Journal Interview sur le travail d'un analyste programmeur avec le fondateur de la Yorba Foundation

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28
22
mar.
2012

Sommaire

NdM : Ce journal a été promu en dépêche.

Dans les coulisses

Pour mes études, je devais interviewer un professionnel de la profession de mon choix. M'étant décidé sur le métier d'analyste programmeur (de logiciels libres de préférence), j'ai envoyé un email à la Yorba Foundation demandant un interview, j'ai rapidement reçu une réponse positive et chaleureuse d'Adam Dingle, le fondateur de Yorba. Environ une semaine plus tard, je lui envoyais par email un questionnaire sur son expérience, sur Yorba et sur l'implication d'un tel travail. J'ai reçu les réponses par email le mardi 20/03/2012.

Discussion sur le travail d'un analyste programmeur avec le fondateur de la Yorba Foundation, Adam Dingle.

Origines

Qu'est-ce qui t'a amené au développement logiciel ?

Comme beaucoup de personnes dans le domaine, j'ai commencé jeune. :) Quand j'avais environ ans mon père a apporté à la maison un livre sur la programmation en BASIC depuis son travail. J'ai immédiatement été accroché et j'ai écris des tas des programmes sur papier avant même d'avoir un ordinateur pour les faire fonctionner ! C'était en 1979, bien avant qu'il n'y ai un ordinateur dans chaque foyer aux États-Unis. Finalement nos voisins du haut de la rue ont eu un TRS-80 et j'allais faire du baby-sitting pour eux afin d'utiliser leur ordinateur quand leurs enfants étaient endormis.

Depuis combien de temps travailles-tu dans ce domaine ?

J'ai commencé à travailler comme programmeur C aux alentours de 1985 quand j'avais 16 ans, donc je suppose que j'ai fait ça pendant environ 27 ans maintenant !

Quelles ont été tes expériences chez Google ?

Google était un endroit génial où travailler. J'ai adoré être entouré par des collègues qui étaient talentueux, ambitieux et amusants. J'ai beaucoup appris à propos du développement logiciel chez Google et certaines des méthodes de développement de Yorba comme les examens de code ont été influencés par mes expériences là bas.

Quels projets dans le libre dans son ensemble attisent le plus ton intérêt ?

Je trouve que vala est un langage de programmation très prometteur. Depuis des années j'ai souhaité avoir un langage qui ressemble à du Java ou du du C# mais se compile en code natif, sans machine virtuelle, et Vala est précisément cela. Je continue de penser que c'est un peu étrange que Vala génère du C qui passe ensuite par GCC, tout de même. J'espère qu'un jour quelqu'un réécrira Vala en tant que front-end de LLVM.

Je suis personnellement un grand fan du bureau GNOME (cependant pas de GNOME Shell, mais c'est un autre histoire). J'aimerais voir plus de progrès sur les applications de bureautique basées sur GNOME qui peuvent être utilisées à l place d'OpenOffice. J'utilise Gnumeric tout le temps et il est génial. Malheureusement Abiword semble très buggué - je pense qu'il a besoin de beaucoup de travail, autrement je serais très heureux de voir un nouveau logiciel de traitement de texte léger basé sur GNOME le remplacer. Ce serait génial d'avoir une application de présentation, également, mais malheureusement tant Ease (http://www.ease-project.org/) que Glide (http://blogs.gnome.org/racarr/2010/04/20/introducing-glide-presentations-for-gnome/) semblent dormants à l'heure actuelle, sans commition de code depuis plus d'un an.

Je suis également excité par les projets de Yorba, mais tu savais probablement ça. :)

Développement professionnel.

Qu'est-ce qui t'a mené à créer ta propre fondation de développement ?

J'étais frustré par les limitations des applications de médias (comme les applications de photo, d'audio ou de vidéo) sur les bureaux libres - J'avais la sensation qu'elle avaient dix ans de retard par rapport à des applications similaires sur Mac OS. J'ai créé Yorba parce que je voulais une organisation qui pourrait apporter les applications libres de média au prochain niveau.

Pourquoi une fondation plutôt qu'une entreprise ?

Ça semblait être le modèle naturel pour développer du logiciel libre. En plus nous n'avions aucune idée sur comment faire de l'argent avec nos projets. :) Actuellement notre structure d'affaires pourrait changer, cependant. Le l'Internal Revenu Service n'a pas accordé le statut d'exempté de taxes à Yorba. C'est une longue histoire - si tu veux en savoir plus, tu peux écouter l'interview que j'ai donné pour le podcast Free as in Freedom il y a quelques mois (à http://faif.us/cast/2011/nov/11/0x1C/). Ça signifie qu'il n'y a pas tant que ça d'avantages pour nous d'être un groupe non lucratif à l'heure actuelle. Pendant ce temps, nous avons commencé à faire des travaux de consultation en rapport à nos projets libres, donc nous avons actuellement des revenus maintenant. Pour ces raisons Yorba pourrait transiter vers une entreprise à but lucratif traditionnelle durant l'année.

