Agrégation et logiciels libres

Posté par . Édité par baud123 et Nÿco. Modéré par patrick_g. Licence CC by-sa
Tags : aucun
21
9
mar.
2012
Éducation

Depuis 2007, l'agrégation de Mathématiques se fait sur des machines tournant sous GNU/Linux. Il en est encore de même cette année. Cependant, celle-ci marque de gros changements. Le premier consiste en l'utilisation directe de ClefAgreg ; désormais les épreuves se feront sur des machines directement démarrées à l'aide de Clef USB sur lesquelles ClefAgreg (version 7) (clef USB « live » servant déjà de support à l'agrégation interne) a été installé. Le deuxième changement est l'entrée de Sage dans les logiciels proposés à l'agrégation externe.

Dès l'apparition de l'épreuve de modélisation à l'agrégation, linux a été utilisé, d'abord parallèlement à Windows, puis à partir de 2007 seul. Le système utilisé a été Mandriva/KDE puis très rapidement Debian/fluxbox. Désormais donc ce sera Debian/XFCE, dans une distribution identique pour les agrégations interne et externe de Mathématiques, et librement téléchargeable (logiciels non libres exceptés).

ClefAgreg est une clef USB bootable autonome fondée sur Debian. Directement téléchargeable sur le site, elle se compose d'une clef avec un système lançant XFCE. Développée depuis 2007 et existant sous plusieurs variantes (ClefOffi, ClefJeu, etc.) cette clef dans sa version 7 est désormais proposée sous une seule forme (clef de base) et tout un jeu d'extensions permettant de personnaliser sa clef et de reconstituer les variantes antérieures.
La clef, initialement assez dépouillée, s'adapte donc à l'utilisateur par l'ajout d'extension (système de fichiers squashfs) que l'on dépose simplement dans un répertoire. Les candidats à l'agrégation peuvent télécharger cette clef avec les extensions correspondant aux logiciels libres proposés aux concours. Cette clef est également adaptée aux étudiants en sciences (Universités, CPGE, etc.).

Ces logiciels sont

  • CaRMetal
  • Xcas
  • Geogebra
  • Geoplan / Geospace (tournant grace à wine)
  • Maxima
  • LibreOffice.org
  • Scilab

pour l'agrégation interne, et

  • Scilab
  • Octave
  • R
  • Axiom
  • GIAC/XCas
  • PARI/GP
  • GAP
  • SAGE

ainsi que Camllight, Ocaml, Java et C pour l'agrégation externe. On peut noter l'apparition (attendue) de Sage cette année.

  • # Est-ce bien nécessaire tout ça?

    Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

    Quand je pense à mon prof de maths, dans une école d'ingés en Électronique (donc pas censé être réfractaire à la technologie, hein!), qui nous a enseigné les probas, le traitement du signal, et plein d'autres choses sur un tableau noir, avec comme crédo:

    "Pour faire des mathématiques, il faut un papier, un crayon, ET UN CERVEAU!"

    Et là je vois des outils tels que LibreOffice pour passer des examens de mathématiques. Ça me laisse perplexe.

    • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

      Posté par . Évalué à  4 .

      C'est plus spécifiquement pour l'épreuve de modélisation. De plus le niveau pour passer l’agrégation est bien entendu bien supérieur aux cours que tu as fait en école d'ingé.

      • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

        Posté par . Évalué à  2 .

        Sans vouloir diminuer la valeur de l'agreg, ou au contraire faire valoir le niveau des écoles d'ingé, j'ai personnellement bossé sur des concours d'agreg en deuxième année de prépa. On avait 4h pour faire une épreuve de 6h (ou était-ce 8 ?) si je me souviens bien …

        Les meilleurs d'entre nous avaient de très bons résultats … donc j'imagine que suivant le niveau de l'école d'ingé, l'ingénieur n'a pas de quoi rougir devant le prof et son master 2.

        Mais oui au final, quelques soit l'outil (informatique ou papier crayon) il faut mieux un cerveau …

        • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

          Posté par . Évalué à  -1 . Dernière modification : le 09/03/12 à 12:16

          Mais oui au final, quelques soit l'outil (informatique ou papier crayon) il faut mieux un cerveau …

          … hum il vaut mieux. Bon, il en faut un, et donc, il vaut mieux avoir un cerveau :)

          Quoi, comment? qu'entend-je? qu'ouï-je? ah! on parle math…bon je -->[

        • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

          Posté par . Évalué à  2 .

