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succès du rassemblement anti fasciste parisien

Posté le 10 mai 2004
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NE REFLECHISSEZ PAS TROP AVANT DE NE RIEN FAIRE!!!

succès du rassemblement anti fasciste parisien

Petit compte rendu de l'action anti fasciste du 9 mai 2004

Pas de fascistes dans nos quartiers et dans nos rue

Une fois de plus les tarès fascisto - nazillons du bloc identitaire , et autres groupuscules nèos nazis on voulut parader a paris , avec leurs flambeaux et leurs drapeaux de sinistres mémoires , une fois de plus les militant(es) libertaires anti fascistes et anti racistes radicaux et radicales parisien(es) [ c.n.t , scalp , no passaran , rash , a.l , f.a , électron(es) libres du mouvement social ] leur on dit Non et ont appelées a une action et un rassemblement pour leur barrer la route .

Nous nous sommes donc retrouvé(es) a environ 300 personnes pour ce 2 ème rassemblement anti fasciste, soit trois fois plus que les nazillons qui étaient une centaine a essayer de défiler [ ce qui pour nous est dèja trop ] , cette fois ci les organisateurs(trices ) avaient très bien fait les choses , avec un camion scène et sono ou ont jouès Raf Punk , Brixton Cats , Ya Basta , et la Brigada Flores Magon 4 groupe Punk et street Punk parisien , très connu pour leurs engagement musical et leurs textes anti fascistes [ et pour leurs nombreux concerts de soutien divers , dans les squatts , et lieux autogéres ] malgré une certaine tension , toujours présente dans ce genre de rassemblements nous avons dansés et chantés au son de ces quatre très bons groupe

Preuve que notre détermination , notre mobilisation , et notre présence était plus que nécessaire , une fois de plus les fascistes et les néo nazis n'ont de nouveau , et comme l'an dernier pas pu parader et défiler dans les rues de paris , les répressifs ayant préférés , sous la pression de notre manifestation , les bloquer quelques rues plus bas et finalement les on empèchès d'y défiler .

Une fois de plus nous sommes plus que choqué(es) surtout en ce moment , ou de sinistres attentats a caractère racistes semblent êtres en recrudescence [ mosquées et synagogue brûlées , profanations a répétitions de cimetières juifs et musulmans ] qu'une organisation raciste et néo nazie comme le bloc identitaire , puisse vouloir parader et défiler , dans nos rues , et cela en toute impunité , le tout tranquillement sous la protection de la police

On ne peut que être dègoutè aussi de la trop grande complaisance 1 * qu'ont les pouvoirs en place depuis plus d'une vingtaine d'année , et une grande partie de la classe politique dite " démocratique " de gauche comme de droite , face a ces partis comme le f haine , ou les jeunesses identitaire , qui appellent pourtant ouvertement depuis des années aux meurtres et aux lynchages racistes , et qui font plus que l'apologie de la haine raciale et cela quasiment en toute impunité .

Que ces fascistes et ces nazillons de sinistres mémoires se le disent , ils nous trouverons toujours sur leur chemin pour leur barrer la route.

Autre regret cependant c'est que d'autres organisations , pourquoi pas d'autres partis de la gauche dites traditionelle et d'extrême gauche , d'autres syndicats n'aient pas appelées a nous rejoindre dans cette action anti fasciste .

face a l'horreur et les nauséabondes idéologies meurtrières et racistes de l'extrême droite , le " jeu " électoral et ses " échéances " périodiques ne suffisent pas , ce n'est pas le simple fait de mettre un bulletin de vote tout les 5 ans qui arrêtera la propagation et hélas la banalisation de ces idées nauséabondes

Nous les militantes libertaires et anti fascistes nous disons , que contre cette banalisation des idèes racistes et meurtrières de l'extrême droite seule la lutte et l'action au quotidien paie , nous ne devons pas , et en aucun cas , lui laisser nos quartiers , et la rue , et que nous nous devons de lui barrer la route chaque fois qu'elle s'y présentera , a nouveau pour y inoculer son venin

Des militant(es) libertaires anti fascistes , et anti racistes parisien(es)

1 * [ ne parlons même pas de la complaisance pour ne pas dire la collaboration actives des médiarques officiels des tv , des radios , ou de la presse qui depuis des années sont devenus des traceurs de boulevards pour l'extrême droite]

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=6576(...)

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Rassemblement antifasciste

Posté le 08 mai 2004
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Suite à un journal de seconde page honteusement squatté par des admirateurs d'Altermerde ce journal passe en 1ere page.

http://linuxfr.org/~h1d30/12436.html(...)

Rassemblement antifasciste - Paris 9/05/04

Le RDV a été fixé à 19h30 pour le rassemblement-concert dans le but de contrer la manifestation fasciste.

Depuis maintenant 10 ans, le 9 mai, les jeunes militants de différents mouvements d'extrême droite les plus radicaux défilent en toute impunité dans les rues de Paris pour commémorer la mort de l'un des leurs. Cette année le défilé sera organisé par les Jeunesses identitaires, mouvement de jeunesse du Bloc identitaire, qui remplace Unité radicale, le groupuscule où évoluait Maxime Brunerie.

Philippe Vardon, qui dirige les Jeunesses identitaires, et Fabrice Robert, qui dirige lui le Bloc identitaire, font tous les deux partie d'un groupe de rock néo-nazi, Fraction, qui a défrayé la chronique en 1998, sous le nom de Fraction Hexagone avec la chanson « Une Balle », promise à tous ceux qui s¹opposaient à eux. Ce groupe se produit lors de concerts organisés par des mouvements skinheads néo-nazis.

Alors qu'aujourd'hui, les rassemblements de jeunes en bas des immeubles sont interdits, les forces de police encadrent avec bienveillance plus d'une centaine de militants néo-nazis et antisémites qui paradent pourtant en toute illégalité ( la manifestation n'a jamais été autorisée par la préfecture). Dans le même temps, un important dispositif policier est mis en place pour que cette cérémonie ne soit pas troublée par des militants radicaux antifascistes.

Le 9 mai 2003 nous avions empêché leur défilé en nous rassemblant sur le trajet de la manifestation des fascistes. Cette année encore nous devons nous mobiliser afin de les stopper une bonne fois pour toutes.

Pour certains, l'antifascisme a commencé le 21 avril 2002 et s'est arrêté à la sortie de l'isoloir le dimanche 5 mai 2002 : pour nous, le combat antifasciste ne s'est jamais arrêté, à travers la lutte contre les ouvements d'extrême droite ou la mise en place de leurs idées à travers une politique gouvernementale anti-sociale et sécuritaire.

Rassemblement place Ernest Denis le dimanche 9 mai 2004 à 19h30 au coin de la rue d'Assas et de l'avenue de l'Observatoire.

IMPORTANT : descendre au RER Luxembourg.

Sur place sera organisé un concert avec Ya Basta, la Brigada Flores Magon, Brixton Cats et RAF.

Pour tout renseignement : 9mai [anarchy] samizdat.net ou 06-30-91-89-48.

Salutations radicalement antifascistes. Scalp-Reflex, CNT, SRA

http://www.ainfos.ca/fr/ainfos04571.html(...(...))
http://paris.indymedia.org/article_propose.php3?id_article=20058(..(...))

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Esclaves Libre de Droit(s)

Posté le 07 mai 2004
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Quand la Ligue des Droits de l'Homme épingle les Lois scélérates d'une Gouvernature sans Légitimité cela donne :

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la vision qui guide le gouvernement, à l'instar de tous les textes, concernant de près ou de loin les libertés et adoptés depuis le début de cette législature, n'est qu'une manifestation supplémentaire d'autoritarisme. (...)

Sous le prétexte de lutter contre le spam, le gouvernement ouvre ainsi la possibilité à quiconque (et surtout à la police et autres services…) de s'immiscer, sans aucun contrôle judiciaire, dans un échange de correspondances. (...)

Justifier une limitation de la liberté de communication par le développement de sociétés privées ou même publiques, voici qui est une nouveauté en droit français ou européen. Le marché transformé en censeur des libertés publiques, voici une innovation que seul un gouvernement aussi peu respectueux des libertés mais tout à fait soumis au libéralisme, pouvait concocter ! (...)

Outre que le système retenu s'apparente à une usine à gaz qui fera la fortune des cabinets d'avocats, on imagine, là encore, les dégâts d'un processus qui conduira, immanquablement, les hébergeurs à rechercher le risque zéro et donc à restreindre, d'eux-mêmes, la liberté d'expression et de communication. (...)

Nous n'avons pas cessé d'alerter collectivement les parlementaires de toutes obédiences sur ces problèmes. Ceux de la majorité ont opposé un autisme dont ils sont coutumiers dès qu'il s'agit d'en rester aux principes fondamentaux en matière de libertés. Ceux de l'opposition ont réservé un accueil plus favorable à nos critiques. Reste à espérer que le Conseil Constitutionnel soit saisi et qu'il ne se contente pas, comme il en a pris l'habitude, de cautionner ce que fait le gouvernement. En tout état de cause, si ce projet devait être adopté et appliqué dans sa rédaction actuelle, il conviendra, si alternance il y a, d'en exiger la réécriture. (...)

http://www.journaldunet.com/tribune/040507tubiana.shtml(...)

Et pendant que j'y suis:

Rassemblement antifasciste - Paris 9/05/04

Le RDV a été fixé à 19h30 pour le rassemblement-concert dans le but de contrer la manifestation fasciste.

Depuis maintenant 10 ans, le 9 mai, les jeunes militants de différents mouvements d'extrême droite les plus radicaux défilent en toute impunité dans les rues de Paris pour commémorer la mort de l'un des leurs. Cette année le défilé sera organisé par les Jeunesses identitaires, mouvement de jeunesse du Bloc identitaire, qui remplace Unité radicale, le groupuscule où évoluait Maxime Brunerie.

