Deux ans de projet libre : bilan

Posté par (page perso) . Édité par Davy Defaud, Nÿco et NeoX. Modéré par Davy Defaud. Licence CC by-sa
Tags : aucun
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23
oct.
2012
Communauté

Le 19 octobre 2010, je démarrais le projet Newebe, un réseau social libre et distribué. Eh oui, cela fait déjà deux ans que je me suis lancé dans l’aventure du logiciel libre ! Comme une fois n’est pas coutume, je vous propose ici une rétrospective de l’année écoulée. En effet, il y a un an je m’étais déjà prêté à cet exercice et le résultat avait suscité l’intérêt de plusieurs d’entre vous. C’est pourquoi je recommence aujourd’hui.

NdM : merci à gelnior pour son journal.

Sommaire

Ce qui s’est bien passé

 Pingouins et smileys

Ça marche toujours. Cela va faire près de deux ans que j’utilise Newebe. Certes, je ne m’en sers qu’avec ma famille et des amis très proches, mais dans l’ensemble je suis toujours très satisfait du service qu’il me rend. Mon Newebe s’affiche plus vite que Facebook, je n’y vois que l’essentiel et je ne me sens pas limité sur ce que je raconte, comme je le suis sur les autres réseaux sociaux. Et, bien sûr, retrouver le contrôle n’est pas désagréable non plus.

Newebe a reçu ses premières contributions extérieures conséquentes. Grâce au hackaton de la PyCon, j’ai eu la chance d’avoir deux contributions importantes pour améliorer l’empaquetage de Newebe (merci Majerti !). Recevoir des contributions spontanées accélère vraiment le projet. Cela a été aussi l’occasion d’améliorer la qualité du code et de me faire comprendre qu’un bon workflow de développement n’est pas de trop.

Cela m'a amené à monter un projet de startup. L'année dernière, la boite pour laquelle je travaillais a fermé. Je me suis donc retrouvé au chômage, et j'ai dû me demander ce que j'allais faire après. Comme le monde de l'informatique se prête assez bien à entrepreneuriat, j'ai commencé à étudier sérieusement cette option. En faisant de la veille pour Newebe, sur les problématiques liées au cloud, je suis tombé sur une annonce de mon actuel associé qui cherchait des gens pour monter une startup autour de l'auto-hébergement. Ce qui a abouti à Cozy Cloud une plateforme simple de gestion de web apps à auto-héberger.

Je suis sorti de chez moi et j’ai rencontré des gens. Je n’avais pas l’habitude d’aller aux événements informatiques. Dans le cadre de Cozy Cloud, j’ai commencé à participer à quelques‐uns d’entre eux. Cela m’a motivé pour enchaîner avec des événements liés aux logiciels libres et open source. Je pense notamment au FODSDEM, aux repas du libre, aux RMLL et à la PyConFR… J’ai même eu l’occasion de faire deux lightning talks ! Je suis d’autant plus satisfait de ces expériences que j’ai vraiment rencontré beaucoup de vrais bons, qui ne me prenaient pas de haut et qui partageaient leurs bons tuyaux.

J’ai continué à apprendre et j’ai fait ma première contribution à un autre projet. Et, bien sûr, tout ça m’a permis de progresser en programmation et en informatique en général (pourtant j’ai mon master !). Maintenant je comprends presque ce que disent les barbus et j’ai une bien meilleure vision des technos que j’utilise (Python et Node.js). Ces deux dernières années, je pense avoir bien plus avancé que durant mes 5 années d’expérience professionnelle précédentes. Et pour couronner le tout, j’ai fait ma première contribution à un autre projet (fabtools).

Ce qui s’est mal passé

Sad bird

J’ai la phobie du dead project. Certains développements prennent plus de temps que prévu et, du coup, je m’enlise. Pendant ce temps‐là rien d’autre ne bouge sur le projet, et j’ai l’impression que le peu de gens intéressés va prendre ses jambes à son cou. C’est aussi assez difficile de mener à la fois développement et « animation » du projet. Le plus négatif dans tout ça est que je culpabilise quand je n’ai pas fait de commit depuis une semaine.

Il y a trop peu d’utilisateurs. Je n’ai pas vraiment fait ce qu’il fallait pour créer une communauté d’utilisateurs conséquente. D’après les principes que j’ai appris avec le Lean Startup, je n’ai pas une bonne démarche ; donc, pas trop de surprises de côté‐là. Toutefois, je travaille en ce moment à rendre l’installation de Newebe la plus simple possible, ce qui devrait faciliter son adoption. De plus, l’intérêt d’un projet libre est de faire ce qu’on veut, on ne cherche pas forcément à plaire à beaucoup de monde.

Il n’y a pas de grosse communauté de contributeurs. Il y a eu des contributions, sous forme de code ou de conseils, mais cela reste épisodique. Ceci dit, je me rends compte que la plupart des logiciels libres sont des one man projects. Ce qui me console pas mal ; mais bon, quand on voit l’activité de Diaspora, ça fait rêver.

Je ne suis pas sûr que ça serve à quelqu’un. Les points précédents me font penser que Newebe n’est tout simplement pas (encore) la bonne réponse aux problèmes posés par les réseaux sociaux centralisés. C’est tout de même un logiciel qui a le mérite de rendre service à ses quelques utilisateurs.

Et après

Je m’éclate toujours avec ce projet libre qui a vraiment changé mon quotidien et qui me permet d’expérimenter beaucoup de technos. Je vais donc essayer de continuer sur le même rythme que cette année : une publication tous les 4 à 6 mois. Coder un logiciel libre est tout de même un bon divertissement. Je crois donc que je vais en reprendre encore un peu. :)

  • # Commentaire

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    Je trouve cela un peu bête de ne pas pouvoir garder les commentaires lors du passage d'un journal en dépêche… Au final, cela coupe le débat en deux ou casse le rythme d'un débat.

  • # Retour très intéressant

    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

    Merci bien :)

  • # Annonce

    Posté par . Évalué à 2.

    je suis tombé sur une annonce de mon actuel associé qui cherchait des gens pour monter une startup autour de l'auto-hébergement

    Tu l'as trouvée où, cette annonce ?

    • [^] # Re: Annonce

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      Il avait laissé un commentaire avec une adresse mail sur un article parlant des effets pervers du cloud sur le Framblog. Je lui ai écrit et après quelques échanges de mails on a commencé à s'organiser.

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