          On avait 4h pour faire une épreuve de 6h (ou était-ce 8 ?) si je me souviens bien …
          Les meilleurs d'entre nous avaient de très bons résultats

          Ce n'était certainement pas une épreuve de l'agreg externe…

          • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

            Posté par (page perso) . Évalué à  3 .

            Effectivement, j'ai un doute aussi quand on voit qu'il faut parfois 70 pages pour une correction d'une épreuve du CAPES externe, alors l'Agreg… Je ne suis vraiment pas sûr que les épreuves soient faisable en entier dans le temps imparti.

            • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

              Posté par (page perso) . Évalué à  5 .

              Je suis agrégé de maths et j'avais eu une super note (18/20) à l'une des épreuve (analyse numérique) alors que je n'avais répondu qu'à la moitié des questions.
              Donc oui, les sujets ne sont pas faisables dans le temps prévu par des humains normaux.
              Cela dit, mon expérience indique que c'est pris en compte dans le barème et donc pas si mal pour le candidat.
              O-

              PS : je ne crois pas du tout que des élèves de deuxième année de prépa soient aptes à traiter un sujet d'agreg externe en 4h, ou alors ils ne sont pas à leur place.

              • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

                Posté par (page perso) . Évalué à  3 .

                Cela dit, mon expérience indique que c'est pris en compte dans le barème et donc pas si mal pour le candidat.

                L'agrégation est un concours pas un examen: le but est de trier les gens pour reconnaître les meilleurs. Si on colle à tout le monde une note entre 0 et 4 on n'y voit rien, alors que la place entre les notes de 4 + o(1) à 20 n'est pas utilisée.

                PS : je ne crois pas du tout que des élèves de deuxième année de prépa soient aptes à traiter un sujet d'agreg externe en 4h, ou alors ils ne sont pas à leur place.

                Effectivement, si on donne un sujet d'agrég au hasard à un taupin cela devrait en principe faire pas mal de dégâts. Mais il ne faut pas oublier que'au début il y a un prof qui sélectionne le sujet, et certains sont plus abordables que d'autres.

                En particulier il y a à l'agrég une épreuve «analyse et probabilités» dont la partie «probabilités» est en principe complètement méconnue des élèves de taupe (à cause de la théorie de la mesure), idem pour l'analyse complexe ou l'analyse de Fourier (tjrs à cause de la théorie de la mesure). Dans l'épreuve «algèbre et géométrie» il y a aussi beaucoup de sujets disqualifiant les élèves de classe prépa.

    • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

      Posté par . Évalué à  8 .

      Pour les vraies maths, je ne sais pas, mais j'ai enseigné les statistiques en prépa médecine, et faire des statistiques avec un papier, un stylo, et un cerveau, c'est proprement ridicule. On fait des moyennes à la main, on trace des histogrammes au tableau, et on lit des p-values dans des tables—youhou, comme au XIXe siècle. À mon avis, tout ce qui requert du calcul est totalement inintéressant à faire à la main.

      • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

        Posté par . Évalué à  3 .

        Tout à fait d'accord.

        en plus, moi je trouve assez génial les logiciels de géométrie. C'est quand même mieux que d'utiliser des règles en bois de 2 mètres et des rapporteurs d'1.5m….

        Les épreuves de capes ou d'agreg contiennent des oraux où les futurs enseignants présentent des leçons, si je ne me trompe pas.

    • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

      Posté par . Évalué à  4 .

      Il faut noter qu'il y a une option informatique à l'agrégation de mathématique.

    • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

      Posté par (page perso) . Évalué à  3 .

      Je suis un poil gêné par la question : j'aurai tendance à dire l'informatique est un outil.

      J'enseigne actuellement à des lycéens, il ne savent pas faire de manière fiable du calcul à la main, ni mental; ce serait leur donner une béquille : c'est globalement actuellement une mauvaise manoeuvre.

      Encore pire pour les primaires : il faut d'abord apprendre les tables de multiplication et calculer la monnaie de la boulangère avant d'avoir une calculatrice.

      Au lycée, on peut commencer à intéresser, en classe ou hors classe ou en TPE, des jeunes à la "chose informatique".

