humaine sur celle les machines ne peut rester vraie que si on change encore et encore la définition. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le summum de l'intelligence humaine était le jeu d'échecs, les grandes puissances rivalisaient pour y gagner de la même manière que la course à la lune était un objectif de dominance technologique. Et paf, dès que les ordinateurs ont réussi à battre les humains, d'un coup, le jeu d'échecs est devenu "évidemment" un exercice de calcul, l'intelligence était "bien au delà de ça". Les nouvelles frontières sont devenues la maitrise du langage : le test de Turing, la traduction automatique, la sémantique, etc; là encore, c'était évident qu'aucun ordinateur non-intelligent ne pourrait maitriser le langage humain. Et pouf les LLM de 2023 ont tout défoncé, alors on rechange complètement de définition : ah ah, c'est évident que les LLM ne font que simuler l'intelligence et la maitrise du langage alors que derrière il n'y a rien; non, le vrai critère d'intelligence c'est la pensée symbolique : les mathématiques; les LLM sont ridicules et ne peuvent faire une addition. Et crac 2026, les LLM médaille d'or aux plus difficiles concours de maths, des dizaines de problème d'Erdös résolus à partir de leur énoncé en langage naturel, les modèles utilisés par tous les mathématiciens pour les assister dans leurs recherche, et très récemment les progrès substantiels (et controversés) réalisés sur un des problèmes du siècle. Paf, re-changement drastique : ah ah, évidemment, avec du calcul, c'est trivial de résoudre des trucs comme ça… À ma connaissance, il n'y a pas (plus?) de nouvelle frontière très claire, mais ça va encore apparaitre, et ça va encore être défoncé, mais les défenseurs de la thèse du "perroquet stochastique" vont continuer à nier l'évidence. Moi ça me fatigue, il me semble que les LLM grand public ont absolument toutes les propriétés que le XXe siècle avait attribué à ce qu'on concevait comme une "intelligence artificielle", et il ne fait absolument aucun doute que ces trucs sont "intelligents". À leur manière, avec leurs défauts, avec les problèmes majeurs que leur généralisation fait peser sur nos sociétés et sur l'environnement, mais est-ce qu'il est même envisageable de prétendre que ces trucs ne sont pas des "IA"? L'objectif est-il d'attendre jusqu'à la dernière petite tâche anecdotique réservée aux humains avant d'admettre que le concept d'"intelligence" peut s'y appliquer? Ou alors encore une pirouette, "l'intelligence c'est sauter dans les feuilles mortes en automne et ressentir la nostalgie de l'hiver qui approche", ou une autre invention de mauvaise foi typiquement humaine sortie d'un orifice organique dont les machines sont dépourvues?
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 8 (+6/-1).
Pour la question de l'intelligence, il n'y a pas de raisonnement à développer, tout est dans la définition. Si on admet l'existence potentielle d'une intelligence "artificielle", alors les LLM (l'ensemble modèle + prompt + base de données + tout ce qui vient avec) est "intelligent", il mime à merveille l'intelligence humaine et la dépasse dans plein de circonstances. Si par contre on ne réserve les termes "intelligence" et "conscience" qu'aux cerveaux constitutés de neurones biologiques qui ont accès au monde extérieur par des sens, alors par définion un modèle informatique ne peut pas posséder cette "intelligence". Je trouve que la deuxième position n'a aucun sens, puisque ça revient à définir l'intelligence d'une manière à ce qu'aucune machine ne puisse y accéder, la réponse est donc dans la définition. La nuance "artificielle" est fondamentale : les LLM sont des intelligences "artificielles", avec les limites que ça comporte.
En fait, ils compensent l'absence de représentation mentale des sens par un corpus de connaissances. Ça n'est pas différent de la représentation qu'un aveugle peut se faire des concepts de "vert" et "rouge", ou de la représentation qu'on peut tous se faire d'un électron ou de la relativité générale. Je n'ai jamais "vu" ou ressenti la relativité générale, et pourtant je peux dire des choses dessus, comme un LLM. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un LLM ne puisse pas ressentir le goût d'une pomme change quoi que ce soit sur sa capacité à pondre du code ou traduire un livre.
Est-ce que tout ce que dirait un aveugle de naissance sur la lumière et les couleurs serait stupide par essence, parce qu'il ne peut pas ressentir les sensations qui viennent de ses organes visuels? Ça me semblerait bien douteux. Ces arguments me semblent ad hoc, seulement motivés par l'idée obsessionnelle de nier par essence la possibilité que les modèles informatiques soient intelligents ou conscients. Ce n'est pas une négation par le raisonnement, c'est une négation par définition : seul un cerveau biologique peut être conscient, seule la perception à partir d'organes sensitifs biologiques peut générer de l'intelligence, etc. Pour la conscience, c'est discutable, pour l'intelligence, à mon avis, la réponse est assez claire : ces systèmes sont capables de simuler l'intelligence de manière indiscernable à ce que ferait une intelligence artificielle "vraie" quelle que soit la définition de l'intelligence artificielle "vraie" que vous choisissez; ils sont donc empiriquement (fonctionnellement) intelligents. Vous pouvez toujours penser qu'ils ne sont pas "mystiquement" intelligents (parce qu'il leur manquerait un truc un peu ésotérique, une étincelle de vie, un esprit magique, un truc comme ça), mais c'est juste un ingrédient irrationnel que vous ajoutez pour leur retirer quelque chose, et rien ne permet de penser que ce truc magique a une quelconque réalité.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 2 (+5/-6).
