Renault a écrit 7780 commentaires

  • [^] # Re: Pensée systémique.

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+1/-0).

    C'est vrai pour les salaires, pas du tout pour les médicaments ou les machines dont le prix est global.

    Et non.
    Un même produit n'est pas vendu partout au même prix même si le coût de fabrication est identique (cas des produits fabriqués en Asie pour être vendus au reste du monde).

    Et c'est d'autant plus vrai pour les médicaments car il y a également des économies d'échelle possibles selon les capacités de négociation des assurances privées ou de la sécurité sociale publique.

    Exemple assez connu, l'insuline qui coûte 160$ aux USA là bas quand c'est 50€ en France ou Belgique pour le même produit (coût sécurité sociale, je ne parle pas du reste à charge du patient).

    Bref, comparer les prix et prestations entre pays c'est un sujet compliqué.

    il y a le covid au milieu…

    J'ignorais qu'entre 2015 et 2019 il y avait le COVID et depuis 2022 aussi. Le PIB des USA a pourtant progressé sur ces périodes là.

  • [^] # Re: Pensée systémique.

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 3 (+0/-0).

    Cette phrase n'a pas de sens. C'est quoi le vieillissement quand certains meurent à 80 ans et d'autre à 100 ans ? Il n'y a pas de limite physiologique clairement établi.

    Les gains en espérance de vie sont de plus en plus difficiles, le plus gros gain historiquement d'ailleurs se joue sur la mortalité infantile.

    Il y a des gens qui meurent plus ou moins tôt selon différents facteurs, notamment la pollution, les conditions de travail, l'hygiène de vie qui restent très disparates entre les individus. Mais clairement, il y a un maximum difficile à dépasser quand on voit la mortalité à partir de 80 ans.

    Il n'y a pas d'augmentation des inégalités.

    Plusieurs indicateurs assez fiables pour mesurer la question qui montrent le contraire, même après impôt : https://www.inegalites.fr/evol-inegalites-long

    La France reste relativement égalitaire mais la situation se dégrade depuis quelques années à ce sujet.

    Le problème de la santé en France est un sous-financement lié à un trop faible PIB/habitant. Le PIB est aussi corrélé aux impôts qui rentre. La suisse aussi est à 12% de PIB pour sa santé. Sauf que cela fait +50% en euro.

    Cela ne sert à rien de comparer en euro bruts la Suisse et la France pour les dépenses en santé.
    L'essentiel des coûts de santé sont liés à des salaires ou coûts d'équipement locaux comme les bâtiments hospitaliers. Il faut rapporter cela au coût de la vie pour que cela ait un sens, car il ne t'aura pas échappé que la Suisse a un coût de la vie très très élevé ce qui diminue clairement le bénéfice d'un PIB / habitant plus élevé. (puis faut tenir compte des variations du taux de change, la Suisse n'étant pas en euro non plus)

    La France n'a pas un PIB / habitant rapport au pouvoir d'achat qui est mauvais : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_(PPP)_per_capita

    Pure conjecture qui n'a jamais été vu.

    Les USA sont donc en stagnation économique depuis 2015 ? https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SP.DYN.LE00.IN?locations=US

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 3 (+0/-0).

    Bah, t'es gonflé, c'est toi qui as posté ces clichés.

    Le fait que la cuisine pue le soja et que mon quartier est isolé pour permettre la transition ce n'est pas de moi et ça n'a aucun sens.

    Il n'y a aucune raison de changer pour la plupart des gens : les gens achètent un véhicule électrique parce que "c'est moins cher à charger lol" et pas parce qu'ils pensent sauver la planète.

    Donc on en revient au problème initial que je décris : le citoyen ne s'empare pas suffisamment du sujet et donc n'agit pas en connaissance de cause car ce n'est pas assez prioritaire. Et le bilan carbone est un outil qui permet d'aider la prise de conscience par exemple.

    Exactement. C'est ingérable à l'échelle mondiale dans laquelle tu inscris la résolution du problème. On ne fera toujours que déplacer les soucis en grande partie ou ignorer les réelles attentes des gens.

    Ces solutions sont des solutions déployables au niveau mondial et c'est d'ailleurs en cours.

    Prenons l'exemple de la voiture électrique : c'est franchement pourri. On accélère les extractions, dont l'empreinte carbone mondiale, pour que des gens puissent moins polluer tout en gardant les mêmes habitudes. On est en plein paradoxe : les gens polluent plus avant de polluer moins et pollueront peut-être plus parce qu'ils feront plus de kilomètres (part d'imprévisibilité)

    On sait calculer à partir de quand une voiture électrique, d'un point de vue émissions de gaz à effet de serre, est plus efficient qu'une voiture thermique. Si la réponse dépend de la région, le verdict est assez clair aujourd'hui, à part si tu roules vraiment très peu, la voiture électrique est plus intéressante même en tenant compte un effet rebond. Car le bilan de la voiture thermique à l'usage est vraiment délirant.

    Il faut réduire dans le même temps le parc automobile, mais refaire l'urbanisme et des transports en commun efficients dans ce but ça prend du temps aussi, la voiture électrique reste une réponse pertinente pour ceux qui ne pourront pas s'en passer et en attendant la correction du reste.

    D'ailleurs, pour revenir au billet de ploum dont c'est l'objet ici, sans les voitures électriques actuellement en circulation, on aurait du ouvrir des puits supplémentaires pour alimenter toutes ces voitures si elles avaient été thermiques. Si cela était possible physiquement évidemment. La crise actuelle du pétrole aurait été sans doute plus prégnante également.

    Je ne crois pas du tout que ce soit applicable en-dehors de décisions très souveraines d'ailleurs : tu peux te le permettre et tu veux le faire, ton quartier peut se le permettre, à la limite, une petite ville aussi. On pourrait à la limite imaginer un effort national, mais continental ? Mondial ? C'est strictement impossible sur les décennies à venir.

    Et qu'est-ce qui l'en empêche ? Je ne vois toujours pas une explication.

    on peut tout à fait imaginer que des propriétaires auront à payer la moitié de la facture de chauffage de leurs locataires s'ils n'ont pas de PAC (tout en limitant la hausse des loyers) et des développements de muscles bovins (sans naissance d'animaux donc) pour continuer à profiter de la viande, mais même ça, ça manque de granularité et c'est toute la question.