      L'informatique a tellement d'impacts dans la vie réelle, que je ne trouve pas du tout inintéressant au niveau prépa, donc quand on a 20 ans et que ce qu'on apprend est naturellement en interaction avec l'informatique (en l'occurence les maths dans une épreuve de modélisation) que cela fasse partie des choses apprises et évaluées.

      Pour les futurs chercheurs en maths, nombre de ces maths sont appliquées et ces acquis resservent. Enfin, nombre d'ingénieurs font de l'algorithmique et de l'inférence à longueur de journée, l'outillage informatique leur est/sera probablement précieux.

      En résumé l'informatique est un support pédagogique autant qu'un outil, il faut réfléchir un peu à ses objectifs pédagogiques et en général on a la réponse à la question : "c'est bien ou pas ?"

    • [^] # Re: Est-ce bien nécessaire tout ça?

      Posté par . Évalué à  1 .

      C'est un concours de recrutement et les professeurs doivent désormais savoir utiliser les logiciels dédiés aux mathématiques, notamment ceux utilisés dans l'enseignement dans le secondaire. Parmi ces derniers figurent notamment les tableurs (LibreOffice donc). Je vous suggère de parcourir les rapports des concours pour voir l'utilisation de ces logiciels.

      Comme il a été dit, il existe une option informatique au concours externe.

  • # Et le chiffrement du home alors?

    Posté par . Évalué à  2 .

    C'est bien la peine d'avoir un article préparé par la personne qui connaît le mieux cette clef et d'oublier l'essentiel…

    Oyez, oyez, braves linuxiens! Il est désormais possible de ce prémunir contre le risque de diffusion des fichiers lié à la perte de la clef en chiffrant le répertoire utilisateur!

    Bon par contre il est assez facile de créer une extension pour faire écrire le mot de passe en clair dans un endroit discret de la clef, donc n'en attendez pas une plus grande sécurité que ça, à moins de laisser la clef dans un coffre quand vous ne vous en servez pas… et d'être sûrs que le fabricant du coffre ne travaille pas pour la stasi

    • [^] # Re: Et le chiffrement du home alors?

      Posté par . Évalué à  1 .

      Inutile d'être désobligeant. Le cryptage n'est là qu'en cas de perte de la clef, et pas pour échapper à une stasi quelconque (auquel cas l'usage d'une clef live est imbécilen car on ne controle pas la machine elle même). Pour être tranquille en cas de perte de clef, la méthode utilisée me parait satisfaisante et me suffit.

      • [^] # Re: Et le chiffrement du home alors?

        Posté par . Évalué à  1 .

        Tu as mal compris, c'était pas pour être désobligeant. Mes excuses si tu t'es senti agressé. C'était pour insister sur les limites du système: parfait pour un prof qui peut se faire piquer sa clef sur son bureau, inutile pour un journaliste qui veut protéger ses sources.

        Il y a vraiment des gens qui croient qu'on peut utiliser une clef USB avec home chiffré «pour des missions de terrain». Comme si la nature même du système (sur mémoire flash) ne rendait pas la chose vulnérable (en dehors même du risque de compromission matérielle). Pour un peu plus de sécurité il vaut mieux un CD gravé non modifiable et le home chiffré sur une clef USB (système de la défunte Knoppix-MiB, qui ne protège pas des keylogger matériels quoi qu'il en soit).

        • [^] # Re: Et le chiffrement du home alors?

          Posté par . Évalué à  1 .

          Hum, le pbm est en tout cas intéressant, je ne m'étais pas penché dessus. On pourrait voir dans ce cas une vérification par md5sum des fichiers sqh et de l'initrd, les md5sums étant dans la partie cryptée. Cela garantirait l'intégrité a posteriori du système bouté. C'est satisfaisant à première vue, mais en fait comme le système de boute est en clair, rien n'empêche de le modifier de telle manière à zapper cette partie voire à trapper le mot de passe et modifier les controles d'intégrité. Ce sera général à tout méthode de vérification de l'intégrité du système qui fasse partie du système distribué; disponible pour tous, elle indique également comment la contourner, ne serait ce qu'en anticipant la demande du mot de passe. La seule méthode sure est effectivement une protection physique du système par un media physiquement en lecture seule, donc un CDROM. J'ai beau me triturer l'esprit, je ne vois pas comment se passer de ça.

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