Journal Trente ans

Posté par . Licence CC by-sa
25
12
août
2011

Souvenez-vous, c'était il y a trente ans.

Le 12 août 1981, IBM lancait le Personal Computer sous la forme de l'IBM PC 5150.

Le but de Big Blue était de démocratiser l'informatique, de la faire pénétrer au sein des foyers et par la même occasion, de contrer une concurrence de plus en plus présente sur le marché, j'ai cité Apple, Commodore, Atari et autre Tandy. J'ai eu pour ma part la joie d'écrire mes premiers programmes en Basic sur un Tandy 102, appareil assez révolutionnaire qui fonctionnait grâce à quatre batteries AA 1,5V. Si vous possédez un de ces engins de la préhistoire, pensez à le faire estimer par un expert avant de l'envoyer au recyclage en Inde ou en Chine.

Pour l'aspect technique, la machine était tout de même rudimentaire, le processeur était un Intel 8088 cadencé à 4,77MHz. La mémoire se composait de 16 Ko de RAM (extensible à 640 Ko) et de un ou deux lecteurs de disquettes 5¼ (Simple face 160 Ko, 320 Ko double face et 512 Ko double face double densité).
Côté connectique externe, 4 port USB3 et 1 HDMI un port parallèle DB25 pour une imprimante, un port pour le lecteur de cassettes et autre connectique pour les modules additionnels. En interne, ce n'était guère mieux: 5 ports ISA à bus 8 bit où l'on pouvait installer l'extension de RAM.

En outre, si vous avez utilisé ce genre de machine, vous vous souviendrez que sur la plupart de celles-ci, si une unité d'amorçage n'était pas détectée au démarrage, on se retrouvait sur le prompt d'une session de Basic, version MS, présent en ROM. Le système d'exploitation MS-Dos était habituellement sur une disquette.

Cette fabuleuse machine était vendue au prix de 1565$, prix de base à environ 4500$ pour le toutes options.

On retiendra que la grande innovation d'IBM aura été la compatibilité des différentes générations de PC. Même les clones, produits en grandes quantités à l'époque, ont respecté cette compatibilité. C'est sans aucun doute cela qui a permis la démocratisation du PC.
La division "matériel" d'IBM a été reprise en 2005 par l'entreprise chinoise Lenovo, mettant ainsi fin à un des plus grand chapitre de l'histoire de l'informatique.

Encore quelques liens en rapport avec le sujet:
Futura-sciences
Wikipedia FR
Wikipedia EN

  • # Ouch!!

    Posté par . Évalué à 4.

    ...un des plus grands chapitres...

    Merci pour la correction.

  • # Suite

    Posté par . Évalué à 1.

    http://www.developpez.com/actu/35957/-Les-PC-vont-suivre-le-meme-chemin-que-la-machine-a-ecrire-et-que-les-vinyles-predit-l-un-des-concepteurs-du-premier-PC-d-IBM/

    Maintenant d'après certains le "PC" est entrain de mourir (mais IBM n'est pas acteur de ce changement).

    Tous les contenus que j'écris ici sont sous licence CC0 (j'abandonne autant que possible mes droits d'auteur sur mes écrits)

    • [^] # Re: Suite

      Posté par . Évalué à 10.

      J'ai lu l'article original du co-concepteur, et je pense qu'on en fait une mauvaise interprétation (du moins en partie).

      Il dit clairement que le PC ne va pas disparaitre mais qu'il va perdre son rôle de guide dans l'innovation. ("But, while PCs will continue to be much-used devices, they’re no longer at the leading edge of computing")

      Et il précise bien que les nouveaux leaders ne seront pas les tablettes (ou autres appareils) mais sera le rôle de l'informatique ("PCs are being replaced at the center of computing not by another type of device—though there’s plenty of excitement about smart phones and tablets—but by new ideas about the role that computing can play in progress.")

      Son exemple est les interactions que les gens, les idées, les lieux peuvent avoir grâce à l'informatique.

      En résumé pour lui l'ère post-PC n'est pas l'ère d'un nouveau type d'appareil mais l'ère de l'informatique social. C'est ça qui devient le centre d'innovation principal.

      Et l'informatique social n'est pas Twitter ou Facebook. Son exemple, c'est ce que l'informatique peut apporter au développement du continent Africain, pour un monde meilleur.

      C'est bien sûr une grosse pub pour IBM. Mais allez quand même lire l'article original, ça n'a vraiment pasgrand chose à voir avec ce qu'on lit sur les sites français qui ont repris l'affaire.

  • # Rendons à Microsoft…

    Posté par . Évalué à 7.

    On retiendra que la grande innovation d'IBM aura été la compatibilité des différentes générations de PC. Même les clones, produits en grandes quantités à l'époque, ont respecté cette compatibilité. C'est sans aucun doute cela qui a permis la démocratisation du PC.

