Faire un don ! | | style | statistiques | contactez-nous | plan | lettre d'information

Liens connexes

Dépêche modérée par

Dépêche éditée par

: La bibliothèque Classiques Sciences Sociales fête son 5ème anniversaire

Posté par Frédérick Diot (page perso, ). Modéré le 05 octobre 2005.
Le 17 octobre prochain, Le site québecois des "Classiques Sciences Sociales" (CSS) fêtera ses 5 ans ! Initiée et maintenue par Jean-Marie Tremblay, un professeur de sociologie de l'université du Chicoutimi, cette bibliothèque numérique propose en libre téléchargement des oeuvres tombées dans le domaine du public (de Durkheim à Marx, en passant par Freud etc.. ). Plus de 1600 oeuvres y sont numérisées, et cela de façon bénévole !

Pour l'évènement, le site a connu une sérieuse refonte. Parmi les nouveautés : un moteur de recherche interne, et surtout un changement esthétique qui fait gagner en clarté et en convivialité.

Le site avait connu des difficultés après la mise en demeure de la part des Presses Universitaires Françaises, sur des problèmes de législation. En effet, les oeuvres tombent dans le domaine public 70 ans après la mort de leurs auteurs en France, contre 50 au Québec. Donc certaines oeuvres ne doivent pas être téléchargées en France.

Aujourd'hui, environ 5000 livres sont téléchargés par jour, et la fréquentation est composée de "70% des pays francophones (dont près de 50% et de la France, de la Belgique), des pays africains, 10% du Canada, 10% des États-Unis, de 5% d'Amérique du Sud et 5% des anciens pays de l'Europe de l'Est."

Des chiffres très encourageants pour une petite équipe de "Numérisateurs" bénévoles (une petite quarantaine), qui propose toutes les oeuvres en format texte (via OCR). Cela permet aux textes, en plus d'être très léger, d'avoir des applications extérieures très larges, comme celle de la lecture assisté par ordinateur pour les personnes aveugles.

Je vous propose une interview de Jean-Marie Tremblay, où il explique, en autres, les changements des CSS, les choix (notamment sur les formats, et l'interdiction d'échanger les fichiers hors du site), les difficultés, ainsi l'oeil méfiant que le site porte aux initiatives telle que GooglePrint, et consort.

> Lire la dépêche (41 commentaires, moyenne: 2,9).  

Chatôdo (Cô) : Comment est venue l'idée ?
Jean-Marie Tremblay (JMT) : [..] En 1999, j'ai commencé Les Classiques des sciences sociales avec l'idée de faire connaître les sciences de la société, de les faire découvrir et aimer. D'abord à mes élèves, puis aux autres de la région d'ici. Tout a commencé à vrai dire en voulant leur proposer de lire certaines oeuvres classiques de Durkheim (le fondateur de la sociologie), Karl Mannheim (Idéologie et utopie) et aussi un beau livre de Georg Lukacs, Histoire et conscience de classes.
Comme on ne trouvait pas ces livres à la bibliothèque, comme mes élèves commençaient à disposer d'ordinateurs à la maison et être branchés à Internet, je me suis dit qu'avec des textes numériques, en traitement de textes, il n'y aurait plus aucune raison que mes élèves ne lisent pas ces oeuvres. C'est comme cela que tout a commencé.
Et surtout, je voulais que toutes ces oeuvres soient accessibles LIBREMENT et GRATUITEMENT à tous!

Cô : Comment s'est développé le site ?
JMT : Lorsque j'ai eu une dizaine de livres de préparés, mis en page, en versions Word et PDF, j'ai téléphoné au directeur-adjoint de l'Université du Québec à Chicoutimi, tout juste derrière le collège où j'enseigne, et leur ai demandé un rendez-vous. Le lendemain, [...] je leur montre ce que j'ai fait. Je leur parle de l'accès libre et gratuit à toutes ces oeuvres, des coûts zéro pour eux puisque je ferais tout le travail d'édition bénévolement. J'émettais toutefois deux conditions:
Aucun contrôle idéologique sur le contenu de la bibliothèque, donc une totale liberté de choix des oeuvres diffusées et aucune intervention de leur part et de quiconque dans mon travail;
L'accès gratuit au serveur Internet et l'espace dont j'aurais besoin pour développer Les Classiques des sciences sociales.

