SLAP : Logiciel libre et aide à la personne

Posté par (page perso) . Modéré par tuiu pol.
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16
17
fév.
2011
Communauté
Les services d'aide à la personne, vous connaissez ? En raison de l'allongement de la durée de vie de plus en plus de personnes sont concernées.

Un projet nouveau et innovateur est né : SLAP (Services en Ligne À la Personne). Il est né grâce à l'association Aquinetic, créée à la suite des RMLL 2008 à Mont de Marsan.

SLAP est un projet sous licence GPL v3. Il a fait l'objet d'une étude de terrain approfondie et va maintenant être testé en grandeur nature à l'Île d'Yeu sur une cinquantaine de postes.
Le logiciel S.L.A.P. et ses sources seront publiés une fois la phase d'expérimentation validée.

D'ores et déjà, le prototype propose de nombreuses fonctions que vous découvrirez sur SLAP.

Ce projet est intéressant à plus d'un titre, car il concerne des activités qui ne disposent actuellement d'aucun outil spécifique.
Aquinetic, pôle de compétences en logiciels libres, est novateur car il fait appel à de nombreuses institutions et associations. Parmi celles-ci, on peut aussi trouver l'ABUL qui est aussi membre fondateur d'ADULLACT.

Le futur des logiciels métiers devrait logiquement suivre la voie tracée par Adullact et Aquinetic qui sont deux associations destinées à promouvoir les logiciels libres, chacune dans leurs domaines. Les objectifs de ce projet sont de :
  • Faciliter le maintien à domicile des seniors, dépendants ou non ;
  • Faciliter le suivi des patients par le personnel médical ;
  • Faciliter la circulation des informations entre les différents acteurs ;
  • Créer de l'activité dans le secteur du service à la personne.


S.L.A.P. est la première solution entièrement libre permettant d'offrir un bouquet de services totalement évolutifs, au moyen d'une tablette tactile et de sites internet.

Dans sa phase prototype, il permet de :
  • Commander différentes prestations de service (transport, repas, courses, ménage...) ;
  • Voir une fiche identifiant le prochain intervenant à domicile ;
  • Pour la famille, de suivre les interventions effectuées chez la personne et d'envoyer des photos de familles consultables ensuite sur la tablette ;
  • Aux aidants de consulter le planning de leurs interventions futures ;
  • De rappeler aux patients les différentes prises de médicaments.


Il donne aussi :
  • Accès à la météo locale, à un calendrier des événements locaux, aux informations des collectivités locales et territoriales ;
  • Pour les collectivités, un moyen de communiquer sur leurs actions, à travers d'un fil d'informations lisible sur la tablette.


Une vingtaine de services supplémentaires est d'ores et déjà programmée pour les phases suivantes du projet.

Techniquement, S.L.A.P. se compose :
  • d'un logiciel installé sur une tablette tactile ;
  • d'un logiciel d'administration destiné aux associations de services à la personne ;
  • d'une collection d'extranets destinés aux acteurs intervenant auprès de la personne, à la famille et aux collectivités.
  • # Belle surprise

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    Je pense que le logiciel libre a pris de court le logiciel propriétaire dans ce domaine qui ne correspond à aucune activité traditionnellement classifiée.

    En effet, ce n'est ni un logiciel pour aides-soignants, ni un progiciel pour une seule profession mais un logiciel centré sur le client et non sur les professionnels. C'est la démarche inverse de tout ce qu'on avait vu jusqu'à présent. Difficile à imaginer pour les commerciaux et financiers des écoles classiques^Wantiques^Wtraditionnelles.
    • [^] # Re: Belle surprise

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Je dirais même que le logiciel libre a mis une belle gifle au logiciel propriétaire.

      DLFP >> PCInpact > Numerama >> LinuxFr.org

  • # Un bémol

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Je ne sais pas qu'en penser.

    Bien sûr, c'est bien de penser à nos seniors, et c'est d'autant mieux quand c'est une solution libre. Mais ce dont ils ont souvent le plus besoin, c'est de présence. Leur permettre de tout faire à distance n'arrange pas forcément cela. Bien sûr si ça permet justement plus de contact, c'est tant mieux, mais il ne faut pas risquer de tomber dans le travers "je ne peux plus faire mes courses moi-même, pas grave, je peux me terrer chez moi" (je n'ose formuler en toutes lettres une logique vraiment malsaine qui viendrait des enfants voulant convaincre leurs parents d'utiliser ce système).
    • [^] # Re: Un bémol

      Posté par (page perso) . Évalué à 6.

