Journal Appel à idées pour une université populaire de la toile

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oct.
2012

Bonjour à tous !

Je suis tombé dernièrement sur une discussion "faut-il réformer les hackers ?" dans l'émission "place de la toile" diffusée par reflets.info, suite à l'interview de Frédéric Bardeau sur ce même site.

Au-delà des positions quant à la "culture politique" des hackers, un passage a suscité particulièrement ma curiosité (à partir de 20'25'' de cette émission). L'idée de Yovan Menkevick de monter une université populaire du hacking sur le modèle de l'Université Populaire de Caen, créée en 2002 par Michel Onfray.

Pourquoi envisager la création d'une telle université ?

Cette idée, qui me semble bonne et qui ne mériterait qu'un petit coup de pouce, m'a paru intéressante pour des raisons de prime abord assez égocentriques. Je voulais diffuser mes recherches de thèse et peut-être développer certaines thématiques liées à mon domaine (la philosophie pratique) sur Internet, et cela sous une licence libre.
J'ai pensé à l'Université comme cadre d'une telle diffusion, mais j'ai dû constater le poids de l'administration et surtout la sclérose qui paralyse l'Institution. Le savoir universitaire (en tout cas en sciences humaines, et il s'agit bien d'un point de vue subjectif) est en effet le plus souvent cloisonné et austère, et ne s'offre guère à qui souhaite le découvrir.
J'ai envisagé ensuite de me servir d'un site personnel, mais le problème était alors la diffusion, le partage, l'échange des données. Il s'agit davantage d'une plateforme individuelle.
Par la suite, j'ai découvert avec un certain enthousiasme la Wikiversité. Ce projet de la fondation Wikimedia est assez intéressant du fait des avantages d'un wiki à la sauce wikipédia. Néanmoins, le problème d'un tel projet viendrait peut-être de ces mêmes avantages. Un moteur de wiki convient parfaitement pour l'écriture d'une encyclopédie ; il permet les corrections par un grand nombre, et l'établissement d'un savoir le plus objectif possible. Le savoir n'est pourtant pas toujours objectif, surtout au niveau des recherches. Et le fait de laisser la possibilité à tout un chacun de modifier le contenu nuit à la subjectivité nécessaire d'un savoir qui se développe. Je reste enthousiaste face à ce projet, et je diffuserai certainement des textes sur ce support, mais je me demande jusqu'à quel point il ne faudrait pas introduire davantage de transparence (une visibilité accrue des modifications, une inscription ouverte mais obligatoire à certains groupes de recherche, etc.).

Après cette réflexion un peu verbeuse, je me suis mis à envisager une autre plate-forme collaborative de diffusion du savoir sur le modèle des universités populaires, qui serait sous licence libre (CC BY-SA par exemple) et permettrait de développer des idées de recherche ou de cours peu mises en avant (par exemple une analyse en philosophie politique du hacktivisme).

Et c'est là que je tombe sur cette idée d'université populaire du hack. Quand on pense au sens étymologique du mot "hack", il devient très proche de la curiosité scientifique, de l'activité de tout penseur qui se plonge dans un savoir donné pour le sonder, comprendre, découper, analyser, modifier, et parfois le digérer et le transformer en une nouvelle création. Et cela toute matière confondue !

On pourrait envisager par exemple des cours suivant une thématique précise, des cycles de conférences, la diffusion de travaux isolés, sous la forme de podcasts, écrits, vidéos, et tout cela avec l'interaction que permet Internet.

Voilà une idée qui germe ! C'est un peu fumeux, et c'est pour cela que c'est un appel à idées ! Qu'en pensez-vous ?

  • # hacker space ? Hacklab ? fablab ?

    Posté par . Évalué à 2.

    Il existe tout un tas de concept de lieu pour mettre les "mains dedans".

    "La première sécurité est la liberté"

    • [^] # Re: hacker space ? Hacklab ? fablab ?

      Posté par . Évalué à 3.

      J'ai évoqué le mot hack, mais cela dépasse le sens du mot hack au sens strict. On peut envisager même d'autres sujets comme des sujets théoriques non liés à l'informatique. Ce serait davantage une université populaire en ligne qu'un hackerspace.

      D'ailleurs, je ne crois pas que ces lieux mettent en ligne des cours relativement accessibles (j'entends compréhensibles par un grand nombre). Si cela existe, j'aimerais bien découvrir un tel site.