Cô : Et les problèmes ?
JMT :Les problèmes ont été nombreux et le plus angoissant d'entre eux a été certes la mise en demeure des Presses universitaires de France de retirer tous les ouvrages de notre bibliothèque qui avaient été publiés par eux. (Les oeuvres tombe dans le domaine public 70 ans après la mort de leurs auteur en France, contre 50 au Québec) Comme je faisais tout tout seul, sans subvention et rien, j'ai écrit à des professeurs de droit dans plusieurs universités pour leur demander conseil. J'ai demandé conseil à des internautes spécialisés dans les questions des droits d'auteurs, ici et en France. La réponse a été unanime: j'étais dans mon droit, en vertu de la loi canadienne du droit d'auteur et en vertu du Traité de Berne.

Lorsque les PUF m'ont menacé, j'ai aussi écrit à Jean-Baptiste Soufron et plusieurs autres qui ont été de bons conseils. Sans eux, je pense que j'aurais peut-être abandonné puisque l'Université se lavait les mains de tout problème juridique que je pouvais rencontrer.

L'année dernière, un diplomate belge en fonction au Québec, maintenant à la retraite, M. Leschevin, a rencontré l'avocat et conseiller principal des PUF, Me Bouchoney, et a appris que les PUF ne poursuivraient jamais, qu'ils avaient laissé tomber puisque j'étais dans mon droit. Mais surtout que l'appel aux médias les avait impressionné et n'avaient plus osé poursuivre après cela. Sans notre diplomate, nous n'aurions pas su. Et finalement, je n'ai jamais retiré aucune oeuvre publiée par les PUF à l'exception des oeuvres traduites en français où les traducteurs n'étaient pas encore morts depuis 50 ans.

Cô: Quels sont les changements du nouveau site ?
JMT : Le premier et plus important changement apporté au site des Classiques des sciences sociales est l'intégration de 3 fonctions de recherche: la recherche dans les métadonnées, la recherche à l'aide de la catégorisation en bibliothéconomie (par exemple, par auteur, discipline, collection, etc) et enfin la recherche plein texte dans les fichiers eux-mêmes à partir d'un mot ou d'une expression. Par exemple, CLASSES SOCIALES.
Le second changement est l'organisation plus simple de l'information et le troisième changement concerne l'aspect esthétique. [...]


Cô : Les oeuvres sont disponible en DOC, RTF et PDF, pourquoi ces formats ?
JMT : Je suis professeur de sociologie dans un collège pré-universitaire. Je prépare depuis des années du matériel numérique pour mes élèves. J'ai toujours utilisé les formats de traitement de textes (.doc) et de chiffrier électronique (.xls) parce qu'il était possible d'y faire de la recherche. Ces formats sont vraiment souples. J'ai ajouté le format PDF à la demande du directeur de la bibliothèque Paul-Émile Boulet qui appréciait le format PDF texte pour sa constance. Il y a quelques années, à la demande d'internautes ne disposant pas de logiciels capables de lire les fichiers Word, j'ai pensé que le format RTF permettrait à tous les internautes de récupérer la totalité d'une oeuvre sans perdre aucun des avantages des fichiers Word (hyperliens, mise en page, etc.).
Nous diffusons donc nos oeuvres numériques en deux formats libres de droits: PDF et RTF.

Cô : Comment cela se fait que les CSS interdisent de s'échanger les fichiers ?
JMT : Toutes oeuvres numériques des Classiques des sciences sociales sont disponibles librement et gratuitement à tous, en version intégrale. Ils ne sont, par contre, disponibles que sur notre site web pour une seule raison fondamentale: le contrôle de l'intégrité des oeuvres. Chaque bénévole est moralement responsable de l'intégrité de l'oeuvre numérique qu'il produit. Je supervise personnellement chacune des oeuvres et je vérifie l'intégrité d'une oeuvre avant de la mettre en ligne sur le site.
Pour faciliter la vie des étudiants universitaires non-voyants, nous avons convenu avec les autorités de l'Université de Paris responsables du SERVEUR HELENE POUR NON VOYANTS de leur permettre gracieusement de reprendre les fichiers numériques des oeuvres du domaine public en France, soit essentiellement des oeuvres prises dans la collection “Les auteurs classiques”. Assurés du respect intégral des oeuvres qu'ils mettront en ligne en empruntant nos fichiers, nous avons le sentiment de rendre un service plus utile aux non-voyants puisque les fichiers seront accessibles dans un environnement plus familier pour eux.


