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Dépêche modérée par

Juriscom a mis en ligne un commentaire de la décision surmédiatisée du TGI de Vannes à propos de l'individu qui avait téléchargé des oeuvres protégées par le droit d'auteur sur des réseaux P2P.

Comme je l'indique, et contrairement à tout ce qu'on a pu entendre, on ne peut pas retenir de cette décision que le téléchargement d'oeuvres sur des réseaux P2P devrait être qualifié de contrefaçon.

La question de savoir si le téléchargement d'oeuvres sur des réseaux P2P est une forme de contrefaçon ou une copie privée reste donc pleinement d'actualité.

> Lire la dépêche (21 commentaires, moyenne: 2,4).  

La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Vannes s'est prononcée, le 29 avril 2004, sur une affaire de contrefaçon opposant six individus à divers éditeurs et producteurs de l'industrie musicale et cinématographique ainsi qu'à des sociétés de gestion de droits.

Cette décision a été complètement surmédiatisée au motif qu'elle serait la première véritable condamnation pour contrefaçon par téléchargement d'oeuvres en P2P, en France.

Mais selon mes conclusions, il paraît pour le moins hâtif de déclarer que le tribunal a qualifié de contrefaçon, le téléchargement d'œuvres sur un réseau P2P. On ne peut que regretter que la décision du Tribunal de grande instance de Vannes n'ait pas été plus motivée et qu'elle ne soit pas plus précise sur l'articulation de la copie privée et du P2P.

La question de la qualification des téléchargements d'œuvres sur des réseaux P2P se pose donc toujours avec autant d'acuité. L'intérêt pour cette question trouve d'ailleurs un relais dans les récentes décisions intervenues en Europe et au Canada où les tribunaux assimilent désormais le téléchargement sur internet à une forme de copie privée et refusent de condamner les téléchargeurs pour contrefaçon.

On peut maintenant espérer que les prochaines décisions françaises les suivent sur ce point en abordant plus clairement le problème.

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

toutes les oeuvres sont protégées

Posté par Christophe (rOotix) GUILLOUX (Jabber id, page perso, ) le 03/06/2004 à 07:29. (lien). Évalué à 7.

C'est la license qui fait la différence sur ce qu'on a droit de faire.
Le P2P ne permet de connaître la license d'une oeuvre avant de la télécharger. C'est là que ça coince.

--
Site perso : http://rootix.info
Libre Attitude : http://libre-attitude.org

mouais

Posté par gc (page perso, ) le 03/06/2004 à 08:06. (lien). Évalué à 7.

Une autre référence abondant dans ton sens : (elle est peut-être déjà passée quelque part sur /.fr vu que ça a presque un mois)

http://www.zonehd.net/news.php?op=lire&nid=986(...)

Je tiens à dire que, pour moi, c'est du foutage de gueule. Ok, le recel est bien plus grave au regard de la loi française que le vol (recel == vendre ce qu'on a volé) mais il n'en reste pas moins que le vol est interdit lui aussi.

Dans le domaine de la création musicale et audiovisuelle, il y a des ayants-droits clairement définis, et ils choisissent de diffuser les œuvres comme bon leur semble. En l'occurrence, ils vendent essentiellement des disques audio/vidéo. Se procurer les œuvres par un moyen détourné est du vol.

On peut regretter cet état de fait, le combattre politiquement (c'est l'attitude légaliste), mais tenter de prétendre que télécharger des œuvre sur p2p sans en posséder de "copie légale" ne tomberait pas sous le coup de la loi, c'est tout simplement de la malhonnêteté intellectuelle, à mes yeux. C'est tenter de justifier une pratique "agréable" et faisant la nique aux majors avec un argument complètement bidon. Dans le lien que je donne plus haut, on nous dit que ceux qui téléchargent en "agissent de bonne foi" ne peuvent être condamnés. Ben voyons !

vrac

Posté par tgl () le 03/06/2004 à 11:55. (lien). Évalué à 5.

Merci Jean-Baptiste pour ces éclaircissements. Juste une petite remarque, je trouve le titre un peu ambigü. En lisant «le téléchargement d'oeuvres en P2P ne peut pas être qualifié de contrefaçon», on pourrait croire que le tribunal a tranché et affirmé que non, définitivement non, il ne s'agissait pas de contrefaçon. Je verrais mieux un truc du genre «la question de la contrefaçon en matière de p2p reste ouverte», juste pour éviter à certains qlqs fausses joies. Enfin bon, c'est pas bien grave vu que le texte de la niouze lève l'ambiguité.