Pourquoi as-tu choisi de ne produire que des logiciels libres ?

J'aime construire du logiciel libre parce que j'aime collaborer avec les autres, parce que je pense que c'est bon pour la planète et parce que je préfère moi même fortement utiliser des logiciels qui sont libres. Je me remémore quand je travaillais chez Google sr des programmes qui tournaient sur Windows (comme la Google Toolbar et Google Desktop) et parfois c'était incroyablement frustrant de lutter avec des pauvrement documentés APIs de Windows sans être capable de voir le code source sous-jacent. Je ne veux plus jamais avoir à faire ça. De plus, la majorité des logiciels libres vivent pour un long moment. Dans la majorité des sociétés où j'ai travaillé à développer des logiciels non libres, le logiciel n'était utilisé que durant quelques années puis s'évanouissait pour toujours. Même si Yorba ferme ses portes un jour, je suis confiant que les logiciels que nous développons continuent à être utilisés (et améliorés) après cela, et j'aime ça.

Comment faites-vous pour gagner de l'argent en produisant des logiciels libres, vivez-vous uniquement de dons ?

Non - comme mentionné ci-dessus, désormais nous faisons des travaux de programmation par contrat développant du logiciel en rapport à nos projets libres. Ça aide à payer les factures. :)

Qui sont vos mécènes ? Des fondations comme la Gnome Foundation, des sociétés comme Red Hat ou Canonical ou bien des utilisateurs finaux ?

Tous nos dons viennent des utilisateurs finaux, pas de sociétés. La programmation par contrat que nous faisons est pour des sociétés comme Red Hat ou Canonical.

Yorba a maintenant du succès (Shotwell est le gestionnaire de photo par défaut de grandes distributions Gnome comme Ubuntu et Fedora), quelle est à ton avis l'origine d'un tel succès ?

Je pense que nous avons réussi parce que nous avons fait en sorte de savoir et avons coopéré avec les autres dans notre communauté - nous allons à de nombreuses conférences sur les logiciels libres comme le GUADEC et le Ubuntu Developer Summit. De plus je pense que nous avons en permanence écouté nos utilisateurs, avons eu de hauts standards pour nous même dans nos efforts de développement, et avons travaillé dur.

Décisions professionnelles

Vous travaillez énormément dans l'environnement Gnome (des applications centrées sur Gnome, utilisant Gtk et Vala), comment ont été dirigés les choix techniques ?

Chaque projet chez Yorba a un génie technique à sa tête, qui est un ingénieur plus expérimenté qui dirige les discussions techniques qui tranche les décisions finales sur les points techniques.

Qu'est-ce qui motive Yorba à démarrer un nouveau projet comme Geary ?

C'est toujours difficile de choisir entre contribuer à un projet de logiciel libre existant ou de démarrer quelque-chose d'entièrement nouveau. Souvent la bonne décision et de contribuer à ce qui existe déjà, mais il arrive que rien ne soit suffisamment proche de ce que vous voulez vraiment et donc vous savez qu'il est est temps de démarrer quelque-chose de nouveau. Nous avons démarré Geary parce que nous voulions un client email pour le bureau GNOME qui était aussi attractif et utilisable que Gmail l'est dans un navigateur Web, incluant une interface de conversation de type conversation et une recherche rapide comme l'éclair. Et idéalement nous souhaitions qu'il soit écrit en Vala. Nous ne pensions pas que hacker Evolution nous mènerait à ça.

Qu'est-ce qui oriente vos choix de design de code et d'interface utilisateur ?

Au sujet des choix de code, je pense que moins de code est quasiment toujours le mieux. En d'autres termes, entre deux choix d'implémentations données, je vais habituellement choisir celle qui donne le moins de code. Shotwell vient d'atteindre 100 000 lignes de code Vala et notre ingénieur aîné Jim Nelson vient tout juste d'écrire un article de blog sympathique exprimant l'ambivalence à ce propos (http://blog.yorba.org/jim/2012/03/100000-line-question.html). Je partage ses sentiments : je n'aime pas que les programmes soient trop gros.