    Des solutions pour enlever le fioul et le gaz du chauffage il y en a par exemple… la législation qui interdit leur installation ou renouvellement à partir d'une certaine date. C'est très efficace et pas besoin de granularité. De la même façon que l'UE va interdire la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2035 (avec maintenant des petites lignes mais le principe reste le même).

    Pour la viande cela passe par une réduction de sa consommation, et je ne vois pas de rapport avec la granularité ou le fait que ce n'est pas applicable.

    Il manque réellement de solutions adaptées à la plupart de l'humanité.

    Si tu entends solutions adaptées par solutions sans changements ni surcoûts, alors oui évidemment ça n'existe pas trop. Mais on a des solutions pour que l'effort soit applicable au niveau mondial et avec un surcoût parfois nul (mais souvent relativement raisonnable tout en restant existant). J'en ai listé, il y en a d'autres, et d'ailleurs ils se déploient progressivement et ils se déploieraient plus vite si c'était la priorité de la population. On en revient au même point.

    De toute façon je ne comprends pas ton propos, on parle de transition énergétique, il y a nécessaire des impacts pour tout le monde dans cette transition. C'est un fait et il faudra y faire face. La question est à propos des leviers à disposition pour faire cette transition. Tu dis qu'il n'y a pas de solutions adaptées (c'est faux), mais tu ne proposes en fait… rien. On fait quoi ?

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+1/-0).

    Rien de nouveau dans ton argumentaire. Tu penses que l’adhésion citoyenne est la limite. Pas moi.

    Permets-tu qu’on soit en désaccord avec ce que tu dis ?

    Je n'ai rien contre qu'on soit en désaccord dans l'absolu, mais je ne comprends toujours pas bien ton scénario alternatif et je n'ai pas totalement l'impression que tu aies vraiment compris ma position.

    Mais si tu veux arrêter là, pas de soucis.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 3 (+0/-0).

    Merci, cependant, de m’avoir obligé à relire son billet. Je n’ai pas vu où il disait « du jour au lendemain », ni où étaient ces menaces qui semblent te faire si peur1.

    Je cite :

    Tout le pétrole, charbon et gaz déjà extrait sera consommé, quoi que vous fassiez. Une fois extrait, le carbone fait littéralement partie du système de la surface. À moins d’arriver à convaincre 100% des humains de ne plus utiliser de pétrole ou de charbon et de laisser intactes les réserves mondiales, ce dont je doute fort, il sera brûlé. Même si le pétrole devenait soudain beaucoup trop cher, il serait revendu à perte (vu que déjà extrait). Et il restera toujours un atout stratégique essentiel des armées, ce qui lui confère une valeur intrinsèque importante (le jet supersonique, le missile balistique et le char d’assaut sont difficilement imaginables en version électrique).

    La seule mesure réaliste et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique est d’arrêter l’extraction de carbone fossile. Point à la ligne. Tout le reste n’est que poudre aux yeux malhonnête ou confondante naïveté.

    […]

    Il n’en reste pas moins que chaque litre de pétrole, chaque kilogramme de charbon extrait contribue au réchauffement climatique. Que les entreprises qui se livrent à cette activité sont criminelles, que leurs cadres devraient être traduits en justice pour tous les morts et toutes les catastrophes climatiques. Bref, pour crime contre l’humanité.

    Les états devraient en prendre la mesure et interdire toute importation de produits issus de l’extraction du carbone fossile.

    C’est la seule solution réelle si nous voulons efficacement ralentir puis stopper le réchauffement climatique. Il n’y a pas de demi-mesures possibles. Et, en plus, c’est techniquement assez simple. Il « suffirait » d’une résolution de l’ONU suivie d’un Nuremberg du climat.

    Je ne pense pas qu'on peut traduire ces paragraphes en autre chose qu'il faut tout arrêter maintenant. On ne parle pas de sortie organisée, de fermeture progressive, d'adaptation de notre monde à la nouvelle donne. On parle d'arrêt de toutes les importations , d'un procès de Nuremberg du climat, que le fait d'extraire le moindre litre de pétrole du sous sol mérite condamnation lors du dit procès (alors que l'alternative serait de les condamner pour le lobbying pour repousser la transition écologique nécessaire).

    Sinon cela n'a pas beaucoup de sens. Mais comme il est convaincu que manifestement le pétrole extrait existe en si gros volume que la baisse de consommation n'a aucun impact sur l'extraction, ceci explique cela aussi.

    Ce avec quoi je suis d’accord, c’est que c’est par l’extraction qu’il faut commencer. C’est la fin urgente de l’extraction qu’il faut, dès aujourd’hui, organiser politiquement, penser, planifier et, si nécessaire, imposer aux intérêts financiers non démocratiques qui s’y engraissent. Le contraire, en somme, d’attendre la baisse de la demande.

    Alors, désolé d'insister mais je ne vois pas la différence entre ce que tu décris et ce que je décris.

    Si tu veux planifier la fermeture des puits progressivement, cela signifie que tu fermes les puits en gros quand l'impact en aval est faible sinon ça n'a pas beaucoup d'intérêt. Donc avant de réduire l'extraction, il faut réduire la consommation jusqu'à un seuil permettant de fermer des puits. Donc finalement on revient au même point : on pilote la consommation.

    Si tu fermes un puits sans adaptation de la consommation auparavant, tu auras des problèmes plus ou moins importants aussi.

    Et comment planifier au mieux la baisse de la consommation que le fait que le citoyen ait conscience de ce sujet, des impacts et adopte des changements nécessaires et vote / met la pression sur les politiques et entreprises en conséquences ?

    Dire, comme tu le fais implicitement, « bouleversements plus tard plutôt que bouleversements maintenant » est un contresens. Chaque dixième de degré concédé est irréversiblement perdu.

    Je pense surtout que le bouleversement maintenant est pire que le bouleversement plus tard, si du moins le bouleversement maintenant est trop abrupt et le bouleversement plus tard est dans les trajectoires recommandées par l'accord de Paris.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 3 (+0/-0).

