Rencontre Logiciels Libres, présentation sur la dactylographie à Toulouse

Posté par (page perso) . Modéré par Amaury.
Tags :
0
5
fév.
2007
Lug
Ce mercredi 7 février, l'association Toulibre organise sa rencontre bi-mensuelle au Centre Culturel Bellegarde, 17, rue Bellegarde à Toulouse, à deux pas de Jeanne d'Arc.

Permanence Logiciels Libres

Comme à chaque rencontre, de 19h à 22h, nous accueillons toutes les personnes ayant des questions au sujet des Logiciels Libres ou souhaitant avoir de l'aide pour les installer ou les configurer sur leur ordinateur. Vous êtes donc invités, si vous le souhaitez, à venir à votre ordinateur.

Dans l'idéal, si vous venez avec votre ordinateur, essayez de nous prévenir par courrier électronique à contact @ toulibre.org en décrivant vos besoins ou votre problème, de manière à ce que amenions les Logiciels Libres nécessaires voire à ce que nous fassions quelques recherches préalables pour mieux vous répondre.

Présentation « Dactylographie »

À 20h, une présentation aura lieu sur le thème de la dactylographie ergonomique, proposée par Martine Pineau, formatrice en dactylographie. Résumé de la présentation: «Qu'est-ce qu'un clavier ? Frapper, taper : pourquoi un tel déferlement de violence sur cet objet ? Et si on parlait d'ergonomie à propos du clavier ? Quels gestes, quelles postures induisent les différents paramétrages possibles (azerty, dvorak, autres), mais aussi les différentes formes matérielles. Pourquoi et comment apprendre à écrire au clavier ? Au fait, comment vont vos cervicales, vos poignets, vos yeux ? ».

Aller plus loin

  • # Le bon ordre sur le clavier.

    Posté par . Évalué à 1.

    azerty, dvorak, autres

    Il faudrait quand même songer à arréter avec le poids du passé et de ses contraintes techniques disparues. Le clavier devrait passer dans l'ordre alphabétique, il n'y a que des avantages à ça:

    - l'ordre alphabétique est le même dans toutes les langues qui partagent le même alphabet.
    - apprentissage facilité pour les enfants.
    - beaucoup plus logique.

    L'azerty, c'est bien gentil, mais c'est du à des contraintes techniques sur des machines à écrire qui n'existent plus que dans la chanson de Gainsbourg. Il est temps de le jeter. Le cerveau cherche les lettres dans l'ordre alphabétique,
    • [^] # Re: Le bon ordre sur le clavier.

      Posté par . Évalué à 1.

      La présentation a eu lieu hier soir, et c'était très intéressant. Beacoup de mythes et de désinformation sur ce que l'on entend dire sur la dacyographie et les claviers ont notamment été corrigés. Mais cela me permet de répontre à ta proposition de clavier alphabétique:

      Ton point de vue est apparemment à l'opposé (!!!!!) de toutes les recherches réalisées dans le domaine pour:
      * soulager la surcharge mentale (il a été démontré que si les touches étaient dans l'ordre alphabétique, l'individu est beaucoup plus concentré sur le clavier et l'ordre des touches - il "récite" en permanence l'alphabet dans sa tête)
      * soulager les traumas doigts, main, épaules, nuque, yeux (la disposition alphébétique est catastrophique de ce point de vue là, l'azerty très très mauvais)
      * regrouper les 10 lettres les plus utilisées (qui permettent d'écrire 55% de la Fable de La Fontaine Le Corbeau et le Renard, sans bouger la main ou le poignet, alors qu'un clavier azerty ne permet d'en écrire, au plus 20%) sous les 10 doigts des deux mains
      * favoriser l'équilibre de charge 'main droite'-'main gauche'

      Bon bref, je souhaite pas troller mais le choix de l'ordre alphabétique est peut-être le pire qui puisse être fait, au goût des spécialistes de la dactylographie et des ergonomes

      Ensuite, nous avons eu un comparatif intéressant azerty/dvorak-fr-e et là je dois dire que j'ai été très séduit par le dvorak, éprouvant moi-même pas mal des symptômes du au clavier azerty

      bref, je vais sans doute essayer ça prochainement, pour soulager mes pauvres mains... :) merci Toulibre pour avoir organisé une présentation atypique dans le domaine du logiciel libre... mais diablement intéressante.
      • [^] # Re: Le bon ordre sur le clavier.

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        L'un de mes amis a été adepte du Dvorak pendant plusieurs années et il n'a pas cessé de m'en vanter les mérites (notamment en terme de rapidité de frappe).

        L'année dernière, il a du rebasculer sur un clavier azerty pour des raisons professionnelles et il a vécu cela comme une régression.

