Journal Serval, ou quand le centre du reseau téléphonique disparait

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21
23
avr.
2012

Je suis récemment tombé sur Serval, logiciel pour les téléphones mobiles pour s'affranchir des opérateurs télécom.

Le principe est simple. Chaque téléphone est potentiellement un noeud de réseau souple et mouvant. Un téléphone est capable de recevoir et de renvoyer.
Ainsi rien ne devrait empêcher deux téléphones dans la même zone de communiquer directement sans passer par une borne de l'opérateur. En y réfléchissant un peu plus, on se rend compte qu'un téléphone pourrait faire le relais de communication, sans y participer activement. Quand il est passif, il peut servir de noeud relais et donc étendre la zone de couverture du réseau mouvant.

C'est tout le but du projet Serval. Les implications économiques (limitations de l'utilisation des réseaux télécom propriétaire) et politiques (surveiller des communications centralisées, c'est plus facile que sur un ressaut instable) sont importantes et mérite notre attention de libriste

Pour l'anecdote, parmi les contributeurs on trouve des étudiants de l'INSA et parmi les mécènes on trouve la fondation Shuttleworth.

  • # passif ?

    Posté par . Évalué à  10 .

    Attention à la consommation du téléphone, si vous voulez vous en servir de relais ! Cela veut dire le wifi tout le temps "on".

    "La liberté de tout dire, n'a d'ennemis, que ceux qui veulent se réserver, le droit de tout faire"

    • [^] # Re: passif ?

      Posté par . Évalué à  9 .

      À la lecture du journal, je croyais que le projet permettait au téléphone de réutiliser le réseau GSM/UMTS/… sans station de base. Malheureusement, il ne se contente que du Wi-Fi comme dit dans le commentaire précédant. Je suppose en plus, vu le nombre de téléphone supportés, qu'il n'utilise que des fonctions standard du Wi-Fi. Bref, une technologie pas vraiment adaptée pour un projet qui prétend changer « the face of telecommunications forever ».

      OpenBTS est effectivement bien plus intéressant.

  • # RITA

    Posté par (page perso) . Évalué à  6 .

    Cela me rappelle le réseau des militaires. A mes souvenirs RITA. Cela doit être cela :

    http://www.ltt.fr/index_3_trans-equipements-rita.htm

    C'était programmé en Langage Temps Réel si mes souvenirs sont encore bon.

  • # OpenBTS

    Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

    Ce n'était pas un des points mis en avant d'OpenBTS ? Je n'en trouve pas de trace sur le site, à part ça.

  • # Passage à l'échelle ?

    Posté par . Évalué à  3 .

    L'idée est géniale, mais comment les téléphones feraient pour gérer le cas où y'aurait, mettons, 100 000 téléphones dans une même ville, chacun qui en détecte 5 ou 6 autour de lui ? Comment déterminer le "meilleur chemin" ?

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

    • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

      Posté par . Évalué à  2 .

      ça m'a l'air de n'être que du mesh. Je n'ai pas de réponse à ta question, mais la solution doit être la même que celle déjà employé sur les meshs déjà en place.
      Sinon, est ce que quelque chose empêche l'utilisation des algos de choix de route déjà utilisé sur internet ?

      • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

        Posté par . Évalué à  6 .

        Sinon, est ce que quelque chose empêche l'utilisation des algos de choix de route déjà utilisé sur internet ?

        Il faut comparer ce qui est comparable. Là un opérateur explique avoir 380k routes :

        http://www.mail-archive.com/frnog@frnog.org/msg16955.html

        Le tout est géré par un routeur plus puissant qu'un téléphone, et conçu pour cet usage (avec du hardware dédié au routage). Et, il se plaint justement d'avoir trop de routes à gérer, donc le matériel atteint ses limites.

        En comparaison, 380k téléphones portables, ça ne fait même pas un arrondissement parisien. Donc non, la solution de garder en mémoire, sur chaque téléphone, la position des autres et la route par laquelle les joindre, ce n'est pas réaliste.