    À +4°C en France, une partie du pays: le sud, sud-est, est inhabitable parce que c'est un désert saharien (le Sahara d'aujourd'hui, pas celui de dans 20ans qui sera encore plus inhabitable) et une bonne part des côtes en Bretagne, Normandie, Côte d'Opale, est inhabitable en raison des inondations trop fréquentes.
    Le reste du pays enchaîne sécheresses, inondations, tornades, vagues de chaleur…

    Inhabitable inhabitable, ce n'est pas tellement ce qu'on peut lire des projections de type Météo France qui évalue ce scénario par exemple : https://meteofrance.com/changement-climatique/le-climat-futur-en-france-a-quoi-sadapter

    Alors oui ce n'est pas sans impacts, sans dégâts, mais la situation est suffisamment grave pour ne pas tomber dans l'extrême inverse non plus.

    Maintenant, concernant l'abandon du scénario 8.5 par le GIEC:
    Il est basé sur les tendances observables au moment de leur analyse.
    L'essor des IA est en train de bouleverser la consommation énergétique, avec un retour en force des centrales à gaz. Le GIEC se basant sur ce qui est fait plus que sur ce qui est vaguement annoncé, on peut supposer que les projets de construction de centres de données et centrales à gaz associées n'ont pas encore été intégrés. Ce scénario pourrait bien revenir sur la table…

    Le scénario 8.5 du GIEC était basé sur un scénario business as usual dans les années 2000 - 2010. Et malgré le fait qu'on est loin de respecter les accords de Paris, il y a eu une inflexion des projections démographiques et des émissions depuis car à défaut d'être un succès, il y a eu des progrès. Et les évolutions concernant les PAC, énergies renouvelables, voiture électriques, laissent entrevoir de belles possibilités de décarbonation qui n'existaient pas avant à si grande échelle. Et les récentes crises énergétiques poussent beaucoup de pays à se détourner des hydrocarbures, on espère que ça continuera dans cette voie.

    Donc malgré l'IA, revenir au scénario le plus pessimiste sans aucun action de ces années là me semble pas en accord avec l'impact des dits datacenter qui ont la possibilité de ne pas faire respecter la cible des 2°C, mais pas d'aboutir au pire scénario possible.

    Ou alors tu as des sources à ce sujet ?

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+1/-0).

    Un exemple, peut-être : le protocole de Montréal, qui a conduit à éliminer en grande partie l’émission atmosphérique de de chlorofluorocarbures.
    A-t-on attendu, pour agir face aux enjeux et à leur urgence, que les citoyens s’en emparent et décident de modifier leurs équipements, leurs pratiques ? Non, bien sûr. C’est au niveau des états et entre les états que, sous l’impulsion des constats scientifiques, et contre les industriels producteurs, l’action collective a été concertée et organisée. Heureusement.
    Les enjeux et l’urgence d’aujourd’hui sont incommensurablement plus grands.

    Et pourtant il y a selon moi des différences fondamentaux pour montrer que le protocole de Montréal, s'il montre un espoir possible, n'est pas applicable aujourd'hui.

    Le problème de la couche d'ozone était essentiellement technique. Des gaz de réfrigération étaient néfastes, on a trouvé des alternatives moins néfastes, on a décrété une interdiction globale des anciens gaz.

    Les différences avec le réchauffement climatique sont :

    • Le problème n'était pas systémique, seules quelques applications étaient un problème ;
    • Pour le citoyen moyen la différence avant / après est nulle, les usages problématiques pouvaient continuer sans adaptation car on a trouvé une solution purement technique (avec une mise en oeuvre politique) ;
    • L'impact économique était par ailleurs faible, pas besoin d'investissements colossaux, pas d'industries de pays entiers qui dépendent des gaz problématiques, pas des grands producteurs à mettre au ban, etc.

    Bref, le cas parfait où un parlement et des réunions étatiques peuvent gérer le problème sans trop de difficultés avec succès. C'est chouette, mais on sent bien que reproduire le même scénario pour le réchauffement climatique n'a rien d'évident.

    Il doit être possible d’avoir une action politique de planification de moyen terme, de légiférer sur la fiscalité, de réguler les échanges internationaux, de nationaliser, même (soyouns fous), de manière démocratique, c’est à dire en rendant des comptes.
    Ce que tu proposes, c’est de confier au marché (la demande, et la réponse de l’offre) le soin gérer la catastrophe1. Comme si le marché se souciait d’intérêt général : ça ne marchera pas. Une catastrophique perte de temps.

    Tu vois que tu n'as finalement pas compris mon propos finalement.

    Pour que la planification de long terme fonctionne il faut une adhésion citoyenne à minima. Les gens ne vont pas voter pour des candidats qui sont favorables à une telle politique s'ils ne sont pas un minimum d'accord avec. Il faut donc que le citoyen considère que l'enjeu soit important pour exiger une action politique et que ce dernier rende des comptes à ce propos. Sans cela, tu ne l'auras pas.

    D'où le fait que je plaide que cela vienne d'en bas, du citoyen et non de l'État qui l'impose au citoyen (dans le sens majorité suffisante, évidemment). Je ne vois vraiment pas comment tu pourrais faire sans.

    Cela n'a rien à voir avec le marché. Mais pour que le marché soit régulé, faut aussi une adhésion citoyenne minimale. Si tout le monde est convaincu que le marché doit tout réguler comme c'est le cas dans certains pays, la réglementation sera faible ou inexistante. La régulation n'arrive que s'il y a un minima de consensus au sein de la population.

    Et pour cela il faut éduquer le citoyen et l'inciter aussi à agir de son côté. Car c'est également un peu aberrant de prôner une transition écologique drastique urgente quand dans le même temps tu n'actives aucun levier à ta disposition pour ceux qui en ont.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 2 (+0/-1).

    Pardon, au passage, tout de même : ce n’est pas « au cas où », c’est la trajectoire sur laquelle nous sommes. Et +4 °C en France, on ne s’adaptera pas.

