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Dépêche modérée par

Articles : Le retour du fils de la vengeance de la LEN

Posté par Benjamin (Jabber id, page perso, ). Modéré le 29 décembre 2003.
Justice
Après quelques mois de silence radio politique, la LEN (loi informatique et liberté aka Loi pour l'Economie Numérique) arrive à nouveau à l'horizon politique français.

La ligue des utilisateurs Odebi nous invite à nous adresser à nouveau à notre député pour lui rappeler que nous sommes aussi électeurs.

La ligue Odebi nous rappelle que cette loi risque de transformer l'Internet français en zone ou règnera la justice privée des gros portefeuilles, ceux qui sauront appeler les hébergeurs via leur avocat pour leur faire fermer tout site web qui risquerait de leur porter préjudice.

Bref, rien de bien lumineux sur l'horizon judiciaire d'Internet...

> Lire la dépêche (23 commentaires, moyenne: 3).  

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Re: Le retour du fils de la vengance de la LEN

Posté par ashledombos () le 29/12/2003 à 08:57. (lien). Évalué à 9.

L'internaute est obligé de louer une connexion à un fournisseur d'accès, ensuite s'il veut faire un site d'au moins acheter un nom de domaine et une adresse IP , sinon carrément de louer un serveur.


Dire qu'Internet à été créé par des militaires pour créer un réseau "non contrôlé" et horizontal. Nous avons finalement un réseau plutôt hierarchique et vertical.

Au résultat Internet rique de devenir la censure la plus grosse notre Histoire, et le plus gros panneau publicitaire du monde.
Bon, j'arrête le roman d'anticipation, mais nous pouvons rechercher aujoud'hui la création d'un véritable Internet libre . Après cela mène à débat (risques, avantages...), mais l'idée est intéressante (ça c'est le politiquement correct) voire indispensable (ça c'est ce que je pense vraiment). Vive le wifi !

==> http://www.reseaucitoyen.be/(...)

Re: Le retour du fils de la vengance de la LEN

Posté par Jean-Marc Leroy (page perso, ) le 29/12/2003 à 09:52. (lien). Évalué à 2.

ou régnerons => où règneront


( ---> [ ] )

Re: Le retour du fils de la vengance de la LEN

Posté par Jean-Marc Leroy (page perso, ) le 29/12/2003 à 09:54. (lien). Évalué à 1.

...et vengance => vengeance (désolé, jsuis distrait moi aussi)

Re: Le retour du fils de la vengance de la LEN

Posté par Olivier Faurax (Jabber id, page perso, ) le 29/12/2003 à 10:11. (lien). Évalué à 9.

la LEN (loi informatique et liberté)

ça serait pas "LEN (Loi pour l'Economie Numérique)", plutôt ?

En tout cas, ça veut bien dire ce que ça veut dire : "loi pour faire des sous avec les ordinateurs"

--
xmpp:ofaurax@jabber.fr

Re: Le retour du fils de la vengeance de la LEN

Posté par Éric (Jabber id, page perso, ) le 29/12/2003 à 10:50. (lien). Évalué à 4.

Oui, enfin pas besoin de la LEN pour ça. Quand une boite attaque un hébergeur pour faire fermer un site l'hébergeur est déjà en position de choisir entre fermer directement le site, faire un arrangement à l'amiable ou "subir"(*) un procès. Ça s'est passé récement pour Ouvaton et un autre hébergeur associatif.

(*) je met "subir" entre guillemets car même si il en sort que l'hébergeur n'a rien à se reprocher (ie: juste une injonction comme quoi il doit faire fermer le site) il lui reste tout de même à payer les frais de justice et à avoir dépensé au mieux du temps et des ressources pour la procédure.


