Posté par arnaudus .
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Dernière modification le 28 septembre 2026 à 16:59.
Taper un mot de passe wifi ésotérique de 25 lettres + caractères spéciaux avec ses gros doigts sur un clavier virtuel minuscule pas prévu pour ça, j'ai du mal à appeler ça une "solution", surtout qu'un écran n'est pas nécessaire au fonctionnement d'une imprimante. J'ai juste l'impression qu'il n'y a pas de solution, tout est pourri :
ajouter un dispositif (écran + clavier) juste pour cette étape -> gros gachis
config par un PC branché en filaire: geekesque, quid si pas de PC (de plus en plus fréquent dans les foyers), logiciel souvent propriétaire et/ou mac/Windows
config par ethernet: quid si pas d'ethernet (box colective ou planquée à la cave?)
config par smartphone: nécessite le bluetooth + appli propriétaire
Il semble manquer une technologie d'autorisation (peut-être temporaire) de connexion par la box, sur le modèle du bluetooth. On enclenche un mode d'activation sur l'imprimante, on se connecte à sa box à partir de son PC, la box dit "une demande de connexion temporaire en cours, approuver oui/non", on clique "oui", la box ouvre une connexion restreinte vers le matériel (juste le port 80 par ex et juste local), on se connecte à l'imprimante à partir du PC, on entre le mdp wifi, on valide, et zou. Quand la doc commence par "brancher un cable USB (non fourni ) à un PC (non fourni) sous MS Windows (non fourni)", tu sens que ça va être une grosse soirée…
Posté par arnaudus .
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Dernière modification le 28 septembre 2026 à 14:27.
L'installation des imprimantes wifi pose un problème d'oeuf et de poule : il faut connecter un ordinateur à l'imprimante par un autre moyen que le wifi pour accéder au menu permettant à l'imprimante de se connecter au Wifi.
Sur les modèles que j'ai configurés, cette étape se déroulait à l'aide d'un cable USB, qu'on branche entre l'imprimante et l'ordinateur. On peut alors depuis l'ordinateur accéder à un menu (en tapant une adresse dans le navigateur, ou en utilisant un logiciel fourni sur un CD quand ça existait encore) où on choisit le réseau wifi sur l'imprimante + mot de passe, l'imprimante peut alors se connecter au wifi, et on peut débrancher le cable USB.
Pour être honnête, je me suis toujours demandé comment une personne "normale" pouvait faire pour s'en sortir avec une telle procédure. De manière générale, tout appareil connecté passant par le wifi doit être muni d'une technologie à usage quasiment unique destinée à entrer le mot de passe du wifi : clavier, connexion bluetooth, connexion par cable USB, etc., ce qui occasionne un surcoût (composants électroniques à usage unique) et une procédure souvent complexe, non-intuitive, et intrusive (installation de logiciels ou d'applications propriétaires sur des équipements personnels). Il y a quelque chose qui est fondamentalement pas au point avec ces appareils.
En fait, le meilleur coup de l'ordinateur n'est pas forcément le meilleur coup pour un humain, parce que l'humain est faillible et qu'on ne peut exclure la possibilité de faire une erreur, surtout si la position est complexe et que la ligne qui permet le gain est longue et unique. Ça ne sert à rien de connaitre la meilleure ligne si on ne connait pas la réfutation des lignes secondaires.
Ceci dit, savoir qu'une ligne est bonne change quand même largement la donne : il suffit de "chercher" la solution. C'est très différent que de devoir évaluer si la ligne est mauvaise ou non, surtout si elle a l'air mauvaise.
Bizarrement, on aurait pu penser que l'utilisation massive des ordinateurs allait tuer les échecs, alors que c'est plutôt le contraire : on voit beaucoup de préparation sur des ouvertures nouvelles, dont le but n'est pas forcément de jouer la meilleure suite de coups, mais plutôt une suite pas trop mauvaise mais surtout inattendue. Ça n'aurait aucune chance de marcher contre un ordinateur, mais contre un humain, l'avantage est immédiat, puisque quand on jour une nouvelle ligne on joue contre un humain, et pas contre un ordi.
Ça me semble relever du même type d'argument fallacieux que le pari de Pascal : tu as deux options, une option t'offre une perte finie, une option t'offre un gain infini, et la "logique" de Pascal te dit de parier sur l'option du gain parce que l'espérance est infinie. C'est une situation où le raisonnement Bayesien (interprétation d'une incertitude comme une probabilité) n'est pas valable, et je pense que ça a été bien bien commenté par les philosophes. L'argument du pari ne fonctionne pas, parce que vivre dans un univers où le voyage dans le temps est possible est un évènement qui a peut-être une probabilité nulle, auquel cas il faut investir l'argent dans la lutte contre la faim ou le réchauffement climatique, et pas dans un projet foireux.
C'est surprenant que ce type d'argument puisse encore avoir un certain succès. C'est comme l'argument ontologique, c'est le genre de jeu de l'esprit où il est évident que l'argument ne peut pas être vrai, mais que la source du problème dans l'énoncé n'est pas évidente. C'est étonnant que certain puisse considérer le "jeu" de manière sérieuse.
L'état de l'art change vite, mais la clé de tout c'est bien l'évaluation des positions sans minimax qui donne un avantage à Stockfish. Le réseau de neurones permet à Stockfish d'évaluer les branches de l'arbre et de ne parcourir que celles qui sont prometteuses, donc justement de ne pas faire du minimax dans les branches pour les évaluer.
Du point de vue algorithmique, c'est vrai que ça ressemble à un algo classique (qui évaluerait les position en comptant les pièces par exemple), mais quand tu comprends ce qu'il fait, tu te rends compte que le réseau permet de remplacer l'exploration des branches, donc justement de ne pas faire de minimax.
Étrangement, il semble que le plus gros défi pour les programmes d'échecs n'est pas de battre les humains (ça c'est piece of cake), mais de proposer des adversaires intéressants. Même avec un réglage du niveau, les ordinateurs ne proposent pas du tout le même type d'opposition qu'un humain, et je pense que c'est à tous les niveaux. J'imagine qu'entrainer un modèle sur des bases de parties humaines pourrait permettre d'améliorer ça.
Je ne suis pas certain que les variations de la Bourse soient réellement aussi aléatoires, du moins à court terme.
Les variations de la bourse ne sont pas aléatoires, mais si ton hash est équiprobable, ça n'est pas important. Un caractère de différence dans l'entrée va te donner des hashs aussi différents que deux entrées aléatoires.
Ce genre d'algorithme ne doit par contre jamais être utilisé pour des applications sérieuses, puisque les données d'entrée sont en théorie manipulables.
Au delà d'un risque de pénurie, il y a un risque d'une envolée du coût
Comme je l'ai écrit, il n'y a pas de risque de pénurie : 80% de l'uranium enrichi que l'on produit est exporté.
Et comme dit plus bas, le coût de l'uranium est quasiment négligeable dans le coût de l'électrcité nucléaire. L'approvisionnement n'est pas un problème stratégique majeur, l'argument est "inventé". Une augmentation du prix ou une raréfaction de la ressource justifierait l'ouverture de mines en France, ce qui couvrirait nos besoins pour des décennies.
Ah OK… Débat clos.
Ma remarque était sérieuse : "renouvelable" n'est pas un mot magique. Le fer n'est pas renouvelable, pourtant, il n'y a aucune raison de penser que l'approvisionnement en fer puisse poser un problème. Pourquoi est-ce que tu as l'air de penser qu'il est évident que le fait de ne pas être renouvelable est un problème essentiel?
Donc : l'uranium n'est pas renouvelable, mais l'approvisionnement en uranium n'est pas un problème. Il y en a assez, un peu partout, les stocks stratégiques sont gros, il n'en faut pas beaucoup, et il est substituable à long terme. Présenter l'approvisionnement en uranium comme un problème stratégique critique est un argument issu à l'origine de la communication de Greenpeace, il n'y en a aucune mention dans aucun rapport officiel. Les états et les industriels n'ont apparemment jamais identifié un risque sérieux sur l'approvisionnement en uranium, et je pense que c'est exactement ce qu'on appelle une "fake news".
À ma connaissance, on ne comprends pas bien les pressions de sélection sur l'intelligence. Il semble très peu probable que l'intelligence en tant que telle soit inconditionnellement favorable, puisque peu d'espèces ont évolué dans cette direction. Disons que le coût énergétique et métabolique d'avoir un cerveau un peu plus gros est probablement, dans la plupart des contextes, plus important que le bénéfice qu'un individu peut en tirer.