Philippe Vardon, qui dirige les Jeunesses identitaires, et Fabrice Robert, qui dirige lui le Bloc identitaire, font tous les deux partie d'un groupe de rock néo-nazi, Fraction, qui a défrayé la chronique en 1998, sous le nom de Fraction Hexagone avec la chanson « Une Balle », promise à tous ceux qui s¹opposaient à eux. Ce groupe se produit lors de concerts organisés par des mouvements skinheads néo-nazis.

Alors qu'aujourd'hui, les rassemblements de jeunes en bas des immeubles sont interdits, les forces de police encadrent avec bienveillance plus d'une centaine de militants néo-nazis et antisémites qui paradent pourtant en toute illégalité ( la manifestation n'a jamais été autorisée par la préfecture). Dans le même temps, un important dispositif policier est mis en place pour que cette cérémonie ne soit pas troublée par des militants radicaux antifascistes.

Le 9 mai 2003 nous avions empêché leur défilé en nous rassemblant sur le trajet de la manifestation des fascistes. Cette année encore nous devons nous mobiliser afin de les stopper une bonne fois pour toutes.

Pour certains, l'antifascisme a commencé le 21 avril 2002 et s'est arrêté à la sortie de l'isoloir le dimanche 5 mai 2002 : pour nous, le combat antifasciste ne s'est jamais arrêté, à travers la lutte contre les ouvements d'extrême droite ou la mise en place de leurs idées à travers une politique gouvernementale anti-sociale et sécuritaire.

Rassemblement place Ernest Denis le dimanche 9 mai 2004 à 19h30 au coin de la rue d'Assas et de l'avenue de l'Observatoire.

IMPORTANT : descendre au RER Luxembourg.

Sur place sera organisé un concert avec Ya Basta, la Brigada Flores Magon, Brixton Cats et RAF.

Pour tout renseignement : 9mai [anarchy] samizdat.net ou 06-30-91-89-48.

Salutations radicalement antifascistes. Scalp-Reflex, CNT, SRA

http://www.ainfos.ca/fr/ainfos04571.html(...)
http://paris.indymedia.org/article_propose.php3?id_article=20058(...)

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Microsoft Authorised Refurbisher

Posté le 30 avril 2004
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La récupération de PC d'occasion et leur reconditionnement, pour une seconde vie en milieu associatif ou dans les pays en voie de développement, prend de plus en plus d'ampleur.

Ce phénomène est notamment dû à la directive européenne du 27 janvier 2003 relative au «déchets d'équipements électriques et électroniques», qui doit être transcrite en droit français au plus tard en août 2005. Elle impose la collecte des équipements usagés, qui ne peuvent plus simplement finir dans la benne à ordures. Du coup, les entreprises, principales visées par cette mesure, soit paient des sociétés de recyclage de composants, soit ont recours à des associations qui les récupèrent pour les reconditionner. (...)

L'éditeur cite trois principaux partenaires en France: les Restos du cœur, ATD Quart Monde et l'Association francophone des utilisateurs du net (Afnet). Il avait déjà passé avec eux un accord en mars 2003 , prévoyant l'installation gracieuse de Windows 98 sur des PC destinés à être reconditionnés (lire notre écho "Philantropie on demand" publié à l'époque). L'intérêt de la licence MAR se limite donc pour ces associations à Windows 2000.

http://www.zdnet.fr/actualites/business/0,39020715,39150766,00.htm(...)

Après la propagande idéologique amorcée en 1984 et réellement porteuse depuis 1991 il va falloir passer à l'Etape n°2 : LA PROPAGANDE PAR LE FAIT.

GNU/Linux pour les masses !!!

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TOUS COUPABLES !!!

Posté le 10 avril 2004
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La Redaction (K-OTik.COM) - Le Sénat a adopté en deuxième lecture dans la nuit de jeudi à vendredi 9 Avril 2004 le projet de loi sur l'économie numérique (LEN), L'article 34 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique concernant la modification de l'article 323-3 du code pénal a été donc définitivement adopté, l'introduction de l'article 323-3-1 est désormais officielle :


« Art. 323-3-1. - Le fait, sans motif légitime, d'importer, de détenir, d'offrir, de céder ou de mettre à disposition un équipement, un instrument, un programme informatique ou toute donnée conçus ou spécialement adaptés pour commettre une ou plusieurs des infractions prévues par les articles 323-1 à 323-3 est puni des peines prévues respectivement pour l'infraction elle-même ou pour l'infraction la plus sévèrement réprimée.»

Cet article prend en otage les experts en sécurité informatique, consultants, journalistes/rédacteurs de magazines spécialisés, et chercheurs de failles. Il n'est donc plus possible de publier les détails techniques d'une vulnérabilité, publier ou manipuler des outils permettant les tests intrusifs ou les audits de sécurité ...sans être coupable de piraterie ou de complicité de piraterie !

Notons aussi l'introduction du terme subjectif et ambigu "sans motif légitime" qui se traduit par : Toute personne manipulant des outils de sécurité, ou publiant des documents techniques ou des détails de vulnérabilités est COUPABLE de piraterie, tant que son innocence n'a pas été démontrée (au présumé coupable de prouver la légitimité de ses actions). La présomption d'innocence est clairement remplacée par la « présomption de culpabilité ».

Source : © K-OTik.COM (La Redaction)

http://www.k-otik.com/news/04.09.LEN323-3-1.php(...)

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De CELLES qui font le libre

Posté le 31 mars 2004
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Salut les filles(1)

Un article de GNU/Linux Magazine France rétablit une vérité méconnue : Nous ("les fiiiiiillle") sommes entourées presque exclusivement de Windowsiens (p12)

Les garçons sont-ils prêt pour le desktop ?

Sur ce je retourne à mon ELLE, "48 pages pour oublier les idées qui pèsent et perdre ses kilos en trop" ne peuve laisser de marbre une g33k-à-forte-poitrine.

---------[] `-- et hop demain j'enlève le bas 8)

(1) et les garçons

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Faut-il tuer les anarchistes ?

Posté le 28 mars 2004
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En comparaison de ce mouvement universel, ce que l'on est convenu d'appeler patriotisme n'est donc autre chose qu'une régression à tous les points de vue. Il faut être naïf parmi les naïfs pour ignorer que les " catéchismes du citoyen " prêchent l'amour de la patrie pour servir l'ensemble des intérêts et des privilèges de la classe dirigeante, et qu'ils cherchent à maintenir, au profit de cette classe, la haine de frontière à frontière entre les faibles et les déshérités. Sous le mot de patriotisme et les commentaires modernes dont on l'entoure, on déguise les vieilles pratiques d'obéissance servile à la volonté d'un chef, l'abdication complète de l'individu en face des gens qui détiennent le pouvoir et veulent se servir de la nation tout entière comme d'une force aveugle. De même, les mots " ordre, paix sociale " frappent nos oreilles avec une belle sonorité ; mais nous désirons savoir ce que ces bons apôtres, les gouvernants, entendent par ces paroles. Oui, la paix et l'ordre sont un grand idéal à réaliser, à une condition pourtant : que cette paix ne soit pas celle du tombeau, que cet ordre ne soit pas celui de Varsovie ! Notre paix future ne doit pas naître de la domination indiscutée des uns et de l'asservissement sans espoir des autres, mais de la bonne et franche égalité entre compagnons. (...)

C'est chimère d'attendre que l'Anarchie, idéal humain, puisse sortir de la République, forme gouvernementale. Les deux évolutions se font en sens inverse, et le changement ne peut s'accomplir que par une rupture brusque, c'est-à-dire par une révolution. C'est par décret que les républicains font le bonheur du peuple, par la police qu'ils ont la prétention de se maintenir ! Le pouvoir n'étant autre chose que l'emploi de la force, leur premier soin sera donc de se l'approprier, de consolider même toutes les institutions qui leur facilitent le gouvernement de la société. Peut-être auront-ils l'audace de les renouveler par la science afin de leur donner une énergie nouvelle. C'est ainsi que dans l'armée on emploie des engins nouveaux, poudres sans fumée, canons tournants, affûts à ressort, toutes inventions ne servant qu'à tuer plus rapidement. C'est ainsi que dans la police on a inventé l'anthropométrie, un moyen de changer la France entière en une grande prison. On commence par mensurer les criminels vrais ou prétendus, puis on mensure les suspects, et quelque jour tous auront à subir les photographies infamantes. " La police et la science se sont entrebaisées ", aurait dit le Psalmiste. (...)

Ainsi, rien, rien de bon ne peut nous venir de la République et des républicains " arrivés ", c'est-à-dire détenant le pouvoir. C'est une chimère en histoire, un contresens de l'espérer. La classe qui possède et qui gouverne est fatalement ennemie de tout progrès. Le véhicule de la pensée moderne, de l'évolution intellectuelle et morale est la partie de la société qui peine, qui travaille et que l'on opprime. C'est elle qui élabore l'idée, elle qui la réalise, elle qui, de secousse en secousse, remet constamment en marche ce char social, que les conservateurs essaient sans cesse de caler sur la route, d'empêtrer dans les ornières ou d'enliser dans les marais de droite ou de gauche. (...)

Elisee Reclus

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Les logiciels libres : c'est l'extrème gauche 8)

Posté le 22 mars 2004
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Notre Liberté n'a pas de prix ! \o/

Vivifier la science par la bonté, l'animer d'un amour constant pour le bien public, tel est le seul moyen de la rendre productrice du bonheur, non seulement par les découvertes qui accroissent les richesses de toute nature et par celles qui pourraient alléger le travail de l'homme, mais surtout par les sentiments de solidarité qu'elle évoque entre ceux qui étudient et par les joies que suscite tout progrès dans la compréhension des choses. Ce bonheur est un bonheur actif : ce n'est pas l'égoïste satisfaction de garder l'esprit en repos, sans troubles ni rancoeurs ; au contraire il consiste dans l'exercice ardu et continuel de la pensée, dans la jouissance de la lutte que l'aide mutuelle rend triomphante, dans la conscience d'une force constamment employée. Le bonheur auquel la science nous convie est donc un bonheur qu'il nous faut travailler à conquérir tous les jours. Il n'est pour nous de repos que dans la mort. "Mais, nous dira-t-on, l'oeuvre que vous offrez en idéal au jeune homme n'est-elle pas difficile, presque impossible" ? Certes, nous lui demandons d'accomplir une oeuvre très haute. N'avons-nous pas fait nôtre la parole d'Emerson : "Le savant doit être un héros" ?

