Journal Faites du gratuit, débrouillez-vous !

Posté par (page perso) .
Tags : aucun
12
4
oct.
2010
Cher Nal,


Je me permets de te parler alors que je m'embête en cours. Cours qui est franchement ennuyeux, pour l'instant on étudie des propriétés sur des sons en utilisant des logiciels tels que Goldwave (baah !) et Matlab (bouh !).
Un détail amusant sur les licences proprios de l'école : les licences ne sont utilisables que dans l'école. Et on fait comment pour travailler chez nous ?
Nous vous conseillons d'utiliser également Scilab, qui est gratuit et multiplate-forme, […]
Vous pouvez aussi utiliser Audacity, qui est gratuit et multiplate-forme […]

Du coup, on doit utiliser du proprio en cours, et du gratuit et multiplate-forme chez nous. Impossible de reprendre les travaux réalisés en cours si on est honnête. Et si on veut passer son temps sur du gratuit et multiplate-forme, on se heurte à des exemples pédagogiques qui obligent l'utilisation du propriétaire car le prof n'a pas envie de basculer au gratuit et multiplate-forme. J'ai eu de l'espoir quand il a eu à faire son cours avec Scilab car les licences Matlab n'étaient pas encore arrivées, et puis non, il est bien content de nous apprendre à utiliser un logiciel qui ne servira pas en-dehors de l'école à moins de tipiaker.

Entre nous Nal, entre le proprio et le gratuit et multiplate-forme, n'y a-t-il pas mieux ?
  • # Je suis dans le même cours

    Posté par (page perso) . Évalué à 8.

    Enfin je pense. Tu ne serais pas à P-Nice ?

    Envoyé depuis mon lapin.

  • # Matlab sans h

    Posté par (page perso) . Évalué à 8.

    Le « Mat » fait référence à « matrice » et non à « mathématiques ». Sinon, Scilab est proche de Matlab mais est un peu différent. En revance, GNU Octave se veut une implémentation libre de Matlab.
    • [^] # Re: Matlab sans h

      Posté par . Évalué à 5.

      Ce qui va simplifier sa vie dans l'immédiat mais ne répond pas au fond du problème:
      les profs veulent-ils enseigner l'usage d'UN logiciel en particulier (propriétaire qui plus est), ou mettent-ils l'accent sur comment exploiter un logiciel de calcul matriciel?
      • [^] # Re: Matlab sans h

        Posté par . Évalué à 9.

        Quel que soit leur objectif, en l'utilisant, ils font les deux d'un coup.

        Sachant que Matlab est, mis à part peut-être dans le domaine des probabilités, le logiciel le plus utilisé (si ce n'est le seul) de sa catégorie aussi bien par l'industrie que par le domaine académique, c'est difficile de leur en vouloir.

        Après peut être que certaines facs peuvent proposer un accès ssh, ça me semble le meilleur compromis.
        • [^] # Re: Matlab sans h

          Posté par (page perso) . Évalué à 8.

          « Quel que soit leur objectif, en l'utilisant, ils font les deux d'un coup. »
          Et c'est là un souci pédagogique constant pour nombre d'enseignants.
          Malheureusement des décennies de position dominante d'un opérateur en matière de systèmes d'exploitation, et de désinformation quant aux problèmes de propriété intellectuelle ont formé des masses incultes et faisant souvent des choix politiquement désastreux en matière de logiciels.

          Les enseignants informés du problème font souvent des pieds et des mains pour optimiser les choix vers le libre. Car au-delà des problèmes de fonctionnalités des logiciels, ceux qui sont libres présentent toujours au moins deux avantages sur leurs concurrents privateurs :
          - Les étudiants peuvent utiliser le même logiciel pour s'entraîner puis travailler. Cela permet de mieux circonscrire les compétences à acquérir. Les étudiants peuvent ainsi se concentrer sur l'essentiel.
          - L'utilisation de logiciels libre permet de sensibiliser les étudiants à l'idée que la société n'est pas forcément une jungle et qu'il existe des alternatives à la concurrence et à la compétition ; en particulier la collaboration et la coopération. On se donne donc l'occasion de faire ressentir à un public pas forcément averti le fossé qui existe entre un discours ambiant qui veut que légal = payant & multinational et gratuit = piraterie & chaussetrappe.