        De mon côté, ayant suivi des cours de dactylo dans ma jeunesse, je confirme qu'un clavier dont les touches seraient ordonnées alphabétiquement serait une hérésie douloureuse.
    • [^] # Re: Le bon ordre sur le clavier.

      Posté par . Évalué à 1.

      -> les dactylos, aka ceux ayant besoin de taper des textes dans leurs langue maternelles qu' est le français... quelqu' un pourrait (m) expliquer quel type de clavier utilises les sténo des tribunaux ? ça tapes vite là ;)
      • [^] # Re: Le bon ordre sur le clavier.

        Posté par . Évalué à 3.

        L'outil d'écriture utilisé pour collecter la parole dans des lieux comme les tribunaux et autres assemblées dépend de la fonction de la parole, et de destination des écrits qui en résulteront.

        a) collecte intégrale de la parole dite,
        mais aussi des silences, des toussotements... et des productions verbales diverses, ce qui suppose une prise à une vitesse moyenne comprise entre 100 à 140 mots par minute, selon l'orateur, avec des pointes vers les 190 mots par minute, pour suivre et même anticiper la vitesse de la parole (c'est sportif !) : dans ce cas on utilise soit la sténo classique avec papier-crayon, avec des sténographes se relayant de quart d'heure et quart d'heure car pour chaque quart d'heure de prise, il faut compter une heure et demi de transcription. Les signes utilisés dans ce cas ne sont plus de signes alphabétiques mais des signes géométriques, chaque signe représentant non plus une lettre, mais un son, voire un groupe de sons.
        On utilise aussi de plus en plus la sténotypie, donc un système de sténographie sur clavier - le système le plus utilisé en France est le Grandjean : il comprend beaucoup moins de touches qu'un clavier classique, le principe de collecte du son est un peu le même que pour la sténo. La machine retranscrit en clair la parole collectée, mais la mise au net définitive nécessite une relecture attentive pour corriger les erreurs d'interprétation de la machine (encore assez fréquente en cas d'homophonie). Le sténotypiste a toutefois la possibilité de paramétrer la reconnaissance du vocabulaire selon le contexte de la prise.
        Ces deux systèmes nécessitent un apprentissage très long, de plusieurs centaines d'heures, et sont des métiers à part entière.

        b) pour une prise complète du propos, mais non pas des termes du propos, un dactylographe bien entrainé (gestuelle à dix doigts impérative), maitrisant bien son domaine d'intervention (juridique, spécialité industrielle ou autre,...) y arrive, à condition d'écrire autour de la vitesse de croisière de 60 mots par minute (vitesse pour le français). Il est de plus nécessaire de bien maitriser les différentes techniques de prise de note et de rédaction de compte-rendu. Les greffiers de tribunaux sont, il est vrai, assez spectaculaires, et très efficaces, bien qu'ils utilisent encore azerty.

        Voilà un bref tableau qui je l'espère répondra en partie à votre question.
  • # abcdef ?

    Posté par . Évalué à 3.

    Ne suis ni un un spécialiste en clavier, ni en ergonomie. De plus je ne connais pas Dvorak (zut, avec R ça fait 2 conf' toulibre que je rate à cause des potes) Donc ce message peut ressembler à un troll, puisque je n' y connais rien et que j' en parle quant même...

    Un clavier alphabétique est me semble t il une erreur évidente en terme d' ergonomie, en français du moins. Le mieux est d' essayer par toi même, rien de plus simple sous linux, reste à faire les autocollants :)

    Les claviers sont me semble t il correctement adapté à nos besoins en terme de répétitions de touches, des besoins de lettres, selon la langue. C' est certainement perfectible, certes, mais cela fait tellement longtemps que cela existe, du moins tellement longtemps qu' on les utilise, que les habitudes ont peut être finies par prendre le pas sur la raison ? En tout cas, personnellement et seulement pour les lettres (une habitude à prendre pour les | $et autre . ) je me sens tout aussi à l' aise avec un clavier allemand qu' avec un français. Aucun problème. Par contre le clavier espanol, avec ses 2 n (n + ñ) me chamboule plus.

    Bref, pour finir ce billet, n' est ce pas un peu du même ordre que le "problème" de l' encodage de caractères ? (outre les considérations de poids...) Ne seait il pas mieux pour tous, dans un avenir plus ou moins proche, d' avoir un clavier "unique" quasi international ? (international est bien entendu à bémoler et son utilisation également : du moins pour les professions techniques)

    hop zou
    • [^] # Re: abcdef,,, ghij...

      Posté par . Évalué à 4.

      Bonjour,

      Vous apportez trois éléments intéressants pour lesquels je souhaite préciser l’analyse, soit en confirmant, soit en modulant votre propos.

