Le Danemark rend obligatoires les formats normalisés ODF et PDF

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38
30
jan.
2010
Communauté
Le Parlement Danois vient de voter une loi imposant l'usage des documents au formats ODF et PDF à partir du premier avril 2011 dans l'administration publique.

Alors que la France était en avance avec la version 2006 du RGI (Référentiel Général d'Interopérabilité), celui-ci a été grandement vidé de sa substance sous la pression de Microsoft. À l'opposé, le Danemark a su résister à cette pression et vient de faire un grand pas en avant.

On pourra remarquer dans l'article de Notes2Self.net que l'on retrouve en cinq points (The standard shall be: ...) l'équivalent de la définition de l'interopérabilité élaborée par le groupe de travail interop.

Cette définition de l'interopérabilité, élaborée avec minutie et traduite en anglais est maintenant disponible sur wikipedia et sur le site de Larousse. Elle n'a fait l'objet d'aucune controverse depuis qu'elle a été publiée.

Serons-nous les derniers à suivre l'exemple du Danemark ? Celui de la Norvège (Le RGI de la Norvège) ou celui de l'Angleterre avec le BECTA ?
  • # Facile !

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    Serons-nous les derniers à suivre l'exemple du Danemark ? Celui de la Norvège (Le RGI de la Norvège) ou celui de l'Angleterre avec le BECTA ?

    Pour quiconque a lu la réponse écrite par notre président de la république (alors candidat) à la campagne candidats.fr et tient compte du fait qu'il a été élu malgré cela, la réponse est évidente. Cette réponse et ses non conséquences montrent que ce n'est pas le problème d'un politicien (ou d'un petit groupe) qui serait attardé ; loin de là. En France, il y a un véritable problème culturel, des archaïsmes et un conservatisme profondément ancrés qui poussent à maintenir les reliques toxiques en hypothéquant le futur.
    • [^] # Re: Facile !

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      Nos dirigeants sont en majorité des avocats, c'est à dire des beaux parleurs qui n'ont qu'une faible connaissance des sciences et des techniques. Leur capacité à appréhender leur évolution et leur impact sur notre civilisation est encore plus faible. Quant à la prospective, il vaut mieux ne pas y compter.

      On dit que gouverner, c'est prévoir. Mais pour prévoir, nos hommes politiques, à de trop rares exceptions près, n'en sont pas capables car ils n'ont pas vraiment été formé pour cela. Leur stratégie, c'est souvent du court terme (gagner les élections suivantes), tout comme celle des financiers (présenter un bon bilan aux actionnaires).

      L'enseignement est aussi responsable de cet archaïsme. Trop de professeurs se content d'enseigner uniquement ce qu'ils ont appris. On pourrait espérer ici aussi un peu de prospective...

      Je pense que c'est la naïveté et l'incompétence qui nous gouvernent. C'est sans compter certaines formes de corruption qui peuvent aussi parfois s'en mêler.
      • [^] # Re: Facile !

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        "Trop de professeurs se content d'enseigner uniquement ce qu'ils ont appris."

        Ils auraient aussi beaucoup de mal à enseigner quelque chose qu'ils n'auraient pas eux-mêmes appris ;-)
        • [^] # Re: Facile !

          Posté par (page perso) . Évalué à 9.

          J'aurais dû être plus explicite : Trop de professeurs se contentent d'enseigner uniquement ce qu'ils ont appris à l'école.

          La formation permanente devrait être la règle. En son absence, on peut aussi apprendre par soi-même et je pense même que ceux qui ont fini d'apprendre ont commencé à mourir.
          • [^] # Re: Facile !

            Posté par . Évalué à 10.

            Les professeurs fonctionnaires ont comme obligation d'enseigner un programme officiel sur lequel ils ont peu de prise. Une fois ceci fait, il leur reste généralement peu de temps pour aller au delà, surtout en cette période de réduction des heures d'enseignement sous couvert de réforme, et de pressions extérieures (parents, élèves) cherchant à privilégier la préparation aux examens/concours plutôt que la formation intellectuelle.

            Heureusement dans tout ceci l'enseignement dispensé continue de former à l'autonomie des élèves, à la valorisation du savoir et des compétences, et à la pratique de l'effort (ce qui n'est pas une sinécure vue l'époque actuelle...). Reste à eux de les mettre en pratique.

            Enfin pour ce qui est de la formation des enseignants elle est très insuffisante, mais lorsqu'elle existe et est suivie il faudrait aussi arrêter de reprocher aux enseignants d'être absents des cours...
            • [^] # Re: Facile !

              Posté par . Évalué à 2.