    Alors je préfère qu'on définisse clairement de quoi on parle car il y a je trouve souvent une confusion quand on parle de température de réchauffement.

    +4°C en France c'est en gros +3°C mondial (au sens accord de Paris) en 2100. La France peut s'adapter à ce scénario, alors il y aura des conséquences importantes, des morts, des dégâts, des conditions de vie plus difficile, mais pas à priori disparition de l'Humanité non plus. L'objectif est de limiter au maximum les dégâts et c'est normal de s'y préparer.

    Et oui on se prépare à ce scénario qui reste mouvant. Au moment de l'accord de Paris il y a 10 ans, la trajectoire c'était plutôt +4°C au niveau mondial. Cela a été revu à la baisse car le progrès technique et les ajustements démographiques ont permis d'avoir une inflexion de cette trajectoire. Et rien n'empêche que la trajectoire s'améliore encore, peut être pas à 2°C au niveau mondial en 2100 comme espéré, mais chaque dixième de degré compte.

    Le conflit ukrainien et du golfe en cours ont permis aussi de réaliser la fragilité de dépendre des hydrocarbure et de nombreux pays et technologies se sont déployés plus rapidement en conséquence. On peut espérer que ça se poursuivre même si c'est loin d'être suffisant encore, mais c'est mieux que le business as usual jusqu'alors.

    Et même si la population n'est pas encore prête à tous les changements nécessaires, c'est beaucoup plus facile d'en parler (je trouve) qu'il y a 10 ou 20 ans.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 2 (+0/-1).

    Je pense que je comprends ton message (et aussi ce qu’est un problème systémique), mais que nous sommes en désaccord, politiquement, et qu’il ne nous reste plus guère qu’à en prendre acte.

    J'aimerais alors comprendre comment tu envisages une transition écologique qui ne vienne pas de tout ou partie de la base à savoir des citoyens.

    Pour moi ce n'est pas possible, je n'arrive pas à imaginer un tel scénario. Alors que si les citoyens s'emparent du sujet de manière suffisamment importante (pas besoin que tout le monde soit d'accord), le reste peut suivre. Ce n'est pas une garantie de succès, mais ça peut fonctionner. L'autre sens me semble plus difficile et pas réellement souhaitable d'ailleurs car cela impliquerait un régime totalitaire en un sens.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+1/-0).

    Parfois, il suffirait de montrer la solution aussi. Mais la réalité, c'est qu'il n'y en a pas beaucoup.

    On a justement quasiment tout ce qu'il faut pour décarboner nos sociétés.

    Il y a des renoncements à faire, ça c'est inévitable et il n'y a pas de solution miracle autre que "faut changer d'habitude / renoncer à des choses". Mais niveau transport, agriculture, chauffage, production électrique on a des technologies matures pour répondre à ces enjeux. Il y a 10 ou 20 ans ce n'était pas le cas.

    Pour l'industrie lourde ou certaines activités c'est encore compliqué mais ça progresse aussi.

    L'adhésion des citoyens ne viendra pas car ce type de solution est imprévisible et s'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

    Quelle solution est imprévisible ? La PAC pour le chauffage ? Isoler les logements ? La voiture électrique + bus + train + vélo + marche ? Diminuer la quantité de viande ? La production d'électricité bas carbone ?

    C'est au contraire très prévisible. Le principal obstacle est d'en faire une priorité et d'allouer les financements vers ces solutions pour notamment permettre aux plus pauvres d'y avoir accès aussi.

    On n'a pas trouvé de solution au problème du passager clandestin et il est normal de déplacer la responsabilité ailleurs parce qu'il n'y en a probablement pas. On a compris que la coopération serait une nouvelle guerre.

    Donc on ne fait rien, super. o/

    On ne peut pas espérer que les autres changeront si nous on n'amorce pas le processus de notre côté. Et comme dans tous les cas il faut changer, autant commencer par nous même plutôt que d'attendre. Surtout que l'Europe a une responsabilité historique sur la question, ce serait hypocrite de ne pas s'engager avant le reste du monde.

    D'autant plus dans le cadre européen, les énergies fossiles sont aussi une fragilité économique pour nous car on en dépend. Décarboner notre économie a aussi un atout en terme de résilience que le statu quo. Cet argument est sans doute moins valable pour les USA, la Russie ou les états pétroliers. Mais on a en tout cas tout intérêt à nous y mettre.

    Il reste ta cuisine moche qui sent le soja pendant que tes panneaux solaires chargent ta voiture électrique (qui reste une merguez polluante), et ta relative autonomie dépend probablement d'un quartier qui a probablement déjà dû s'isoler du reste de la France pour que tu puisses appliquer ce choix de résidence, de déplacement et d'alimentation.

    Bah voyons… Tu as d'autres clichés comme ça en stock ?

    Et franchement ? Ce n'est pas une solution.

    Ah c'est sûr que si on ne veut absolument rien changer, aucune solution ne résoudra le problème.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 6 (+3/-0).

    +2 °C à la fin du siècle, ce n’est plus réaliste (même les actionnaires de TotalEnergies n’y croient pas, et depuis au moins dix ans, confer supra) ;

    C'est ambitieux mais encore faisable techniquement.

    Le point de vue des grands groupes pétroliers ne me semblent pas pertinent étant donnés qu'ils ne sont pas dans une démarche compatibles avec les accords de Paris, et je pense que le gouvernement français a bien raison de se préparer à une hausse plus importante au cas où pour éviter d'avoir une adaptation qui soit inadéquate car la décarbonation mondiale a trop traîné.

    Bref : rien de « doux » là-dedans. Une trajectoire « telle que préconisée », c’est une violence extrême et aveugle qui s’exerce aujourd’hui même, ici et ailleurs.

    Et pourtant malgré les conséquences actuelles et à venir du réchauffement climatique, cela n'est probablement rien comparé à si on décidait du jour au lendemain de stopper toute extraction d'énergie fossile. Car nos sociétés en dépendent, dont l'agriculture, se chauffer / refroidir, se soigner et la logistiques qui permettent à tout le monde de se maintenir en vie. Tu ne peux pas reconfigurer tout ça en quelques mois ou années.