      Clavier alphabétique : votre intuition vous guide spontanément à écarter un agencement alphabétique des lettres sur les touches du clavier, c’est heureux car l’ordre alphabétique n’est qu’une convention pour trier le chaos ; il ne sert ordinairement qu’à s’écrire lui-même. Je ne connais aucune langue dont le lexique soit constitué exclusivement de séquences dudit ordre alphabétique (pqrst abcdef hijklmnop...). Donc à écarter, car cela pose de trop gros problèmes en terme de gestes, mais aussi en terme de surcharge mentale.

      Vous écrivez « les habitudes ont fini par prendre le pas sur la raison ». Cela s’appelle l’inertie, c’est-à-dire l’incapacité à remettre en cause un mode opératoire, un mode de pensée qui semblent aller de soi. L’inertie qui touche la disposition des caractères sur le clavier est en grande partie due à l’organisation du travail qui s’est mise en place un peu avant et surtout après la Première guerre mondiale : taylorisation, spécialisation, déqualification des tâches (assorties d’une féminisation quasi exclusive), et salaire calculé à la tâche : tel a été le métier de dactylo pendant une soixantaine d’années. La recherche de productivité s’est faite par le morcellement du travail, et non pas par l’optimisation de l’outil de travail en fonction de son usage réel (écrire) et du potentiel humain, ordinairement plus élevé que ce qui était demandé aux dactylos. Le clavier et l’apprentissage de son utilisation efficace souffrent encore de ces marques d’infamies.

      Vous écrivez « c’est certainement perfectible ». Et comment donc ! Le paramétrage dvorak-fr-e de Francis Leboutte apporte une réponse technique excellente, tout à fait adapté aux besoins d’écriture du français. Le paramétrage du clavier ne dépend plus de contraintes mécaniques dépassées, mais de la fréquence des lettres dans la langue et de la fréquence des séquences de lettres dans ladite langue :
      - ough : fréquent en anglais, rarissime ailleurs,
      – schw : fréquent en allemand,...
      - qu, ées, : fréquents en français,...
      - on pourrait multiplier les exemples et dans toutes les langues.

      Ce qui exclut l’idée d’avoir un clavier international ; tout au plus pourrait-on avoir une distribution des caractères sur les touches par groupe linguistique (langues romanes -langues anglo-germaniques – langues slaves). La version franco-européenne créée par Francis Leboutte répond tout à fait à nos besoins multilingues les plus fréquents. Cela donne un résultat totalement indolore pour les doigts avec l’anglais, correct avec l’espagnol, l’allemand, très agréable avec l’italien,... À noter qu’il est plus facile de produire de l’anglais avec le dvorak-fr-e de Lefoutte, que du français avec le dvorak anglophone d’origine, car il faut alors écrire la plupart des accents en ascii...
      En effet, outre la distribution des lettres au sein de chaque langue, il faut compter avec les besoins spécifiques d’accentuation, très variables d’une langue à l’autre, y compris au sein d’un même groupe linguistique, accentuation qui implique à chaque fois un geste optimal à prendre en compte.

      Enfin, contrairement à ce que vous avancez, la distribution des signes non-alphabétiques du clavier ne pose pas plus de problèmes que celle des signes alphabétiques, qu’ils soient informatiques ( { - } – [ - ] - / - \ - # - ; - - l -...), mathématiques ou scientifiques ( * - + - = - / - % - ‰ - <- > - ± - ÷ - ♀ - ♂ - µ - √- ∫ - ≤ - ≥ - ∑ ,...), monétaires ou autres (£ - ¥ - ¤ - ™ - © - ® - §...), car leur emploi est le plus souvent fortement normalisé dans leur discipline respective, et non pas par champ linguistique. La recherche sur ce point, menée par Leboutte, a consisté à optimiser le rapport main droite / main gauche, et aussi mouvements d’extension / mouvements de flexion des différents doigts, en gardant toujours à l’esprit que même les informaticiens (pour ne citer que cette sorte de sapiens-sapiens) ont dix doigts, deux épaules, sept cervicales, deux yeux... et que c’est là le fond du problème.

      Pour récapituler, l’adoption du paramétrage dvorak-fr-e de Leboutte vous permettra de raccourcir les trajectoires effectuées par les doigts et de rééquilibrer un peu la charge de travail entre votre main droite et votre main gauche. Si vous rechercher l’amélioration de votre confort de travail (et de votre efficacité sur le moyen et long terme), un apprentissage global du geste (principalement des doigts) et de la posture (y compris du dos, des jambes) est souhaitable. C’est dans le manque de maitrise gestuelle que viennent se nicher tous les troubles musculo-squelettiques, notamment ceux du poignet, des cervicales, la fatigue oculaire. Cet apprentissage aura en plus pour effet immédiat d’éliminer tous les bricolages hasardeux, tels qu’autocollants sur les touches...

      Désolée, la prochaine fois, je ferai plus court...

Suivre le flux des commentaires

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.