Journal Pour libérer les sciences

Posté par (page perso) .
Tags : aucun
14
21
déc.
2010
Bonjour,

C'est en partie à cause de l'article de Patrick G., paru ici même, à propos de la publication des résultats du LHC sous Creative Commons que je me suis mis à rédiger une sorte de synthèse/opinion des problèmes rencontrés par la communauté des chercheurs face aux stratégies des revues et autres publications scientifiques. Vous pouvez lire ce texte et réagir sur le Framablog.

Pour libérer les sciences
"L’objectif de ce texte est de faire valoir l’intérêt d’une diffusion décentralisée et libre des connaissances scientifiques. En partant de l’idée selon laquelle l’information scientifique n’a d’autre but que d’être diffusée au plus grand nombre et sans entraves, je montrerai les limites du système classique de publication à l’ère du format numérique, ainsi que les insuffisances des systèmes d’archives « ouvertes ». J’opposerai le principe de la priorité de la diffusion et à l’aide de quelques exemples, j’aborderai la manière dont les licences libres Creative Commons permettent de sortir de l’impasse du modèle dominant."
  • # Tautologie...

    Posté par . Évalué à 4.

    > En partant de l’idée selon laquelle l’information scientifique n’a
    > d’autre but que d’être diffusée au plus grand nombre et sans entraves

    En fait, je pense que le fond du problème est bien là : la libre diffusion des informations scientifiques. Peu importe que les systèmes actuels remplissent, ou pas, le rôle qui leur est accordé, si le principe de base n'est pas accepté.

    J'entends par là que tu pars du principe que ce libre accès est un axiome, alors que nombre d'acteurs ne le voient pas comme ça. Leur raisonnement pourrait etre le suivant : les expériences coûtent cher, et il faut les rentabiliser. Comme toute donnée, les données scientifiques peuvent se monnayer pour couvrir l'investissement initial, voire rapporter des sommes conséquentes.

    Je n'ai pas lu ton papier (ce soir après le boulot), mais ton introduction dans ce journal ne pose pas la, ou les questions qui, a mon sens, sont fondamentales.

    Pourquoi les données scientifiques doivent-elles être librement accessibles ?

    Par ailleurs, ces données doivent-elles 'libres', ou seulement 'librement accessibles' ?

    Des données libres (eg. CC-BY-SA) impliquent qu'elles pourraient être modifiées, falsifiées, et donc porter atteinte à la crédibilité de son auteur (du fait du BY). Avoir des données librement accessibles (eg. CC-BY-ND-SA) garantit la libre diffusion et utilisation, tout en garantissant aussi la réputation de l'auteur.

    D'un autre côté, si les données sont fausses, elles doivent être libres pour pouvoir être modifiées, par exemple suite à une seconde expérience menée par un tiers.

    Bref, la question n'est pas (encore) dans le processus et les outils de publication, mais bien dans l'idéologie même de la publication. C'est plutôt les questions soulevées ci-dessus qui importent, à mon humble, très humble avis.
    • [^] # Re: Tautologie...

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      >>> les expériences coûtent cher, et il faut les rentabiliser. Comme toute donnée, les données scientifiques peuvent se monnayer pour couvrir l'investissement initial

      Avec un budget de 9 milliards de dollars pour le LHC je pense qu'il va falloir vendre pas mal d'abonnements aux revues scientifiques pour couvrir l'investissement initial ;-)
    • [^] # Re: Tautologie...

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      > les expériences coûtent cher, et il faut les rentabiliser.
      >Comme toute donnée, les données
      >scientifiques peuvent se monnayer pour
      >couvrir l'investissement initial, voire rapporter des
      >sommes conséquentes.

      Je t'invite à lire mon texte, effectivement. Mais la "rentabilisation" des données scientifiques (exemples: une biobanque ou une bibliothèque ADN, ou encore une base de données) ne se fait pas au niveau de la publication. Il y a les brevets, par exemple, et je n'entre pas dans ce débat (quoi que pour moi les brevets devraient être tout simplement supprimés).
      Il faut parfois pour un chercheur payer pour publier. Et même des revues proposent de payer pour que l'article puisse être déposé sur un système d'archives ouvertes.
      Je pense que tu soulèves une question importante : je parle des publications scientifiques et les termes "informations" et "données" sont peut-être mal employées dans mon propos.
      Donc quand un chercheur ou un groupe de chercheurs publie(nt) un article, ce n'est pas pour rentabiliser des recherches (qui sont d'ailleurs financées par ailleurs soit par le public soit par une firme, et les deux cherchent à rentabiliser), c'est surtout pour faire valoir leurs recherches d'abord auprès de la communauté scientifique et aussi pour communiquer de manière "publicitaire", pour démontrer leurs compétences. L'autre objectif, bien sûr est de mettre à disposition de l'humanité des connaissances pouvant être utilisées par ailleurs. C'est ce dernier objectif qui selon moi doit être le plus important. Là où il y a un problème, c'est que les mécanismes de la publication aujourd'hui freinent l'accès à l'information scientifique (même si on n'a jamais été autant informés) car les conditions de production numérique de ces informations devraient au contraire permettre la mise à disposition de ces informations pour tous. Quant aux systèmes d'archives ouvertes, même si leur intérêt est évident, ils présentent encore des faiblesses.
      Je donne quelques exemples illustratifs de publications scientifiques sous CC-BY, qui n'ouvrent pas pour autant la voie à la falsification, même si les solutions de type BY-SA sont peut-être plus appropriées.
    • [^] # Re: Tautologie...