    Ce n'est pas pour rien que tous les scénarios de transitions se basent sur des trajectoires en décennies. Malgré le fait que cela implique une hausse des températures plus élevées.

    Tout faire porter par « les citoyens » c’est, précisément, la recette de l’échec en cours. Continuons de pisser sous la douche, ou dans un violon, au choix.

    Je pense que tu ne comprends pas mon message, vraiment.

    Le citoyen n'est pas l'unique responsable et acteur. Mais on est face à un problème systémique, par définition tout le monde est concerné en étant acteur du réchauffement et des impacts qui en découleront. Les citoyens, les entreprises, les États, etc.

    Je ne crois pas que le changement peut venir uniquement d'en haut sans une adhésion des citoyens d'une façon ou d'une autre. Car déjà une partie de la solution repose sur des changements d'habitude qui viendront des citoyens, et de l'autre pour que les politiques et entreprises amorcent les changements nécessaires il est nécessaire d'une adhésion suffisamment forte de la population. Si la population n'y croit pas ou considère que c'est un sujet secondaire, tu peux mettre les politiques tu veux en place ça ne passera pas. Et surtout aucune politique ambitieuse ne sera proposée par ailleurs. Il est nécessaire que la population adhère à la thèse du changement climatique, mais aussi à la mise en place des mesures fortes.

    Et cela n'a rien à voir avec la question des petits gestes tels que le pipi sous la douche dont l'effet est dérisoire face à l'enjeu même si ça reste du bon sens. Mais bon si la population est convaincue que seuls les ultra riches sont responsables du problème, que la priorité d'une rénovation dans la maison c'est de refaire la cuisine pour être standing tout en ayant un chauffage au fioul et une isolation désastreuse, que voyager à l'autre bout du monde en avion régulièrement c'est chouette, que d'utiliser quotidiennement une voiture thermique ce n'est pas un problème, que de manger de la viande de boeuf tous les jours ça n'a pas d'impact, tu ne résoudras pas le problème. Et personne ne voudra couper les puits de pétrole tant que la population n'aura pas conscience que c'est un problème.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 4 (+1/-0).

    Chaque gramme de carbone extrait aujourd’hui de la croûte terrestre restera sous forme de dioxyde dans l’atmosphère pendant des centaines d’années. Il y a une réelle incapacité, dans beaucoup de discours ambiants, à saisir la dynamique réelle, patente, des changements en cours : nous n’avons plus, parmi les options possibles, celle de changer « doucement » de modèle.

    Je pense que c'est une question de point de vue derrière ces mots. Ici je m'oppose au discours de ploum qui parle d'un changement réellement abrupt, bien plus sévère qu'une crise type COVID en fait. Donc à côté une transition telles que préconisées pour une trajectoire 2°C d'ici la fin du siècle paraît "douce" même si dans le fond ce n'est pas non plus si doux que ça.

    Ça reste bien plus doux d'investir pour se passer progressivement du carbone et faire des projets sur 20-25 ans que de tout stopper sur une fenêtre bien plus courte en tapant uniquement sur la production.

    Parmi celles-ci, tu persistes à en passer une sous silence : le fait que des forces puissantes et extrêmement concentrées aient un colossal intérêt à ce que rien ne change, parce qu’elles s’enrichissent s’empiffrent aujourd’hui massivement sur la catastrophe à venir en cours, qu’elles sont, comme le disait en 2017 Bruno Latour, parfaitement convaincues qu’il n’y aura pas de futur pour tout le monde1, et qu’elles ont la bride sur le cou.

    Je ne nie pas ça non plus, mais une fois qu'on a dit ça, on fait quoi ? C'est ça la vraie question.
    Oui il y a du lobbying économique et politique autour du pétrole, quoiqu'on fasse il y en aura, ça ne disparaîtra pas par magie. La question est donc comment faire en sorte de décarboner nos sociétés malgré cela. Et à mesure qu'on décarbone par ailleurs, le lobbying pétrolier aura moins de force et ces entreprises devront se reconvertir ou disparaitront.

    On a beau tourner et retourner la question,sensibiliser le citoyen sur cet enjeu est une clé fondamentale :

    • Le citoyen européen moyen émet trop directement et indirectement, donc des changements dans sa vie sont à attendre et il doit souhaiter que la société suive ;
    • Les sociétés européennes sont globalement démocratiques (imparfaits mais tout de même), si les citoyens ignorent la question et les enjeux, les politiques ne changeront rien, les entreprises ne changeront rien, et rien ne changera ;
    • La France et l'UE montrent qu'en changeant côté consommation il y a moins d'importations sans introduire une interdiction soudaine de celles-ci.

    On est face à un problème systémique, la réponse sera systémique et impactera de fait tout le monde. Et donc commencer par agir sur ce qu'on a sous notre contrôle est une première étape et une étape essentielle. On ne peut pas espérer un changement spontanée du reste de la société si les citoyens n'en font pas une de leurs priorités.

  • [^] # Re: Point de vue

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Ce journal ne parlera pas d'Eclipse IDE. Évalué à 7 (+4/-0).

    Il y a le site https://2026eclipse.eu/ où on peut simuler l'éclipse à partir d'un endroit en particulier, il tient compte du relief et des bâtiments de la zone à partir des données d'OSM.

  • [^] # Re: Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 5 (+2/-0).

    Nier que l’investissement crée ou, au moins, entretient activement la demande relève de la cécité.

    Je ne le nie pas si tu lis mon propos, je dis bien que la demande et l'offre sont imbriqués (et c'est valable pour d'autres domaines, pas que le pétrole).

    Mais là la solution présentée c'est d'arrêter d'extraire tout, tout de suite, de bloquer immédiatement les importations, niant au passage les nombreux services que le pétrole, gaz et charbon rendent que ce soit pour par exemple la fabrication d'objets essentiels, la fabrication de médicament, répondre au besoin de logistique, à faire pousser de la nourriture, à se chauffer, à produire de l'électricité, etc.