Et tant que je suis là, chtite question à l'assemblée... On rapproche souvent le débat actuel de celui qui avait eu lieu à l'époque de la k7 audio ou vidéo. J'avoue ne pas bien me souvenir de tout ça (à croire que mes préocupations ont changé depuis la petite enfance), mais si c'est le cas pour certains d'entre vous, j'aimerai assez que vous partagiez vos souvenirs. Par exemple, les majors de l'édition musicale étaient elles à l'époque aussi tapageuses qu'aujourd'hui (campagne de presse, lobbying auprès des politiques, etc.) ? Ou encore, y avait-il eu des procès attentés à des copistes avant d'arriver au compromis qu'on connait aujourd'hui ? Merci.

copie privée ?

Posté par Éric (Jabber id, page perso, ) le 03/06/2004 à 15:06. (lien). Évalué à 2.

Concernant le fait que le téléchargement puisse éventuellement être de la copie privée j'ai quelques questions :

- est ce que dans la loi française ce qui compte le plus c'est le texte ou l'esprit ? plus précisément est ce que le fait que le copiste possède (légalement) un exemplaire de l'oeuvre dont il souhaite faire une copie peut être considéré comme "pré-requis allant de soit"

- je remarque aussi dans CPI 122-5 :
2º Les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des copies des oeuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'oeuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l'article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d'une base de données électronique;
Jusqu'à quel point les morceaux téléchargés ne sont-ils pas destinés à des fins identiques à celle de l'oeuvre originale ? surtout si l'oeuvre originale est un CD et qu'on regrave derrière les téléchargements.

Heuuu.....

Posté par Arnaud (page perso, ) le 03/06/2004 à 17:17. (lien). Évalué à 0.

"On ne peut pas retenir de cette décision que le téléchargement d'oeuvres sur des réseaux P2P devrait être qualifié de contrefaçon."

Pourquoi ?

Au contraire, tribunal estime qu'il y a contrefacon de l'oeuvre, et ce, quelque soit le moyen utilisé pour obtenir le film (en l'occurence, que ce soit par la poste ou par un reseau de P2P).

Ce qui importe ici est donc que la personne possède des films, protégés par le droit d'auteur et des licences qui disent que "copier c'est faire le mal", et que la possession de ces films est nullement une copie privée mais une contrefacon....

Et là ou c'est important, c'est que le droit semble donc poser une présemption de contrefacon. Il faut donc prouver que ca n'est pas une contrefacon pour que ca soit une copie privée (en prouvant l'achat par exemple)

Enfin bon, maintenant, il faut voir si une telle décision sera confirmée en appel, si appel il y a.

En tous cas, là ou je note une erreur c'est que le tribunal estime que les fichiers pouvaient etre téléchargeables par tous les internautes ('Les données de son disque dur étaient offertes directement et librement à tous les internautes du Monde").
Ce qui est FAUX !!! J'apprendrai rien à personne ici en disant que Kazaa est un réseau sur lequel il faut s'enregistrer... donc c'est assimilable à un cercle privé (comme la famille, les amis ... meme si là, y'a beaucoup d'amis ;) ). Je trouverai interressant de voir comment réagirait une juridiction en expliquant cela (ce qui n'a visiblement pas été fait vu ce qui est dit dans le jugement)

PS : je trouve que cet dépêche ressemble à une tribune libre (et à vocation publicitaire qui plus est). Bref, je truove qu'elle n'a pas sa place ici, elle aurait du etre postée dans la tribune libre/les journaux.

Question bête

Posté par Mes Zigues () le 03/06/2004 à 22:57. (lien). Évalué à 3.

Je créé un serveur où je numérise toutes les oeuvre que j'ai en ma possession.

Ce serveur est connecté à l'internet, mon objectif est de pouvoir accéder à ce stock d'oeuvres où que je sois dans le monde. Afin que ce ne soit pas un serveur ouvert, je réduit l'accès à ce serveur (mot de passe). et je signe nuériquement les oeuvre (genre watermark).

Cela constitue-t-il une copie privée ?

Je fournit le mot de passe à plusieurs membres de ma famille.

Cela constitue-t-il une copie privée ?

Il se trouve que fortuitement et à mon insu, ce mot passe est découvert, publié et donc les oeuvres peuvent être téléchargées par n'importe qui, à un moment où il m'est impossible d'intervenir sur le serveur. Autre possibilité, quelqu'un réussit à rentrer sur mon serrveur et place toutes les oeuvres (avec la signature) dans un réseau P2P.

Puis-je être accusé de contrefaçon ou de complicité de contrefaçon ?

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