        En plus, le principe c'est justement que les téléphones mobiles, hé bien, se déplacent. Il faudrait un flux énorme de donnée pour conserver un système à jour.

        Je ne dis pas que c'est impossible, juste qu'il faut être sacrément balèze en algo pour trouver quelque chose qui permette d'avoir un réseau fonctionnel en mesh à grande échelle.

        THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

        • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

          Posté par . Évalué à  3 .

          C'est pas le genre d'algo que met en oeuvre les téchniques PAP derrière les DHT par exemple ?

          BGP a le malheur de fonctionner en "global", tout le monde connait tout le monde ou presque.

          "La liberté de tout dire, n'a d'ennemis, que ceux qui veulent se réserver, le droit de tout faire"

        • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

          Posté par . Évalué à  6 .

          En comparaison, 380k téléphones portables, ça ne fait même pas un arrondissement parisien.

          La démographie des arrondissements parisiens, ça va de ~17k à ~240k.
          78,87% des gens croient les chiffres qu'on leurs donne. Mais avec internet, il y en a toujours un qui va faire son malin en vérifiant. ;)

          • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

            Posté par . Évalué à  4 .

            J'ai vérifié que la population de Paris, je pensais pas que vous aviez autant d'arrondissements :P

            (Lyonnais inside)

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        • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

          Posté par . Évalué à  2 .

          Il faut comparer ce qui est comparable. Là un opérateur explique avoir 380k routes :

          http://www.mail-archive.com/frnog@frnog.org/msg16955.html

          Le tout est géré par un routeur plus puissant qu'un téléphone, et conçu pour cet usage (avec du hardware dédié au routage). Et, il se plaint justement d'avoir trop de routes à gérer, donc le matériel atteint ses limites.

          Voir les autres réponse de la liste: routeur hardware = peu de mémoire (beaucoup moins qu'un smartphone actuel) d'où la limite. Cela marche très bien en soft.

          En comparaison, 380k téléphones portables, ça ne fait même pas un arrondissement parisien. Donc non, la solution de garder en mémoire, sur chaque téléphone, la position des autres et la route par laquelle les joindre, ce n'est pas réaliste.

          En plus, le principe c'est justement que les téléphones mobiles, hé bien, se déplacent. Il faudrait un flux énorme de donnée pour conserver un système à jour.

          Je ne dis pas que c'est impossible, juste qu'il faut être sacrément balèze en algo pour trouver quelque chose qui permette d'avoir un réseau fonctionnel en mesh à grande échelle.

          Tu as toute une liste d'algo rigolos sur https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_ad_hoc_routing_protocols :-). Dans tous les cas, inutile d'avoir une vue globale du système, voir http://www.open-mesh.org/wiki/open-mesh/BATMANConcept ou http://www.pps.jussieu.fr/~jch/software/babel/ par exemple.

          • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

            Posté par . Évalué à  3 .

            J'y croirai quand je verrai un POC à l'échelle. Désolé. :P

            J'veux bien participer au test ;)

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      • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

        Posté par . Évalué à  2 .

        Oui, je partage ton avis, c'est du mesh, mais à grande échelle.
        Et je ne suis pas sûr qu'actuellement un protocole de routage utilisé dans le mesh comme OLSR par exemple puisse gérer ça.
        Et puis les problèmes d'autonomie, bonjour la galère si on n'est pas équipé d'une bonne grosse pile à combustible !

    • [^] # Re: Passage à l'échelle ?

      Posté par (page perso) . Évalué à  1 .

      Il a été prouvé il y a un moment que ça ne passe pas très bien à l'échelle: http://www.distcomp.ethz.ch/members/pascal/refs/theory_2000_gupta.pdf

      Mais ça ne veut pas dire que ça sert à rien, ça peut être utile en temps de crise ou sur des zones limitées, par exemple.