Je suppose que j'en pense de même au sujet des interfaces utilisateur. J'aime la cohérence et la simplicité d'utilisation. JE n'aime pas les programmes qui sont surchargés et confus. Dans le doute, faites sans.

Implications de la profession

Quelle est la fourchette de salaires du domaine ?

Je ne peux pas répondre à cette question par respect pour la vie privée de mes employés. Je dirai que nous avons eu la chance d'avoir des employés qui (dans l'esprit du logiciel libre et de la coopération) ont été disposés à travailler pour moins qu'ils ne pourraient se faire dans une société traditionnelle, et que j'espère que nous pourrons payer plus si nous pouvons faire croître nos revenus.

Quelle est la quantité de travail ?

Je crois fortement en un équilibre sanitaire entre le travail et le reste de la vie, depuis que j'ai vu des personnes se surmener bien trop souvent dans des sociétés de logiciel. Chez Yorba chaque employé a 6 semaines de vacances par an (cependant il n'y a pas de vacances officielles, donc si vous voulez prendre vos journées pour Noël ou le nouvel an alors vous devez prendre un jour de congé). Je pense que c'est relativement généreux selon les standards américains. Nous travaillons rarement le week-end.

Est-ce que ton travail te permet de voyager ?

Comme mentionné précédemment, nous assistons souvent à des conférences sur le logiciel libre. L'été dernier cinq d'entre nous de Yorba étions au GUADEC (la conférence annuelle de GNOME à Berlin). Personnellement j'adore voyager, et étant donné que la politique de vacances de Yorba est relativement généreuse, certains de nos employés font également en leurs propres voyages de plusieurs semaines de temps en temps.

Est-ce que ton travail empiète sur ta vie de tout les jours ?

Habituellement non. Bien entendu, nous devons travailler dur particulièrement avant chaque sortie de nos logiciels (comme maintenant, nous mettons les touches finales à Shotwell 0.12).

Comment est la collaboration avec les autres organisations et sociétés ?

Je pense que nous avons de bons rapports avec les sociétés derrière les principaux bureaux libres incluant Red Hat et Canonical. Nous nous emailons souvent les uns les autres à propos de bugs de calendrier et de sorties. J'aimerais que nous ayons des rapports plus forts avec les universités, qui devraient toutes utiliser des logiciels libres dans leurs départements informatiques et au delà.

Que dois-je faire pour avoir l'honneur de travailler avec toi ?

Si tu veux travailler sur nos projets en tant que volontaire, c'est facile : joint notre liste de diffusion, compile nos logiciels, parcoure notre base de données de bugs et envoie nous des patchs qui règlent les bugs ou implémentent de nouvelles fonctionnalités utiles. Si tu veux nous rejoindre en tant qu'employé, hé bien, nous n'embauchons pas actuellement, mais j'espère que nous le ferons si nos revenus grandissent plus tard cette année. La meilleure manière de nous montrer que tu serais un super employé est d'être impliqué dans nos projets et de nous envoyer des contributions de code utiles.

As-tu quoi que ce soit d'intéressant à ajouter ?

Je pense que le plus grand défi pour le logiciel libre aujourd'hui est de trouver un moyen de le rendre financièrement viable. Je pense que nombre d'utilisateurs de logiciels libres seraient heureux de contribuer d'un certain montant à ceux qui développent les logiciels qu'ils utilisent, mais nous n'avons pas rendu la chose suffisamment facile pour cela. Je pense que Kickstarter est un incroyable phénomène : ça montre simplement que les gens veulent réellement soutenir les projets qu'ils aiment. Le récent succès des app stores sur les téléphones portables montre également que beaucoup de petits paiements peuvent s'ajouter pour donner des quantités d'argent sérieuses. Ceux d'entre nous qui développent du logiciel libre doivent apprendre de ces exemples et coopérer pour fabriquer une quelconque infrastructure qui facilite la tâche à nos utilisateurs de supporter nos efforts de développement.

Merci pour l'interview

De rien ! :) (en français dans le texte)

adam

  • # yorba

    Posté par (page perso) . Évalué à 7.

    Ca aurait été bien également de présenter "yorba foundation" car pour moi c'est totalement inconnu…
    http://yorba.org/

    Et même pourquoi tu as souhaité interviewé cette personne par exemple.

    • [^] # Re: yorba

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      C'est vrai que l'article a pas mal de manque, je prendrai ça en compte pour les prochains.

      J'ai souhaité interviewer un membre de la Yorba Foundation pour de multiples raisons : ils développent des applications avec des technologies qui me plaisent, dont le résultat semble plaire au plus grand nombre, ont un succès relatif, et malgré tout restent une petite organisation facilement compréhensible (on est loin des mastodontes comme Gnome), de plus il s'agit non pas d'une entreprise mais d'une fondation (pour le moment du moins) ce que je trouvais intéressant.