Elisée Reclus

Le peuple accède aux sciences,
http://www.inrp.fr/lamap/main/historique/enseign_scien2.htm(...)

Les anarchistes et l'éducation sous Jules Ferry
http://cabanel.jennifer.free.fr/reserve_2/les_anars_et_leducation.d(...)
http://www.google.fr/search?q=cache:FFssQC2u85UJ:cabanel.jennifer.f(...)

Elisée Reclus, géographe & anarchiste
http://increvablesanarchistes.org/articles/biographies/reclus_elise(...)

L’anarchiste et le juif, histoire d’une rencontre
http://melior.univ-montp3.fr/ra_forum/fr/individus/gomez_f/anar_jui(...)

Élisée Reclus géographe: un héritage encore virtuel*
http://melior.univ-montp3.fr/ra_forum/fr/individus/roques_georges/h(...)

Colloque Emile Masson
http://melior.univ-montp3.fr/ra_forum/fr/colloques/2003pontivy/2003(...)

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Girls need Apple!!!

Posté le 12 mars 2004
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Vive les Pomme-Pomme 61RL$ 8)

Salut les filles (1)

Maman Hacktrice est fière de contribuer à votre culture par quelques photographies et pages web d'une féminité à toute épreuve. On notera à quel point un chemisier blanc révèle l'éclat si particulier des pièces informatiques contrairement aux ensembles noirs qui obligent à une démesure "GALActique".

http://ftp.arl.mil/ftp/historic-computers/gif/first_four.gif(...)
http://www.mills.edu/ACAD_INFO/MCS/SPERTUS/Gender/four.gif(...)

http://www.mills.edu/ACAD_INFO/MCS/SPERTUS/Gender/gender.html(...)

a noter : le FTP contient de nombreuses poupées, dont une cray, pas mal :
http://ftp.arl.mil/ftp/historic-computers/gif/(...)
http://ftp.arl.mil/ftp/historic-computers/gif/cray2.gif(...)

Voila, vous pouvez de nouveau vous plonger dans vos activités quotidiennes, vous n'avez jamais lu ce message ; d'ailleur ce message n'existe pas, c'est écrit dessus. Si vous étiez surprise à repasser ou laver la vaiselle, l'agence nierait toute implication.

bises,

Anthena

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(1) et les garçons

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Piratage : les filles comptent pas pour des prunes !

Posté le 01 mars 2004
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Piratage : les filles comptent pas pour des prunes !
(Première partie)

Danielle KAMINSKY

En lisant sa déclaration, j’ai failli étouffer de rire : "A ce jour, personne n’a encore identifié de femme pirate significative. Mais mesdames, votre heure viendra."
L’homme qui tient ces propos devrait pourtant s’y connaître, c’est un agent du FBI. Provocation ? Ignorance ? Trou de mémoire ? Mmmm... Depuis belle lurette, dans le piratage, qu’est-ce qu’on trouve ? Des filles, bien sûr ! Danielle Kaminsky

N’écoutez pas les "experts". Des femmes pirates, il y en a et il y en a toujours eu. Même sur les mers, du temps des corsaires et des flibustiers. Mais contrairement aux hommes, les hackeuses sont plus discrètes et ne se vantent pas de leurs compétences pour épater la galerie. Pas plus qu’elles ne se la jouent pas "pirates" pour avoir lu trois sites warez. Quant à notre pseudo expert, qu’il consulte les annales de la police américaine, il y trouvera des cas de filles pirates. Petit rafraichissement de mémoire.

Le cerveau de l'opération : une mère de famille

1987 : la police américaine est sur les dents. Elle doit démanteler un réseau de fraudeurs au téléphone. Les intrus pénètrent les systèmes de messagerie vocale de plus d’une vingtaine de sociétés, s’y créent des comptes, et s’en servent pour téléphoner gratuitement et s’échanger des numéros de cartes bancaires volées. Le gang, fort de 150 complices, a cassé des codes PABX (Private Automatic Branch Exchange) pour s’octroyer par la même occasion l’accès aux appels longue distance. La bande ne lésine pas, la note atteint déjà plus de 9 millions de francs. La traque des policiers les conduit au cerveau de l’opération : Leslie Lynn Doucette, une femme de 35 ans, mère de deux enfants ! Connue des phreakers sous ses pseudonymes de "Kyrie" ou "Long-distance information", elle dirige le réseau de jeunes pirates qui la placent sur un piédestal. Elle leur enseigne son art du piratage par conférences téléphoniques. De tout le pays, ils lui envoient de l’argent. Cette brave mère de famille n’en est pas à son coup d’essai. Deux ans plus tôt, Leslie Lynn a fui le Canada avec ses deux gosses sous le bras. Et pour cause : elle venait d’y être condamnée pour fraude aux communications. Mais cette sanction ne la dissuade pas d’aller poursuivre ailleurs sa carrière lucrative de phreaker. Grisée par le succès, ou peut-être lassée de s’esquiver d’avions en chambres d’hôtel, elle court à la faute : elle contacte la juge Gail Trackeray pour se vanter de ses exploits et lui proposer de servir d’informatrice. Mais la juge ne l’entend pas de cette oreille. Elle remet aussitôt les bandes magnétiques de leurs conversations aux services secrets. C’est dans un appartement du nord de Chicago que les policiers arrêtent Kyrie en mai 1989. La chef de bande est condamnée à 27 mois de prison.

Susan Thunder, la reine du social engineering

Le cas de Susan Thunder est certainement plus célèbre. Souvent décrite comme une fille de mauvaise vie, limitée à ses frasques sexuelles, Susan Headley, alias Susan Thunder est en réalité la reine du social engineering. Sa route croise un jour celle de Lewis DePayne, dont elle devient la petite amie. Sous le pseudonyme de Roscoe, le jeune homme est le compagnon de piratage de Kevin Mitnick, et Susan fera désormais partie de la bande. Les garçons l’ont vite remarqué : Susan excelle dans l’art de la ruse pour parvenir à ses fins. La bande est inséparable, jusqu’au jour où Susan apprend que Roscoe la trompe. Devenue pirate par amour, Susan décide de se venger de cette infidélité. Elle sera le principal témoin à charge dans son procès, et y gagnera sa propre immunité. Maîtresse dans l’art de la manipulation, elle intervient au congrès des pirates de Defcon III à Las Vegas sur son thème favori : "Le social engineering ou l’art de la subversion psychologique". De conférences en démonstrations, Susan Thunder attire des nuées d’admirateurs. Des fans lui dédient un groupe de discussions sur l'internet. Mise au défi officiellement de pénétrer les systèmes d’une base militaire, avec pour seuls outils un ordinateur, un modem et un téléphone, la jeune femme réussit en quelques heures. Une fois encore, elle utilise sa meilleure arme : son pouvoir de conviction. En quelques coups de téléphone, et en se faisant passer pour l’assistante d’un haut gradé, Susan se fait "confirmer" les mots de passe nécessaires. L’ordinateur n’intervient qu’en second lieu. Un peu plus tard, Susan abandonne le piratage pour une autre activité où elle peut exercer à loisir son art du bluff : elle devient joueuse de poker professionnelle.

Bien sûr, ces affaires ne sont que la partie émergée de l’iceberg, il ne s’agit que de la facette délinquante du piratage. Pas de figure de proue à la Mitnick ? Les garçons en déduisent immédiatement, comme mon copain Olivier : "techniquement, elles assurent pas". Normal les gars, vous faites erreur sur nos motivations. Tenez-vous le pour dit : les filles sont peu attirées par la technique pour la technique. Et rien ne nous rend un garçon aussi risible et peu sexy que celui qui n’est branché que par la technique. Je vous épargne les blagues de filles à ce sujet.

Tout simplement plus malines

Mais surtout, le monde des pirates est depuis des années majoritairement blanc et masculin. Pas de quoi se sentir forcément à l’aise. Les filles n’y sont pas les bienvenues, traitées de prostituées ou de "lameuses" à peine elles pointent le bout de leur... nez. Poussées à se fondre dans la meute sous des pseudonymes masculins, ou à se retrancher entre consoeurs, les filles ont encore du mal à trouver leur place parmi les pirates. Enfin, prétendre qu’il n’y a pas de femme significative dans le piratage, c’est gommer une caractéristique qui n’a pas échappé, elle, à nos policiers français : " Qu’il n’y ait pas de filles pirates arrêtées par la police ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. Les filles sont moins m’as-tu-vu et ne cherchent pas à attirer l’attention des foules sur leurs exploits. Elles sont peut-être tout simplement plus malines pour ne pas se faire pincer" explique Marcel Vigouroux, patron de la Brigade de Recherches en Criminalité Informatique.

Effectivement, des filles pirates font peu parler d’elles et sont pourtant actives. Pourquoi le font elles ? Et qu’est ce que çà peut faire qu’il y ait des filles pirates ? Rendez vous pour en parler dans le prochain numéro de Pirates Mag'. Mais d’ici là, j’attends vos commentaires

> Lire le journal (29 commentaires, moyenne: 1,4).

Machtelt, Consultante Linux

Posté le 28 février 2004
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Machtelt Garrels est une de rares femmes (la seule?) en Belgique à exercer la profession de consultantes en Linux. Elle est aussi formatrice et agente commerciale technique Linux.
Elle a développé une vraie passion pour les open sources et vient de publier guide pour les utilisateurs Linux dans le cadre du tldp (The Linux Documentation Project) et "Women in Linux HOWTO-General tips for Linux newbies, with a female touch" dans son propre site: http://tille.soti.org(...)
Nous avons eu l'occasion de la rencontrer pendant les journées digitales à Interface3, où elle a donné un cours d'installation et configuration Linux.
Son parcours professionnel atypique ainsi que son enthousiasme, la capacité de s'intégrer avec beaucoup d'humour dans un univers très masculin nous ont beaucoup plu et nous lui avons demandé de nous consacrer une interview, éléctronique évidemment.