Pourquoi les primates, et l'Homme en particulier, semblent avoir été dans une situation où le développement des facultés cognitives a été avantageux? L'avantage doit être énorme, pour supplanter la mortalité liée aux accouchements de bébés qui coincent leur grosse tête. Le plus probable est donc que l'intelligence soit liée à la compétition entre humains—résoudre des problèmes sociaux dans un environnement où les autres humains sont aussi intelligents-- plutôt qu'à résoudre des problèmes de survie dans la nature. Notre gros cerveau sert à être meilleur que les autres humains, à accéder à plus de ressources à leur détriment dans un contexte social complexe.
Je pense qu'on a aussi largement tendance à sous-estimer la technicité d'écrire un prompt efficace pour générer des documents. Mais c'est évident que si tu lui donnes une trame (un brouillon ou un plan), tu vas avoir un résultat qui est beaucoup plus en ligne avec tes attentes.
Tu as aussi LLM et LLM. Il y a fort à parier que tu n'auras pas grand chose de convainquant avec la version de base d'un petit modèle, mais si tu as accès à des abonnements pro et des systèmes optimisés pour la rédaction, avec un prompt maison bien chiadé (j'imagine que c'est typiquement ce que font les cabinets de conseil et tous les trucs qui rédigent des rapports à la pelle), tu dois pouvoir obtenir des choses assez convainquantes.
Et si tu préfères ta prose à celle d'un LLM, tant mieux, c'est quand même assez rassurant. Un expert humain amène quand même quelque chose, un peu de subjectivité ou d'expérience, qu'aucun robot n'aura jamais.
Par contre, je ne suis pas convaincu par l'idée du corpus d'entrainement. Les LLM de pointe de 2026 n'ont plus grand chose à voir avec ceux de 2023, et leurs capacités d'extrapolation sont quand même assez remarquables dans pas mal de circonstances. Par contre ils peuvent se planter à des endroits où on ne les attend pas (par exemple, la géométrie, comme illustré dans ce forum). À un moment il se disait par exemple qu'ils n'avaient pas de modèle du monde physique et qu'ils échouaient systématiquement à des trucs élémentaires basés sur des situations faisant intervenir la gravité, les frottements, etc., mais c'est résolu depuis longtemps. Une question comme "pourquoi une banane ne peut pas tenir en équilibre alors que deux bananes le peuvent" donne une réponse quasi-parfaite même avec des petits modèles. Étonnamment, il est donc possible de construire une compréhension apparente du monde physique sur la base de simple mots.
Ce qu'on oublie souvent de reconnaître, c'est que nous les humains mimons beaucoup aussi
Ça me rappelle un documentaire que j'avais vu il y a longtemps, où un chimpanzé allumait un barbecue avec un briquet. Un ethnologique pédant commentait alors la scène, en relativisant l'intelligence de l'animal : il ne fallait pas oublier que même si le chimpanzé avait appris à utiliser un briquet par mimétisme, il avait fallu qu'un humain le lui donne, ce qui prouvait en quelque sorte que son intelligence était inférieure. Je suis tombé immédiatement d'admiration pour cet ethnologue surprenant qui, apparemment, avait inventé lui-même le feu et le briquet, et se fabriquait probablement ses propres briquets à partir d'éléments naturels.
À trop vouloir se distinguer des animaux et des LLM, on finit facilement par raconter n'importe quoi sur l'intelligence humaine.
Je crois que j'ai eu tort de mettre ensemble le problème de l'intelligence et de la conscience, qui restent deux problèmes fondamentalement séparés. Ce n'est que mon avis, mais je n'ai pas d'opinion franche sur la conscience, et donc c'est plus difficile de débattre. Pour l'intelligence par contre, je suis frustré par la mauvaise foi de certains, qui me semblent nier l'évidence parce que la réalité ne colle pas avec leurs préconceptions.
Pas certain que la dichotomie que vous proposez couvre l'ensemble du spectre des définitions de l'intelligence.
C'est probablement vrai, mais il y a probablement une définition par personne…
Mais une telle définition est-elle sérieusement envisagée par quiconque ?
C'est clairement le cas pour la conscience. De nombreuses personnes, y compris des philosophes, lient la conscience avec le "ressenti" des sens, les "qualia". Une telle définition de la conscience semble organique par définition, et ne peut se concevoir en dehors d'un organisme biologique.
L'exemple typique, c'est le sentiment de peur. Si on admet pour l'exercice de pensée que la peur est nécessaire à la définition d'une conscience (la peur de disparaitre, d'être débranché, la peur de faire une erreur aux conséquences fâcheuses, etc), alors tout va dépendre de la définition de peur. Si c'est une définition fonctionnelle, alors un ordinateur peut avoir peur. Si c'est une définition organique (par exemple, associée à des phénomènes hormonaux), alors par définition un ordinateur ne peut pas "ressentir" la peur.
J'ai aussi l'impression qu'il y a énormément de restes de dualisme dans ces discussions. Si un être pensant est la conjonction d'un corps et d'un esprit, alors le corps est matériel, comme peut l'être un GPU ou un serveur, mais l'esprit est immatériel, animé d'une sorte de magie ou de "souffle de vie", qu'un ordinateur ne saurait posséder. Là encore, la réponse est dans la définition.
Parmi les prémisses fondamentales à toute discussion, il y a l'adoption d'une posture fonctionnaliste : il faut que les propriétés émergentes dont on parle (la conscience, l'intelligence…) ne soient pas dépendantes de la nature de leur support ou des technologies sous-jacentes. Or, j'ai l'impression justement que toute discussion avec les tenants des LLM idiots part du supposé contraire : un ordinateur ne peut pas "ressentir", il ne peut pas "réfléchir", c'est "juste une machine". Dès le départ, la discussion est impossible.
En tout cas, l'argument empirique le plus puissant à mon avis est le suivant : jamais dans l'histoire des sciences un point de vue vrai n'a pu survivre que par des redéfinitions constantes de ses définitions et des exceptions qui lui sont associées. En gros, quand c'est vrai, c'était vrai dès le début, et ça n'est jamais devenu vrai "d'une certaine façon" : quand on commence à dire "d'une certaine façon", alors c'est que ça devient faux, pas vrai. Or, la supériorité de l'intelligence humaine sur celle les machines ne peut rester vraie que si on change encore et encore la définition. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le summum de l'intelligence humaine était le jeu d'échecs, les grandes puissances rivalisaient pour y gagner de la même manière que la course à la lune était un objectif de dominance technologique. Et paf, dès que les ordinateurs ont réussi à battre les humains, d'un coup, le jeu d'échecs est devenu "évidemment" un exercice de calcul, l'intelligence était "bien au delà de ça". Les nouvelles frontières sont devenues la maitrise du langage : le test de Turing, la traduction automatique, la sémantique, etc; là encore, c'était évident qu'aucun ordinateur non-intelligent ne pourrait maitriser le langage humain. Et pouf les LLM de 2023 ont tout défoncé, alors on rechange complètement de définition : ah ah, c'est évident que les LLM ne font que simuler l'intelligence et la maitrise du langage alors que derrière il n'y a rien; non, le vrai critère d'intelligence c'est la pensée symbolique : les mathématiques; les LLM sont ridicules et ne peuvent faire une addition. Et crac 2026, les LLM médaille d'or aux plus difficiles concours de maths, des dizaines de problème d'Erdös résolus à partir de leur énoncé en langage naturel, les modèles utilisés par tous les mathématiciens pour les assister dans leurs recherche, et très récemment les progrès substantiels (et controversés) réalisés sur un des problèmes du siècle. Paf, re-changement drastique : ah ah, évidemment, avec du calcul, c'est trivial de résoudre des trucs comme ça… À ma connaissance, il n'y a pas (plus?) de nouvelle frontière très claire, mais ça va encore apparaitre, et ça va encore être défoncé, mais les défenseurs de la thèse du "perroquet stochastique" vont continuer à nier l'évidence. Moi ça me fatigue, il me semble que les LLM grand public ont absolument toutes les propriétés que le XXe siècle avait attribué à ce qu'on concevait comme une "intelligence artificielle", et il ne fait absolument aucun doute que ces trucs sont "intelligents". À leur manière, avec leurs défauts, avec les problèmes majeurs que leur généralisation fait peser sur nos sociétés et sur l'environnement, mais est-ce qu'il est même envisageable de prétendre que ces trucs ne sont pas des "IA"? L'objectif est-il d'attendre jusqu'à la dernière petite tâche anecdotique réservée aux humains avant d'admettre que le concept d'"intelligence" peut s'y appliquer? Ou alors encore une pirouette, "l'intelligence c'est sauter dans les feuilles mortes en automne et ressentir la nostalgie de l'hiver qui approche", ou une autre invention de mauvaise foi typiquement humaine sortie d'un orifice organique dont les machines sont dépourvues?