              Et parle-t-on des parents ? Il suffit d'écouter le niveau de langage des parents pour savoir que leurs enfants ne seront pas ingénieurs. Parents, qui prennent leurs progénitures pour des surdoués. Les professeurs font ce qu'ils peuvent dans des classes de 32 élèves où seule la moité des élèves parlent français. Je pense qu'avant de taper sur l'école, il faudrait savoir sur quelles valeurs la société se base aujourd'hui et je pense avoir ma petite idée.
              • [^] # Re: Facile !

                Posté par . Évalué à 6.

                Nombre d'écoliers : 6 643 592 (http://www.education.gouv.fr/cid195/les-chiffres-cles.html)

                Ce qui fait, d'après tes dires, que plus de 3 millions d'écoliers ne parlent pas français. J'émets quelques doutes.

                The capacity of the human mind for swallowing nonsense and spewing it forth in violent and repressive action has never yet been plumbed. -- Robert A. Heinlein

        • [^] # Re: Facile !

          Posté par . Évalué à 10.

          La plupart de ce qu'enseigne un prof à l'université dans les domaines techniques ou l'administration, il ne l'a pas appris en tant qu'élève (Michel Serres dans une belle conférence avance même 75%), du moins s'il enseigne depuis plus d'une décennie. Dans mon cas c'est probablement plus de 90%, mais je frôle la retraite.

          Le problème est donc comment se met-il à jour?, que choisit-il?, quelle pression subit-il de la part de son environnement?, de quelle ressource dispose-t-il? ... Je peux témoigner que dans la plupart des écoles d'administration en temps que prof qui utilise un poste de travail libre depuis quelques années, et ai monté un cours sur le logiciel libre qui bien que correctement évalué n'attire pas les foules, il est au plus toléré et en aucun cas supporté. La pression qui s'exerce sur lui en ce qui concerne les choix de logiciel est la même que celle que l'on trouve dans la société qui l'entoure. Vous me direz que son devoir et sa responsabilité sont d'ouvrir la voie, je suis d'accord et il y en a quelques uns, mais peut-être dans la même proportion que le reste de la société. De plus nous sommes en partie tenus d'enseigner ce que réclame notre environnement: les étudiants et leurs employeurs (hélas!).
          • [^] # Re: Facile !

            Posté par (page perso) . Évalué à 5.

            nous sommes en partie tenus d'enseigner ce que réclame notre environnement: les étudiants et leurs employeurs (hélas!)

            C'est un vrai problème, les gens ne raisonnent qu'en fonction de ce qu'ils connaissent. Or, former quelqu'un qui chercher un emploi dans quelques années aux techniques "éprouvées", c'est à dire vieilles de 5 à 10 ans ce n'est pas vraiment l'aider à prévoir l'avenir.

            J'ai un exemple caricatural et un peu ancien : vers 1980, des établissements préparaient au métier de "perforatrice IBM" alors que la carte perforée et ce métier commençaient à disparaître.
            Je crains que ne syndrome de la carte perforée ne continue à sévir.
            • [^] # Re: Facile !

              Posté par . Évalué à 2.

              Pour compléter et illustrer mon propos, voici un extrait de message d'un étudiant posté avant-hier sur le forum de mon cours d'intro aux SI dans un programme de gestion (étudiant motivé et très actif dans le cours, c'est un programmeur qui revient aux études, il connaît mon engagement envers le logiciel libre):

              Nous à notre travail, les serveurs Linux ne sont pas bien vus non plus. Il y a 3 ans, notre serveur Web était sous Linux (nous sommes une Commission Scolaire) et un matin on a reçu un coup de fil d'une dame nous disant: Je crois que votre serveur a un problème, vous devriez regarder la page web, la page Web avait été remplacé par un message en TRES GROS... FUCK THE AMERICAIN!. Sur la page web d'une commission scolaire, ça fait pas très sérieux. On a viré tout nos serveurs Linux... Évidemment, le problème ne vient pas tant de Linux que du fait qu'aucun dans notre équipe (technicien) n'est spécialisé Linux. Il faut dire qu'il est tellement facile de tenir a jour un serveur Windows (auto update) comparativement a un Linux (sic). ... Malheureusement j'ai été personnellement très rebuté a chaque fois que j'ai tenté de me mettre à Linux.

              Par ailleurs je me suis fait dire par un responsable de notre service informatique : tant que je serais là il n'y aura pas de logiciel libre dans cette université. Les profs ne sont pas les seuls responsables de la situation loin de là. Ils feront partie de la solution comme ils font partie du problème mais ils ne sont ni LA solution ni LE problème.
              • [^] # Re: Facile !