Bonjour Tille ! Tout d'abord, explique-nous quand et comment tu as découvert ta passion pour l'informatique: enfant, étais-tu particulièrement attirée par les maths et la technique (par exemple t'avais envie de jouer avec le mécano et le lego plutôt qu'avec la Barbie...)

Bien c'est déjà une question à laquelle je ne m'attendais pas:) Comme enfant, j'étais assez créative, je passais une grande partie de mon temps d'abord à crocheter des petits vêtements pour les animaux en pluche de mes sœurs (Mon Chi-Chi, si tu connais ça). Après, je suis devenue plus sérieuse et je tricotais des pull-overs. Naturellement j'ai joué au Lego, et quand j'avais 9-10 ans mon père m'avait acheté des Lego Technics, mais c'était plutôt parce que son hobby a lui ce sont les voitures. Quand j'avais 12 ans, mon parrain m'a donné des petits trains électriques, ça aussi m'amusait beaucoup, mais en même temps je continuais à tricoter et à faire toutes sortes de vêtements pour moi-même et pour la famille. Quand il faisait beau, j'aidais mon père à construire la maison, mais là j'ai plutôt appris l'électrique que l'électronique :) Quand je ne devais pas aider mon père, j'allais beaucoup me promener dans la nature, la seule chose qui ne manquait jamais. A part les livres: mes parents avaient toute une bibliothèque, et même si je ne pouvais virtuellement jamais visiter des amis, ni les inviter, je pouvais aller à la bibliothèque locale autant que je voulais. J'avoue que j'ai un peut abusé de ce droit lors que j'ai commencé a avoir des petits amours ;-)

Le seul contact que j'ai eu dans ce temps avec les ordinateurs, c'était quand j'avais 11-14 ans : parfois pendant les vacances mon père pouvait emmener un des ordinateurs de l'école où il travaillait ; pendant des vacances de Pâques, il m'a appris comment créer des programmes pour faire des calculs très simples (+, -, * et /) en basic. C'était un ordinateur sans disque dur, il fallait le démarrer à partir d'une grande diskette, et c'était une diskette par programme. Mais c'était la diskette de Pac-Man la plupart du temp.

Quand j'avais 16 ans, on a introduit 1 heure d'informatique par semaine pendant les 2 dernières années de l'école secondaire. J'étais en Latin - mathématiques et le prof d'informatique nous a appris comment résoudre nos problèmes de statistique et d'intégration des cours de maths. Cela, j'aimais bien : écrire des programmes en Turbo Pascal ! Mais je faisais ça seulement à l'école, a la maison toujours pas d'ordinateur en 1991. Enfin, cela ne m'intéressait pas trop, j'avais plein d'autres choses à faire.

Que s'est-t-il passé après? A quelle faculté as-tu décidé de t'inscrire?

Mon père voulait toujours que je fasse comme lui, ingénieur civile, mais comme j'avais déjà raté l'examen d'entrée, il ne me semblait pas la peine de commencer, alors il ne me restait pas d'autre choix que de m'inscrire à ingénieur industriel, à Gand où mon père était professeur en 3ieme et 4ieme année. Je faisais les électro - mécanique, 5 filles sur 65 étudiants. Traditionnellement la branche avec les moins de filles. Les filles sont en chimiques ou en textile ou même en construction mais pas en mécanique ou électrique / électronique.

Avais-tu de problèmes liés à la sous-représentation de filles dans les cours que tu suivais?

Les filles ne m'ont jamais manqué, même quand j'étais petite je ne jouais qu'avec des garçons, a l'école. J'avais mes sœurs à la maison et une amie ici ou la, mais pour les amies, il fallait être dans une sorte de club (une clique de filles?), et je n'ai jamais aimé ce genre d'attitude, de devoir prendre parti tout le temps.

Est-ce à ce moment là que ta passion pour l'informatique est née ?

Non, à cette école industrielle j'ai vraiment commence à détester les ordinateurs, parce que j'avais un petit ami qui ne faisait que jouer des jeux stupides sur l'ordinateur lors qu'il gagnait, il n'arrêtait pas, au lieu de s'occuper de moi.

Est-ce seulement à la fin de tes études que tu as commencé à développer un intérêt vers les ordinateurs ?

Je n'ai pas termine mes études parce que je m'étais mariée en 3ème année parce que j'étais enceinte. J'ai encore essayé après la naissance de ma fille, mais c'était vraiment trop dur. En même temps, avec mon mari et quelques amis nous avions démarré un provider Internet, Hookon, et un cybercafé, ce qui nous donnait beaucoup de travail et peu de sous. Mais avec l'Internet, tout d'un coup les ordinateurs… ça devenait très intéressant, je trouvais. Cela avait un but, une raison d'être. Mais mon mari ne supportait pas tellement le stress et devenait de plus en plus violent, et après encore une bagarre qui c'était termine assez mal j'ai décide de divorcer. J'ai pris tout mon bazar et je me suis loué un studio à Louvain, parce que je ne pouvais même plus supporter d'habiter dans la même ville que lui.

Et donc te voilà à la recherche d'un travail à Loivain. Cela a-t-il été facile?

Apres 3 jours j'avais un travail comme ingénieur de support pour le provider Internet locale ! C'était une autre raison pour émigrer vers Louvain : c'était dans ce temps le seul autre provider Internet pour les privées, et comme c'était la seule chose que je savais faire, et bien, voila c'était vite décidé. Mon premier boulot officiel :) Mon patron avait déjà entendu parler de moi, parce que Hookon avait eu un prix pour le meilleur support Internet, et c'était moi le front-end.

Puis j'ai fait connaissance avec un guru en Linux, et c'était le coup de foudre, moi je l'aime parce qu'il était intelligent et sensible, et lui il m'aime parce que je suis la seule femme (il dit) qui comprend son besoin de parler d'ordinateurs et de programmes et qui comprend ce qu'il dit et qui supporte ça du matin au soir:)

L'un des plus grandes qualités de mon deuxième mari c'est qu'il me laisse toujours faire. Il donne son opinion, mais ce que je fais avec son conseil ou ses infos c'est mon affaire, il ne me prive jamais de faire ce que je veux.

Pendant ton expérience professionnelle, as-tu eu l'impression que le fait d'être une femme compliquait les choses? Comment les employeurs ont-ils réagi pendant les interviews?

Il y a quelques années, j'avais l'idée d'aller faire des interviews dans des dizaines d'entreprises, pour connaître un peu ma valeur sur le marché. C'est un peu comme un examen, je fais ça comme passe-temps, je ne suis jamais nerveuse.

Une chose: un examen ce fait en robe ou en jupe, longueur genoux. Alors, je me soigne toujours, j'utilise tous ce que j'ai, parce que la première impression est la plus importante. Mais je n'essaye jamais de forcer ou d'être trop "vamp", sinon des accidents pourraient se passer.

Bon, j'avais le choix, parce que mon CV paraissait assez intéressant à plusieurs human resource managers. Ils ont toujours cru à ce qui était dedans, et quand il fallait passer des testes, apparemment je pouvais répondre suffisamment aux questions. D'être femme dans un monde d'homme ça m'est toujours venu tout naturel!

À propos de ton aspect extérieur: j'ai souvent l'impression que l'intérêt pour l'informatique et pour la technique est plus facilement accepté si cela vient d'un " garçon manqué " où d'une femme peu soucieuse son aspect extérieur,... C'est -là aussi - un stéréotype véhiculé par les médias: quand l'on voit une femme devant à un ordi, soit elle est nulle et demande l'aide à un homme en pleurnichant et utilisant les armes féminines, soit elle est se débrouille toute seule et alors elle n'est absolument pas féminine… Or, tu es la preuve vivante qu'il y a une troisième possibilité ! À la soirée organisée rencontre " femmes ressources " tu avais un look d'enfer !

C'était plutôt un truc privé, lie à ma personne plutôt qu'a mon entreprise, alors je m'en fou, moi je suis moi, je porte ce que je veux. Je passe assez de temps "en uniforme" comme dire, alors quand je suis dans mon propre temps libre, je jète tout ce qui me gêne.

Venons-en à tes débuts avec Linux et les "open sources": Quand et comment est né ton intérêt pour ce monde? Quel genre de contacts as-tu eu avec la communauté Linux?

Avec l'idée de mon ex, le provider Internet qu'on voulait démarrer, mais on était étudiant, on n'avait pas d'argent, et donc ce provider tournait sous Linux. Il m'avait aussi introduit avec IRC, Internet Relay Chat (avant qu'il y avait "du chat" ou pire, "babeler sur Internet" ;-) C'était un groupe de gens assez intelligents, et amicaux et avec le sens de l'humour. C'était plus intéressant que les amis du real life, qui n'avaient presque jamais le temps pour m'expliquer plus que l'absout minimum nécessaire pour répondre aux questions des utilisateurs du provider. Sur IRC, par contre, tout le monde avait du temps pour parler de n'importe quoi, toute la nuit si nécessaire (ou de préférence, dans certains cas), et il y avait aussi des gens qui m'ont beaucoup appris à propos de Linux, toujours en passant par Internet.

Et ton premier contact "live" avec ce group de la "linux community" s'est passé comment?

Après une année et quelques mois que j'ai vu ces gens "live": on avait organisé ce qui s'appelait un "IRC meeting". Dans notre groupe où il y avait seulement de Flamands, c'était une idée réalisable (ce n'est pas comme les groupes de chat ou il y a des gens qui habitent partout et qui ne se voient jamais en groupe). Rendez-vous dans un café a Gand… C'était une expérience formidable, c'était une ambiance de 50 personnes qui étaient toutes un tout petit peu anarchistes à leur façon. Plus tard, cela est devenu un peut trop populaire, et les vrais amateurs et professionnels Linux se sont séparé du group originel il y a 7-8 années. Moi, je suis toujours dans ce groupe de Linux "nerds", toujours entourée de mes amis qui savent beaucoup plus que moi, mais qui veulent toujours partager leurs connaissances. C'est mon backup, dans une manière très virtuelle :)

Aussi, le Linux c'est le premier système dont il fallait que je connaisse les internes, pour savoir expliquer aux gens, parce que le support technique c'était mon premier job, même en étant étudiante. Pour les sous, je travaillais aussi dans un restaurant/sale de fête, mais soit.