  • # Espionner serval

    Posté par . Évalué à  2 . Dernière modification : le 23/04/12 à 14:39

    (surveiller des communications centralisées, c'est plus facile que sur un ressaut instable)

    Si je suis une entreprise (ou un gouvernement), je peux blinder la ville de relais, centraliser le trafic par mes nœuds et commencer à espionner. C'est pas illégal, c'est les conditions d'utilisation, comme celles de facebook.

    • [^] # Re: Espionner serval

      Posté par (page perso) . Évalué à  5 .

      centraliser le trafic par mes nœuds et commencer à espionner.

      Comme n'importe quel FAI.

      C'est à l'utilisateur de chiffrer ses données ou d'utiliser un tunnel vers un lieu securisé.

      • [^] # Re: Espionner serval

        Posté par . Évalué à  2 . Dernière modification : le 23/04/12 à 15:30

        C'est à l'utilisateur de chiffrer ses données ou d'utiliser un tunnel vers un lieu securisé.

        Ce chiffrement peut être intégré à la solution. Par exemple, une clef publique GPG, ou son empreinte, peuvent être utilisés à la fois comme numéro d'appel, comme identifiant dans le système de routage, et comme moyen de sécuriser les communications. Au lieu de se refiler un numéro de téléphone, on échangerait simplement ses clefs.

        THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

      • [^] # Re: Espionner serval

        Posté par . Évalué à  2 . Dernière modification : le 23/04/12 à 16:15

        C'est à l'utilisateur de chiffrer ses données ou d'utiliser un tunnel vers un lieu securisé.

        En effet, je voulais souligner que l'argument « c'est plus dur à espionner » ne tient pas. La sécurité vient du chiffrement, serval n'y change rien.

        L'argument qui tient c'est la quasi-gratuité de la communication et sa disponibilité dans des endroits sans couverture mobile. C'est d'ailleurs ce qui est mis en valeur sur la page d'accueil du projet.

        En plus, si tu te contentes de chiffrer le contenu de la communication, il reste encore possible d'établir la liste de tes contacts, la fréquence des appels et même les géolocaliser. C'est déjà une mine d'informations.

        • [^] # Re: Espionner serval

          Posté par (page perso) . Évalué à  2 .

          il reste encore possible d'établir la liste de tes contacts, la fréquence des appels et même les géolocaliser. C'est déjà une mine d'informations.

          C'est le thème de la saison 4 de Mafiosa
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Mafiosa,_le_clan
          La police les fait tomber avec cette technique, et pourtant ils utilisent des TOC (téléphones occultes, des téléphones prépayés, qui ont juste dans l'annuaire 4 contacts, nommés 1,2,3 et 4). Bon à un instant, ils réussissent à identifier un TOC, donc ensuite ils regardent les appels reçus et effectués depuis ce TOC.

          carte des attaque DDOS http://map.ipviking.com/

          • [^] # Re: Espionner serval

            Posté par . Évalué à  5 .

            With Martin's system, each crewmember gets a cell phone that operates using a prepaid SIM card; they also get a two-week plastic pill organizer filled with 14 SIM cards where the pills should be. Each SIM card, loaded with $50 worth of airtime, is attached to a different phone number and stores all contacts, text messages and call histories associated with that number, like a removable hard drive. This makes a new SIM card effectively a new phone. Every morning, each crewmember swaps out his phone's card for the card in next day's compartment in the pill organizers. After all 14 cards are used, they start over at the first one.

            Of course, it would be hugely annoying for a crewmember to have to remember the others' constantly changing numbers. But he doesn't have to, thanks to the pill organizers. Martin preprograms each day's SIM card with the phone numbers the other members have that day. As long they all swap out their cards every day, the contacts in the phones stay in sync.

            And anyway, The Wire already did it.

            Depending on the time of day, the French go either way.

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