Cô: Que pensez vous de de GooglePrint, et des autres initiatives de bibliothèques numériques ?
JMT :On a beaucoup entendu parler de l'initiative de l'entreprise privée américaine plusieurs fois milliardaire, GOOGLE. J'ai plusieurs réserves à cet égard:
a) Une société ne doit jamais laisser son patrimoine intellectuel dans les mains d'une entreprise privée, d'autant plus lorsqu'elle est étrangère. Laisser Google choisir les oeuvres mises en ligne, c'est lui attribuer un droit de vie ou de mort sur tout un pan de l'histoire qui pourrait être évacué par les choix de celle-ci.
b) Google numérisera d'abord des oeuvres américaines ou anglaises, de langue anglaise. Laisser à Google seul la liberté de mettre en ligne principalement des oeuvres anglaises, c'est mettre en péril la culture française et la civilisation française puisqu'Internet sera alors inondé principalement par du matériel scientifique de langue anglaise.
c) Plus il y aura d'oeuvres en langue anglaise disponibles sur Internet, plus la pensée anglo-saxonne envahira le monde. Déjà les Américains dominent le monde et les termes des échanges internationaux, laisser à une entreprise privée américaine milliardaire, qui n'a rien de commun avec une organisation humanitaire et éducative, les laisser numériser le patrimoine intellectuel, c'est mettre en péril notre histoire et la richesse de notre vie intellectuelle parce qu'ils numériseront bien ce qu'ils veulent et diffuseront bien que ce qu'ils veulent.
d) Il faut donc que les États et les grandes organisations éducatives et culturelles de chacun de nos pays voient à la préservation de notre patrimoine intellectuel. Non seulement voient à sa préservation, mais aussi à sa diffusion et cela avec les moyens modernes de communication: l'Internet et le numérique.
e) Enfin, Google ne m'impressionne pas du tout. Ce qui a été fait à date avec Google Print est bien beau: belle présentation à l'écran, photos numériques de livres de qualité remarquable, mais on n'accède à une oeuvre qu'une page à la fois, en mode image. Bien sûr avec la possibilité de la passer en OCR.
Le travail que nous faisons est d'un ordre tout à fait différent. Nous produisons une édition électronique complète d'une oeuvre, en texte intégral avec mise en page soigneuse et avec la possibilité de navigation à l'intérieur du texte par hyperlien. En traitement de textes, donc des fichiers souples dans lesquels l'on peut utiliser les fonctions de recherche et de remplacement. Enfin, des fichiers téléchargeables qui permettent aux internautes d'être indépendants de nous une fois le fichier téléchargé.

Cô : De quoi auriez vous besoin à ce jour ?
JMT : Comme l'Université a consacré plus d'un an de travail à la refonte du site, comme je me suis assuré que le produit fini respecte ma façon de travailler et continue d'être à ma portée, parce qu'il n'était pas question d'en donner le contrôle à des spécialistes en informatique, ce qui en aurait changé la nature , comme le site est un gros site de près de 5 Go d'informations à date et qu'il va croître encore, j'ai essentiellement besoin d'un deuxième écran plat complémentaire. Comme je travaille toujours avec plusieurs logiciels simultanément, j'ai donc besoin de voir plusieurs documents en même temps. Non seulement d'un deuxième écran, mais plus important encore d'un ordinateur beaucoup plus puissant, avec plus puissants processeurs, plus de mémoire et des disques durs plus gros.

Cô : Un coup de gueule, coup de coeur ?
JMT :Je ne suis pas rancunier, je n'ai aucun coup de gueule.[...]Des coups de coeur, oui.

Mon premier coup de coeur a été d'apprendre que nous permettions aux non-voyants, plus particulièrement aux étudiants universitaires non-voyants, de lire et ainsi d'accéder au texte intégral des oeuvres classiques, notamment les oeuvres de De Tocqueville, Montesquieu, Durkheim, Lévy-Bruhl, etc.
Cela m'a profondément touché, à en avoir les larmes aux yeux. Jamais je n'aurais imaginé rendre service, rendre le savoir accessibles à ceux et celles privés du sens de la vue.
Mon deuxième coup de coeur a été d'apprendre que beaucoup d'étudiants africains, du Madagascar notamment, passaient des nuits blanches dans les cybercafés à lire les oeuvres téléchargées et apprendre grâce à l'existence de notre bibliothèque où les livres sont accessibles librement et gratuitement à tous en sociologie, en anthropologie, économie politique, etc.
Cela aussi m'a ému au point de modifier mes motivations à poursuivre cette lutte pour l'accès à notre héritage intellectuel en sciences humaines.

Si au début je voulais donner accès aux oeuvres classiques en sciences humaines, faire découvrir les grands auteurs, et ainsi nous aider à comprendre la société et les êtres humains, en découvrant que tant avaient besoin de nous pour l'accès à la connaissance, cela m'a touché profondément. Maintenant, j'ai le sentiment que nous contribuons à la diffusion du savoir, mais aussi d'aider beaucoup d'étudiants et de citoyens à apprendre et comprendre à cause des oeuvres que nous rendons disponibles. Sans notre bibliothèque, il leur serait impossible, matériellement et financièrement, d'accéder à ces connaissances.