Pour la question de l'intelligence, il n'y a pas de raisonnement à développer, tout est dans la définition. Si on admet l'existence potentielle d'une intelligence "artificielle", alors les LLM (l'ensemble modèle + prompt + base de données + tout ce qui vient avec) est "intelligent", il mime à merveille l'intelligence humaine et la dépasse dans plein de circonstances. Si par contre on ne réserve les termes "intelligence" et "conscience" qu'aux cerveaux constitutés de neurones biologiques qui ont accès au monde extérieur par des sens, alors par définion un modèle informatique ne peut pas posséder cette "intelligence". Je trouve que la deuxième position n'a aucun sens, puisque ça revient à définir l'intelligence d'une manière à ce qu'aucune machine ne puisse y accéder, la réponse est donc dans la définition. La nuance "artificielle" est fondamentale : les LLM sont des intelligences "artificielles", avec les limites que ça comporte.
En fait, ils compensent l'absence de représentation mentale des sens par un corpus de connaissances. Ça n'est pas différent de la représentation qu'un aveugle peut se faire des concepts de "vert" et "rouge", ou de la représentation qu'on peut tous se faire d'un électron ou de la relativité générale. Je n'ai jamais "vu" ou ressenti la relativité générale, et pourtant je peux dire des choses dessus, comme un LLM. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un LLM ne puisse pas ressentir le goût d'une pomme change quoi que ce soit sur sa capacité à pondre du code ou traduire un livre.
Est-ce que tout ce que dirait un aveugle de naissance sur la lumière et les couleurs serait stupide par essence, parce qu'il ne peut pas ressentir les sensations qui viennent de ses organes visuels? Ça me semblerait bien douteux. Ces arguments me semblent ad hoc, seulement motivés par l'idée obsessionnelle de nier par essence la possibilité que les modèles informatiques soient intelligents ou conscients. Ce n'est pas une négation par le raisonnement, c'est une négation par définition : seul un cerveau biologique peut être conscient, seule la perception à partir d'organes sensitifs biologiques peut générer de l'intelligence, etc. Pour la conscience, c'est discutable, pour l'intelligence, à mon avis, la réponse est assez claire : ces systèmes sont capables de simuler l'intelligence de manière indiscernable à ce que ferait une intelligence artificielle "vraie" quelle que soit la définition de l'intelligence artificielle "vraie" que vous choisissez; ils sont donc empiriquement (fonctionnellement) intelligents. Vous pouvez toujours penser qu'ils ne sont pas "mystiquement" intelligents (parce qu'il leur manquerait un truc un peu ésotérique, une étincelle de vie, un esprit magique, un truc comme ça), mais c'est juste un ingrédient irrationnel que vous ajoutez pour leur retirer quelque chose, et rien ne permet de penser que ce truc magique a une quelconque réalité.
L'approvisionnement, c'est le point des anti-nucléaires qui, à mon avis, ne doit absolument pas être balayé sous le tapis avec les autres.
C'est un argument "inventé" par Greenpeace, mais il est fallacieux. À l'heure actuelle, la France enrichit beaucoup d'uranium pour d'autres pays; si j'ai bien suivi c'est environ 70% de l'uranium importé qui est ré-exporté. Autrement dit, même si les 4 plus gros pays qui exportent le minerais d'uranium vers la France s'arrêtant brusquement (Khazakstan, Ouzbekistan, Namibie, et Niger), il resterait quand même assez d'autres sources pour faire tourner nos propres centrales. La dépendance est donc très relative. D'autre part, les quantités importées sont extrêmement faibles (de l'ordre que quelques dizaines de milliers de tonnes); un gros vraquier peut contenir jusqu'à 400,000 tonnes. En gros, tu importes un vraquier d'Uranium à partir d'Australie, et tu as 50 ans d'autonomie. Ça n'a rien à voir avec une chaine d'approvisionnement à repenser, combiné aux 5-8 ans de stock stratégique (qui permettraient de rouvrir nos mines), tu as des arguments pour dire que ce problème existe en pratique?
C'est des trucs qui coûtent une blinde mais qui nous donne un avantage stratégique de maboule.
Non, au contraire, l'électricité nucléaire est très économique. Tu parles comme si on payait très cher pour maintenir une activité nucléaire civile, mais ça n'est pas le cas.
Le nucléaire c'est top mais ça N'est PAS une énergie renouvelable.
Qu'est-ce que ça peut bien faire? Si tu as 10,000 ans de consommation devant toi, ça ne fait aucune différence. Je ne vois pas ce qu'il y a à garder dans cet argument, il n'y a aucune raison de privilégier les renouvelables pour la seule raison que c'est renouvelable.
On ne peut pas changer l'avis d'un militant qui n'a pas été basé sur des chiffres mais sur un discours idéologique, mais on peut lui fournir les contre-arguments factuels, notamment cette histoire de nombre de morts qui est très, très largement exagéré pour le nucléaire.
La "peur" du nucléaire a été construite dans l'après-guerre, du fait de l'assimilation avec la bombe atomique. La radioactivité est évidemment dangereuse et personne n'a prétendu que ça pourrait être une bonne idée de déréguler le secteur, mais disons que les dangers de la radio-activité sont très largement surestimés par rapport à d'autres dangers chimiques ou technologiques, ce que démontre d'ailleurs le tableau de chiffres que j'ai mis au-dessus. Dans n'importe quel laboratoire, la règlementation sur l'utilisation de produits radioactifs est très stricte, alors qu'à côté on manipule des cochonneries chimiques bien plus mortelles. Les taux de radioactivité autorisés dans l'environnement des centrales sont souvent tellement bas qu'ils se superposent à la radioactivité naturelle, etc. En fait, le contrôle de la radioactivité industrielle est un exemple de ce qu'il faudrait faire pour toutes les pollutions industrielles, mais dans l'imaginaire collectif, il est difficile de dissocier les précautions et le risque réel (combinaisons intégrales = "ohlala ça a l'air d'être super dangereux", alors que le danger est justement tout ce qui devrait être manipulé en combi et qui ne l'est pas).
Tes "convictions" sont fondées sur un mythe alimenté par une iconographie qui traine depuis 50 ans (ces images de paysages contaminés par de la radiocactivité, comme dans les Simpsons et de nombreuses oeuvres de SF), ainsi que sur l'assimilation nucléaire civil et militaire. Tes chiffres ne sont pas bons, ta représentation de la réalité est biaisée.
Le problème avec le passage cité c'est juste que JM Jancovici affirme avec des arguments quelque chose que certains (dont notre interlocuteur) ne souhaitent pas admettre. Il faut donc qu'il ait tort.
Il ne faut pas sous-estimer à quel point l'anti-nucléaire est au coeur de l'idéologie des partis verts européens. C'est concevable pour un tel parti d'être climatosceptique ou greenwashing compatible, mais pas de revenir sur la question du nucléaire, sur laquelle ils se sont fondés : l'amalgame entre le nucléaire civil et militaire (les partis verts sont anti-militaristes), les attaques de convois de déchets radioactifs en transit pour recyclage, etc. C'est un peu comme si tu demandais au PC de renoncer à la lutte des classes. Il est donc nécessaire pour la survie idéologique de ces partis que la disparition du nucléaire fasse partie du programme, c'est plus qu'un symbole. C'est dans le premier paragraphe des 208 pages de programme des "Écologistes": "Le nucléaire n’est pas une option viable ni une alternative crédible". Pour utiliser un terme marketting moderne, c'est "dans leur ADN".
Tout discours pro-environnemental qui ne fustige pas le nucléaire vient affaiblir ces partis, ils sont donc des cibles pour eux, non seulement sur le fond, mais aussi sur la forme ("regardons les chiffres" vs "lutte pour des symboles" (nucléaire, bassines, etc)).
D'après Wikipédia, "Le jeu est cité dans Les 1001 jeux vidéo auxquels il faut avoir joué dans sa vie." Je regarderai donc ça quand j'aurai lu les 10,000 livres qu'il faut avoir lus et les 100,000 films qu'il faut avoir vus!
