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: Richard Stallman sur le rejet des brevets logiciels en Europe

Posté par nicolap (page perso, ). Modéré le 05 août 2005.
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Richard Stallman publie un article dans the Guardian dans lequel il rappelle que le rejet de la directive sur les brevets logiciels en Europe n'est qu'un gain de temps et que les lobbies pro-brevet se groupent et réessaieront.

M. Stallman parle aussi de l'aspect positif du rejet de la constitution Européenne par la France et des Pays-Bas ainsi que du caractère anti-démocratique de la commission et du conseil. M. Stallman a même une proposition pour y remédier.

NdM : il revient aussi sur l'implication du BSA, les pressions sur les gouvernements et les retournements de personne, et conclut « Le temps est venu de renforcer le mouvement anti-brevets-logiciels pour être à même de contrer la prochaine attaque. » Voir aussi le journal Richard Stallman sur le rejet des brevets logiciels.

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Toujours aussi mesuré

Posté par _flo_ () le 05/08/2005 à 12:10. (lien). Évalué à 10.


Europeans are fortunate that French and Dutch voters conclusively rejected the proposed EU constitution. The document explicitly prioritised the interests of business over the public. It slightly increased the power of the parliament while greatly increasing the power of the council of ministers: in other words, it would have made the union less democratic.


Heureusement que M.Stallman le ricain est là pour nous expliquer la vie et résumer en deux phrases rapides un débat qui a duré plusieurs mois et un texte de plusieurs centaines de pages...

(envoyez les -1)

Traduction française

Posté par Nicolas (page perso, ) le 05/08/2005 à 12:14. (lien). Évalué à 10.

Houbaa nous gratifie d'une traduction française dans son journal :

http://linuxfr.org/~Houbaa/19010.html(...)

Merci

[+] Voila un esprit ouvert

Posté par xpotatoxx () le 05/08/2005 à 14:19. (lien). Évalué à -6.

C'est ce que j'aime bien chez ce M., c'est la dictature de sa pensee. Et il se permet de donner des conseils de démocratie.

très polémique cette interview

Posté par Bench () le 05/08/2005 à 14:46. (lien). Évalué à 7.

Je pense que RMS, comme chacun des lecteurs de linuxfr ont le droit d'exprimer leur opinion sur le sujet. On est d'accord, ou on l'est pas, celà ne signifie pas que les commentaires sont inutiles.
Perso, je suis d'accord avec RMS sur le fait qu'il y a eu des abus dans les rouages des institutions par la pression des lobbyistes. Que moi aussi j'aimerais que le parlement puisse avoir force de proposition des lois! car le parlement nous représente nous, pas la commission.
Mais je pense aussi que le problème est plus complexe, il n'y a pas les gentils d'un côté et les méchants de l'autre! juste des intérêts divergeants. RMS est un grand rêveur et je pense que celà ne fait pas de mal qu'il exprime ses idées publiquement, au contraire, celà permet de faire avancer le débat.

Oui M. Stallman est américain et alors ?

Posté par nanard () le 05/08/2005 à 16:00. (lien). Évalué à 4.

C'est bien grâce à lui que, ce rêveur, si nous avons une communauté du logiciel libre avec des lois pour la protéger des rapaces. Cette idée et sa mise en oeuvre ne viennent pas d'européens il me semble. Et n'oublions pas non plus que les lois sur la concurrence sont issues du système américain, ce ne sont pas non plus les européens qui les ont initiées. L'administration et les multinationales américaines ont beaucoup de défauts et sont néfastes à nos libertés, c'est entendu. Maintenant, cracher sur un grand monsieur des libertés informatiques comme M. Stallman quel manque de respect et quelle ingratitude.

Un brevet de fait de M$/IBM/Apple/Cisco sur les langues et les locales ?

Posté par jefsey () le 08/08/2005 à 12:22. (lien). Évalué à 5.

L'affaire des brevets est importante. Comme l'est le procès de M$ à Bruxelles.

Mais elle ne devrait pas cacher la tentative discrète de prise de contrôle du marché mondial des outils linguistiques et de l'alignement universel des fichiers locales (donc de la mainmise sur la culture et sur les OS) par une alliance utilisant sa prise de contrôle du consortium Unicode ( http://unicode.org(...) ). Il s'agit très simplement de confirmer leur contrôle sur le registre IANA qui le documente (pour HTML, XML, CLDR dit le Charter IETF qu'ils ont rédigé) et d'en aménager le format à leur avantage . Rien de bien passionnant. Et pourtant, la propagation de la compatibilité technique fera que de proche en proche ces étiquettes ("langtags") qualifieront les pages web, les pages de presse écrite dont elles rendent compte via des lecteurs numériques ou qu'elles préparent via composeuses, traitement de texte, etc.