      • [^] # Re: hacker space ? Hacklab ? fablab ?

        Posté par . Évalué à 2.

        Je pense qu'il faudrait bannir le mot "hack", il n'y a pas plus hermétique.

        Le plus grand obstacle c'est l'auto-censure dans ce genre de choses.

        Please do not feed the trolls

  • # Smallest Federated Wiki

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    Ward Cunningham, l'inventeur du concept du wiki, a lance un projet appelé "Smallest Federated Wiki". Le principe est simple : le wiki, tel que connu et implémenté aujourd'hui, est trop centralisé, comme tu l'as vu toi-même. En gros, il y a un wiki de référence pour un projet, et tout le monde doit donner sa version et attendre qu'elle soit acceptée pour être publiée, ou alors la plate-forme accepte tout aveuglement. Si quelqu'un n'est pas d'accord, il peut "forker", mais il n'y aura pas de lien concret entre l'original et le nouveau; uniquement un lien logique, connu des utilisateurs seuls et pas de la machine. C'est aux utilisateurs de faire le pont entre l'original et les forks.

    A l'inverse, Smallest Federated Wiki se veut être une sorte d'organisation de la conscience collective. Chacun aurait un pair chez lui, diffusant des informations en son propre nom, et chacun pourrait construire son propre pair a partir des informations du voisin. Lorsque celui-ci modifie sa version, la modification est facilement suivie et peut être importée chez soi.

    L’intérêt que je vois a cette approche est qu'il n'y a pas un point de connaissance (même si ça a a l’énorme avantage d’être simple a retenir) mais bien une myriade de bouts de connaissance qui peuvent s’agréger dynamiquement, ou en tout cas beaucoup plus dynamiquement qu'avec un système de wiki actuel.

    Bon, je t'avoue ne pas avoir teste la chose profondément, j'ai surtout vu les vidéos qui sont pas mal. C'est peut-être une piste intéressante pour toi qui cherche justement a bien montrer qu'un document est l’œuvre d'un auteur, et pas la vérité vraie; je pense que SFW pourrait aider a lier une réflexion a une multitude de ressources de manière plutôt intéressante.

    En tout cas, je tiens a te féliciter pour l'initiative !

    • [^] # Re: Smallest Federated Wiki

      Posté par . Évalué à 2.

      Merci de l'info ! Je ne connaissais pas ce projet. Si jamais, pour les curieux, on peut le tester ici : http://oscon.fed.wiki.org/
      Cela correspond à une évolution que j'imaginais des moteurs de wiki. J'espère que son projet sera rapidement appliqué. Le problème est peut-être encore l'affichage, et pour un cours (par exemple) il y aurait peut-être encore une imbrication trop présente, qui créerait une confusion quant à l'auteur du cours. Peut-être que le wiki est trop dynamique pour une approche subjective du savoir.

  • # Hypotheses.org

    Posté par (page perso) . Évalué à 9.

    Je te conseille de jeter un coup d'œil à la nébuleuse openedition.org, en particulier leurs cahiers (revues en devenir), et hypotheses.org (blogs scientifiques), si tu ne connais pas déjà.

    C'est la réponse française au Publish or Perish: Eh bien, publions…

    L'avantage, c'est que la plateforme est reconnue au niveau universitaire, et qu'elle offre ou offrira tout un tas de petits détails techniques utiles à la vie des textes scientifiques:

    • format de stockage xml standard et adapté aux articles scientifiques (XML-TEI),
    • identifiant unique des articles (sorte d'ISBN),
    • indexation et dissémination des méta-données avec les autres plateformes universitaires (OAIPMH),
    • modèle économique en gestation pour les revues (OpenEdition Freemium).
    • Contrat d'édition qui a l'air pensé pour donner toute liberté au chercheur (possibilité de publier le même texte ailleurs, choix des licences).

    Hypotheses.org est ouvert aux doctorants, il suffit de faire une demande motivée. Le docteur peut continuer à utiliser la plateforme quand son doctorat est fini, même s'il quitte l'université.

    Il est possible de se libérer de l'institution et de n'utiliser que l'outil, car tout cela est basé sur un logiciel libre: Lodel. Reste à voir si la version publiée intègre toute les fonctionnalités ici citées.

    Quelque part, l'université en ligne, est déjà là, même si ce sont des articles plutôt que des cours.

    Même si tu souhaites un modèle plus ouvert, voir comment fonctionne l'existant peut-être intéressant.

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