> règnera la justice privée des gros portefeuilles

Pourquoi ?
"La justice privée" oui, parce que l'hébergeur devra juger lui même de la légalité. Quoi que le terme est tout de même mal choisi car il y aura toujours une justice globale et équitable qui tranchera (pourra trancher) en cas de litige.
Je parlerai plutôt de policie/milice/repression privée car il s'agit bien de ça : un organisme privé (l'hébergeur) coupera ou pas un hébergement (et pourra être tenu responsable par l'une ou l'autre des parties si il prend la mauvaise décision).

Par contre, pourquoi "gros portefeuilles" ? J'ai l'impression que c'est ajouté juste pour rajouter au stéréotype des grosses multinationnales mais ça n'a rien à faire là. Si personnellement, sans gros portefeuille, je me sens diffamé par un site je pourrai attaquer en justice l'hébergeur.
Et là soit il obtempère soit il prend le risque que je lui demande des dommages et intérêts car il ne l'a pas fait quand il a eu connaissance (par moi) du problème. Je n'ai pas eu besoin d'un gros portefeuille pour lancer une menace et déclencher cette "justice privée" de l'hébergeur.

Bizarre ?

Posté par Egidius () le 29/12/2003 à 13:56. (lien). Évalué à 7.

L'adage français qui dit qu'à chaque problème sa loi est malheureusement vérifié pour les NTIC.

Engager la responsabilité des prestataires de service comme moyen de réglementer Internet à les faveurs des législateurs,
plutôt que de s'en remettre à des pratiques de déontologie professionnelle comme c'est le cas dans d'autres pays.

Néanmoins l'interprétation que fait Odébi des conséquences de la LEN laisse perplexe. Parler de "privatisation" de la justice plutôt que de judiciarisation à propos de la modification de la loi sur la liberté de communication semble pour le moins confus.

Certes la LEN reste très ambigüe quant à la responsabilité de l'hébergeur puisque d'une part elle l'exonère d'être responsable du contenu d'un site sauf si l'hébergeur a connaissance de l'illicéité de l'information en question. Le "sauf si" contredit donc le principe de non-responsabilité.

Les récentes affaires d'Ouvaton ou du RAS démontre tous le danger de cette disposition puisqu'elle permet d'assigner l'hébergeur en référé qui aurait failli à sa responsabilité de ne pas propager en connaissance de cause un contenu illicite.

Même si le juge des référés exonère l'hebergeur de toute responsabilité comme c'est le cas pour Ouvaton les frais d'avocats peuvent venir à bouts d'hébergeur à buts non lucratifs (ouvaton) ou de PME qui ne sauraient supporter des procédures à répétition.

D'autre part interpréter la responsabilité de l'hébergeur dans la publication de contenu illicite comme de se substituer à l'autorité judiciaire parait pour le moins excessif. Etablir que de ne pas publier un contenu équivaqut à une peine de "censure" l'est tout autant.
In fine, c'est un juge qui, en cas de litige, décidera de la légalité d'un contenu et ordonnera le cas échéant de faire diligence.

Le travers de cette loi, c'est qui'elle implique l'hébergeur que éventuel co-responsable à priori de la publication d'un contenu et qu'elle l'oblige donc à se "défendre" à ses frais pour s'exonérer de ce soupçon.

Certes cette tentative de réglementer Internet est une absurdité .
Elle est inhérente aux traditions juridiques françaises. Réglementation contre pragmatisme.
Les conséquences en seront avant tout économiques et sociales. Nous les connaissons depuis longtemps, concentration des richesses, faible réactivité des acteurs économiques, lenteurs administratives, etc ..

Les nouvelles technologies de l'information sont autant de moyens d'animer la vie non seulement économique mais sociale et culturelle.

Les tentatives de réglementations ne se révèlent qu''obstacles à cette dynamique, non sans arrière pensées de quelques-uns pour asseoir encore plus leur domination sur la société française.

Si trop d'obstacles juridiques entravent l'activité du web alors ce seront les pays les moins réglementaristes qui profiteront des acteurs français d'Internet.

Nous hébergerons tous à Amsterdam.

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