En soi, l'étiquetage informatique des langues, cultures, de l'expression individuelle, etc. un travail gigantesque et passionnant, la clé du développement humain/humain de l'internet. D'autant plus que la compatibilité généralisée de l'étiquetage des outils linguistiques va pouvoir commencer au fichier locale des ordinateurs et des composants du réseau. Ceci va permettre une interintelligbilité linguistique de bout en bout, capable de supporter une vernacularisation interculturelle du réseau (je peux supporter sur le réseau la façon de parler de mon quartier, de mon entreprise, de mon métier, et aider les autres à accéder à ses richesses par des outils d'aide intégrés [IETF WG-OPES]). Tout en restant totalement homogène avec le réseau global et protégé des contrôles, interférence, etc. L'émergence d'un "net_locale" pour supporter cela en addition. A priori tout cela est génial et porteur d'un travail passionnant sur le brainware (noogitiel) : l'utiliser ensemble ! Le challenge sociologique et technique du siècle.

L'ennui est que l'étiquette pro(im)posée n'est constituée que de trois éléments principaux : la langue (code ISO 639), l'écriture (code ISO 15924) et le pays (code ISO 3166). La référence de la page du catalogue FNAC. Rien pour indiquer l'éditeur, le dictionnaire, le style, la date, l'utilisateur. Tous les français locaux, spécialisés, techniques, artistiques, etc. de France sont "fr-latn-fr". L'expérience de Javascript ou de Java a montré comment se fait la microsoftisation d'un standard, par accaparement progressif de son nom dans l'esprit des utilisateurs. Adieu l'Académie, le jargon du Libre, le français administratif, le français technique, Molière, Brel ou le Rap : le Word French pour tous. Si cela ne suffit pas : pas de problème, un ajout (breveté ?) à Word, ou l'anglais universel (au Pentagone cette stratégie culturelle a un nom : "shapping the world" - "shopping the world" à Redmond).

Le projet CLDR (IBM au départ) est que tous les OS bénéficient du même "locale" produit par Unicode qui réunit principalement... M$, IBM, Apple, Cisco. Sous peu un fichier et des applis brevetées M$ nécessaires pour faire tourner Linux ? Brillant !

Dans cette affaire nous souffrons de ce que le Libre américain ne se sente pas concerné : dans le monde entier chacun associe sa culture, sa pensée, sa liberté, sa vie personnelle à sa langue. Ceci n'est pas aussi vrai pour les anglo-saxons en raison du caractère international et commun de l'anglais. Par exemple l'Américain moyen identifie sa culture infiniment plus à son drapeau national qu'à sa langue américaine. Et le contrôle économique et anti-terrorisme par le nivelage linguistique ne lui déplaît pas.

L'offensive est croisée à l'ISO, IETF, W3C et sans doute d'autres espaces de normalisation. Elle est déployée par une équipe très réduite, soutenue par une vingtaine de faire-valoirs, prêts à tous les passe-droits. Le sujet n'étant pas médiatique et peu connu, cela suffit.

Peu à peu un dispositif puissant et exaltant se forme autour d'une avancée technique Linux, réseau et Libre possible exceptionnelle. Cet effort a conduit à un projet de déclaration d'égalité linguistique des chances (quelque soit sa langue chacun a droit à innover et utiliser comme s'il parlait anglais). Il devrait se concrétiser dans les semaines qui viennent par la formalisation d'une MLTF (MultiLingualism TF), la documentation des Centres de Référence Communs (la distribution granulaire d'un IANA étendu - sous Linux IPv6 en démo), l'intégration de la norme ISO 639-6 en préparation (20.000 langues répertoriées et documentée par une équipe franco-galloise), le soutien du MINC (Multilingual Internet Names and Cultures), un intérêt acquis et positif du SMSI (trois Membres du WGIG sont impliqués, l'association française Eurolinc (Louis Pouzin [le papa français du Net et de bien d'autre choses]) fait un travail remarquable). Mais il y a besoin d'aide technique pour transformer tout cela en "running code" Linux/IPv6, en serveur d'évaluation et de démo, en distro capable de gérer les "coreboxes" du MultiLingual Internet avant qu'il ne soit le M$ Internet.

A quoi nous sert d'avoir gagné du temps sur les brevets, si nous devons, pour continuer à nous battre, utiliser des outils d'écriture réclamant des royalties à nos adversaires ? Si le Libre - pour rester libre - ne peut plus qu'être en ASCII anglais ...

Bien sur, tout cela ne se fera pas en un jour. Mais il est des petits grains de sable …

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