Donc tu as commencé par les open sources et seulement après tu as connu les systèmes d'exploitation les plus communs…

Oui, ce n'est qu'après avoir appris à apprécier Linux qu'on m'a montre Windows95, et je me suis dit immédiatement que cela n'était pas pour moi, je ne me sentais plus souveraine de mon ordinateur avec un tel système d'exploitation et donc j'ai choisi résolument le combat contre les autocrates qui se servent du petit homme dans la rue en produisant des logiciels frustrants.

C'était donc naturel de décider de faire de tes compétences Linux une vraie profession...

Bon, je suis administratrice des systèmes Linux et Unix. Mon mari m'a beaucoup appris, et il m'a fait aussi confiance pour la vente technique….

Mais cela n'implique-t-il pas de travailler dans un monde on ne peut plus d'hommes ? Hier en lisant ton Women in Linux HOWTO, j'ai évidemment fait une recherche sur ce qui avait déjà été écrit sur le sujet. Je suis tombée sur un texte de Val Henson, probablement une mise à jour d'un texte précédent et je me demande si c'est le seul à avoir été écrit avant le tien...

Oui, mon document était une réaction à son texte (de Mme Henson), mais c'est une longue histoire. En bref, je trouve que son document s'adresse aux hommes et non pas aux femmes. D'abord ma version était plus " rigolo ", mais les Américains et surtout les Américaines n'aimaient pas la première version, ils me trouvaient sexiste (et encore aujourd'hui, mais enfin ! On ne peut pas plaire a tout le monde).

Est-ce un sujet que tient au cœur à la "Linux community"? Ou est-ce un sujet secondaire? Ce qui m'a étonné en tout cas à été le nombre de commentaires et réactions à ce howto : google a affiché 3600 résultats à ma recherche...

À mon avis, c'est plutot LinuxChix qui reçoit le commentaire, c'est l'organisation dont Mme Henson fait part. Et elle l'a soumis au Linux Documentation Project, et donc il y a assez de gens qui l'ont vu.

Ce n'était pas vraiment discuté auparavant, ici ou là oui, plutôt en style humoristique, mais il faut avouer que son document a causé beaucoup de discussions, et beaucoup d'opinions différentes. Les femmes non - Américaines, il me semble, ne partagent pas les opinions décrites dans le HOWTO Encourage Women in Linux HOWTO. Les femmes professionnellement occupées avec Linux ou une autre branche technique, il faut ajouter, ne réalisent pas toujours qu'il y a d'autres femmes qui ne se sentent pas à l'aise dans une situation où elles sont minoritaires.

Autre point important: dans Linux et logiciels libres, en général, il y a plus de débat et donc plus de commentaires :)

Quand j'ai découvert l'existence des open sources j'ai commencé à idéaliser ce monde. Au point de penser que le gens qui faisaient un choix logiciel libre devaient forcément être plus proche de ma vision des nouvelles technologies, plus engagés et "démocratiques". Or, j'ai réalisé ensuite qu'il y avait un certain snobisme dans l'air... C'est un snobisme du type: "Je suis quelqu'un de bien parce que je m'y connais en open sources, je peux me permettre un certain mépris envers les "windows users" parce qu'eux ils ne comprennent pas vraiment ce qu'ils font". Ma déception à été presque égale à ce que fut celle que j'ai ressentie quand j'ai découvert qu'il y avait aussi une bonne dose de machisme dans leur attitude... Ce machisme et cette attitude snob est d'autant plus grave que la Linux community se présente comme le liberateur des esclaves des multinationales IT qui voudraient fixer les lois pour lui. Or ces belles idées subsisteront telles si on ne fait pas la démarche d'avoir une attitude démocratique et disponible...

Les "machos" se comportent comme ça aussi avec les utilisateurs windows masculins, avec tout le monde finalement, et cela dommage a l'image de Linux. De l'autre coté, il est aussi vrai qu'il y a des spécialistes Linux (mais pas tous) qui se permettent un tel "air". Mais il y en a aussi qui sont tout à fait normales, des personnes de principes mais poli et généreux et très amicaux lors qu'on apprend à les connaître.

Moi, j'essaie de ne pas devenir le contraire de mes rêves.

Pour retourner à ton Women in Linux HOWTO: il y une chose qui m'a vraiment frappé par rapport au texte de Val Henson - que j'ai apprécié aussi bien entendu - c'est le fait que tu aies une attitude proactive: Plutôt que de parler aux hommes de ce qu'ils doivent ou ne doivent pas faire pour encourager les femmes à s'intéresser à Linux, tu parles directement aux femmes en leur fournissant des arguments valables pour s'y mettre: la liberté de décider de la configuration de sa propre machine, le fait que l'on gagne du temps et donc que l'on concilie mieux travail et famille... Je trouve que tu mène une vraie petite révolution et tout à coup j'ai eu l'impression que dans le texte de Val il y avait un brin de paternalisme complètement absent de ton intervention.

J'ai eu, moi aussi, un peut la même réaction, et surtout je n'aimais pas les DO's and DON'T's. La seule personne qui peut changer une autre personne, c'est cette autre personne. Tu peux changer ton monde, mais pas son monde, il (ou elle) doit le changer lui-même. Alors tout ce que moi je peux essayer de faire, exactement, c'est donner des informations, pour que les gens puissent décider pour eux-mêmes.

Les femmes américaines me trouvaient sexiste parce que je dis que ce sont toujours encore les femmes qui accouchent de leurs enfants Et c'est moi la sexiste parce que je dis que des choses comme "tant pis s'il te donne des noms comme 'babe', il y a des gens qui disent chouchou ou ma petite puce a tout le monde, c'est leur manière de parler, ignore ce genre de petites erreurs et met un peu d'eau dans le vin, personne n'est parfait, fait-en-le meilleur usage et remercie les gens qui trouvent que t'es une 'babe'", n'est-ce pas...

De plus, moi je ne peux pas, selon LinuxChix, me laisser appeler 'babe', mais c'est eux-mêmes, des filles, qui ont crée un nom qui contient le mot "chix". La logique m'échappe totalement...

Autre chose que j'ai vraiment apprécié: les "bonnes pratiques" que tu préconise aux femmes pour lutter contre le machisme des hommes (quand tu parles de " sexist jokes "): Oser dire "ça suffit", ne pas abandonner avant d'avoir pu parler et être claires parce qu'ils ne savent pas lire dans notre pensée. Je pense que c'est vraiment l'attitude gagnante et qu'il est souvent plus facile pour les femmes de ne pas réagir et d'abandonner. C'est comme ça que l'exclusion avance...

Moi je fais aussi des blagues quand leurs blagues m'énervent: Dieu a donné à l'homme un cerveau et un pénis, mais pas assez de sang pour utiliser les deux en même temps. D'habitude, ça leur ferme la gueule ;-)

Une troisième chose que j'ai beaucoup aime c'est la simplicité avec laquelle tu parles des compétences féminines qui peuvent être utiles à la "linux community": envie de partager, moindre compétitivité, plus grande sociabilité... Or, je pense me rappeler que tu as eu aussi une mauvaise expérience avec des femmes de la "linux community" qui n'étaient pas disponible, mais, hélas, plutôt snob: est-ce que cette forme de snobisme infantile du style "moi, je sais, toi, tu ne sais pas" serait un virus contagieux? Ne faudrait-il pas inscrire, parmi les bonnes pratiques de la communauté, qu'il ne faut pas oublier l'esprit du début ?

Dans une société libre, il y aura toujours des opportunistes et des idéalistes. C'est aux praticiens d'unir les extrêmes. Je crois d'ailleurs que Linus Torvalds et beaucoup d'autres personnes "en charge" si l'on peut dire comme ça, font de leur mieux pour " stresser " l'importance de la liberté, le bon sens et l'égalité.

Pour finir, quels projets as-tu pour l'avenir? A quoi es-tu occupé pour l'instant?

J'ai écrit un guide Linux qui vient d'être publié. J'ai été en fréquente communication avec la reviewer, une maman de deux enfants d'origine canadienne - américaine. C'est un grand travail, le résultat est un nouveau Linux User Guide dans le Linux Documentation Project, publié sous la licence publique GPL, qui remplace la version courante (qui date de 1996 et qui est donc en termes d'informatiques/Linux très ancienne et démodée).

Je voudrais encore apprendre à programmer décemment en C et en Java, mais l'intéresse me manque un peu, je crains, donc après une initialisation en Java abandonnée momentanément, pour l'instant je suis entrain de chercher de l'inspiration pour écrire un cours de programmation en Bourne Again shell, le shell étant l'outil le plus important pour interagir avec un systeme Linux. Je trouve qu'il y a un manque de cours librement téléchargeables sur des sujets simples pour débutants. Et en tout cas, il y a dans le monde des open sources un besoin constant d'écrivains et mainteneurs pour toute sorte de documents, alors j'essaye de faire ma part après que les open sources m'ont apporte tant de succès.

Apres certaines débâcles il y a quelques années j'ai juré que j'aurais fait de mon mieux pour stimuler l'adaptation de Unix en générale et de Linux en particulier. Ce projet j'essaye de le réaliser en donnant des cours et des workshops Unix/Linux, parce que mon enthousiasme, ça marche mieux quand les gens me voient devant eux. Cette activité m'apporte des sous, assez pour être indépendante. Et après tout, c'est tout ce que je voulais être: Indépendante, dans tous les sens du mot.

Women in Linux HOWTO
General tips for Linux newbies, with a female touch.
http://tille.soti.org/cyberfeministe/HOWTO/(...)

http://www.ada-online.org/(...)