    On ne brûle pas du pétrole par plaisir de polluer, on le fait pour de nombreuses raisons. Si certaines sont faciles à éliminer ou à s'en passer, d'autres c'est plus délicat, c'est ce qui rend ce processus si long et difficile. Ce n'est pas pour rien qu'aucun organisme sérieux n'envisage un arrêt total de la production d'énergie fossile à très brève échéance.

    L'UE et la France même s'ils ont une industrie pétrolière, sont des pays ou entités qui dépendent massivement des importations, on n'a aucun bénéfice à maintenir une dépendance envers cette industrie contrairement à des états pétroliers que ce soit la Russie, les USA ou les pays du golfe. Et comme on produit peu localement, on peut agir sur la consommation pour doucement réduire les importations ce qui se fait plutôt que de tout stopper brutalement.

    Mais là encore on voit que ce n'est pas simple. La transition demande de changer beaucoup de choses dans nos habitudes, d'investir aussi beaucoup d'argent pour rendre un service similaire, etc. Or beaucoup n'en veulent pas, notamment car ils ne perçoivent pas forcément le bénéfice à base d'arguments souvent douteux. Mais si le citoyen n'est pas convaincu de l'utilité de changer la demande (dont via un bilan carbone par exemple), comment il va pouvoir impulser des changements dans son travail, son entourage ou la société ? Un citoyen climato sceptique ou qui doute à ce sujet ne votera pas pour des politiques ayant une politique de transition ambitieuse, il ne voudra pas forcément que sa boîte change ses pratiques pour émettre moins, etc. et le problème perdure.

    On le voit régulièrement que beaucoup de personnes tapent sur l'UE ou le gouvernement au sujet des politiques environnementales, comme l'interdiction des véhicules thermiques en 2035 qui a fait grand bruit alors que c'est pourtant largement nécessaire.

  • # Je ne suis pas vraiment d'accord

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien L’arnaque du bilan carbone. Évalué à 10 (+17/-1).

    Il y a quand même pas mal de choses dans le texte qui ne me semblent pas bon.

    J’espère que cette explication cloue aussi définitivement le bec aux idées absurdes comme le fait que les cyclistes contribuent également au réchauffement climatique en respirant et en mangeant des côtelettes. Que vous mangiez un steak ou une salade de pois chiche, tout le carbone que vous consommez était encore dans l’atmosphère il y a quelques jours. Vous n’ajoutez aucun atome au système de la surface. Par contre, allumez la flamme d’un briquet et vous êtes littéralement en train d’envoyer dans l’atmosphère du carbone qui n’y était plus depuis des milliards d’années.

    Sachant qu'une bonne part de l'agriculture dépend d'engrais qui proviennent notamment de gaz naturel fossile, c'est faux. Le fait aussi que l'agriculture a un impact sur l'affectation du sol et que certaines pratiques remettent du carbone du sol vers l'atmosphère enfonce le clou. C'est pourquoi réduire la consommation de viande a un impact sur les émissions : produire de la viande demande beaucoup de surface agricole et d'engrais pour nourrir les bêtes.

    Alors bien sûr dans le contexte d'opposition cycliste / automobiliste la question de la bouffe du cycliste n'a pas vraiment d'importance, mais dire que le carbone de l'agriculture était dans l'atmosphère il y a quelques jours est juste faux.

    Intuitivement, vous vous dites qu’il suffit de ne pas utiliser de briquet et de passer à une énergie dite « renouvelable », des joules propres produits sans carbone fossile. Qu’il faudrait consommer « intelligemment » pour savoir combien de grammes de CO² ont été produits pour tel ou tel objet.

    Mais c’est à la fois très compliqué à calculer et complètement inutile.

    Compliqué à calculer, c'est vrai, même si on peut avoir des ordres de grandeur raisonnables. Dire que c'est inutile par contre c'est absurde, c'est par exemple cette évaluation qui permet de définir à partir de quand par exemple utiliser une voiture électrique émet moins sur son cycle de vie qu'une voiture thermique. De visualiser aussi l'impact de sa consommation, si tu achètes un produit ou un service qui se chiffre en tonnes équivalent CO2, on sent bien que l'impact sera important et qu'il faut réfléchir à son usage ou non.

    Tout le pétrole, charbon et gaz déjà extrait sera consommé, quoi que vous fassiez. Une fois extrait, le carbone fait littéralement partie du système de la surface. À moins d’arriver à convaincre 100% des humains de ne plus utiliser de pétrole ou de charbon et de laisser intactes les réserves mondiales, ce dont je doute fort, il sera brûlé. Même si le pétrole devenait soudain beaucoup trop cher, il serait revendu à perte (vu que déjà extrait). Et il restera toujours un atout stratégique essentiel des armées, ce qui lui confère une valeur intrinsèque importante (le jet supersonique, le missile balistique et le char d’assaut sont difficilement imaginables en version électrique)

    Je ne comprends pas l'argument, le stock mondial de fossile extrait est relativement faible, de l'ordre de quelques mois. Si 50% de l'Humanité réduit significativement sa consommation de produits qui en dépendent, l'impact sera visible très très rapidement. Et de fait aussi l'extraction future se réduira car ça ne sert à rien d'extraire si on n'arrive pas à l'écouler.

    La seule mesure réaliste et efficace pour lutter contre le réchauffement climatique est d’arrêter l’extraction de carbone fossile. Point à la ligne. Tout le reste n’est que poudre aux yeux malhonnête ou confondante naïveté.

    Et pour arrêter l'extraction, on peut s'attaquer à la consommation finale. Ce qui est d'ailleurs visible dans les sociétés qui se décarbonent : ils en importent moins.

    Entendons-nous bien : toutes les mesures « écologiques » sont généralement positives et procurent bien des avantages (moins de particules fines, moins de pollution dans les océans ou les sols …). Je les encourage fortement. Mais, quand on parle du réchauffement climatique, elles nous distraient de l’essentiel.

    Personnellement, je ne pense pas. Car déjà la décarbonation sera un processus forcément long, il faut rénover des bâtiments, changer le système de chauffage, la mobilité, l'urbanisme, la manière de manger, certains produits et services devront probablement disparaître. Et ce à l'échelle de l'Humanité. On ne peut pas décréter de tout stopper d'un coup sans réfléchir à comment s'en passer d'abord et l'impact que cela aura sur la population.