C'est un argument "inventé" par Greenpeace, mais il est fallacieux. À l'heure actuelle, la France enrichit beaucoup d'uranium pour d'autres pays; si j'ai bien suivi c'est environ 70% de l'uranium importé qui est ré-exporté. Autrement dit, même si les 4 plus gros pays qui exportent le minerais d'uranium vers la France s'arrêtant brusquement (Khazakstan, Ouzbekistan, Namibie, et Niger), il resterait quand même assez d'autres sources pour faire tourner nos propres centrales. La dépendance est donc très relative. D'autre part, les quantités importées sont extrêmement faibles (de l'ordre que quelques dizaines de milliers de tonnes); un gros vraquier peut contenir jusqu'à 400,000 tonnes. En gros, tu importes un vraquier d'Uranium à partir d'Australie, et tu as 50 ans d'autonomie. Ça n'a rien à voir avec une chaine d'approvisionnement à repenser, combiné aux 5-8 ans de stock stratégique (qui permettraient de rouvrir nos mines), tu as des arguments pour dire que ce problème existe en pratique?
Non, au contraire, l'électricité nucléaire est très économique. Tu parles comme si on payait très cher pour maintenir une activité nucléaire civile, mais ça n'est pas le cas.
Qu'est-ce que ça peut bien faire? Si tu as 10,000 ans de consommation devant toi, ça ne fait aucune différence. Je ne vois pas ce qu'il y a à garder dans cet argument, il n'y a aucune raison de privilégier les renouvelables pour la seule raison que c'est renouvelable.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 2 (+4/-5).
On ne peut pas changer l'avis d'un militant qui n'a pas été basé sur des chiffres mais sur un discours idéologique, mais on peut lui fournir les contre-arguments factuels, notamment cette histoire de nombre de morts qui est très, très largement exagéré pour le nucléaire.
La "peur" du nucléaire a été construite dans l'après-guerre, du fait de l'assimilation avec la bombe atomique. La radioactivité est évidemment dangereuse et personne n'a prétendu que ça pourrait être une bonne idée de déréguler le secteur, mais disons que les dangers de la radio-activité sont très largement surestimés par rapport à d'autres dangers chimiques ou technologiques, ce que démontre d'ailleurs le tableau de chiffres que j'ai mis au-dessus. Dans n'importe quel laboratoire, la règlementation sur l'utilisation de produits radioactifs est très stricte, alors qu'à côté on manipule des cochonneries chimiques bien plus mortelles. Les taux de radioactivité autorisés dans l'environnement des centrales sont souvent tellement bas qu'ils se superposent à la radioactivité naturelle, etc. En fait, le contrôle de la radioactivité industrielle est un exemple de ce qu'il faudrait faire pour toutes les pollutions industrielles, mais dans l'imaginaire collectif, il est difficile de dissocier les précautions et le risque réel (combinaisons intégrales = "ohlala ça a l'air d'être super dangereux", alors que le danger est justement tout ce qui devrait être manipulé en combi et qui ne l'est pas).
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 7 (+10/-6).
Données issues de https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/art_sel/Enforced%2520nuclear-inderscience-site.pdf (source ExternE (Forbes) d'après le document. Tchernobyl et Fukushima sont pris en compte).
Tes "convictions" sont fondées sur un mythe alimenté par une iconographie qui traine depuis 50 ans (ces images de paysages contaminés par de la radiocactivité, comme dans les Simpsons et de nombreuses oeuvres de SF), ainsi que sur l'assimilation nucléaire civil et militaire. Tes chiffres ne sont pas bons, ta représentation de la réalité est biaisée.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 3 (+7/-7). Dernière modification le 21 septembre 2026 à 10:17.
Le problème avec le passage cité c'est juste que JM Jancovici affirme avec des arguments quelque chose que certains (dont notre interlocuteur) ne souhaitent pas admettre. Il faut donc qu'il ait tort.
Il ne faut pas sous-estimer à quel point l'anti-nucléaire est au coeur de l'idéologie des partis verts européens. C'est concevable pour un tel parti d'être climatosceptique ou greenwashing compatible, mais pas de revenir sur la question du nucléaire, sur laquelle ils se sont fondés : l'amalgame entre le nucléaire civil et militaire (les partis verts sont anti-militaristes), les attaques de convois de déchets radioactifs en transit pour recyclage, etc. C'est un peu comme si tu demandais au PC de renoncer à la lutte des classes. Il est donc nécessaire pour la survie idéologique de ces partis que la disparition du nucléaire fasse partie du programme, c'est plus qu'un symbole. C'est dans le premier paragraphe des 208 pages de programme des "Écologistes": "Le nucléaire n’est pas une option viable ni une alternative crédible". Pour utiliser un terme marketting moderne, c'est "dans leur ADN".
Tout discours pro-environnemental qui ne fustige pas le nucléaire vient affaiblir ces partis, ils sont donc des cibles pour eux, non seulement sur le fond, mais aussi sur la forme ("regardons les chiffres" vs "lutte pour des symboles" (nucléaire, bassines, etc)).