> A noter les initiatives belges, allemandes et etats-uniennes furieusement absentes en france, pays du non-droit de la femme '(

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Présentation de Blouk Blouk : atelier d’informatique libre

Posté le 17 février 2004
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** Bloukblouk c’est qui ? **
- C’est des utilisateurices de logiciels libres, des individuEs au sein
d’un collectif.- Des gentEs qui pensent que les combats pour toutes les libertés ne
peuvent pas faire abstraction d’une réflexion sur les pratiques
numériques, informatiques.- Des gentEs qui pensent que la libération des ordinateurs passe par des
logiciels libres ; c’est une question éthique et politique mais pastechnique.
- C’est pas des technicienEs, ni des ingénieurEs. Non à la spécialisation
technique ! ! !- Pour que l’informatique ne soit pas réservée à une élite
d’informaticiennEs.
GNU/Linux pour les masses ! ! ! !

** Pourquoi sous GNU/Linux ? **

- Pour garder les libertés :
* La liberté d’utiliser le logiciel pour quelque usage que ce soit.
* La liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à
nos besoins.* La liberté d’en redistribuer des copies.
* La liberté d’améliorer le programme et de rendre publique les
améliorations de telle sorte que tout le monde puisse en profiter.- Parce que l’informatique doit rester libre et ne plus être propriétaire
et monopolistique, ne plus dépendre d’éditeurs comme Microsoft, Apple ou
autres.- Parce que c’est les utilisateurices qui doivent avoir le contrôle sur
leurs machines et non des multinationales. Pour la libre circulation del’information et des savoirs.
- Parce que les idées d’un programme informatique comme toutes les idées
appartiennes à toutes et tous et qu’elles ne doivent pas être cachées dansun code compilé par exemple, ou accessibles seulement à une élite, et que
celles-ci ne soient pas soumises à des lois restrictives.- Contre la LEN (Loi sur l’Économie Numérique) et contre les brevets
logiciels, parce que c’est la fin d’un internet non-commercial et d’un
espace d’échange de connaissances, parce que c’est la fin des sites
persos, des wikis, des forums, de l’informatique libre, de l’information
libre etdes savoirs accessibles à toutEs.

** Bloukblouk c’est quoi ? **
- Un atelier d’informatique sous GNU/Linux.
- Un espace convivial où trouver :
* un accès à prix libre à internet et aux logiciels libres ;
* des ateliers pratiques ;
* des install parties ;
* de l’initiation à l’utilisation de GNU/Linux ;
* de quoi remettre en état de marche les ordinateurs déclarés obsolètes
par la société de consommation ;- Un espace d’échanges de savoirs ! ! !
- Un lieu de résistance et de réflexion sur une éthique informatique et
politique.
** Bloukblouk c’est où ? **

- au 17 rue de Bourgogne 69009 à Lyon. metro ligne D station Valmy. bus
ligne 2/44/31 arrêt Tissot.- et aussi : http://bloukblouk.squat.net(...)

** Bloukblouk c’est ouvert quand ? **

- c’est tous les vendredis à partir de 16h jusqu’à 21h
- c’est aussi des ateliers spéciaux certains samedis.

DO IT YOURSELF ! ! ! FAIS LE TOI-MÊME ! ! !


** Mailing-list d’infos de Bloukblouk **
Ça y est, le monde entier peut avoir des informations sur les activités
passées et à venir de bloukblouk. Il suffit de s’inscrire à la listebloukblouk-infos :
- bloukblouk-infos est la liste d’informations publique sur les activités
de bloukblouk, l’atelier d’informatique libre et squattée de Lyon.- Y sont diffusées des mises à jour de la situation du projet, de ses
ambitions, les rendez-vous d’ateliers, d’install parties et autres
manifestations.- Ce n’est pas une liste de discussion, mais une liste d’information
modérée et à faible trafic, servant la seule diffusion des messages
relatifs àbloukblouk.

Inscrivez-vous !

C’est par là : https://squat.net/mailman/listinfo/bloukblouk-infos(...)

** Assemblage bidouillage **
On cherche à récupérer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un
(morceau d’)ordinateur. (Notamment des Pentium II et III...).
Contactez-nous... Mail : bloukblouk chez squat.net

http://www.ainfos.ca/fr/ainfos04377.html(...)

> Lire le journal (5 commentaires, moyenne: 1).

Le Clitoris est le plus court chemin vers la matrice! Youpi!

Posté le 27 janvier 2004

Regard sur le hackmeeting d'Iruña et au delà

Posté le 05 novembre 2003
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REGARD SUR LE HACKMEETING D'IRUÑA ET AU DELÀ

CONTEXTE

Les 24, 25 et 26 octobre 2003 s'est tenu à Iruña (ville située au Pays
Basque, plus connue sous le nom de Pampelune) le quatrième d'une série de
hackmeetings espagnols, initiée à Barcelone en octobre 2000 et
poursuivie les années suivantes à Bilbao puis à Madrid.

Ceux-ci s'inscrivent ouvertement dans la continuité des hackmeetings
italiens, qui ont désormais lieu chaque année dans des centre sociaux
autogérés (le plus souvent squattés) et travaillent à la rencontre de
deux univers: l'un politique, militant et libertaire, l'autre
informatique, technique et logiciel libre. Et comme l'indique le site du
rassemblement d'Iruña, "ce n'est pas seulement un rendez-vous de
hackers. Ce n'est pas non plus seulement un rendez-vous de gens
intéressés par les aspects sociaux des nouvelles technologies. C'est un
rendez-vous de gens intéressés par les nouvelles technologies et par
leurs aspects sociaux, et qui se réalise dans un espace libéré, le CSOA
(Centre Social Okupé Autogéré) de Pampelune, plus connu sous le nom de
"Iruña Gaztetxe".

Fidèle aux précédentes éditions, cette quatrième rencontre a changé de
nom pour l'occasion: de "Madhack'02" à Madrid l'année passée, le
hackmeeting est devenu "Hack3ña", ceci témoignant d'une volonté de
prendre l'environnement d'acceuil en considération, et, peut-être, de
s'imprégner de ses particularités (l'affiche de cette année faisait
explicitement référence à la pelotte basque, sport traditionnel
emblématique de l'identité culturelle du pays).

ESPACE D'ACCEUIL

En basque, "Gaztetxe" signifie "maison de la jeunesse", et il en existe
dans toutes les principales villes basques. Dans la majorité des cas,
cependant, celles-ci n'ont rien à voir avec les "MJC" que nous
connaissons, et se sont constituées de manière autonome, sous
l'impulsion des jeunes du coin et autres habitant-e-s, rejetant la
volonté de gestion des mairies, et occupant, autogérant des structures
par elles/eux-mêmes.

C'est dans cette tradition que s'inscrit le Gaztetxe d'Iruña, qui
squatte depuis maintenant 9 ans les anciens locaux d'une école de
pelotte basque, et a du faire face, à ses débuts, à une violente
tentative d'expulsion par la police: les flics démolissant plusieurs murs
du bâtiment pendant que les occupant-e-s résistaient depuis les toits.
Malgré cela, le lieu a tenu, les squatteureuses ont reconstruit et
l'endroit propose aujourd'hui diverses activités fort appréciées du
quartier: un bar/restaurant y est ouvert quotidiennement, et sert de la
nourriture végétarienne provenant de producteurs bio locaux, et
notamment de communautés rurales autogérées installées à proximité; une
gigantesque cours intérieure abrite l'un des derniers terrains de
pelotte basque des environs, ainsi que des concerts et autres
manifestations; une salle de cinéma propose régulièrement des
programmations; un infokiosk distribue littérature militante, presse
paralèlle, fanzines et musiques indépendantes lors de ses permanences.

ORGANISATION

Le début de Hack3ña était fixé à vendredi en fin d'après-midi, avec
quelques premiers ateliers. Dès jeudi, des personnes ont commencé à
arriver de toute l'Espagne pour préparer: installation d'un espace
machines; mise en place d'une connexion à Internet (via deux lignes
ADSL), création d'un réseau local (.hm) relié au net, proposant divers
services en interne comme des serveurs DNS, FTP, IRC, un proxy HTTP ainsi
qu'un proxy APT (une sorte de miroir Debian), accessible depuis divers
endroits du squat via cables/switchs ou ondes radios/points d'accès
wireless; distribution des salles pour les nombreux ateliers proposés;
constitution d'un point d'acceuil; etc.

Comme c'est le cas en Italie, l'organisation du hackmeeting ne repose pas
particulièrement sur un hacklab ou collectif local, mais est assumée par
un ensemble d'individus et de groupes venant d'un peu partout, se
coordonnant depuis plusieurs mois par le biais une liste de discussion
sur Internet (hackmeeting@sindominio.net) ouverte à tou-te-s. Les
participant-e-s/organisateurs-trices y voient la matérialisation de leur
désir d'autogestion et de libre-participation, la liste constituant une
assemblée permanente et un outil de transparence, permettant aux bonnes
volontés de prendre le train en marche sans difficulté.

Autre outil collaboratif utilisé en appuis de la liste: le wiki,
permettant à quiconque de modifier le contenu de la page oueb en
question, et donc d'ajouter son atelier ou son idée, de corriger une
erreur ou d'inscrire son nom dans une liste de choses à faire. Sur place,
diverses tâches comme l'acceuil des arrivant-e-s et la tenue du bar ont
été gérées grâce à un simple tableau affiché dans le hall, dans lequel se
sont inscrit-e-s les volontaires. Par contre, c'est le
collectif cuisinier de Gaztetxe qui a assuré la bouffe durant les 3
jours, servant des repas végatariens succulents. Un planning, donc, mais
aussi une assemblée d'organisation pour déterminer quelques points plus
précis vendredi après-midi et permettre aux arrivé-e-s de s'intégrer,
suivie, le dimanche, par une assemblée de cloture, sur laquelle je
reviendrai.

AMBIANCE

C'est donc vendredi soir que la plupart des gens sont arrivés et que le
hackmeeting a commencé, regroupant jusqu'à 250 personnes, toutes
originaires des diverses régions d'Espagne, à quelques rares exceptions
près. Les laptops se sont progressivement faits plus nombreux dans le
café, se mêlant aux habitué-e-s, dont certain-e-s, intrigué-e-s de cette
soudaine présence informatique dans le lieu, ont entendu avec intérêt les
anargeeks leur expliquer le pourquoi du comment de leur événement, la
nécessité de détruire Microsoft et de révolutionner le monde de
l'informatique en même temps que la société!