                Posté par (page perso) . Évalué à 5.

                Rien de nouveau sous le soleil.

                Ne pas faire les mises à jour de sécurité sur un serveur est une hérésie, et cela ne suffit pas
                , sécuriser un système prend du temps et nécessite des compétences certaines.
                J'ai connu un serveur web qui résistait en moyenne 6 mois avant de se faire pirater malgrès de multiples avertissements répétés...

                Système - Réseau - Sécurité Open Source

    • [^] # Re: Facile !

      Posté par . Évalué à 1.

      Ce genre d'argument est d'une banalité sans nom. On sait au moins de quel bord tu es. Nous avons, en France, certains systèmes reconnus comme modernes et dont certains s'inspirent quand le vent change de sens, suivez mon regard.
      • [^] # Re: Facile !

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Deux questions :
        - De quelle genre d'argument parlez-vous ? Celui de lire les écrits d'un politicien pour le juger plutôt que de se fier au discours médiatique ?
        - De quel bord parle-t-on exactement ? Ne pas soutenir un ignare qui discours péremptoirement de choses dont-il ignore ostensiblement même les détails les moins subtils ne me paraît pas très révélateur de l'appartenance politique. Ou peut-être me tromperais-je ?

        Votre remarque en tous cas semble ouvrir vers des questionnements forts intéressants : Doit-on soutenir un chef seulement parce qu'il est le chef et quel que soit ses actes ? Où doit s'arrêter la logique de partie ? Jusqu'où peut-on accepter les compromis avec la moral/la raison/l'idéal pour faire avancer une cause.
  • # premier avril 2011

    Posté par (page perso) . Évalué à 7.

    trop gros, passera pas.
  • # Larousse

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    Cette définition de l'interopérabilité, élaborée avec minutie et traduite en anglais est maintenant disponible sur wikipedia et sur le site de Larousse.
    Où ça ? Je ne trouve pas.

    GNU's Not Unix / LINUX Is Not Unix Xernel

    • [^] # Re: Larousse

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      • [^] # Re: Larousse

        Posté par . Évalué à 8.

        Ayant eu à définir interopérabilité dans le monde du logiciel aux étudiants je trouve qu'ils comprennent mieux quand on leur explique qu'elle est définie au niveau du document (de manière privilégiée par la structure et la composition) et non par rapport au logiciel.

        Ainsi on dira que le logiciel A est compatible avec le logiciel B, alors que l'on dira que le document a des caractéristiques d'interopérabilité car il est utilisable par un ensemble de logiciels dont A et B.

        Évidemment cela rentre en conflit avec les intérêts d'un éditeur en situation de monopole.
        • [^] # Re: Larousse

          Posté par (page perso) . Évalué à 5.

          Je pense que le mieux est de focaliser sur la mot interface et de voir les dessins de Camille Moulin sur http://aful.org/gdt/interop
          • [^] # Re: Larousse

            Posté par . Évalué à 2.

            L'interface est importante mais ce concept reflète celui de l'informaticien (i.e. le créateur des outils), il est nécessaire lorsque l'on est en situation de l'usage conjoint (notamment enchaînement) de plusieurs outils, mais du point de vue de l'utilisateur d'un logiciel de création et d'usage d'information ce qui compte (au de là de l'ergonomie bien sûr) c'est le contenu. C'est la mise en forme des contenus qui fait l'objet de normes, c'est d'ailleurs ce que j'aime dans le dessin de Camille Moulin, que d'ailleurs j'utilise. Je l'Interprète comme le passage de la compatibilité centrée sur l'interface (et donc l'outil) vers l'interopérabilité centrée sur la norme (et donc le contenu). L'interopérabilté repose ainsi sur la coordination via le contenus des compatibilités.
      • [^] # Re: Larousse

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Merci, je ne l'avais pas vu.
        J'avais bien atterri sur http://www.larousse.fr/encyclopedie/rechercher/interop%C3%A9(...) mais je cherchais dans les articles Larousse. Je n'ai pas vu l'article contributeur. Au lu de la dépêche je croyais que Larousse avait adopté cette définition... Désolé.

        GNU's Not Unix / LINUX Is Not Unix Xernel

  • # Excellent sinon c'est pour quand le second référendum sur l'euro

    Posté par . Évalué à 3.

    Une belle avancée pour les formats ouverts, mais j'attends toujours le second référendum sur l'euro tant promis par le Premier Ministre danois Lars Løkke Rasmussen (parce que j'en ai marre d'entendre les Danois se plaindre de devoir changer leur monnaie (la couronne danoise) contre des euros quant ils viennent faire du tourisme en France).

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