  • # Traduction

    Posté par . Évalué à 7.

    Bonjour !

    Je pense qu'il aurait été utile de proposer le texte dans sa langue d'origine.

    Des morceaux de phrases comme "donc nous avons actuellement des revenus maintenant." me font penser à des erreurs de traduction (actually != actuellement en anglais)

  • # Très intéressant

    Posté par . Évalué à 2.

    Et assez concret sur quelques problèmes. Par exemple évolution ça marchouille, et c'est dommage que des projets style elveos ou appstore ne fonctionnent pas mieux dans le logiciel libre, ne soit pas mieux implantés.

    Merci pour cette interview !

  • # On commence les fôtes d'aurtograffe

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    Quand j'avais environ ans mon père a apporté

    QUand j'avais environs han ans.

    C'était en 1979, bien avant qu'il n'y ai un

    Qu'il n'y ait.

    j'ai souhaité avoir un langage qui ressemble à du Java ou du du C# mais se compile en code natif

    Mais qui se compile.

    les applications de bureautique basées sur GNOME qui peuvent être utilisées à l place d'OpenOffice.

    Le l'Internal Revenu Service

    tu peux écouter l'interview que j'ai donné

    Que j'ai donnée. Le COD, ici l'interview, se trouve avant le verbe.

    donc nous avons actuellement des revenus maintenant.

    Comme a dit CHP

    Je me remémore quand je travaillais chez Google sr

    lutter avec des pauvrement documentés APIs de Windows

    Ça rejoint la remarque de CHP

    Dans la majorité des sociétés où j'ai travaillé à développer des logiciels non libres

    Où j'ai eu à / dû développer.

    le logiciel n'était utilisé que durant quelques années

    J'ai un problème avec le mot Durant :

    Durant (carte Pokémon anglaise)

    Pendant, c'est tellement plus franco-français de la France française à la baguette de pain.

    Je pense aussi que "Un logiciel" collerait mieux, on ne parle pas d'un logiciel en particulier mais d'un cas courant pour des logiciels non libres.

    Même si Yorba ferme ses portes un jour, je suis confiant que les logiciels que nous développons continuent à être utilisés (et améliorés) après cela

    Même si Yoda fermait ses portes, je suis confiant que les trolls continueront à être utilisés.

    de hauts standards pour nous même

    Pour nous-même, à moins qu'ils se soient mis de hauts standards même dans leurs efforts de développement, mais dans ce cas on aurait un "et même dans" après une liste de domaines à hauts standards.

    Chaque projet chez Yorba a un génie technique à sa tête, qui est un ingénieur plus expérimenté qui dirige les discussions techniques qui tranche les décisions finales sur les points techniques.

    Et qui tranche.

    et que j'espère que nous pourrons payer plus si nous pouvons faire croître nos revenus.

    Et que j'espère nous pourrions payer plus si nous pouvions accroître nos revenus.

    certains de nos employés font également en leurs propres voyages de plusieurs semaines de temps en temps.

    Hein ?

    nous devons travailler dur particulièrement avant chaque sortie de nos logiciels

    Nous devons travailler dur, en particulier avant la sortie de chacun de nos logiciels.

    (Il y avait un piège, les anglophones utilisent moins souvent la virgule que les francophones.)

    comme maintenant, nous mettons les touches finales à Shotwell 0.12

    Où nous mettons.

    Nous nous emailons souvent

    Nous nous envoyons souvent des mails.

    c'est facile : joint notre liste de diffusion

    Rejoint notre liste de diffusion.

    envoie nous des patchs

    Envoie-nous.

    nous n'embauchons pas actuellement

    À voir selon le texte source, mais pour de l'embauche je vois mieux la formule "pour le moment".

    j'espère que nous le ferons si nos revenus grandissent plus tard cette année.

    Si nous revenus viendraient à croître.

    Commentaire sous licence LPRAB - http://sam.zoy.org/lprab/

    • [^] # Re: On commence les fôtes d'aurtograffe

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      Il avait environ 10 ans.

      Désolé pour les fautes, j'ai essayé d'en enlever tant que je le pouvais, je sais que j'ai des soucis avec ça depuis quelques années.
      Au sujet des fautes plus grossières, j'ai sans doute relu un peu trop en diagonale. :p
      Quand à la qualité de la traduction, j'ai fait de mon mieux et traducteur n'est clairement pas mon métier.

      Si un modo motivé acceptait de corriger ces fautes…

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