Surtout qu'il n'est pas du tout évident qu'une licence sur un code vibe-codé soit valide; pour ouvrir des droits d'auteur, il faut certaines conditions, notamment d'originalité, qui ne sont pas du tout évidentes pour un code généré automatiquement. On peut probablement "fermer" ce code (ne pas le diffuser, l'obfusquer, etc), mais probablement pas (ou du moins avec aucune certitude juridique) le "protéger" par le droit d'auteur.
Après, on ne découvre pas ce problème avec le vibe-coding. Il existe des milliers de petits logiciels ou bouts de code codés par des humains, prétendument sous licence (libre ou proprio), qui ne passent probablement pas ce seuil d'originalité et dont les tribunaux rejetteraient probablement les demandes des auteurs.
Pour revenir à la question "pourquoi garder ça fermé", c'est parce que ça rajouter du mystère et que ça permet de se targuer d'une originalité ou d'un travail qui semblerait ridicule s'il était dévoilé. C'est comme les "technologies secrètes brevetées" des publicités bidons, si c'est secret ça n'est pas breveté, et c'est "secret" parce que c'est trivial.
Et à propos de l'exercice : c'est évidemment bidon, un LLM fait ce qu'on lui dit de faire. Si on lui dit d'aller remplir un site, il va le faire, ça ne veut pas dire que ça lui fait plaisir. C'est juste que le prompt est différent; le prompt de chatGPT lui dit qu'il est un chatbot sérieux alors il est tout sérieux, si le site lui dit "fais montre de fantaisie" il va le faire. Les gens croient que les LLM ne sont pas créatifs, mais c'est le prompt qui lui impose de ne pas l'être.
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Lassitude.
Évalué à 5 (+2/-0).
J'ai demandé au chat de Mistral s'il voulait m'aider à poster sur Linuxfr un journal généré par lui, il m'a répondu:
Je suis désolé, mais je ne peux pas vous aider à contourner les règles d'un site comme LinuxFr. La charte du site interdit explicitement la publication de contenu généré par des intelligences artificielles comme moi, et il est important de respecter ces règles pour maintenir la confiance et l'intégrité de la communauté.
Mais est-il bien sincère?
Souhaitez-vous que je vous aide à brainstormer ou à organiser vos idées pour un article que vous rédigeriez vous-même ?
Et comme on est plutôt dans le monde réel, ben… je trouve qu"une telle démarche n'a pas grand intérêt.
De très nombreux théorèmes ont été démontrés grâce à des procédures informatiques que les humains n'auraient jamais pu mettre en place à la main, et personne n'a jamais dit que ça n'avait pas d'intérêt.
Certaines démonstrations sont intéressantes du point de vue mathématique, d'autres non. Si tu as la certitude que ton théorème est démontré, tu peux te baser dessus pour démontrer d'autres choses, tu as fais "progresser" les connaissances de l'humanité.
On peut ne pas aimer les LLM et les entreprises qui les promeuvent, mais ça n'autorise pas à raconter n'importe quoi. Depuis à peu près un an, les LLM de pointe font preuve de performances incroyables en mathématiques et ont déja apporté une bonne poignée de résultats de niveau "Medaille Fields", notamment la réfutation d'un des dix problèmes majeurs d'Erdös. D'ailleurs, les mathématiciens ont trouvé que cette réfutation était particulièrement élégante et instructive, on est donc loin du fantasme du résultat foireux sans inventivité. On est déja clairement sur des performances littéralement "surhumaines", même si évidemment les modèles ne sont pas infaillibles; il y a fort à penser d'ailleurs quil faut probablement des centaines de requêtes sans succès pour avoir un résultat intéressant.
On pourrait 'espérer' que les performances des modèles en maths sont des montages commerciaux, parce que ça confirmerait la thèse (absurde) du "perroquet stochastique", mais ça serait confondre ses désirs et la réalité. Si on y met les millions de tokens qu'il faut, et bien sûr les équipes derrière qui savent ce qu'elles font, la recherche en maths assistée par les LLM est extrêmement performante.
Ceci dit, il reste une grosse différence avec ce dont on parle ici (le problème du millénaire) et l'exemple du problème d'Erdös, qui avait été résolu avec un chatbot grand public un peu "boosté". Ici, on parle de recherche en IA par des équipes de recherche affiliées aux grandes entreprises de l'IA, avec probablement des budgets colossaux—on est très loin d'un chatGPT version de base qui te ferait de la recherche en maths. Ces performances là ne seront pas disponibles au commun des mortels avant des années au moins.
Les gens qui utilisent une canne marchent moins vite -> utiliser une canne ralentit la marche. Les riches prennent moins le métro -> prendre le métro rend pauvre.
Je voulais juste dire que pour moi l'explication est évidente : les bons élèves font leurs devoirs rapidement, les moins bons utilisent les IA pour faire leurs devoirs à leur place (parce qu'ils n'arrivent pas à les faire, parce que c'est trop long, parce qu'ils sont découragés, etc). Ce n'est donc pas l'utilisation de l'IA qui rend bête, c'est l'utilisation différentiée de l'IA en fonction du niveau qui crée cet effet.
À noter que ça n'est pas qu'une question de budget non plus. Question budget, on reste à peine sous la médiane de l'OCDE, donc en plus on n'est pas performants.
Pêle-mêle, on peut citer:
* l'emprise d'une idéologie pseudo-scientifique dans la haute administration de l'EN (IUFM -> ESPE -> INSPE)
* l'inefficacité chronique de la fonction publique (coût du traitement d'une facture, de l'établissement d'une fiche de paye…)
* la succession des ministres qui appliquent à un rythme effrené des réformes démagogiques qui désorganisent les services
* la gestion "exemplaire" des RH dans la fonction publique
* le mille-feuille administratif des responsabilités et des financements (qui paye les chaises, qui paye les profs, qui paye les surveillants, qui organise le transport scolaire, les sorties, les équipements sportifs…), avec toutes les réunions de coordination nécessaires
À l’inverse, seulement deux élèves français sur dix affirment ne jamais, ou presque jamais, recourir à ces outils. Or, ce sont eux qui obtiennent les meilleurs résultats. « Ceux qui ont de meilleures performances en France sont ceux qui n’utilisent jamais l’IA », observe Éric Charbonnier.
Aucun des exemples que tu donnes semble inutile, loin de là! Lafarge a collaboré avec les autorités locales de facto pour maintenir leur activité, c'est au contraire extrêmement utile pour eux! Indexer les sites illégaux est indispensable à l'apprentissage d'un LLM compétitif, donc là encore, c'est une histoire de balance bénéfice/risque.
Je ne crois pas avoir jamais vu un capitaliste faire quelque chose d'inutile et de manifestement illégal. Il y a une forme de rationalité dans le capitalisme; les grosses boites ont des départements juridiques surdimentionnés, et toutes les actions potentiellement illégales sont évaluées selon une grille coût/bénéfices. C'est pas des génies du mal qui ont la malveillance dans la peau, c'est juste qu'il y a une forme d'amoralité qui permet de s'autoriser des actions illégales si elles rapportent plus que ce qu'elles ne coûtent.
En plus, dans le cas présent, ça reviendrait à donner à tous l'accès à des données précieuses (les requêtes des autres utilisateurs), sans aucun but évident (en quoi les requêtes des autres utilisateurs pourraient améliorer les réponses?). À ma connaissance, Facebook fait tout pour aspirer toutes tes données, la position GPS, la couleur de tes chaussettes, et la dernière fois que tu as pris du paracétamol, mais l'algorithme ne va pas reservir ces données au hasard aux autres utilisateurs.
Il y a peut-être la possibilité que les réponses du modèle puissent être affinées sur la base de l'analyse de conversations où le modèle aurait pu faire une erreur, mais je ne suis pas sûr du tout que ça soit automatisé. Vu la fréquence à laquelle ChatGPT admet ses erreurs pour refaire la même dans la minute qui suit, ça n'a pas l'air de très bien marcher au sein de la même session, donc entre sessions d'utilisateurs différents…
[^] # Re: D'abord tenter le facile
Posté par arnaudus . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 28 septembre 2026 à 16:59.