      Je pense qu'à personnel constant, ça peut donner plus de présence auprès des personnes en réduisant le temps passé à faire des tâches routinières ou peu gratifiantes.
      On peut aussi dire qu'une visite ses parents vaut mieux qu'un appel téléphonique, mais quand la visite n'est pas possible, le téléphone c'est bien.

      Comme tous les outils, SLAP n'est ni bon ni mauvais, il sera ce que nous en ferons.
      • [^] # Re: Un bémol

        Posté par . Évalué à -4.

        > Comme tous les outils, SLAP n'est ni bon ni
        > mauvais, il sera ce que nous en ferons.

        Encore ce vieux mythe de la neutralité de l'outil.

        > réduisant le temps passé à faire des
        > tâches routinières ou peu gratifiantes.

        Voilà déjà de l'idéologie ! Efficacité et rapidité pour l'entretien des vieux.
        • [^] # Re: Un bémol

          Posté par . Évalué à 4.

          Ce genre d'outil permet de réduire le ratio (temps passé à faire de la gestion)/(temps passé à s'occuper de la personne). Il permet aussi de ne plus faire d'erreur de gestion (oublie, erreur, retard,...).

          Les logiciels sous licence GPL forcent leurs utilisateurs à respecter la GPL (et oui, l'eau, ça mouille).

        • [^] # Re: Un bémol

          Posté par . Évalué à 2.

          Tu en dis trop ou pas assez ...
      • [^] # Re: Un bémol

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Plutôt une bonne nouvelle à priori. Je me souviens qu'à Mont de Marsan, il y avait du matériel libre exposé devant l'entrée. J'avais discuté avec une personne qui fabriquait du matériel médical libre, notamment de rééducation pour les sportifs si je me souviens bien.
        Si ce type de matériel pouvait s'étendre aux personnes âgées, on pourrait imaginer un partenariat avec le logiciel par exemple.

        Bah, ce n'est peut-être qu'un délire :)

        Quelqu'un aurait-il des infos, coordonnées sur la matos médical libre présenté à Mont de Marsan ? Je ne me souviens plus du nom de ce constructeur, et j'ai perdu ses coordonnées.

        Ce serait pour en informer un médecin grenoblois...

        Digression un peu longue, mais bon ^^

        En tout cas je parlerai de SLAP autour de moi :)
  • # Release early, release often

    Posté par . Évalué à 3.

    « Le logiciel S.L.A.P. et ses sources seront mis à disposition, une fois la phase d'expérimentation validée. »

    Quel dommage ! C'est oublier le bon vieux précepte : « Release early, release often »
    http://www.linux-france.org/article/these/cathedrale-bazar/c(...)
    • [^] # Re: Release early, release often

      Posté par . Évalué à 3.

      En effet c'est dommage, l'attitude des développeurs est compréhensible, toutefois gênante sur ce point. En effet ils mettent en avant l'aspect logiciel libre, mais restreignent ses atouts en différant la publication.

      Je me pose par ailleurs une question, n'est-t-il pas impropre de le caractériser au présent comme logiciel libre. Au futur cela semble plus correct. Quels statuts ont est expérimentateurs ? Sont-ils des utilisateurs ? Ne devraient-il pas avoir accès aux sources et pouvoir les redistribuer ?
    • [^] # Re: Release early, release often

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Dommage sans doute, mais ce genre de logiciel doit être utilisable pour pouvoir être essayé. Ce n'est pas testable sur un coin de table ou dans un bureau. Un essai en vraie grandeur sur 50 machines est tout à fait significatif, en lancer d'autres risquerait de surcharger les développeurs, de décevoir et donner une mauvaise image.
      Il est nécessaire de partir d'une base solide et exploitable.