    C'est un peu aberrant de voir la question de la décarbonation uniquement sous le prisme de la production des hydrocarbures sans considérer la question de leur usage final. Les deux sont imbriqués, et il est plus facile de réduire la consommation pour ensuite fermer progressivement les puits ou mines que de faire l'inverse.

    Prétendre que planter des arbres contrebalance l’extraction fossile est une escroquerie pure et simple, car, en pourrissant ou en brûlant, le carbone de l’arbre va bientôt revenir dans l’atmosphère

    Ce n'est pas une solution miracle, mais stocker le carbone dans des arbres qui sont ensuite utilisés dans des objets ou des constructions qui durent des décennies ça a du sens. Bien plus que de ne pas en planter et de produire du béton et du plastique pour rendre le même service.

    Il faut critiquer le solutionnisme à base de compensation carbone et de plantation des arbres, mais dire que planter des arbres ça ne sert absolument à rien ne semble pas correct non plus.

    C’est également la raison pour laquelle les tentatives d’extraction industrielles du carbone de l’atmosphère sont vouées à l’échec. Il faudrait non seulement extraire plus de carbone qu’on en produit, mais aussi arriver à le fossiliser, à faire en sorte que celui-ci ne puisse plus jamais revenir dans l’atmosphère.

    Ce qui est possible. La principale difficulté d'extraire le carbone de l'atmosphère n'est à priori pas le stockage sur le temps long, c'est que le CO2 est très diffus et demande beaucoup d'énergie ou de technologie pour être isolé de par sa nature chimique et la composition de l'air. D'où le fait que les projets se focalisent d'ailleurs pour essayer de récupérer ce CO2 en sortie de cheminée des usines émitrices où c'est plus concentré. Mais ça ne permet que de limiter les émissions futures et non réduire la quantité actuelle de l'atmosphère.

    Il semble clair que ce n'est pas une technologie miracle mais ça peut avoir son intérêt dans quelques cas.

    Il n’en reste pas moins que chaque litre de pétrole, chaque kilogramme de charbon extrait contribue au réchauffement climatique. Que les entreprises qui se livrent à cette activité sont criminelles, que leurs cadres devraient être traduits en justice pour tous les morts et toutes les catastrophes climatiques. Bref, pour crime contre l’humanité.
    Les états devraient en prendre la mesure et interdire toute importation de produits issus de l’extraction du carbone fossile.
    C’est la seule solution réelle si nous voulons efficacement ralentir puis stopper le réchauffement climatique. Il n’y a pas de demi-mesures possibles. Et, en plus, c’est techniquement assez simple. Il « suffirait » d’une résolution de l’ONU suivie d’un Nuremberg du climat.

    Je n'ai aucune sympathie pour les entreprises pétrolières, ni les États pétroliers par ailleurs. Et je pense qu'il y aurait de quoi utiliser la justice à leur encontre car ils ne font pas des efforts suffisant sur ces questions, au contraire ils ont saboté plutôt les possibilités d'améliorer la situation. Je pense qu'il faut les condamner sur cette base, car ils savaient ce qu'ils faisaient.

    Mais condamner pour une extraction actuelle du pétrole, et dire qu'il faudrait ne plus extraire dès demain le moindre litre de pétrole est absurde. Décarboner est un processus long, et on dépend du pétrole / gaz / charbon pour tellement de choses qu'un arrêt brutal tel qu'il le souhaite serait probablement bien plus mortifère que les solutions de transition élaborées entre autre par le GIEC et autres organismes.

  • [^] # Re: pif.gov.sa

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Rachat d'Electronic Arts finalisé. Évalué à 3 (+0/-0).

    Et c'est en soi normal, quand on discute de lectures avec des personnes on peut souvent se poser la question aussi. Ce n'est pas propre avec le projet d'en faire un film.

    Un livre a souvent énormément d'éléments, qui nous touchent pas tous de la même manière (parfois même, pas du tout quand ça va résonner pour d'autres), on accorde pas la même importance aux personnages, au scénario, à l'environnement ou au message, etc.

    Quand tu fais une adaptation, forcément il y a des partis pris. Le média étant différent, tu ne peux reproduire à l'identique, il y a forcément des choix à faire et des compromis à trouver. Ensuite le réalisateur voudra sans doute mettre l'accent sur un élément plutôt que d'autres ce qui va plaire à certains et déplaire à d'autres.

    On peut le constater aisément quand une oeuvre est reprise à l'identique. Dans la musique, classique ou non, une même partition et de mêmes paroles peuvent avoir un rendu et un style radicalement différent même si c'est à la base la même chose. De même au théâtre où les mêmes dialogues avec les mêmes personnages peuvent donner une autre vision du texte avec une mise en scène, des acteurs et un rythme un peu différent.

    Si l'ouvrage n'est plus très jeune se pose la question de l'adapter avec notre culture et point de vue actuel aussi. Ce n'est pas idiot de revisiter une oeuvre classique même si ça change pas mal d'éléments pour le permettre. Des choix peuvent aussi s'opérer pour des questions de format, commerciales ou techniques. Ou parfois, un peu à la fan fiction, avoir l'oeuvre qu'on aurait aimé avoir dès le début.

    Personnellement cela ne me pose pas de problèmes, je ne pense pas qu'une oeuvre soit un sacré absolu indépassable. Il y a des tas de manières de voir une oeuvre et je dirais même que de voire des variations autour d'une oeuvre permet de l'enrichir, les gens peuvent le regarder autrement, relire le livre avec un point de vue différent qui n'est pas forcément mieux ou moins bien que celui qu'on avait à la base.

  • [^] # Re: Chapo !

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien Énergies - À cause de l'assèchement du Danube, la Hongrie contrainte de mettre à l’arrêt son unique centrale nucléaire (qui fournit 40% de l'électricité). Évalué à 6 (+4/-1).

    Ce n'est pas absurde en soi d'utiliser une pompe à chaleur pour retirer de l'énergie de l'eau afin que la chaleur finisse dans l'air sans pour autant faire évaporer l'eau.