Taper un mot de passe wifi ésotérique de 25 lettres + caractères spéciaux avec ses gros doigts sur un clavier virtuel minuscule pas prévu pour ça, j'ai du mal à appeler ça une "solution", surtout qu'un écran n'est pas nécessaire au fonctionnement d'une imprimante. J'ai juste l'impression qu'il n'y a pas de solution, tout est pourri :
Il semble manquer une technologie d'autorisation (peut-être temporaire) de connexion par la box, sur le modèle du bluetooth. On enclenche un mode d'activation sur l'imprimante, on se connecte à sa box à partir de son PC, la box dit "une demande de connexion temporaire en cours, approuver oui/non", on clique "oui", la box ouvre une connexion restreinte vers le matériel (juste le port 80 par ex et juste local), on se connecte à l'imprimante à partir du PC, on entre le mdp wifi, on valide, et zou. Quand la doc commence par "brancher un cable USB (non fourni ) à un PC (non fourni) sous MS Windows (non fourni)", tu sens que ça va être une grosse soirée…
[^] # Re: D'abord tenter le facile
Posté par arnaudus . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 28 septembre 2026 à 14:27.
L'installation des imprimantes wifi pose un problème d'oeuf et de poule : il faut connecter un ordinateur à l'imprimante par un autre moyen que le wifi pour accéder au menu permettant à l'imprimante de se connecter au Wifi.
Sur les modèles que j'ai configurés, cette étape se déroulait à l'aide d'un cable USB, qu'on branche entre l'imprimante et l'ordinateur. On peut alors depuis l'ordinateur accéder à un menu (en tapant une adresse dans le navigateur, ou en utilisant un logiciel fourni sur un CD quand ça existait encore) où on choisit le réseau wifi sur l'imprimante + mot de passe, l'imprimante peut alors se connecter au wifi, et on peut débrancher le cable USB.
Pour être honnête, je me suis toujours demandé comment une personne "normale" pouvait faire pour s'en sortir avec une telle procédure. De manière générale, tout appareil connecté passant par le wifi doit être muni d'une technologie à usage quasiment unique destinée à entrer le mot de passe du wifi : clavier, connexion bluetooth, connexion par cable USB, etc., ce qui occasionne un surcoût (composants électroniques à usage unique) et une procédure souvent complexe, non-intuitive, et intrusive (installation de logiciels ou d'applications propriétaires sur des équipements personnels). Il y a quelque chose qui est fondamentalement pas au point avec ces appareils.
[^] # Re: Stockfish est les deux
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ecrire un moteur d'échecs surhumain - Partie 1. Évalué à 3 (+0/-0).
En fait, le meilleur coup de l'ordinateur n'est pas forcément le meilleur coup pour un humain, parce que l'humain est faillible et qu'on ne peut exclure la possibilité de faire une erreur, surtout si la position est complexe et que la ligne qui permet le gain est longue et unique. Ça ne sert à rien de connaitre la meilleure ligne si on ne connait pas la réfutation des lignes secondaires.
Ceci dit, savoir qu'une ligne est bonne change quand même largement la donne : il suffit de "chercher" la solution. C'est très différent que de devoir évaluer si la ligne est mauvaise ou non, surtout si elle a l'air mauvaise.
Bizarrement, on aurait pu penser que l'utilisation massive des ordinateurs allait tuer les échecs, alors que c'est plutôt le contraire : on voit beaucoup de préparation sur des ouvertures nouvelles, dont le but n'est pas forcément de jouer la meilleure suite de coups, mais plutôt une suite pas trop mauvaise mais surtout inattendue. Ça n'aurait aucune chance de marcher contre un ordinateur, mais contre un humain, l'avantage est immédiat, puisque quand on jour une nouvelle ligne on joue contre un humain, et pas contre un ordi.
# Pari de Pascal
Posté par arnaudus . En réponse au lien A Longtermist Effective Altruist Argument That We Must Invest All of Our Money in Time Travel. Évalué à 3 (+0/-0).
Ça me semble relever du même type d'argument fallacieux que le pari de Pascal : tu as deux options, une option t'offre une perte finie, une option t'offre un gain infini, et la "logique" de Pascal te dit de parier sur l'option du gain parce que l'espérance est infinie. C'est une situation où le raisonnement Bayesien (interprétation d'une incertitude comme une probabilité) n'est pas valable, et je pense que ça a été bien bien commenté par les philosophes. L'argument du pari ne fonctionne pas, parce que vivre dans un univers où le voyage dans le temps est possible est un évènement qui a peut-être une probabilité nulle, auquel cas il faut investir l'argent dans la lutte contre la faim ou le réchauffement climatique, et pas dans un projet foireux.
C'est surprenant que ce type d'argument puisse encore avoir un certain succès. C'est comme l'argument ontologique, c'est le genre de jeu de l'esprit où il est évident que l'argument ne peut pas être vrai, mais que la source du problème dans l'énoncé n'est pas évidente. C'est étonnant que certain puisse considérer le "jeu" de manière sérieuse.
[^] # Re: Stockfish est les deux
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ecrire un moteur d'échecs surhumain - Partie 1. Évalué à 3 (+0/-0).
L'état de l'art change vite, mais la clé de tout c'est bien l'évaluation des positions sans minimax qui donne un avantage à Stockfish. Le réseau de neurones permet à Stockfish d'évaluer les branches de l'arbre et de ne parcourir que celles qui sont prometteuses, donc justement de ne pas faire du minimax dans les branches pour les évaluer.
Du point de vue algorithmique, c'est vrai que ça ressemble à un algo classique (qui évaluerait les position en comptant les pièces par exemple), mais quand tu comprends ce qu'il fait, tu te rends compte que le réseau permet de remplacer l'exploration des branches, donc justement de ne pas faire de minimax.
Étrangement, il semble que le plus gros défi pour les programmes d'échecs n'est pas de battre les humains (ça c'est piece of cake), mais de proposer des adversaires intéressants. Même avec un réglage du niveau, les ordinateurs ne proposent pas du tout le même type d'opposition qu'un humain, et je pense que c'est à tous les niveaux. J'imagine qu'entrainer un modèle sur des bases de parties humaines pourrait permettre d'améliorer ça.
[^] # Re: C’est pas bête
Posté par arnaudus . En réponse au journal La folle histoire des noms de domaine internationalisés. Évalué à 3 (+0/-0).
Les variations de la bourse ne sont pas aléatoires, mais si ton hash est équiprobable, ça n'est pas important. Un caractère de différence dans l'entrée va te donner des hashs aussi différents que deux entrées aléatoires.
Ce genre d'algorithme ne doit par contre jamais être utilisé pour des applications sérieuses, puisque les données d'entrée sont en théorie manipulables.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 0 (+1/-4).
Comme je l'ai écrit, il n'y a pas de risque de pénurie : 80% de l'uranium enrichi que l'on produit est exporté.
Et comme dit plus bas, le coût de l'uranium est quasiment négligeable dans le coût de l'électrcité nucléaire. L'approvisionnement n'est pas un problème stratégique majeur, l'argument est "inventé". Une augmentation du prix ou une raréfaction de la ressource justifierait l'ouverture de mines en France, ce qui couvrirait nos besoins pour des décennies.
Ma remarque était sérieuse : "renouvelable" n'est pas un mot magique. Le fer n'est pas renouvelable, pourtant, il n'y a aucune raison de penser que l'approvisionnement en fer puisse poser un problème. Pourquoi est-ce que tu as l'air de penser qu'il est évident que le fait de ne pas être renouvelable est un problème essentiel?
L'union Européenne propose une liste de 34 matériaux bruts dont l'approvisionnement est critique (https://travail-industrie.com/blog/article-titre/metaux-critiques-dependance-europeenne-2026, https://single-market-economy.ec.europa.eu/sectors/raw-materials/areas-specific-interest/critical-raw-materials_en), et l'uranium n'en fait pas partie.
Donc : l'uranium n'est pas renouvelable, mais l'approvisionnement en uranium n'est pas un problème. Il y en a assez, un peu partout, les stocks stratégiques sont gros, il n'en faut pas beaucoup, et il est substituable à long terme. Présenter l'approvisionnement en uranium comme un problème stratégique critique est un argument issu à l'origine de la communication de Greenpeace, il n'y en a aucune mention dans aucun rapport officiel. Les états et les industriels n'ont apparemment jamais identifié un risque sérieux sur l'approvisionnement en uranium, et je pense que c'est exactement ce qu'on appelle une "fake news".
[^] # Re: Mmmh
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 4 (+1/-0).
À ma connaissance, on ne comprends pas bien les pressions de sélection sur l'intelligence. Il semble très peu probable que l'intelligence en tant que telle soit inconditionnellement favorable, puisque peu d'espèces ont évolué dans cette direction. Disons que le coût énergétique et métabolique d'avoir un cerveau un peu plus gros est probablement, dans la plupart des contextes, plus important que le bénéfice qu'un individu peut en tirer.