Cette sociabilité, cette propension à s'engager dans des discussions,
cette envie de partager, de bidouiller et d'avancer collectivement sont
sans doute parmi les éléments les plus marquants de ce hackmeeting, tant
ils diffèrent de l'individualisme voire de l'isolement qui marquent
souvent les cultures digitales plus au nord. Car outre les ateliers,
débats et conférences, ce hackmeeting fut un forum informel permanent, se
faisant le support d'échange de savoirs et de curiosités,
d'enthousiasmes collectifs et de laptops partagés. L'ambiance était à la
rencontre et à la découverte, et si l'on pouvait trouver des gens occupés
à coder isolément sur leur machine, la plupart des ordinateurs étaient
entourés de groupes de gens geekant collectivement. Et avec ou sans
machine, le hackmeeting était aussi l'occasion de faire la fête - odeurs
de hashich et vapeurs de bière, musique dansante et performances
visuelles se succèdant.

Un hackmeeting qui a témoigné de diverses manières de sa créativité, et
pas seulement sur les écrans: grandes banderoles déployées sur la façade
du squat pour annoncer l'événement, prôner l'utilisation de GNU/Linux
(avec une belle reproduction de Tux, le pingouin-mascotte de Linux), ou
dénonçer les nouvelles lois espagnoles sur la copie privée (LSSI);
pochoirs, décos artisanales et autres signes Debian taillés dans le
plastique des boitiers de PC, ordinateurs montés dans des valises, etc.

ATELIERS

L'appel à Hack3ña était baptisé "call 4 nodes", au lieu du traditionnel
"call for papers", dans l'idée de visibiliser la pluralité des
interventions possibles, et de ne pas limiter les moments formels à de
banales conférences ou exposés. Contrairement à nombre d'événements dont
le contenu dépend (quasi)-exclusivement de prestigieux et couteux-ses
intervenant-e-s extérieur-e-s, l'accent a été mis sur l'initiative
individuelle (et collective) des participant-e-s, qui ont proposé
quantité d'ateliers - trop pour que tous puissent être réalisés pendant
la durée de la rencontre - sur des thèmes et avec des formes
diversifié-e-s: atelier de fabrication d'antennes pour des réseaux
sans-fil autonomes, logiciels libres en langue basque, anatomie de virus
et de vers, présentation d'un site de recherche scientifique
collaboratif (Autonomia Situada) visant à libérer le savoir des griffes
industrielles et des contraintes universitaires, atelier/discussion "hack
the media", découverte des outils multimédia sous GNU/Linux
(alternatives logicielles pour lire/enregistrer/éditer sons, images et
vidéos), discussion à propos du réseau Indymedia par certain-e-s de ses
acteurs et actrices réuni-e-s à l'occasion de ce hackmeeting,
performance "are you a cyberpunk v2.0", présentation de la
mini-distribution X-Evian (CD bootable basé sur Debian, permettant
l'exécution d'un système GNU/Linux fonctionnel sans qu'aucune
installation ne soit requise sur l'ordinateur, réalisé dans le but
d'offrir un outil simple, flexible et multimédia aux militant-e-s), débat
"propriété intellectuelle/propriété industrielle", démonstration de
vidéo-mixing live et streamé via internet (grâce au logiciel libre
"puredata" - `apt-get install pd` -, qui semble actuellement faire fureur
dans certains hacklabs espagnols), tentative de visio-conférence avec un
hackmeeting ayant lieu simultanément en Colombie (mais des problèmes de
bande passante et de stabilité du lien internet ont rendu la chose
difficile), présentation de techniques d'authentification sur les réseaux
sans-fils, réflexion/discussion/préparation d'actions de résistance au
WSIS (World Summit of Information Society - se tenant à Genève en
décembre 2003, à l'occasion duquel/contre lequel sera organisé un hacklab
à l'échelle européenne), entre autres projections vidéos et ateliers
improvisés sur la cryptographie ou le noyau Linux 2.6.

Seul "invité" de ces 3 jours, Ricardo Dominguez de l'Electronic
Disturbance Theatre (USA), venu présenter sa pratique de la
désobéissance civile électronique et des manifestations en ligne,
préconisant la recherche d'actions et de communications se plaçant sur le
terrain du virtuel, la rue étant devenue trop prévisible et contrôlée par
l'état policier.

Enfin, événement non négligeable de cette rencontre: la tenue le samedi
soir, comme l'année passée, de l'édition espagnole des Big Brother
Awards, événement international récompensant les plus hautes figures de
la société sécuritaire, consacrant divers exploits en matière de
fichage, de surveillance et autres manoeuvres de suppression des
libertés.

HACKING THE STREETS

Vendredi en fin de journée, le bruit a couru dans l'assistance qu'une
manifestation se préparait. Effectivement, en début de soirée, une foule
d'une soixantaine de personnes s'est rassemblée devant le squat aux sons
de sifflets, derrière deux grandes banderoles titrant "Hack your brain -
okupa te mente | hack in dezagun" et "Reality Hacking - or el derrcha a
experimentar libremente", mots clefs du Hack3ña, dont le logo représente
un cerveau traversé par une flèche cassée, signe traditionnel des okupas
(squats).

L'idée ainsi exprimée est de revendiquer le hack comme une posture
politique, agissant contre la pensée dominante. En se réappropriant notre
cerveau et en l'usant librement, indépendamment - ou contre - les
contraintes imposées par la société, nous pouvons créer des espaces de
réflexions, de pratiques, de vie autonomes, à la manière des expériences
de squats autogérés menées depuis quelques dizaines d'années. La
revendication de "reality hacking" va également dans ce sens, et tente de
sortir le hack du strict domaine du virtuel, en le voyant comme une
propension à la curiosité, à l'audace, à l'intelligence et à l'action, à
mettre en oeuvre dans tous les aspects de la vie quotidienne. Hacker,
c'est ainsi utiliser et détourner les nouvelles technologies - mais pas
seulement - pour réaliser une autre société!

Après quelques minutes de stationnement devant Gaztetze, le cortège s'est
ébranlé, et a bruyamment parcouru quelques rues du centre-ville, au son
de slogans pour les logiciels libres, contre les brevets
logiciels (actuellement soumis à l'appréciation de la Commission
Européenne), contre les lois sécuritaires bridant l'accès à
l'information et un nouveau dispositif espagnol taxant la copie de CD
(LSSI). Brève pause sur une place malgré le froid et discours au
mégaphone, puis retour au hackmeeting après une petite demie-heure de
manifestation.

L'année dernière déjà, la rencontre de Madrid avait inauguré le concept
de "hack-manif" avec succès, concrétisant l'envie de mélanger cultures
digitale et militante, et montrant que si l'informatique alternative peut
apporter aux luttes sociales, les modes de contestation de ces dernières
peuvent aussi être mises à profit dans le combat des logiciels libres!
Enfin, une image inhabituelle et dynamisante: celle d'un membre
d'asturiawireles.net levant son antenne sans-fil en l'air en scandant un
slogan, comme le poing levé d'autres manifestant-e-s!

APT-GET INSTALL IT

On n'a pu manquer d'être frappé, en se ballandant dans le hackmeeting,
par l'omniprésence de Debian. Il y a fort à parier que 99% des machines
présentes à la rencontre utilisaient Debian GNU/Linux comme système
d'exploitation, avec quelques exceptions pour Gentoo GNU/Linux et divers
dérivés de BSD, mais, quoi qu'il en soit, aucun Microsoft Windows à
l'horizon ;)

Un choix de Debian considéré comme évident, et semblant faire partie
intégrante du "mouvement": pour l'excellence technique de cette
distribution, pour son respect scrupuleux de la philosophie des
logiciels libres, et pour son indépendance, Debian étant la seule
distribution majeure exclusivement réalisée par des bénévoles sans
rémunération - au total plus de 1000 programmeurs/euses collaborant et
s'organisant librement via internet - tandis que d'autres, comme
Mandrake ou Red Hat Linux, sont désormais des sociétés commerciales
côtées en bourse, faisant la course aux numéros de versions et aux
clients.

Un parti-pris pour Debian marqué par la présence d'un apt-proxy sur le
serveur (pour mutualiser le téléchargement de mises à jour depuis
l'internet), par la vente de t-shirts Debian (à 7¤) et autres badges, et
souvent relayé par la conversation ("tu es sous Debian, bien sûr?").
Voilà un autre point commun avec les hackmeetings italiens - du moins
celui de juin à Turin -, lors duquel, outre la présence de t-shirts
"apt-get install anarchy", on pouvait flairer une motivation très
debianiste.

L'HEURE DU BILAN

Le hackmeeting devait se terminer dimanche après-midi, après quelques
ateliers, un dernier moment de repas et une assemblée "bilans et
perspectives", suivie d'un grand ménage collectif. Sur l'ensemble des
personnes présentes, force est de constater que pas mal sont parties
avant cela, mais c'est néamoins une soixantaine de personnes qui s'est
retrouvée pour l'assemblée.

L'occasion d'évoquer les points positifs et négatifs de ces quelques
jours passés, avec, parmi les regrets exprimés, une série de problèmes
logistiques, comme l'exiguité de la principale salle machines (qui était
vraiment petite, ne permettant guère qu'à 30 personnes maximum de s'y
installer), la saturation totale du dortoir et la difficulté à combattre
le froid intense, malgré quelques gros chauffages de chantier. Mais aussi
des réflexions concernant l'accessibilité de l'événement, qui n'a que
difficilement permi aux non-initié-e-s que s'intégrer, et le souhait
d'avoir à l'avenir des espaces de démonstration clairement délimités,
ainsi que d'offrir la possibilité aux personnes locales d'amener leur
machine pour y installer Debian en étant accompagnées.