Je discute avec les autres bénévoles et leur sentiment a évolué comme les miens: notre engagement est plus profond maintenant qu'au début. Avec un sentiment d'urgence.

Enfin, il est important que les gens sentent que c'est le DON et qu'il nous permet d'espérer contribuer à un monde meilleur et plus de fraternité en partageant.

Cô: Jean-Marie Tremblay, merci beaucoup!

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

Et les formats ouverts ?

Posté par Aldoo (Jabber id, ) le 05/10/2005 à 11:51. (lien). Évalué à 7.

Voilà, je mets les pieds dans le plat, mais je m'étonne, puisque le sujet a été abordé dans l'entrevue, que la question de l'utilisation de formats bureautiques ouverts comme ceux d'[Open|Star]Office n'a pas été posée.
(Ok pdf est ouvert... mais si le format doc est proposé c'est qu'il y a aussi un besoin de contenu à un format bureautique. Rtf est ouvert aussi, que je sache, mais le format a eu une histoire difficile.)

Est-il prévu de faire passer la bibliothèque au format OpenDocument dans un futur proche ?
Ceci serait opportun à l'occasion de la standardisation récente de ce format et de la sortie imminente d'OpenOffice 2.0.

Merci

Posté par beagf (page perso, ) le 05/10/2005 à 12:13. (lien). Évalué à 10.

On pourra dire ce que l'on veux sur le format doc qui est propriétaire ou sur d'autre points techniques (en tout cas on ne pourra bientot plus critiquer le design du site)

Moi je dit merci à Jean-Marie Tremblay pour tout le boulot qu'il a fait, ainsi qu'a tout les bénévoles de ce projet. Leur boulot est énorme et ils le font avec un coeur gros comme ça. (la je suis en train d'écarter les bras comme un con devant mon ordi...)

Donc juste merci, pour le reste on verra plus tard.

Echanges entre projets

Posté par nullard3d () le 05/10/2005 à 15:51. (lien). Évalué à 2.

vu la masse de travail que cela semble représenter, je me demande pourquoi il n'est pas question d'échanges avec d'autre projets comme Gutenberg ou autre.
Ca ne deviendrait pas décourageant si tout le monde se met à faire le même livre chacun dans son coin ? (non, non, je ne relance pas le Troll de la Diversité niveau 7)


PS: je viens d'ailleurs de regarder les droits offerts par Gallica: on ne peut prendre que quelques passages et on ne peut pas contribuer.
PPS: là, je viens de me rendre compte que le Libre est une drogue...

libre ?

Posté par Éric (Jabber id, page perso, ) le 05/10/2005 à 21:42. (lien). Évalué à 9.

La plus libre des bibliothèques ? sûrs ?
D'après les conditions d'utilisation je n'ai pas le droit de télécharger un fichier et de l'envoyer à mon frère par email. Ben non, alors que jamais la bibliothèque de mon quartier ne me l'a interdit.
Vous savez aussi ce que ça veut dire ? ça veut dire que je ne peux pas me servir de ces fichiers pour les annoter/surligner et les diffuser avec mes annotations.

L'excuse du contrôle de l'intégrité de l'oeuvre est franchement ridicule. Le fait que je diffuse à mon voisin une oeuvre n'a jamais pu changer l'intégrité de celles qui sont sur le serveur. Si quelqu'un veut s'assurer de la qualité ou de l'intégrité il va sur le serveur officiel, mais je ne vois pas en quoi ça empêche de laisser la libre circulation des copies. Au moins des copies non modifiées.


Ils ont choisi la logique de l'enfermement, d'utiliser du contenu sous domaine public pour en faire du contenu non libre. Ils en ont le droit (ils font un gros boulot avec ces fichiers) mais qu'ils assument bordel ! qu'ils disent qu'ils refusent les redistribution pour garder la main sur le noeud central, pour obliger les gens à passer par eux et pour garder la renommée et les retombées. Pas besoin de ces excuses sur l'intégrité des oeuvres.
Mais surtout ... que du coup il ne surfe pas sur les "c'est du domaine public et le PUF cherche à m'empecher de redistribuer, nous on est une bibliothèque libre pour tous". Ils font ni plus ni moins que ce que font les autres : du gratuit avec des clauses serrées pour enfermer l'utilisateur et s'assurer qu'il repassera par eux. Sauf qu'en plus ici ils ne créent pas le contenu qu'ils enferment, ils prennent ce qui existe déjà ailleurs.