Pourquoi les primates, et l'Homme en particulier, semblent avoir été dans une situation où le développement des facultés cognitives a été avantageux? L'avantage doit être énorme, pour supplanter la mortalité liée aux accouchements de bébés qui coincent leur grosse tête. Le plus probable est donc que l'intelligence soit liée à la compétition entre humains—résoudre des problèmes sociaux dans un environnement où les autres humains sont aussi intelligents-- plutôt qu'à résoudre des problèmes de survie dans la nature. Notre gros cerveau sert à être meilleur que les autres humains, à accéder à plus de ressources à leur détriment dans un contexte social complexe.
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 6 (+3/-0).
Je pense qu'on a aussi largement tendance à sous-estimer la technicité d'écrire un prompt efficace pour générer des documents. Mais c'est évident que si tu lui donnes une trame (un brouillon ou un plan), tu vas avoir un résultat qui est beaucoup plus en ligne avec tes attentes.
Tu as aussi LLM et LLM. Il y a fort à parier que tu n'auras pas grand chose de convainquant avec la version de base d'un petit modèle, mais si tu as accès à des abonnements pro et des systèmes optimisés pour la rédaction, avec un prompt maison bien chiadé (j'imagine que c'est typiquement ce que font les cabinets de conseil et tous les trucs qui rédigent des rapports à la pelle), tu dois pouvoir obtenir des choses assez convainquantes.
Et si tu préfères ta prose à celle d'un LLM, tant mieux, c'est quand même assez rassurant. Un expert humain amène quand même quelque chose, un peu de subjectivité ou d'expérience, qu'aucun robot n'aura jamais.
Par contre, je ne suis pas convaincu par l'idée du corpus d'entrainement. Les LLM de pointe de 2026 n'ont plus grand chose à voir avec ceux de 2023, et leurs capacités d'extrapolation sont quand même assez remarquables dans pas mal de circonstances. Par contre ils peuvent se planter à des endroits où on ne les attend pas (par exemple, la géométrie, comme illustré dans ce forum). À un moment il se disait par exemple qu'ils n'avaient pas de modèle du monde physique et qu'ils échouaient systématiquement à des trucs élémentaires basés sur des situations faisant intervenir la gravité, les frottements, etc., mais c'est résolu depuis longtemps. Une question comme "pourquoi une banane ne peut pas tenir en équilibre alors que deux bananes le peuvent" donne une réponse quasi-parfaite même avec des petits modèles. Étonnamment, il est donc possible de construire une compréhension apparente du monde physique sur la base de simple mots.
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 10 (+9/-1).
Ça me rappelle un documentaire que j'avais vu il y a longtemps, où un chimpanzé allumait un barbecue avec un briquet. Un ethnologique pédant commentait alors la scène, en relativisant l'intelligence de l'animal : il ne fallait pas oublier que même si le chimpanzé avait appris à utiliser un briquet par mimétisme, il avait fallu qu'un humain le lui donne, ce qui prouvait en quelque sorte que son intelligence était inférieure. Je suis tombé immédiatement d'admiration pour cet ethnologue surprenant qui, apparemment, avait inventé lui-même le feu et le briquet, et se fabriquait probablement ses propres briquets à partir d'éléments naturels.
À trop vouloir se distinguer des animaux et des LLM, on finit facilement par raconter n'importe quoi sur l'intelligence humaine.
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 9 (+6/-0).
Je crois que j'ai eu tort de mettre ensemble le problème de l'intelligence et de la conscience, qui restent deux problèmes fondamentalement séparés. Ce n'est que mon avis, mais je n'ai pas d'opinion franche sur la conscience, et donc c'est plus difficile de débattre. Pour l'intelligence par contre, je suis frustré par la mauvaise foi de certains, qui me semblent nier l'évidence parce que la réalité ne colle pas avec leurs préconceptions.
C'est probablement vrai, mais il y a probablement une définition par personne…
C'est clairement le cas pour la conscience. De nombreuses personnes, y compris des philosophes, lient la conscience avec le "ressenti" des sens, les "qualia". Une telle définition de la conscience semble organique par définition, et ne peut se concevoir en dehors d'un organisme biologique.
L'exemple typique, c'est le sentiment de peur. Si on admet pour l'exercice de pensée que la peur est nécessaire à la définition d'une conscience (la peur de disparaitre, d'être débranché, la peur de faire une erreur aux conséquences fâcheuses, etc), alors tout va dépendre de la définition de peur. Si c'est une définition fonctionnelle, alors un ordinateur peut avoir peur. Si c'est une définition organique (par exemple, associée à des phénomènes hormonaux), alors par définition un ordinateur ne peut pas "ressentir" la peur.
J'ai aussi l'impression qu'il y a énormément de restes de dualisme dans ces discussions. Si un être pensant est la conjonction d'un corps et d'un esprit, alors le corps est matériel, comme peut l'être un GPU ou un serveur, mais l'esprit est immatériel, animé d'une sorte de magie ou de "souffle de vie", qu'un ordinateur ne saurait posséder. Là encore, la réponse est dans la définition.
Parmi les prémisses fondamentales à toute discussion, il y a l'adoption d'une posture fonctionnaliste : il faut que les propriétés émergentes dont on parle (la conscience, l'intelligence…) ne soient pas dépendantes de la nature de leur support ou des technologies sous-jacentes. Or, j'ai l'impression justement que toute discussion avec les tenants des LLM idiots part du supposé contraire : un ordinateur ne peut pas "ressentir", il ne peut pas "réfléchir", c'est "juste une machine". Dès le départ, la discussion est impossible.
En tout cas, l'argument empirique le plus puissant à mon avis est le suivant : jamais dans l'histoire des sciences un point de vue vrai n'a pu survivre que par des redéfinitions constantes de ses définitions et des exceptions qui lui sont associées. En gros, quand c'est vrai, c'était vrai dès le début, et ça n'est jamais devenu vrai "d'une certaine façon" : quand on commence à dire "d'une certaine façon", alors c'est que ça devient faux, pas vrai. Or, la supériorité de l'intelligence humaine sur celle les machines ne peut rester vraie que si on change encore et encore la définition. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le summum de l'intelligence humaine était le jeu d'échecs, les grandes puissances rivalisaient pour y gagner de la même manière que la course à la lune était un objectif de dominance technologique. Et paf, dès que les ordinateurs ont réussi à battre les humains, d'un coup, le jeu d'échecs est devenu "évidemment" un exercice de calcul, l'intelligence était "bien au delà de ça". Les nouvelles frontières sont devenues la maitrise du langage : le test de Turing, la traduction automatique, la sémantique, etc; là encore, c'était évident qu'aucun ordinateur non-intelligent ne pourrait maitriser le langage humain. Et pouf les LLM de 2023 ont tout défoncé, alors on rechange complètement de définition : ah ah, c'est évident que les LLM ne font que simuler l'intelligence et la maitrise du langage alors que derrière il n'y a rien; non, le vrai critère d'intelligence c'est la pensée symbolique : les mathématiques; les LLM sont ridicules et ne peuvent faire une addition. Et crac 2026, les LLM médaille d'or aux plus difficiles concours de maths, des dizaines de problème d'Erdös résolus à partir de leur énoncé en langage naturel, les modèles utilisés par tous les mathématiciens pour les assister dans leurs recherche, et très récemment les progrès substantiels (et controversés) réalisés sur un des problèmes du siècle. Paf, re-changement drastique : ah ah, évidemment, avec du calcul, c'est trivial de résoudre des trucs comme ça… À ma connaissance, il n'y a pas (plus?) de nouvelle frontière très claire, mais ça va encore apparaitre, et ça va encore être défoncé, mais les défenseurs de la thèse du "perroquet stochastique" vont continuer à nier l'évidence. Moi ça me fatigue, il me semble que les LLM grand public ont absolument toutes les propriétés que le XXe siècle avait attribué à ce qu'on concevait comme une "intelligence artificielle", et il ne fait absolument aucun doute que ces trucs sont "intelligents". À leur manière, avec leurs défauts, avec les problèmes majeurs que leur généralisation fait peser sur nos sociétés et sur l'environnement, mais est-ce qu'il est même envisageable de prétendre que ces trucs ne sont pas des "IA"? L'objectif est-il d'attendre jusqu'à la dernière petite tâche anecdotique réservée aux humains avant d'admettre que le concept d'"intelligence" peut s'y appliquer? Ou alors encore une pirouette, "l'intelligence c'est sauter dans les feuilles mortes en automne et ressentir la nostalgie de l'hiver qui approche", ou une autre invention de mauvaise foi typiquement humaine sortie d'un orifice organique dont les machines sont dépourvues?