S'en est suivi un gros débat sur l'endroit ou se déroulera le prochain
hackmeeting, mais surtout, plusieurs interventions de femmes évoquant la
disproportion du nombre d'hommes par rapport à elles, et constatant une
concentration des savoirs les plus techniques par les mecs. En
conséquence de quoi, plusieurs femmes ont proposé d'entamer une
réflexion sur la visibilisation des femmes au sein des hackmeetings,
l'une d'elles évoquant la possibilité d'ateliers d'échange de savoirs
entre femmes. Au cours du hackmeeting, plusieurs filles avaient proposé,
via affichage sur le programme mural, de se réunir autour de leur
pratique des médias indépendants, de l'accès aux technologies et aux
médias, et, avec un point d'interrogation, du cyberféminisme - rencontre
qui semble avoir impulsé une volonté, au moins de leur côté, de prendre
en considération la question du genre dans les pratiques informatiques
dissidentes.

Enfin, il fut brièvement question d'une connexion possible entre le
hackmeeting et deux autres projets existants, bien que mis en sommeil ces
derniers temps: l'idée d'un "transnational hackmeeting" et le réseau
"plug'n'politix". Le premier projet vient d'Italie, et, prenant acte de
la culture particulière émergeant du mouvement des hackmeetings italiens
et espagnols de ces dernières années, souhaite l'exporter pour en faire
profiter d'autres pays dans lesquels de telles dynamiques n'existent pas.
Simultanément, il s'agit de s'enrichir par l'échange avec d'autres
contextes et expériences, mais aussi de réfléchir à la répression
électronique et politique qui frappe l'Europe toute entière avec
l'émergence tous azimuts de lois particulièrement liberticides (dans la
lignée des LSQ et LSI françaises), et, peut-être, d'y faire face
collectivement! Le second projet, "plug'n'politix", vise à la
continuation d'un réseau d'échange entre divers cybercafés squattés,
hacklabs et autres espaces publics expérimentant une hybridation entre le
technique et le politique. La première rencontre a eu lieu à Zurich en
octobre 2001, et une prochaine pourrait suivre dans les mois
prochains.

Puis fin d'assemblée enthousiaste avec la promesse de continuer à
discuter sur la liste et de se retrouver, au-revoirs divers, et quelques
groupes de gens s'affairant à nettoyer et démonter. Très vite, le lieu
s'est vidé, et en fin de journée, le hackmeeting était terminé.

SO WHAT?

La "culture" des hackmeetings telle qu'elle se constitue depuis quelques
années en Espagne et depuis 5 ans en Italie me semble particulièrement
intéressante, en ce qu'elle matérialise l'articulation des dimensions
techniques et politiques du hack et des logiciels libres, idées qui,
quand elles ne sont pas carrément ignorées ou condamnées (par la
mouvance "open-source", notamment), sont souvent plus théorisées que
pratiquées. Au cours de ces dernières années s'est ainsi profilé un
véritable "mouvement" qui semble s'inscrire dans la durée. Mais le
hackmeeting est aussi le reflet d'une multiplicité d'initiatives
locales, auxquelles il donne une visibilité et qu'il contribue à
dynamiser par la mise en réseau avec d'autres initiatives similaires (à
la suite des premiers hackmeetings, une dizaine de hacklabs se sont
constitués dans toute l'Espagne!). Et si l'intérêt du hackmeeting est
d'exprimer une identité particulière et novatrice, il est aussi d'être un
support à des pratiques collectives de sociabilité (informatisée ou non),
d'échange et de collaboration, d'auto-organisation.

Néamoins, certains éléments nettement moins enthousiasmants posent
question. Les interventions de femmes lors de la réunion de cloture ont
mis le doigt sur des réalités: l'inégale répartition des savoirs
techniques et la sous-représentation des femmes dans le milieu. Ces
constats ne sont certes pas spécifiques à l'Espagne, le milieu de
l'informatique (alternative ou pas) demeurant incontestablement dominé
par les hommes. Il est cependant frappant de constater combien les
problématiques (cyber)féministes ont été absentes des questionnements mis
en avant pendant cette rencontre là. Absence d'autant plus gênante que si
l'accès à l'informatique est rendu difficile aux femmes par les rôles
sociaux imposés en société (qui réservent majoritairement les filières
scientifiques et l'usage des techniques aux hommes), il va de soi que
l'exclusion des femmes dépend directement du comportements des hommes du
milieu. En tant que mecs anargeeks, hackeurs, militants, bidouilleurs ou
simples utilisateurs, il urge de prendre conscience de la façon dont nous
aussi contribuons à interdire aux femmes l'accès à ces passions. A
commencer par comprendre, accepter et laisser de
l'espace aux initiatives d'auto-organisation des femmes en ce domaine,
comme celle des "genderchangers" à Amsterdam, qui organisent diverses
formations techniques et ateliers par et pour des femmes - idée qu'on
aussi émises des participantes à Hack3ña, à mettre en place la prochaine
fois.

Un autre bémol concerne les réunions, qui se sont avérées plutôt
chaotiques, et donc forcément inégalitaires, les uns coupant facilement
la parole aux seconds, les autres entamant d'autres conversations, le
tout créant parfois un capharnaum obligeant certain-e-s à hausser le ton.
Et si les assemblées se sont déroulées en parfaite amicalité, dans une
atmosphère des plus décontractées, la spontanéité et la rapidité des
échanges ont néamoins bénéficié, comme toujours, à quelques experts de la
parole, qui se sont souvent longuement exprimés, alors que d'autres ne se
sont pas du tout manifesté-e-s. Or, la volonté égalitaire
inhérente à ce type de de manifestation devrait pousser à une réflexion
sur les modes de discussion et les processus de décision! Une assemblée
de 70 personnes ne peut permettre à la diversité des opinions de
s'exprimer et à tou-te-s les individu-e-s de participer qu'en mettant en
place des techniques de discussion: distribution de la parole, synthèse
régulière par un-e modérateur/modératrice, division éventuelle en petits
groupes pour permettre un confort d'expression avant synthèse des
différents groupes de discussion, codes visuels pour signifier
l'approbation, circulation des rôles de modération, etc. Ces diverses
formes de débat ont été réfléchies, expérimentées et mises à profit par
des collectifs libertaires depuis des années, et notamment lors
d'événements internationaux (camp No Border de Strasbourg en juillet
2002) pour de grandes assemblées.

M'est avis que ces éléments manquants pourraient faire l'objet
d'échanges intéressants dans le cadre d'un hackmeeting transnational, qui
permettrait la rencontre de la tradition sociale commune à l'Italie et à
l'Espagne qui dénote tant des contextes rencontrés habituellement, des
acquis organisationnels d'autres collectifs européens qui me
semblent correspondre à l'impératif d'horizontalité, et des expériences
féministes menées par des collectifs informatiques de femmes
(d'Allemagne, d'Angleterre et de Hollande, notamment) qui, je l'espère,
pourraient faire avancer la prise de conscience et l'action sur ce sujet
essentiel qui laisse tant à désirer.

En attendant, pas besoin d'événement pour mettre à profit les
inspirations récoltées au contact de ce hackmeeting dans nos initiatives
propres, et à créer des dynamiques d'échange autour des divers problèmes
rencontrés! Et si seules l'Italie et l'Espagne semblent à ce jour avoir
vu hackeureuses et militant-e-s se fédérer de la sorte, il est quelques
initiatives en France en ayant repris des éléments: à Paris, les
"rencontres européennes des contre-cultures digitales" Zelig (décembre
2000) et ZeligRC2 (décembre 2002), la rencontre hexagonale No-Zelig
(janvier 2002) revendiquée comme hackmeeting, mais aussi quelques
premiers ateliers d'informatique squattés, qui ne sont pas sans rappeler
les hacklabs, avec la création en octobre 2001 de PRINT (hébergé à
l'espace autogéré des Tanneries de Dijon), puis de Blouk Blouk à Lyon en
mai dernier, sans oublier DGEDOR ("Des Gens Et Des ORdinateurs
Révolutionnaires"), brève expérience menée en mars 2003 au feu-squat
parisien RDC. Ainsi que le collectif GNU-Banquise à Nice, l'association
Avataria à St-Etienne, et les divers collectifs se constituant
actuellement en France autour d'Indymedia. Autant de projets dont la mise
en réseau des savoirs et envies laisse entrevoir quantité de
possibilités... avec à la clef, pourquoi pas... un hackmeeting, avec ou
sans ce nom là?

Hack3ña hackmeeting: http://sindominio.net/hackmeeting/(...)
Photos et CR (en
castillan): http://euskalherria.indymedia.org/fr/2003/10/10413.shtmlInfos(...) sur "Gatzetxe": http://sindominio.net/poto/punkplona/hmg.html(...)
Hackmeetings italiens: http://hackmeeting.org/(...)
Hackmeetings espagnols
(liste): http://sindominio.net/mailman/listinfo/hackmeeting(...) Wiki de
Hack3ña: http://sindominio.net/hackmeeting/wiki/(...)
Autonomia Situada: http://sindominio.net/autonomia_situada/(...)
X-Evian: http://www.e-oss.net/x-evian/(...)
Hackmeeting colombien: http://www.geocities.com/bogojaq03/bogojaq.htm(...)
Ricardo Dominguez: http://www.thing.net/~rdom/(...)
Big Brother Awards Espagne: http://www.bigbrotherawards-es.org/(...)
Debian GNU/Linux: http://www.debian.org/(...)
Transnational Hackmeeting: http://autistici.org/mailman/listinfo/thk(...)
Plug'n'Politix: http://squat.net/pnp/(...)
Genderchangers: http://genderchangers.org/(...)
Zelig Conf: http://www.zelig.org/00_zeligconf(...)
ZeligRC2: http://www.zelig.org/(...)
No-Zelig: http://no-zelig.org/(...)
PRINT: http://print.squat.net/(...)
Blouk Blouk: http://bloukblouk.squat.net/(...)
RDC (DGEDOR): http://rdc.squat.net/(...)
GNU-Banquise: http://gnu-banquise.org/(...)
Avataria: http://www.avataria.org/(...)
Indymedia France: http://france.indymedia.org/(...)


le 28/10/2003,
darkveggy squat.net

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