    Je ne suis pas sûr que la compatibilité entre les différentes générations PC/XT/AT soit vraiment à l'origine de la standardisation du PC. Je pense que c'est plutôt le fameux coup de Microsoft -- retenir les droits sur le DOS que IBM leur avait commandé -- qui a permis au standard d'émerger. Je pense même que c'est ce qui a poussé IBM a gardé la compatibilité dans les générations suivantes. (Quand ils se sont aperçus de leur monumentale erreur, ils ont essayés de casser la compatibilité en introduisant le PS/2, avec le succès que l'on sait.)

    En effet, une fois le système d'exploitation devenu indépendant du fabricant de matériel, il ne restait plus qu'à faire du reverse engineering sur le BIOS pour être capable de produire un ordi à peu près compatible (à l'époque, on mesurait la compatibilité des PC en pourcentage…).

    Il est à noter d'ailleurs que Microsoft a tenté de reproduire cela dans le monde de la micro-informatique familiale, avec le standard MSX, qui a eu un certain succès au japon et un peu moins en Europe.

    • [^] # Re: Rendons à Microsoft…

      Posté par . Évalué à 6.

      À mon avis, c'est plutôt le fait qu'IBM n'ait pas pensé à breveter le bus externe qui a permis à des concurrents de proposer des cartes alternatives.
      C'est bien la démonstration que les brevets sont un frein à l'innovation. Le bus externe breveté, IBM verrouillait largement le PC et l'évolution aurait sans été tout autre.

      Et il ne fut nul besoin de faire du "reverse engineering" sur le BIOS, des copies du source, copies plus ou moins pirates, ont été disponibles très tôt. Et elles ne devait rien au r"reverse engineering", par exemple, le nom des symboles étaient tout à fait parlant et absolument pas synthétiques. Je dois d'ailleurs avoir encore l'une de ces copies qui traîne quelque part dans mon grenier.

      Le BIOS disponible, le bus non verrouillé, c'était un jeu d'enfant de proposer un PC concurrent.

      • [^] # Re: Rendons à Microsoft…

        Posté par . Évalué à 7.

        Tout à fait. L'article est complètement faux quand il dit "Le but de Big Blue était de démocratiser l'informatique etc...".

        En réalité IBM c'est du mainframe et quand une petite équipe a voulu lancé le PC, ça a paru une idée tellement loufoque de lancer ce genre de matériel que les dirigeants IBM les ont laissé faire juste pour les voir se planter. D'où l'absence assez total de brevets et copyright en tout genre. Du reste IBM a en effet toujours été mauvais pour faire du Personal Computer et a finit par abandonner.

        On voit par contre que cette absence de protection a été un formidable tremplin dans le secteur de la micro-informatique vu que le PC a bouffé tout le reste.

        • [^] # Re: Rendons à Microsoft…

          Posté par (page perso) . Évalué à 6.

          Du reste IBM a en effet toujours été mauvais pour faire du Personal Computer et a finit par abandonner.

          Ses portables étaient très apprécié, ce qui les a fait abandonner, c'est que les marges sont beaucoup plus réduites que sur leurs autres produits et que ce n'allait pas aller vers une amélioration.

          « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

      • [^] # Re: Rendons à Microsoft…

        Posté par . Évalué à 1.

        Il n'y a jamais eu besoin de copies pirates, l'intégralité des sources du BIOS étaient dans le manuel de référence technique de la machine...

      • [^] # Re: Rendons à Microsoft…

        Posté par . Évalué à 3.

        Je pense que tu te trompe pour le "reverse engineering" du BIOS: elle était nécessaire car même si les sources étaient disponibles, tu n'avais pas pour autant le droit de vendre un "compatible PC" avec cette copie..
        Compaq a donc bien fait un "reverse engineering" du BIOS avec 2 séries d'équipes: une qui lit le BIOS et fait les specs, une autre qui code le clone du BIOS a partir de ces specs, tout ça bien supervisé par un service juridique afin de pouvoir prouver le reverse engineering lors d'un procès..

  • # machines rudimentaires

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Pour l'aspect technique, la machine était tout de même rudimentaire,

    L'autre jour sur un des nombreux musée virtuels de micro informatique, en regardant les spécifications du TI99/4A de mes débuts, j'étais tout songeur...
    J'ai aussi eu accès beaucoup joué avec des machins plus puissant: un Bull Micral 30 au collège, un ZX81, un Apple II première vague, un C64, etc. des monstres quoi.

    "La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay

  • # 640k is enougth

    Posté par . Évalué à 10.

    la machine était tout de même rudimentaire

    Bah, c'est vrai que 16ko de RAM c'est peu, mais une fois étendue à 640k, c'est bien suffisant.

  • # Coquille ?

    Posté par (page perso) . Évalué à -1.

    [...] Côté connectique externe, 4 port USB3 et 1 HDMI [...]

    Hein ? sur une machine d'il y a 30 ans ?
    J'ai changé de planète ?

    (D'ailleurs, je suis "tellement jeune" que je n'ai quasiment rien compris sur ces vieux matériels dont vous parlez ci dessus xD )

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