      Posté par (page perso) . Évalué à 6.

      Des données libres (eg. CC-BY-SA) impliquent qu'elles pourraient être modifiées, falsifiées, et donc porter atteinte à la crédibilité de son auteur

      Euh, bah non, la licence t'autorise pas à dire que ce qui est dit dans l'œuvre dérivée représente le point de vu de l'auteur initial, elle t'oblige à le citer comme co-auteur de l'œuvre dérivé, c'est bien différent.

      Le gars prêt à faire de la diffamation pour porter préjudice à la réputation d'autrui, je pense qu'il s'en fiche un peu de respecter une clause de non-modification. Donc aucun intérêt de mettre du ND.
    • [^] # Re: Tautologie...

      Posté par . Évalué à 3.

      D'un autre côté, si les données sont fausses, elles doivent être libres pour pouvoir être modifiées, par exemple suite à une seconde expérience menée par un tiers.


      Si les "données" sont fausses, la démarche c'est plutôt d'être très transparent sur la démarche utilisée pour les corriger : tu cites les données originales, tu files la description exacte du traitement que tu leur a appliqué, et le pourquoi du comment, pourquoi pas avec un programme permettant d'effectuer ce traitement. On fait en général la différences entre les données "brutes" et les données "traitées", et c'est important. Pour corriger un biais du à un certain instrument de mesure par exemple.

      On voit dans les débats genre celui sur le climat que ce sont des points parfois très sensibles et polémiques, certains sont accusés d'avoir biaisé les données en leur appliquant un traitement pour aller dans leur sens en dépit du bon sens.

      Ce serait plutôt mal vu de prendre des données, de les "corriger" et de simplement publier les données corrigées je pense, on demanderait des comptes.

      Enfin si une autre expérience d'une autre équipe remet en cause les résultat de la première, ça ne "corrige" en rien les données brutes de la première.

      Dans tous les cas le "ND" sur le document semble relativement inoffensif. Ca n'aurait pas trop de sens de modifier des données brutes, elles ne sont plus "brute" à partir du moment ou elles sont modifiées.
    • [^] # Re: Tautologie...

      Posté par . Évalué à 3.

      En fait, je pense que le fond du problème est bien là : la libre diffusion des informations scientifiques. Peu importe que les systèmes actuels remplissent, ou pas, le rôle qui leur est accordé, si le principe de base n'est pas accepté.

      En même temps, c'est le but d'un système de publication que de diffuser l'information scientifique (car on a compris qu'une découverte/invention n'existe que parce qu'elle s'appuie sur d'autres découvertes/inventions/idées préalables. La connaissance se nourrit de la connaissance).

      Donc si tu publies, par définition, ce principe de base doit être accepté (même si certaines personnes essayent honteusement, comme partout, de tirer parti du système ou qu'elles n'ont pas pris conscience de ce principe).

      Donc empêcher la libre diffusion des publications (par le fait qu'un chercher doit payer pour publier ou s'abonner à des publications --même si à un moment c'était nécessaire--), va à l'encontre du but initial.

      Et il n'y a donc plus de "fond du problème" :)

      Après, que les organismes et revues de publication s'accrochent à leurs acquis (d'un autre temps), on a déjà vu çà à de nombreuses reprises et même si çà doit être "combattus", ça n'a rien de malhonnête...

      PS : J'ai pas encore lu le texte moi non plus....
  • # Et vite !

    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

    C'est tout simplement scandaleux ce système pseudo-scientifique mondiale !
    À chaque fois que je vois une publication non disponible librement, des données ou logiciels scientifiques conservées jalousement, ou tout simplement le montant annuel des frais d'abonnement et autres licences de mon établissement de recherche, ça me donne la nausée.
    Ce système pourri m'a en partie dégouté d'une carrière de chercheur. J'ai tout de même trouvé un compromis d'ingénieur dans un labo de recherche, mais certaines situations restent pour moi inadmissibles.

    Il faut que ça change, et vite !

    Ha, on me souffle dans l'oreillette que de toutes façons la recherche ne sert à rien, donc pas la peine de s'affoler, d'ici 10 ans, la plupart des équipes seront dépendantes d'acteurs privés …

    Bon vendredi :-)
    • [^] # Re: Et vite !

      Posté par . Évalué à 0.

      Je te conseille de prendre 50 minutes de ton temps pour écouter Raoul Marc Jennar (docteur en sciences politiques) détailler l'AGCS (Accord Général sur le Commerce des services), vers 2006 : http://leweb2zero.tv/video/docmorzy_15458a620d37a41

      Il décrit comment l'OMC (qui a pris en charge la mise en oeuvre de l'AGCS) est une institution totalitaire, au sens de la réunion des trois pouvoir législatifs, exécutif et judiciaires.

      Effectivement, l'objectif est la simple privatisation de tous les secteurs. On pourrait penser que les activités régaliennes sont à l'abri, mais il suffit de considérer l'armée aux Etats-Unis et de constater l'existence de Blackwater (renommé en Xe) : privatisation de l'armée ? Ha bon.

      Tout va bien, jusqu'ici... Enfin... Non.

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