  • [^] # Re: C'est quoi le problème svp ?

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Le Droit d'Instruire, par l'incroyable N. B.. Évalué à 4 (+1/-0).

    Mais l'IEF c'est justement décharger la collectivité de cette obligation d'instruire.

    Ce n'est pas l'objectif de la mesure.
    Et pas sûr que le suivi de ces enfants ne soit pas justement plus complexe et plus cher que de les inclure dans les établissements scolaires.

    => cela répond à un vrai besoin (forains, artistes itinérants, gens du voyage, bateliers, tourdumondistes, pas forcément des Crésus, mais qui vivent selon leurs choix)
    => et sans doute des milliers d'enfants en situation de handicap qu'il faudra désormais prendre en charge alors que c'est déjà pas terrible.

    Cela tombe bien cela fait parti des populations qui y ont le droit pour cette raison et cela me semble tout à fait légitime de leur permettre cela.

  • [^] # Re: Saine réaction non schizophrénique

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien J'ai installé des ventilateurs de plafond. Évalué à 4 (+1/-0).

    Tout comme il y a des locaux commerciaux ou des habitations surchauffés en permanence en hiver (sisi, chauffer à 24°C h24 ça existe), ce n'est pas pour autant qu'on doit supprimer le chauffage ou ne pas sensibiliser pour baisser la température de consigne.

  • [^] # Re: Saine réaction non schizophrénique

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien J'ai installé des ventilateurs de plafond. Évalué à 5 (+2/-0).

    Des techniques antiques comme les puits provençaux, ou la badguir,

    Des solutions qui sont bien plus chers, longs et complexes à intégrer que la climatisation pour beaucoup de logements. Cela ne sera donc probablement pas suffisant.

    On oublie aussi un détail, la pompe à chaleur est de toute façon l'option privilégiée aussi pour le chauffage et dans la plupart des cas ce sera une installation air-air qui sera installée dans ce but… de fait ces habitants auront la clim.

    Le fait d'avoir la clim pour supporter ces fortes chaleurs ne signifie pas qu'on doit s'en servir h24, configurée à 21°C tout l'été, ni qu'il ne faut pas aussi envisager d'autres solutions d'adaptations et de réduction des émissions par ailleurs.

  • [^] # Re: C'est quoi le problème svp ?

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Le Droit d'Instruire, par l'incroyable N. B.. Évalué à 9 (+6/-0).

    Tu omets volontairement un paragraphe important dans la décision qui change tout :

    Il résulte de l'instruction que, par un jugement du 17 août 2023 devenu définitif, le juge aux affaires familiales a ordonné que l'autorité parentale était exercée en commun par les deux parents, M. E et Mme F. Contrairement à ce que soutient la requérante, le choix du mode de scolarisation de l'enfant entre dans la catégorie des actes importants en matière d'éducation devant être pris après concertation des deux parents et aucune des circonstances invoquées ne justifie qu'une telle décision soit prise sans l'accord de M. E, titulaire de l'autorité parentale.

    Donc l'argumentaire de la mère n'est pas correcte pour justifier de décider de cela sans le père. Ce n'est pas un détail et c'est ce qui rend tout le reste invalide.

  • [^] # Re: Saine réaction non schizophrénique

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien J'ai installé des ventilateurs de plafond. Évalué à 7 (+4/-0).

    Non monsieur, également dans toutes les villes environnantes ». Est-ce qu'il y a autant de situations critiques que ça pour justifier une telle ruée

    Plusieurs canicules la même année au dessus de 40°C pendant plusieurs jours de suite (donc la température de n'importe quel bâtiment devient excessivement chaud malgré l'isolation de certains) et la surmortalité de ces dernières semaines semblent bien indiquer que oui, le ventilateur n'est plus suffisant pour de nombreuses personnes et dans de nombreuses localités.

  • [^] # Re: Je suis pas designer, mais...

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien Donner votre avis sur le graphisme des prochains billets euro. Évalué à 6 (+3/-0).

    J'aime bien globalement les visuels et l'aspect vertical est sympathique.

    Cependant mettre des personnalités me semble risqué, si globalement les choix effectués sont relativement consensuels à date, ça pose toujours des soucis de représentativités (genre, couleur de peau, activités, nationalités) et on n'est pas à l'abri d'une remise en cause future des personnalités sélectionnées pour diverses raisons. Et comme changer de billets c'est complexe, c'est plus simple d'éviter d'aller sur ce terrain là.

    Le choix de la nature pose moins de soucis.

  • [^] # Re: Dictionnaire, mon bon dictionnaire

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien La théorie de l’évolution est mal comprise : est‑ce un problème de langue, de vocabulaire ou de psychologie ?. Évalué à 7 (+4/-0).

    Cela n'est nullement lié au vocabulaire employé, mais au fait que le bagage scientifique pour comprendre (je dis pas lire), n'est pas communément acquis.

    Je pense que si le vocabulaire impacte aussi la compréhension fine de ces sujets, dont celui-ci.
    Les exemples mis en avant le montrent, et personnellement j'ai pu le constater.

    Après évidemment si tu as le bagage scientifique nécessaire pour comprendre le sujet le risque de confusion devient très faible malgré tout. Mais justement, l'article cible les personnes qui n'ont pas ce bagage et qui n'ont entendu parlé de la théorie de l'évolution que via les médias généralistes ou des articles de vulgarisations très sommaires ce qui représente probablement la majeure partie de la population (à mon époque la théorie de l'évolution c'était en 1ère SVT).

  • [^] # Re: Dictionnaire, mon bon dictionnaire

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au lien La théorie de l’évolution est mal comprise : est‑ce un problème de langue, de vocabulaire ou de psychologie ?. Évalué à 10 (+7/-0).

    Je pense que tu n'as pas compris le but de l'article.

    Le but de l'article c'est de montrer que le vocabulaire scientifique qui utilise des termes courants et polysémiques est clair pour les scientifiques du domaine mais pour ceux en dehors cela peut induire des confusions sur la compréhension du sujet.

    Et cela se vérifie nettement en pratique, la théorie de l'évolution par exemple reste relativement mal comprise par l'ensemble de la population.