          Mais comme le plus grand nombre est éminemment familier des solutions propriétaires et de la contrefaçon (semi-encouragée) afférente — peut-être par facilité ou manque de temps — les résistances à l'utilisation d'environnement de travail libre sont grande. Même dans les domaines où ces logiciels sont largement supérieures à leur concurrence. Alors ont imagine aisément le souci dans des écoles d'ingénieurs. Conclusion : merci de vous montrer magnanimes face aux errements de vos enseignants en la matière. La route est semée d'embûches.
      • [^] # Re: Matlab sans h

        Posté par . Évalué à 2.

        Scilab en l'état actuel ne résout pas le fond du problème. Autant je loue l'initiative, autant la qualité du logiciel laisse à désirer. Dans mon Ecole d'ingé on nous a prescrit Scilab dans certaines salles, Matlab dans d'autres... A la maison on a besoin des deux, et forcément pour les licences Matlab c'est la débrouille.
        Pas un élève, aussi libriste soit-il, ne préfère Scilab à Matlab.

        Les fonctionnalités basiques de Scilab sont justes suffisantes, mais tout ce qui est avancé, Sicos par exemple n'est clairement pas ergonomique (c'est même plutôt inutilisable). ça n'engage que moi, mais Scilab aurait besoin d'un bon fork from scratch.
        (et je pense que la montée en puissance des modules scientifiques de python n'est pas étrangère à la qualité de Scilab)
        • [^] # Re: Matlab sans h

          Posté par . Évalué à 10.

          un bon fork from scratch

          Ça c'est de l'oxymore ou je ne m'y connais plus!
        • [^] # Re: Matlab sans h

          Posté par . Évalué à 3.

          forcément pour les licences Matlab c'est la débrouille
          ssh -CY toi@ton_ecole

          Tous les nombres premiers sont impairs, sauf un. Tous les nombres premiers sont impairs, sauf deux.

      • [^] # Re: Matlab sans h

        Posté par . Évalué à 10.

        les profs veulent-ils enseigner l'usage d'UN logiciel en particulier (propriétaire qui plus est), ou mettent-ils l'accent sur comment exploiter un logiciel de calcul matriciel? Question classique et récurrente dans un autre domaine. Cela fait maintenant des années que les cours d'initiation à l'"informatique" (en fait plutôt à la bureautique) se décomposent en modules de Word, Excel, Access, Powerpoint et si tu as de la chance tu as le droit de faire un site web avec Publisher ou Front Page si tu es privilégié (sic).

        C'est assez dur à comprendre, du moins pour moi, que des professeurs puissent former à un logiciel précis et non pas à un traitement de texte, un tableur etc.

        De même de nombreux professeurs utilisent des exceptions au droit d'auteur (ou parfois même utilisent des ressources sans que ce soit autorisé) plutôt que de promouvoir des ressources libres (ou du moins sous des licences permissives comme les CC non libres), ce qui serait bénéfique pour le monde de l'éducation et même le monde tout court.
        • [^] # Re: Matlab sans h

          Posté par . Évalué à 9.

          Je forme des élèves fonctionnaires dans une école de l'administration et je me bats régulièrement pour dire : « voila, on vous forme au traitement de textes, au tableur, il est possible que vous ayez à utiliser d'autres logiciels. Nous, nous avons choisi oo pour telles ou telles raisons. ».
          Les élèves comprennent, mais c'est dur de faire entrer ça dans la tête de certains formateurs !
        • [^] # Re: Matlab sans h

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Il faut aussi savoir que certains "professeurs" ne savent pas ou ne veulent pas savoir qu'il existe autre chose (ou alors, c'est payant donc c'est forcément beaucoup mieux).

          « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

    • [^] # Re: Matlab sans h

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      > En revance, GNU Octave se veut une implémentation libre de Matlab.

      Anéfé, GNU Octave est quasi-compatible avec Matlab, hors toolbox et GUI. Il est d'ailleurs si proche de Matlab qu'il le recopie bug pour bug. :-)

      Pour les gens qui font régulièrement du calcul, je recommande aussi Python Scipy, qui est une vrai merveille. http://www.scipy.org/

      Adhérer à l'April, ça vous tente ?

      • [^] # Re: Matlab sans h

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        "hors toolbox et GUI."

        C'est souvent là que réside le problème... j'ai essayé de pousser des collègues chercheurs vers autre chose que matlab... mais 1) ils le connaissent (bugs inclus :-) 2) ils utilisent la toolbox X ou Y et ne la retrouvent pas ailleurs 3) (bis) ils le connaissent déjà et donc sont immédiatement efficaces avec sans se prendre la tête.

        Python 3 - Apprendre à programmer en Python avec PyZo et Jupyter Notebook → https://www.dunod.com/sciences-techniques/python-3

        • [^] # Re: Matlab sans h

          Posté par . Évalué à 2.

          Dans les écoles d'ingénieurs c'est pareil. On utilise Matlab, Matematica, Labview…

          Pour la conception de pièces mécaniques pareil on va être formé sur ProEnginner, Abaqus etc…

          Cela dit quand on forme des ingénieurs on les forme aussi à être flexible. Les logiciels se ressemblant tous c'est pas très dur. Et pour les fonctions qui différent la doc est là pour pouvoir combler les manques.
          • [^] # Re: Matlab sans h

            Posté par . Évalué à 1.

            Il faut quand même reconnaitre que le libre n'a pas l'air de beaucoup s'intéresser à la mécanique.

            Pour les calculs par élément finis il y a code aster qui est employé dans Open Cascade [http://www.opencascade.org/] , c'est peut être une alternative à Abaqus (que je ne connais pas).

            Par contre en conception/modélisation mécanique 3D pour l'instant il n'y a rien de réellement utilisable , il bien le projet HeeksCAD mais il est encore très loin du niveau de ProIngenner, ce qui reste de plus pratique c'est encore Pov-Ray dont la modélisation volumétrique est ce qui se rapproche le plus de ce que je faits en CAO même si ce logiciel n'est pas vraiment prévu pour ca à l'origine .....
    • [^] # Re: Matlab sans h

      Posté par . Évalué à 2.

      GNU/Octave propose des trucs en plus (et en moins probablement aussi) que Matlab. Par exemple la syntaxe += (et autres équivalent)
      Très dérangeant quand tu fais tout un travail sous octave puis que tu le testes sous matlab avant de le rendre au prof.
      </souvenirs lointains>

      Tous les nombres premiers sont impairs, sauf un. Tous les nombres premiers sont impairs, sauf deux.

  • # Même soucis...

    Posté par . Évalué à 7.

    J'ai eu l'occasion de faire la même chose... développement avec des logiciels d'une grosse multinationale détentrice de la plus grosse partie du marché des OS.

    Et après avoir demandé pendant 3 ans des licences, toujours pas de nouvelles. Résultat, obligé de tipiaker, les pool informatiques étant noirs de monde, avec des configs désastreuses, et avec des machines disponibles qu'à de rares moments.

    Et ce sans compter l'obligation de travailler avec des versions bêta des logiciels à cause d'un admin qui a kiki tout dur en voyant les dernières évolutions, et qui n'a pas été capable de tester ce qu'il nous demande pour vérifier que c'était faisable, réception des consignes quelques semaines avant la deadline, etc..

    Bref, dégoût dès le départ, et des développeurs à peine capables d'utiliser ces technologies. Enfin, il faut qu'il fasse valoir ses certifications...

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