      Après la première version publiée, une vingtaine d'autres fonctions sont d'ores et déjà identifiées et la liste n'est pas limitative. Les contributions au projet seront alors les bienvenues.
  • # Client lourd ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    Le client lourd a bien des avantages, mais dans le cas présent, il semble que beaucoup d'informations circulent entre le logiciel et un serveur distant . Peut-être que je me trompe.
    Si c'est bien le cas, quel est l'avantage d'un client lourd plutôt qu'une application web ?
    • [^] # Re: Client lourd ?

      Posté par . Évalué à 3.

      Il est peu probable que les intervenants aient accès au web quand ils sont chez les personnes dépendantes... le choix d'un terminal autonome me semble des plus judicieux. J'imagine que la synchronisation se fait plus tard (quotidiennement ?).

      D'après mon expérience, cette remontée d'informations se fait aujourd'hui le plus souvent par un petit coup de fil, qui d'ailleurs s'apparente plutôt à un flicage des heures de présences qu'à un outils de coordination / amélioration des prestations...

      SLAP me semble aller dans un très bon sens.
  • # Tablette

    Posté par . Évalué à 2.

    Bonjour,

    bonne nouvelle et projet très intéressant en effet. Toutefois je me pose la question de l'intérêt du choix du support tablette : si son aspect facile d'utilisation et convivial peut paraître intéressant à des jeunes, qu'en est-il des personnes âgées, et a fortiori de celles suffisamment âgées pour être dépendantes ? Elles ont des facultés d'adaptation réduites (d'où l'intérêt du maintien à domicile, justement, qui limite le besoin d'adaptation à un nouveau cadre de vie lors du placement en EHPAD), et ont la plupart du temps une expérience informatique très faible sinon nulle. On peut donc se demander si elles sauront utiliser la partie de l'appli qui les concerne, ou si ça ne générera pas plus de problèmes liés à des erreurs d'utilisation que de bénéfices.
    Mais bon, l'étude en cours à l'île d'Yeu est aussi faite pour répondre à ce type de questions.

    Par ailleurs, d'un point de vue technique, le choix de la tablette force au passage par les fourches caudines des boutiques d'applications, avec l'incompatibilité au logiciel libre qui peut aller avec (Apple, bientôt Microsoft ...). Quid du choix du type de tablette, est-ce que ce système ne risque pas de forcer à l'utilisation d'un type de tablette particulière, d'où des coûts supplémentaires pour des personnes aux moyens souvent limités ?
    • [^] # Re: Tablette

      Posté par . Évalué à 1.

      Si j'ai bien compris, la tablette est plutôt destinée aux intervenants qu'au personnes âgées elles-mêmes.

      Donc :
      - un serveur au niveau de l'organisme d'aide à domicile
      - une tablette pour les intervenants
      - un (des) extranets, pour la famille en particulier

      Cela me semble tout à fait cohérent.
      • [^] # Re: Tablette

        Posté par . Évalué à 1.


        Dans sa phase prototype, il permet de :
        Voir une fiche identifiant le prochain intervenant à domicile ;
        De rappeler aux patients les différentes prises de médicaments.
        C'est vrai que l'identification du prochain intervenant peut intéresser aussi bien la famille que la personne âgée elle-même, mais je ne vois pas trop comment rappeler aux patients de prendre leurs médicaments s'ils n'ont pas chez eux un terminal quelconque, à moins de trouver un moyen d'envoyer un message téléphonique (ce qui doit être possible, d'ailleurs).
        • [^] # Re: Tablette

          Posté par . Évalué à 1.

          Oui, tu as raison...

          Sur le pdf du communiqué de presse (en bas de la page), on voit d'ailleurs une sorte de montage photo / copie d'écran qui donne une (petite) idée de l'esprit du logiciel.
      • [^] # Re: Tablette

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        la tablette est plutôt destinée aux intervenants qu'au personnes âgées elles-mêmes.
        Ah, je comprends mieux l'histoire du client lourd alors.
        J'imaginais que 50 était le nombre de "clients", pas d'intervenants. Car 50 intervenants rien que pour l'île d'Yeu... ça équivaut à 6 millions d'intervenants pour la France.

        Bref, je n'ai rien compris :-)
        • [^] # Re: Tablette

          Posté par . Évalué à 1.

          Ou moi... je ne suis pas trop sûr au final de ce que j'ai affirmé avec tant d'aplmonb. Ca me semblait logique, mais je me trompe peut-être...

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