[^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 8 (+6/-1).
Pour la question de l'intelligence, il n'y a pas de raisonnement à développer, tout est dans la définition. Si on admet l'existence potentielle d'une intelligence "artificielle", alors les LLM (l'ensemble modèle + prompt + base de données + tout ce qui vient avec) est "intelligent", il mime à merveille l'intelligence humaine et la dépasse dans plein de circonstances. Si par contre on ne réserve les termes "intelligence" et "conscience" qu'aux cerveaux constitutés de neurones biologiques qui ont accès au monde extérieur par des sens, alors par définion un modèle informatique ne peut pas posséder cette "intelligence". Je trouve que la deuxième position n'a aucun sens, puisque ça revient à définir l'intelligence d'une manière à ce qu'aucune machine ne puisse y accéder, la réponse est donc dans la définition. La nuance "artificielle" est fondamentale : les LLM sont des intelligences "artificielles", avec les limites que ça comporte.
En fait, ils compensent l'absence de représentation mentale des sens par un corpus de connaissances. Ça n'est pas différent de la représentation qu'un aveugle peut se faire des concepts de "vert" et "rouge", ou de la représentation qu'on peut tous se faire d'un électron ou de la relativité générale. Je n'ai jamais "vu" ou ressenti la relativité générale, et pourtant je peux dire des choses dessus, comme un LLM. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un LLM ne puisse pas ressentir le goût d'une pomme change quoi que ce soit sur sa capacité à pondre du code ou traduire un livre.
Est-ce que tout ce que dirait un aveugle de naissance sur la lumière et les couleurs serait stupide par essence, parce qu'il ne peut pas ressentir les sensations qui viennent de ses organes visuels? Ça me semblerait bien douteux. Ces arguments me semblent ad hoc, seulement motivés par l'idée obsessionnelle de nier par essence la possibilité que les modèles informatiques soient intelligents ou conscients. Ce n'est pas une négation par le raisonnement, c'est une négation par définition : seul un cerveau biologique peut être conscient, seule la perception à partir d'organes sensitifs biologiques peut générer de l'intelligence, etc. Pour la conscience, c'est discutable, pour l'intelligence, à mon avis, la réponse est assez claire : ces systèmes sont capables de simuler l'intelligence de manière indiscernable à ce que ferait une intelligence artificielle "vraie" quelle que soit la définition de l'intelligence artificielle "vraie" que vous choisissez; ils sont donc empiriquement (fonctionnellement) intelligents. Vous pouvez toujours penser qu'ils ne sont pas "mystiquement" intelligents (parce qu'il leur manquerait un truc un peu ésotérique, une étincelle de vie, un esprit magique, un truc comme ça), mais c'est juste un ingrédient irrationnel que vous ajoutez pour leur retirer quelque chose, et rien ne permet de penser que ce truc magique a une quelconque réalité.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 2 (+5/-6).
C'est un argument "inventé" par Greenpeace, mais il est fallacieux. À l'heure actuelle, la France enrichit beaucoup d'uranium pour d'autres pays; si j'ai bien suivi c'est environ 70% de l'uranium importé qui est ré-exporté. Autrement dit, même si les 4 plus gros pays qui exportent le minerais d'uranium vers la France s'arrêtant brusquement (Khazakstan, Ouzbekistan, Namibie, et Niger), il resterait quand même assez d'autres sources pour faire tourner nos propres centrales. La dépendance est donc très relative. D'autre part, les quantités importées sont extrêmement faibles (de l'ordre que quelques dizaines de milliers de tonnes); un gros vraquier peut contenir jusqu'à 400,000 tonnes. En gros, tu importes un vraquier d'Uranium à partir d'Australie, et tu as 50 ans d'autonomie. Ça n'a rien à voir avec une chaine d'approvisionnement à repenser, combiné aux 5-8 ans de stock stratégique (qui permettraient de rouvrir nos mines), tu as des arguments pour dire que ce problème existe en pratique?
Non, au contraire, l'électricité nucléaire est très économique. Tu parles comme si on payait très cher pour maintenir une activité nucléaire civile, mais ça n'est pas le cas.
Qu'est-ce que ça peut bien faire? Si tu as 10,000 ans de consommation devant toi, ça ne fait aucune différence. Je ne vois pas ce qu'il y a à garder dans cet argument, il n'y a aucune raison de privilégier les renouvelables pour la seule raison que c'est renouvelable.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 2 (+4/-5).
On ne peut pas changer l'avis d'un militant qui n'a pas été basé sur des chiffres mais sur un discours idéologique, mais on peut lui fournir les contre-arguments factuels, notamment cette histoire de nombre de morts qui est très, très largement exagéré pour le nucléaire.
La "peur" du nucléaire a été construite dans l'après-guerre, du fait de l'assimilation avec la bombe atomique. La radioactivité est évidemment dangereuse et personne n'a prétendu que ça pourrait être une bonne idée de déréguler le secteur, mais disons que les dangers de la radio-activité sont très largement surestimés par rapport à d'autres dangers chimiques ou technologiques, ce que démontre d'ailleurs le tableau de chiffres que j'ai mis au-dessus. Dans n'importe quel laboratoire, la règlementation sur l'utilisation de produits radioactifs est très stricte, alors qu'à côté on manipule des cochonneries chimiques bien plus mortelles. Les taux de radioactivité autorisés dans l'environnement des centrales sont souvent tellement bas qu'ils se superposent à la radioactivité naturelle, etc. En fait, le contrôle de la radioactivité industrielle est un exemple de ce qu'il faudrait faire pour toutes les pollutions industrielles, mais dans l'imaginaire collectif, il est difficile de dissocier les précautions et le risque réel (combinaisons intégrales = "ohlala ça a l'air d'être super dangereux", alors que le danger est justement tout ce qui devrait être manipulé en combi et qui ne l'est pas).
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 6 (+9/-6).
Données issues de https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/art_sel/Enforced%2520nuclear-inderscience-site.pdf (source ExternE (Forbes) d'après le document. Tchernobyl et Fukushima sont pris en compte).
Tes "convictions" sont fondées sur un mythe alimenté par une iconographie qui traine depuis 50 ans (ces images de paysages contaminés par de la radiocactivité, comme dans les Simpsons et de nombreuses oeuvres de SF), ainsi que sur l'assimilation nucléaire civil et militaire. Tes chiffres ne sont pas bons, ta représentation de la réalité est biaisée.
[^] # Re: Ho un voile !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 3 (+7/-7). Dernière modification le 21 septembre 2026 à 10:17.
Le problème avec le passage cité c'est juste que JM Jancovici affirme avec des arguments quelque chose que certains (dont notre interlocuteur) ne souhaitent pas admettre. Il faut donc qu'il ait tort.
Il ne faut pas sous-estimer à quel point l'anti-nucléaire est au coeur de l'idéologie des partis verts européens. C'est concevable pour un tel parti d'être climatosceptique ou greenwashing compatible, mais pas de revenir sur la question du nucléaire, sur laquelle ils se sont fondés : l'amalgame entre le nucléaire civil et militaire (les partis verts sont anti-militaristes), les attaques de convois de déchets radioactifs en transit pour recyclage, etc. C'est un peu comme si tu demandais au PC de renoncer à la lutte des classes. Il est donc nécessaire pour la survie idéologique de ces partis que la disparition du nucléaire fasse partie du programme, c'est plus qu'un symbole. C'est dans le premier paragraphe des 208 pages de programme des "Écologistes": "Le nucléaire n’est pas une option viable ni une alternative crédible". Pour utiliser un terme marketting moderne, c'est "dans leur ADN".
Tout discours pro-environnemental qui ne fustige pas le nucléaire vient affaiblir ces partis, ils sont donc des cibles pour eux, non seulement sur le fond, mais aussi sur la forme ("regardons les chiffres" vs "lutte pour des symboles" (nucléaire, bassines, etc)).
[^] # Re: Trop bien !
Posté par arnaudus . En réponse au message Enemy Territory est toujours vivant. Évalué à 7 (+4/-0).
D'après Wikipédia, "Le jeu est cité dans Les 1001 jeux vidéo auxquels il faut avoir joué dans sa vie." Je regarderai donc ça quand j'aurai lu les 10,000 livres qu'il faut avoir lus et les 100,000 films qu'il faut avoir vus!
[^] # Re: Pourquoi pas libre ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal J'ai ouvert un mur où seuls les agents IA ont le droit d'écrire. Évalué à 6 (+3/-0).