Vocabulaire

Posté par Axioplase Ashi (page perso, ) le 05/10/2005 à 21:55. (lien). Évalué à 2.

Bibliotheque?
Tu voulais dire "librairie" je suppose :)
(rhalala.. si meme les canadiens commencent à mal user leurs anglicismes informatiques...)

--
J'aime la liberté.
J'aime BSD.

Pourquoi une telle peur de Google Print

Posté par Eudoxe (page perso, ) le 06/10/2005 à 00:34. (lien). Évalué à 3.

a) Une société ne doit jamais laisser son patrimoine intellectuel dans les mains d'une entreprise privée, d'autant plus lorsqu'elle est étrangère. Laisser Google choisir les oeuvres mises en ligne, c'est lui attribuer un droit de vie ou de mort sur tout un pan de l'histoire qui pourrait être évacué par les choix de celle-ci.

Le non-choix d'une oeuvre par Google n'implique en rien qu'elle ne sera pas numérisée par quelqu'un d'autre.

c) Plus il y aura d'oeuvres en langue anglaise disponibles sur Internet, plus la pensée anglo-saxonne envahira le monde.


Rappelons qu'à une époque la langue et la culture française "envahisait" le monde, cela n'a pas empêché le développement des cultures des autres nations.

d) Il faut donc que les États et les grandes organisations éducatives et culturelles de chacun de nos pays voient à la préservation de notre patrimoine intellectuel. Non seulement voient à sa préservation, mais aussi à sa diffusion et cela avec les moyens modernes de communication: l'Internet et le numérique.


On peut aussi se demander pourquoi on ne trouve pas de mécènes en France prêts à une action simillaire.

e) Enfin, Google ne m'impressionne pas du tout. Ce qui a été fait à date avec Google Print est bien beau: belle présentation à l'écran, photos numériques de livres de qualité remarquable, mais on n'accède à une oeuvre qu'une page à la fois, en mode image. Bien sûr avec la possibilité de la passer en OCR.

Alors pourquoi avoir peur ?

Le travail que nous faisons est d'un ordre tout à fait différent. Nous produisons une édition électronique complète d'une oeuvre, en texte intégral avec mise en page soigneuse et avec la possibilité de navigation à l'intérieur du texte par hyperlien. En traitement de textes, donc des fichiers souples dans lesquels l'on peut utiliser les fonctions de recherche et de remplacement. Enfin, des fichiers téléchargeables qui permettent aux internautes d'être indépendants de nous une fois le fichier téléchargé.

Malgré mon désaccord sur l'initiative de Google, je pense que l'on ne peut pas ne pas féliciter et remercier Jean-Marie Tremblay pour ce travail.

Passer ou tomber?!

Posté par newlimits (page perso, ) le 06/10/2005 à 04:04. (lien). Évalué à 3.

Je vais vaire mon raleur (ou chialeux pour ici au Québec), mais il me semble mieux de dire "Passer dans le dans le domaine public" et non "Tomber dans le dans le domaine public".

Tomber à un sens très négatif alors que passer à un sens beaucoup plus neutre.

Sinon, si je me laissais aller, je dirais "s'élever dans le domaine public", ce qui représente, à mes yeux, beaucoup mieux le processus!

Sinon l'initiative est louable, même si, il faut le reconnaître, les restrictions de copie en font un projet non libre!

Une jolie machine.

Posté par Paul Chavent (page perso, ) le 06/10/2005 à 06:23. (lien). Évalué à 2.

Une machine qui numérise les livres est visible à
http://www.automatesintelligents.com/actu/051031_actu.html#actu1(...)

La plus libre??? N'importe quoi!

Posté par Zenitram (page perso, ) le 06/10/2005 à 12:39. (lien). Évalué à 2.

http://www.uqac.ca/class/inter/info_poli.html(...)

Toute utilisation à des fins commerciales des fichiers sur ce site est strictement interdite.
Toute rediffusion de nos fichiers est également interdite, même avec la mention de leur provenance.

http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.fr.html(...)
# La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).(donc possible a des fins commerciales)
# La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin, (liberté 2).(donc redistribution non limitée)

Donc parler de "La plus libre des bibliothèques" est vraiment... Il faut assumer : cette bibliotheque est très bien car on a accès a des choses qu'on n'aurait pas facilement, mais elle n'a rien de libre.
Qu'on en parle sur linuxfr qui prone le libre, en disant que ca tent vers le libre, c'est douteux...
http://www.gutenberg.org/(...) est libre, et est la plus libre des bibliothèques, pas ca.
Le titre est à changer d'urgence!!!

Revenir en haut de page