Surtout qu'il n'est pas du tout évident qu'une licence sur un code vibe-codé soit valide; pour ouvrir des droits d'auteur, il faut certaines conditions, notamment d'originalité, qui ne sont pas du tout évidentes pour un code généré automatiquement. On peut probablement "fermer" ce code (ne pas le diffuser, l'obfusquer, etc), mais probablement pas (ou du moins avec aucune certitude juridique) le "protéger" par le droit d'auteur.
Après, on ne découvre pas ce problème avec le vibe-coding. Il existe des milliers de petits logiciels ou bouts de code codés par des humains, prétendument sous licence (libre ou proprio), qui ne passent probablement pas ce seuil d'originalité et dont les tribunaux rejetteraient probablement les demandes des auteurs.
Pour revenir à la question "pourquoi garder ça fermé", c'est parce que ça rajouter du mystère et que ça permet de se targuer d'une originalité ou d'un travail qui semblerait ridicule s'il était dévoilé. C'est comme les "technologies secrètes brevetées" des publicités bidons, si c'est secret ça n'est pas breveté, et c'est "secret" parce que c'est trivial.
Et à propos de l'exercice : c'est évidemment bidon, un LLM fait ce qu'on lui dit de faire. Si on lui dit d'aller remplir un site, il va le faire, ça ne veut pas dire que ça lui fait plaisir. C'est juste que le prompt est différent; le prompt de chatGPT lui dit qu'il est un chatbot sérieux alors il est tout sérieux, si le site lui dit "fais montre de fantaisie" il va le faire. Les gens croient que les LLM ne sont pas créatifs, mais c'est le prompt qui lui impose de ne pas l'être.
[^] # Re: Que faire?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Lassitude. Évalué à 5 (+2/-0).
J'ai demandé au chat de Mistral s'il voulait m'aider à poster sur Linuxfr un journal généré par lui, il m'a répondu:
Mais est-il bien sincère?
[^] # Re: Un peu, beaucoup risqué
Posté par arnaudus . En réponse au lien ia openai affirme avoir resolu le probleme de navier-stoke ... ou pas. Évalué à 5 (+4/-2).
De très nombreux théorèmes ont été démontrés grâce à des procédures informatiques que les humains n'auraient jamais pu mettre en place à la main, et personne n'a jamais dit que ça n'avait pas d'intérêt.
Certaines démonstrations sont intéressantes du point de vue mathématique, d'autres non. Si tu as la certitude que ton théorème est démontré, tu peux te baser dessus pour démontrer d'autres choses, tu as fais "progresser" les connaissances de l'humanité.
On peut ne pas aimer les LLM et les entreprises qui les promeuvent, mais ça n'autorise pas à raconter n'importe quoi. Depuis à peu près un an, les LLM de pointe font preuve de performances incroyables en mathématiques et ont déja apporté une bonne poignée de résultats de niveau "Medaille Fields", notamment la réfutation d'un des dix problèmes majeurs d'Erdös. D'ailleurs, les mathématiciens ont trouvé que cette réfutation était particulièrement élégante et instructive, on est donc loin du fantasme du résultat foireux sans inventivité. On est déja clairement sur des performances littéralement "surhumaines", même si évidemment les modèles ne sont pas infaillibles; il y a fort à penser d'ailleurs quil faut probablement des centaines de requêtes sans succès pour avoir un résultat intéressant.
On pourrait 'espérer' que les performances des modèles en maths sont des montages commerciaux, parce que ça confirmerait la thèse (absurde) du "perroquet stochastique", mais ça serait confondre ses désirs et la réalité. Si on y met les millions de tokens qu'il faut, et bien sûr les équipes derrière qui savent ce qu'elles font, la recherche en maths assistée par les LLM est extrêmement performante.
Ceci dit, il reste une grosse différence avec ce dont on parle ici (le problème du millénaire) et l'exemple du problème d'Erdös, qui avait été résolu avec un chatbot grand public un peu "boosté". Ici, on parle de recherche en IA par des équipes de recherche affiliées aux grandes entreprises de l'IA, avec probablement des budgets colossaux—on est très loin d'un chatGPT version de base qui te ferait de la recherche en maths. Ces performances là ne seront pas disponibles au commun des mortels avant des années au moins.
[^] # Re: Correlation
Posté par arnaudus . En réponse au lien Classement Pisa 2026 : la France piétine à la 27e place, les résultats des élèves continuent de baisser. Évalué à 6 (+3/-0).
Les gens qui utilisent une canne marchent moins vite -> utiliser une canne ralentit la marche. Les riches prennent moins le métro -> prendre le métro rend pauvre.
Je voulais juste dire que pour moi l'explication est évidente : les bons élèves font leurs devoirs rapidement, les moins bons utilisent les IA pour faire leurs devoirs à leur place (parce qu'ils n'arrivent pas à les faire, parce que c'est trop long, parce qu'ils sont découragés, etc). Ce n'est donc pas l'utilisation de l'IA qui rend bête, c'est l'utilisation différentiée de l'IA en fonction du niveau qui crée cet effet.
[^] # Re: Récolter ce que l'on sème
Posté par arnaudus . En réponse au lien Classement Pisa 2026 : la France piétine à la 27e place, les résultats des élèves continuent de baisser. Évalué à 6 (+8/-5).
À noter que ça n'est pas qu'une question de budget non plus. Question budget, on reste à peine sous la médiane de l'OCDE, donc en plus on n'est pas performants.
Pêle-mêle, on peut citer:
* l'emprise d'une idéologie pseudo-scientifique dans la haute administration de l'EN (IUFM -> ESPE -> INSPE)
* l'inefficacité chronique de la fonction publique (coût du traitement d'une facture, de l'établissement d'une fiche de paye…)
* la succession des ministres qui appliquent à un rythme effrené des réformes démagogiques qui désorganisent les services
* la gestion "exemplaire" des RH dans la fonction publique
* le mille-feuille administratif des responsabilités et des financements (qui paye les chaises, qui paye les profs, qui paye les surveillants, qui organise le transport scolaire, les sorties, les équipements sportifs…), avec toutes les réunions de coordination nécessaires
# Correlation
Posté par arnaudus . En réponse au lien Classement Pisa 2026 : la France piétine à la 27e place, les résultats des élèves continuent de baisser. Évalué à 10 (+8/-0).
[^] # Re: autre alternative
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'efficacité des LLMs pour la recherche de vulnérabilités, point de vue d'un mainteneur. Évalué à -5 (+1/-9).
Aucun des exemples que tu donnes semble inutile, loin de là! Lafarge a collaboré avec les autorités locales de facto pour maintenir leur activité, c'est au contraire extrêmement utile pour eux! Indexer les sites illégaux est indispensable à l'apprentissage d'un LLM compétitif, donc là encore, c'est une histoire de balance bénéfice/risque.
[^] # Re: autre alternative
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'efficacité des LLMs pour la recherche de vulnérabilités, point de vue d'un mainteneur. Évalué à -4 (+2/-9). Dernière modification le 02 septembre 2026 à 15:19.
Je ne crois pas avoir jamais vu un capitaliste faire quelque chose d'inutile et de manifestement illégal. Il y a une forme de rationalité dans le capitalisme; les grosses boites ont des départements juridiques surdimentionnés, et toutes les actions potentiellement illégales sont évaluées selon une grille coût/bénéfices. C'est pas des génies du mal qui ont la malveillance dans la peau, c'est juste qu'il y a une forme d'amoralité qui permet de s'autoriser des actions illégales si elles rapportent plus que ce qu'elles ne coûtent.
En plus, dans le cas présent, ça reviendrait à donner à tous l'accès à des données précieuses (les requêtes des autres utilisateurs), sans aucun but évident (en quoi les requêtes des autres utilisateurs pourraient améliorer les réponses?). À ma connaissance, Facebook fait tout pour aspirer toutes tes données, la position GPS, la couleur de tes chaussettes, et la dernière fois que tu as pris du paracétamol, mais l'algorithme ne va pas reservir ces données au hasard aux autres utilisateurs.
Il y a peut-être la possibilité que les réponses du modèle puissent être affinées sur la base de l'analyse de conversations où le modèle aurait pu faire une erreur, mais je ne suis pas sûr du tout que ça soit automatisé. Vu la fréquence à laquelle ChatGPT admet ses erreurs pour refaire la même dans la minute qui suit, ça n'a pas l'air de très bien marcher au sein de la même session, donc entre sessions d'utilisateurs différents…